PARIS CELEBRE LE MOIS DES COMMEMORATIONS

« Mon ancêtre l’esclave » film de Frédéric SENNEVILLE

L »invitation au souvenir …*

Vendredi 24 Mai 2019

  • à 19h30 Maison des Ensembles 3, rue d’Aligre Paris 12e
  • à 20h30 Centre Paris Anim 4 rue Mercoeur Paris 11e

« Moi, Maryse C … » film de Dimitry ZANDRENIS

Jeudi 23 Mai 2019.à 19h 30 au Centre d’Animation 15 rue Mathis Paris 19e (métro Crimée)

Mardi 28 mai 2019 à 19h00 Mairie du 10e 72 rue du faubg St Martin Pais 10e

ENTREE LIBRE –

RESERVATION CONSEILLEE : cpoincare@ligueparis.org

Publicités

UNE EVOCATION de NOTRE -DAME – DE – PARIS

https://album.aufeminin.com/album/903596/notre-dame-850-ans-et-des-cloches-0.html#p25

RAI-D-INGUE sous les Tropiques

img100-1
img103-1

µ


SEMAINE D’EDUCATION ET D’ACTIONS CONTRE LE RACISME et L’ANTISEMITISME

Semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme
Du 18 au 24 mars 2019
 De nombreux événements sont prévus dans le cadre de la Semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme, du 18 au 24 mars 2019.
Découvrez le programme des manifestations organisées par le Groupe de recherche Achac, en partenariat avec la Dilcrah : 

 Mardi 19 mars de 16h00 à 19h00 : soirée de lancement du projet éducatif et citoyen « Histoire de l’immigration en Bourgogne-Franche-Comté » et inauguration de l’exposition  itinérante Bourgogne-Franche-Comté, présence des Suds au Scénacle à Besançon (Doubs). Cette exposition sera présentée dans de nombreux établissements scolaires et institutions culturelles de la région tout au long de l’année.

Jusqu’au 10 mai : présentation de l’exposition Bourgogne-Franche-Comté, présence des Suds aux Archives départementales de la Haute-Saône à Vesoul (Haute-Saône).

Jusqu’au 16 juin : présentation de l’exposition Bourgogne-Franche-Comté, présence des Suds à la Maison de la Négritude et des Droits de l’Homme à Champagney (Franche-Comté).

Du 18 mars au 19 avril : présentation de l’exposition Zoos Humains. L’invention du sauvage à Bibliothèque universitaire Edgar Morin de l’Université Paris 13, Campus de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis).

Jeudi 21 mars à 18h30 : projection-débat du documentaire Sauvages, au cœur des zoos humains au cinéma Eden à La Ciotat (Bouches-du-Rhône).

Vendredi 22 mars de 14h00 à 16h00 : conférence-débat « Des zoos humains au racisme aujourd’hui » avec Pascal Blanchard, historien et Lilian Thuram, président de la Fondation Éducation contre le racisme, à l’Université Paris 13, Campus de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), Amphithéâtre 5

.Samedi 23 mars à 17h30 : projection du documentaire Sauvages, au cœur des zoos humains au cinéma Pathé à Échirolles (Isère), suivie d’un débat, de 19h00 à 20h30, mené par Nicolas Bancel, historien et Bruno Victor-Pujebet, co-réalisateur du film.

Source ACHAC Newsletter #2 – 14 mars 2019

ASSISES NATIONALES contre LES VIOLENCES

Premières Assises Nationales contre les Violence faites aux Jeunes Filles et aux Femmes dans les Outre-mer au Musée de l’Homme les 6 et 7 avril 2019

HTTP://BIT.LY/FFTOM

Inscription gratuite et obligatoireS’inscrire

Votre prénom :

Votre nom :

Votre adresse email :

Media si vous êtes journaliste :

Réservation pour participer aux Assises (entrée gratuite)

 je participe le samedi 6 avril 2019 de 11h à 13h30 >

1) Discours d’introduction : Pourquoi la violence s’exerce-t-elle contre les femmes ? 2) Table ronde : Un état des lieux de la violence faite aux femmes dans les Outre-mer

 je participe le samedi 6 avril 2019 de 15h à 18h >

1) Table ronde : La violence dans le couple. La domination masculine. Le rapport homme/femme dans les outre-mer et la question de l’alibi culturel

2) Table ronde : L’impact des violences dans le couple sur les enfants. 

je participe le dimanche 7 avril 2019 de 11h à 13h30 >

1) Discours d’introduction : Le rapport au corps, au respect, à la dignité et à l’intégrité des jeunes filles et des femmes dans les Outre-mer

* 2) Table ronde : Le long travail de la reconstruction, comment la société encourage-t-elle les victimes à révéler les violences subies ?

 je participe le dimanche 7 avril 2019 de 15h à 18h >

1) représentation et débat sur les violences faites aux femmes autour de la présentation d’une pièce de la compagnie Sans Sommeil intitulée « Violences conjugales ». Échanges avec les comédiennes.

2) Atelier- débat démocratique avec des propositions d’actions concrètes pour améliorer la lutte contre les violences faites aux femmes.

Valider le formulaire

Invitation aux COMMEMORATIONS DU 10 MAI 2019

Bonjour,

Comme chaque année, depuis 2006, nous fêtons solennellement et dignement la commémoration nationale de l’esclavage et de ses abolitions vendredi 10 mai 2019 sous l’égide du général Alexandre Dumas, père et grand-père de deux célèbres écrivains français, figure emblématique de la lutte contre l’esclavage, contre le racisme et pour l’égalité, sans distinction de couleur.

à Paris place du général-Catroux (17e arrondissement) à 17 h 30 (11e édition).

La journée commencera par une cérémonie à Villers-Cotterêts, patrie d’adoption des Dumas et future cité de la francophonie, à 10 h 30 (14e édition).

L’entrée à ces deux cérémonies sera libre, mais dans la limite des places disponibles et sous réserve d’être inscrit(e).

Les éventuelles possibilités de transport entre Villers-Cotterêts et Paris seront communiquées ultérieurement aux personnes inscrites.

En raison de la présence d’importantes personnalités et d’artistes, et le nombre de places étant limité, nous vous conseillons de vous inscrire dès que possible.

Pour cela, il vous suffit de cliquer ci-dessous :

http://signup.ymlptr4.net/xgejushbgmgh

Votre invitation personnelle vous sera adressée par email quelques jours avant l’événement.

Une fois inscrit(e) en utilisant le lien ci-dessus, merci de vous inscrire également sur Facebook, où deux événements dédiés ont été créé, ce qui permettra de dialoguer plus facilement, de vous tenir informé(e) et de montrer notre mobilisation.

Je m’inscris à l’événement Paris 10 mai 2019 sur Facebook

Je m’inscris à l’événement Villers-Cotterêts 10 mai 2019 sur Facebook

Merci également de faire inscrire vos proches et vos amis en utilisant ces deux liens Facebook ainsi que le lien Invitation.

Commencez à mobiliser pour ce 10 mai 2019 : la pérennité de cette date est entre vos mains.

10 mai 2019,
en présence de hautes personnalités
journée de commémoration de l’esclavage et de ses abolitions

Villers-Cotterêts
10h 30

Paris 17 h 30
place du général-Catroux 17e
(métro Malesherbes ligne 3 bus 94)

http://signup.ymlptr4.net/xgejushbgmgh

Claude RIBBE
Association « Les Amis du Général DUMAS »

RETOUR en TERRE D’AFRIQUE… (témoignages)

« Quand j’ai mis les pieds au Cameroun, j’ai verse des larmes de joie »

Jessica Little et Clevlyn Anderson rencontrent leur famille Bamoun à Foumban au Cameroun pour la première fois.
Image captionJessica Little et Clevlyn Anderson rencontrent leur famille Bamoun à Foumban au Cameroun pour la première fois.

Le président du Ghana Nana Akufo-Addo a déclaré l’année 2019  » l’année du retour  » pour les Afro-américains.

Dans cet article, nous irons à la rencontre de certains d’entre eux qui ont recours aux tests ADN pour savoir de quels pays d’Afrique leurs ancêtres étaient originaires.

Une occasion de retrouver leurs familles et même, de changer de nom pour adopter un patronyme africain.

Les Afro-américains représentent 14 % de la population américaine

1619-2019… Cela fera 400 ans, à la fin du mois d’août que 20 africains foulaient le sol de ce qui allait devenir plus tard les Etats-Unis. Ils sont les premiers noirs à avoir été emmenés dans ce pays en tant qu’esclaves. Cette année, on commémore leur arrivée en Virginie dans la colonie anglaise de Point Comfort.

Selon le groupe de chercheurs afro-américains, Trans-Atlantic Slave Trade Database, 388 000 africains auraient été débarqués en Amérique du Nord pendant la période de la traitre négrière.

Lire aussi :

Médecine: jusqu’où ira l’innovation?

Des tests d’ADN pour retrouver les enfants des prêtres

En 2017, il y avait 45 millions d’afro-américains, soit 14 % de la population américaine.

J’ai pu retrouver 30 de mes cousins grâce au test ADN

Avec l’apparition des tests ADN bon marché de plus en plus d’afro-américains cherchent à savoir de quels pays d’Afrique ils viennent. Moyennant quelques dizaines de dollars et un peu de salive collectée dans un tube, on peut vous décliner la liste des régions ou pays d’Afrique dont vous êtes originaires.

AdaEze Naja Njoku, ancienne militaire afro-américaine, a commencé cette exploration en 2008. Plus tard, lorsqu’elle a entendu le message du président ghanéen, Naja dit s’être sentie accueillie.

AdaEze Naja Njoku, cofondatrice d'African Royal DNA
Image captionAdaEze Naja Njoku, cofondatrice d’African Royal DNA

 » Je voulais savoir d’où je venais. Quand j’ai reçu mes résultats (test ADN), j’ai décidé aussitôt d’aller en Afrique. J’ai fait beaucoup de recherches avant de partir au Cameroun. J’ai voyagé en 2010 « , raconte Naja.

Pour elle, il s’agissait d’un retour à « la maison » et elle était sûre que son fils de 6 semaines avec qui elle s’était rendue au Cameroun, allait commencer sa vie du bon pied.

Quand je suis arrivée, j’ai pleuré des larmes de joie.AdaEze Naja Njoku,, Afro-américaine retournée au Cameroun

 » J’ai reçu un accueil extraordinaire sur place. Ma nouvelle famille m’a confié la responsabilité de retrouver d’autres membres de notre parenté et de les ramener à la maison « , explique-t-elle.

Sauf qu’à l’époque les tests ADN permettaient de retrouver le pays ou la région dont les gens étaient originaires en Afrique mais pas de faire des connections avec d’autres personnes pour établir un lien de parenté remontant à plusieurs générations. Un progrès que la science permet désormais.

Lire aussi :

L’ADN pour démanteler les réseaux de contrebande d’ivoire

L’ADN de Ronaldo demandé pour une affaire de viol présumé

 » Il m’a fallu 7 ans pour trouver des cousins mais aujourd’hui j’en ai 30. Ils m’ont raconté l’histoire de leurs familles. Je suis Ibo, Peul et Yoruba. J’ai désormais trouvé une pièce manquante de mon histoire et de ma vie. Mes nouveaux parents m’appellent chaque semaine pour prendre de mes nouvelles. Ils me donnent un vrai sens de la famille « , confie Naja.

D’ou viens-tu vraiment?

Ce sens de la famille retrouvée, Angela Hicks, une autre afro-américaine l’a expérimenté. La curiosité d’en savoir plus sur ses origines africaines l’a piquée il y a quelques années quand des participants africains, rencontrés à un séminaire, ont demandé à cette fonctionnaire américaine d’où elle venait. Une question à laquelle tout le monde peut répondre sauf la plupart des afro-américains qui n’en ont aucune idée:

 » Je suis rapidement devenue accro, j’ai fait des tests dans trois laboratoires différents ! « , confie-t-elle dans un grand éclat de rire. Les résultats des différents tests étaient cohérents.

Angela Hicks, lors d'une cérémonie d'attribution de nom africain avec sa "cousine ADN" Dorice Petty
Image captionAngela Hicks, lors d’une cérémonie d’attribution de nom africain avec sa « cousine ADN » Dorice Petty

Les afro-américains sont souvent un agrégat de plusieurs pays et tribus africaines:

 » J’ai du sang essentiellement ghanéen, nigérien et congolais du côté de mon père et malgache, ainsi que d’Afrique du Nord, du côté de ma mère « , explique Angela.

Grâce aux nouveaux tests elle a pu retrouver 7 cousins et entrer en contact avec eux.

 » J’ai mon album dédié aux cousins sur Facebook « , mentionne-t-elle.

Facebook est aussi un lieu où elle échange avec d’autres Afro-américains qui, comme elle, ont choisi de retracer leurs racines africaines grâce aux tests ADN. DNA Tested African Descendants, le groupe créé par Naja (citée plus haut), dont fait partie Angela, compte plus de 12.000 membres.

Quand quelqu’un retrouve un parent, nous sommes tous super heureux !Angela Hicks, Afro-américaine

« Dans les groupes, nous partageons beaucoup d’informations sur l’Afrique et la culture des différents groupes ethniques. Nous sortons du schéma de parler seulement de pauvreté et de guerre au sujet du continent ».

Angela raconte que quand un membre du groupe retrouve un parent, c’est un vrai événement pour tout le monde, surtout si le parent africain accepte le contact ne serait-ce que par téléphone ou email.

« C’est vraiment douloureux quand ils ne nous répondent pas », ajoute-t-elle.

‘La plupart des Afro-Américains se sentent un peu comme des orphelins’

Mettre en relation parents africains et enfants perdus américains, c’est une mission que s’est fixée Ada Anagho Brown. La camerounaise élevée aux Etats-Unis est devenue pour beaucoup un pont à travers l’océan Atlantique.

Elle organise des missions en Afrique pour collecter de l’ADN afin de pouvoir améliorer la précision des tests et organise des voyages de retour aux racines avec sa société Roots to Glory.

Ada Anagho Brown, fondatrice de "Roots to Glory"
Image captionAda Anagho Brown, fondatrice de « Roots to Glory »

Ses missions de collecte à travers « l’African royal DNA project » l’a déjà conduite au Bénin, au Cameroun, au Ghana, en Côte d’Ivoire et au Congo-Brazzaville.

Elle constitue ainsi peu à peu une base de données de l’ADN des familles royales africaines. Ces familles ont l’avantage d’être moins soumises aux influences des migrations. Elles ont aussi des arbres généalogiques précis qui remontent sur plusieurs générations.

« La plupart des Afro-Américains se sentent un peu comme s’ils étaient orphelins.Ada Anagho Brown, Camerounaise

 » Pour des Afro-Américains découvrir un lien de parenté en Afrique, c’est retrouver sa famille. C’est la même chose du côté africain. Le roi de Porto-Novo au Bénin a vraiment ressenti cette tristesse intérieure quand il a pu mesurer concrètement, grâce aux tests ADN, le nombre important de parents qui avaient été arrachés à sa famille « , pointe Ada.

Selon elle, le recours aux tests ADN est de plus en plus fréquent chez les Afro-Américains. Le film Black Panther et le message du président ghanéen ont résonné comme des détonateurs.

 » Beaucoup ont voulu savoir de quelle partie du Wakanda ils venaient et je reçois chaque jours des coups de téléphone de personnes me demandant comment faire pour aller au Ghana ? « 

La science tâtonne encore car les laboratoires qui font les tests n’ont pas encore suffisamment d’ADN-type africain pour donner toutes les informations. Chez certains laboratoires, les résultats s’affinent mois après mois et les résultats des tests bougent.

FONDATION pour la MEMOIRE de L’ ESCLAVAGE (acte 2)

 

QUESTIONS-REPONSES   avec  J.M AYRAULT

Jean-Marc Ayrault est Président de la Mission de la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions dont le but est de créer une Fondation nationale sur le sujet. Annoncée par Emmanuel Macron à l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en avril 2018, cette Fondation entend « rassembler toutes les mémoires de la France » et « transmettre l’histoire de la France mondiale ». Après une première tribune publiée le 23 novembre 2018 dans Le Monde, il accorde un entretien exclusif au Groupe de recherche Achac dans le prolongement des Ateliers de la fondation, journées de réflexion participative autour des missions de la Fondation, organisés les 24 et 25 novembre 2018.

 

Quelles sont les missions de la Fondation ?

Notre ambition peut se résumer en une phrase : faire enfin pleinement entrer l’esclavage et ses héritages dans la mémoire nationale de la France. La loi Taubira a rappelé cette nécessité. Mais il lui manquait l’institution nationale autonome et dotée de vrais moyens qu’elle appelait pour réaliser cette ambition.

La Fondation sera cet outil, pour travailler sur ces questions avec tous les partenaires à mobiliser : les chercheurs, les établissements scolaires – la question des programmes scolaires est essentielle –, les institutions culturelles et patrimoniales, les artistes, les associations, les élus, les entreprises…

 

Sur quels périmètre et thématiques historiques et mémoriels souhaitez-vous travailler ?

L’action de la Fondation se déclinera en trois objectifs, qui devraient être repris dans son objet statutaire :

– développer la connaissance et la transmission de l’histoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions comme partie intégrante de l’histoire de la France et du monde, en replaçant ce phénomène dans l’histoire longue des relations entre la France, l’Afrique, les Amériques et l’océan Indien ;

– rassembler les mémoires en valorisant les héritages culturels, artistiques et humains issus de cette histoire, dans toute leur richesse et leur variété ;

– promouvoir les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité et l’engagement de la France contre le racisme, les discriminations et les formes contemporaines d’esclavage.

 

En quoi la fondation va-t-elle se distinguer des actions ou des projets du Mémorial ACTe, du Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes ou du Comité national pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage ? Avez-vous pour objectif de coordonner l’action de ces différentes institutions ?

Le Mémorial ACTe et le Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes sont des lieux ouverts au public, ce que ne sera pas la Fondation, qui n’aura que des bureaux à l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris. La Fondation sera une institution de mutualisation, de mise en réseau et d’accompagnement, et elle sera donc en rapport avec tous ces acteurs.

Le Mémorial ACTe en Guadeloupe sera évidemment un partenaire capital, en tant que centre national dédié à cette question, et institution majeure sur les Caraïbes et au-delà. Et la Fondation travaillera avec le Mémorial de l’abolition de Nantes, comme avec les autres sites et lieux de mémoire, les musées de Nantes et Bordeaux, la Maison de l’Armateur du Havre, le musée du Nouveau Monde de La Rochelle, La Route des Abolitions… je ne saurais tous les citer.

Quant au CNMHE, qui existe depuis 2004, lors des Ateliers de la Fondation, j’ai rendu hommage au travail essentiel qu’il a mené pendant près de 15 ans, sous la conduite de ses présidentes passées, Maryse Condé, Françoise Vergès et Myriam Cottias, et de son président actuel, Frédéric Régent. Dès qu’elle sera créée, la Fondation succèdera officiellement au Comité.

 

Quels liens voyez-vous ou faites-vous entre l’histoire de l’esclavage (jusqu’aux abolitions définitives en 1848) et l’histoire de la colonisation, qui se superpose à cette première période et va se poursuive jusqu’aux années 60 et même au-delà pour certains pays ou territoires ?

L’esclavage est un phénomène global qui a transformé radicalement le monde. La France d’aujourd’hui est l’héritière de cette transformation, qui a débuté avec les premiers contacts entre les Européens et les peuples d’Afrique et d’Amérique, puis qui s’est prolongé dans la traite et l’esclavage coloniaux, puis dans la seconde colonisation, laquelle n’a d’ailleurs pas fait disparaître le travail forcé, pas plus dans les « vieilles colonies » françaises, avec l’engagisme, que dans le reste de l’Empire.

Mais surtout, l’héritage de l’esclavage et des combats pour l’abolir ont perduré jusqu’à aujourd’hui : on en retrouve l’empreinte dans notre culture, dans nos valeurs, tout simplement dans la diversité française. C’est pourquoi les chercheurs aujourd’hui parlent de l’esclavage et du post-esclavage, et c’est une approche qui nous intéresse beaucoup.

 

Selon  vous, à quoi devrait ressembler un musée de la colonisation en France ? Est-il nécessaire d’imaginer un tel projet ?

Le travail de la Fondation sera important sur ce sujet, même si elle ne sera pas un musée ; et l’exemple de la Mission du Centenaire montre comment on peut renouveler la vision d’un événement historique sans être un musée, notamment en travaillant avec les institutions existantes. La Fondation le fera, avec des acteurs aussi divers que le musée d’Orsay ou le Mémorial ACTe.

Quant à doter la France d’un musée de la colonisation en général, qui raconterait cette part de notre histoire, sur cinq siècles et sur tous les continents, beaucoup le demandent et j’ai entendu aussi cette demande lors des Ateliers de la Fondation qui ont eu lieu le 24 et 25 novembre. Pour un sujet aussi majeur, ce sera au Président de la République d’en décider. La création prochaine de la Fondation pourra aider à cette réflexion.

 

Quel bilan tirez-vous des Ateliers de la Fondation que vous mentionnez ? En quoi est-ce une étape majeure ?

En organisant cette rencontre avec la société civile, que nous avions voulu ouverte et participative, nous ignorions si notre appel serait entendu. C’est pourquoi notre première satisfaction a été de voir que près de 200 personnes y ont répondu malgré la rapidité des délais d’organisation et qu’elles sont restées pendant deux jours pour débattre de ce que devrait être la Fondation.

Notre deuxième satisfaction a été la qualité des échanges, le respect entre les participants et le sentiment commun qui s’est dégagé d’une urgence à doter la France d’une institution nationale qui fasse la place à ces sujets. Il faut enrichir notre récit national, et le faire partager à tous nos concitoyens, pour conjurer les incompréhensions, les concurrences mémorielles, le racisme : c’est le message que tous ces militants, chercheurs, artistes nous ont adressé. Ces Ateliers sont aussi une leçon pour nous : nous devrons régulièrement créer des moments forts pour que la Fondation cultive ce lien qui a été créé ce week-end.

Cette réussite doit en appeler d’autres : d’abord achever les travaux de préfiguration de la Fondation. Les propositions des participants nous disent les priorités et les attentes. Nous les partagerons avec le gouvernement et les entreprises avec lesquelles nous sommes en contact, pour que la Fondation puisse être créée en 2019 comme prévu. Puis nous aurons à mettre en œuvre tous les projets et la tâche est grande.

 

Source ACHAC Newsletter #4 – 28 novembre 2018

VERS UNE RESTITUTION DES OEUVRES d’ART AU PATRIMOINE AFRICAIN…

Polémiques sur la question de la restitution

Il s’agit de rendre
au continent africain
une partie de son histoire

par Joseph Confavreux

vendredi 30 novembre 2018

 

Le rapport des universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy sur la restitution du patrimoine culturel africain remis au président de la République le 23 novembre 2018 a provoqué de nombreux débats dans la presse. Nous reprenons ici, avec son accord, l’article que Joseph Confavreux a publié dans « Mediapart ». Avec un entretien avec Nanette Snoep, Néerlandaise, directrice des musées d’ethnologie de Dresde, Leipzig et Herrnhut en Allemagne après avoir travaillé quinze ans au Musée du Quai Branly.

Restitution du patrimoine :
« Il s’agit de rendre au continent africain
une partie de son histoire »

par Joseph Confavreux Source

Avant même d’être rendu officiellement au président de la République, vendredi 23 novembre, le Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain des universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, a suscité une polémique par voie de presse.

Les tirs de barrage des journaux conservateurs ont ouvert le bal. Le Point, ayant eu la primeur du texte, a mis en exergue un « vocabulaire inspiré des postcolonial studies » et questionné le fond d’un rapport préconisant, selon lui, de « tout rendre ou presque ».

Dans La Tribune de l’art, son fondateur, Didier Rykner y est allé au lance-flammes, jugeant que le rapport mettait « la France dans une position intenable ». Pour ce journaliste, « le choix de ces deux personnalités devait fatalement aboutir aux préconisations très inquiétantes de leur rapport », quitte à faire de Felwine Sarr un portrait largement fantasmé, deux citations trouvées sur Google suffisant à transformer l’économiste et écrivain sénégalais en proche des Indigènes de la République et en « fervent défenseur de Tariq Ramadan ». Ce qui expliquerait pourquoi « il ne fallait évidemment rien attendre d’autre de lui qu’une proposition de “restitutions” massives ».

À l’inverse, Libération titrait son édition du 21 novembre : « Art africain spolié : l’heure du retour », en l’accompagnant d’une photo pleine page d’une statuette africaine semblant se réjouir. Quant au Monde, son éditorial daté du 23 novembre mettait en avant le « risque pour les collections nationales » d’une « voie maximaliste » susceptible de les démanteler, collections dans lesquelles le nombre total de pièces africaines est estimé à plus de 90 000.

Quels sont alors les enjeux de cette séquence ouverte par la déclaration d’Emmanuel Macron, il y a un an à Ouagadougou, annonçant vouloir que « d’ici cinq ans les conditions [seraient] réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique » ? Panorama comparatif et éléments de réponse avec Nanette Snoep, Néerlandaise qui, après avoir passé 15 années au Quai Branly, est depuis 2015 directrice des musées d’ethnologie de Dresde, Leipzig et Herrnhut en Allemagne et prendra, à partir de janvier 2019, la direction du musée ethnographique de Cologne.

La déclaration faite par Emmanuel Macron à Ouagadougou le 28 novembre 2017 et le rapport rédigé par les universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy introduisent-ils une rupture dans la politique française vis-à-vis des collections des musées français issues du continent africain ?

Nanette Snoep : Nous sommes face à une véritable transformation, qui ne touche pas seulement la France, mais concerne toute l’Europe. Avant le rapport de Sarr et Savoy, j’ai eu le sentiment que la déclaration d’Emmanuel Macron avait eu un effet plus fort en Allemagne qu’en France, mais cela va sans doute changer !

Nanette Snoep © DR

Quoi qu’il en soit, nous sommes face à un changement d’ampleur dans la façon de penser les politiques culturelles, patrimoniales et muséales. Le débat sur la restitution des œuvres issues de l’héritage colonial et présentes dans les collections ethnographiques m’intéresse depuis longtemps, et cela va faire 20 ans qu’il est enclenché. Mais on assiste à une accélération puissante depuis au moins deux ans.

L’enjeu est-il posé de manière différente en Allemagne et en France, et cela est-il davantage lié à des passés coloniaux différents ou à des contextes post-coloniaux qui ne sont pas identiques ?

Il existe des différences importantes entre la France et l’Allemagne, ne serait-ce que parce que l’Allemagne a perdu ses colonies après la Première Guerre mondiale, tandis qu’en France, les effets de la colonisation demeurent encore très présents. Les relations économiques, démographiques, culturelles entre l’Afrique et la France sont incomparables avec celles qui existent avec l’Allemagne.

Depuis quelques années, on a assisté, en Allemagne, à un réveil du passé colonial, qui a longtemps été relégué derrière l’histoire de la Shoah. Mais l’Allemagne aborde la question des butins coloniaux à travers le travail qui a été fait sur la spoliation des biens juifs. Des lois, des méthodes de recherche et des cadres de restitution ont été établis à cette occasion. C’est d’ailleurs un même organisme, à Leipzig, qui s’occupe des biens juifs spoliés et a reçu pour mission de s’occuper des butins de guerres coloniaux.

Une autre différence est que le sujet est abordé de manière beaucoup plus pragmatique en Allemagne qu’en France. Après la déclaration de Macron faite à Ouagadougou, des demandes de restitution ont été adressées à Angela Merkel, sans qu’elle prenne position publiquement. Mais une commission a été mise en place, un rapport a été rendu au printemps dernier pour savoir quoi faire de nos butins coloniaux, et des recherches précises ont été lancées.

En France, le rapport annonce que beaucoup des œuvres des musées nationaux devraient être restituées et cela déclenche des réactions émotionnelles. J’ai d’ailleurs été surprise que personne ne réagisse, en France, vis-à-vis du choix de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, une historienne de l’art qui connaît bien la situation allemande. La question est maintenant de savoir si cela va avoir des conséquences ou si cela va rester un effet d’annonce.

Peut-on et faut-il distinguer, et si oui comment, les biens acquis dans les musées européens par des prises de guerre, par des collectes ethnographiques ou par des achats égaux ou inégaux ?

La distinction est importante. Quand on regarde les collections, certaines œuvres proviennent clairement de butins de guerre, par exemple pour le royaume du Dahomey. Quand on consulte les archives, on voit qu’à la fin du XIXe siècle, on en parle d’ailleurs ainsi, en toute transparence, tandis que, plus tard, on va éviter de prononcer ces termes.

Les collectes ethnographiques constituent une zone plus complexe, qui ont impliqué des ethnologues, des géographes, des missionnaires… On ne sait pas toujours comment les pièces sont arrivées dans les musées, mais on sait que, parfois, il s’agissait de vol, comme dans l’exemple souvent cité du journal de Michel Leiris confessant avoir dérobé un objet sacré au Mali, à l’occasion de sa participation à la Mission Dakar-Djibouti, une expédition dirigée par l’ethnologue Marcel Griaule au début des années 1930.

Membres de la Mission Dakar-Djibouti
au musée d’Éthnographie du Trocadéro, Paris 1931.

De gauche à droite : André Schaeffner, Jean Mouchet, Georges-Henri Rivière,
Michel Leiris, le baron Outomsky, Marcel Griaule, Éric Lutten,
Jean Moufle, Gaston-Louis Roux, Marcel Larget.

Les ethnologues partaient rarement seuls et souvent accompagnés de soldats. Dans l’inventaire de départ de cette même mission, dont une grande partie de la collecte se retrouve aujourd’hui au Quai Branly, on note ainsi la présence de nombreux fusils. Et même quand les ethnologues partent sans fusils, cela n’empêche pas les rapports de force.

Peut-on savoir dans quel contexte un chef religieux a pu livrer ses objets sacrés à un ethnologue ? Il existe des enjeux de pouvoir, financiers, symboliques et politiques, qui font qu’on n’est pas dans la même problématique que pour des butins de guerre, mais qu’on demeure toutefois dans des rapports de force.

Quant aux achats, ils ne sont pas non plus exempts de ces rapports de force. Les archives nous montrent des cas de personnes contraintes de céder leurs objets à vil prix. Quand on parle des biens juifs spoliés, on inclut d’ailleurs ceux des Juifs qui ont vendu, dès 1933, des œuvres par exemple pour financer leurs fuites, ou n’ont pas pu vendre au juste prix. Ces œuvres sont aujourd’hui considérées comme ayant été spoliées et à restituer, même s’il existe un acte d’achat. On sent aujourd’hui l’inquiétude des marchands sur le sujet, mais une preuve d’achat n’est pas une garantie suffisante de l’équité de la transaction.

Même s’il existe, dans tous les cas, des rapports de pouvoir, il demeure important de distinguer les différentes catégories d’appropriation du patrimoine africain, et donc de bien connaître le contexte de collecte. Les auteurs du rapport ont raison d’estimer que l’ethnologue ou le marchand doivent pouvoir prouver avoir acquis leurs objets de manière correcte, mais cela va être difficile.

Que pensez-vous du fait que le rapport demande que tout objet qui aurait été emporté sans le consentement explicite ou très vraisemblable des propriétaires ou gardiens des œuvres puisse être restitué aux pays africains qui en feraient la demande ?

Pour moi, la notion de consentement explicite est importante et les auteurs du rapport ont donc raison de l’employer, parce qu’on se trouve en effet le plus souvent dans une zone grisâtre. On peut très rarement, en effet, prouver le consentement explicite. Mais si je prends l’exemple des objets venant de Syrie qui sont arrivés ces dernières années sur le marché européen, en tant que directrice de musée, je refuse d’en acheter parce que je ne pense pas qu’il y ait eu de consentement explicite.

Le mérite de ce rapport est qu’il va obliger les directeurs de musée, les marchands, voire les usagers des musées, à réfléchir à leurs pratiques. Il me semble important et courageux de mettre ce motif du consentement au cœur de la question des restitutions, parce que les musées doivent repenser leur éthique de collecte. Ils ne peuvent plus se permettre d’acheter, parfois pour des millions d’euros, des objets sacrés circulant sur le marché de l’art européen en s’abritant derrière l’existence d’actes d’achat.

Felwine Sarr

Le rapport Savoy-Sarr n’aborde que l’Afrique noire. La question des revendications et des restitutions ne se pose-t-il pas de la même manière pour l’Afrique noire, le Maghreb, l’Océanie ou l’Asie ?

Comme l’a dit Emmanuel Macron lors de sa déclaration de Ouagadougou, il y a là un cas vraiment particulier, au sens où la grande majorité de l’héritage culturel et du patrimoine africain se trouve aujourd’hui dans les galeries et musées européens ou américains.

Ce n’est pas pareil pour l’Asie. Je suis néerlandaise et beaucoup de collections indonésiennes se trouvent aujourd’hui en Hollande. Mais si vous allez à Jakarta, vous trouvez des musées disposant de collections richissimes, et on ne peut donc pas dire que l’Indonésie soit dépourvue de patrimoine indonésien. Cela ne veut pas dire que les restitutions aux pays asiatiques ne soient pas justifiées et importantes, mais c’est sans doute moins urgent que pour l’Afrique.

Restituer certains objets, ce n’est pas seulement une question de patrimoine. Il s’agit de rendre au continent africain une partie de son histoire pour permettre aux Africains de prendre en main cette histoire. Pour moi, les restitutions peuvent donner une énergie au continent africain en lui offrant la possibilité de dire : « on a un patrimoine, on va s’en occuper et on va ainsi se projeter vers l’avenir », même si la manière de prendre en charge ce patrimoine ne sera pas la même que dans les musées européens.

L’important n’est pas seulement la restitution de l’objet, mais aussi de la partie de l’histoire dont l’Europe s’est emparée et qui demeure inaccessible aux Africains. Dans mon musée, je fais actuellement une exposition sur Kinshasa et le plus grand problème auquel j’ai été confrontée a été de faire obtenir des visas aux artistes que je voulais inviter.

Les musées allemands, britanniques ou français ne peuvent prétendre être des musées universels, ne serait-ce que parce que les Africains n’ont pas accès à la même mobilité que les Européens. Aujourd’hui, l’histoire du royaume de Dahomey se retrouve au Quai Branly, alors que les Béninois ne reçoivent pas de visas.

Bénédicte Savoy

Comment jugez-vous l’argument mis en avant par les plumes qui s’inquiètent du rapport Savoy-Sarr en expliquant qu’il n’est guère possible de savoir à quel pays rendre certains objets accaparés avant le dessin des actuelles frontières ?

C’est un mauvais argument, même s’il est vrai que si la France ou l’Allemagne ne veulent travailler qu’avec les États, on aura des soucis. Mais la restitution peut se faire à un village ou à un musée privé, il faut savoir dépasser le cadre des États ! Dans mes musées existe une grande collection en provenance de Namibie qui a été largement composée pendant les années du génocide des Héréros et des Namas, au début du XXe siècle, perpétré pendant la colonisation allemande.

Le Land de Saxe est prêt à faire des restitutions à des associations qui le demandent, alors que cela coince au niveau interétatique, entre l’Allemagne et la Namibie. Il existe plein de petits musées privés en Afrique qui sont tout à fait en mesure d’accueillir ces restitutions. On peut chercher d’autres partenaires que les musées nationaux. Et on peut tout à fait aussi imaginer qu’un objet sacré, par exemple, soit restitué au village d’où il provient.

Un argument récurrent, employé par exemple par La Tribune de l’art, est alors de craindre la mauvaise conservation, et de donner en exemple la façon dont, après les restitutions faites par les Belges au musée de Kinshasa dans les années 1970, les œuvres ont été pillées et dégradées.

Mais les choses ont évolué et on donne toujours ce même exemple, qui oublie que, pendant des décennies, les collections africaines ont souvent été très mal traitées et mal conservées en Europe. Aujourd’hui, les réserves du Quai Branly sont tout à fait bien, mais quand j’y suis arrivée, au milieu des années 1990, c’était loin d’être le cas ! Il faut être modeste quand on critique les Africains et la manière dont ils conservent le patrimoine…

Un autre argument entendu à l’encontre de ce rapport est qu’il va vider et détruire les collections. Que vaut-il ?

En Europe, nous avons des centaines de milliers d’objets en provenance du continent africain. Le Quai Branly [qui détient environ 70 000 objets en provenance d’Afrique – ndlr], comparativement aux musées allemands, ce n’est rien ! Rien que dans les musées de Saxe, nous avons 80 000 objets venant d’Afrique. À Berlin, il y a plus de 500 000 pièces issues des autres continents. La peur que les musées européens se vident est donc infondée.

Avez-vous déjà été confrontée à des demandes de restitution ?

Oui, par exemple de restes humains d’Hawaï. Un groupe d’Hawaïens a fait une première demande de restitution aux musées de Saxe en 1991, renouvelée tous les ans, mais restée sans réponse. Quand j’ai pris ma fonction de directrice, en 2015, cette demande était sur la table et il a fallu batailler pour la faire, et la faire dans des conditions respectueuses.

L’important n’est, en effet, pas seulement le fait de restituer. C’est important de savoir comment on fait pour restituer. On ne va pas se contenter d’envoyer par la poste, mais est-ce qu’on fait une cérémonie ou un rituel ?

Les restitutions peuvent être l’occasion de gestes de réparation et le socle de relations futures, de projets en commun. Il ne faudrait pas que les restitutions deviennent juste un moyen pour se débarrasser d’une histoire qui fait mal. Est-ce que le récit d’un vol d’objet doit rester au musée qui effectue la restitution ? Comment parler d’un objet qui a été rendu, mais dont le passé demeure ?

1948 – 2018 7O ANS de DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME

 

1948 Les droits de l’Homme à Chaillot

Farid Abdelouahab, écrivain, historien et commissaire d’expositions, publie une histoire de l’élaboration de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dans la revue de Chaillot, l’Esplanade (mars 2018). Il y expose le rôle qu’a tenu le palais de Chaillot en devenant dès 1947 le siège de l’O.N.U. puis le 10 décembre 1948, le lieu de la troisième Assemblée générale des Nations unie. Ce lieu fête cette année les 70 ans de la ratification de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.  

 

Chaillot, le 10 décembre 1948, la troisième Assemblée générale des Nations unie adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme. En pleine guerre froide et devant l’opposition croissante au colonialisme, quarante-huit États membres, réunis dans la grande salle du TNP, votent les trente articles proclamant les droits humains fondamentaux, quand l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud et le bloc soviétique s’abstiennent. Il faudra deux décennies aux Nations unies pour s’accorder sur des mécanismes d’application. 1948 représente ainsi une date charnière qui consacre les droits de l’homme au cœur du Palais de Chaillot. Bien avant cette déclaration qui énonce les droits fondamentaux de l’individu à l’échelle universelle, d’autres grands textes avaient défendu les droits de l’homme.

 

Une longue histoire

Le cylindre d’argile de Cyrus, daté de 539 av. J.-C., décrète la liberté de religion et l’interdiction de l’esclavage. Au XIIIe siècle, la Grande Charte (Magna Carta), imposée en 1215 par les barons anglais à Jean sans Terre, condamne l’arbitraire et deviendra par la suite un symbole pour l’état de droit. La Déclaration des droits dictée en 1689 aux souverains d’Angleterre à la suite de la guerre civile exprime quant à elle l’aspiration du peuple à la démocratie en définissant les principes de la monarchie parlementaire.

La Déclaration d’indépendance américaine de 1776, écrite en grande partie par Thomas Jefferson, déclare pour sa part : « Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement. » Avec cette déclaration, la philosophie des Lumières a trouvé un terrain d’application pour la liberté et la gouvernance des peuples. Rédigée pendant l’été 1787 à Philadelphie, la Constitution des États-Unis d’Amérique définit les principaux organes du gouvernement, leurs juridictions et les droits fondamentaux des citoyens. Quatre ans plus tard, la Déclaration des droits vient protéger les libertés fondamentales : la liberté de parole, de religion, le droit de posséder et de transporter des armes, de se réunir et de pétitionner. Elle interdit les fouilles et les arrestations arbitraires, les maltraitances et les aveux sous contrainte.

Universaliste, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Révolution française représente, déjà en 1789, une grande avancée concernant les droits naturels individuels et les conditions de leur mise en œuvre.

La première convention de Genève, en 1864, édite le premier texte du droit humanitaire, instituant les obligations des individus en temps de guerre. Quatre-vingts ans plus tard, la barbarie et la violence extrême de la Seconde Guerre mondiale conduisent les Nations unies à redéfinir la notion de « crime contre l’humanité » en se donnant pour but d’actualiser à nouveau les valeurs humanistes qui doivent nous gouverner. En 1945, la conférence de San Francisco a en effet donné naissance à l’Organisation des Nations unies, en charge d’assurer la paix et la sécurité internationales. Concomitamment, la Charte des Nations unies est signée le 26 juin, et affirme les droits de l’homme et les libertés fondamentales, en attendant qu’une commission ne bâtisse une déclaration internationale. La première session de la Commission des droits de l’homme, qui réunit un comité de rédaction en provenance de huit pays, se tient en 1947 ; à sa tête, Eleanor Roosevelt, la veuve du Président américain. Le juriste français René Cassin joue un rôle préliminaire important à ses côtés, en élaborant un avant-projet dont l’objectif est d’affirmer le caractère universel de la déclaration, un « idéal commun à atteindre par tous les peuples ».

 

Chaillot : territoire international sous la juridiction de l’O.N.U.

En 1947, le gouvernement français propose de recevoir à Paris la troisième Assemblée générale des Nations unies. Le Palais de Chaillot devient alors pour quelques mois le siège de l’O.N.U. : une transformation qui n’est pas du goût de tous. Ainsi, le fondateur et directeur du musée de l’Homme, Paul Rivet, se plaint par exemple par voie de presse de cette prochaine installation. Le site doit en effet connaître des travaux d’aménagement importants pour accueillir les représentants des cinquante-huit nations appelées à se réunir en septembre 1948. Soit pas moins de cinq mille personnes. Les séances de l’Assemblée doivent se tenir dans le grand auditorium, les ailes du bâtiment se transformant en salles de réunion pour les commissions, tandis que l’on érige un restaurant et des locaux sur la place du Trocadéro. Des centaines de journalistes sont présents, venus du monde entier.

Outre la Déclaration universelle des droits de l’homme, le programme est chargé et l’on doit statuer sur de nombreux sujets : la question monétaire à Berlin, les frontières palestiniennes, les accords sur l’énergie atomique et le désarmement… Débats et tractations se déroulent sur fond de guerre froide naissante, et les tensions internationales sont vives : dès la fin du mois de septembre, une rupture se dessine entre le bloc occidental et les Soviétiques à propos du couloir aérien berlinois. Les travaux reprennent à la mi-décembre. La Commission des droits de l’homme est censée réunir dix-huit membres représentant diverses tendances politiques, culturelles et religieuses (mais il n’y a pas un seul Africain, les indépendances sont à venir…).

Eleanor Roosevelt, nommée par le président des États-Unis Harry S. Truman comme déléguée à l’Assemblée générale des Nations unies en 1946, préside donc le comité de rédaction, qui rassemble un Libanais, un Chinois, un Canadien, un Australien, un Chilien, un Anglais et un Russe. Le Français René Cassin influence notablement ce comité avec sa conception interventionniste des droits de l’homme : la souveraineté des États n’est pas supérieure à ces derniers. Ainsi, grâce à lui, la Déclaration ne sera pas dans son titre « internationale », mais bien « universelle », c’est-à-dire reconnue de tous et destinée à la communauté humaine en son entier. Mais tous les membres ne sont pas d’accord sur les objectifs à tenir : en effet, la Déclaration doit-elle se présenter comme un instrument juridique que l’on doit imposer aux nations, ou bien juste comme un texte qui doit servir de règle ? Lors de sa dernière séance au Palais de Chaillot, le 10 décembre 1948, l’O.N.U. adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme, avec quarante-huit membres en sa faveur, plusieurs amendements repoussés et huit abstentions. Le Conseil de sécurité occupe encore une semaine le Palais, dont le nom connaît désormais une renommée mondiale, avant de s’installer, en janvier 1949, à Lake Success, ville située sur l’île de Long Island, dans l’État de New York.

 

Défendre la dignité, la justice et la démocratie

Les trente articles de la Déclaration abordent les droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux. Les droits au travail, à l’éducation, à la culture et à la santé, dont tous doivent bénéficier, y sont précisés. Universelle, la Déclaration s’adresse à l’ensemble de la communauté humaine, au-delà des religions, origines, milieux ou cultures : l’O.N.U. s’est ainsi engagée à défendre la dignité et la justice sur l’ensemble de la planète, en affirmant l’interdépendance et l’indivisibilité, l’égalité et la non-discrimination. De même, en déclarant que « la volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics », la Déclaration énonce les droits essentiels à une véritable participation politique, indissociable de la valeur universelle qu’elle donne à la démocratie, système qui garantit au mieux la paix, le progrès et le développement. Les individus ont des devoirs de solidarité et les États des obligations pour faire respecter, protéger et satisfaire les droits de l’homme. Tous les systèmes juridiques nationaux doivent y pourvoir.

La Déclaration fait partie de la Charte internationale des droits de l’homme, qui inclut le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adoptés en 1966 seulement par l’Assemblée générale des Nations unies. Car le bloc communiste s’opposant jusqu’alors à tout consensus, il fallut une vingtaine d’années aux États membres pour débattre sur diverses dispositions de la Déclaration universelle, comme le droit à l’autodétermination et la défense des minorités. Dix années supplémentaires ont été de surcroît nécessaires pour que les décisions entrent réellement en vigueur, et c’est alors que la Déclaration universelle a trouvé force obligatoire pour les États qui l’avaient ratifiée.

Aujourd’hui, tous les États membres de l’Organisation des Nations unies ont adopté au moins un des neuf traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, et la très grande majorité d’entre eux en a ratifié quatre ou plus. La Déclaration de 1948 a entraîné dans son sillage d’autres grands textes, comme la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), signée par les États membres du Conseil de l’Europe en 1950 et entrée en vigueur trois ans plus tard. Notons que la France, qui héberge la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, n’a ratifié la Convention qu’en 1974, et n’a permis à ses résidents de la saisir qu’en 1981. De même, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) est un traité international adopté en 1989 par l’Assemblée générale des Nations unies dans le but de reconnaître et protéger les droits spécifiques des enfants. Le concept d’intérêt supérieur de l’enfant le consacre dès lors comme « sujet de droit », et non plus comme « objet de droit ». Parmi les cent quatre-vingt-treize États reconnus par l’O.N.U., seuls les États-Unis ne font pas partie de ce traité, car il interdisait toute condamnation à mort pour un crime commis par un mineur (loi abrogée en 2005 aux États-Unis).

La défense des droits de l’homme, et par extension des droits de tous les êtres vivants sur cette planète, apparaît comme un combat permanent qui traverse l’Histoire et qui restera, semble-t-il, sans fin.

Pour vous procurer la revue L’Esplanade,

rendez-vous sur le site : Chaillot Théâtre National de la Danse

 

Source ACHAC  newsletter#1 – 5 décembre 2018

APRES LE GWO KA(Guadeloupe) LE RAGGAE (Jamaïque)

vient  d’être  inscrit  au  Patrimoine culturel  immatériel  de l’Humanité

. Le genre musical qui a émergé en Jamaïque à la fin des années 1960 et dont  Bob MARLEY  a été   le  prince international(200 millions  de  disques  vendus  dit-on) ,  faisait  référence  au  mouvement  rasta(fari)   d’origine  éthiopienne .  L’organisation internationale de  l’ U.N.E.S.C.O souhaite ainsi souligner le rôle de cette musique dans de nombreux combats contre l’injustice et en faveur de l’humanité.

MISSION FONDATION

Image

SAUVAGES/ZOOS HUMAINS ?

 

 

 

Lundi 24 septembre 2018 à 18h
Forum des images /Paris

Forum des Halles

 

Mercredi 26 septembre 2018 à 18h
Musée national de l’histoire de l’immigration/ Paris

métro  Porte  Dorée

Après un accueil chaleureux, le mardi 28 août 2018, lors de la présentation officielle à la presse des nouveaux programmes d’ARTE, le film-documentaire Sauvages, au cœur des zoos humains, réalisé par Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet, à découvrir le 29 septembre à 20h50 sur la chaîne, sera projeté lors de deux soirées événements. Après une avant-première organisée le lundi 24 septembre 2018 par ARTE au Forum des images, une deuxième projection, avec débat, aura lieu le 26 septembre 2018 au Musée national de l’histoire de l’immigration. Après le film, une table ronde présentée par Benjamin Stora, historien et président du Conseil d’orientation du musée, sera animée par Pascal Blanchard, historien, spécialiste de l’Empire colonial français, en présence de Sandrine Lemaire, historienne, spécialiste de l’histoire coloniale, Abd al Malik, artiste et voix-off du film, et Bruno Victor-Pujebet, réalisateur.

Pour la première fois, un film retrace l’histoire oubliée des zoos humains, à travers le destin de six exhibés et les témoignages de leurs descendants. Un documentaire-événement enrichi d’images d’archives inédites et d’interviews avec de grands spécialistes internationaux, dont les coulisses et toute l’actualité sont à retrouver sur la page Facebook dédiée.

voir  aussi    www.youtube.com/watch?v=9CxJoXSX-mo

Le film-documentaire Sauvages, au cœur des zoos humains sera diffusé sur Arte lesamedi 29 septembre 2018, à 20h50 ! Le film a été présenté à la presse, aux professionnels et aux médias lors de la conférence de presse d’ARTE, le mardi 28 août 2018, par Abd al Malik, artiste et voix-off du film et par Bruno Victor-Pujebet, co-réalisateur du documentaire.

Découvrez les prochains temps forts autour de la diffusion du film :

  • Dimanche 23 septembre 2018 : La Marche du monde, présentée par Valérie Nivelon sur Radio France Internationale, consacrera son émission à la sortie du documentaire.
  • Lundi 24 septembre 2018 : avant-première Arte au Forum des Images, en présence des deux réalisateurs.
  • Mardi 25 septembre 2018 : Pascal Blanchard, historien et co-réalisateur du film, sera l’invité de Thomas Hugues et Sidonie Bonnec dans l’émission La curiosité est un vilain défaut, sur RTL.
  • Mercredi 26 septembre 2018 : projection au Musée national de l’histoire de l’immigration, suivie d’une table ronde introduite par Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du musée et animée par Pascal Blanchard. La table ronde réunira Sandrine Lemaire, historienne spécialiste du fait colonial et intervenante dans le film, Abd al Malik, artiste et voix-off du film et de Bruno Victor-Pujebet, co-réalisateur du documentaire. Événement gratuit sur réservation.
  • Jeudi 27 septembre 2018 : dans Le Club 28 minutes, sur Arte, émission spéciale autour de la sortie de Sauvages, au cœur des zoos humains, avec l’artiste Abd al Malik.
  • Samedi 29 septembre 2018 : diffusion sur Arte à 20h50
  • Vendredi 12 octobre 2018 : projection lors des Rendez-vous de l’Histoire, à Blois. Le film sera présenté par Pascal Blanchard et par Alain Mabanckou, écrivain et professeur de littérature francophone à Los Angeles.
  • Octobre 2018 : le mensuel Historia, la revue du « Passé qui éclaire l’actualité », consacrera un dossier au documentaire.

Source ACHAC  newsletter 29 Août 2018

FIGURES LEGENDAIRES

Nelson .Mandela

Centenaire de la naissance de N. MANDELA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Fresque au Pont  de  Bondy(93)

Malala

Malala Yousafzai ou Malala Yousufzai (en ourdou : ملالہ یوسف زئی) est une militante pakistanaise des droits des femmes1, née le 12 juillet 1997 à Mingora, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, où elle s’est opposée aux talibans qui tentaient d’interdire la scolarisation des filles. Elle a vécu à Mingora, principale ville du district de Swat, dans le Nord-Ouest du Pakistan, une zone proche de l’influence des talibans. Symbole de la lutte pour l’éducation des filles et contre les talibans, elle a reçu plusieurs distinctions pakistanaises et internationales à la suite de ses prises de position alors que sa région était l’objet d’une lutte entre les talibans pakistanais et l’armée. Durant son enfance, Malala a écrit un blog pour la BBC2, racontant son point de vue sur l’éducation et sa vie sous la domination talibanes. Le 9 octobre 2012, elle est victime d’une tentative d’assassinat où elle est grièvement blessée, un attentat condamné par toute la classe politique du pays. Elle est transférée vers l’hôpital de Birmingham au Royaume-Uni le 15 octobre pour suivre un traitement plus poussé. Cette attaque conduit à une médiatisation internationale de Malala Yousafzai. En 2014, âgée de 17 ans, elle obtient le Prix Nobel de la paix avec l’Indien Kailash Satyarthi, ce qui fait d’elle la plus jeune lauréate de l’histoire de ce pays.

 

 

détail artistique de  l’oeuvre  (oeil  droit)

OLYMPUS DIGITAL CAMERAOLYMPUS DIGITAL CAMERA

LA VILLE DE SAINT-ESPRIT (97270) REND HOMMAGE à Aimé CESAIRE

THEATRE créole à PARIS

Une représentation de « Bòdlanmou pa lwen » est programmée le samedi 7 avril, à 20h30, au Théâtre de l’Epée de Bois (La Cartoucherie, route du Champs de manœuvre 75012 Paris. Métro: Château de Vincennes – Bus: 112), dans le cadre du festival Tempo Karayib organisé par l’association Eritaj. Venez nombreux!
Réservations : grandcarbet.cie@gmail.com

Sur scène, Gérard et Léna, un homme et une femme qui s’observent, se désirent, se rapprochent et s’aiment éperdument, jusqu’à ce que la flamme de leur passion vacille… « Bòdlanmou pa lwen » est un long poème à deux voix, l’histoire d’un amour volcanique, qui mêle les mots, la vidéo, la musique et la danse. C’est un regard sur le couple, sur la difficulté de dialoguer et construire ensemble. Un thème universel, ancré dans la culture et la langue créoles.

Les non-créolophones sont conviés, le texte est surtitré en français. Kanta séla ki ka konprann kréyòl, pa menm palé!

« Bòdlanmou pa lwen » a été récompensée aux concours d’écriture théâtrales Textes En Paroles et Etc Caraïbe. Il a été, en 2007, le premier texte en langue créole présenté à la Comédie française.

– Auteur, metteur en scène : Franck SALIN alias FRANKITO
– Comédiens : Christian JULIEN, Irène BICEP alias LAYKO, et la participation d’Igo DRANE
– Scénographe: SOYLÉ
– Chorégraphie : Max DIAKOK
– Musique : Franck NICOLAS
– Musiciens : Franck NICOLAS, Jony LEROND
– Régie lumières : Jean-Pierre NEPOST
– Vidéo: Wally FALL
– Production : Compagnie du Grand Carbet

L’image contient peut-être : 2 personnes, texte
 NB . rendez-vous, à Paris, les 27, 28, 29 et 30 avril à l’Auguste Théâtre (6 impasse Lamier, 75011 Paris. Métro : Philippe Auguste – ligne 2). Les représentations auront lieu les vendredi, samedi, lundi, à 20h30, et le dimanche à 16h30.

Réservations :
Tel : 0143672047 – Email : grandcarbet.cie@gmail.com – Site:http://augustetheatre.com/bodlanmou-pa-lwen

Vente en ligne:
http://www.billetreduc.com/183269/evt.htm

Le samedi 19 mai, à 20h, une représentation est organisée à l’Espace Caravelle (10 Rue Winston Churchill, 77100, Meaux), en Seine-et-Marne.

FESTIVAL « AFRIQUE EN MARCHE »

Festival-L-Afrique-en-marche-Vincennes

du 7 au 14 avril 2018

Festival L’Afrique en marche à Vincennes, une Afrique positive et dynamique

Dans la ville de Vincennes (94)


Depuis 10 ans, avec  » Afrique en marche « , l’Afrique a rendez-vous avec Vincennes. 

L’Afrique, tout le monde en a une idée, mais la connaît-on vraiment ? Et surtout, de quelle Afrique parle-t-on ? Celle des guerres, des famines, de la pauvreté, des migrants, est déjà ultra présente dans les médias.

Mais pourquoi ne pas parler aussi de l’autre Afrique ? Celle de la croissance qui décolle, des classes moyennes qui s’installent, de la musique qui se répand partout, de la littérature qui foisonne ? Il existe à l’évidence une Afrique de la création, de la richesse économique et culturelle, de l’élan vers l’avenir. En un mot, une Afrique en marche.

C’est donc l’ambition de notre festival, depuis dix ans, de mettre en contact le public avec cette autre réalité de l’Afrique, par quelques témoignages sensibles, choisis pour marquer les esprits et rester dans les mémoires.

Cette année en avril, il y aura beaucoup de temps forts : un concert de Bonga, un plateau d’écrivains magnifiques, une rencontre de poésie, une soirée avec des entrepreneurs, des films marquants, des défilés de mode, des expositions, un grand marché d’artisanat, et des spectacles spécialement conçus pour les scolaires.

En quelques jours, ce ne seront quelques instants, volés à l’ignorance ou à l’indifférence. Mais s’ils donnent le goût et le désir de mieux connaître l’Afrique, où continue de se jouer une partie de notre destin de Français et d’Européens, ce festival aura rempli son office.

Au programme : 

MUSIQUE

Bonga en concert – 11 avril à 20h30
Retrouvez le célèbre chanteur Bonga, figure de proue de la musique angolaise, en concert le mercredi 11 avril à 20h30 à l’Espace George Pompidou.

RENCONTRES LITTERAIRES

Conférence littéraire – 13 avril à 20h30
Venez partager un grand moment de littérature avec 4 grands auteurs : Abdelaziz Baraka Sakin, Véronique Tadjo, Thierry Cruvelier et Kossi Efoui le vendredi 13 avril à 20h30 à l’auditorium de Coeur de Ville.

​Cette soirée est organisée en partenariat avec la librairie Millepages à Vincennes.

La poésie africaine à l’honneur – 7 avril à 11h
Pour une véritable rencontre autour de la poésie africaine, rendez-vous le samedi 7 avril à 11h00 à la Salle des Académiciens de Cœur de Ville. Ce sera l’occasion d’apprécier l’incroyable richesse de la poésie de ce continent avec Georges-Marie Lory, qui lira un florilège de poèmes extraits de l’anthologie 120 nuances d’Afrique, et avec le poète sud-africain Denis Hirson qui présentera en personne plusieurs de ses oeuvres.

Conte africain – 7 avril à 16h30
La section Jeunesse vous invite pour une heure de lecture du conte africain avec Gabriel Kinsa (conteur aux multiples facettes) : Contes Kongo. De 16h30 à 17h30 à la salle Robert Louis.

CONFERENCES-DEBAT

Soirée « Entreprendre en Afrique » – 12 avril à 19h30
La soirée « Entreprendre en Afrique » vise à faire découvrir le dynamisme de l’écosystème des startups du continent africain. Nous parlerons des tendances actuelles, des problématiques rencontrées par les entrepreneurs, des structures de financement et d’accompagnement des entrepreneurs, et présenterons des cas concrets de startups africaines. Rendez-vous le 12 avril à 19h30 à l’Hôtel de ville de Vincennes.

Conférence Au cœur des savoirs : « La croissance africaine est-elle véritablement en marche ? » – Jeudi 12 avril à 14h30
La croissance des économies africaines a connu une reprise dans le courant des années 2000, et la perspective de l’émergence du continent est souvent considérée dans les médias comme annonciatrice d’une nouvelle ère économique internationale. Pourtant, même dans des pays souffrant actuellement de difficultés économiques ou sécuritaires majeures, les régimes politiques se présentent comme les artisans de l’émergence de leur économie.

Que penser de ces récits sur la croissance du continent, qui renvoient à la fois à une transformation économique et sociale effectivement en cours, et à des discours de légitimation creux et irréalistes véhiculés par des pouvoirs en recherche de stratégies de maintien au pouvoir ? Rendez-vous le jeudi 12 avril à Coeur de Ville dans la Salle Robert-Louis à 14h30.

ARTISANAT

Le marché Africain – 7 avril toute la journée
Le parvis de l’Hôtel de ville de Vincennes sera animé par un marché africain le samedi 7 avril de 9h à 19h. Des créateurs, des artisans et des traiteurs proposeront leurs produits toute la journée du samedi. Cet après-midi sera également rythmé par des concerts, des défilés de mode ainsi que des animations pour les enfants.

Venez donc danser sur le son du djembé, boire un verre de bissap, déguster un mafé, ou bien colorer votre maison et votre garde-robe !

SPECTACLE

Chrysogone – 14 avril à 17h
Danseur, chorégraphe et directeur artistique, Chrysogone Diangouaya est originaire du Congo-Brazzaville. Le spectacle “Tina, Tina” mélange tradition orale, danse et théâtre. Il s’inspire du folklore congolais, malgache mais aussi rwandais, camerounais et sud-africain. En outre le spectacle associe la vidéo et le dessin animé, qui permettent d’élargir le champ de l’expression artistique et d’enrichir la perception du public.

Au théâtre de l’Espace Sorano, le samedi 14 avril à 17h00.

CINEMA

Projection du film « Tant qu’on vit » – 10 avril à 20H30 au cinéma Le Vincennes

Tant-qu-on-vit-de-Dani-Kouyate

Amateurs de cinéma, venez assister à la projection du film « Tant qu’on vit » du réalisateur Dani Kouyaté suivi d’un débat animé par Michel Amarger, journaliste , critique de cinéma, spécialiste de cinéma africain.

EXPOSITIONS

IBABA, tel est le nom de l’exposition photo de Marie Moroni. Découvrez les portraits de femmes rwandaises que l’artiste a rencontrées dans leur atelier de broderie, dans un petit village au nord de Kigali. Une exposition sur tout le long du festival à Coeur de Ville.

Les portraits d’enfants sénégalais d’Yves Barou seront exposés sur la place Pierre Sémard, à proximité du RER de Vincennes du 29 mars au 1er mai.

Découvrez les aquarelles de Jean-Jacques Etheve et les bronzes du Burkina dans le Hall d’exposition de l’Espace Sorano du 27 mars au 20 avril.

Plus d’infos : www.afriqueenmarche.fr

Meilleurs voeux pour 2018/best wishes for 2018

JOSEPH SARDA GARRIGA , libérateur de la REUNION

Comme chaque année, le 20 décembre prochain, La Réunion célèbre l’abolition de l’esclavage. L’occasion de revenir sur l’histoire de Sarda Garriga, le libérateur des 63 000 esclaves de la Réunion. Un portrait de 1998 diffusé sur RFO retrace son parcours de La Réunion à la Guyane.

© DR
  • La1ère.fr / Réunion 1ère
  • Publié le 
Il est décédé en 1877. 140 ans plus tard, Joseph Sarda Garriga  reste l’homme qui a libéré plus de 60 000 esclaves à La Réunion. Son portrait diffusé en 1998 sur RFO :

Portrait de Sarda Garriga

Arrivée à La Réunion

En 1848, Victor Schoelcher, membre du gouvernement provisoire, nomme ce receveur des finances, commissaire général de la République à La Réunion. Arrivé dans l’île le 13 octobre 1848, Sarda Garriga doit faire appliquer le décret d’abolition de l’esclavage.

L’Assemblée des propriétaires du Nord de l’île lui demande de reporter l’application du décret à la fin de la campagne sucrière. Sarda Garriga refuse et promulgue le décret d’abolition le 18 octobre.

L’abolition

Dans les mois qui suivent, Joseph Sarda Garriga parcoure l’île pour rassurer maîtres et esclaves. Il exhorte la population au calme et au travail. Le 20 décembre, il mène à bien sa mission en décrétant l’abolition.

Ci-dessous la déclaration de Sarda Garriga faite aux travailleurs le 20 décembre 1848 :

© DR
© DR

Son parcours

En 1849, Sarda Garriga sera révoqué par Louis Napoléon Bonaparte. En 1852, il prend de nouvelles fonctions en Guyane. Onze ans plus tard, il s’installe dans l’Eure à Mesnil-sur-l’Estrée où il possède le prieuré d’Heudreville. Né en 1808 dans les Pyrénées-Orientales, ce fils de berger, défenseur des droits de l’homme depuis l’âge de 20 ans, décède en 1877. Sarda Garriga est mort à l’âge de 69 ans. Il a été enterré à Mesnil-sur-l’Estrée en 1877.

© D.R
© D.R

CANTIQUES DE NOEL

Allez mon voisin – Page 2
Allons-y donc – Page 4
Dans le calme – Page 6
Douce Nuit/ Mi bel lan nuit – Page 9
Il est né le divin enfant – Page 10
Joseph mon cher fidèle – Page 11
Alléluia – Page 15
Les anges dans nos campagnes – Page 17
L’heureux moment – Page 18
Michaud veillait – Page 19
Naissez – Page 21
Ô Nwel ô – Page 23
Oh la bonne nouvelle – Page 24
Petit papa noël – Page 25
Pour un maudit péché – Page 26
Quand Dieu naquit à noël – Page 28
Quand Jésus naquit – Page 30
Satan crève – Page 31
Souvenez-vous en – Page 32
Un enfant vient de naître – Page 34
Voisin – Page 37

2 ALLEZ MON VOISIN

Promptement levez-vous
Mon voisin,
Le Sauveur de la terre,
Est, enfin parmi nous
Mon voisin
Envoyé de son père
Mon voisin.
Allez mon voisin, allez (bis)
Allez mon voisin, à la crèche
Mon voisin.
Allez mon voisin, allez (bis)
Allez mon voisin, à la crèche
Mon voisin.
Veillant sur mon troupeau
Mon voisin,
Autour de ce village,
J’entends un air nouveau
Mon voisin,
Et du plus doux langage
Allez mon voisin, etc.
Rempli d’étonnement
Mon voisin,
Je laisse ma houlette,
Pour voir le Dieu naissant,
Mon voisin,
Qu’annonçait le prophète,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Dans 1’admiration
Mon voisin,
Entrant dedans l’étable,
J’adore ce poupon,
Mon voisin,
Mais Jésus ineffable,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Après quelques moments,
Mon voisin,
Ayant fait ma prière,
Je porte mes présents,
Mon voisin,
A l’enfant à la Mère,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Je ne suis point trompeur
3 Mon voisin

Les choses sont certaines.
Notre divin Sauveur,
Mon voisin,
Finit toutes nos peines,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Mon Dieu manque de tout
Mon voisin
Portez-lui quelque chose.
S’il souffre c’est pour nous
Mon voisin
Nous en sommes la cause
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Choisissez le meilleur,
Mon voisin,
De votre bergerie.
Donnez-le de bon cœur,
Mon voisin.
A Joseph et Marie
Mon voisin.
Allez mon voisin. etc.
L’enfer est confondu
Mon voisin,
Le ciel a la victoire.
Du messie attendu,
Mon voisin,
Chantons, chantons la gloire,
Mon voisin.
Allez, mon voisin, à la crèche !
Mon voisin
Allez, mon voisin, à la crèche !
Ritournelle
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka monté môn an mazincoin pa oublié
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka monté môn an ti rhum lan pa oublié
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka viré desann ti kraz la pa oublié
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka viré monté mazincoin pa oublié

4 Allons-y donc

Deux bergers s’entrent disant :
Courons adorer l’enfant,
Qui vient de naître vraiment
Pour finir notre misère
Allons-y donc, mon compère
Allons-y donc gaiement.
Courons adorer l’enfant,
Allons-y donc gaiement,
C’est le dieu du firmament
Le créateur de la terre
Allons-y donc, etc.
C’est le Dieu du firmament
Allons-y donc gaiement,
Portons-lui quelque présent
Afin qu’il nous soit prospère,
Allons-y donc, etc.
Portons-lui quelques présents
Allons-y donc gaiement,
Et faisons-lui compliment
Nous ferions mal de nous taire.
Allons-y donc, etc.
Et faisons-lui compliment
Allons-y donc gaiement,
Sur son saint avènement
Qui nous est si salutaire.
Allons-y donc, etc.
Sur son saint avènement
Allons-y donc gaiement,
Lui demander humblement
D’un cœur droit, pur et sincère.
Allons-y donc, etc.
Lui demander humblement
Allons-y donc gaiement,
Un parfait amendement
Du mal qu’on a pu lui faire.
Allons-y donc, etc.
Un parfait amendement
Allons-y donc gaiement,
Il est doux, il est clément,

5 Il est bon et débonnaire

Allons-y donc. etc.
Il est doux, il est clément
Allons-y donc gaiement,
Il nous aime tendrement
Puisqu’il s’est fait notre frère.
Allons-y donc, etc.
Il nous aime tendrement
Allons-y donc gaiement,
Pour réussir sûrement
Adressons-nous à sa Mère.
Allons-y donc, etc.
Pour réussir sûrement
Allons-y donc gaiement
Promettons-lui fermement
De l’aimer comme un bon Père.
Allons-y donc, mon compère
Allons-y donc gaiement,
Refrain Autre:
Allons-y donc z’y z’y mon compère
Allons-y donc gaiement
Ritournelle
3 fois 20 patché karot, sé 30 pou mawen 30 pou sousou mwen
oguitch ich mwen édé ma tant ou mwen kay pôté dé ti patat ba’w
mwen té ka désann an vil, la riviè blanch baré mwen
si sé té misié sébastien lariviè a té ké néyé mwen

6 Dans le calme

Dans le calme de la nuit, (bis)
S’est entendu un grand bruit
Une voix
Plusieurs fois
Plus angélique qu’humaine
Une voix
Plusieurs fois
Rendait gloire au Roi des Rois.
Je n’entendais qu’à demi, (bis)
Car j’étais tout endormi,
Cependant
Ce doux chant
M’a fait ouvrir les oreilles
Cependant
Ce doux chant
M’a fait lever promptement.
Plus en plus je m’approchais (bis)
Et mieux en mieux j’entendais
Ravissant
Je n’ai ouï voix pareille
Oh ! le chant
Ravissant !
M’écriai-je hautement.
J’ai couru dans le hameau, (bis)
Tête nue et sans chapeau ;
Tout dormait
Et ronflait
Dans un repos bien tranquille
Tout dormait
Et ronflait
Et personne ne m’entendait.
Sus, levez-vous, compagnons,
L’autre nuit nous dormirons,
Dépêchez
Et sortez
Venez avec moi entendre
Dépêchez
Et sortez
Et tous ravis vous serez.
Aussitôt fait comme on dit

7 Et les grands et les petits

Me suivant
En sortant
Ils ont ouï la musique
Me suivant
En sortant
Ils admirent ce beau chant.
L’ange qui si bien chantait,
Clairement nous instruisait :
Cette nuit
A minuit
Est né le Sauveur des hommes
Cette nuit
A minuit
Sur le foin il est réduit.
Allons voir ce bel enfant
Pasteurs, dit-il, promptement.
Sans douter
Ni errer
Croyons à cette nouvelle
Sans douter
Ni errer
Allons vite l’adorer.
De cet oracle divin
Ayant appris le chemin
Le suivant
Promptement
Avons trouvé le messie
Le suivant
Promptement
Avons adorer l’enfant.
Il était ce beau poupon
En pitoyable façon,
De grand froid
Il tremblait
A peine avait-il des langes
De grand froid
Il tremblait
Sa pauvre mère en pleurait.
Ritournelle

8 An vandredi apré midi

Man té couché an ka kabann mwen
Ti sè mwen an ka krié mwen
I ka di mwen difé ki pri
Lè mwen soti alé gadé
Pou mwen pé wè sa ka pasé
Lè mwen rivé tibren pi lwenLa persepsyon té ka brilé
Mwen krié Marin
Marin pa ka répon’n
Krié fransoi i di y pa ka vini
Rivièr Pilot tout tuyotri’y bouché
Si sé pa té comenne Voklen
Tout St Espri té ké’y brilé
La joi de viv sé an ti sosiété
Ké nou formé i pa ni bien lontan
Nou ka bouè rum sé pou nou anmizé
Si nou boulé nou boulé
Si nou tchimbé nou tchimbé
La joie de vivre, la joie de vivre (bis)
La joie de vivre, la joie de boire
La joie de boire, la joie de boulé
La joie de boulé, de roulé à tè
De roulé à tè, trin nin tou patou
Trin nin tou patou, tonbé an kan’nal
Y a pas comme nous (bis)
S’il y en a, …………….
Petit papa noël…

9 Douce Nuit

Douce nuit, Sainte nuit !
Tout s’endort au dehors
Marie et Joseph veillent
Sur l’Enfant qui sommeille
Au ciel l’astre reluit (bis)
Douce nuit, Sainte nuit !
Quel bonheur dans les cœurs
Quand les bergers entendent
Les Saints Anges qui chantent
Il est né le Sauveur (bis)
Douce nuit, Sainte nuit !
Jetez-vous à genoux
Bergers, c’est le Messie
Jésus, né de Marie
Dieu fait homme pour nous (bis)
Mi bel lan nuit
Mi bel lan nuit, fout’ ça jolie
Tout’ moune ja ka dômi.
Marie épi Joseph ka veillé
Assou Jésus qui ka sommeillé,
Dans ciel la ni z’étoiles chè,
Ni z’étoiles qui ka clairé.
Mi bel lan nuit, fout’ ça jolie,
Mi bonheu pou nous tout’
A minuit an pauvr’ gadien moutons
Ka ten-ne plusieu voix qui ka chanté
Mammaille la nous sauvé
Pass Jésus né jôdi-à
Mi bel lan nuit, fout’ ça jolie
An nous tout’ bô l’église,
Adoré ti Jésus qui couché,
Bras-ï en l’ai, i envi nous quimbé-ï
Nous ké prend-ï dans cœu nous,
Nous ké gadé-ï pou toujou.
10 Il est né le Divin Enfant

Il est né le Divin Enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le Divin Enfant
Chantons tous son avènement.
Depuis plus de quatre mille ans
Nous le promettaient les prophètes
Depuis plus de quatre mille ans
Nous attendions cet heureux temps
Ah! qu’il est beau, qu’il est charmant
Ah ! que ces grâce sont parfaites
Ah! qu’il est beau, qu’il est charmant
Qu’il est doux ce Divin Enfant.
Une étable est son logement
Un peu de paille est sa couchette
Une étable est son logement
Pour un Dieu quel abaissement !
Il vient en faire la conquête
Il veut nos cœurs, il les attend
Qu’ils soient à lui dès ce moment.
Oh ! bergers, venez promptement,
Près de lui votre place est prête.
Oh ! bergers, venez promptement,
Il aime votre empressement.
Partez, ô Rois de l’Orient
Venez-vous unir à nos fêtes.
Partez, ô Rois de l’Orient
Venez adorez cet enfant.
Ô Jésus, ô Roi tout-puissant !
Tout petit Enfant que vous êtes,
Ô Jésus, ô Roi tout-puissant !
Régnez sur nous entièrement.
11 Joseph mon cher fidèle

Joseph mon cher fidèle,
Cherchons un logement
Le temps presse et m’appelle
A mon accouchement
Je sens le fruit de vie
Ce cher enfant des Cieux
Qui d’une sainte vie
Va paraître à nos yeux.
Joseph
Dans ce triste équipage,
Marie allons chercher
Par tout le voisinage,
Un endroit pour loger
Ouvrez voisin la porte
Ayez compassion
D’une vierge qui porte
Votre rédemption.
Les voisins de Bethléem
Dans toute la bourgade
On craint trop les dangers
Pour donner la passade
A des gens étrangers
Au logis de la lune
Vous n’avez qu’à loger
Le chef de la commune
Pourrait bien se venger.
Marie
Ah ! changez de langage
Peuple de Bethléem !
Dieu vient chez vous pour gage
Hélas ! ne craignez rien
Mettez-vous aux fenêtres
Ecoutez ce destin
Votre Dieu votre Maître
Va sortir de mon sein.
Les voisins de Bethléem
C’est quelque stratagème
On peut faire la nuit
Quelque tour de Bohême
Quand le soleil ne luit,

12 Sans voir ni éclair ni lune

Les méchants font leurs coups
Gardez votre infortune
Passants retirez-vous.
Joseph
O ciel ! quelle aventure,
Sans trouver un endroit
Dans ce temps de froidure
Pour coucher sous un toit ;
Créature barbare
Ta rigueur te fait tort,
Ton cœur déjà s’égare
En ne plaignant mon sort.
Marie
Puisque la nuit s’approche
Pour nous mettre à couvert
Ah ! fuyons ce reproche
J’aperçois un désert
Une vieille cabane
Allons mon cher époux
J’entends le bœuf et l’âne
Qui nous serons plus doux.
Joseph
Que ferons nous Marie
Dans un si méchant lieu
Pour conserver la vie
Au petit enfant-Dieu
Le monarque des anges
Naîtra dans un bercail
Sans feu, sans drap, sans langes
Et sans Palais Royal.
Marie
Le ciel je vous assure
Pourra nous secourir
Je porte bon augure
Sans craindre de périr
J’entends déjà les anges
Qui font d’un ton joyeux
Retentir les louanges
Sous la voûte des cieux.

13 Joseph

Trop heureuse retraite
Plus noble mille fois
Plus riche et plus parfaite
Que le Louvre des Rois !
Logeant un Dieu fait homme
L’auteur du Paradis
Que le prophète nomme
Le Messie promis.
Marie
J’entends le coq qui chante,
C’est l’heure de Minuit
O ciel ! un Dieu m’enchante
Je vois mon sacré fruit ;
Je pâme, je meurs d’aise
Venez mon bien-aimé
Que je vous serre et baise
Mon cœur est tout charmé.
Joseph
Vers Joseph votre père
Nourrisson plein d’appas,
Du sein de votre mère
Venez entre mes bras,
Ah ! que je vous caresse
Victime des pécheurs
Mêlons, mêlons sans cesse
Nos soupirs et nos pleurs.
Ritournelle
Man lé’y dou (bis)
Man lé’y dou manmay la
Man lé’y dou (bis)
Man lé’y dou manmay la
Man lé’y dou (bis)
Man lé’y dou manmay la
Si ‘w pa ka ba mwen sa dou
Pa kryé mwen ti roro
Ya pas d’meilleur noël
Que le noël de chez nous
Pa ni pli bon nwèl
Ki nwèl la kay’ nou
Tanbou ka palé
tobodobodo
14
Ti-bwa ka frapé
Yo pa lé kouté
Chacha ka soukoué
….
Rum lan ka dévidé
Ohoh
Man tan’n an chanté kantik
ka woulé
Sé la ki ni ritounèl
ka tonbé

15 Alléluia

Chantons les louanges
D’un Dieu plein d’amour
Imitons les anges
Dans un si beau jour,
Melons nos trompettes
Avec leurs hautbois,
Et dans nos retraites,
Disons mille fois :
Alléluia ! alléluia !
Kyrie Christe ! kyrie eleison !
Jésus vient de naître
Pour nous rendre heureux,
Il fait disparaître
Tous nos soins fâcheux.
Nos plaintes finissent
Nous sortons des fers,
Les airs retentissent
Alléluia, etc.
Que chacun s’assemble
Dans Ces lieux charmants
Montrons tous ensemble
Notre empressement.
Que l’écho fidèle
Du fond de nos bois
Voyant notre zèle
Réponde à nos voix.
Alléluia, etc.
Que tout soit sensible
A notre bonheur
Que l’hiver terrible
Calme sa rigueur.
Que tous nos bocages
Nos prés, nos vallons,
Bravent les ravages
Des fiers aquilons
Alléluia, etc.
Paisibles fontaines,
Tranquilles ruisseaux,
Faites sur les plaines,
Serpenter vos eaux.
16 Que ce doux murmure,

Echo du printemps,
Rende la verdure
Et les fleurs aux champs.
Alléluia, etc.
Pourquoi tant attendre
Aimables oiseaux,
De nous faire entendre
Vos concerts nouveaux ?
De vos saints hommages
Devenez jaloux
Et dans vos ramages,
Dites avec nous :
Alléluia, etc.
Brebis innocentes
Et vous chers moutons,
Sur les fleurs naissantes
Faites mille bonds.
Trop heureux troupeau,
Il te vient de naître,
Un pasteur nouveau.
Alléluia, etc.
Oh ! quelle allégresse
Règne en ces bas lieux
Chacun s’intéresse
Dans ces champs joyeux.
A peine on voit luire
Ce jour fortuné
Que tout semble dire :
Le sauveur est né !
Alléluia ! alléluia !
Kyrie Christe ! kyrie eleison !

17 Les Anges dans nos campagnes

Les anges dans nos campagnes
Ont entonné 1’hymne des cieux ;
Et l’écho de nos montagnes
Redit ces chants mélodieux :
Gloria iu excelsis Déo (bis)
Bergers pour qui cette fête ?
Quel est l’objet de tous ces chants ?
Quel vainqueur, quelle conquête
Mérite ces chants triomphants ?
Gloria in excelsis Déo (bis)
Ils annoncent la naissance
Du Saint Rédempteur d’Israël
Et plein de reconnaissance
Chantent en ce jour solennel :
Gloria in excelsis Déo (bis)
Allons tous de compagnie
Sous l’humble toit qu’il s’est choisi
Voir l’adorable Messie,
Auquel nous chanterons aussi :
Gloria in excelsis Déo (bis)
Tous dociles à leur exemple
Seigneur, nous viendrons désormais
Au milieu de votre temple
Dire en publiant vos bienfaits :
Gloria in excelsis Déo (bis)
Ritournelle
Et l’écho, et l’écho (bis)
Et l’écho de nos montagnes
Redit ces chants, redit ces chants (bis)
Mélodieux, mélodieux
Redit ces chants mélodieux

18 L’heureux moment

Il s’approche l’heureux moment
Qui doit finir notre misère
Il va venir l’auguste Enfant
Qui donne la paix à la terre (bis)
Tournons vers lui (bis) tous nos soupirs
Appelons-le par nos désirs (bis)
O nations, consolez-vous
De vos souhaits l’objet aimable
Vient enfin répandre sur nous
Les dons de son cœur ineffable (bis)
Tournons vers lui (bis) tous nos soupirs
Appelons-le par nos désirs (bis)
Paraissez, ô divin Enfant
Pour nous à jamais désirable
L’univers entier vous attend.
Montrez votre face adorable, (bis)
Ah ! rendez-vous (bis) à nos soupirs
Venez combler tous nos désirs. (bis)
Daignez choisir votre palais.
Dans nos cœurs remplis de tendresse
Pour vous dès longtemps, ils sont prêts
Venez notre amour vous empresse (bis)
Ah! rendez-vous (bis) à nos soupirs
Venez combler tous nos désirs. (bis)
Ritournelle
Katrine pikan, diab’la déyè nou
Chandelle brilé, voyé dlo monté (bis)
Ablo blo blo blo blo (ter)
Lanné tala pa lanné pasé
Ou kay’y pasé bô la kuisin-ka
Ou kay’y trouvé dé môso ban-nann
Ou kay’y trouvé môso lanmori
Si-i pa asé, ou-a bouè bouillon-a (bis)

19 Michaud veillait

Michaud veillait (bis)
La nuit dans sa chaumière,
Près du hameau
En gardant son troupeau;
Le ciel brillait
D’une vive lumière,
Il se mit à chanter
Je vois (ter)
L’étoile du berger.
Au bruit qu’il fit,
Les pasteurs de Judée
Tout en sursaut
Vinrent retrouver Michaud,
Auxquels il dit :
La vierge est accouchée
Sur l’heure de minuit:
Voilà (ter)
Ce que l’ange a prédit
Un pauvre toit
Servait de couverture
A la maison
De ce Roi de Sion ;
Le vent sifflait
D’une horrible froidure
Au milieu de l’hiver
Il vient (ter)
Pour nous tirer des fers.
Sa Mère était
Assise près de la crèche ;
L’âne mangeait
Le bœuf les réchauffait;
Joseph priait
Sans chandelle ni mèche,
Dans ce triste appareil,
Jésus (ter)
Brillait comme un soleil.
Fasse, Seigneur,
Que notre sainte enfance
Nous place au cieux

20 Parmi les bienheureux !

Ah ! Quel bonheur
Si dans votre souffrance,
Nous pouvons mériter
Un bien (ter)
Que l’on ne peut ôter.
Ritournelle
Mwen dan l’église, man ka gadé
Misié ka gadé mwen
Mwen la savann man ka gadé
Misié ka gadé mwen
Mwen au marché mwen ka gadé
Misié ka gadé mwen
Alé misié, aléa lé lavé fidji fiyèl fan-m ou (bis)
Perinèl o ! mawen lé bonbé o !
Mwen lé bonbé pays a pa bon pou mwen chè (bis)
Pa dot ki konpè michaud
Ki di saint Joseph pa papa bondiéPa dot ki konpè michaud
Pa dot ki konpè michaud
Ki di parol la pou fè nou la pèn
Piman ou a ba mwen piman
Ah citron ou a ba mwen citron
A kay misié henri tô kolibri kasé kanari (bis)
Eti ou janmen wè sa (ter) kolibri kasé kanari (bis)
Mwen la jol mwen pa sa dôli
Mwen lé manjé mwen pasa manjé
Mwen lé bwè mwen pasa bwè tèlman pawol la ka fè mwen lapèn
Moun an (bis) moun na kif è la jol la (bis)
Moun oui moun an, moun moun an kif è la jol la
Moun tala kif è la jol la kè ni an pènn poté ba bondié (bis)
A pa dot (ter) ki konpè Michaud (ter)
A pa dot ki konpè michaud ki ki saint joseph pa papa bondié
A pa dot ki konpè michaud ki di parol la pou fè nou la pèn

 

21 Naissez

Naissez l’amour vous y convie,
Naissez pour changer nos destins.
(bis)
Grand Emmanuel, divin fils de Marie,
Venez réparer les pertes des humains,
Naissez l’amour vous y convie,
Naissez pour changer nos destins.
Le ciel est sensible à nos larmes
Le ciel nous accorde un sauveur.
La charmante paix succède à nos alarmes
Le jour fortuné comble notre bonheur
Le ciel est sensible à nos larmes
Le ciel nous accorde un sauveur.
Il naît ce messie adorable
Il naît ce grand Dieu fait enfant.
Peut-il ô mortels, se rendre plus aimable
Pour nous racheter, il se livre en naissant.
Il naît ce messie adorable
Il naît ce grand Dieu fait enfant.
Pour nous, jusqu’à nous il s’abaisse
Pour nous il s‘immole aujourd’hui.
Chantons à jamais l’excès de sa tendresse
Et que tous les cœurs brûlent d’amour pour lui
Pour nous, jusqu’à nous il s’abaisse
Pour nous il s’immole aujourd’hui.
Ritournelle
Version 1
sé pa lanmou ka kondui mwen
sé mwen ka kondui lanmou mwen (bis)
Jenn jan paf è bagaï konsa
palésé lanmou condui zot bis)
Version 2
Henriette man Zakari mété man gason dérô (ter)
Minui ja ka sonnen i lè pou li rantré
Rhum blanc-an mwen paka bwè li encô (ter)
22
Mwen paka bwè li ancô pas i ka brilé gôj mwen
Version 3
adèl voyé dlo, voyé dlo
Paedan manman pa la : voyé dlo
Pandan papa pala : voyé dlo
Padan ti frè pa la : voyé dlo
Gôj mwen ka brilé mwen : voyé dlo

 

22 Oh !La Bonne Nouvelle
Oh! la bonne nouvelle
Qu’on vient nous annoncer
Une Mère est Vierge
Un Sauveur nous est né.
Bon, bon, bon, accourons-y vite,
Bon, bon, bon, accourons-y donc.
Tous les bergers en fête
Ont quitté leurs troupeaux,
Chantant des chansonnettes
Dessus leurs chalumeaux.
Bon, bon, bon, etc.
Pour Joseph qui admire
Ce prodige nouveau,
Il ne peut que nous dire :
Voyez comme il est beau !
Nous verrons cette Mère
Belle comme le jour,
Qui sur son sein le serre
Dans des transports d’amour.
Bon, bon, bon, etc.
Soyons de la partie,
Allons rendre nos vœux
Au beau fils de Marie
Qui est le Roi des Cieux.
Bon, bon, bon, etc.

23 Petit Papa Noël

C’est la belle nuit de Noël
La neige étend son manteau blanc
Et les yeux levés vers le ciel,
A genoux, les petits enfants,
Avant de fermer les paupières,
Font une dernière prière.
{Refrain:}
Petit Papa Noël
Quand tu descendras du ciel
Avec des jouets par milliers
N’oublie pas mon petit soulier
Mais, avant de partir,
Il faudra bien te couvrir
Dehors tu vas avoir si froid
C’est un peu à cause de moi
Il me tarde tant que le jour se lève
Pour voir si tu m’as apporté
Tous les beaux joujoux que je vois en rêve
Et que je t’ai commandés
Le marchand de sable est passé
Les enfants vont faire dodo
Et tu vas pouvoir commencer
Avec ta hotte sur le dos
Au son des cloches des églises
Ta distribution de surprises
{Refrain}
Petit Papa Noël
Quand tu descendras du ciel
Avec des jouets par milliers
N’oublie pas mon petit soulier
Mais, avant de partir,
Il faudra bien te couvrir
Dehors tu vas avoir si froid
C’est un peu à cause de moi
Et quand tu seras sur ton beau nuage
Viens d’abord sur notre maison
Je n’ai pas été tout le jour très sage
Mais j’en demande pardon
26
Pour un maudit péché
Pour un maudit péché
L’auteur de la nature
Pour un maudit péché
Jésus-Christ est couché
Tout nu dessus la dure
Ah! qu’il me fait pitié
Dedans une masure
Caché!
Ce petit Dieu d’amour
Se charge de nos peines
Ce petit Dieu d’amour
Vient nous donner le jour
Et soulager nos chaînes
Ayons donc du retour
Pour un Dieu qui nous aime
Toujours !
Il naît dans le recoin
Du débris d’une étable,
Il naît dans le recoin
Sur la paille et le foin,
Sa bonté charitable
Le réduit à ce point
Qu’il veut ce fils aimable
Nos soins.
Il n’a pas de berceau,
Le poupon de Marie,
Il n’a pas de berceau,
Cet innocent agneau.
Il commence une vie
Entre deux animaux,
Languissante et suivie
De maux.
Trois Mages d’Orient
Apprenant la nouvelle
Trois Mages d’Orient
Ont porté leurs présents
L’un lui offre la myrrhe,
L’un l’or, 1’autre l’encens,
(Et tous ensemble ) adorent
L’Enfant.
27
Il attache ses yeux
Dessus l’aimable face
Il attache ses yeux
En dépit des envieux
Dessus la belle glace
De ce miroir précieux,
Qui nous fait voir la grâce
Des cieux.
Il adore l’Enfant,
Puis il salue la Mère,
Il adore l’Enfant,
Qui vient donner son sang :
Il apaise son père
Que le péché d’Adam
Avait mis en colère
Longtemps.
Tous ces bergers, de peur
De ne pouvoir y être,
Tous ces bergers, de peur
De ne voir ce Sauveur,
Accourent en lui portant
Ce qu’ils ont de meilleur
Mais le premier lui laisse
Son cœur.
Les pasteurs d’alentour
Font entre eux une bande
Les pasteurs d’alentour
Viennent faire leur cour
En même temps que l’ange
Leur a dit le séjour,
Chimel sans plus attendre
Y court.
28
Quand Dieu naquit à Noël
Quand Dieu naquit à Noël
Dans la Palestine,
On vit ce jour solennel
Une joie divine.
Il n’était ni petit ni grand
Qui n’apportât son présent
Et no, no, no, no,
Et n’offrit, frit, frit,
Et no, no et frit, frit,
Et n’offrit sans cesse
Toute sa richesse (bis).
L’un apportait un agneau
Avec un grand zèle,
L’autre un peu de lait nouveau
Au fond d’une écuelle
Et sous ses pauvres habits
Cachait un peu de pain bis
Pour la, la, la, la,
Pour la sain, sain, sain,
Pour la, la, Pour la sain,
Pour la Sainte Vierge
Et Joseph concierge (bis).
Ce bon père putatif
De Jésus mon maître
Que le pasteur plus chétif
Désirait connaître,
D’un air obligeant et doux
Recevant le don de tous
Sans cé, cé, cé, cé,Sans ré, ré, ré, ré,
Sans cé cé, sans ré, ré,
Sans cérémonie,
Pour le fruit de vie(bis).
Il ne fut pas jusqu’aux rois
Du rivage maure
Qui joints au nombre de trois
Ne vinssent encore
Ces bons princes d’Orient
Offrirent en le priant
L’en, l’en, l’en, l’en
Cens, cens, cens, cens, cens,
29
L’encens et la myrrhe
Et l’or qu’on admire (bis)..
Quoi qu’il n’en eût pas besoin
Jésus notre maître
En prit avec un grand soin
Pour faire connaître
Qu’il avait les qualités
Par ces dons, représentées
D’un vrai, vrai, vrai, vrai
D’un roi, roi, roi, roi
D’un vrai, vrai, d’un roi, roi
D’un vrai roi de gloire
En qui l’on doit croire (bis)..
Plaise à ce divin enfant
Nous faire la grâce
Dans son séjour triomphant
D’avoir une place
Si nous n’y sommes jamais
Nous goûterons une paix
De lon, lon, lon, lon
De gue, gue, gue gue,
De longue durée
Dans cet empyrée (bis)..
30
Quand Jésus Naquit
Quand Jésus naquit du sein
De la vierge sa Mère
Plusieurs Anges ayant eu dessein
D’annoncer ce mystère
Tombé du ciel, tombé du ciel,
Tombé du ciel en terre.
Pour aller chercher les bergers
L’un vole, l’autre trotte
Dans les champs et dans les vergers
On les trouva par botte
Qui faisaient la, la, la, la,
Qui faisaient la ribote.
Margot porta des écus neufs,
Toinon une layette,
Et moi je lui portai trois oeufs,
Dit la grosse Pierrette,
Pour faire une o, Pour faire une o,
Pour faire une omelette.
Bien bonjour Monsieur Saint Joseph
Et la Vierge Marie,
Bien bonjour Monseigneur Jésus
Le chef-d’œuvre de la vie
Et bonjour la, la, la, la,
Bonjour la compagnie.
Ritournelle
Man ka kaliko téni dé jen ti fi afos yo fi yo pa ka janbé dalo (Bis)
Padan man kakiko pala
Sé tifi ka janbé dalo
Pandan man kaliko pala
Sé tifi a ka joué klarinèt

 

31 Un enfant vient de naître
Un enfant vient de naître
Qui commande en tous lieux
Pasteurs, il est le Maître
De la terre et des cieux
Il est dans une crèche
Ce lieu n’est pas bien loin
Sur de la paille sèche
Et sur un peu de foin.
A voir ce roi des anges,
Chacun serait trompé.
De lambeaux et de langes
Il est enveloppé.
Pour soulager sa peine
Pour adoucir ses maux,
Il se sert de l’haleine
De deux vils animaux.
Près de cette demeure
Dormaient quelques bergers,
Un ange à la même heure
D’un vol des plus légers,
Fend l’air et les réveille
Et leur dit : à l’instant
Venez voir la merveille
Que l’Univers attend.
Ayant fait son message,
Cet Ange disparut,
Pour aller au village.
Plus d’un Pasteur courut.
Ils vont droit à l’étable
Chercher le nouveau-né.
A sa vue adorable,
Chacun s’est prosterné.
Que faisiez-vous Marie,
Quand vous les voyiez tous
Laisser la bergerie
A la merci des loups ?
Vous vous disiez vous-même,
Comme à tous les chrétiens :
Que pour le bien suprême
35
On quitte tous les biens.
Ritournelle :
Zim alléluia, alléluia (bis)
Zim alléluia souris a bwè l’huile la dan lamp la
alé ma kalalou
alé man diri douUn enfant vient de naître
Un enfant vient de naître
Qui commande en tous lieux
Pasteurs, il est le Maître
De la terre et des cieux
Il est dans une crèche
Ce lieu n’est pas bien loin
Sur de la paille sèche
Et sur un peu de foin.
A voir ce roi des anges,
Chacun serait trompé.
De lambeaux et de langes
Il est enveloppé.
Pour soulager sa peine
36
Pour adoucir ses maux,
Il se sert de l’haleine
De deux vils animaux.
Près de cette demeure
Dormaient quelques bergers,
Un ange à la même heure
D’un vol des plus légers,
Fend l’air et les réveille
Et leur dit : à l’instant
Venez voir la merveille
Que l’Univers attend.
Ayant fait son message,
Cet Ange disparut,
Pour aller au village.
Plus d’un Pasteur courut.
Ils vont droit à l’étable
Chercher le nouveau-né.
A sa vue adorable,
Chacun s’est prosterné.
Que faisiez-vous Marie,
Quand vous les voyiez tous
Laisser la bergerie
A la merci des loups ?
Vous vous disiez vous-même,
Comme à tous les chrétiens :
Que pour le bien suprême
On quitte tous les biens.
krié mwen bélévan
krié mwen tèt moutonou a ba mwen la jan mwen
sé lajan mwen mwen lé
ou ba mwen lajan mwen
37
sé lajan mwen mwen ka mandé’w
Voisin
Voisin d’où venait ce grand bruit
Qui m’a réveillé cette nuit
Et tout ceux de mon voisinage !
Vraiment, j’étais bien en courroux
D’entendre par tout le village
Sus, sus bergers (bis) réveillez-vous
Sus, sus bergers (bis) réveillez-vous
Quoi donc Colin ne sais-tu pas
Qu’un Dieu vient de naître ici-bas
Qu’il est logé dans une étable ?
Qu’il n’a ni lange ni drapeau
Et dans cet état misérable
On ne peut voir (bis) rien de plus beau.
On ne peut voir (bis) rien de plus beau.
Il t’a dit voisin qu’en ses lieux
Voudrait bien s’abaisser un Dieu
Pour qui rien n’est trop magnifique
Les Anges vous l’ont fait savoir
38
Par cette charmante musique
Qui s’entendit (bis) hier au soir.
Qui s’entendit (bis) hier au soir.
Plusieurs déjà s’y sont rendus,
Quelques-uns en sont revenus,
En disant que c’est le Messie,
Que c’est l’aimable Sauveur
Qui, suivant notre prophétie
Nous doit causer (bis) tant de bonheur.
Nous doit causer (bis) tant de bonheur.
Allons donc, bergers, il est temps,
Allons lui porter nos présents
Et lui faire la révérence
Voyez comme Jeannot y va
Suivons-le tous en diligence
Et nos troupeaux (bis) laissons-les là.
Et nos troupeaux (bis) laissons-les là.
Sans plus tarder, allons donc tous,
Allons saluer à genoux
Notre Seigneur et notre Maître ;
39
Et dans cet adorable jour,
Où pour nous l’amour l’a fait naître
Allons pour lui (bis) mourir d’amour.
Allons pour lui (bis) mourir d’amour.
Après avoir fait nos présents
Avec nos petits compliments
Autour de lui tout en cadence,
Nous lui souhaiterons le bonsoir
Et lui ferons la révérence.
Adieu poupon (bis) jusqu’au revoir.
Adieu poupon (bis) jusqu’au revoir.
Ah! Colin que dis-tu donc là
Il ne faut pas faire cela:
J’aimerais mieux perdre la vie
Restons toujours dans ce saint lieu
Tenons-lui toujours compagnie,
Et ne disons (bis) jamais adieu.
Et ne disons (bis) jamais adieu.
Pour moi je suis plutôt d’avis
De retirer ce petit fils
Où j’ai préparé sur deux bancs,
Un lit en forme de couchette,
Et des linceuls (bis) qui sont tout blancs.
Et des linceuls (bis) qui sont tout blancs.
Je vais faire de mon mieux
Pour retirer en ces lieux
Jésus, Joseph et Marie,
Quand ils seront tous trois chez moi,
Ma maison sera plus jolie
Que le palais (bis) des plus grands rois.
Que le palais (bis) des plus grands rois.
Dès aujourd’hui dans ce dessein
Sans attendre jusqu’à demain
Je veux quitter ma bergerie
Et j’abandonne mon troupeau
Pour mieux garder toute ma vie
Dans ma maison (bis) ce seul agneau.
Dans ma maison (bis) ce seul agneau.

 

fin – fin – fin- fin -fin

BAL BLOMET ou BAL NEGRE La musique reprend…!

Fabrice di Falco, contre-ténor, présentera lors de deux soirées au célèbre bal parisien de la rue Blomet, un concert classique le 3 novembre, un concert jazz le 7 décembre, avant de venir à l’Atrium et à l’Artchipel en 2018. Interview.

« Je veux partager la scène du bal nègre »

Pourquoi ce concert classique au Bal de la rue Blomet, temple du jazz ?

J’ai voulu faire ce concert classique au bal nègre, parce que la musique classique et l’opéra étaient la musique du peuple ! Et le bal nègre était en son temps le bal du peuple ! Faire de l’opéra dans un endroit où le peuple a sa place, ça me plaît !

Vous privilégiez la musique religieuse, pourquoi ?

Parce que l’opéra est né avec la musique classique religieuse. Vivaldi, le prêtre roux, a écrit le « Stabat mater » pour contre-ténor et ensemble baroque. Pergolese a écrit le « Salve regina » avant de mourir à 26 ans de la tuberculose. C’est un hommage aux castrats à la chapelle Sixtine…

Avant qu’ils ne viennent à l’opéra ?

Les castrats ont vu qu’ils ne gagnaient pas d’argent avec l’église, ils sont allés chanter la musique de Haendel, à l’opéra, là où on leur proposait de vrais cachets ! Ils sont d’ailleurs vite devenus les divas. Ma deuxième partie, ce sont les divas de l’opéra baroque au bal nègre ! Je suis accompagné de l’ensemble baroque Sine qua non de Julien Leleu avec lequel je vais réenregistrer l’année prochaine mon album « Les Sauvages », mais cette fois en classique…

Vous revenez au bal de la rue Blomet le 7 décembre, avec quel répertoire ?

Je vais reprendre exactement le même programme baroque mais en version jazz avec le Di Falco quartet, celui avec lequel j’ai enregistré pour Sony « Les sauvages » en version jazz.

Vous partez ensuite en tournée avec le chanteur Raphaël, racontez-nous cette rencontre…

L’an dernier Raphaël et Gaëtan Roussel m’ont demandé d’enregistrer avec eux un titre, « Quel genre d’ami ferait ça », parce qu’il voulait faire un clin d’oeil à Klaus Nomi un peu comme l’avaient fait Freddy Mercury et Montserrat Caballe. Depuis la sortie de son album, qui s’appelle « Anticyclone », notre titre fait un joli succès, et la production de Raphaël m’a proposé de faire la fin de sa tournée et celle de l’an prochain…

Et les Antilles, c’est pour bientôt ?

Je devrai venir en 2018 présenter aussi bien l’ensemble baroque « Les Sauvages » et le « Di Falco quartet » en jazz parce que le public martiniquais m’a créé, m’a carrément conçu ! Ma mère est martiniquaise et j’ai grandi au lycée de Bellevue. Gisèle Aubéry a été mon professeur de musique ! Chaque année, grâce à Gislaine Bellance, je retourne à mon lycée, mais également dans les écoles et collèges de Guadeloupe et Martinique donner des masterclass de chant pour amener l’opéra jusqu’à eux et trouver de nouveaux talents. J’ai envie de susciter des vocations et de ramener en métropole certains contre-ténors ou sopranistes.

Vous voulez les présenter lors de la résidence que vous ferez au bal de la rue Blomet l’an prochain ?

Je présenterai des concerts classiques et de jazz, mais je ne serai pas toujours en scène. Je mettrai des musiciens et des chanteurs en valeur, certains de mes élèves mais également pas que les miens. On m’a beaucoup aidé il y a vingt ans, maintenant que j’ai 43 ans, il me revient d’aider la nouvelle génération et je veux lui faire partager la scène du bal nègre !

Vous n’avez cessé de parler du bal nègre, mais son nom est le bal Blomet…

Je trouverai extraordinaire que le bal Blomet redevienne le bal nègre car « nègre » n’est pas une insulte, c’est même le grand hommage que l’on doit à la négritude ! Aimé Césaire s’est battu pour la négritude ! Jean Genêt a écrit « Les Nègres », Michaël Levinas a écrit l’opéra « Les nègres » et ça n’a posé aucun problème. On a appelé le Chevalier de Saint-George, le nègre des lumières… Alors moi, quand je joue au bal Blomet, je dis que je joue au bal nègre !

Propos recueillis par FXG, à Paris

PYCHANALYSE DU CREOLE et de son usage.

« L’invention de la langue créole a sauvé les esclaves d’un état de déshumanisation »

Jeanne Wiltord, psychiatre  et psychanalyste

Le 28 octobre est la Journée internationale des langues et des cultures créoles. La psychiatre et psychanalyste martiniquaise Jeanne Wiltord relate son expérience auprès de ses patients et explique comment la violence de l’esclavage s’est exercée aussi sur la langue créole.

© DR
© DR
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le 
Née en Martinique, Jeanne Wiltord est docteur en psychiatrie et psychanalyste. Membre de l’Association lacanienne internationale, ses recherches portent notamment sur les questions de la langue créole aux Antilles, de l’esclavage, de la colonisation, du racisme, et des dynamiques post-coloniales. Certains de ses travaux sont disponibles ici. Interview.

D’après votre expérience, pourquoi les Antillais sont-ils si réticents utiliser le créole lors des consultations médicales en général, alors qu’ils l’utilisent très fréquemment dans la vie courante pour la plupart?
Jeanne Wiltord :
 Mon expérience de psychanalyste concerne pour la très grande majorité de mes patients, des Martiniquais non békés. Les patients que j’ai reçus m’ont beaucoup enseignée. Plusieurs éléments peuvent être évoqués dans la difficulté, qui n’est pas une réticence, à parler créole au cours d’une psychanalyse. Le premier est que parler créole au cours d’une psychanalyse peut renvoyer un adulte à la transgression d’un interdit de parler créole que ses parents lui ont énoncé au cours de son enfance. Surtout dans les milieux de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, mais pas seulement, s’entend toujours en Martinique et aussi en Guadeloupe « Mwen pa lé ou palé kréyol, ou mwen pa vlé ou palé kréyol isidan » (« je ne veux pas que tu parles créole »).
Au-delà de la diglossie sociale français-créole, il faut aussi prendre en compte qu’elle est dite « langue malélevé », ce qui est à entendre comme langue qui a des connotations sexuelles. « Parler », dans la relation de transfert que met en place une psychanalyse, mobilise des désirs inconscients inaudibles dans notre parole sociale. À partir de l’embarras, voire de l’angoisse, à utiliser le créole au cours d’une psychanalyse, j’ai pu entendre que cette angoisse venait de ce que cette langue était dite  « trop proche, trop immédiate ». Cela m’a fait interroger ce qui dans la structure même de cette langue renvoyait à ce qui ne nous est pas accessible et dont nous nous protégeons en parlant. J’en suis arrivée à une hypothèse où cette langue maintiendrait un rapport précoce et ressenti comme violent, au corps de la mère. Ne pas parler créole au cours d’une psychanalyse serait une sorte de « siyak » (« détour », en créole, ndlr) pour tenter d’esquiver l’angoisse que fait surgir une expérience qui peut s’éprouver sans que ce soit dicible dans la toute petite enfance, la proximité du corps de la mère. La psychanalyse appelle cet éprouvé indicible, jouissance (à ne pas confondre avec le plaisir).

Parler créole au cours d’une psychanalyse peut renvoyer un adulte à la transgression d’un interdit de parler créole que ses parents lui ont énoncé au cours de son enfance.

En psychiatrie ou lors d’une psychanalyse, l’usage de la langue maternelle – en l’occurrence le créole pour de nombreuses personnes – ne facilite-t-elle pas mieux la libération de la parole du malade ?
Les conditions de création de la langue créole dans la violence déstructurante de la colonisation esclavagiste l’ont marquée, telle qu’elle est parlée actuellement, de traits qui ne facilitent pas la parole dans une psychanalyse. Une remarque me paraît aussi importante. « Péla », « on ne demande pas » et bien d’autres interdits, portent sur l’usage même de la parole dans l’éducation des enfants et aussi dans les relations sociales aux Antilles. Le colloque Pawol pani koulè (la parole n’a pas de couleur, ndlr) organisé par l’Association lacanienne internationale – Antilles (en cours de publication) a été d’un apport très riche sur cette question. Ceci dit, je n’ai jamais entendu un Antillais parlant français sans qu’une oreille attentive ne puisse entendre certaines tournures du créole dans le français parlé (*sous entendu  traduction  de l’expression  créole  en  français, une forme  explicite  de   diglossie*)

Quelle est votre sentiment sur la place de la langue créole aux Antilles actuellement ?
Vous savez que les sentiments, les positions idéologiques introduisent des éléments subjectifs qui sont la cause de flambées imaginaires qui troublent la réflexion et l’analyse  des problèmes. Ce n’est donc pas à partir de mes sentiments que je réponds à vos questions. Le professeur Jean Bernabé qui a fondé le GEREC-F (Groupe d’Études et de Recherches en Espace Créolophone et Francophone, ndlr) à l’ex-université  des Antilles et de la Guyane, a participé aux séminaires de psychanalyse que nous avons organisés en Martinique. Son apport a été inestimable pour notre réflexion de psychanalyste et sa mort est pour nous une réelle perte. À l’un de nos derniers séminaires, il soulignait que la diffusion actuelle du créole dans des domaines où il n’était pas parlé auparavant s’accompagnait d’une « décréolisation » de cette langue.

La colonisation esclavagiste racialisée a eu un effet traumatique collectif en ce que la violence de cet esclavage, lié à la première mondialisation du capitalisme, s’est exercée sur les corps et sur les langues parlées par les esclaves.

Concernant la question de l’esclavage d’un point de vue psychiatrique, peut-on parler d’un traumatisme qui se transmettrait de génération en génération selon vous ? Quelle est la place du créole dans cette configuration ?
La question du traumatisme psychique est en effet une question énorme qu’il est nécessaire de prendre en compte pour éclairer la lecture des sociétés des Antilles. Je l’ai abordée dans la conférence que j’ai faite au Cénacle à Fort-de-France, à la suite des évènements sociaux de 2009 : « Les békés maîtres et pères ? ». Béké serait l’imaginaire de la blessure innommable léguée par la colonisation esclavagiste racialisée, que j’appelle CER, aux Antilles. Je vais essayer de vous dire en quelques mots des choses qui font appel à des références psychanalytiques qui ne sont bien sûr pas habituelles.
La colonisation esclavagiste racialisée a eu un effet traumatique collectif en ce que la violence de cet esclavage lié à la première mondialisation du capitalisme, s’est exercée sur les corps et sur les langues parlées par les esclaves. Je parle de traumatisme qui désorganise la subjectivité inconsciente des êtres qui parlent. Pour le dire rapidement, les Africains réduits en esclavage et transbordés aux Antilles se sont trouvés confrontés à une expérience de violence déshumanisante, parce qu’elle a détruit les langues qu’ils parlaient, et parler est une activité symbolique qui nous spécifie comme être humains. Edouard Glissant a appelé ceux du transbord, les « migrants nus ». « Nus » parce que – c’est mon interprétation – dépossédés, privés de leurs langues, ils ont été confrontés non pas à la réalité, mais à un réel nu, sans mots pour le nommer.
Il faut bien comprendre que le traumatisme renvoie à une expérience d’effroi, d’angoisse extrême, qui se produit hors du champ de la parole et du langage. C’est une rencontre soudaine, brutale, qu’aucune parole n’a préparée, qui fait effraction dans le système symbolique qui fonctionne pour les êtres qui parlent, comme un filtre au réel. Cette expérience les a laissés dans un état de sidération psychique face à un réel dénudé du symbolique. Seuls les a sauvés de cet état de déshumanisation, l’imaginaire et l’invention de la langue créole, système symbolique qui s’est structuré dans l’urgence et dans la violence de la rencontre des parlers français des colons et de ce qui restait aux esclaves des langues qu’ils parlaient en Afrique.
Le traumatisme est une blessure psychique qui ne se transmet pas par une inscription symbolique inconsciente, mais par des poussées pulsionnelles qui poussent à la répétition en acte sans pouvoir dire, nommer la souffrance. Cela se traduit par l’incapacité à entretenir un débat, l’impossibilité à régler un conflit par la parole mais par la violence physique, les coups, des passages à l’acte souvent meurtriers. Il laisse dans l’incapacité de soutenir un désir en son nom. C’est pourquoi les mots sont nécessaires – travail de recherches des historiens, recherches généalogiques et apport du travail psychanalytique – pour sortir la blessure du traumatisme, de la fixité de la répétition. C’est la seule issue à la fixité du traumatisme.

Nb.  cet  ajout  est personnel.

ASSISES des OUTRE-MERS 2017-2018

Redonner la parole ! C’est parti pour les Assises des outre-mer ! 7 mois de travaux pour imaginer, penser, réinventer ensemble l’avenir de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de Mayotte, de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie, de La Réunion, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de Wallis-et-Futuna*. Ce rendez-vous avec les ultra-marins est ambitieux. Et en même temps, il est assez simple. Il consiste à redonner la parole. Pourquoi ? Parce que beaucoup d’ultramarins pensent que leur voix ne compte plus. Les dernières élections au printemps dernier l’ont cruellement montré, quand plus de la moitié des Français d’outre-mer ont choisi de ne pas choisir en s’abstenant à l’élection présidentielle. Malgré tout, la force des attentes des citoyens d’outre-mer et leur capacité à s’engager n’a pas diminué. A travers des ateliers locaux, nationaux, des consultations citoyennes, et un concours d’innovation, les propositions des outre-mer seront entendues et prises en compte .

http://fr.calameo.com/read/000886379b56e48135898

 

 

Le site Internet des Assises www.assisesdesoutremer.fr est désormais en ligne : j’invite dès à présent les citoyens ultramarins à s’y inscrire. Dans un premier temps, ils sont amenés à s’exprimer sur les grandes priorités pour leur territoire : équipements publics, développement économique, emploi, environnement, santé, jeunesse, culture, sécurité… Cette phase de diagnostic, qui se clôt le 22 novembre, est capitale pour orienter les travaux futurs des ateliers nationaux et locaux qui se tiendront jusqu’à janvier 2018. Je laisserai Thierry BERT, le rapporteur général des Assises, vous en dire quelques mots tout à l’heure.
A l’issue de l’ensemble de ces travaux, une consultation numérique sera lancée sur le site Internet des Assises entre le 15 janvier et le 28 février 2018 pour que les citoyens eux-mêmes puissent donner leur avis sur les premières propositions ou réformes des politiques publiques pour l’outre-mer.
A l’issue de cette consultation, la synthèse de l’ensemble des travaux aboutira sur la rédaction du Livre bleu outre-mer au Printemps 2018.
                                                                                   ***
Mais ces Assises sont aussi l’occasion idéale pour présenter les initiatives citoyennes les plus novatrices : c’est tout l’objectif du concours innovation dont je parlais tout à l’heure.
Vous le savez, je suis pragmatique et j’aime raisonner sur des projets concrets, inscrits dans les réalités quotidiennes de nos concitoyens. C’est pour cela que les solutions doivent venir des territoires et des ultra-marins eux-mêmes. Qui d’autre serait mieux placé pour décrire les problèmes et y apporter les réponses adéquates ?
À partir du 18 octobre, chaque citoyen porteur d’un projet pour son territoire est invité à poster sa candidature sur le site Internet des Assises. Les dépôts de projets pourront se faire jusqu’au 31 janvier 2018. Une présélection des projets sera faite en février pour ouvrir ensuite en mars la phase de vote du public. Ce vote est essentiel. Ces Assises sont un projet collectif et collaboratif. Elles n’auront de sens que si les citoyens ultramarins se sentent concernés. Ce concours est un bon outil pour s’impliquer. La sélection finale aura lieu en mars et les projets labélisés bleu outre-mer présentés au Printemps 2018. Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement financier et technique pour concrétiser ou faire grandir leurs projets.
                                                                                         ***
Les Assises des outre-mer sont un rendez-vous fondamental pour les ultramarins. Je sais que le projet parait ambitieux pour certains ; d’autres sont même sceptiques : je peux comprendre leurs doutes, les Etats généraux des outre-mer ont moins de 10 ans.
Mais que l’on soit bien clair : l’ambition des Assises, ce n’est pas de faire un catalogue déconnecté des réalités et aboutissant à des mesures inapplicables. C’est au contraire une démarche qui associe les citoyens à la construction de leur destin. C’est un nouvel élan pour en faire des territoires d’excellence et d’innovation. C’est donc maintenant que nous avons à construire ensemble l’avenir des outre-mer.
NB . Pour  accéder  au programme  et  s’inscrire : http://www.assisesdesoutremer.fr
Contact  MOM

Service de presse : 01 53 69 26 74
Nicolas Sire : 06 49 35 11 28
Twitter – @loutremer
Facebook – @lesoutremer

L’AVENIR N’ATTEND PAS LE NOMBRE DES ANNEES…..

UN PRESIDENT JEUNE
POUR UNE FRANCE NOUVELLE
PROGRESSISTE et PROSPERE !

« POUR L’AVENIR DE VOS ENFANTS, VOTEZ » !
(slogan imprimé par les PTT sur les courriers fin des années 50)

LETTRE D’UN AMI en période de Noël à la Martinique

Hello, hello ! sa’w fè ? Bon et joyeux noël et Bonnes, agréables fêtes de fin d’année ! pour cela je t’envoie du chaud soleil avec qq brises des douces alizées de cette période pas trop chaude mais surtout un peu de tout ce qu’il y a de bon dans notre ile « où l’air a des odeurs de sucre et de vanille’, des saveurs d’épices et de liqueurs au rh… vanillé. J’ai fait comme d’habitude mon schrub moi-même ! oui Mesieu ! Hummmmmmm ! je ne te dis pas !. Je ne suis pas prêt de perdre mes kg superflus avec tout ça malgré qq marches et bains de mer. En plus des ignames de cette période il y a des fruits à pains (hors saison) que je ne boude pas dans mon assiette. Tout est beau, tout est bon (presque) pour celui qui ne vit pas là toute l’année (comme moi) mais attention ! tout n’est pas rose dans ce pays « où on confond pistache et cacahuètes » comme le dit si bien sur BMJ. En effet, politique, commerce de supermarchés, chômage, misère, violence et autres ingrédients durs de la vie. Le Père Noêl lui est de plus en plus blanc sur son traîneau tiré par des rennes nordiques, dans la neige lointaine des paysages d’ailleurs au beau milieu des panneaux publicitaires implantés aux pieds de nos mornes et les catalogues regorgent de produits made in ailleurs où les produits dits « locaux » comme le jambon de Noêl nous arrive d’ailleurs et flirte avec les sapins, la neige sous un air de bon à consommer. D’ailleurs les pêcheurs interdits de vente de langoustes à la veille des fêtes pour cause de chlordé.. bloquent le port par où arrivent tous les containers chargés de produits d’importation. Mais pour la Noêl, il semble bien qu’il n’ait manqué aucune décoration ni de quoi se mettre dans la panse. Je me suis rabattu sur ma petite viande roussie de « ti-cho ou tcho ! tcho ! », un peu de pois d’angole, igname poule, des topinambours, mandarines et d’autres petits pâtés de cochon. Du local svp. Fout’ i té bon. Je fais pénitence pendant ces jours d’abondance et demande au Seigneur de donner un peu aussi à tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir comme moi cette si belle chance de vivre de si bons moments au chaud. Donc je pense énormément aussi à toi et à ceux qui sont restés sous la grisaille et dans le froid hivernal continental et n’ont pas tout ce bon plaisir d’être ailleurs. Joyeux Noêl et Très Bonnes Fêtes de fin d’année en attendant une nouvelle année que déjà je te souhaite excellente et meilleure que celle qui s’achève. Bon Fòs vieux Frère ! Bon courage ! ek an lòt solèy . tjinbé rêd anba frédi-a. et vivement que tu viennes faire un tour dans ce décors pour ne plus avoir envie de repartir….. Tout un programme ! N’est-ce pas ?

Serge ROISAND

Copyright (c) 2013

Annexe abréviations et  expressions :

saw’fè : comment  vas tu  ?

qq = quelques

rh… = rhum(vanillé)

BMJ =  Bondamanjak ,Revue  d’actualité « pimentée »(en référence  au  piment   du  même  nom.

chlordé.. = chlordécone produit phytosanitaire Pesticide organochloré utilisé entre 1981 et 1993 employé pour le traitement des bananiers pour lutter contre le charançon.
Le chlordecone est un polluant organique persistant, extrêmement rémanent dans l’environnement qui peut s’avérer très toxique.
A été classé comme cancérogène possible chez l’homme dès 1979 mais n’a été interdit qu’en 1993 et utilisé notamment aux Antilles

fout’i té bon = qu’est ce  que   c’était   bon !!!

bon fos vieux  frère !=  sois fort   vieux  frère

ek an  lot solèy= à une   autre  fois,  un  autre  jour

tjinbé rêd anba frédi-a = tiens  bon sous  le  froid (de  l’hiver)

AOUT SEPTEMBRE DES ILES CARAÏBES

 
 
 
 
Août Septembre des Iles Caraïbes
Où  le vent  par  rafales
Emporte les toits  de tôle
Et les rivières  gonflées
De  l’eau  boueuse des mornes
Quelle désolation
Au coeur des sapotilles !
 
 
 
Les bananiers pliés
Les champs de cannes mûres
Ne sont  plus  qu’un amas
 De peu  de  fierté
Et le squelette debout
De l’arbre de cythère
Feuilles et  fruits parsemés
Attend de reverdir…  
 
 
 
Un rayon de soleil plus neuf
Une eau  de cristal
Aux clapotis secrets
Chante dans les ruisseaux…
Tout se renouvelle
Se redresse  et  fleurit
Août Septembre
Des  Iles Caraïbes!
 
 
 
Paul CONSEL GUSAER
(c)copyright 1972
 
 
 

Encore un effort…

 
 
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun deux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs dun même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu  seras  un  Homme  mon fils!

Rudyard KIPLING

En Polynésie, les Tahitiennes passent le bac …..

l

… en dansant !!!

En Polynésie française, le « Ori Tahiti » est une épreuve facultative au baccalauréat. La danse tahitienne traditionnelle, technique et codifiée, permet aux lycéens d’obtenir des points supplémentaires en vue d’une mention.

© Mike Leyral AFP

© MIKE LEYRAL AFP

  • La1ère.fr avec l’AFP
  • Publié le 08/04/2019 à 11:31, mis à jour le 08/04/2019

Le gymnase, sur le front de mer de Papeete, s’emplit en quelques minutes d’effluves de tiaré. Dans des costumes parfois constitués de plantes et de fleurs, 240 élèves de terminales, de tous les lycées tahitiens, passent une épreuve de danse tahitienne en option sportive facultative pour le bac.

Trois minutes pour convaincre

Loin d’un folklore pour touristes, le « ori Tahiti », danse traditionnelle, technique et codifiée, centrée sur d’amples mouvements du bassin, est pratiquée assidûment par des milliers de Polynésiennes. Cette épreuve individuelle, une chorégraphie de trois minutes devant un jury de professeurs d’éducation physique et sportive (EPS), est essentiellement passée par des candidates. Elle permet d’obtenir des points supplémentaires en vue d’une mention. 

« Les élèves sont évalués sur deux grands critères : en tant qu’interprètes, et en tant que chorégraphes, huit points sur chaque critère ; ils vont être évalués sur leur engagement moteur, leur engagement émotionnel, mais également tous les procédés qu’ils ont utilisés pour la construction de leur chorégraphie« , explique à l’AFP Cécile Gilroy, professeure d’EPS et membre du jury.

Danser les légendes et l’identité polynésiennes

L’une des lycéennes porte une imposante coiffe de nacres et de perles. Une autre ajuste son costume de tapa, une étoffe à base d’écorce. Une troisième, couverte de plumes blanches, est suivie de huit musiciens marquisiens et leurs instruments à percussions. Elle va interpréter une danse de l’oiseau, typique de son archipel. Le thème est libre, mais porte le plus souvent sur les légendes polynésiennes, les traditions, l’identité ou la langue. 

Ce jour-là, une lycéenne se distingue : à la surprise du jury, Vaimiti Gresset a choisi d’interpréter une chorégraphie inspirée des 193 essais nucléaires français tirés à Moruroa et Fangataufa entre 1966 et 1996. En fond sonore, la mélodie d’une flûte nasale polynésienne est couverte par la voix du général De Gaulle. Un discours rassurant, avant les premiers tirs : « Toutes les dispositions sont prises, comme vous le savez, pour que cela n’ait aucun inconvénient d’aucune sorte, pour les chères populations de la Polynésie« . 
Habitée par son rôle, la jeune fille brune danse la souffrance d’un peuple frappé par les maladies radio-induites, avant de s’écrouler sur un drapeau français.

« On a été victimes de quelque chose de grave qui touche de nombreuses personnes ici, ma famille, mon grand-père qui a travaillé là-bas : la danse permet de montrer ce que tu ressens, une danse, ça vaut mille mots »
Vaimiti, 18 ans, à la sortie de l’épreuve

© Gregory BOISSY AFP

© Gregory BOISSY AFP
Cette intégration des sports traditionnels locaux, comme le ori Tahiti ou le va’a (pirogue de course traditionnelle), dans les épreuves du bac est essentielle pour les Tahitiens.

« C’est accepter que nous, Polynésiens, nous puissions exploiter notre culture de manière à ce que nos élèves en soient aussi imprégnés (…) Nous avons une langue, une culture, et pourquoi pas l’exploiter dans un diplôme national »
Tiare Trompette, professeure dans une école de danse locale et invitée à participer au jury

Le ori tahiti n’est pas qu’une épreuve facultative. Elle peut aussi être choisie dans certains établissements polynésiens parmi les trois disciplines sportives obligatoires que les terminales doivent sélectionner pour le bac. Elle s’inscrit alors dans l’épreuve de chorégraphie collective. Les élèves du lycée privé Samuel Raapoto de Papeete, l’ont passée il y a quelques semaines. « Sur nos 190 élèves de terminale, on en a 48 qui ont choisi la danse tahitienne, qui va compter pour un tiers de leur note d’EPS, coefficient 2 au bac« , précise Francis Poulou, professeur de sport. Parmi eux, un seul garçon.

« Ça peut faire une différence si on est un peu juste pour le bac, mais je le fais surtout par amour de la danse« , confie Mahiahana Samuela en révisant son aparima, une danse qui accompagne chaque parole d’une gestuelle codifiée. La lycéenne enchaîne ensuite sur un otea, une danse plus rapide, rythmée par les percussions polynésiennes.

© GREGORY BOISSY AFP

© GREGORY BOISSY AFP
« Il faut de la grâce, le sourire, la passion dans le regard, c’est ça l’essentiel« , estime Temery Mahaaun, autre élève qui à 18 ans a déjà dansé au heiva, le plus prestigieux festival culturel tahitien.

10 ANS déjà .. et les ASSISES se suivent !

https://la1ere.francetvinfo.fr/sites/regions_outremer/files/assets/documents/2017/10/06/synthese-egom-hexagone-647071.pdf

PASSE D’ARMES à propos de la MEMOIRE de L’ESCLAVAGE


Mémoire de l’esclavage et antiracisme : un débat, un combat et ses enjeux

22 février 2019

Deux textes mis en ligne ces deux derniers jours sur Mediapart, et qui sont en train de provoquer le débat, en matière de mémoire de l’esclavage. Ils font suite à la mise en ligne sur le site du CNMHE, d’un texte  auquel a répliqué une tribune de Myriam Cottias, directrice du CIRESC au CNRS et ancienne présidente du CNMHE. On trouvera donc ci-après un lien vers le texte initial, la réponse de Myriam Cottias, un texte de Loïc Céry de l’Institut du Tout Monde qui précise les enjeux du débat et la plainte déposée par Frédéric Régent.

EPISODE I

ANTIESCLAVAGISME ET ANTIRACISME

POSITION DU CNMHE


Sur le plan historique, le racisme est une conséquence de l’esclavage, mais il ne préexiste pas à celui-ci. On ne peut donc confondre les deux phénomènes, ni affirmer que la mise en esclavage cible précisément une catégorie particulière de la population. L’esclavage est une forme extrême de l’exploitation de la force du travail humain à des fins économiques. On en trouve des traces lointaines dans toutes les sociétés humaines. Le continent européen a connu l’esclavage des Blancs dans l’Antiquité et au Moyen-Âge. Au début de l’ère moderne, des populations d’origine maghrébine étaient asservies dans les pays riverains de la Méditerranée. La traite atlantique va porter cette forme spécifique d’exploitation à une échelle supérieure, et va concerner essentiellement les populations originaires de l’Afrique subsaharienne. Mais, sur ce continent, un commerce à des fins serviles se faisait parallèlement vers le Maghreb et le Moyen-Orient, et ces différents trafics impliquaient des Etats et des commerçants originaires de l’Afrique subsaharienne. Le Comité National pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage a pour mission, entre autres, de recueillir et de transmettre la connaissance de toutes ces formes de réduction en esclavage. Certes, les buts de la Fondation sont aussi de rassembler toutes les mémoires de notre pays, en valorisant les héritages culturels, artistiques et humains issus de son histoire, dans toute leur richesse et leur variété. Par ailleurs, la connaissance historique et sa transmission sont inséparables de la formation civique, et fournissent en ce sens des arguments pour lutter contre le racisme. Mais le racisme contemporain, comme doctrine de hiérarchisation des groupes humains, et à ce titre comme justification des discriminations exercées à l’égard de certains d’entre eux, s’est surtout développé à partir de l’abolition de l’esclavage et en réaction à celle-ci, à partir du début du XIXe siècle. L’objet principal de la fondation n’est pas d’être une institution supplémentaire de lutte contre le racisme, où la dimension militante l’emporterait sur toute autre considération. Cet engagement militant conduit à des jugements hâtifs, l’antiesclavagisme n’ayant pas été le patrimoine exclusif d’un seul courant politique, ou bien à des confusions regrettables, comme lorsque l’esclavage est présenté comme la forme la plus abominable du racisme. Il faut recentrer les interventions sur l’esclavage et rappeler que nous sommes directement concernés par les formes de lutte contre l’esclavage contemporain, telles que juridiquement définies par l’ONU ou le BIT. C’est ainsi que nous pourrons trouver notre place indispensable, entre transmission de l’histoire de l’esclavage dans une histoire longue des relations entre la France, l’Afrique, les Amériques ; la Caraïbe et l’Océan Indien ; et promotion des valeurs républicaines de liberté, d’égalité, de fraternité et d’engagement contre le racisme, les discriminations et toutes les formes contemporaines d’exploitation des corps humains à des fins mercantiles.A


EPISODE II -a


L’anti-esclavagisme peut-il exclure l’antiracisme?

—Par Myriam Cottias—

Exclure les combats anti-esclavagistes, des combats antiracistes n’est-ce pas une nouvelle tentative pour construire une identité particulariste qui oublie la violence de la relation esclavagiste et de la «race» et pour nier l’universalité des combats pour l’égalité du genre humain?

Les nombreux actes, écrits et injures antisémites et racistes montrent bien, une fois encore, que la période est au brouillage politique et à la révision de la connaissance historique par des discours guidés par une idéologie récurrente sur la minoration des facteurs qui ont soutenu l’histoire des génocides et des processus génocidaires de l’Histoire.

Les traités internationaux qui, depuis la seconde guerre mondiale, ont cherché à construire – avec difficultés et obstacles il est vrai – un partage des valeurs universelles d’égalité et de respect réciproques entre les peuples sont actuellement érodés par de nouvelles idéologies identitaires. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de rappeler que, depuis le procès de Nuremberg, le génocide des Juifs a été expliqué par la longue histoire de l’antisémitisme fondé sur l’existence d’une «race» qui a permis d’élaborer un discours, une idéologie de domination, justifiant les discriminations et les violences les plus extrêmes et les plus déshumanisantes. Il faut dire encore que les textes de 1949 dénonçaient dans leur déclaration solennelle l’esclavage comme crime contre l’humanité. Ce lien entre génocide, esclavage et race a été réaffirmé lors de la conférence de Bandung par Alioune Diop avant qu’Aimé Césaire ne lui donne ses accents profonds dans le Discours sur le Colonialisme. Aujourd’hui encore, les « causes communes » réunies dans l’ouvrage éponyme de Nicole Lapierre doivent continuer à être affirmées.

L’urgence de la situation politique et sociale de la France nous y force mais aussi un texte intitulé « Antiesclavagisme et antiracisme », mis en ligne sur le site du Comité National pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage – commission consultative interministérielle instaurée à la suite de la Loi du 10 mai 2001- qui tend à disjoindre l’antiracisme de l’antiesclavagisme. A l’heure où la France doit se doter d’une « Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage » que nous avons appelé de nos vœux, il ne faut plus prendre à la légère des déclarations déstructurées et sous- informées sur les catégories d’analyse, qui ignorent les milliers d’articles et de recherches sur ces questions. Il est nécessaire de leur apporter des réponses car il faut endiguer les dérives de la post-vérité où l’opinion prime sur l’étude.

Deux remarques s’imposent.

Premièrement, sauf à se satisfaire d’une analyse comptable des flux d’êtres humains, il est impossible de réduire la déportation des Africains qui, à partir du XVIe siècle, constituent les seules populations massivement mises en esclavage dans les Amériques, à un seul rapport économique qui méconnaîtrait les conséquences sociales, spirituelles, individuelles, familiales ainsi que son idéologie de légitimation par la production de représentations reposant sur la négation de l’humanité des personnes mises en esclavage. La traite et l’esclavage atlantique ont produit une redoutable équivalence entre « esclave » et « noir » ou « nègre » au XVIIIè siècle, à tel point qu’un terme était synonyme d’un autre et que la cohorte des jugements de déconsidérations liées aux positions de subalterne était toute entière attribuée aux personnes mises en esclavage. Faut-il ajouter que le terme de « Blanc » -inconnu en Europe avant l’apogée des sociétés esclavagistes- s’est construit dans l’espace colonial atlantique, en opposition phénotypique et statutaire avec le « Noir ». Un continuum entre « Blanc-maître- dominant » et « Noir-Nègre-esclave » s’est élaboré, chaque expérience de discrimination apportant sa pierre à l’élaboration d’un discours raciste ; la « race » (dans le sens de construction sociale avant que d’être scientifique à la fin du XIXe siècle) imprégnant les esprits et les textes de lois coloniales et métropolitaines jusqu’à l’abolition de l’esclavage et au-delà, dans la période de la deuxième colonisation. S’il faut reconnaître que l’antiesclavagisme n’a pas toujours œuvré à l’antiracisme et qu’il s’est même satisfait de son contraire à la fin du XIXe siècle, il n’est pourtant pas possible depuis la fin de la deuxième guerre mondiale de concevoir l’un sans l’autre. La déclaration de Durban (point 13, 8 septembre 2001), a tout entier résumé les faits : « l’esclavage et la traite transatlantique sont l’une des principales sources et manifestations du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance ». A quoi sert-il de le nier, sauf à vouloir protéger des intérêts particularistes ?

Deuxièmement, la méthode historique tout comme celle des sciences humaines et sociales, repose non seulement sur l’administration de la preuve mais aussi sur la contextualisation des analyses. Il est ainsi étonnant de voir ressurgir des affirmations qui cherchent à opposer un esclavage transatlantique par l’Europe à un autre d’Afrique du Nord ou encore d’Afrique subsaharienne ou du Moyen-Orient, oubliant dans cette mise en comparaison douteuse un facteur essentiel qui fait l’histoire : celui du temps. En l’occurrence, d’un côté, trois siècles et demi de traite vers les Amériques, cinq siècles de sociétés esclavagistes dans la Caraïbe, dans l’Océan Indien et en Amérique du Sud qui peinent à se débarrasser des avatars de la relation esclavagiste ; et de l’autre, dix-huit siècles. L’opposition des phénomènes esclavagistes n’est pas raison ! Les phénomènes labellisés comme « esclavagistes » sur différents continents ne doivent pas servir ni à dédouaner telle ou telle société, ni à donner des arguments moraux pour minorer des faits historiquement avérés pour l’Europe comme pour le continent africain et les pays du Moyen-Orient. Si des freins subsistent dans la connaissance un peu partout dans le monde et y compris en Europe, ils sont de plus en plus marginaux et des équipes de recherche dans les universités d’Afrique, des Amériques et d’Europe travaillent ardemment, conjointement, en dialogues, comme le prouvent le nombre croissant d’ouvrages, de thèses et de colloques. Par idéal généreux, la recherche qui met en relation les différentes historiographies mondiales soutient le combat pour l’Egalité entre les Êtres humains et la dignité de tous les citoyens, à un niveau national. La mémoire et l’histoire de l’esclavage atlantique et dans l’Océan Indien ne peuvent pas signifier repli mortifère, elles incitent, au contraire, à combattre l’esclavage contemporain car le Code Noir de 1685 a été remplacé par le « Code Noir Mauritanien » au XXe siècle! Les combats antiesclavagistes sont compris dans tous les combats antiracistes: « Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille, on parle de vous » alertait Frantz Fanon dès 1952. Cette solidarité juste doit être maintenue.

EPISODE II -b

Mémoire de l’esclavage et antiracisme : les enjeux de notre combat


— Par Loïc Céry —
En réaction à un texte sidérant mis en ligne sur le site du CNMHE, et pour faire écho à la réplique qui lui a été adressée par Myriam Cottias. Parce que la mémoire de l’esclavage engage bel et bien la lutte contre le racisme.

Dans sa monumentale Histoire de l’antisémitisme ou dans son Bréviaire de la haine préfacé par Mauriac, Léon Poliakov ne cesse d’insister sur le continuum qui lie indubitablement l’étude des rouages historiques et la compréhension des étonnantes persistances du racisme. Plus que tout autre sans doute, et ayant ouvert la voie à une spécialisation aujourd’hui éprouvée et nourrie de l’historiographie, Poliakov nous a appris le lien insécable entre l’intelligibilité des structures historiques et l’aberrante continuation des haines raciales – et il faut redire que son exploration des soubassements de l’antisémitisme vaut pour toute expression du racisme, ou des racismes : la connaissance de l’histoire seule sera dans ce champ, propre à nous prémunir des manipulations.

 C’est aujourd’hui, il faut le savoir et il faut être à même de le reconnaître, une manipulation insidieuse de l’histoire qui se joue dans les coulisses de la future fondation pour la mémoire de l’esclavage, annoncée en 2018 par Emmanuel Macron. Ce qui s’est jusqu’alors joué dans la torpeur de débats internes au Groupement d’intérêt public (GIP) préfigurant cette fondation éclate désormais au grand jour, jusqu’à ce texte cité par Myriam Cottias, mis en ligne sur le site du CNMHE. Désormais, il sera loisible à tout un chacun de le savoir : une conception précise de l’histoire, fondée sur des visions idéologiques normées, est en train de se dire, et de s’imposer dans une instance publique censée porter en France la mémoire de l’esclavage. Nul ne pourra dire désormais qu’on n’en avait pas été informé, que tout cela ma foi est discutable et qu’il ne s’agit pas de succomber à je ne sais quelle suspicion. Le texte en question, s’appuyant sur une manipulation grossière de l’histoire, tend à dissocier soigneusement la question du racisme et la mémoire de l’esclavage. Si la fumisterie qui se dit là, sans vergogne, sautera aux yeux de tout historien et de tout un chacun un peu prévenu de ces problématiques, le but poursuivi est tout autre que celui de la polémique entre spécialistes. En misant sur le silence des uns et des autres, il s’agit d’asseoir auprès du grand public, cette manipulation et ce détournement de la mémoire – qui ne dit mot consent. Prononcée ex cathedra et avec l’assurance des arguments d’autorité, une idéologie révisionniste se met en place au cœur des instances chargées par la puissance publique, de représenter la mémoire de ceux qui subirent dans leurs chairs des siècles de servilité bel et bien fondée sur un racisme institué. Pire : préparée depuis longtemps, cette institutionnalisation d’un révisionnisme qui a attendu son heure, est en train de s’imposer comme corps de doctrine de ces instances. Moyennant une suite déjà longue d’atermoiements au sein du GIP, s’appuyant sur l’absence de réaction de tous, sans doute découragés par des manœuvres de positionnements personnels, cette idéologie est désormais en train de s’imposer, au su et au vu de tous. On mise sur notre apathie, on parie sur notre complicité silencieuse. Sachons démasquer, apprenons à déjouer, tâchons de nous mobiliser. Il en va de l’honneur de tous, il en va de la mémoire du « crime inoubliable », il en va de la lutte éternellement recommencée contre le racisme.

 Démasquer

Bien sûr, ceux qui auront vu venir au fil du temps l’insidieuse phraséologie de volontaire confusion, de minoration et de relativisme forcené qui se joue dans le texte du CNMHE, seront certainement un peu agacés qu’on ait pris autant de temps pour réagir. Nous sommes en tout cas, à l’Institut du Tout-Monde, de ceux qui auront continuellement alerté, ici même sur Mediapart et ailleurs, sur les risques considérables aujourd’hui avérés, de la confiscation de la mémoire de l’esclavage par une poignée d’idéologues. Nous avons alerté, sans avoir été entendus. On nous disait que la fondation en préparation était affaire de processus, et que ma foi, il fallait donner du temps au temps et miser sur l’essoufflement de cette parole rétrograde, quand bien même elle était insupportable sur le moment. Jamais nous n’avons accepté d’être associés à ces gens, quand bien même on a voulu nous y contraindre. Nous autres, sommes porteurs du combat incessant et de l’engagement de fond mené durant tout son parcours par Édouard Glissant à l’endroit de cette mémoire qui est celle de tous. Pour Glissant, il ne s’agissait pas de ce « devoir de mémoire » qu’on nous assène à longueur de temps, mais d’un devoir de lucidité et de connaissance. Il s’agissait aussi pour lui, justement, du combat pour une mémoire-vigie, d’une mémoire-conscience, d’une mémoire-mobilisation devant les infamies du monde, lui qui nous disait en 2010 :

 « Ceux qui ne veulent plus se souvenir de ce phénomène de transformation du monde qu’a été l’esclavage, et des souffrances qu’il a coûtées, parce qu’ils refusent d’en supporter plus avant le poids douloureux, et ceux qui répugnent à en renouveler la présence, parce qu’ils craignent d’avoir à en soutenir encore la responsabilité, renforcent l’action négative des racistes et des retardataires qui ne voient pas passer le monde au large de leurs obsessions lisses d’antan, et ne reconnaissent autour d’eux et autour de nous que la nuit des oublis et des dénis. » (10 mai. Mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, Paris, Galaade / Institut du Tout-Monde)

 On nous a dit : « soyez constructifs », sachez relativiser, misez sur l’avenir. Mais l’avenir ne peut pas s’écrire avec ceux qui nient la spécificité irréductible de la traite négrière transatlantique. L’avenir ne peut se concevoir au prix de la minoration des souffrances du passé et de l’aveuglement sur les marasmes du présent, de leurs origines et de leur persistance. À défaut d’être un sport de combat, la mémoire de l’esclavage ne peut rassembler que ceux qui reconnaissent la spécificité des histoires, et ceux qui rejettent l’indistinction de l’Histoire majuscule. Chaque occurrence du passé détient une part de l’histoire de tous, mais ce n’est aucunement dans l’indistinction volontaire, le nivellement et le relativisme que peut se concevoir le rassemblement des mémoires pour lequel militait Édouard Glissant.

 Or, il faut savoir démasquer le discours de la méthode qui se dit derrière ces proclamations aussi absurdes que celle d’une séparation dogmatique et auto-proclamée des questions de racisme et de l’esclavage. Le texte du CNMHE dit :

 « Sur le plan historique, le racisme est une conséquence de l’esclavage, mais il ne préexiste pas à celui-ci. On ne peut donc confondre les deux phénomènes, ni affirmer que la mise en esclavage cible précisément une catégorie particulière de la population. L’esclavage est une forme extrême de l’exploitation de la force du travail humain à des fins économiques. On en trouve des traces lointaines dans toutes les sociétés humaines. Le continent européen a connu l’esclavage des Blancs dans l’Antiquité et au Moyen-Âge. »

 Une telle vision découle de ce qui se nomme aujourd’hui « histoire globale » et n’en est qu’un détournement méthodologique. Déjà en 2004, c’était par un Essai d’histoire globale qu’un historien adepte de sophismes présentait la traite transatlantique comme finalement un « détail » d’une histoire millénaire. C’était clamer le caractère profondément relatif de la traite négrière transatlantique. Et on sait la polémique qui s’en suivit. Aujourd’hui, pour boucler la boucle en quelque sorte, il s’agit aussi de revivifier ce que Benjamin Stora a nommé « guerre des mémoires », en réutilisant l’argument éculé de l’existence de la traite arabo-musulmane et de la traite intra-africaine, pour mettre en concurrence mémorielle ces entités historiques, avec la traite transatlantique. Beaucoup de nobles esprits se sont laissés manipuler dans les années deux-mille par ces visions perverties de l’histoire, mues par la volonté d’asseoir une vision idéologique précise. Il s’agissait alors de relativiser la responsabilité des nations esclavagistes, mais aussi de rompre le continuum d’un héritage profond entre esclavagisme et émergence du racisme. Alors même que les travaux des chercheurs en démontraient l’inanité, l’idéologie pseudo-globaliste avançait pas à pas, en dépit des résistances. Les manipulations législatives (à l’encontre de la loi de 2006 instaurant le 10 mai comme journée des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions) et les perspectives institutionnelles d’une fondation fantomatique à force de reniements, devait offrir à partir de 2016 notamment, une nouvelle opportunité au jeu de forces. Il est question aujourd’hui (je demande qu’on y soit attentif) au prolongement, par paradoxe, d’une étonnante « racialisation » de la mémoire. Déjà pour le choix du 23 mai comme journée des « victimes » de l’esclavage, on arguait que le 10 mai serait désormais réservé à la célébration des abolitionnistes français, et le 23 dévolu aux afro-descendants. Aujourd’hui, l’argumentaire du texte mis en ligne par le CNMHE rappelle que des Blancs furent esclaves. Comme si la focalisation sur la traite négrière devait en somme offusquer ce souvenir-là. Comme si les millions de morts gisant au fond de l’Atlantique « lestés de boulets verdis » comme le dit Glissant, avaient eu le mauvais goût de connaître leur martyre des siècles après l’esclavage de l’Antiquité : comme si on devait s’excuser de la mémoire de leur souffrance, au regard du « temps long ». On en est là, aujourd’hui, au Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, instance publique, et ça se passe en France, en 2019. Désormais, le CNMHE est bel et bien l’instrument de cette confiscation, et qu’on se le dise – comme le proclame le texte mis en ligne sur le site de l’institution – « L’objet principal de la fondation n’est pas d’être une institution supplémentaire de lutte contre le racisme. » La messe serait-elle dite ?

 Déjouer

Rappelons quelques faits, énoncés par Myriam Cottias qui a d’ailleurs contribué avec d’autres, à en établir la véridiction, d’ailleurs vérifiable. Je ne reviendrai pas sur ce qui a été dit sur la simultanéité du développement de la traite, de l’esclavage et des fondements mêmes du racisme. Nul ne devrait ignorer ce lien, et je renverrai là-dessus aux travaux fondamentaux de ces dernières années (la bibliographie est fournie à ce sujet). Qui pourrait ignorer que les premiers travaux qui devaient donner naissance au racisme « scientifique » du XIXsiècle sont dus, en plein XVIIIsiècle, à Buffon ou Linné ? Qui pourrait ignorer les arguments de Las Casas en plein XVIsiècle ? Qui pourrait ignorer la phraséologie de bestialisation des esclaves depuis l’orée du système des plantations ? Qui pourrait ignorer ce que l’histoire a établi, documenté à foison, analysé, mis en perspectives, décortiqué moyennant publications, colloques, programmes de recherche multiples, nationaux, internationaux ? Qui, un peu renseigné de renouvellement des approches, ne connaîtrait pas les travaux indispensables autour de ces questions, de Catherine Coquery-Vidrovitch, d’Éric Fassin ou de Christian Delacampagne ? Qui ? Je demande qu’on prenne le temps de répondre à cette question.

Les pseudo-globalistes, ceux que Glissant nomme en 2008 dans Tous les jours de mai, les « manœuvriers de la mémoire », les « historiens tronqueurs » (encore nommés par lui « nos régents », « nos puristes » ou « nos précepteurs ») poursuivent certes une vision normée de l’histoire, mais encore une vision claire de la mémoire. Ne nous y trompons pas : ce que le texte du CNMHE proclame, c’est bien, et en parfaite cohérence, la volonté d’une dichotomie. L’histoire de la traite transatlantique, relativisée et minorée dans l’histoire dite globale, ne peut qu’avoir valeur conservatoire, de l’ordre de ce que Nietzsche nomme dans sa Deuxième considération inactuelle, « l’histoire antiquaire ». Il s’agit de concevoir le passé au mieux comme un répertoire livresque, et aucunement une clé de lecture du présent. Le pseudo-globaliste se dit obsédé par l’anachronisme, là où il est tout entier mû par la vision d’un présent non redevable du passé. Il ne faudrait surtout pas qu’un lien soit établi entre une quelconque spécificité de l’esclavage colonial, et les pesanteurs de racialisation encore aujourd’hui vérifiables, non seulement sur les « afro-descendants » (qu’on adhère ou non à l’appellation) mais sur tous autant que nous sommes, héritiers de l’histoire et de ses structurations mentales. Cette seule idée hérisse le pseudo-globaliste, qui peut très bien se satisfaire du racisme. Que le présent reconnaisse dans le passé de la traite et de l’esclavage, les ferments du racisme d’aujourd’hui : il y a là un enjeu apparemment insupportable, et qu’il s’agit d’empêcher pour le tricheur d’histoire. La connaissance n’a plus rien à voir avec ce type d’approche mensongère et de visée idéologique. Il y est question plus exactement, d’un obscurantisme fondamental, se parant des vertus du regard panoramique. Un obscurantisme qui s’est donné pour enjeu que la conscience des continuités puisse être entravée. Alors oui, pour lui, pour ce pseudo historien et ce manipulateur, le racisme attendra.

 Mobiliser

Devant ce franchissement d’un nouveau palier dans l’inacceptable révisionnisme d’un passé qui est celui de tous et pas seulement celui d’une « communauté », devant ces manipulations éhontées de l’histoire, devant ce pari fait sur la torpeur de tout un chacun, reste uniquement à appeler à un sursaut et à une mobilisation. Nous espérons ne pas être seuls cette fois-ci, nous espérons que chacun lira le texte du CNMHE, lira la réplique de Myriam Cottias, et sera à même de se représenter ce qui est aujourd’hui en jeu.

 L’Institut du Tout-Monde rejette aujourd’hui toute récupération quelconque de la pensée exigeante d’Édouard Glissant par les tenants de ces instances en préparation, qui ont renié l’idéal de la loi Taubira, quoi qu’on en dise ou qu’on s’illusionne de croire. L’actuel CNMHE s’est juré de mettre à bas cette loi qui est l’honneur de la République. Si l’esclavage fut bel et bien un crime contre l’humanité, c’est parce que l’humanité des esclavisés fut niée jour après jour par une idéologie raciste, par un racisme en germe et en action, celui-là même qui s’était juré de rejeter hors du monde des hommes ceux qui n’étaient pas seulement considérés comme moyens de production, mais comme sous-hommes, « nègres », « négresses », « négrillons », « négrittes ». Pendant des siècles ceux-là ont subi quotidiennement sur les habitations, la haine racialisée de ceux qui se prétendaient leurs maîtres. Ils sont les ancêtres de l’humanité d’aujourd’hui, confrontée à la résurgence violente du racisme et des haines raciales. Nous serons à la hauteur de leurs luttes, qui nous obligent à la plus claire vigilance contre ceux que Césaire appelait les assassins d’aube. L’actuel GIP préfigurant la fondation se discrédite, de travailler avec des révisionnistes patentés de cette histoire, de notre histoire à tous. Tant que ce sera le cas, il est exclu que l’Institut du Tout-Monde s’associe en quoi que ce soit à cette mascarade.

 Nous refusons que la future fondation pour la mémoire de l’esclavage se fonde sur cette idéologie portée aujourd’hui par l’actuel CNMHE, exprimant ouvertement une concurrence des mémoires, une relativisation de la traite transatlantique et un désengagement du combat contre le racisme. Fondée sur ces présupposés inacceptables, cette fondation se fera alors, mais « pas en notre nom ». Halte aux belles paroles, à la propagande d’État et aux petits arrangements sur le dos des martyrs du passé. Sachons nous mobiliser pour mettre à bas ceux qui voudraient tuer une seconde fois Delgrès et tous ceux qui au prix de leur vie ont su braver l’innommable. Sachons, dans le combat éminent contre le racisme qui nous engage tous, nous mobiliser pour être conscients des pesanteurs de l’histoire, et être à même de nous en libérer : contre les névroses du passé, contre l’aliénation de sa négation et contre la surdité face au vacarme du présent.

 Loïc Céry (Institut du Tout-Monde)

« Que de sang dans ma mémoire ! Dans ma mémoire sont des lagunes. Elles sont couvertes de têtes de morts. Elles ne sont pas couvertes de nénuphars. Dans ma mémoire sont des lagunes. Sur leurs rives ne sont pas étendus des pagnes de femmes. Ma mémoire est entourée de sang. Ma mémoire a sa ceinture de cadavres ! et mitraille de barils de rhum génialement arrosant nos révoltes ignobles, pâmoisons d’yeux doux d’avoir lampé la liberté féroce » (Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal)

EPISODE III

Frédéric Régent

Président du CN%HE

Paris le 11 mars 2019

Monsieur le Procureur de la République,

Objet : plainte pour diffamation publique

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance les faits suivants :

Le 21 février 2019, j’ai constaté que, dans son blog Médiapart (https://blogs.mediapart.fr/edition/institut-du-tout-monde/article/200219/memoire-delesclavage-et-antiracisme-les-enjeux-de-notre-combat

et dans un commentaire qu’il fait à un article intitulé « L’anti-esclavagisme peut-il exclure l’antiracisme »(https://blogs.mediapart.fr/myriam-cottias/blog/200219/l-anti-esclavagisme-peut-il-exclurelantiracisme/commentaires), M. Loïc Céry (édition : Institut du Tout-Monde) a affirmé que les membres du Comité National pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage (CNMHE) sont « des révisionnistes patentés », des « pseudo-historiens » qui « peuvent tenir des propos indignes » et veulent mettre en place une « « racialisation » de la mémoire ». Il affirme que c’est une « insidieuse phraséologie de volontaire confusion, de minoration et de relativisme forcené qui se joue dans le texte du CNMHE », Il allègue également que les membres du CNMHE sont « des révisionnistes à la Faurisson ».

Je suis historien, maître de conférences et habilité à diriger des recherches en Histoire, à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheur à l’Institut d’Histoire moderne et Contemporaine (CNRS, Ecole Normale Supérieure) et membre de l’Institut d’histoire de la Révolution française, fondé par Jean Zay, en 1937. Ma spécialité porte sur l’histoire de l’esclavage dans les colonies françaises, je suis à ce titre auteur de plusieurs ouvrages. Nommé le 22 août 2016, par décret du Premier ministre, président du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, je suis garant à ce titre de la défense de l’honneur de cette institution.

Ces propos sont insupportables. Ils sont une atteinte à mon honneur et à l’institution que je préside. Ils le sont pour trois raisons.

En tant qu’historien, être assimilé à M. Faurisson est l’injure la plus grave qu’il soit.

En tant que descendant d’esclaves, être accusé de vouloir minoré l’esclavage, est un procès d’intention calomnieux.

En tant que descendant de Juifs, d’être associé à un négationniste, est le procédé le plus ignoble qu’il soit.

En vertu de l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, ces faits étant constitutifs d’un délit d’injure et de diffamation publique, je dépose plainte auprès de vos services. Je vous adresse ci-joint les documents qui démontrent les propos qui ont été tenus.

En vous remerciant très sincèrement par avance pour vos bons soins dans cette affaire, je vous prie d’agréer Monsieur le Procureur de la République, mes sentiments respectueux.

Frédéric Régent

Source La lettre@madinin-art.net 15/03/2019 

Lire aussi ;https://luckbrown.wordpress.com/2016/08/27/une-premiere-bourde-pour-demarrer/

Y A T IL UNE IDENTITE MARTINIQUAISE ?

L’Observatoire Socio Politique de l’Eglise en Martinique poursuit ses réflexions : le 23 février dernier, des psychologues, une avocate, un curé, des fidèles et des curieux étaient réunis autour du thème « Regards pluriels sur la question de l’identité : où en sommes-nous en 2019? ». Les exposés denses ont permis de mieux définir le terme d’ « identité ». Où en sommes-nous en 2019 en Martinique? Peut-on parler d’identité martiniquaise? L’Officiel Martinique a suivi les débats, retour en images.

Regarder la vidéo

Plusieurs approches de l’ « identité »

Pour les psychanalystes, l’identité est en relation directe avec la parole. Le sujet est à partir du moment où il dit.

La psychologue Joëlle Nuissier souligne que l’étymologie du mot ramène à l’idem, au même. Ce point de départ permet de réaliser, avec l’aide de Michel Serres et de Jean Bernabé, qu’il y a dérive cognitive : l’appartenance n’est pas l’identité. Etre soi, c’est être différent de l’autre et c’est reconnaitre ses différences à travers l’autre. D’ailleurs, le racisme naît de la confusion entre identité et appartenance.

Maryse Annette, psychologue de la santé, accompagne les personnes en soins palliatifs à l’hôpital Clarac. Son expérience lui révèle qu’une question cruciale pour les malades en fin de vie est « qui suis-je? » La foi aide souvent à y répondre.

Me Catherine Rodap, avocate au barreau de Fort-de-France explique pour sa part que les conflits se résolvent d’autant plus facilement que chaque partie reconnaît et accepte la relation qu’elle a avec elle-même : ses valeurs, ce qui est important pour elle, ce qui la construit.

Enfin, le père Monconthour est perplexe face aux difficultés à se présenter tels que nous sommes, martiniquais, devant le Seigneur. Le créole, la langue, a selon lui tout sa place à l’église, de même que le bèlè, une musique propre à la Martinique.

Les échanges nourris avec la salle ont prouvé l’importance et l’intérêt du sujet pour la société martiniquaise,  complexe et jeune dans sa construction.

Extrait de  » L’Officiel Martinique » 14.03.2019

Previous Older Entries

Je débute. Laissez-moi un commentaire ou une mention J'aime :)

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives

%d blogueurs aiment cette page :