FONDATION pour la MEMOIRE de L’ ESCLAVAGE (acte 2)

 

QUESTIONS-REPONSES   avec  J.M AYRAULT

Jean-Marc Ayrault est Président de la Mission de la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions dont le but est de créer une Fondation nationale sur le sujet. Annoncée par Emmanuel Macron à l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en avril 2018, cette Fondation entend « rassembler toutes les mémoires de la France » et « transmettre l’histoire de la France mondiale ». Après une première tribune publiée le 23 novembre 2018 dans Le Monde, il accorde un entretien exclusif au Groupe de recherche Achac dans le prolongement des Ateliers de la fondation, journées de réflexion participative autour des missions de la Fondation, organisés les 24 et 25 novembre 2018.

 

Quelles sont les missions de la Fondation ?

Notre ambition peut se résumer en une phrase : faire enfin pleinement entrer l’esclavage et ses héritages dans la mémoire nationale de la France. La loi Taubira a rappelé cette nécessité. Mais il lui manquait l’institution nationale autonome et dotée de vrais moyens qu’elle appelait pour réaliser cette ambition.

La Fondation sera cet outil, pour travailler sur ces questions avec tous les partenaires à mobiliser : les chercheurs, les établissements scolaires – la question des programmes scolaires est essentielle –, les institutions culturelles et patrimoniales, les artistes, les associations, les élus, les entreprises…

 

Sur quels périmètre et thématiques historiques et mémoriels souhaitez-vous travailler ?

L’action de la Fondation se déclinera en trois objectifs, qui devraient être repris dans son objet statutaire :

– développer la connaissance et la transmission de l’histoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions comme partie intégrante de l’histoire de la France et du monde, en replaçant ce phénomène dans l’histoire longue des relations entre la France, l’Afrique, les Amériques et l’océan Indien ;

– rassembler les mémoires en valorisant les héritages culturels, artistiques et humains issus de cette histoire, dans toute leur richesse et leur variété ;

– promouvoir les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité et l’engagement de la France contre le racisme, les discriminations et les formes contemporaines d’esclavage.

 

En quoi la fondation va-t-elle se distinguer des actions ou des projets du Mémorial ACTe, du Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes ou du Comité national pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage ? Avez-vous pour objectif de coordonner l’action de ces différentes institutions ?

Le Mémorial ACTe et le Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes sont des lieux ouverts au public, ce que ne sera pas la Fondation, qui n’aura que des bureaux à l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris. La Fondation sera une institution de mutualisation, de mise en réseau et d’accompagnement, et elle sera donc en rapport avec tous ces acteurs.

Le Mémorial ACTe en Guadeloupe sera évidemment un partenaire capital, en tant que centre national dédié à cette question, et institution majeure sur les Caraïbes et au-delà. Et la Fondation travaillera avec le Mémorial de l’abolition de Nantes, comme avec les autres sites et lieux de mémoire, les musées de Nantes et Bordeaux, la Maison de l’Armateur du Havre, le musée du Nouveau Monde de La Rochelle, La Route des Abolitions… je ne saurais tous les citer.

Quant au CNMHE, qui existe depuis 2004, lors des Ateliers de la Fondation, j’ai rendu hommage au travail essentiel qu’il a mené pendant près de 15 ans, sous la conduite de ses présidentes passées, Maryse Condé, Françoise Vergès et Myriam Cottias, et de son président actuel, Frédéric Régent. Dès qu’elle sera créée, la Fondation succèdera officiellement au Comité.

 

Quels liens voyez-vous ou faites-vous entre l’histoire de l’esclavage (jusqu’aux abolitions définitives en 1848) et l’histoire de la colonisation, qui se superpose à cette première période et va se poursuive jusqu’aux années 60 et même au-delà pour certains pays ou territoires ?

L’esclavage est un phénomène global qui a transformé radicalement le monde. La France d’aujourd’hui est l’héritière de cette transformation, qui a débuté avec les premiers contacts entre les Européens et les peuples d’Afrique et d’Amérique, puis qui s’est prolongé dans la traite et l’esclavage coloniaux, puis dans la seconde colonisation, laquelle n’a d’ailleurs pas fait disparaître le travail forcé, pas plus dans les « vieilles colonies » françaises, avec l’engagisme, que dans le reste de l’Empire.

Mais surtout, l’héritage de l’esclavage et des combats pour l’abolir ont perduré jusqu’à aujourd’hui : on en retrouve l’empreinte dans notre culture, dans nos valeurs, tout simplement dans la diversité française. C’est pourquoi les chercheurs aujourd’hui parlent de l’esclavage et du post-esclavage, et c’est une approche qui nous intéresse beaucoup.

 

Selon  vous, à quoi devrait ressembler un musée de la colonisation en France ? Est-il nécessaire d’imaginer un tel projet ?

Le travail de la Fondation sera important sur ce sujet, même si elle ne sera pas un musée ; et l’exemple de la Mission du Centenaire montre comment on peut renouveler la vision d’un événement historique sans être un musée, notamment en travaillant avec les institutions existantes. La Fondation le fera, avec des acteurs aussi divers que le musée d’Orsay ou le Mémorial ACTe.

Quant à doter la France d’un musée de la colonisation en général, qui raconterait cette part de notre histoire, sur cinq siècles et sur tous les continents, beaucoup le demandent et j’ai entendu aussi cette demande lors des Ateliers de la Fondation qui ont eu lieu le 24 et 25 novembre. Pour un sujet aussi majeur, ce sera au Président de la République d’en décider. La création prochaine de la Fondation pourra aider à cette réflexion.

 

Quel bilan tirez-vous des Ateliers de la Fondation que vous mentionnez ? En quoi est-ce une étape majeure ?

En organisant cette rencontre avec la société civile, que nous avions voulu ouverte et participative, nous ignorions si notre appel serait entendu. C’est pourquoi notre première satisfaction a été de voir que près de 200 personnes y ont répondu malgré la rapidité des délais d’organisation et qu’elles sont restées pendant deux jours pour débattre de ce que devrait être la Fondation.

Notre deuxième satisfaction a été la qualité des échanges, le respect entre les participants et le sentiment commun qui s’est dégagé d’une urgence à doter la France d’une institution nationale qui fasse la place à ces sujets. Il faut enrichir notre récit national, et le faire partager à tous nos concitoyens, pour conjurer les incompréhensions, les concurrences mémorielles, le racisme : c’est le message que tous ces militants, chercheurs, artistes nous ont adressé. Ces Ateliers sont aussi une leçon pour nous : nous devrons régulièrement créer des moments forts pour que la Fondation cultive ce lien qui a été créé ce week-end.

Cette réussite doit en appeler d’autres : d’abord achever les travaux de préfiguration de la Fondation. Les propositions des participants nous disent les priorités et les attentes. Nous les partagerons avec le gouvernement et les entreprises avec lesquelles nous sommes en contact, pour que la Fondation puisse être créée en 2019 comme prévu. Puis nous aurons à mettre en œuvre tous les projets et la tâche est grande.

 

Source ACHAC Newsletter #4 – 28 novembre 2018

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VERS UNE RESTITUTION DES OEUVRES d’ART AU PATRIMOINE AFRICAIN…

Polémiques sur la question de la restitution

Il s’agit de rendre
au continent africain
une partie de son histoire

par Joseph Confavreux

vendredi 30 novembre 2018

 

Le rapport des universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy sur la restitution du patrimoine culturel africain remis au président de la République le 23 novembre 2018 a provoqué de nombreux débats dans la presse. Nous reprenons ici, avec son accord, l’article que Joseph Confavreux a publié dans « Mediapart ». Avec un entretien avec Nanette Snoep, Néerlandaise, directrice des musées d’ethnologie de Dresde, Leipzig et Herrnhut en Allemagne après avoir travaillé quinze ans au Musée du Quai Branly.

Restitution du patrimoine :
« Il s’agit de rendre au continent africain
une partie de son histoire »

par Joseph Confavreux Source

Avant même d’être rendu officiellement au président de la République, vendredi 23 novembre, le Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain des universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, a suscité une polémique par voie de presse.

Les tirs de barrage des journaux conservateurs ont ouvert le bal. Le Point, ayant eu la primeur du texte, a mis en exergue un « vocabulaire inspiré des postcolonial studies » et questionné le fond d’un rapport préconisant, selon lui, de « tout rendre ou presque ».

Dans La Tribune de l’art, son fondateur, Didier Rykner y est allé au lance-flammes, jugeant que le rapport mettait « la France dans une position intenable ». Pour ce journaliste, « le choix de ces deux personnalités devait fatalement aboutir aux préconisations très inquiétantes de leur rapport », quitte à faire de Felwine Sarr un portrait largement fantasmé, deux citations trouvées sur Google suffisant à transformer l’économiste et écrivain sénégalais en proche des Indigènes de la République et en « fervent défenseur de Tariq Ramadan ». Ce qui expliquerait pourquoi « il ne fallait évidemment rien attendre d’autre de lui qu’une proposition de “restitutions” massives ».

À l’inverse, Libération titrait son édition du 21 novembre : « Art africain spolié : l’heure du retour », en l’accompagnant d’une photo pleine page d’une statuette africaine semblant se réjouir. Quant au Monde, son éditorial daté du 23 novembre mettait en avant le « risque pour les collections nationales » d’une « voie maximaliste » susceptible de les démanteler, collections dans lesquelles le nombre total de pièces africaines est estimé à plus de 90 000.

Quels sont alors les enjeux de cette séquence ouverte par la déclaration d’Emmanuel Macron, il y a un an à Ouagadougou, annonçant vouloir que « d’ici cinq ans les conditions [seraient] réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique » ? Panorama comparatif et éléments de réponse avec Nanette Snoep, Néerlandaise qui, après avoir passé 15 années au Quai Branly, est depuis 2015 directrice des musées d’ethnologie de Dresde, Leipzig et Herrnhut en Allemagne et prendra, à partir de janvier 2019, la direction du musée ethnographique de Cologne.

La déclaration faite par Emmanuel Macron à Ouagadougou le 28 novembre 2017 et le rapport rédigé par les universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy introduisent-ils une rupture dans la politique française vis-à-vis des collections des musées français issues du continent africain ?

Nanette Snoep : Nous sommes face à une véritable transformation, qui ne touche pas seulement la France, mais concerne toute l’Europe. Avant le rapport de Sarr et Savoy, j’ai eu le sentiment que la déclaration d’Emmanuel Macron avait eu un effet plus fort en Allemagne qu’en France, mais cela va sans doute changer !

Nanette Snoep © DR

Quoi qu’il en soit, nous sommes face à un changement d’ampleur dans la façon de penser les politiques culturelles, patrimoniales et muséales. Le débat sur la restitution des œuvres issues de l’héritage colonial et présentes dans les collections ethnographiques m’intéresse depuis longtemps, et cela va faire 20 ans qu’il est enclenché. Mais on assiste à une accélération puissante depuis au moins deux ans.

L’enjeu est-il posé de manière différente en Allemagne et en France, et cela est-il davantage lié à des passés coloniaux différents ou à des contextes post-coloniaux qui ne sont pas identiques ?

Il existe des différences importantes entre la France et l’Allemagne, ne serait-ce que parce que l’Allemagne a perdu ses colonies après la Première Guerre mondiale, tandis qu’en France, les effets de la colonisation demeurent encore très présents. Les relations économiques, démographiques, culturelles entre l’Afrique et la France sont incomparables avec celles qui existent avec l’Allemagne.

Depuis quelques années, on a assisté, en Allemagne, à un réveil du passé colonial, qui a longtemps été relégué derrière l’histoire de la Shoah. Mais l’Allemagne aborde la question des butins coloniaux à travers le travail qui a été fait sur la spoliation des biens juifs. Des lois, des méthodes de recherche et des cadres de restitution ont été établis à cette occasion. C’est d’ailleurs un même organisme, à Leipzig, qui s’occupe des biens juifs spoliés et a reçu pour mission de s’occuper des butins de guerres coloniaux.

Une autre différence est que le sujet est abordé de manière beaucoup plus pragmatique en Allemagne qu’en France. Après la déclaration de Macron faite à Ouagadougou, des demandes de restitution ont été adressées à Angela Merkel, sans qu’elle prenne position publiquement. Mais une commission a été mise en place, un rapport a été rendu au printemps dernier pour savoir quoi faire de nos butins coloniaux, et des recherches précises ont été lancées.

En France, le rapport annonce que beaucoup des œuvres des musées nationaux devraient être restituées et cela déclenche des réactions émotionnelles. J’ai d’ailleurs été surprise que personne ne réagisse, en France, vis-à-vis du choix de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, une historienne de l’art qui connaît bien la situation allemande. La question est maintenant de savoir si cela va avoir des conséquences ou si cela va rester un effet d’annonce.

Peut-on et faut-il distinguer, et si oui comment, les biens acquis dans les musées européens par des prises de guerre, par des collectes ethnographiques ou par des achats égaux ou inégaux ?

La distinction est importante. Quand on regarde les collections, certaines œuvres proviennent clairement de butins de guerre, par exemple pour le royaume du Dahomey. Quand on consulte les archives, on voit qu’à la fin du XIXe siècle, on en parle d’ailleurs ainsi, en toute transparence, tandis que, plus tard, on va éviter de prononcer ces termes.

Les collectes ethnographiques constituent une zone plus complexe, qui ont impliqué des ethnologues, des géographes, des missionnaires… On ne sait pas toujours comment les pièces sont arrivées dans les musées, mais on sait que, parfois, il s’agissait de vol, comme dans l’exemple souvent cité du journal de Michel Leiris confessant avoir dérobé un objet sacré au Mali, à l’occasion de sa participation à la Mission Dakar-Djibouti, une expédition dirigée par l’ethnologue Marcel Griaule au début des années 1930.

Membres de la Mission Dakar-Djibouti
au musée d’Éthnographie du Trocadéro, Paris 1931.

De gauche à droite : André Schaeffner, Jean Mouchet, Georges-Henri Rivière,
Michel Leiris, le baron Outomsky, Marcel Griaule, Éric Lutten,
Jean Moufle, Gaston-Louis Roux, Marcel Larget.

Les ethnologues partaient rarement seuls et souvent accompagnés de soldats. Dans l’inventaire de départ de cette même mission, dont une grande partie de la collecte se retrouve aujourd’hui au Quai Branly, on note ainsi la présence de nombreux fusils. Et même quand les ethnologues partent sans fusils, cela n’empêche pas les rapports de force.

Peut-on savoir dans quel contexte un chef religieux a pu livrer ses objets sacrés à un ethnologue ? Il existe des enjeux de pouvoir, financiers, symboliques et politiques, qui font qu’on n’est pas dans la même problématique que pour des butins de guerre, mais qu’on demeure toutefois dans des rapports de force.

Quant aux achats, ils ne sont pas non plus exempts de ces rapports de force. Les archives nous montrent des cas de personnes contraintes de céder leurs objets à vil prix. Quand on parle des biens juifs spoliés, on inclut d’ailleurs ceux des Juifs qui ont vendu, dès 1933, des œuvres par exemple pour financer leurs fuites, ou n’ont pas pu vendre au juste prix. Ces œuvres sont aujourd’hui considérées comme ayant été spoliées et à restituer, même s’il existe un acte d’achat. On sent aujourd’hui l’inquiétude des marchands sur le sujet, mais une preuve d’achat n’est pas une garantie suffisante de l’équité de la transaction.

Même s’il existe, dans tous les cas, des rapports de pouvoir, il demeure important de distinguer les différentes catégories d’appropriation du patrimoine africain, et donc de bien connaître le contexte de collecte. Les auteurs du rapport ont raison d’estimer que l’ethnologue ou le marchand doivent pouvoir prouver avoir acquis leurs objets de manière correcte, mais cela va être difficile.

Que pensez-vous du fait que le rapport demande que tout objet qui aurait été emporté sans le consentement explicite ou très vraisemblable des propriétaires ou gardiens des œuvres puisse être restitué aux pays africains qui en feraient la demande ?

Pour moi, la notion de consentement explicite est importante et les auteurs du rapport ont donc raison de l’employer, parce qu’on se trouve en effet le plus souvent dans une zone grisâtre. On peut très rarement, en effet, prouver le consentement explicite. Mais si je prends l’exemple des objets venant de Syrie qui sont arrivés ces dernières années sur le marché européen, en tant que directrice de musée, je refuse d’en acheter parce que je ne pense pas qu’il y ait eu de consentement explicite.

Le mérite de ce rapport est qu’il va obliger les directeurs de musée, les marchands, voire les usagers des musées, à réfléchir à leurs pratiques. Il me semble important et courageux de mettre ce motif du consentement au cœur de la question des restitutions, parce que les musées doivent repenser leur éthique de collecte. Ils ne peuvent plus se permettre d’acheter, parfois pour des millions d’euros, des objets sacrés circulant sur le marché de l’art européen en s’abritant derrière l’existence d’actes d’achat.

Felwine Sarr

Le rapport Savoy-Sarr n’aborde que l’Afrique noire. La question des revendications et des restitutions ne se pose-t-il pas de la même manière pour l’Afrique noire, le Maghreb, l’Océanie ou l’Asie ?

Comme l’a dit Emmanuel Macron lors de sa déclaration de Ouagadougou, il y a là un cas vraiment particulier, au sens où la grande majorité de l’héritage culturel et du patrimoine africain se trouve aujourd’hui dans les galeries et musées européens ou américains.

Ce n’est pas pareil pour l’Asie. Je suis néerlandaise et beaucoup de collections indonésiennes se trouvent aujourd’hui en Hollande. Mais si vous allez à Jakarta, vous trouvez des musées disposant de collections richissimes, et on ne peut donc pas dire que l’Indonésie soit dépourvue de patrimoine indonésien. Cela ne veut pas dire que les restitutions aux pays asiatiques ne soient pas justifiées et importantes, mais c’est sans doute moins urgent que pour l’Afrique.

Restituer certains objets, ce n’est pas seulement une question de patrimoine. Il s’agit de rendre au continent africain une partie de son histoire pour permettre aux Africains de prendre en main cette histoire. Pour moi, les restitutions peuvent donner une énergie au continent africain en lui offrant la possibilité de dire : « on a un patrimoine, on va s’en occuper et on va ainsi se projeter vers l’avenir », même si la manière de prendre en charge ce patrimoine ne sera pas la même que dans les musées européens.

L’important n’est pas seulement la restitution de l’objet, mais aussi de la partie de l’histoire dont l’Europe s’est emparée et qui demeure inaccessible aux Africains. Dans mon musée, je fais actuellement une exposition sur Kinshasa et le plus grand problème auquel j’ai été confrontée a été de faire obtenir des visas aux artistes que je voulais inviter.

Les musées allemands, britanniques ou français ne peuvent prétendre être des musées universels, ne serait-ce que parce que les Africains n’ont pas accès à la même mobilité que les Européens. Aujourd’hui, l’histoire du royaume de Dahomey se retrouve au Quai Branly, alors que les Béninois ne reçoivent pas de visas.

Bénédicte Savoy

Comment jugez-vous l’argument mis en avant par les plumes qui s’inquiètent du rapport Savoy-Sarr en expliquant qu’il n’est guère possible de savoir à quel pays rendre certains objets accaparés avant le dessin des actuelles frontières ?

C’est un mauvais argument, même s’il est vrai que si la France ou l’Allemagne ne veulent travailler qu’avec les États, on aura des soucis. Mais la restitution peut se faire à un village ou à un musée privé, il faut savoir dépasser le cadre des États ! Dans mes musées existe une grande collection en provenance de Namibie qui a été largement composée pendant les années du génocide des Héréros et des Namas, au début du XXe siècle, perpétré pendant la colonisation allemande.

Le Land de Saxe est prêt à faire des restitutions à des associations qui le demandent, alors que cela coince au niveau interétatique, entre l’Allemagne et la Namibie. Il existe plein de petits musées privés en Afrique qui sont tout à fait en mesure d’accueillir ces restitutions. On peut chercher d’autres partenaires que les musées nationaux. Et on peut tout à fait aussi imaginer qu’un objet sacré, par exemple, soit restitué au village d’où il provient.

Un argument récurrent, employé par exemple par La Tribune de l’art, est alors de craindre la mauvaise conservation, et de donner en exemple la façon dont, après les restitutions faites par les Belges au musée de Kinshasa dans les années 1970, les œuvres ont été pillées et dégradées.

Mais les choses ont évolué et on donne toujours ce même exemple, qui oublie que, pendant des décennies, les collections africaines ont souvent été très mal traitées et mal conservées en Europe. Aujourd’hui, les réserves du Quai Branly sont tout à fait bien, mais quand j’y suis arrivée, au milieu des années 1990, c’était loin d’être le cas ! Il faut être modeste quand on critique les Africains et la manière dont ils conservent le patrimoine…

Un autre argument entendu à l’encontre de ce rapport est qu’il va vider et détruire les collections. Que vaut-il ?

En Europe, nous avons des centaines de milliers d’objets en provenance du continent africain. Le Quai Branly [qui détient environ 70 000 objets en provenance d’Afrique – ndlr], comparativement aux musées allemands, ce n’est rien ! Rien que dans les musées de Saxe, nous avons 80 000 objets venant d’Afrique. À Berlin, il y a plus de 500 000 pièces issues des autres continents. La peur que les musées européens se vident est donc infondée.

Avez-vous déjà été confrontée à des demandes de restitution ?

Oui, par exemple de restes humains d’Hawaï. Un groupe d’Hawaïens a fait une première demande de restitution aux musées de Saxe en 1991, renouvelée tous les ans, mais restée sans réponse. Quand j’ai pris ma fonction de directrice, en 2015, cette demande était sur la table et il a fallu batailler pour la faire, et la faire dans des conditions respectueuses.

L’important n’est, en effet, pas seulement le fait de restituer. C’est important de savoir comment on fait pour restituer. On ne va pas se contenter d’envoyer par la poste, mais est-ce qu’on fait une cérémonie ou un rituel ?

Les restitutions peuvent être l’occasion de gestes de réparation et le socle de relations futures, de projets en commun. Il ne faudrait pas que les restitutions deviennent juste un moyen pour se débarrasser d’une histoire qui fait mal. Est-ce que le récit d’un vol d’objet doit rester au musée qui effectue la restitution ? Comment parler d’un objet qui a été rendu, mais dont le passé demeure ?

1948 – 2018 7O ANS de DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME

 

1948 Les droits de l’Homme à Chaillot

Farid Abdelouahab, écrivain, historien et commissaire d’expositions, publie une histoire de l’élaboration de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dans la revue de Chaillot, l’Esplanade (mars 2018). Il y expose le rôle qu’a tenu le palais de Chaillot en devenant dès 1947 le siège de l’O.N.U. puis le 10 décembre 1948, le lieu de la troisième Assemblée générale des Nations unie. Ce lieu fête cette année les 70 ans de la ratification de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.  

 

Chaillot, le 10 décembre 1948, la troisième Assemblée générale des Nations unie adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme. En pleine guerre froide et devant l’opposition croissante au colonialisme, quarante-huit États membres, réunis dans la grande salle du TNP, votent les trente articles proclamant les droits humains fondamentaux, quand l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud et le bloc soviétique s’abstiennent. Il faudra deux décennies aux Nations unies pour s’accorder sur des mécanismes d’application. 1948 représente ainsi une date charnière qui consacre les droits de l’homme au cœur du Palais de Chaillot. Bien avant cette déclaration qui énonce les droits fondamentaux de l’individu à l’échelle universelle, d’autres grands textes avaient défendu les droits de l’homme.

 

Une longue histoire

Le cylindre d’argile de Cyrus, daté de 539 av. J.-C., décrète la liberté de religion et l’interdiction de l’esclavage. Au XIIIe siècle, la Grande Charte (Magna Carta), imposée en 1215 par les barons anglais à Jean sans Terre, condamne l’arbitraire et deviendra par la suite un symbole pour l’état de droit. La Déclaration des droits dictée en 1689 aux souverains d’Angleterre à la suite de la guerre civile exprime quant à elle l’aspiration du peuple à la démocratie en définissant les principes de la monarchie parlementaire.

La Déclaration d’indépendance américaine de 1776, écrite en grande partie par Thomas Jefferson, déclare pour sa part : « Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement. » Avec cette déclaration, la philosophie des Lumières a trouvé un terrain d’application pour la liberté et la gouvernance des peuples. Rédigée pendant l’été 1787 à Philadelphie, la Constitution des États-Unis d’Amérique définit les principaux organes du gouvernement, leurs juridictions et les droits fondamentaux des citoyens. Quatre ans plus tard, la Déclaration des droits vient protéger les libertés fondamentales : la liberté de parole, de religion, le droit de posséder et de transporter des armes, de se réunir et de pétitionner. Elle interdit les fouilles et les arrestations arbitraires, les maltraitances et les aveux sous contrainte.

Universaliste, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Révolution française représente, déjà en 1789, une grande avancée concernant les droits naturels individuels et les conditions de leur mise en œuvre.

La première convention de Genève, en 1864, édite le premier texte du droit humanitaire, instituant les obligations des individus en temps de guerre. Quatre-vingts ans plus tard, la barbarie et la violence extrême de la Seconde Guerre mondiale conduisent les Nations unies à redéfinir la notion de « crime contre l’humanité » en se donnant pour but d’actualiser à nouveau les valeurs humanistes qui doivent nous gouverner. En 1945, la conférence de San Francisco a en effet donné naissance à l’Organisation des Nations unies, en charge d’assurer la paix et la sécurité internationales. Concomitamment, la Charte des Nations unies est signée le 26 juin, et affirme les droits de l’homme et les libertés fondamentales, en attendant qu’une commission ne bâtisse une déclaration internationale. La première session de la Commission des droits de l’homme, qui réunit un comité de rédaction en provenance de huit pays, se tient en 1947 ; à sa tête, Eleanor Roosevelt, la veuve du Président américain. Le juriste français René Cassin joue un rôle préliminaire important à ses côtés, en élaborant un avant-projet dont l’objectif est d’affirmer le caractère universel de la déclaration, un « idéal commun à atteindre par tous les peuples ».

 

Chaillot : territoire international sous la juridiction de l’O.N.U.

En 1947, le gouvernement français propose de recevoir à Paris la troisième Assemblée générale des Nations unies. Le Palais de Chaillot devient alors pour quelques mois le siège de l’O.N.U. : une transformation qui n’est pas du goût de tous. Ainsi, le fondateur et directeur du musée de l’Homme, Paul Rivet, se plaint par exemple par voie de presse de cette prochaine installation. Le site doit en effet connaître des travaux d’aménagement importants pour accueillir les représentants des cinquante-huit nations appelées à se réunir en septembre 1948. Soit pas moins de cinq mille personnes. Les séances de l’Assemblée doivent se tenir dans le grand auditorium, les ailes du bâtiment se transformant en salles de réunion pour les commissions, tandis que l’on érige un restaurant et des locaux sur la place du Trocadéro. Des centaines de journalistes sont présents, venus du monde entier.

Outre la Déclaration universelle des droits de l’homme, le programme est chargé et l’on doit statuer sur de nombreux sujets : la question monétaire à Berlin, les frontières palestiniennes, les accords sur l’énergie atomique et le désarmement… Débats et tractations se déroulent sur fond de guerre froide naissante, et les tensions internationales sont vives : dès la fin du mois de septembre, une rupture se dessine entre le bloc occidental et les Soviétiques à propos du couloir aérien berlinois. Les travaux reprennent à la mi-décembre. La Commission des droits de l’homme est censée réunir dix-huit membres représentant diverses tendances politiques, culturelles et religieuses (mais il n’y a pas un seul Africain, les indépendances sont à venir…).

Eleanor Roosevelt, nommée par le président des États-Unis Harry S. Truman comme déléguée à l’Assemblée générale des Nations unies en 1946, préside donc le comité de rédaction, qui rassemble un Libanais, un Chinois, un Canadien, un Australien, un Chilien, un Anglais et un Russe. Le Français René Cassin influence notablement ce comité avec sa conception interventionniste des droits de l’homme : la souveraineté des États n’est pas supérieure à ces derniers. Ainsi, grâce à lui, la Déclaration ne sera pas dans son titre « internationale », mais bien « universelle », c’est-à-dire reconnue de tous et destinée à la communauté humaine en son entier. Mais tous les membres ne sont pas d’accord sur les objectifs à tenir : en effet, la Déclaration doit-elle se présenter comme un instrument juridique que l’on doit imposer aux nations, ou bien juste comme un texte qui doit servir de règle ? Lors de sa dernière séance au Palais de Chaillot, le 10 décembre 1948, l’O.N.U. adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme, avec quarante-huit membres en sa faveur, plusieurs amendements repoussés et huit abstentions. Le Conseil de sécurité occupe encore une semaine le Palais, dont le nom connaît désormais une renommée mondiale, avant de s’installer, en janvier 1949, à Lake Success, ville située sur l’île de Long Island, dans l’État de New York.

 

Défendre la dignité, la justice et la démocratie

Les trente articles de la Déclaration abordent les droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux. Les droits au travail, à l’éducation, à la culture et à la santé, dont tous doivent bénéficier, y sont précisés. Universelle, la Déclaration s’adresse à l’ensemble de la communauté humaine, au-delà des religions, origines, milieux ou cultures : l’O.N.U. s’est ainsi engagée à défendre la dignité et la justice sur l’ensemble de la planète, en affirmant l’interdépendance et l’indivisibilité, l’égalité et la non-discrimination. De même, en déclarant que « la volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics », la Déclaration énonce les droits essentiels à une véritable participation politique, indissociable de la valeur universelle qu’elle donne à la démocratie, système qui garantit au mieux la paix, le progrès et le développement. Les individus ont des devoirs de solidarité et les États des obligations pour faire respecter, protéger et satisfaire les droits de l’homme. Tous les systèmes juridiques nationaux doivent y pourvoir.

La Déclaration fait partie de la Charte internationale des droits de l’homme, qui inclut le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adoptés en 1966 seulement par l’Assemblée générale des Nations unies. Car le bloc communiste s’opposant jusqu’alors à tout consensus, il fallut une vingtaine d’années aux États membres pour débattre sur diverses dispositions de la Déclaration universelle, comme le droit à l’autodétermination et la défense des minorités. Dix années supplémentaires ont été de surcroît nécessaires pour que les décisions entrent réellement en vigueur, et c’est alors que la Déclaration universelle a trouvé force obligatoire pour les États qui l’avaient ratifiée.

Aujourd’hui, tous les États membres de l’Organisation des Nations unies ont adopté au moins un des neuf traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, et la très grande majorité d’entre eux en a ratifié quatre ou plus. La Déclaration de 1948 a entraîné dans son sillage d’autres grands textes, comme la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), signée par les États membres du Conseil de l’Europe en 1950 et entrée en vigueur trois ans plus tard. Notons que la France, qui héberge la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, n’a ratifié la Convention qu’en 1974, et n’a permis à ses résidents de la saisir qu’en 1981. De même, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) est un traité international adopté en 1989 par l’Assemblée générale des Nations unies dans le but de reconnaître et protéger les droits spécifiques des enfants. Le concept d’intérêt supérieur de l’enfant le consacre dès lors comme « sujet de droit », et non plus comme « objet de droit ». Parmi les cent quatre-vingt-treize États reconnus par l’O.N.U., seuls les États-Unis ne font pas partie de ce traité, car il interdisait toute condamnation à mort pour un crime commis par un mineur (loi abrogée en 2005 aux États-Unis).

La défense des droits de l’homme, et par extension des droits de tous les êtres vivants sur cette planète, apparaît comme un combat permanent qui traverse l’Histoire et qui restera, semble-t-il, sans fin.

Pour vous procurer la revue L’Esplanade,

rendez-vous sur le site : Chaillot Théâtre National de la Danse

 

Source ACHAC  newsletter#1 – 5 décembre 2018

APRES LE GWO KA(Guadeloupe) LE RAGGAE (Jamaïque)

vient  d’être  inscrit  au  Patrimoine culturel  immatériel  de l’Humanité

. Le genre musical qui a émergé en Jamaïque à la fin des années 1960 et dont  Bob MARLEY  a été   le  prince international(200 millions  de  disques  vendus  dit-on) ,  faisait  référence  au  mouvement  rasta(fari)   d’origine  éthiopienne .  L’organisation internationale de  l’ U.N.E.S.C.O souhaite ainsi souligner le rôle de cette musique dans de nombreux combats contre l’injustice et en faveur de l’humanité.

MISSION FONDATION

Image

SAUVAGES/ZOOS HUMAINS ?

 

 

 

Lundi 24 septembre 2018 à 18h
Forum des images /Paris

Forum des Halles

 

Mercredi 26 septembre 2018 à 18h
Musée national de l’histoire de l’immigration/ Paris

métro  Porte  Dorée

Après un accueil chaleureux, le mardi 28 août 2018, lors de la présentation officielle à la presse des nouveaux programmes d’ARTE, le film-documentaire Sauvages, au cœur des zoos humains, réalisé par Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet, à découvrir le 29 septembre à 20h50 sur la chaîne, sera projeté lors de deux soirées événements. Après une avant-première organisée le lundi 24 septembre 2018 par ARTE au Forum des images, une deuxième projection, avec débat, aura lieu le 26 septembre 2018 au Musée national de l’histoire de l’immigration. Après le film, une table ronde présentée par Benjamin Stora, historien et président du Conseil d’orientation du musée, sera animée par Pascal Blanchard, historien, spécialiste de l’Empire colonial français, en présence de Sandrine Lemaire, historienne, spécialiste de l’histoire coloniale, Abd al Malik, artiste et voix-off du film, et Bruno Victor-Pujebet, réalisateur.

Pour la première fois, un film retrace l’histoire oubliée des zoos humains, à travers le destin de six exhibés et les témoignages de leurs descendants. Un documentaire-événement enrichi d’images d’archives inédites et d’interviews avec de grands spécialistes internationaux, dont les coulisses et toute l’actualité sont à retrouver sur la page Facebook dédiée.

voir  aussi    www.youtube.com/watch?v=9CxJoXSX-mo

Le film-documentaire Sauvages, au cœur des zoos humains sera diffusé sur Arte lesamedi 29 septembre 2018, à 20h50 ! Le film a été présenté à la presse, aux professionnels et aux médias lors de la conférence de presse d’ARTE, le mardi 28 août 2018, par Abd al Malik, artiste et voix-off du film et par Bruno Victor-Pujebet, co-réalisateur du documentaire.

Découvrez les prochains temps forts autour de la diffusion du film :

  • Dimanche 23 septembre 2018 : La Marche du monde, présentée par Valérie Nivelon sur Radio France Internationale, consacrera son émission à la sortie du documentaire.
  • Lundi 24 septembre 2018 : avant-première Arte au Forum des Images, en présence des deux réalisateurs.
  • Mardi 25 septembre 2018 : Pascal Blanchard, historien et co-réalisateur du film, sera l’invité de Thomas Hugues et Sidonie Bonnec dans l’émission La curiosité est un vilain défaut, sur RTL.
  • Mercredi 26 septembre 2018 : projection au Musée national de l’histoire de l’immigration, suivie d’une table ronde introduite par Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du musée et animée par Pascal Blanchard. La table ronde réunira Sandrine Lemaire, historienne spécialiste du fait colonial et intervenante dans le film, Abd al Malik, artiste et voix-off du film et de Bruno Victor-Pujebet, co-réalisateur du documentaire. Événement gratuit sur réservation.
  • Jeudi 27 septembre 2018 : dans Le Club 28 minutes, sur Arte, émission spéciale autour de la sortie de Sauvages, au cœur des zoos humains, avec l’artiste Abd al Malik.
  • Samedi 29 septembre 2018 : diffusion sur Arte à 20h50
  • Vendredi 12 octobre 2018 : projection lors des Rendez-vous de l’Histoire, à Blois. Le film sera présenté par Pascal Blanchard et par Alain Mabanckou, écrivain et professeur de littérature francophone à Los Angeles.
  • Octobre 2018 : le mensuel Historia, la revue du « Passé qui éclaire l’actualité », consacrera un dossier au documentaire.

Source ACHAC  newsletter 29 Août 2018

FIGURES LEGENDAIRES

Nelson .Mandela

Centenaire de la naissance de N. MANDELA

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Fresque au Pont  de  Bondy(93)

Malala

Malala Yousafzai ou Malala Yousufzai (en ourdou : ملالہ یوسف زئی) est une militante pakistanaise des droits des femmes1, née le 12 juillet 1997 à Mingora, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, où elle s’est opposée aux talibans qui tentaient d’interdire la scolarisation des filles. Elle a vécu à Mingora, principale ville du district de Swat, dans le Nord-Ouest du Pakistan, une zone proche de l’influence des talibans. Symbole de la lutte pour l’éducation des filles et contre les talibans, elle a reçu plusieurs distinctions pakistanaises et internationales à la suite de ses prises de position alors que sa région était l’objet d’une lutte entre les talibans pakistanais et l’armée. Durant son enfance, Malala a écrit un blog pour la BBC2, racontant son point de vue sur l’éducation et sa vie sous la domination talibanes. Le 9 octobre 2012, elle est victime d’une tentative d’assassinat où elle est grièvement blessée, un attentat condamné par toute la classe politique du pays. Elle est transférée vers l’hôpital de Birmingham au Royaume-Uni le 15 octobre pour suivre un traitement plus poussé. Cette attaque conduit à une médiatisation internationale de Malala Yousafzai. En 2014, âgée de 17 ans, elle obtient le Prix Nobel de la paix avec l’Indien Kailash Satyarthi, ce qui fait d’elle la plus jeune lauréate de l’histoire de ce pays.

 

 

détail artistique de  l’oeuvre  (oeil  droit)

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LA VILLE DE SAINT-ESPRIT (97270) REND HOMMAGE à Aimé CESAIRE

THEATRE créole à PARIS

Une représentation de « Bòdlanmou pa lwen » est programmée le samedi 7 avril, à 20h30, au Théâtre de l’Epée de Bois (La Cartoucherie, route du Champs de manœuvre 75012 Paris. Métro: Château de Vincennes – Bus: 112), dans le cadre du festival Tempo Karayib organisé par l’association Eritaj. Venez nombreux!
Réservations : grandcarbet.cie@gmail.com

Sur scène, Gérard et Léna, un homme et une femme qui s’observent, se désirent, se rapprochent et s’aiment éperdument, jusqu’à ce que la flamme de leur passion vacille… « Bòdlanmou pa lwen » est un long poème à deux voix, l’histoire d’un amour volcanique, qui mêle les mots, la vidéo, la musique et la danse. C’est un regard sur le couple, sur la difficulté de dialoguer et construire ensemble. Un thème universel, ancré dans la culture et la langue créoles.

Les non-créolophones sont conviés, le texte est surtitré en français. Kanta séla ki ka konprann kréyòl, pa menm palé!

« Bòdlanmou pa lwen » a été récompensée aux concours d’écriture théâtrales Textes En Paroles et Etc Caraïbe. Il a été, en 2007, le premier texte en langue créole présenté à la Comédie française.

– Auteur, metteur en scène : Franck SALIN alias FRANKITO
– Comédiens : Christian JULIEN, Irène BICEP alias LAYKO, et la participation d’Igo DRANE
– Scénographe: SOYLÉ
– Chorégraphie : Max DIAKOK
– Musique : Franck NICOLAS
– Musiciens : Franck NICOLAS, Jony LEROND
– Régie lumières : Jean-Pierre NEPOST
– Vidéo: Wally FALL
– Production : Compagnie du Grand Carbet

L’image contient peut-être : 2 personnes, texte
 NB . rendez-vous, à Paris, les 27, 28, 29 et 30 avril à l’Auguste Théâtre (6 impasse Lamier, 75011 Paris. Métro : Philippe Auguste – ligne 2). Les représentations auront lieu les vendredi, samedi, lundi, à 20h30, et le dimanche à 16h30.

Réservations :
Tel : 0143672047 – Email : grandcarbet.cie@gmail.com – Site:http://augustetheatre.com/bodlanmou-pa-lwen

Vente en ligne:
http://www.billetreduc.com/183269/evt.htm

Le samedi 19 mai, à 20h, une représentation est organisée à l’Espace Caravelle (10 Rue Winston Churchill, 77100, Meaux), en Seine-et-Marne.

FESTIVAL « AFRIQUE EN MARCHE »

Festival-L-Afrique-en-marche-Vincennes

du 7 au 14 avril 2018

Festival L’Afrique en marche à Vincennes, une Afrique positive et dynamique

Dans la ville de Vincennes (94)


Depuis 10 ans, avec  » Afrique en marche « , l’Afrique a rendez-vous avec Vincennes. 

L’Afrique, tout le monde en a une idée, mais la connaît-on vraiment ? Et surtout, de quelle Afrique parle-t-on ? Celle des guerres, des famines, de la pauvreté, des migrants, est déjà ultra présente dans les médias.

Mais pourquoi ne pas parler aussi de l’autre Afrique ? Celle de la croissance qui décolle, des classes moyennes qui s’installent, de la musique qui se répand partout, de la littérature qui foisonne ? Il existe à l’évidence une Afrique de la création, de la richesse économique et culturelle, de l’élan vers l’avenir. En un mot, une Afrique en marche.

C’est donc l’ambition de notre festival, depuis dix ans, de mettre en contact le public avec cette autre réalité de l’Afrique, par quelques témoignages sensibles, choisis pour marquer les esprits et rester dans les mémoires.

Cette année en avril, il y aura beaucoup de temps forts : un concert de Bonga, un plateau d’écrivains magnifiques, une rencontre de poésie, une soirée avec des entrepreneurs, des films marquants, des défilés de mode, des expositions, un grand marché d’artisanat, et des spectacles spécialement conçus pour les scolaires.

En quelques jours, ce ne seront quelques instants, volés à l’ignorance ou à l’indifférence. Mais s’ils donnent le goût et le désir de mieux connaître l’Afrique, où continue de se jouer une partie de notre destin de Français et d’Européens, ce festival aura rempli son office.

Au programme : 

MUSIQUE

Bonga en concert – 11 avril à 20h30
Retrouvez le célèbre chanteur Bonga, figure de proue de la musique angolaise, en concert le mercredi 11 avril à 20h30 à l’Espace George Pompidou.

RENCONTRES LITTERAIRES

Conférence littéraire – 13 avril à 20h30
Venez partager un grand moment de littérature avec 4 grands auteurs : Abdelaziz Baraka Sakin, Véronique Tadjo, Thierry Cruvelier et Kossi Efoui le vendredi 13 avril à 20h30 à l’auditorium de Coeur de Ville.

​Cette soirée est organisée en partenariat avec la librairie Millepages à Vincennes.

La poésie africaine à l’honneur – 7 avril à 11h
Pour une véritable rencontre autour de la poésie africaine, rendez-vous le samedi 7 avril à 11h00 à la Salle des Académiciens de Cœur de Ville. Ce sera l’occasion d’apprécier l’incroyable richesse de la poésie de ce continent avec Georges-Marie Lory, qui lira un florilège de poèmes extraits de l’anthologie 120 nuances d’Afrique, et avec le poète sud-africain Denis Hirson qui présentera en personne plusieurs de ses oeuvres.

Conte africain – 7 avril à 16h30
La section Jeunesse vous invite pour une heure de lecture du conte africain avec Gabriel Kinsa (conteur aux multiples facettes) : Contes Kongo. De 16h30 à 17h30 à la salle Robert Louis.

CONFERENCES-DEBAT

Soirée « Entreprendre en Afrique » – 12 avril à 19h30
La soirée « Entreprendre en Afrique » vise à faire découvrir le dynamisme de l’écosystème des startups du continent africain. Nous parlerons des tendances actuelles, des problématiques rencontrées par les entrepreneurs, des structures de financement et d’accompagnement des entrepreneurs, et présenterons des cas concrets de startups africaines. Rendez-vous le 12 avril à 19h30 à l’Hôtel de ville de Vincennes.

Conférence Au cœur des savoirs : « La croissance africaine est-elle véritablement en marche ? » – Jeudi 12 avril à 14h30
La croissance des économies africaines a connu une reprise dans le courant des années 2000, et la perspective de l’émergence du continent est souvent considérée dans les médias comme annonciatrice d’une nouvelle ère économique internationale. Pourtant, même dans des pays souffrant actuellement de difficultés économiques ou sécuritaires majeures, les régimes politiques se présentent comme les artisans de l’émergence de leur économie.

Que penser de ces récits sur la croissance du continent, qui renvoient à la fois à une transformation économique et sociale effectivement en cours, et à des discours de légitimation creux et irréalistes véhiculés par des pouvoirs en recherche de stratégies de maintien au pouvoir ? Rendez-vous le jeudi 12 avril à Coeur de Ville dans la Salle Robert-Louis à 14h30.

ARTISANAT

Le marché Africain – 7 avril toute la journée
Le parvis de l’Hôtel de ville de Vincennes sera animé par un marché africain le samedi 7 avril de 9h à 19h. Des créateurs, des artisans et des traiteurs proposeront leurs produits toute la journée du samedi. Cet après-midi sera également rythmé par des concerts, des défilés de mode ainsi que des animations pour les enfants.

Venez donc danser sur le son du djembé, boire un verre de bissap, déguster un mafé, ou bien colorer votre maison et votre garde-robe !

SPECTACLE

Chrysogone – 14 avril à 17h
Danseur, chorégraphe et directeur artistique, Chrysogone Diangouaya est originaire du Congo-Brazzaville. Le spectacle “Tina, Tina” mélange tradition orale, danse et théâtre. Il s’inspire du folklore congolais, malgache mais aussi rwandais, camerounais et sud-africain. En outre le spectacle associe la vidéo et le dessin animé, qui permettent d’élargir le champ de l’expression artistique et d’enrichir la perception du public.

Au théâtre de l’Espace Sorano, le samedi 14 avril à 17h00.

CINEMA

Projection du film « Tant qu’on vit » – 10 avril à 20H30 au cinéma Le Vincennes

Tant-qu-on-vit-de-Dani-Kouyate

Amateurs de cinéma, venez assister à la projection du film « Tant qu’on vit » du réalisateur Dani Kouyaté suivi d’un débat animé par Michel Amarger, journaliste , critique de cinéma, spécialiste de cinéma africain.

EXPOSITIONS

IBABA, tel est le nom de l’exposition photo de Marie Moroni. Découvrez les portraits de femmes rwandaises que l’artiste a rencontrées dans leur atelier de broderie, dans un petit village au nord de Kigali. Une exposition sur tout le long du festival à Coeur de Ville.

Les portraits d’enfants sénégalais d’Yves Barou seront exposés sur la place Pierre Sémard, à proximité du RER de Vincennes du 29 mars au 1er mai.

Découvrez les aquarelles de Jean-Jacques Etheve et les bronzes du Burkina dans le Hall d’exposition de l’Espace Sorano du 27 mars au 20 avril.

Plus d’infos : www.afriqueenmarche.fr

Meilleurs voeux pour 2018/best wishes for 2018

JOSEPH SARDA GARRIGA , libérateur de la REUNION

Comme chaque année, le 20 décembre prochain, La Réunion célèbre l’abolition de l’esclavage. L’occasion de revenir sur l’histoire de Sarda Garriga, le libérateur des 63 000 esclaves de la Réunion. Un portrait de 1998 diffusé sur RFO retrace son parcours de La Réunion à la Guyane.

© DR
  • La1ère.fr / Réunion 1ère
  • Publié le 
Il est décédé en 1877. 140 ans plus tard, Joseph Sarda Garriga  reste l’homme qui a libéré plus de 60 000 esclaves à La Réunion. Son portrait diffusé en 1998 sur RFO :

Portrait de Sarda Garriga

Arrivée à La Réunion

En 1848, Victor Schoelcher, membre du gouvernement provisoire, nomme ce receveur des finances, commissaire général de la République à La Réunion. Arrivé dans l’île le 13 octobre 1848, Sarda Garriga doit faire appliquer le décret d’abolition de l’esclavage.

L’Assemblée des propriétaires du Nord de l’île lui demande de reporter l’application du décret à la fin de la campagne sucrière. Sarda Garriga refuse et promulgue le décret d’abolition le 18 octobre.

L’abolition

Dans les mois qui suivent, Joseph Sarda Garriga parcoure l’île pour rassurer maîtres et esclaves. Il exhorte la population au calme et au travail. Le 20 décembre, il mène à bien sa mission en décrétant l’abolition.

Ci-dessous la déclaration de Sarda Garriga faite aux travailleurs le 20 décembre 1848 :

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© DR

Son parcours

En 1849, Sarda Garriga sera révoqué par Louis Napoléon Bonaparte. En 1852, il prend de nouvelles fonctions en Guyane. Onze ans plus tard, il s’installe dans l’Eure à Mesnil-sur-l’Estrée où il possède le prieuré d’Heudreville. Né en 1808 dans les Pyrénées-Orientales, ce fils de berger, défenseur des droits de l’homme depuis l’âge de 20 ans, décède en 1877. Sarda Garriga est mort à l’âge de 69 ans. Il a été enterré à Mesnil-sur-l’Estrée en 1877.

© D.R
© D.R

CANTIQUES DE NOEL

Allez mon voisin – Page 2
Allons-y donc – Page 4
Dans le calme – Page 6
Douce Nuit/ Mi bel lan nuit – Page 9
Il est né le divin enfant – Page 10
Joseph mon cher fidèle – Page 11
Alléluia – Page 15
Les anges dans nos campagnes – Page 17
L’heureux moment – Page 18
Michaud veillait – Page 19
Naissez – Page 21
Ô Nwel ô – Page 23
Oh la bonne nouvelle – Page 24
Petit papa noël – Page 25
Pour un maudit péché – Page 26
Quand Dieu naquit à noël – Page 28
Quand Jésus naquit – Page 30
Satan crève – Page 31
Souvenez-vous en – Page 32
Un enfant vient de naître – Page 34
Voisin – Page 37

2 ALLEZ MON VOISIN

Promptement levez-vous
Mon voisin,
Le Sauveur de la terre,
Est, enfin parmi nous
Mon voisin
Envoyé de son père
Mon voisin.
Allez mon voisin, allez (bis)
Allez mon voisin, à la crèche
Mon voisin.
Allez mon voisin, allez (bis)
Allez mon voisin, à la crèche
Mon voisin.
Veillant sur mon troupeau
Mon voisin,
Autour de ce village,
J’entends un air nouveau
Mon voisin,
Et du plus doux langage
Allez mon voisin, etc.
Rempli d’étonnement
Mon voisin,
Je laisse ma houlette,
Pour voir le Dieu naissant,
Mon voisin,
Qu’annonçait le prophète,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Dans 1’admiration
Mon voisin,
Entrant dedans l’étable,
J’adore ce poupon,
Mon voisin,
Mais Jésus ineffable,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Après quelques moments,
Mon voisin,
Ayant fait ma prière,
Je porte mes présents,
Mon voisin,
A l’enfant à la Mère,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Je ne suis point trompeur
3 Mon voisin

Les choses sont certaines.
Notre divin Sauveur,
Mon voisin,
Finit toutes nos peines,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Mon Dieu manque de tout
Mon voisin
Portez-lui quelque chose.
S’il souffre c’est pour nous
Mon voisin
Nous en sommes la cause
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Choisissez le meilleur,
Mon voisin,
De votre bergerie.
Donnez-le de bon cœur,
Mon voisin.
A Joseph et Marie
Mon voisin.
Allez mon voisin. etc.
L’enfer est confondu
Mon voisin,
Le ciel a la victoire.
Du messie attendu,
Mon voisin,
Chantons, chantons la gloire,
Mon voisin.
Allez, mon voisin, à la crèche !
Mon voisin
Allez, mon voisin, à la crèche !
Ritournelle
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka monté môn an mazincoin pa oublié
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka monté môn an ti rhum lan pa oublié
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka viré desann ti kraz la pa oublié
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka viré monté mazincoin pa oublié

4 Allons-y donc

Deux bergers s’entrent disant :
Courons adorer l’enfant,
Qui vient de naître vraiment
Pour finir notre misère
Allons-y donc, mon compère
Allons-y donc gaiement.
Courons adorer l’enfant,
Allons-y donc gaiement,
C’est le dieu du firmament
Le créateur de la terre
Allons-y donc, etc.
C’est le Dieu du firmament
Allons-y donc gaiement,
Portons-lui quelque présent
Afin qu’il nous soit prospère,
Allons-y donc, etc.
Portons-lui quelques présents
Allons-y donc gaiement,
Et faisons-lui compliment
Nous ferions mal de nous taire.
Allons-y donc, etc.
Et faisons-lui compliment
Allons-y donc gaiement,
Sur son saint avènement
Qui nous est si salutaire.
Allons-y donc, etc.
Sur son saint avènement
Allons-y donc gaiement,
Lui demander humblement
D’un cœur droit, pur et sincère.
Allons-y donc, etc.
Lui demander humblement
Allons-y donc gaiement,
Un parfait amendement
Du mal qu’on a pu lui faire.
Allons-y donc, etc.
Un parfait amendement
Allons-y donc gaiement,
Il est doux, il est clément,

5 Il est bon et débonnaire

Allons-y donc. etc.
Il est doux, il est clément
Allons-y donc gaiement,
Il nous aime tendrement
Puisqu’il s’est fait notre frère.
Allons-y donc, etc.
Il nous aime tendrement
Allons-y donc gaiement,
Pour réussir sûrement
Adressons-nous à sa Mère.
Allons-y donc, etc.
Pour réussir sûrement
Allons-y donc gaiement
Promettons-lui fermement
De l’aimer comme un bon Père.
Allons-y donc, mon compère
Allons-y donc gaiement,
Refrain Autre:
Allons-y donc z’y z’y mon compère
Allons-y donc gaiement
Ritournelle
3 fois 20 patché karot, sé 30 pou mawen 30 pou sousou mwen
oguitch ich mwen édé ma tant ou mwen kay pôté dé ti patat ba’w
mwen té ka désann an vil, la riviè blanch baré mwen
si sé té misié sébastien lariviè a té ké néyé mwen

6 Dans le calme

Dans le calme de la nuit, (bis)
S’est entendu un grand bruit
Une voix
Plusieurs fois
Plus angélique qu’humaine
Une voix
Plusieurs fois
Rendait gloire au Roi des Rois.
Je n’entendais qu’à demi, (bis)
Car j’étais tout endormi,
Cependant
Ce doux chant
M’a fait ouvrir les oreilles
Cependant
Ce doux chant
M’a fait lever promptement.
Plus en plus je m’approchais (bis)
Et mieux en mieux j’entendais
Ravissant
Je n’ai ouï voix pareille
Oh ! le chant
Ravissant !
M’écriai-je hautement.
J’ai couru dans le hameau, (bis)
Tête nue et sans chapeau ;
Tout dormait
Et ronflait
Dans un repos bien tranquille
Tout dormait
Et ronflait
Et personne ne m’entendait.
Sus, levez-vous, compagnons,
L’autre nuit nous dormirons,
Dépêchez
Et sortez
Venez avec moi entendre
Dépêchez
Et sortez
Et tous ravis vous serez.
Aussitôt fait comme on dit

7 Et les grands et les petits

Me suivant
En sortant
Ils ont ouï la musique
Me suivant
En sortant
Ils admirent ce beau chant.
L’ange qui si bien chantait,
Clairement nous instruisait :
Cette nuit
A minuit
Est né le Sauveur des hommes
Cette nuit
A minuit
Sur le foin il est réduit.
Allons voir ce bel enfant
Pasteurs, dit-il, promptement.
Sans douter
Ni errer
Croyons à cette nouvelle
Sans douter
Ni errer
Allons vite l’adorer.
De cet oracle divin
Ayant appris le chemin
Le suivant
Promptement
Avons trouvé le messie
Le suivant
Promptement
Avons adorer l’enfant.
Il était ce beau poupon
En pitoyable façon,
De grand froid
Il tremblait
A peine avait-il des langes
De grand froid
Il tremblait
Sa pauvre mère en pleurait.
Ritournelle

8 An vandredi apré midi

Man té couché an ka kabann mwen
Ti sè mwen an ka krié mwen
I ka di mwen difé ki pri
Lè mwen soti alé gadé
Pou mwen pé wè sa ka pasé
Lè mwen rivé tibren pi lwenLa persepsyon té ka brilé
Mwen krié Marin
Marin pa ka répon’n
Krié fransoi i di y pa ka vini
Rivièr Pilot tout tuyotri’y bouché
Si sé pa té comenne Voklen
Tout St Espri té ké’y brilé
La joi de viv sé an ti sosiété
Ké nou formé i pa ni bien lontan
Nou ka bouè rum sé pou nou anmizé
Si nou boulé nou boulé
Si nou tchimbé nou tchimbé
La joie de vivre, la joie de vivre (bis)
La joie de vivre, la joie de boire
La joie de boire, la joie de boulé
La joie de boulé, de roulé à tè
De roulé à tè, trin nin tou patou
Trin nin tou patou, tonbé an kan’nal
Y a pas comme nous (bis)
S’il y en a, …………….
Petit papa noël…

9 Douce Nuit

Douce nuit, Sainte nuit !
Tout s’endort au dehors
Marie et Joseph veillent
Sur l’Enfant qui sommeille
Au ciel l’astre reluit (bis)
Douce nuit, Sainte nuit !
Quel bonheur dans les cœurs
Quand les bergers entendent
Les Saints Anges qui chantent
Il est né le Sauveur (bis)
Douce nuit, Sainte nuit !
Jetez-vous à genoux
Bergers, c’est le Messie
Jésus, né de Marie
Dieu fait homme pour nous (bis)
Mi bel lan nuit
Mi bel lan nuit, fout’ ça jolie
Tout’ moune ja ka dômi.
Marie épi Joseph ka veillé
Assou Jésus qui ka sommeillé,
Dans ciel la ni z’étoiles chè,
Ni z’étoiles qui ka clairé.
Mi bel lan nuit, fout’ ça jolie,
Mi bonheu pou nous tout’
A minuit an pauvr’ gadien moutons
Ka ten-ne plusieu voix qui ka chanté
Mammaille la nous sauvé
Pass Jésus né jôdi-à
Mi bel lan nuit, fout’ ça jolie
An nous tout’ bô l’église,
Adoré ti Jésus qui couché,
Bras-ï en l’ai, i envi nous quimbé-ï
Nous ké prend-ï dans cœu nous,
Nous ké gadé-ï pou toujou.
10 Il est né le Divin Enfant

Il est né le Divin Enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le Divin Enfant
Chantons tous son avènement.
Depuis plus de quatre mille ans
Nous le promettaient les prophètes
Depuis plus de quatre mille ans
Nous attendions cet heureux temps
Ah! qu’il est beau, qu’il est charmant
Ah ! que ces grâce sont parfaites
Ah! qu’il est beau, qu’il est charmant
Qu’il est doux ce Divin Enfant.
Une étable est son logement
Un peu de paille est sa couchette
Une étable est son logement
Pour un Dieu quel abaissement !
Il vient en faire la conquête
Il veut nos cœurs, il les attend
Qu’ils soient à lui dès ce moment.
Oh ! bergers, venez promptement,
Près de lui votre place est prête.
Oh ! bergers, venez promptement,
Il aime votre empressement.
Partez, ô Rois de l’Orient
Venez-vous unir à nos fêtes.
Partez, ô Rois de l’Orient
Venez adorez cet enfant.
Ô Jésus, ô Roi tout-puissant !
Tout petit Enfant que vous êtes,
Ô Jésus, ô Roi tout-puissant !
Régnez sur nous entièrement.
11 Joseph mon cher fidèle

Joseph mon cher fidèle,
Cherchons un logement
Le temps presse et m’appelle
A mon accouchement
Je sens le fruit de vie
Ce cher enfant des Cieux
Qui d’une sainte vie
Va paraître à nos yeux.
Joseph
Dans ce triste équipage,
Marie allons chercher
Par tout le voisinage,
Un endroit pour loger
Ouvrez voisin la porte
Ayez compassion
D’une vierge qui porte
Votre rédemption.
Les voisins de Bethléem
Dans toute la bourgade
On craint trop les dangers
Pour donner la passade
A des gens étrangers
Au logis de la lune
Vous n’avez qu’à loger
Le chef de la commune
Pourrait bien se venger.
Marie
Ah ! changez de langage
Peuple de Bethléem !
Dieu vient chez vous pour gage
Hélas ! ne craignez rien
Mettez-vous aux fenêtres
Ecoutez ce destin
Votre Dieu votre Maître
Va sortir de mon sein.
Les voisins de Bethléem
C’est quelque stratagème
On peut faire la nuit
Quelque tour de Bohême
Quand le soleil ne luit,

12 Sans voir ni éclair ni lune

Les méchants font leurs coups
Gardez votre infortune
Passants retirez-vous.
Joseph
O ciel ! quelle aventure,
Sans trouver un endroit
Dans ce temps de froidure
Pour coucher sous un toit ;
Créature barbare
Ta rigueur te fait tort,
Ton cœur déjà s’égare
En ne plaignant mon sort.
Marie
Puisque la nuit s’approche
Pour nous mettre à couvert
Ah ! fuyons ce reproche
J’aperçois un désert
Une vieille cabane
Allons mon cher époux
J’entends le bœuf et l’âne
Qui nous serons plus doux.
Joseph
Que ferons nous Marie
Dans un si méchant lieu
Pour conserver la vie
Au petit enfant-Dieu
Le monarque des anges
Naîtra dans un bercail
Sans feu, sans drap, sans langes
Et sans Palais Royal.
Marie
Le ciel je vous assure
Pourra nous secourir
Je porte bon augure
Sans craindre de périr
J’entends déjà les anges
Qui font d’un ton joyeux
Retentir les louanges
Sous la voûte des cieux.

13 Joseph

Trop heureuse retraite
Plus noble mille fois
Plus riche et plus parfaite
Que le Louvre des Rois !
Logeant un Dieu fait homme
L’auteur du Paradis
Que le prophète nomme
Le Messie promis.
Marie
J’entends le coq qui chante,
C’est l’heure de Minuit
O ciel ! un Dieu m’enchante
Je vois mon sacré fruit ;
Je pâme, je meurs d’aise
Venez mon bien-aimé
Que je vous serre et baise
Mon cœur est tout charmé.
Joseph
Vers Joseph votre père
Nourrisson plein d’appas,
Du sein de votre mère
Venez entre mes bras,
Ah ! que je vous caresse
Victime des pécheurs
Mêlons, mêlons sans cesse
Nos soupirs et nos pleurs.
Ritournelle
Man lé’y dou (bis)
Man lé’y dou manmay la
Man lé’y dou (bis)
Man lé’y dou manmay la
Man lé’y dou (bis)
Man lé’y dou manmay la
Si ‘w pa ka ba mwen sa dou
Pa kryé mwen ti roro
Ya pas d’meilleur noël
Que le noël de chez nous
Pa ni pli bon nwèl
Ki nwèl la kay’ nou
Tanbou ka palé
tobodobodo
14
Ti-bwa ka frapé
Yo pa lé kouté
Chacha ka soukoué
….
Rum lan ka dévidé
Ohoh
Man tan’n an chanté kantik
ka woulé
Sé la ki ni ritounèl
ka tonbé

15 Alléluia

Chantons les louanges
D’un Dieu plein d’amour
Imitons les anges
Dans un si beau jour,
Melons nos trompettes
Avec leurs hautbois,
Et dans nos retraites,
Disons mille fois :
Alléluia ! alléluia !
Kyrie Christe ! kyrie eleison !
Jésus vient de naître
Pour nous rendre heureux,
Il fait disparaître
Tous nos soins fâcheux.
Nos plaintes finissent
Nous sortons des fers,
Les airs retentissent
Alléluia, etc.
Que chacun s’assemble
Dans Ces lieux charmants
Montrons tous ensemble
Notre empressement.
Que l’écho fidèle
Du fond de nos bois
Voyant notre zèle
Réponde à nos voix.
Alléluia, etc.
Que tout soit sensible
A notre bonheur
Que l’hiver terrible
Calme sa rigueur.
Que tous nos bocages
Nos prés, nos vallons,
Bravent les ravages
Des fiers aquilons
Alléluia, etc.
Paisibles fontaines,
Tranquilles ruisseaux,
Faites sur les plaines,
Serpenter vos eaux.
16 Que ce doux murmure,

Echo du printemps,
Rende la verdure
Et les fleurs aux champs.
Alléluia, etc.
Pourquoi tant attendre
Aimables oiseaux,
De nous faire entendre
Vos concerts nouveaux ?
De vos saints hommages
Devenez jaloux
Et dans vos ramages,
Dites avec nous :
Alléluia, etc.
Brebis innocentes
Et vous chers moutons,
Sur les fleurs naissantes
Faites mille bonds.
Trop heureux troupeau,
Il te vient de naître,
Un pasteur nouveau.
Alléluia, etc.
Oh ! quelle allégresse
Règne en ces bas lieux
Chacun s’intéresse
Dans ces champs joyeux.
A peine on voit luire
Ce jour fortuné
Que tout semble dire :
Le sauveur est né !
Alléluia ! alléluia !
Kyrie Christe ! kyrie eleison !

17 Les Anges dans nos campagnes

Les anges dans nos campagnes
Ont entonné 1’hymne des cieux ;
Et l’écho de nos montagnes
Redit ces chants mélodieux :
Gloria iu excelsis Déo (bis)
Bergers pour qui cette fête ?
Quel est l’objet de tous ces chants ?
Quel vainqueur, quelle conquête
Mérite ces chants triomphants ?
Gloria in excelsis Déo (bis)
Ils annoncent la naissance
Du Saint Rédempteur d’Israël
Et plein de reconnaissance
Chantent en ce jour solennel :
Gloria in excelsis Déo (bis)
Allons tous de compagnie
Sous l’humble toit qu’il s’est choisi
Voir l’adorable Messie,
Auquel nous chanterons aussi :
Gloria in excelsis Déo (bis)
Tous dociles à leur exemple
Seigneur, nous viendrons désormais
Au milieu de votre temple
Dire en publiant vos bienfaits :
Gloria in excelsis Déo (bis)
Ritournelle
Et l’écho, et l’écho (bis)
Et l’écho de nos montagnes
Redit ces chants, redit ces chants (bis)
Mélodieux, mélodieux
Redit ces chants mélodieux

18 L’heureux moment

Il s’approche l’heureux moment
Qui doit finir notre misère
Il va venir l’auguste Enfant
Qui donne la paix à la terre (bis)
Tournons vers lui (bis) tous nos soupirs
Appelons-le par nos désirs (bis)
O nations, consolez-vous
De vos souhaits l’objet aimable
Vient enfin répandre sur nous
Les dons de son cœur ineffable (bis)
Tournons vers lui (bis) tous nos soupirs
Appelons-le par nos désirs (bis)
Paraissez, ô divin Enfant
Pour nous à jamais désirable
L’univers entier vous attend.
Montrez votre face adorable, (bis)
Ah ! rendez-vous (bis) à nos soupirs
Venez combler tous nos désirs. (bis)
Daignez choisir votre palais.
Dans nos cœurs remplis de tendresse
Pour vous dès longtemps, ils sont prêts
Venez notre amour vous empresse (bis)
Ah! rendez-vous (bis) à nos soupirs
Venez combler tous nos désirs. (bis)
Ritournelle
Katrine pikan, diab’la déyè nou
Chandelle brilé, voyé dlo monté (bis)
Ablo blo blo blo blo (ter)
Lanné tala pa lanné pasé
Ou kay’y pasé bô la kuisin-ka
Ou kay’y trouvé dé môso ban-nann
Ou kay’y trouvé môso lanmori
Si-i pa asé, ou-a bouè bouillon-a (bis)

19 Michaud veillait

Michaud veillait (bis)
La nuit dans sa chaumière,
Près du hameau
En gardant son troupeau;
Le ciel brillait
D’une vive lumière,
Il se mit à chanter
Je vois (ter)
L’étoile du berger.
Au bruit qu’il fit,
Les pasteurs de Judée
Tout en sursaut
Vinrent retrouver Michaud,
Auxquels il dit :
La vierge est accouchée
Sur l’heure de minuit:
Voilà (ter)
Ce que l’ange a prédit
Un pauvre toit
Servait de couverture
A la maison
De ce Roi de Sion ;
Le vent sifflait
D’une horrible froidure
Au milieu de l’hiver
Il vient (ter)
Pour nous tirer des fers.
Sa Mère était
Assise près de la crèche ;
L’âne mangeait
Le bœuf les réchauffait;
Joseph priait
Sans chandelle ni mèche,
Dans ce triste appareil,
Jésus (ter)
Brillait comme un soleil.
Fasse, Seigneur,
Que notre sainte enfance
Nous place au cieux

20 Parmi les bienheureux !

Ah ! Quel bonheur
Si dans votre souffrance,
Nous pouvons mériter
Un bien (ter)
Que l’on ne peut ôter.
Ritournelle
Mwen dan l’église, man ka gadé
Misié ka gadé mwen
Mwen la savann man ka gadé
Misié ka gadé mwen
Mwen au marché mwen ka gadé
Misié ka gadé mwen
Alé misié, aléa lé lavé fidji fiyèl fan-m ou (bis)
Perinèl o ! mawen lé bonbé o !
Mwen lé bonbé pays a pa bon pou mwen chè (bis)
Pa dot ki konpè michaud
Ki di saint Joseph pa papa bondiéPa dot ki konpè michaud
Pa dot ki konpè michaud
Ki di parol la pou fè nou la pèn
Piman ou a ba mwen piman
Ah citron ou a ba mwen citron
A kay misié henri tô kolibri kasé kanari (bis)
Eti ou janmen wè sa (ter) kolibri kasé kanari (bis)
Mwen la jol mwen pa sa dôli
Mwen lé manjé mwen pasa manjé
Mwen lé bwè mwen pasa bwè tèlman pawol la ka fè mwen lapèn
Moun an (bis) moun na kif è la jol la (bis)
Moun oui moun an, moun moun an kif è la jol la
Moun tala kif è la jol la kè ni an pènn poté ba bondié (bis)
A pa dot (ter) ki konpè Michaud (ter)
A pa dot ki konpè michaud ki ki saint joseph pa papa bondié
A pa dot ki konpè michaud ki di parol la pou fè nou la pèn

 

21 Naissez

Naissez l’amour vous y convie,
Naissez pour changer nos destins.
(bis)
Grand Emmanuel, divin fils de Marie,
Venez réparer les pertes des humains,
Naissez l’amour vous y convie,
Naissez pour changer nos destins.
Le ciel est sensible à nos larmes
Le ciel nous accorde un sauveur.
La charmante paix succède à nos alarmes
Le jour fortuné comble notre bonheur
Le ciel est sensible à nos larmes
Le ciel nous accorde un sauveur.
Il naît ce messie adorable
Il naît ce grand Dieu fait enfant.
Peut-il ô mortels, se rendre plus aimable
Pour nous racheter, il se livre en naissant.
Il naît ce messie adorable
Il naît ce grand Dieu fait enfant.
Pour nous, jusqu’à nous il s’abaisse
Pour nous il s‘immole aujourd’hui.
Chantons à jamais l’excès de sa tendresse
Et que tous les cœurs brûlent d’amour pour lui
Pour nous, jusqu’à nous il s’abaisse
Pour nous il s’immole aujourd’hui.
Ritournelle
Version 1
sé pa lanmou ka kondui mwen
sé mwen ka kondui lanmou mwen (bis)
Jenn jan paf è bagaï konsa
palésé lanmou condui zot bis)
Version 2
Henriette man Zakari mété man gason dérô (ter)
Minui ja ka sonnen i lè pou li rantré
Rhum blanc-an mwen paka bwè li encô (ter)
22
Mwen paka bwè li ancô pas i ka brilé gôj mwen
Version 3
adèl voyé dlo, voyé dlo
Paedan manman pa la : voyé dlo
Pandan papa pala : voyé dlo
Padan ti frè pa la : voyé dlo
Gôj mwen ka brilé mwen : voyé dlo

 

22 Oh !La Bonne Nouvelle
Oh! la bonne nouvelle
Qu’on vient nous annoncer
Une Mère est Vierge
Un Sauveur nous est né.
Bon, bon, bon, accourons-y vite,
Bon, bon, bon, accourons-y donc.
Tous les bergers en fête
Ont quitté leurs troupeaux,
Chantant des chansonnettes
Dessus leurs chalumeaux.
Bon, bon, bon, etc.
Pour Joseph qui admire
Ce prodige nouveau,
Il ne peut que nous dire :
Voyez comme il est beau !
Nous verrons cette Mère
Belle comme le jour,
Qui sur son sein le serre
Dans des transports d’amour.
Bon, bon, bon, etc.
Soyons de la partie,
Allons rendre nos vœux
Au beau fils de Marie
Qui est le Roi des Cieux.
Bon, bon, bon, etc.

23 Petit Papa Noël

C’est la belle nuit de Noël
La neige étend son manteau blanc
Et les yeux levés vers le ciel,
A genoux, les petits enfants,
Avant de fermer les paupières,
Font une dernière prière.
{Refrain:}
Petit Papa Noël
Quand tu descendras du ciel
Avec des jouets par milliers
N’oublie pas mon petit soulier
Mais, avant de partir,
Il faudra bien te couvrir
Dehors tu vas avoir si froid
C’est un peu à cause de moi
Il me tarde tant que le jour se lève
Pour voir si tu m’as apporté
Tous les beaux joujoux que je vois en rêve
Et que je t’ai commandés
Le marchand de sable est passé
Les enfants vont faire dodo
Et tu vas pouvoir commencer
Avec ta hotte sur le dos
Au son des cloches des églises
Ta distribution de surprises
{Refrain}
Petit Papa Noël
Quand tu descendras du ciel
Avec des jouets par milliers
N’oublie pas mon petit soulier
Mais, avant de partir,
Il faudra bien te couvrir
Dehors tu vas avoir si froid
C’est un peu à cause de moi
Et quand tu seras sur ton beau nuage
Viens d’abord sur notre maison
Je n’ai pas été tout le jour très sage
Mais j’en demande pardon
26
Pour un maudit péché
Pour un maudit péché
L’auteur de la nature
Pour un maudit péché
Jésus-Christ est couché
Tout nu dessus la dure
Ah! qu’il me fait pitié
Dedans une masure
Caché!
Ce petit Dieu d’amour
Se charge de nos peines
Ce petit Dieu d’amour
Vient nous donner le jour
Et soulager nos chaînes
Ayons donc du retour
Pour un Dieu qui nous aime
Toujours !
Il naît dans le recoin
Du débris d’une étable,
Il naît dans le recoin
Sur la paille et le foin,
Sa bonté charitable
Le réduit à ce point
Qu’il veut ce fils aimable
Nos soins.
Il n’a pas de berceau,
Le poupon de Marie,
Il n’a pas de berceau,
Cet innocent agneau.
Il commence une vie
Entre deux animaux,
Languissante et suivie
De maux.
Trois Mages d’Orient
Apprenant la nouvelle
Trois Mages d’Orient
Ont porté leurs présents
L’un lui offre la myrrhe,
L’un l’or, 1’autre l’encens,
(Et tous ensemble ) adorent
L’Enfant.
27
Il attache ses yeux
Dessus l’aimable face
Il attache ses yeux
En dépit des envieux
Dessus la belle glace
De ce miroir précieux,
Qui nous fait voir la grâce
Des cieux.
Il adore l’Enfant,
Puis il salue la Mère,
Il adore l’Enfant,
Qui vient donner son sang :
Il apaise son père
Que le péché d’Adam
Avait mis en colère
Longtemps.
Tous ces bergers, de peur
De ne pouvoir y être,
Tous ces bergers, de peur
De ne voir ce Sauveur,
Accourent en lui portant
Ce qu’ils ont de meilleur
Mais le premier lui laisse
Son cœur.
Les pasteurs d’alentour
Font entre eux une bande
Les pasteurs d’alentour
Viennent faire leur cour
En même temps que l’ange
Leur a dit le séjour,
Chimel sans plus attendre
Y court.
28
Quand Dieu naquit à Noël
Quand Dieu naquit à Noël
Dans la Palestine,
On vit ce jour solennel
Une joie divine.
Il n’était ni petit ni grand
Qui n’apportât son présent
Et no, no, no, no,
Et n’offrit, frit, frit,
Et no, no et frit, frit,
Et n’offrit sans cesse
Toute sa richesse (bis).
L’un apportait un agneau
Avec un grand zèle,
L’autre un peu de lait nouveau
Au fond d’une écuelle
Et sous ses pauvres habits
Cachait un peu de pain bis
Pour la, la, la, la,
Pour la sain, sain, sain,
Pour la, la, Pour la sain,
Pour la Sainte Vierge
Et Joseph concierge (bis).
Ce bon père putatif
De Jésus mon maître
Que le pasteur plus chétif
Désirait connaître,
D’un air obligeant et doux
Recevant le don de tous
Sans cé, cé, cé, cé,Sans ré, ré, ré, ré,
Sans cé cé, sans ré, ré,
Sans cérémonie,
Pour le fruit de vie(bis).
Il ne fut pas jusqu’aux rois
Du rivage maure
Qui joints au nombre de trois
Ne vinssent encore
Ces bons princes d’Orient
Offrirent en le priant
L’en, l’en, l’en, l’en
Cens, cens, cens, cens, cens,
29
L’encens et la myrrhe
Et l’or qu’on admire (bis)..
Quoi qu’il n’en eût pas besoin
Jésus notre maître
En prit avec un grand soin
Pour faire connaître
Qu’il avait les qualités
Par ces dons, représentées
D’un vrai, vrai, vrai, vrai
D’un roi, roi, roi, roi
D’un vrai, vrai, d’un roi, roi
D’un vrai roi de gloire
En qui l’on doit croire (bis)..
Plaise à ce divin enfant
Nous faire la grâce
Dans son séjour triomphant
D’avoir une place
Si nous n’y sommes jamais
Nous goûterons une paix
De lon, lon, lon, lon
De gue, gue, gue gue,
De longue durée
Dans cet empyrée (bis)..
30
Quand Jésus Naquit
Quand Jésus naquit du sein
De la vierge sa Mère
Plusieurs Anges ayant eu dessein
D’annoncer ce mystère
Tombé du ciel, tombé du ciel,
Tombé du ciel en terre.
Pour aller chercher les bergers
L’un vole, l’autre trotte
Dans les champs et dans les vergers
On les trouva par botte
Qui faisaient la, la, la, la,
Qui faisaient la ribote.
Margot porta des écus neufs,
Toinon une layette,
Et moi je lui portai trois oeufs,
Dit la grosse Pierrette,
Pour faire une o, Pour faire une o,
Pour faire une omelette.
Bien bonjour Monsieur Saint Joseph
Et la Vierge Marie,
Bien bonjour Monseigneur Jésus
Le chef-d’œuvre de la vie
Et bonjour la, la, la, la,
Bonjour la compagnie.
Ritournelle
Man ka kaliko téni dé jen ti fi afos yo fi yo pa ka janbé dalo (Bis)
Padan man kakiko pala
Sé tifi ka janbé dalo
Pandan man kaliko pala
Sé tifi a ka joué klarinèt

 

31 Un enfant vient de naître
Un enfant vient de naître
Qui commande en tous lieux
Pasteurs, il est le Maître
De la terre et des cieux
Il est dans une crèche
Ce lieu n’est pas bien loin
Sur de la paille sèche
Et sur un peu de foin.
A voir ce roi des anges,
Chacun serait trompé.
De lambeaux et de langes
Il est enveloppé.
Pour soulager sa peine
Pour adoucir ses maux,
Il se sert de l’haleine
De deux vils animaux.
Près de cette demeure
Dormaient quelques bergers,
Un ange à la même heure
D’un vol des plus légers,
Fend l’air et les réveille
Et leur dit : à l’instant
Venez voir la merveille
Que l’Univers attend.
Ayant fait son message,
Cet Ange disparut,
Pour aller au village.
Plus d’un Pasteur courut.
Ils vont droit à l’étable
Chercher le nouveau-né.
A sa vue adorable,
Chacun s’est prosterné.
Que faisiez-vous Marie,
Quand vous les voyiez tous
Laisser la bergerie
A la merci des loups ?
Vous vous disiez vous-même,
Comme à tous les chrétiens :
Que pour le bien suprême
35
On quitte tous les biens.
Ritournelle :
Zim alléluia, alléluia (bis)
Zim alléluia souris a bwè l’huile la dan lamp la
alé ma kalalou
alé man diri douUn enfant vient de naître
Un enfant vient de naître
Qui commande en tous lieux
Pasteurs, il est le Maître
De la terre et des cieux
Il est dans une crèche
Ce lieu n’est pas bien loin
Sur de la paille sèche
Et sur un peu de foin.
A voir ce roi des anges,
Chacun serait trompé.
De lambeaux et de langes
Il est enveloppé.
Pour soulager sa peine
36
Pour adoucir ses maux,
Il se sert de l’haleine
De deux vils animaux.
Près de cette demeure
Dormaient quelques bergers,
Un ange à la même heure
D’un vol des plus légers,
Fend l’air et les réveille
Et leur dit : à l’instant
Venez voir la merveille
Que l’Univers attend.
Ayant fait son message,
Cet Ange disparut,
Pour aller au village.
Plus d’un Pasteur courut.
Ils vont droit à l’étable
Chercher le nouveau-né.
A sa vue adorable,
Chacun s’est prosterné.
Que faisiez-vous Marie,
Quand vous les voyiez tous
Laisser la bergerie
A la merci des loups ?
Vous vous disiez vous-même,
Comme à tous les chrétiens :
Que pour le bien suprême
On quitte tous les biens.
krié mwen bélévan
krié mwen tèt moutonou a ba mwen la jan mwen
sé lajan mwen mwen lé
ou ba mwen lajan mwen
37
sé lajan mwen mwen ka mandé’w
Voisin
Voisin d’où venait ce grand bruit
Qui m’a réveillé cette nuit
Et tout ceux de mon voisinage !
Vraiment, j’étais bien en courroux
D’entendre par tout le village
Sus, sus bergers (bis) réveillez-vous
Sus, sus bergers (bis) réveillez-vous
Quoi donc Colin ne sais-tu pas
Qu’un Dieu vient de naître ici-bas
Qu’il est logé dans une étable ?
Qu’il n’a ni lange ni drapeau
Et dans cet état misérable
On ne peut voir (bis) rien de plus beau.
On ne peut voir (bis) rien de plus beau.
Il t’a dit voisin qu’en ses lieux
Voudrait bien s’abaisser un Dieu
Pour qui rien n’est trop magnifique
Les Anges vous l’ont fait savoir
38
Par cette charmante musique
Qui s’entendit (bis) hier au soir.
Qui s’entendit (bis) hier au soir.
Plusieurs déjà s’y sont rendus,
Quelques-uns en sont revenus,
En disant que c’est le Messie,
Que c’est l’aimable Sauveur
Qui, suivant notre prophétie
Nous doit causer (bis) tant de bonheur.
Nous doit causer (bis) tant de bonheur.
Allons donc, bergers, il est temps,
Allons lui porter nos présents
Et lui faire la révérence
Voyez comme Jeannot y va
Suivons-le tous en diligence
Et nos troupeaux (bis) laissons-les là.
Et nos troupeaux (bis) laissons-les là.
Sans plus tarder, allons donc tous,
Allons saluer à genoux
Notre Seigneur et notre Maître ;
39
Et dans cet adorable jour,
Où pour nous l’amour l’a fait naître
Allons pour lui (bis) mourir d’amour.
Allons pour lui (bis) mourir d’amour.
Après avoir fait nos présents
Avec nos petits compliments
Autour de lui tout en cadence,
Nous lui souhaiterons le bonsoir
Et lui ferons la révérence.
Adieu poupon (bis) jusqu’au revoir.
Adieu poupon (bis) jusqu’au revoir.
Ah! Colin que dis-tu donc là
Il ne faut pas faire cela:
J’aimerais mieux perdre la vie
Restons toujours dans ce saint lieu
Tenons-lui toujours compagnie,
Et ne disons (bis) jamais adieu.
Et ne disons (bis) jamais adieu.
Pour moi je suis plutôt d’avis
De retirer ce petit fils
Où j’ai préparé sur deux bancs,
Un lit en forme de couchette,
Et des linceuls (bis) qui sont tout blancs.
Et des linceuls (bis) qui sont tout blancs.
Je vais faire de mon mieux
Pour retirer en ces lieux
Jésus, Joseph et Marie,
Quand ils seront tous trois chez moi,
Ma maison sera plus jolie
Que le palais (bis) des plus grands rois.
Que le palais (bis) des plus grands rois.
Dès aujourd’hui dans ce dessein
Sans attendre jusqu’à demain
Je veux quitter ma bergerie
Et j’abandonne mon troupeau
Pour mieux garder toute ma vie
Dans ma maison (bis) ce seul agneau.
Dans ma maison (bis) ce seul agneau.

 

fin – fin – fin- fin -fin

BAL BLOMET ou BAL NEGRE La musique reprend…!

Fabrice di Falco, contre-ténor, présentera lors de deux soirées au célèbre bal parisien de la rue Blomet, un concert classique le 3 novembre, un concert jazz le 7 décembre, avant de venir à l’Atrium et à l’Artchipel en 2018. Interview.

« Je veux partager la scène du bal nègre »

Pourquoi ce concert classique au Bal de la rue Blomet, temple du jazz ?

J’ai voulu faire ce concert classique au bal nègre, parce que la musique classique et l’opéra étaient la musique du peuple ! Et le bal nègre était en son temps le bal du peuple ! Faire de l’opéra dans un endroit où le peuple a sa place, ça me plaît !

Vous privilégiez la musique religieuse, pourquoi ?

Parce que l’opéra est né avec la musique classique religieuse. Vivaldi, le prêtre roux, a écrit le « Stabat mater » pour contre-ténor et ensemble baroque. Pergolese a écrit le « Salve regina » avant de mourir à 26 ans de la tuberculose. C’est un hommage aux castrats à la chapelle Sixtine…

Avant qu’ils ne viennent à l’opéra ?

Les castrats ont vu qu’ils ne gagnaient pas d’argent avec l’église, ils sont allés chanter la musique de Haendel, à l’opéra, là où on leur proposait de vrais cachets ! Ils sont d’ailleurs vite devenus les divas. Ma deuxième partie, ce sont les divas de l’opéra baroque au bal nègre ! Je suis accompagné de l’ensemble baroque Sine qua non de Julien Leleu avec lequel je vais réenregistrer l’année prochaine mon album « Les Sauvages », mais cette fois en classique…

Vous revenez au bal de la rue Blomet le 7 décembre, avec quel répertoire ?

Je vais reprendre exactement le même programme baroque mais en version jazz avec le Di Falco quartet, celui avec lequel j’ai enregistré pour Sony « Les sauvages » en version jazz.

Vous partez ensuite en tournée avec le chanteur Raphaël, racontez-nous cette rencontre…

L’an dernier Raphaël et Gaëtan Roussel m’ont demandé d’enregistrer avec eux un titre, « Quel genre d’ami ferait ça », parce qu’il voulait faire un clin d’oeil à Klaus Nomi un peu comme l’avaient fait Freddy Mercury et Montserrat Caballe. Depuis la sortie de son album, qui s’appelle « Anticyclone », notre titre fait un joli succès, et la production de Raphaël m’a proposé de faire la fin de sa tournée et celle de l’an prochain…

Et les Antilles, c’est pour bientôt ?

Je devrai venir en 2018 présenter aussi bien l’ensemble baroque « Les Sauvages » et le « Di Falco quartet » en jazz parce que le public martiniquais m’a créé, m’a carrément conçu ! Ma mère est martiniquaise et j’ai grandi au lycée de Bellevue. Gisèle Aubéry a été mon professeur de musique ! Chaque année, grâce à Gislaine Bellance, je retourne à mon lycée, mais également dans les écoles et collèges de Guadeloupe et Martinique donner des masterclass de chant pour amener l’opéra jusqu’à eux et trouver de nouveaux talents. J’ai envie de susciter des vocations et de ramener en métropole certains contre-ténors ou sopranistes.

Vous voulez les présenter lors de la résidence que vous ferez au bal de la rue Blomet l’an prochain ?

Je présenterai des concerts classiques et de jazz, mais je ne serai pas toujours en scène. Je mettrai des musiciens et des chanteurs en valeur, certains de mes élèves mais également pas que les miens. On m’a beaucoup aidé il y a vingt ans, maintenant que j’ai 43 ans, il me revient d’aider la nouvelle génération et je veux lui faire partager la scène du bal nègre !

Vous n’avez cessé de parler du bal nègre, mais son nom est le bal Blomet…

Je trouverai extraordinaire que le bal Blomet redevienne le bal nègre car « nègre » n’est pas une insulte, c’est même le grand hommage que l’on doit à la négritude ! Aimé Césaire s’est battu pour la négritude ! Jean Genêt a écrit « Les Nègres », Michaël Levinas a écrit l’opéra « Les nègres » et ça n’a posé aucun problème. On a appelé le Chevalier de Saint-George, le nègre des lumières… Alors moi, quand je joue au bal Blomet, je dis que je joue au bal nègre !

Propos recueillis par FXG, à Paris

PYCHANALYSE DU CREOLE et de son usage.

« L’invention de la langue créole a sauvé les esclaves d’un état de déshumanisation »

Jeanne Wiltord, psychiatre  et psychanalyste

Le 28 octobre est la Journée internationale des langues et des cultures créoles. La psychiatre et psychanalyste martiniquaise Jeanne Wiltord relate son expérience auprès de ses patients et explique comment la violence de l’esclavage s’est exercée aussi sur la langue créole.

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  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le 
Née en Martinique, Jeanne Wiltord est docteur en psychiatrie et psychanalyste. Membre de l’Association lacanienne internationale, ses recherches portent notamment sur les questions de la langue créole aux Antilles, de l’esclavage, de la colonisation, du racisme, et des dynamiques post-coloniales. Certains de ses travaux sont disponibles ici. Interview.

D’après votre expérience, pourquoi les Antillais sont-ils si réticents utiliser le créole lors des consultations médicales en général, alors qu’ils l’utilisent très fréquemment dans la vie courante pour la plupart?
Jeanne Wiltord :
 Mon expérience de psychanalyste concerne pour la très grande majorité de mes patients, des Martiniquais non békés. Les patients que j’ai reçus m’ont beaucoup enseignée. Plusieurs éléments peuvent être évoqués dans la difficulté, qui n’est pas une réticence, à parler créole au cours d’une psychanalyse. Le premier est que parler créole au cours d’une psychanalyse peut renvoyer un adulte à la transgression d’un interdit de parler créole que ses parents lui ont énoncé au cours de son enfance. Surtout dans les milieux de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, mais pas seulement, s’entend toujours en Martinique et aussi en Guadeloupe « Mwen pa lé ou palé kréyol, ou mwen pa vlé ou palé kréyol isidan » (« je ne veux pas que tu parles créole »).
Au-delà de la diglossie sociale français-créole, il faut aussi prendre en compte qu’elle est dite « langue malélevé », ce qui est à entendre comme langue qui a des connotations sexuelles. « Parler », dans la relation de transfert que met en place une psychanalyse, mobilise des désirs inconscients inaudibles dans notre parole sociale. À partir de l’embarras, voire de l’angoisse, à utiliser le créole au cours d’une psychanalyse, j’ai pu entendre que cette angoisse venait de ce que cette langue était dite  « trop proche, trop immédiate ». Cela m’a fait interroger ce qui dans la structure même de cette langue renvoyait à ce qui ne nous est pas accessible et dont nous nous protégeons en parlant. J’en suis arrivée à une hypothèse où cette langue maintiendrait un rapport précoce et ressenti comme violent, au corps de la mère. Ne pas parler créole au cours d’une psychanalyse serait une sorte de « siyak » (« détour », en créole, ndlr) pour tenter d’esquiver l’angoisse que fait surgir une expérience qui peut s’éprouver sans que ce soit dicible dans la toute petite enfance, la proximité du corps de la mère. La psychanalyse appelle cet éprouvé indicible, jouissance (à ne pas confondre avec le plaisir).

Parler créole au cours d’une psychanalyse peut renvoyer un adulte à la transgression d’un interdit de parler créole que ses parents lui ont énoncé au cours de son enfance.

En psychiatrie ou lors d’une psychanalyse, l’usage de la langue maternelle – en l’occurrence le créole pour de nombreuses personnes – ne facilite-t-elle pas mieux la libération de la parole du malade ?
Les conditions de création de la langue créole dans la violence déstructurante de la colonisation esclavagiste l’ont marquée, telle qu’elle est parlée actuellement, de traits qui ne facilitent pas la parole dans une psychanalyse. Une remarque me paraît aussi importante. « Péla », « on ne demande pas » et bien d’autres interdits, portent sur l’usage même de la parole dans l’éducation des enfants et aussi dans les relations sociales aux Antilles. Le colloque Pawol pani koulè (la parole n’a pas de couleur, ndlr) organisé par l’Association lacanienne internationale – Antilles (en cours de publication) a été d’un apport très riche sur cette question. Ceci dit, je n’ai jamais entendu un Antillais parlant français sans qu’une oreille attentive ne puisse entendre certaines tournures du créole dans le français parlé (*sous entendu  traduction  de l’expression  créole  en  français, une forme  explicite  de   diglossie*)

Quelle est votre sentiment sur la place de la langue créole aux Antilles actuellement ?
Vous savez que les sentiments, les positions idéologiques introduisent des éléments subjectifs qui sont la cause de flambées imaginaires qui troublent la réflexion et l’analyse  des problèmes. Ce n’est donc pas à partir de mes sentiments que je réponds à vos questions. Le professeur Jean Bernabé qui a fondé le GEREC-F (Groupe d’Études et de Recherches en Espace Créolophone et Francophone, ndlr) à l’ex-université  des Antilles et de la Guyane, a participé aux séminaires de psychanalyse que nous avons organisés en Martinique. Son apport a été inestimable pour notre réflexion de psychanalyste et sa mort est pour nous une réelle perte. À l’un de nos derniers séminaires, il soulignait que la diffusion actuelle du créole dans des domaines où il n’était pas parlé auparavant s’accompagnait d’une « décréolisation » de cette langue.

La colonisation esclavagiste racialisée a eu un effet traumatique collectif en ce que la violence de cet esclavage, lié à la première mondialisation du capitalisme, s’est exercée sur les corps et sur les langues parlées par les esclaves.

Concernant la question de l’esclavage d’un point de vue psychiatrique, peut-on parler d’un traumatisme qui se transmettrait de génération en génération selon vous ? Quelle est la place du créole dans cette configuration ?
La question du traumatisme psychique est en effet une question énorme qu’il est nécessaire de prendre en compte pour éclairer la lecture des sociétés des Antilles. Je l’ai abordée dans la conférence que j’ai faite au Cénacle à Fort-de-France, à la suite des évènements sociaux de 2009 : « Les békés maîtres et pères ? ». Béké serait l’imaginaire de la blessure innommable léguée par la colonisation esclavagiste racialisée, que j’appelle CER, aux Antilles. Je vais essayer de vous dire en quelques mots des choses qui font appel à des références psychanalytiques qui ne sont bien sûr pas habituelles.
La colonisation esclavagiste racialisée a eu un effet traumatique collectif en ce que la violence de cet esclavage lié à la première mondialisation du capitalisme, s’est exercée sur les corps et sur les langues parlées par les esclaves. Je parle de traumatisme qui désorganise la subjectivité inconsciente des êtres qui parlent. Pour le dire rapidement, les Africains réduits en esclavage et transbordés aux Antilles se sont trouvés confrontés à une expérience de violence déshumanisante, parce qu’elle a détruit les langues qu’ils parlaient, et parler est une activité symbolique qui nous spécifie comme être humains. Edouard Glissant a appelé ceux du transbord, les « migrants nus ». « Nus » parce que – c’est mon interprétation – dépossédés, privés de leurs langues, ils ont été confrontés non pas à la réalité, mais à un réel nu, sans mots pour le nommer.
Il faut bien comprendre que le traumatisme renvoie à une expérience d’effroi, d’angoisse extrême, qui se produit hors du champ de la parole et du langage. C’est une rencontre soudaine, brutale, qu’aucune parole n’a préparée, qui fait effraction dans le système symbolique qui fonctionne pour les êtres qui parlent, comme un filtre au réel. Cette expérience les a laissés dans un état de sidération psychique face à un réel dénudé du symbolique. Seuls les a sauvés de cet état de déshumanisation, l’imaginaire et l’invention de la langue créole, système symbolique qui s’est structuré dans l’urgence et dans la violence de la rencontre des parlers français des colons et de ce qui restait aux esclaves des langues qu’ils parlaient en Afrique.
Le traumatisme est une blessure psychique qui ne se transmet pas par une inscription symbolique inconsciente, mais par des poussées pulsionnelles qui poussent à la répétition en acte sans pouvoir dire, nommer la souffrance. Cela se traduit par l’incapacité à entretenir un débat, l’impossibilité à régler un conflit par la parole mais par la violence physique, les coups, des passages à l’acte souvent meurtriers. Il laisse dans l’incapacité de soutenir un désir en son nom. C’est pourquoi les mots sont nécessaires – travail de recherches des historiens, recherches généalogiques et apport du travail psychanalytique – pour sortir la blessure du traumatisme, de la fixité de la répétition. C’est la seule issue à la fixité du traumatisme.

Nb.  cet  ajout  est personnel.

ASSISES des OUTRE-MERS 2017-2018

Redonner la parole ! C’est parti pour les Assises des outre-mer ! 7 mois de travaux pour imaginer, penser, réinventer ensemble l’avenir de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de Mayotte, de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie, de La Réunion, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de Wallis-et-Futuna*. Ce rendez-vous avec les ultra-marins est ambitieux. Et en même temps, il est assez simple. Il consiste à redonner la parole. Pourquoi ? Parce que beaucoup d’ultramarins pensent que leur voix ne compte plus. Les dernières élections au printemps dernier l’ont cruellement montré, quand plus de la moitié des Français d’outre-mer ont choisi de ne pas choisir en s’abstenant à l’élection présidentielle. Malgré tout, la force des attentes des citoyens d’outre-mer et leur capacité à s’engager n’a pas diminué. A travers des ateliers locaux, nationaux, des consultations citoyennes, et un concours d’innovation, les propositions des outre-mer seront entendues et prises en compte .

http://fr.calameo.com/read/000886379b56e48135898

 

 

Le site Internet des Assises www.assisesdesoutremer.fr est désormais en ligne : j’invite dès à présent les citoyens ultramarins à s’y inscrire. Dans un premier temps, ils sont amenés à s’exprimer sur les grandes priorités pour leur territoire : équipements publics, développement économique, emploi, environnement, santé, jeunesse, culture, sécurité… Cette phase de diagnostic, qui se clôt le 22 novembre, est capitale pour orienter les travaux futurs des ateliers nationaux et locaux qui se tiendront jusqu’à janvier 2018. Je laisserai Thierry BERT, le rapporteur général des Assises, vous en dire quelques mots tout à l’heure.
A l’issue de l’ensemble de ces travaux, une consultation numérique sera lancée sur le site Internet des Assises entre le 15 janvier et le 28 février 2018 pour que les citoyens eux-mêmes puissent donner leur avis sur les premières propositions ou réformes des politiques publiques pour l’outre-mer.
A l’issue de cette consultation, la synthèse de l’ensemble des travaux aboutira sur la rédaction du Livre bleu outre-mer au Printemps 2018.
                                                                                   ***
Mais ces Assises sont aussi l’occasion idéale pour présenter les initiatives citoyennes les plus novatrices : c’est tout l’objectif du concours innovation dont je parlais tout à l’heure.
Vous le savez, je suis pragmatique et j’aime raisonner sur des projets concrets, inscrits dans les réalités quotidiennes de nos concitoyens. C’est pour cela que les solutions doivent venir des territoires et des ultra-marins eux-mêmes. Qui d’autre serait mieux placé pour décrire les problèmes et y apporter les réponses adéquates ?
À partir du 18 octobre, chaque citoyen porteur d’un projet pour son territoire est invité à poster sa candidature sur le site Internet des Assises. Les dépôts de projets pourront se faire jusqu’au 31 janvier 2018. Une présélection des projets sera faite en février pour ouvrir ensuite en mars la phase de vote du public. Ce vote est essentiel. Ces Assises sont un projet collectif et collaboratif. Elles n’auront de sens que si les citoyens ultramarins se sentent concernés. Ce concours est un bon outil pour s’impliquer. La sélection finale aura lieu en mars et les projets labélisés bleu outre-mer présentés au Printemps 2018. Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement financier et technique pour concrétiser ou faire grandir leurs projets.
                                                                                         ***
Les Assises des outre-mer sont un rendez-vous fondamental pour les ultramarins. Je sais que le projet parait ambitieux pour certains ; d’autres sont même sceptiques : je peux comprendre leurs doutes, les Etats généraux des outre-mer ont moins de 10 ans.
Mais que l’on soit bien clair : l’ambition des Assises, ce n’est pas de faire un catalogue déconnecté des réalités et aboutissant à des mesures inapplicables. C’est au contraire une démarche qui associe les citoyens à la construction de leur destin. C’est un nouvel élan pour en faire des territoires d’excellence et d’innovation. C’est donc maintenant que nous avons à construire ensemble l’avenir des outre-mer.
NB . Pour  accéder  au programme  et  s’inscrire : http://www.assisesdesoutremer.fr
Contact  MOM

Service de presse : 01 53 69 26 74
Nicolas Sire : 06 49 35 11 28
Twitter – @loutremer
Facebook – @lesoutremer

L’AVENIR N’ATTEND PAS LE NOMBRE DES ANNEES…..

UN PRESIDENT JEUNE
POUR UNE FRANCE NOUVELLE
PROGRESSISTE et PROSPERE !

« POUR L’AVENIR DE VOS ENFANTS, VOTEZ » !
(slogan imprimé par les PTT sur les courriers fin des années 50)

LETTRE D’UN AMI en période de Noël à la Martinique

Hello, hello ! sa’w fè ? Bon et joyeux noël et Bonnes, agréables fêtes de fin d’année ! pour cela je t’envoie du chaud soleil avec qq brises des douces alizées de cette période pas trop chaude mais surtout un peu de tout ce qu’il y a de bon dans notre ile « où l’air a des odeurs de sucre et de vanille’, des saveurs d’épices et de liqueurs au rh… vanillé. J’ai fait comme d’habitude mon schrub moi-même ! oui Mesieu ! Hummmmmmm ! je ne te dis pas !. Je ne suis pas prêt de perdre mes kg superflus avec tout ça malgré qq marches et bains de mer. En plus des ignames de cette période il y a des fruits à pains (hors saison) que je ne boude pas dans mon assiette. Tout est beau, tout est bon (presque) pour celui qui ne vit pas là toute l’année (comme moi) mais attention ! tout n’est pas rose dans ce pays « où on confond pistache et cacahuètes » comme le dit si bien sur BMJ. En effet, politique, commerce de supermarchés, chômage, misère, violence et autres ingrédients durs de la vie. Le Père Noêl lui est de plus en plus blanc sur son traîneau tiré par des rennes nordiques, dans la neige lointaine des paysages d’ailleurs au beau milieu des panneaux publicitaires implantés aux pieds de nos mornes et les catalogues regorgent de produits made in ailleurs où les produits dits « locaux » comme le jambon de Noêl nous arrive d’ailleurs et flirte avec les sapins, la neige sous un air de bon à consommer. D’ailleurs les pêcheurs interdits de vente de langoustes à la veille des fêtes pour cause de chlordé.. bloquent le port par où arrivent tous les containers chargés de produits d’importation. Mais pour la Noêl, il semble bien qu’il n’ait manqué aucune décoration ni de quoi se mettre dans la panse. Je me suis rabattu sur ma petite viande roussie de « ti-cho ou tcho ! tcho ! », un peu de pois d’angole, igname poule, des topinambours, mandarines et d’autres petits pâtés de cochon. Du local svp. Fout’ i té bon. Je fais pénitence pendant ces jours d’abondance et demande au Seigneur de donner un peu aussi à tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir comme moi cette si belle chance de vivre de si bons moments au chaud. Donc je pense énormément aussi à toi et à ceux qui sont restés sous la grisaille et dans le froid hivernal continental et n’ont pas tout ce bon plaisir d’être ailleurs. Joyeux Noêl et Très Bonnes Fêtes de fin d’année en attendant une nouvelle année que déjà je te souhaite excellente et meilleure que celle qui s’achève. Bon Fòs vieux Frère ! Bon courage ! ek an lòt solèy . tjinbé rêd anba frédi-a. et vivement que tu viennes faire un tour dans ce décors pour ne plus avoir envie de repartir….. Tout un programme ! N’est-ce pas ?

Serge ROISAND

Copyright (c) 2013

Annexe abréviations et  expressions :

saw’fè : comment  vas tu  ?

qq = quelques

rh… = rhum(vanillé)

BMJ =  Bondamanjak ,Revue  d’actualité « pimentée »(en référence  au  piment   du  même  nom.

chlordé.. = chlordécone produit phytosanitaire Pesticide organochloré utilisé entre 1981 et 1993 employé pour le traitement des bananiers pour lutter contre le charançon.
Le chlordecone est un polluant organique persistant, extrêmement rémanent dans l’environnement qui peut s’avérer très toxique.
A été classé comme cancérogène possible chez l’homme dès 1979 mais n’a été interdit qu’en 1993 et utilisé notamment aux Antilles

fout’i té bon = qu’est ce  que   c’était   bon !!!

bon fos vieux  frère !=  sois fort   vieux  frère

ek an  lot solèy= à une   autre  fois,  un  autre  jour

tjinbé rêd anba frédi-a = tiens  bon sous  le  froid (de  l’hiver)

AOUT SEPTEMBRE DES ILES CARAÏBES

 
 
 
 
Août Septembre des Iles Caraïbes
Où  le vent  par  rafales
Emporte les toits  de tôle
Et les rivières  gonflées
De  l’eau  boueuse des mornes
Quelle désolation
Au coeur des sapotilles !
 
 
 
Les bananiers pliés
Les champs de cannes mûres
Ne sont  plus  qu’un amas
 De peu  de  fierté
Et le squelette debout
De l’arbre de cythère
Feuilles et  fruits parsemés
Attend de reverdir…  
 
 
 
Un rayon de soleil plus neuf
Une eau  de cristal
Aux clapotis secrets
Chante dans les ruisseaux…
Tout se renouvelle
Se redresse  et  fleurit
Août Septembre
Des  Iles Caraïbes!
 
 
 
Paul CONSEL GUSAER
(c)copyright 1972
 
 
 

Encore un effort…

 
 
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun deux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs dun même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu  seras  un  Homme  mon fils!

Rudyard KIPLING

Maryse CONDE , de la liberté de l’écrivain Antillais

Littérature : Maryse Condé « Voilà peut-être l’écrivain des Caraïbes enfin libre »

7 février 2014 par Rédac Creoleways

Chronique d’une mort annoncée.

Littérature caribéenne et globalisation

Par Maryse Condé [1]
Je voudrais commencer par les impressions fortes, indélébiles qu’ont fait naître en moi des images parues à la télévision au cours du mois de novembre 2002. D’une part, la chaîne CNN présentait des Haïtiens fuyant la misère et le désespoir de leur île dans une embarcation de fortune, arrivant inattendûment à proximité du rivage de Miami, se jetant à l’eau, se bousculant, nageant pour l’atteindre, cependant qu’une foule d’immigrants de même nationalité manifestait au mépris de la police afin qu’ils ne soient pas expulsés et que leur soit accordé le même statut que les réfugiés Cubains. D’autre part, RFO présentait la grève générale en Guadeloupe à l’instigation du syndicat UGTG (Union générale des Travailleurs de Guadeloupe), qui a pris la relève des partis indépendantistes. Sous garde policière, des camions de la SARA (Société anonyme des Raffineries des Antilles) approvisionnaient les stations d’essence. Vu ce climat de violence et d’insécurité générale, la chaîne des hotels Accor et de la société Texaco annoncaient leur départ du pays. Voilà donc qu’étaient juxtaposés sur les écrans les comportements de deux peuples caribéens en ce début du XXI° siècle. Celui du peuple haïtien, qui n’a d’autre choix pour sa survie que de prendre d’assaut le territoire de l’Oncle Sam et de forcer aveuglément la porte de la globalisation. Celui du peuple guadeloupéen, persuadé que cette survie passe par un refus forcené, rageur et qui tente désespérément de s’y soustraire.
Le peuple haïtien peut être considéré comme une métaphore qui exemplifie la situation des peuples caribéens dans leur ensemble. Il est l’illustration extrême de problèmes auxquels tous seront confrontés, s’ils ne le sont pas déja. Depuis des années, victime de dysfonctionnements politiques, économiques et sociaux qui ont exacerbé sa condition de pays du Sud, il est exsangue et expédie à travers le monde le meilleur de lui-même. Cette situation n’intéresse pas seulement les sociologues ou les politologues, car ces immigrés, puis ces deuxièmes générations comme on appelle les enfants nés des premiers, produisent une littérature et c’est là le paradoxe, une littérature quelquefois somptueuse. Ce sont les facteurs inhérents à l’étude de cette nouvelle littérature, la néo-littérature des Caraïbes, que je voudrais aborder aujourd’hui. Dès l’abord, leur complexité se pose comme une évidence. Cette littérature se caractérise par la mise en désuétude et la destruction des oppositions binaires (pays du dedans/pays du dehors, métropole/île, français/créole, barbare/civilisé, Prospéro/Caliban) héritées souvent du colonialisme, mais qui assuraient le fonctionnement de notre pensée, de notre recherche.

LE  PAYS

À propos d’Haïti, le sociologue Gérard Barthélemy reprenant une image communément employée, intitule son livre Pays du dedans, Pays du dehors. Sous cet énoncé se cache en réalité une double mythologie : celle du Paradis, ou du moins d’un certain bonheur et de l’Enfer. C’est dans ce contexte que l’interpellation de Césaire en ouverture du Cahier d’un Retour au Pays Natal (Présence Africaine, 1971) acquiert toute sa force insurrectionnelle : “ Au bout du petit matin bourgeonnant d’anses frêles, les Antilles qui ont faim, les Antilles grêlées de petite vérole, les Antilles dynamitées d’alcool, échouées dans la boue de cette baie, dans la poussière de cette ville sinistrement échouée ” (31). Malgré les objurgations de Suzanne Césaire dans Misère d’une poésie nationale (Tropiques, 1945), en règle générale la vision du pays du dedans est plus que positive. C’est celle d’Émmanuel-Flavia Léopold : “ une ile amoureuse du vent où l’air a des odeurs de sucre et de vanille ”. C’est celle de Saint-John Perse dans “ Éloges ” (Gallimard, 1960), carrément édénique, elle aussi : “ L’île s’endort, écrit-il, au cirque des eaux vastes, lavée des courants chauds et des laitances grasses, dans la fréquentation des vases somptueuses ” (17). Tout en concédant dans “ Pluie et Vent sur Télumée Miracle ” (Seuil,1972) que naguère ses ancêtres furent esclaves et que son ile est “ à volcans, à cyclones et moustiques, à mauvaise mentalité ”, Simone Schwarz Bart n’en affirme pas moins que c’est en Guadeloupe qu’elle choisirait de renaître, souffrir et mourir (11). En bref, Patrick Chamoiseau exagère à peine quand il déclare dans Écrire en pays dominé (Gallimard, 1997) : “ Et ce regard superficiel sur soi-même ne retient que l’évidence paradisiaque, les bleus du ciel, le blanc du sable, les fleurs et les petits oiseaux et surtout une créature envoûtante qui cherche moyen d’améliorer sa déveine en charmant ceux qui passent ” (89).

Si dans le pays du dedans, tout n’est pas luxe, tout est à coup sûr, calme, volupté, fraternité, chaleur humaine. Au-delà des images littéraires, le pays du dehors est perçu à l’opposé comme le lieu de tous les dangers. Dans les jungles urbaines du pays du dehors, encore appelé pays des blancs, le Caribéen se dépersonnalise, perd ses traditions (Chanter Noël, Carnaval, accras et boudin), perd surtout sa langue, le créole, garant de son identité, finalement devient un “ négropolitain ” ou un “ nègzagonal ”. S’il crée, son œuvre est entachée de suspicion, accusée d’obéir à des critères étrangers, de rechercher l’adhésion de l’Autre quand elle n’est pas ignorée. Dans les pays soumis à la dictature comme Haïti, une prime est accordée au créateur qui ne se réfugie pas à l’extérieur et résiste, stoïque, aux forces de l’arbitraire et de la zombification. C’est ce qui explique pour une large partie le prestige du romancier Frankétienne demeuré au pays durant les sombres années du duvaliérisme face à ceux qui ont choisi de vivre à l’étranger.

Peu à peu cependant, cette mythification se désagrège sous l’influence de deux facteurs. D’abord, l’extrême paupérisation du pays du dedans. Cette paupérisation inverse les paradigmes. Le pays du dehors se charge d’un attrait nouveau. Un nombre de plus en plus élevé d’individus est contraint à l’exil. Alors apparaît le cercle vicieux que les démographes connaissent bien. Afin de survivre, les Caribéens émigrent. Puis, nostalgiques, découragés par le racisme, les mauvaises conditions de vie qu’ils trouvent à l’extérieur, reviennent au pays natal d’où le chômage les pousse à nouveau vers l’exil. Ensuite la gangrène des temps modernes, violence, drogue, gagne le pays du dedans dont le paysage se métamorphose radicalement. En Haïti, on attribue cette transformation à la politique des États-Unis. Les tribunaux américains sont accusés de renvoyer volontairement vers l’île les criminels et autres indésirables au lieu de les mettre hors d’état de nuire en les emprisonnant sur son sol. Peu à peu, le pays du dedans devient un périmètre stérile, dangereux, hanté par tous les démons. On n’y produit plus rien. Les créateurs de tous bords le désertent. Les orchestres Carimi, Haitian Troubadours, le chanteur Beethova Obas, les peintres Thierry Alet, Marc Latamie résident à New York. Des écrivains aussi. Les musiciens, Jacob Desvarieux, Jocelyne Béroard de Kassav, Tanya Saint-Val sont à Paris.

Le pays du dedans devient le pays dominé et pour finir, le pays sans chapeau. On aboutit à ce dialogue de Dany Laferrière dans son roman du même nom (Serpent à plumes, 1997) :
“ Le cireur secoue lentement la tête.
– Le pays a changé, mon ami. Les gens que vous croisez dans la rue ne sont pas tous des êtres humains, hum…
– Pourquoi dites-vous ça ? Et vous ?
– Moi ! (Il rit)… Moi ! Ça fait longtemps que je suis mort… Je vais vous donner le secret de ce pays. Tous ceux que vous voyez dans les rues en train de marcher ou de parler, eh bien la plupart sont morts depuis longtemps et ne le savent pas. Ce pays est devenu le plus grand cimetière au monde ” (56).

LA NATIONALITE

Lorsque Césaire écrivait dans le Cahier : “ Je ne suis d’aucune nationalité prévue par les chancelleries ” (101), il employait le mot nationalités en un sens qu’élève des classiques, il avait hérité des philosophes du XVIII° siècle. Les philosophes du XVIII° siécle concevaient des nations civilisées s’éloignant sans cesse de leur condition primitive et des peuples sauvages, sans écriture, sans passé. Pour eux, ce monde civilisé et ce monde sauvage constituaient deux entités irréconciliables dans le temps et l’histoire. Il s’agissait d’une notion passablement abstraite et Césaire avait à l’esprit ces deux grandes catégories de nationalités. La nationalité de l’Autre, civilisée, occidentale. La sienne et celle de ses pareils : primitive, sauvage, cannibale. Aujourd’hui, la signification du mot nationalité est toute autre. Au sens moderne, il s’agit d’un fait concret, juridique. Elle définit l’appartenance d’un individu à une nation précise. Vingt après la célèbre sortie du poète haïtien Anthony Phelps, lors d’un congrès de la francophonie en 1980 à Milan quand il refusa d’être un écrivain à préfixe : “ négro-africain, africain-américain ”, nous assistons à la prolifération des préfixes. Toutefois, le préfixe a changé d’appellation et est baptisé d’un trait d’union.

Voici qu’apparait une abondance de nationalités à trait d’union et que débarquent des Canadiens-Haïtiens, des Haïtiens-Canadiens, des Haïtiens-Américains, des Américains-Haïtiens. Parfois même, le trait d’union disparait. Il y a deux ans, lors d’un forum des écrivains canadiens à la Maison française de Columbia, Dany Laferrière était au nombre des invités et lut des extraits de ses ouvrages. Invité à la Guadeloupe où il recevait un prix littéraire, l’écrivain d’origine Trinidadienne Neil Bissondath déclara qu’il ne se préoccupait plus de Trinidad qu’il avait laissée derrière lui trente ans auparavant, et qu’il était un écrivain canadien. Loin de moi la pensée de critiquer cette évolution. De crier à la trahison. Elle signifie simplement que l’écrivain des Caraïbes a appris sa leçon. Ancien colonisé, il sait que les nationalités peuvent être d’emprunt. Il admet maintenant que s’il existe une nationalité matérielle, celle de la nation où vous ont conduit les nécessités de la survie, symbolisée par l’obtention d’un passeport, caractérisée par l’obligation de respecter un certain nombre de lois et de coutumes, ce n’est pas la plus importante.

La vraie nationalité est intime et subjective. La première est une étiquette commode à l’usage du monde extérieur. La seconde, un fait intérieur dont il n’est besoin de rendre compte à personne.

Par conséquent, Dany Laferrière, Émile Olivier, Marie-Célie Agnan peuvent sans complexes se déclarer écrivains canadiens et tendre leur imaginaire, leur cœur vers le lieu qu’ils désirent.

LA LANGUE

L’opposition langue coloniale-français/langue maternelle-créole sous-tend notre pensée depuis des siècles. Nous vivons dans la croyance weberienne selon laquelle une langue implique une vision du monde et qu’imposer de parler une langue à un peuple ainsi que l’ont fait les colonisateurs français, anglais, espagnols, le traumatise de façon indélébile. Pierre Bourdieu rappelle que la langue maternelle est chargée de sens, seule capable d’exprimer l’indicible. Le recours à la langue coloniale, langue de domination, renforcerait insidieusement la présence du dominant. Édouard Glissant dans Le Discours antillais (Folio,1997) voit “ surtout dans la poétique du créole un exercice permanent de détournement de la transcendance qui y est impliquée : celle de la source française ” (49). Par conséquent, les écrivains qui choisissent le créole comme matériau de leur création littéraire sont automatiquement affectés d’un coefficient positif, face aux assimilationnistes de facto qui utilisent la langue de l’Autre.

Le reproche que certains font aujourd’hui à Césaire est, écrivant en français, de n’avoir jamais contesté l’appareil linguistique par lequel s’exercerait la violence symbolique du dominant. En 1988, dans le journal martiniquais Antilla, Rafaël Confiant, lui-même auteur de cinq romans en créole, sommait les écrivains Caribéens de “ cesser la désertion de la langue maternelle ”. L’année suivante, paraissait l’Éloge de la Créolité (Gallimard, 1989) de Raphaël Confiant, Patrick Chamoiseau, Jean Bernabé, manifeste et pamphlet contenant les conceptions politiques et esthétiques des trois signataires. “ Chaque fois qu’une mère, déclare l’Éloge (43), croyant favoriser l’acquisition de la langue française, a refoulé le créole dans la gorge de son enfant, cela n’a été en fait qu’un coup porté à l’imagination de ce dernier, qu’un envoi en déportation de sa créativité ”.

Ainsi est né le mouvement de la créolité qui jouit d’un succès sans précédent. Les détracteurs ont beau s’évertuer à répéter que les écrivains dits de la créolité n’utilisent pas le créole tel qu’on le parle dans les îles, mais une interlangue de leur fabrication, un interlecte entre le français et le créole basilectal, rien n’y fait. Le lecteur – souvent français de l’Hexagone, mais ceci est une autre histoire – s’imagine retrouver toute la magie du créole. La situation est dès lors simple. Deux camps s’affrontent, les créolistes et les autres.

Mais voilà que des écrivains comme Edwidge Danticat ou Myriam Chancy viennent la perturber dangereusement. Résidant depuis l’enfance aux États-Unis, elles font de l’anglais la langue de leur pratique littéraire et publient romans et essais écrits dans cette langue. Que signifie ce choix ? Signifie-t-il que nous devons aussitôt exclure ces écrivaines du champ de la littérature haïtienne, historiquement francophone et créolophone ? Quelle valeur a le terme historiquement ? Ne revient-il pas à légitimiser la conquête ? D’aucuns se hâtent d’avancer que ce choix répond uniquement à un souci de commercialisation, de marketing. Les langues coloniales seraient interchangeables pour des raisons peu nobles, recherche d’un public plus large, mimétisme, absence de motivation, de conscience nationales. Français/Anglais, même combat pour les chiffres de vente. Face à elles, le créole demeurerait dans sa pureté, le garant de l’authenticité caraïbe.

Cette vision idyllique risque d’être battue en brèche si l’on prête attention à la manière dont d’autres créateurs, plus populaires, métamorphosent le créole. J’ai nommé les musiciens.
Les orchestres Haitian Troubadours, Carimi mêlent étroitement anglais et créole. Une phrase en anglais. Une en créole. Parfois, inattendu, le français ressurgit. On assiste à l’apparition d’un interlecte fabriqué selon la fantaisie, selon l’entière liberté des créateurs.
“Dis-moi quelle langue tu parles
Quand tu fais l’amour
Di ki lang ou palé lè wap fè lanmou
I want to sex you up ”, chantent Haitian Troubadours.
L’exemple d’Haiti démontre que l’opposition français/créole, langue coloniale, de domination/langue maternelle qui a fait les beaux jours des débats politiques, ne résiste pas à l’analyse littéraire. Les travaux de Julia Kristéva, Mikhail Bakhtin ont prouvé l’hybridité de la langue, son pouvoir d’adaptation en fonction de l’histoire, de l’ethnicité, voire du sexe du locuteur.

La langue n’est qu’un matériau que chacun s’approprie et transforme selon ses besoins. Comme la nationalité, son choix relève de l’intimité du créateur. On voit les implications d’une telle conception. La francophonie en pâtit puisqu’il n’existe plus de communauté fondée sur la langue. Aucune langue n’est commune même à l’intérieur d’un peuple. Non seulement, chaque classe sociale, chaque corps de métier, chaque groupe d’âge possède son jargon, mais chaque individu la remodèle à son gré. La langue est un bien unique, singulier qui n’appartient qu’à celui qui la parle.

L’AUTHENTICITE

Dans la revue Meridians, feminism, race, transnationalism (automne 2000), Edwidge Danticat déclarait au cours d’un interview : “ Je suis une immigrante. Je suis la chose la moins authentique qui existe dans le pays que j’habite maintenant et le pays où je suis née ”. Cette déclaration sans emphase est en fait stupéfiante. Toute la littérature des Caraïbes se fonde sur la notion d’authenticité. L’écrivain qui se confond avec son peuple, en est le garant. Selon la définition de Césaire dans Le Cahier, il est “ la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche […] sa voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir ” (61). Cette totale identification à la fois raciale et spirituelle assure la légitimité de la mission césairienne qui consistait à ramener le peuple martiniquais exilé, déporté, abâtardi vers la pureté perdue. Il importait pour le poète et à travers lui, grâce à lui, face aux valeurs de l’assimilation de reconquérir l’authenticité nègre perdue. “ Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je dirais feuille. Je dirais arbre Je serais mouillé de toutes les pluies, humecté de toutes les rosées ” (59).

Ces doubles notions de l’authenticité de l’écrivain et du sens de sa mission, n’ont jamais été remises en question par les diverses écoles littéraires qui se sont succédées dans les Caraïbes de langue française. Ni en Haiti à travers Noirisme, Réalisme merveilleux, Réalisme socialiste, Spiralisme. Ni dans les Petites Antilles, à travers Négritude, Antillanité, Créolité. Bien qu’elle s’en défende, c’est même là le but profond de cette dernière. Ses tenants visent à l’instar de Césaire à assurer la renaissance de l’Antillais dépersonnalisé par la dépendance culturelle, à faire jaillir en son sein “ une pensée plus fertile, une expression plus juste, une esthétique plus vraie ” (Éloge,13). Dans Écrire en pays dominé (Gallimard, 1997), Chamoiseau est explicite. Il ne se contente pas de dénoncer une expression artificielle, minée en amont par la colonisation, il prétend libérer la créativité du mimétisme, du doudouisme ou… de la Négritude qui la pervertissaient. Quelque soit l’école ou le courant littéraire dont il se réclame, l’écrivain se veut le thaumaturge éclairé de son peuple zombifié par la dépendance ou la dictature auquel il apporte le sel qui seul, autorise les renaissances. Qu’un écrivain se revendique comme inauthentique revient donc à la fois à nier ce rôle, cette mission et à sonner le glas d’une certaine conception de la littérature. S’il n’est plus ni mage, ni prophète, ni même guide, elle n’est plus “ arme miraculeuse ”. Elle n’offre plus un accès privilégié au décryptage de la réalité. Le “ Marqueur de parole ” n’est qu’un imposteur.

Passé le premier moment de stupeur ne convient-il pas pourtant de se réjouir ? L’écrivain des Caraïbes a été constamment emprisonné dans les mailles du filet de l’engagement, du militantisme d’autant plus dangereux qu’il est insidieux et n’est pas toujours ouvertement donné pour tel. Seul, Césaire, fondateur du PPM (Parti Progressiste Martiniquais), confondit comme tous ceux de sa génération, fonction poétique et fonction politique. Après lui, tout devient plus ambigu. À travers toute l’œuvre d’Édouard Glissant circule son mépris pour la départementalisation et l’assimilation. Pourtant, il déclare au cours d’une intervention à la Fnac de Rennes en 1993 : “ Je n’ai jamais cru à la vocation de porte-étendard et de porte-parole de l’écrivain ”. Raphaël Confiant, Patrick Chamoiseau sont membres d’un parti politique écologiste et ont été candidats à des élections régionales. Pourtant ils prétendent que leur œuvre n’a rien de militant. En réalité, littérature et politique ont toujours flirté dangereusement. Le champ littéraire caribéen a toujours été balisé comme une piste d’atterrissage dont le créateur ne doit pas s’écarter sous peine de sombrer, c’est à dire d’encourir le blâme des censeurs. Au nom d’une certaine conception de la littérature, Suzanne Césaire, nous l’avons dit, condamne sans appel l’exotisme : “ Allons, la vraie poésie est ailleurs. Loin des rimes, des complaisances, des alizés, des perroquets. Bambous, nous décrétons la mort de la littérature doudou. Et zut à l’hibiscus, à la frangipane, aux bougainvillées. La poésie martiniquaise sera cannibale ou ne sera pas ” (Tropiques, 49). Césaire cannibale (?) érige la Négritude :
“ Ma négritude n’est pas une pierre, sa surdité
ruée contre la clameur du jour
ma négritude n’est pas une taie d’eau morte
sur l’œil mort de la terre ” (Cahier, 117).
Les Créolistes, Raphaël Confiant en tête, le critiquent dénoncent la Négritude. Celui-ci va jusqu’à la frapper d’une véritable fatwa dans son ouvrage « Aimé Césaire, une traversée paradoxale du siècle » (Stock,1993).

Voilà peut-être l’écrivain des Caraïbes enfin libre. Libre de résider là où il le veut, libre de choisir sa langue, libre de s’identifier aux modèles qui lui conviennent. Tombé des hauteurs où il se hissait, il est humble et ne se croit plus vertu à représenter d’autre que lui-même. Alors, la littérature des Caraïbes, ayant perdu ses entraves, pourrait répondre au vœu d’un des critiques les plus perspicaces de notre temps. Dans Le livre à venir (Folio,1959) Maurice Blanchot écrit : “ L’essence de la littérature, c’est d’échapper à toute détermination essentielle, à toute affirmation qui la stabilise ou même la réalise : elle n’est jamais déjà là, elle est toujours à retrouver ou à réinventer ” (273). Cette mort annoncée n’est-elle pas au contraire, une renaissance ?

Maryse Condé

 

Source : http://olivierdouville.blogspot.fr/2013/04/un-tres-beau-texte-de-maryse-conde.html

 

FRANKETIENNE ou testament sur le créole

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la Radio Magik 9, le mercredi 27 août, « Les carnets d’Emmelie » se sont ouverts sur l’incontournable Frankétienne. Peintre, poète, romancier, artiste créateur, il s’est fait complice d’Emmelie Prophète-Milcé – directrice de la Bibliothèque nationale d’Haïti –
Extrait d’un article de Claude Bernard Sérant (Le Nouvelliste)

 

La question est directement posée : «

Comment vois-tu la littérature d’aujourd’hui, d’après ce que tu lis, entends et vois? »

Après avoir ramené un pan de ses souvenirs marqués par l’amitié de René Philoctète, Frankétienne croit que c’est une chance d’avoir un foisonnement d’écrivains dans nos murs. S’estimant être bien placé pour opposer les belles-lettres d’autrefois à celles de nos jours, il reconnaît, non de sa voix souvent sculptée d’érotisme : « 70 ans de cela, on avait une dizaine d’écrivains qui constituaient un clan fermé. Il s’agissait entre autres de René Belance, de Jean Brierre, ce poète jérémien… Maintenant qu’on a une inflation d’écrivains, pour ne pas dire une pléthore – jeunes et adultes de 22 à 50 ans –, je pense que c’est une chance. Un miracle. » L’auteur convient toutefois qu’il y a beaucoup plus d’enjeux sociaux. Faisant une démarcation entre constat et jugement, Frankétienne trouve fabuleux qu’un « petit pays comme Haïti », dans ces conditions difficiles, puisse donner au même moment – tous les âges mélangés –, une fournée de plus d’une centaine de travailleurs de la plume – sans compter les provinces – qui produisent en français comme en créole. Mais, s’il juge d’un bon augure cette préoccupation esthétique très prononcée qu’il découvre chez quelques écrivains comme James Noël, Marc Exavier et Mackenzy Orcel, le poète ne demeure pas sans inquiétudes quant à cette tendance à la facilité qui commence à se manifester dans certaines productions. Par ailleurs, abondant dans le sens d’Emmelie Prophète-Milcé, qui souligne l’appauvrissement de cette littérature créole – en puissance depuis 1986 –, Frankétienne exhorte à l’effort ceux qui choisissent d’écrire dans cette langue mère. « Je crois qu’il y a un danger indéniable, ajoute-t-il. Quand on considère l’écriture créole, la dimension militantiste tend à dominer et à écarter les préoccupations esthétiques. C’est comme si l’écrivain qui produit en créole a l’autorité et le droit de dire n’importe quoi. C’est dangereux que la majorité ait tendance à insister sur la dimension idéologique, politique et militante… » Toujours dans le sens du partage et de l’enseignement de cette littérature en créole, le peintre pense cependant qu’il ne doit pas y avoir un rejet du français dans les productions littéraires. Rejet qu’il dit constater de la part de certains écrivains exclusivement créolophones. « J’ai entendu parler des gens – jeunes ou adultes – qui pensent qu’on ne devrait écrire qu’en créole. C’est comme si produire en français est une trahison. Ceux-là sont minoritaires mais, malgré tout, le travail qui doit se faire demeure entier. Il faut que le créole accède à l’expression de l’abstrait, des concepts philosophiques. » Partageant l’avis qu’il faut produire, donner à lire dans la langue maternelle, Frankétienne s’oppose par contre à l’appellation créole. « Pourquoi ne pas écrire en haïtien? se demande-t-il sur les ondes de Magik 9. Cela aurait donné un éclatement… Ces jours-ci, on parle d’une académie créole, pourquoi pas une académie haïtienne? Pourquoi ne pas s’assumer comme Haïtien ? C’est une grave erreur d’avoir approprié quelque part une langue, même si elle est parlée différemment dans plusieurs régions. » L’homme qui a vécu la majeure partie de sa vie au Bel-air – quartier populaire de Port-au-Prince –, selon qui la crise que traverse le pays ne remonte pas à la chute de Duvalier, mais plutôt à 1806, avec l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines, se considère désormais comme un écrivain en fin de carrière. Auteur d’une œuvre littéraire importante, artiste créateur multidimensionnel, Frankétienne, revisitant aujourd’hui l’esthétique qui domine son travail, avoue la forte présence de la dimension anecdotique dans ses livres. « Je retrouve, en me relisant – et les gens l’ont constaté –, çà et là des anecdotes comme dans « Mûr à crever », « Ultravocal », « Dezafi », aussi bien dans la version française de « Les affres d’un défi ». Mais dans presque tous les autres ouvrages, là où j’ai pris le parti de développer, d’explorer la notion de spirale dans sa dimension chaotique, c’est la poésie qui domine avec ses aspects chaotiques, liés au métissage, à la diversité, à l’enchevêtrement. Donc, je suis arrivé à un système d’écriture et c’est mauvais. Je ne puis continuer à explorer la spirale, sans apporter d’innovations. Celles qu’on retrouve dans mes livres remontent à 60 ans. Et dire que c’est difficile d’innover à 78 ans… » Calme et rieur lors de cette émission culturelle, Frankétienne croit aussi aborder le dernier cycle de sa vie. Né à Ravine Sèche, section rurale de l’Artibonite, ayant enseigné – à côté de la littérature et des sciences physiques –, les mathématiques pendant quarante ans dans son école effondrée au Bel-air, lors du cataclysme du 12 janvier 2010, l’homme qui s’est par ailleurs exercé à l’écriture de chansons pour nombre groupe de jazz des années 70, se voit comme un homme en fin de vie. Phase qu’il traverse depuis son accident vasculaire-cérébral où il n’entend depuis que de l’oreille gauche; cultivant le sens du pouvoir de la volonté de l’être humain, Frankétienne sait qu’il mourra en 2020… juste parce qu’il déteste les délabrements qui commencent déjà.

LE PARDON DU GHANA

Des chefs traditionnels ghanéens demandent pardon pour le rôle joué par leurs ancêtres dans la Traite atlantique
Gana / Péyi zanmi-kanmarad
Vendredi, 22 Juin, 2018 – 10:36

 

Alors que nos afrocentristes antillais et négropolitains continuent à nier farouchement le rôle joué par les royaumes africains dans le commerce des esclaves vers les Amériques, voici que des chefs traditionnels du Ghana demandent publiquement pardon à une délégation de Jamaïcains en visite dans leur pays.

Il ne s’agit pas de nier que les premiers et principaux responsables de la traite furent les colons européens qu’ils fussent espagnols, français, portugais, anglais ou hollandais, mais de prendre conscience que si cela a pu durer si longtemps (près de 4 siècles), c’est qu’il y avait forcément des complicités locales. Et lesdites complicités n’émanaient évidemment pas du peuple, mais des chefs, souvent des rois ou des chefs tribaux qui avaient tous les pouvoirs.

D’où le ridicule qu’il y a chez certains Noirs des Amériques a célébrer la royauté, à se parer des titres de rois et de reines (qu’ils préfèrent sous leur forme anglo-saxonne de « King », « Queen » et « Princess » même quand leur langue n’est pas l’anglais) et à fantasmer sur une Afrique mythique pré-européenne.

Annou gaé ek kouté sa tibwen !…

LE VOEU du PRESIDENT DU GHANA pour 2019

 

LE PRÉSIDENT DU GHANA ANNONCE QUE 2019 SERA L’ANNÉE DU RETOUR DES AFRO-DESCENDANTS DES AMÉRIQUES SUR LE CONTINENT AFRICAIN

Gana / Péyi zanmi-kanmarad
Samedi, 29 Décembre, 2018 – 21:35
Le Ghana a beau être un modèle du point de vue de la démocratie formelle et de la lutte anticorruption, un modèle aussi du point de vue de la rigueur budgétaire, il est loin, très loin d’avoir franchi le mur de la pauvreté qui frappe les pays dits du Sud.

Il suffit de se promener dans sa capitale, Accra, pour être assailli par des hordes d’enfants dépenaillés et visiblement sous-alimentés qui vous supplient de leur donner quelques cents pour pouvoir manger. La vidéo ci-après montre comment le chanteur ADMIRAL T, en tournée dans ce pays, a vécu ce qui est un véritable crève-cœur. Comment, en effet, refuser de céder à la demande pressante de ces gamins de rue dont l’avenir est de toute évidence bouché ?

C’est pourquoi la déclaration fracassante du président ghanéen selon laquelle l’année 2019 serait celle du « retour des Afro-descendants des Amériques sur le continent africain » est soit un effet de manche soit une pure sottise. En effet, l’Afro-descendant qui débarque en Afrique est le plus souvent vécu comme un « Blanc », un « Toubab », pour la simple raison qu’il ne parle aucune des langues du pays et ne peut communiquer vraiment qu’avec les élites lesquelles ne représentent que 20 à 30% de la population. Même en se déguisant en africain avec boubou et colliers rituels, l’Afro-descendant demeurera un étranger. Certes, moins étranger que l’Européen ou l’Asiatique, mais un étranger quand même.

Le président ghanéen aurait été mieux inspiré de solliciter les riches afro-descendants (surtout ceux des USA) pour qu’ils investissent massivement en Afrique au lieu de s’acheter des suites à Alcapulco ou à Paris. Pourquoi ne pas lancer l’idée d’un consortium financier, abondé par les stars noires du cinéma, du basket, du baseball, de la musique etc…, qui aurait pour objectif premier de financer en Afrique des projets élaborés par de jeunes Africains ?

Et l’Afro-descendant qui veut se réinstaller en Afrique serait, lui, bien inspiré d’aborder humblement le continent noir, ce qui signifie d’abord et avant tout apprendre la principale langue du pays dans lequel il compte vivre de façon à pouvoir communiquer avec le peuple et non avec les seules élites. Puis s’habituer aux relations familiales étendues, à la cuisine, aux croyances magico-religieuses etc…et ne pas s’imaginer (comme on le voit au comportement déplorable de maints touristes noirs américains) qu’il vient apporter « la civilisation ».

Car l’Afrique ce n’est pas juste une couleur, c’est avant tout une culture …

des cultures !..

source

MANIOC, 9 ans d’ une bibliothèque virtuelle … au numérique

 

À l’occasion des 9 ans de la bibliothèque numérique Manioc, nous vous proposons un retour sur son histoire, de sa genèse à aujourd’hui…

2005-2009: la naissance d’un projet de bibliothèque virtuelle

 

          En 2005, dans la continuité des fonds régionaux existants déjà physiquement dans les bibliothèques, et huit ans après la naissance de Gallica, naît l’idée de créer une bibliothèque numérique pour valoriser le patrimoine de la Caraïbe et de l’Amazonie, dans le but de permettre une meilleure accessibilité à des fonds spécialisés en leur donnant davantage de visibilité. Dès le départ en effet, Manioc se veut accessible non seulement par les universitaires et les chercheurs, mais aussi par le grand public, et ce toujours gratuitement.

 

          De nombreux passionnés, chercheurs et personnels de la documentation, ont contribué à la préparation et à la mise en œuvre de Manioc. Par exemple, les premiers livres numérisés ont été rendus accessibles grâce à M. Batrosse, un libraire guyanais qui a prêté sa collection personnelle de documents anciens pour la numérisation.

Décembre 2009 : le lancement de Manioc

          En juin 2009, la version bêta de Manioc est inaugurée au Congrès de l’association des bibliothèques de la Caraïbe, ACURIL, qui se tient en Guadeloupe. En décembre, Manioc ouvre officiellement au grand public. Si la base est à l’époque loin d’être aussi fournie qu’aujourd’hui (elle proposait au total une quarantaine de documents environ !), les fondamentaux sont là. En effet, dès l’origine, Manioc propose une diversité de supports : des livres anciens, des images, mais aussi des thèses, des audio-vidéos, un catalogue collectif de périodiques sur la Caraïbe et l’Amazonie. Manioc accompagne aussi la naissance de la revue Études Caribéennes ; ainsi, Manioc n’est pas seulement une bibliothèque numérique : c’est aussi un portail qui ouvre vers d’autres ressources spécialisées.

 

Page d’accueil de Manioc 2009

De 2009 à aujourd’hui : une base qui s’enrichit…

          Depuis 2009, la bibliothèque Manioc s’est largement enrichie et étoffée. Les collections existantes à l’ouverture se sont bien développées : aujourd’hui, Manioc permet ainsi l’accès à 2 287 livres anciens, 15 063 images, 209 documents dans la rubrique « Études et Recherche », 2 527 audio-vidéos, et plus de 30 000 documents de bibliothèques numériques partenaires, comme la B.N.P.M. ou Gallica. De plus, de nouvelles ressources ont également vu le jour : on peut par exemple citer « Tramil », un programme de recherche appliquée à l’usage populaire des plantes médicinales dans la Caraïbe, la base « Esclaves de Guyane« , qui retranscrit des registres d’état civil d’esclaves et d’affranchis de Guyane ou la plateforme « Mémoires et Créations« , qui donne à voir la perception de photographes contemporains sur le patrimoine culturel immatériel.

 

http://memoiresetcreations.manioc.org/

            Manioc comporte également un volet médiation afin de mieux valoriser ses collections. Ainsi, l’équipe anime un blog depuis novembre 2010, une page Facebook depuis 2013, et apporte également des contributions sur Wikipédia.
      

Publications Facebook

 

Manioc demain

        De nouveaux projets sont en cours, dans le but de garantir une meilleure accessibilité aux contenus de la bibliothèque numérique, et de proposer aussi des ressources nouvelles pour mieux répondre aux attentes des utilisateurs.

 

          Ainsi, une nouvelle plateforme intitulée « Écritures contemporaines Caraïbes-Amazonie » (E.C.C.A.), qui a pour but de valoriser les écrivains et les écrivaines de nos territoires, sera accessible prochainement. E.C.C.A. ouvrira une collection dédiée à Maryse Condé, qui a fait don d’archives littéraires à l’Université des Antilles. Vous pourrez découvrir des tapuscrits inédits, qui permettront notamment de comprendre le cheminement et l’évolution de la production intellectuelle de l’écrivaine.
Enfin, l’équipe de Manioc prépare également une refonte totale du site internet, en se basant sur les résultats d’une étude qui a été réalisée au préalable auprès des usagers.

Pour aller plus loin :

Rétroblog Manioc
Philippe Batrosse: transmettre, partager, dans la discrétion… (article de 2017)
Manioc : 1 an ! (article de 2010)
Les dessous de la numérisation… (article de 2017)

Vidéo Manioc
Inauguration de la bibliothèque numérique Manioc (vidéo de lancement, 2009)

SALON GASTRONOMIE DES OUTRE MERS 2018

 

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250 MILLIONS de DOLLARS pour l’UNIVERSITE de BARBADE (W.I)

Esclavage : un don de 250 millions de dollars à l’Université des West Indies de Barbade ?

Jeudi 29 novembre 2018
Esclavage : un don de 250 millions de dollars à l'Université des West Indies de Barbade ?
L’Université de Glasgow a reconnu que les propriétaires d’esclaves jamaïcains avaient adopté l’Université de Glasgow comme université de choix révélant un afflux de 250 millions de dollars extraits de la Jamaïque et des Caraïbes.
L’Université des Indes occidentales (UWI) et l’Université de Glasgow, en Écosse, doivent parvenir à un accord prévoyant que l’institution des Caraïbes bénéficiera de réparations d’un montant de 256 millions de dollars liées à l’esclavage.
Versera ou ne versera pas ? Annoncé en grandes pompes il y a quelques (jours ?) comme confirmé, l’accord prévoyant le versement, par l’Université de Glasgow, en Ecosse, de 256 millions de dollars à l’Université des West Indies, n’est pas encore finalisé et validé. Cette annonce a été faite mardi par Sir Hilary Beckles, le vice-chancelier de UWI. « Le mémorandum est actuellement en cours de rédaction » , a annoncé Hilary Beckles, dans lequel devrait y figurer le terme « justice réparatrice » . Selon le vice-chancelier de UWI : « L’Université de Glasgow a reconnu que les propriétaires d’esclaves jamaïcains avaient adopté l’Université de Glasgow comme université de choix et qu’une valeur de 250 millions de dollars avait été extraite de la Jamaïque et des Caraïbes. »

Hilary Beckles a également déclaré que le vice-chancelier de l’université de Glasgow, le professeur Sir Anton Muscatelli, avait ouvert les livres de l’université, révélant ainsi un « afflux massif de subventions » et dotations de la Jamaïque.
Le vice-chancelier de UWI a précisé pour sa part que les 250 millions de dollars seraient une combinaison d’argent et d’aides en nature. « Nous ne sommes pas debouts au coin de la rue à mendier. Nous recherchons des partenariats et un développement. » L’un des projets dans lesquels l’Université de Glasgow aurait manifesté son intérêt porte sur la recherche sur les maladies chroniques dans les Caraïbes, notamment l’hypertension, le diabète et l’obésité chez les enfants.
« Les 250 millions de dollars seraient une combinaison d’argent et d’aide en nature » , a précisé Hilary Beckels président de la Commission des réparations de la Caricom (K.C)
250 MILLIONS DE DOLLARS DE LA TRAITE DES ESCLAVES
« Ils envisagent la possibilité de s’associer à nous et de créer un institut de grande envergure pour la recherche sur les maladies chroniques, destiné à prévenir leur prolifération future » , a déclaré l’historien, qui préside également la Commission des réparations de la Caricom (Communauté des Caraïbes). Un rapport intitulé l’Esclavage, l’Abolition et l’Université de Glasgow, récemment publié par l’université, révèle qu’elle a bénéficié directement de la traite des esclaves en Afrique et dans les Caraïbes aux XVIIIe et XIXe siècles, à hauteur de près de 250 millions de dollars.
L’université a annoncé qu’elle avait lancé un « programme de justice réparatrice » vaste et ambitieux, fondé sur les résultats de plus de deux années de recherche.
En outre, l’Université de Glasgow a également annoncé son intention de mettre en oeuvre des programmes et des projets prévoyant des bourses d’échange et des programmes d’échange pour les étudiants jamaïcains et autres étudiants des Caraïbes grâce à ses liens avec UWI. Objectif : accroître la diversité raciale des étudiants et du personnel et réduire l’écart de diplomation, tout en créant un centre interdisciplinaire pour l’étude de l’esclavage historique et de son héritage, y compris l’esclavage moderne et le trafic, d’être humains.
Source  France Antilles Jeudi  29 novembre  2018.

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