FESTIVAL du FILM de la CARAIBE et des OUTRE MERS

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COLLOQUE SCIENTIFIQUE INTERNATIONAL

L’ESCLAVAGE : quel  impact   sur  la  psychologie  des  populations ?

Martinique 26 & 27 octobre 2016 – Hôtel   la  Batelière (Route  de  Schoelcher)

Guadeloupe  28  octobre 2016

 Source  http://www.CIPHAGE.COM

A l’initiative de l’Association Régionale FIRST CARAIBES, se tiendra à la Martinique les 26 et 27 octobre et en Guadeloupe le 28 octobre 2016 le Colloque Scientifique International «L’esclavage : quel impact sur la psychologie des populations ?» dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour les afro descendants 2015-2024.

Avec la présence de plus en plus insistante dans l’espace public de la thématique de l’esclavage nous nous sommes rendus compte que nous ne savions rien des conséquences psychologiques de la traite des Noirs et de leur mise en esclavage alors même que des travaux psychiatriques ont démontré la nécessité de traiter les psychotraumatismes, que des travaux d’épigénétique démontrent l’existence de traces sur l’ADN des traumatismes psychologiques et leur transmission de génération en génération, alors, enfin, que des travaux d’historiens ont mis au jour «la voix des esclaves». Il est alors apparu indispensable de faire se rencontrer historiens, psychiatres, généticiens, anthropologues et sociologues pour échanger sur cette question loin de toute posture victimaire.

En fait, l’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de la première manifestation scientifique sur les conséquences psychologiques de l’esclavage. Dans ce contexte l’enjeu c’est aussi le lien entre esclavage et racisme puisque, avec la traite composée exclusivement de Noirs, le changement de nature et d’échelle de l’esclavage a fait se développer à partir du XVIe siècle une vision racialisée et racialement hiérarchisée de l’humanité (Controverse de Valladolid etc.). Avec l’abolition de l’esclavage, le XIXe siècle a inventé les théories raciales qui ont rationnalisé et justifié «scientifiquement» la hiérarchie, intriquée à la colonisation et plaçant le nègre dans l’évolution darwinienne entre le singe et l’homme.

Ainsi les conséquences de l’esclavage et de ses suites (Jim Crow, lynchages, apartheid, droits civiques…) qui ont façonné les esprits pendant des siècles se révèlent incommensurables ne serait-ce qu’à la lumière des données scientifiques actuelles sur le psychotraumatisme.

La Caraïbe, qui a payé un lourd tribut à l’esclavage avec ses 10 millions d’Africains déportés, apparait bien placée pour échanger des savoirs sur cette question et créer des savoir-faire de résilience.

Certaines des questions que nous allons approfondir ont été posées par Frantz Fanon notamment celle des modèles intériorisés qu’il a englobés sous le terme «aliénation» et que les américains nomment «internalized racism».

En octobre 2011 FIRST CARAIBES a organisé en Martinique, un Congrès International consacré à l’héritage de Frantz Fanon. Il a montré, entre autres, que l’aliénation nécessitait de nouvelles recherches et, à cet égard, ce colloque de 2016 s’inscrit dans la continuité du congrès de 2011 et donnera lieu à la publication d’un ouvrage en français et en anglais

 

Professeur Aimé CHARLES–NICOLAS,

Président de l’Association First Caraïbes

Le projet

Nous souhaitons organiser un colloque scientifique international fin octobre 2016 en Martinique et en Guadeloupe sur les conséquences psychologiques de l’esclavage, problématique très peu étudiée.

L’idée est de faire le point sur les connaissances scientifiques dans ce domaine, de proposer des pistes de recherche et de résilience en faisant se rencontrer, pour la première fois, historiens, psychiatres, anthropologues et généticiens qui ont travaillé sur les stigmates actuels de l’esclavage.

Ces experts invités viennent des Etats-Unis, du Brésil, de la Caraïbe, du Sénégal et d’Europe. Du fait de leur histoire encore actuelle et du travail qu’ils ont commencé sur ce sujet, les Américains seront les plus nombreux, ils seront 11.

La généticienne spécialiste d’épigénétique du psychotraumatisme et de sa transmission transgénérationnelle vient de Genève.
Nous avons invité un expert du Portugal qui a été le premier et le dernier pays à pratiquer la traite d’esclaves et trois experts du Brésil.

C’est que la question de l’esclavage s’installe dans l’espace public.
Elle a acquis une visibilité politique, sociale et culturelle, à un niveau global, des Amériques à l’Europe, à l’Afrique, l’Océan Indien et même l’Asie. Les Nations Unies ont reconnu en 2001 l’esclavage et la traite comme «une tragédie épouvantable dans l’histoire de l’humanité» lors de la Conférence Mondiale de Durban. Des évènements consacrés à ces questions font aujourd’hui florès : colloques, commémorations, pièces de théâtre, films, livres d’histoire, bandes dessinées. Les thèses d’histoire se multiplient en Europe et dans l’hémisphère américain. Parmi les mémoriaux (Nantes, Gorée, Atlanta, Manchester, etc…) celui des Nations Unies a été inauguré à New York le 25 mars 2015 et le tout récent Mémorial ACTe en Guadeloupe a été signalé par la presse internationale comme «the world’s largest memorial devoted to the history of slavery in the western world». Même le hip-hop français et les rappeurs jamaïcains font directement référence à l’héritage de l’esclavage et réclament un accès à leur «véritable histoire».

En effet le travail récent des historiens a révélé une autre histoire décentrant le point de vue jusque-là exclusivement occidental, interrogeant les rapports de pouvoir à partir des esclaves, cherchant à retrouver leur voix, mettant en évidence leur capacité à agir. Des pans entiers de la mémoire et de l’histoire se (re)construisent ainsi par petites touches où la logique de revendication d’une identité historique est confrontée à la logique du refoulement, puissante.

Comment alors ne pas s’interroger sur la dimension psychologique des conséquences de la traite et de l’esclavage des Noirs ?
Cette ampleur du traumatisme, cette violence, «le collectif ravalement à la bête, le total outrage, la vaste insulte, (…) l’omni-niant crachat» ne peuvent pas demeurer sans conséquences psychotraumatiques alors que les recherches génétiques les plus récentes montrent l’inscription des psychotraumatismes dans l’ADN des sujets et leur transmission sur plusieurs générations. En effet, il n’est pas rare que, dans ces pays qui furent des terres d’esclavage, les psychiatres expliquent certains symptômes de leurs patients par les traces de l’esclavage. Certains comportements de la vie quotidienne courants dans ces pays et qualifiés de «pathologiques» nécessitent un examen pluridisciplinaire par les sciences humaines et sociales.

Et pourtant, curieusement, bien peu de travaux sont consacrés aux moyens de surmonter ce psychotraumatisme.

Certes, les conséquences actuelles ne sont pas en continuité linéaire avec les traumatismes initiaux, elles ont été remaniées par les contingences existentielles. Les conditions des Noirs ont été différentes dans la Caraïbe francophone, anglophone ou hispanophone, aux Etats-Unis et au Brésil, notamment après l’abolition. Comment ces conditions ont-elles imprimé leurs marques ? Qu’ont dit de leur vécu les personnes mises en esclavage ? Des facteurs de protection ont-ils permis d’enrayer la transmission transgénérationnelle ? A l’inverse, lorsque les facteurs dommageables sont plus nombreux, un cycle de la haine de soi apparaît-il ? Par une reproduction des modèles intériorisés ? Y a-t-il des dénominateurs communs aux psychismes façonnés par l’esclavage ? Quels mécanismes conduisent de l’esclavage au racisme ? Quel impact l’esclavage a-t-il eu sur la représentation du Noir actuelle et sur les relations sociales dans la Caraïbe, en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil et en Afrique ? Quelle piste pour la résilience ? (en effet, loin de toute posture victimaire, une meilleure connaissance des mécanismes devrait nous aider à alléger ce boulet psychologique).

Plusieurs de ces questions ont été posées par Frantz Fanon notamment celle des modèles intériorisés qu’il a englobés sous le terme «aliénation» et que les américains nomment «internalized racism». En octobre 2011 FIRST CARAIBES a organisé en Martinique un Congrès International consacré à l’héritage de Frantz Fanon. Il a montré, entre autres, que l’aliénation nécessitait de nouvelles recherches et, à cet égard, ce colloque de 2016 s’inscrit dans la continuité du congrès de 2011.

Il est ainsi apparu indispensable à un psychiatre Aimé CHARLES-NICOLAS (Martinique), un sociologue Benjamin BOWSER (USA), une historienne Myriam COTTIAS (Martinique), une anthropologue Hebe MATTOS (Brésil) et un politologue Ali MOUSSA IYE (République de Djibouti, UNESCO) d’organiser un colloque scientifique international durant lequel des historiens, des psychiatres, des généticiens, des sociologues et des anthropologues se rencontreront afin de faire le point sur les conséquences et les traces psychologiques de l’esclavage de nos jours, dans un échange interdisciplinaire sous forme de séances plénières, de tables-rondes et d’interactions permanentes avec la salle.
Il sera complété par des propositions artistiques. En effet, de tous temps facteur de sublimation, d’épanouissement individuel et puissant levier de reconnaissance et de résilience collective, l’art ouvre ici sur une poétique de la relation à soi et aux autres qui se fait «poétique d’émancipation». C’est surtout pour évoquer le dépassement du trauma qu’il sera présent et pas seulement comme entracte ou ornementation de journées laborieuses. Des vidéos de témoignages seront également présentées.

Ce colloque, porté par l’Association FIRST CARAIBES, aura lieu les 26-27octobre 2016 en Martinique, à La Batelière, et le 28 octobre en Guadeloupe au Mémorial ACTe dont la puissance symbolique et universelle est particulièrement pertinente pour un point d’orgue de la manifestation.

Le Colloque se situe dans le cadre de la «Décennie des Nations Unies pour les afro-descendants 2015-2024» et bénéficiera du parrainage de l’UNESCO et aussi de l’Association Mondiale de Psychiatrie et de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Il sera placé sous le haut patronage de Madame Christiane TAUBIRA, ancienne Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, auteur de la loi qui reconnait la traite et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. Elle a bien voulu accepter d’être présente et d’ouvrir le Colloque. De même Madame George PAU-LANGEVIN, Ministre des Outre-mer, a bien voulu accorder son haut patronage et prononcera une allocution d’ouverture.

Il bénéficie du parrainage – c’est un grand honneur – de la First Lady Michelle Obama qui sera peut-être présente.

Le Comité d’Honneur est composé de 4 Prix Nobel de littérature connus pour leur engagement : Mr Derek Walcott (qui a déjà annoncé qu’il sera présent), Wole Soyinka, Toni Morrison et JMG Le Clézio, et aussi de Patrick Chamoiseau (Prix Goncourt), Maryse Condé (Ecrivain), Christiane Eda-Pierre (Cantatrice), et Robert Badinter (ancien Gardes des Sceaux, Ministre de la Justice de 1981 à 1986). Ce contexte prestigieux de personnalités à nos côtés vise à donner du poids aux conclusions de ce colloque scientifique qui seront largement médiatisées à travers le monde entier (nous avons déjà l’accord de télévisions américaines, européennes, africaines).

Il s’agit d’un projet de collaboration scientifique et culturelle de grande envergure sur une question de première importance qui concerne l’humain et les fondements de notre société et dont la Martinique (terre natale d’Aimé Césaire et de Frantz Fanon) et la Guadeloupe (qui a récemment inauguré son Mémorial ACTe) seraient les bâtisseurs. La Caraïbe qui a payé un lourd tribut à l’esclavage avec ses 10 millions d’Africains déportés apparait bien placée pour échanger des savoirs sur cette question et créer des savoir-faire.

Le colloque vise à :

  • Décrire les conséquences psychologiques de l’esclavage,
  • Identifier les praticiens et les chercheurs qui pourront mettre en œuvre des recherches dans ce domaine,
  • Identifier les possiblités d’enquêtes collaboratives entre les différents pays de la Caraïbe d’une part et d’autre part entre la Caraïbe, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud afin de vérifier les hypothèses et les résultats des actions mises en place.

PROGRAMME

Introduction à la subjectivité de l’esclave

Le vécu des razzias, de l’arrachement, de la traversée. La métamorphose en objet

L’arrivée, la vie quotidienne. Le maitre et l’esclave,  les arrangements, les résistances

L’évolution au cours des siècles, selon les lieux

Les révoltes et leur retentissement sur « le moral des troupes ».

Les récits : qu’ont dit de leur vécu psychologique les personnes mises en esclavage ?  Conséquences chez les enfants et les adultes de la maltraitance au quotidien.

Divers conflits intrapsychiques. Facteurs de destruction et de protection de l’estime de soi. Y a-t-il des dénominateurs communs aux psychismes façonnés par l’esclavage ?

Qu’est-ce que le psycho-traumatisme ?

L’inscription épigénétique du psycho-traumatisme et sa transmission transgénérationnelle. Certains comportements sociaux, certains symptômes actuels de patients (violence,  comportements anti-sociaux, conduites auto-punitives, certaines obésités, certains tempéraments dépressifs, anxieux) peuvent-ils être rattachés à l’esclavage ?

Après l’abolition,les conditions des Noirs ont été différentes dans la Caraïbe francophone, anglophone ou hispanophone, aux Etats-Unis et au Brésil, comment ces conditions ont-elles imprimé leurs marques ?

Des facteurs de protection ont-ils permis d’enrayer la transmission transgénérationnelle ? A l’inverse, lorsque les facteurs dommageables sont plus nombreux, un cycle de la haine de soi apparaît-il ? Par une reproduction des modèles intériorisés (internalizedracism) ? Quels sont les mécanismes intimes de cette « aliénation » ?

Y a-t-il des dénominateurs communs aux psychismes façonnés par l’esclavage ? Quels mécanismes conduisent de l’esclavage au renforcement du racisme ? Quel impact l’esclavage a-t-il eu sur la représentation du Noir actuelle et sur les relations sociales dans la Caraïbe, en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil, et en Afrique ?

Introduction à la subjectivité du maître et de son entourage

Les affects en jeu chez les maîtres.

Pourquoi le fonctionnement mental du raciste résiste-t-il aux faits aujourd’hui ?

La loi, La loi du plus fort.

Les bénéfices secondaires du racisme.

Le sadisme.

La compassion.

Le psychisme des Blancs façonné par l’esclavage ?

Quelle continuité entre esclavage, revendication identitaire et racisme ?

Les meurtres de Noirs par des policiers aux Etats-Unis : approfondir l’analyse de ce comportement et le mettre en perspective

L’intériorisation du racisme

conséquences sur la psychologie des populations et possibilités d’intervention thérapeutique.

Quelles pistes pour la résilience ? Sortir de l’esclavage des symptômes de l’esclavage ?

 

MERCREDI  26  OCTOBRE

SOIREE  CULTURELLE  (PAYANTE) AU  DOMAINE  DE  FONDS  ST JACQUES

Vendredi 28 octobre : Mémorial ACTe, Guadeloupe

Sociologie politique

Quel impact des lois (code noir, lois instaurant l’apartheid, décrets d’abolition, loi Taubira, loi Gayssot de 1972, droits civiques et Jim Crow, législation trinidadienne, brésilienne etc.) sur la psychologie des populations dans les différents pays concernés ? Etude des résistances

Mise en place des recherches et des interventions sociales

Identification des équipes et des thèmes de recherche et des interventions sociales. Par exemple études d’opinion, par exemple mise en perspective historique de l’étude « Racisme, discrimination et intégration dans la France de 2010 » ; Recherche sur les mariages mixtes. Conclusions et éléments de langage, stratégies de communication et de valorisation des résultats du colloque. Contributeurs de l’ouvrage et propositions de titres des chapitres

Visite de l’exposition permanente au Mémorial ACTe (payante)

Initié par le président du Conseil régional Victorin LUREL et la Région Guadeloupe accompagnés par le Comité International des Peuples Noirs (CIPN), le Mémorial ACTe a pour ambition originelle de créer un lieu dédié à la mémoire collective de l’esclavage et de la traite, ouvert sur le monde contemporain. En plus d’être directement celle des Guadeloupéens et des habitants de la Caraïbe, l’histoire de l’esclavage et de la traite négrière concerne toute l’Humanité. Offrir un lieu de mémoire et de recherche, c’est, en plus de fédérer toutes les composantes de la population autour d’un passé commun, s’engager à poser la question de la liberté, de toutes les libertés et du vivre ensemble. En 2014, les ONG estimaient que 36 millions de personnes étaient asservies dans des conditions assimilables à l’esclavage, prouvant ainsi que les problématiques et réflexions menées par le 
Mémorial ACTe sont d’une incontestable actualité.

Conclusions et éléments de langage

Stratégies de communication et de valorisation des résultats du colloque.

Contributeurs de l’ouvrage et propositions de titres des chapitres

 

 

C’ETAIT UN GROS POISSON !!!

[EXCLUSIF La1ère] « Outre-m’AIR » la première compagnie aérienne qui va relier l’ensemble des Outre-mer

  • Dominique Trait – Thomas Payet
  • Publié le 01/04/2016 | 06:07, mis à jour le 01/04/2016 | 06:07

OUTRE-MER 1ÈRE François Hollande a demandé à Gérard Feldzer d’étudier la mise en place d’une compagnie aérienne reliant l’ensemble des Outre-mer. Le spécialiste des questions aéronautiques a remis son rapport au mois de septembre. Nous vous révélons en exclusivité le contenu de ce projet.

© France info - AFP Monty Rakusen / Cultura Creative
© France info – AFP Monty Rakusen / Cultura C

Deux lignes aériennes pour relier l’ensemble des Outre mer (Saint-Pierre et Miquelon, La Martinique, la Guadeloupe, les Antilles, la Polynésie, Wallis et Futuna, La Nouvelle-Calédonie, La Réunion et Mayotte), ce sera bientôt une réalité. Soucieux de resserrer le lien avec les Outre-mer mais aussi de rassurer les professionnels du tourisme, victimes des troubles politiques qui percutent de plein fouet les destinations préférées des Français, le président de la République a demandé au spécialiste de l’aéronautique Gérard Feldzer de constituer un groupe de travail.

Le choix de Gérard Feldzer n’a rien du hasard. Cet ancien pilote, consultant aéronautique et ancien patron du Musée de l’air et de l’espace au Bourget avait depuis longtemps dans ses cartons un projet de ce type.

« C’est un idée qui me trottait dans la tête depuis longtemps, je l’avais d’ailleurs exposée à quelques candidats à l’élection présidentielle en 2012. L’idée a fait son chemin puisque François Hollande l’a retenue. »

Encouragé par le chef de l’Etat, Gérard Feldzer s’est entouré des meilleurs spécialistes de l’aéronautique. Le projet sera officiellement présenté à la presse le 25 avril. « Il sera détaillé  par le chef de l’Etat lui-même, mais ce que je peux d’ores et déjà vous dire c’est que deux avions A380-900 allongés avec une capacité de 900 passagers décolleront deux fois par semaine d’Orly. Le premier prendra la direction de Saint-Pierre et Miquelon, le deuxième de la Polynésie. Chacun de ces avions fera escale sur l’ensemble des territoires et département d’outre-mer : Saint-Pierre et Miquelon, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Polynésie, Wallis et Futuna, La Nouvelle-Calédonie, La Réunion, Mayotte et retour à Paris. Le deuxième avion respectera les mêmes destinations mais dans le sens inverse. » 

Découvrez les rotations assurées par les deux avions A380 de la compagnie Outre-m’AIR :

Les destinations de la compagnie Outre-m’AIR
Les différentes dessertes assurées par la compagnie Outre-m’AIR

Un tour du monde à 199 euros

© Monty Rakusen / Cultura Creative
© Monty Rakusen / Cultura Creative

La révolution, précise Gérard Feldzer, n’est pas dans la mise en place de ces deux dessertes aériennes « nous savons depuis longtemps que c’est techniquement possible »mais dans le prix et les conditions exceptionnelles qui seront proposées pour « Grand tour de France ».
Chaque passager pourra prendre l’avion où qu’il se trouve à Paris, à Wallis, à Papeete, à Fort-de-France… et pour 199 euros seulement il aura la possibilité de se rendre où il veut dans les Outre-mer, de faire étape à un endroit et de poursuivre ensuite son voyage.

Pour le même tarif il peut partir de Paris, direction la Polynésie, y rester une semaine,  puis partir pour la Nouvelle-Calédonie. Ensuite deux choix s’offrent à lui: soit il revient  à Paris avec une étape à La Réunion et à Mayotte, soit il prend l’avion en sens inverse et il fait une escale en Polynésie puis retour à Paris. La révolution c’est la mise en place des deux « navettes » dans deux directions différentes, ce qui laisse le choix aux passagers. La seule contrainte: le billet sera valable un an. »

Des avions spécialement aménagés

Le seul obstacle sur lequel ces spécialistes se sont « cassés les dents »c’est le temps. Même si personne n’effectuera une boucle Paris-Paris au rythme de l’avion et de ses escales car cela représenterait plus 60 heures en total cumulé,  il est probable que des passagers profiteront du tarif exceptionnel pour se rendre, par exemple,  à Nouméa avec la contrainte des escales « C’est la raison pour laquelle les deux A380-900 seront aménagés avec des couchettes et des douches. Les services à bord seront les mêmes qu’un Paris-Los Angeles d’une grande compagnie comme Air France ou British Airways. Il n’est pas question d’aller vers le « low-cost » avec un service à bord bas-de-gamme »insiste Gérard Feldzer.

Gérard Feldzer annonce la création de la compagnie aérienne Outre-m’AIR. Regardez : 

Gérard Feldzer annonce Outre-m’AIR
Gérard Feldzer annonce la création d’Outre-m’AIR
© JOSÉ PAZOS FABIÁN / NOTIMEX
© JOSÉ PAZOS FABIÁN / NOTIMEX

Une campagne de recrutement dans les Outre-mer
Autre particularité, et non des moindre, dans ce projet de fédérer l’Hexagone et les Outre-mer, le personnel navigant sera recruté dans les territoires et départements ultramarins. Une campagne sera lancée fin avril avec l’objectif d’embaucher soixante-dix-sept stewarts et hôtesses de l’air. Les pilotes, en revanche, seront des volontaires détachés d’autres compagnies. « Nous avons passé des accords avec deux compagnies aériennes enthousiastes à l’idée de s’associer à ce projet », précise Gérard Feldzer.

Premier vol le 18 septembre à 10H10 au départ d’Orly

Cette nouvelle compagnie sera baptisée «Outre-m’AIR » et sera financée pour moitié par l’Etat, pour moitié par des investisseurs privés soucieux de s’implanter dans les Outre-mer ou d’y développer leurs activités. Le nom de ces entreprises est un secret (encore) bien gardé, tout comme le coût total de ce projet qui dépasserait selon nos calculs les plusieurs dizaines de millions d’euros « Je peux simplement vous dire que les études de marché sont très concluantes et que ce projet est parfaitement maîtrisé sur l’aspect financier »,affirme Gérard Feldzer qui ajoute que «le président de la République s’exprimera dans les tout prochains jours.» 

Une opération politique

A près d’un an de l’élection présidentielle, le lancement de cette compagnie aérienne en direction des Outre-mer laisse à penser qu’elle pourrait revêtir une dimension très politique. En effet, difficile de ne pas imaginer que derrière ce projet se cache une opération de séduction pour les électeurs des Outre-mer dont le vote pourrait-être décisif l’année prochaine dans la course à l’élection présidentielle. Gérard Feldzer s’en défend avec vigueur. « Si j’avais imaginé la moindre intention politique dans ce projet, jamais je n’aurais accepté de présider cette commission. Si le Président en récolte quelques bénéfices cela restera dérisoire du service que proposera à des millions de Français. » 

Cinq billets offerts par La1ère.fr

La1ère a décidé de s’associer à ce projet en offrant, avant même l’ouverture officielle de la billetterie, cinq billets « Outre-m’AIR ». Les cinq premiers internautes à nous contacter à l’adresse Redactionoutremer1ere@gmail.com  s’envoleront dès le 18 septembre pour un tour des Outre-mer à la carte.

QUAND LA FRANCE REVISITE L’HISTOIRE…..

En octobre 2010, environ 500 sans papiers ont occupé les lieux, et jusqu'à 300 ont dormi sur place.

En octobre 2010, environ 500 sans papiers ont occupé les lieux, et jusqu’à 300 ont dormi sur place. Crédits photo : THOMAS SAMSON/AFP

UN MUSEE  à  l’HISTOIRE  MOUVEMENTEE…

Le principe d’un musée de l’Immigration a été arrêté par Lionel Jospin, alors  Premier  Ministre en 2001. Après une longue gestation, et une décision prise par jacques Chirac, le lieu ouvre finalement ses portes en octobre 2007, dans un climat passionnel.

À l’époque, le Parlement envisage d’instaurer des tests ADN lors des regroupements familiaux, avec l’assentiment du ministère de l’Immigration. Ce dernier exerçant la tutelle conjointe du musée (avec la Culture, l’Éducation nationale) des membres du conseil scientifique démissionnent avec fracas. Exit toute possibilité de cérémonie officielle. En mars 2009, une nouvelle tentative est organisée. Mais elle échouera à nouveau, à cause du contexte politique. Eric Besson, dont la politique à la tête du ministère de l’Immigration est contestée, essuie une telle bronca sur place qu’il ne parvient pas à prononcer le moindre discours. Il est finalement «exfiltré» par le service d’ordre.

En octobre 2010, c’est le coup de grâce pour cette maison décidément très sensible. Cornaqués par la CGT, environ 500 sans papiers occupent les lieux. Jusqu’à 300 dorment sur place, et des banderoles sont déployées sur le fronton du palais de la porte Dorée. Le gouvernement, qui veut éviter des images télévisées d’expulsions par des CRS, met quatre mois à régler le problème. Le musée sera même fermé un temps, par décision préfectorale. «Des expulsions, comme il y avait eu après l’occupation de l’église Saint-Bernard, auraient signé notre fin» juge aujourd’hui Luc Gruson, actuel  directeur  du  Musée,  succédant   à  Jacques   TOUBON aujourd’hui, « Défenseur des  droits »img008

Dérouté par toutes ces polémiques, le public boudera longtemps les expositions de la porte Dorée, pourtant d’un bon niveau. Mais depuis, les choses se sont apaisées. Le Conseil d’orientation du musée, présidé par Jacques Toubon, puis, depuis cet été, par l’historien Benjamin Stora, a compris le message. En 2013 et 2014, la muséographie a été revue de fond en comble et recentrée sur l’histoire de l’immigration, l’ethnographie et les arts. Quant à l’actualité, elle se «règle» désormais au sein de débats, de tables rondes ou de conférences. Mercedes Erra, présidente exécutive de Havas Worldwide, a été nommée à la tête du Conseil d’administration et se charge, de son côté, de mobiliser les mécènes et d’organiser la communication. On lui doit d’ailleurs une première campagne d’affichage au ton volontairement décalé («Notre ancêtres n’étaient pas tous des gaulois» ou encore «L’immigration, cela fait toujours des histoires»).

7 ans  après  son  ouverture  donc,  François   HOLLANDE  trouve  dans  l’occasion  de  cette  inauguration,  un  moyen   peut  être  de  redorer   son  blason  et  de  reconquérir   un  électorat  en  déperdition  au  moment où  N.SARKOZY pointe  son  nez  à  la  présidence  de  l’UMP encore   secouée  par les « affaires »..

mediaLe  François Hollande et le défenseur des Droits, Jacques Toubon, visitent le musée de l’histoire de l’immigration, à Paris le 15 décembre.REUTERS/Yoan Valat/Pool

Le musée a ouvert ses portes en 2007, année de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Lui avait refusé d’y mettre les pieds au nom de l’identité nationale. François Hollande a voulu au contraire dire la reconnaissance de la France pour ses immigrés, donner une vision positive de l’immigration en France.

C’était la volonté de François Hollande lors de l’inauguration de cette cité de l’immigration : « rendre aux immigrés la place qui leur revient dans leur récit national, de rendre justice à ceux qui venus en France pour libérer le pays ou tout simplement pour travailler ».

François Hollande a défendu une vision sereine de l’histoire de l’immigration en posant un regard positif sur ces hommes et ces femmes qui ont participé à a construction de la nation France. Un discours important, mais insuffisant pour les associations.

Pour Pierre Henry, directeur général de France terre d’asile, il s’agit d’« un discours intéressant, un discours sur la mémoire, un discours utile face aux différents populisme qui travaillent  notre pays, mais un discours qui vient bien tard, et qui n’est pas accompagné véritablement de moyens. »

Mais François Hollande a bien conscience que cette histoire, ce récit national, n’est pas le plus partagé par tous : « trop de compatriotes ne se sentent pas assez Français quand d’autres ne se sentent plus chez eux ». Le président évoque une double dislocation du pacte républicain qui porte atteinte au vivre ensemble. La faute à ceux qui jettent de l’huile sur le feu. François Hollande ne les nomme pas, mais Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen sont ceux par exemple qui veulent faire éclater Schengen. « C’est assez facile, dit-il. Schengen est la frontière de l’Europe (…) Faire éclater Schengen, faire disparaître Schengen, mais ça serait reculer, ça serait aboutir à rétablir des frontières, pays par pays. »

 

François Hollande lance un message de mobilisation alors que la lutte contre le racisme et l’antisémitisme vient d’être faite cause nationale. François Hollande dit qu’il faut reprendre le combat, répondre, ne rien laisser passer, mettre fin au fantasme. « L’immigration, rappelle François Hollande, c’est 200 000 personnes en France par an pas plus. » François Hollande avait fait du droit de vote des étrangers aux élections locales une promesse de campagne en 2012. Il acte son impuissance à faire modifier la Constitution. « Aux forces républicaines de prendre leur responsabilité », dit-il.

Pour Geneviève Jacques, présidente de la Cimade, c’est une promesse de trente ans. « On entend ce discours depuis Mitterrand en 1981, nous continuons à demander que cette question ne soit pas renvoyée au prétexte qu’on a pas les 3/5e, etc. Parce que ça, ça va durer tout le temps. Et qu’il s’agit d’une question qui a un pouvoir symbolique fort, de reconnaissance fort. »

En attendant, l’alternative c’est d’accélérer et favoriser l’acquisition la nationalité. Seule annonce de ce discours au musée de l’Immigration : la naturalisation de tous les étrangers de plus de 65 ans qui ont au moins un enfant Français.

Commentaires  selon RADIO FRANCE INTERNATIONAL 2014 (et   ajouts personnels)

RENDEZ-VOUS INATTENDU…

http://senego.net/2013/12/12/video-surpris-clients-magasin-donne-frissons-pardonnez-regardez_136921.html(voir   bas  de  page)

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Se  seraient-ils  donnés  rendez-vous,  MANDELA   et  ALIKER … pour   s’entretenir  avec CESAIRE ?

Ce même   jour   du  5 Décembre 2013 ces deux  hommes nous  ont  quittés  à  quelques  heures  d’intervalle, d’un  bout   à l’autre   du monde , un  géant  et  un  lilliputien  …. de  pays ! L’un  dépassant   son  centenaire d’âge, et  l’autre  de 10 ans  son  cadet , mais  qui  comptabilise  27  ans  de détention  sur  une île prison de  son pays   à  casser  des cailloux ….

Hommage  national pour  l’un,  hommage  national   mais  aussi  international pour  celui   dont   on vante  aujourd’hui   la  détermination et  la  force  , le  courage pour  la  lutte   qu’il   a  menée  depuis  sa  plus  tendre  enfance au  pays  de l’APARTHEID,  et  qu’il  a  conduit  à  la  réconciliation  .

Pays   en  proie  à  une  émancipation dont  le  chantre  de la  négritude Aimé  CESAIRE s’en était   fait l’apôtre   et  l’éclaireur, mais  pays pauvre,

Pays  riche   de  ressources   et  d’une  économie  florissante,  mais   dont  les  hommes sont   condamnés   désormais   à   vivre   en  bonne  intelligence,  sans  haine   et  sans  discrimination.

Aujourd’hui   comme   dans  toutes  les  histoires,  et  l’histoire   qui  se répète, abandonnés  à  notre  triste  sort,  nous  nous remémorons les  plus  belles  pages  qu’ils  nous  ont  léguées  et nous les  saluons,  les  vénérons  parce  que l’originalité  de leur personne restera gravée  à  jamais…

REQUIESCAT IN  PACE !  nelson_mandela

Lp.CONSEL

Copyright (c) 2013

LETTRE D’UN AMI en période de Noël à la Martinique

Hello, hello ! sa’w fè ? Bon et joyeux noël et Bonnes, agréables fêtes de fin d’année ! pour cela je t’envoie du chaud soleil avec qq brises des douces alizées de cette période pas trop chaude mais surtout un peu de tout ce qu’il y a de bon dans notre ile « où l’air a des odeurs de sucre et de vanille’, des saveurs d’épices et de liqueurs au rh… vanillé. J’ai fait comme d’habitude mon schrub moi-même ! oui Mesieu ! Hummmmmmm ! je ne te dis pas !. Je ne suis pas prêt de perdre mes kg superflus avec tout ça malgré qq marches et bains de mer. En plus des ignames de cette période il y a des fruits à pains (hors saison) que je ne boude pas dans mon assiette. Tout est beau, tout est bon (presque) pour celui qui ne vit pas là toute l’année (comme moi) mais attention ! tout n’est pas rose dans ce pays « où on confond pistache et cacahuètes » comme le dit si bien sur BMJ. En effet, politique, commerce de supermarchés, chômage, misère, violence et autres ingrédients durs de la vie. Le Père Noêl lui est de plus en plus blanc sur son traîneau tiré par des rennes nordiques, dans la neige lointaine des paysages d’ailleurs au beau milieu des panneaux publicitaires implantés aux pieds de nos mornes et les catalogues regorgent de produits made in ailleurs où les produits dits « locaux » comme le jambon de Noêl nous arrive d’ailleurs et flirte avec les sapins, la neige sous un air de bon à consommer. D’ailleurs les pêcheurs interdits de vente de langoustes à la veille des fêtes pour cause de chlordé.. bloquent le port par où arrivent tous les containers chargés de produits d’importation. Mais pour la Noêl, il semble bien qu’il n’ait manqué aucune décoration ni de quoi se mettre dans la panse. Je me suis rabattu sur ma petite viande roussie de « ti-cho ou tcho ! tcho ! », un peu de pois d’angole, igname poule, des topinambours, mandarines et d’autres petits pâtés de cochon. Du local svp. Fout’ i té bon. Je fais pénitence pendant ces jours d’abondance et demande au Seigneur de donner un peu aussi à tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir comme moi cette si belle chance de vivre de si bons moments au chaud. Donc je pense énormément aussi à toi et à ceux qui sont restés sous la grisaille et dans le froid hivernal continental et n’ont pas tout ce bon plaisir d’être ailleurs. Joyeux Noêl et Très Bonnes Fêtes de fin d’année en attendant une nouvelle année que déjà je te souhaite excellente et meilleure que celle qui s’achève. Bon Fòs vieux Frère ! Bon courage ! ek an lòt solèy . tjinbé rêd anba frédi-a. et vivement que tu viennes faire un tour dans ce décors pour ne plus avoir envie de repartir….. Tout un programme ! N’est-ce pas ?

Serge ROISAND

Copyright (c) 2013

Annexe abréviations et  expressions :

saw’fè : comment  vas tu  ?

qq = quelques

rh… = rhum(vanillé)

BMJ =  Bondamanjak ,Revue  d’actualité « pimentée »(en référence  au  piment   du  même  nom.

chlordé.. = chlordécone produit phytosanitaire Pesticide organochloré utilisé entre 1981 et 1993 employé pour le traitement des bananiers pour lutter contre le charançon.
Le chlordecone est un polluant organique persistant, extrêmement rémanent dans l’environnement qui peut s’avérer très toxique.
A été classé comme cancérogène possible chez l’homme dès 1979 mais n’a été interdit qu’en 1993 et utilisé notamment aux Antilles

fout’i té bon = qu’est ce  que   c’était   bon !!!

bon fos vieux  frère !=  sois fort   vieux  frère

ek an  lot solèy= à une   autre  fois,  un  autre  jour

tjinbé rêd anba frédi-a = tiens  bon sous  le  froid (de  l’hiver)

Encore un effort…

 
 
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun deux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs dun même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu  seras  un  Homme  mon fils!

Rudyard KIPLING

LE PRESIDENT OBAMA inaugure le MUSEE AFRO-AMERICAIN des U.S.A

Une   correspondance  de   Stéphanie  Le BARS   Journaliste du  Journal  « le Monde »

image: http://s2.lemde.fr/image/2016/09/24/534×0/5002991_6_260a_le-president-americain-barack-obama-a_b087f551be9c3398cc7298e2adf13134.jpg

Le président américain Barack Obama à l’inauguration du National Museum of African American History and Culture, le 24 septembre.

Le président américain Barack Obama à l’inauguration du National Museum of African American History and Culture, le 24 septembre. ZACH GIBSON/AFP

Ils s’étaient juré de confier au premier président noir des Etats-Unis la charge de lancer leur musée sous les meilleurs auspices. Les fondateurs du National Museum of African American History and Culture (NMAAHC) ont gagné leur pari.

Barack Obama a présidé à l’inauguration, samedi 24 septembre, du désormais plus grand musée du pays consacré à l’histoire afro-américaine. Devant une foule de plusieurs milliers de personnes, en grande majorité noires, et en présence de son prédécesseur, Georges W. Bush, qui avait autorisé le lancement du projet en 2003, le président s’est félicité de l’ouverture, maintes fois ajournée, d’un tel musée, estimant qu’« une grande Nation ne se cache pas la vérité ». Et c’est en président afro-américain qu’il s’est exprimé, donnant à l’inauguration de ce lieu culturel une dimension politique.

Nous ne sommes pas un fardeau pour l’Amérique, une tache sur l’Amérique, un objet de honte ou de pitié pour l’Amérique. Nous sommes l’Amérique ! »

 « Moi aussi, je suis l’Amérique », a-t-il répété, reprenant les mots du poète noir américain Langston Hughes. « L’histoire afro-américaine n’est pas séparée de l’histoire américaine, elle en est une partie centrale, a-t-il ajouté. Ce musée va permettre de raconter une histoire plus riche, plus complète de ce que nous sommes. Il va nous aider à nous parler, à nous écouter les uns les autres et surtout, à nous voir les uns les autres. »

En référence aux mouvements de protestations qui ont émaillé l’histoire des Afro-américains et qui perdurent aujourd’hui dans la société, le président a rappelé qu’« aimer son pays et protester » sont deux attitudes qui non seulement « coexistent mais s’enrichissent ». « Ce musée peut, peut-être, aider un visiteur blanc à comprendre la souffrance et la colère de manifestants, dans des endroits tels que Ferguson et Charlotte », a-t-il ajouté, en référence à deux villes où des émeutes ont éclaté après la mort d’un Noir tué par la police, en 2014 à Ferguson (Missouri), et ces derniers jours à Charlotte (Caroline du Nord).

Posé à l’ombre de l’obélisque du Washington Monument et au cœur des mémoriaux et musées qui fondent l’identité nationale américaine, à mi-chemin du Congrès et de la monumentale statue d’Abraham Lincoln, qui mit fin à l’esclavage, l’imposant bâtiment de six étages évoque une couronne africaine composée de 3 600 plaques forgées – hommage au travail des esclaves dans les Etats américains du Sud aux XVIIIe et XIXe siècles.

Projet centenaire

L’idée d’honorer la mémoire des Afro-Américains remonte à 1915  : des anciens combattants noirs de la guerre civile (1861-1865) demandent alors – en vain – l’érection d’un mémorial. En 1929, le Congrès donne son accord à la création d’un musée mais, alors que le pays plonge dans la crise, lui refuse toute subvention.

A la fin des années 1960, dans la foulée des victoires liées aux droits civiques, l’idée est relancée, mais là encore, ni le monde universitaire ni le monde politique ne pousse en ce sens. «  Longtemps, le groupe dominant, l’homme blanc d’origine européenne, a choisi de ne pas inclure cette ­histoire dans le récit national  », nous déclarait Rhea L. Combs, la conservatrice du nouveau musée, lors de l’exposition préfigurant son ouverture, fin 2015.

Aussi l’ouverture du NMAAHC constitue-t-elle l’événement culturel de l’année dans la capitale fédérale. Les tickets d’entrée – gratuits, comme l’accès à tous les musées nationaux gérés par la Smithsonian Institution – se sont arrachés en quelques heures et il faut attendre le mois de décembre pour avoir une chance d’y accéder. Sur près de 40 000 mètres carré, dans un entrelacs de galeries, le visiteur va découvrir plusieurs milliers des 33 000 objets collectés depuis treize ans.

Présence de psychologues

Trois thèmes majeurs ont été retenus : l’esclavage, la ségrégation, la culture et le sport. La partie consacrée à l’esclavage fut la plus difficile à documenter. Au-delà des classiques chaînes d’esclaves ou des listes d’hommes, de femmes et d’enfants mis à prix, visibles dans bien d’autres musées à travers le pays, le NMAAHC est parvenu à réunir des objets inédits.

La collerette d’Harriet Tubman, une esclave du Maryland qui a facilité l’évasion de nombre de ses compagnons, voisine avec la Bible de Nat Turner, l’esclave de Virginie qui, en 1831, mena la rébellion la plus sanglante de l’histoire de l’esclavage. Cette Bible a été remise au musée par les descendants blancs d’une famille tuée durant ce soulèvement.

Pour illustrer la période ségrégationniste qui s’acheva officiellement dans les années 1960, le musée a réalisé un tour de force : exposer au sous-sol un wagon de train datant de 1918 avec des sièges réservés aux Noirs. Le wagon a été acheminé sur place avant les débuts des travaux et le musée a été construit autour de cette pièce.

On y découvre aussi la nappe sur laquelle fut rédigé l’argumentaire demandant la déségrégation scolaire dans les années 1950, ou le premier cercueil du jeune Emmet Till, un adolescent de 14 ans battu à mort dans le Mississippi pour avoir sifflé au passage d’une femme blanche. Les concepteurs du musée, conscients de la charge émotionnelle de certains passages de l’exposition, ont prévu la présence de psychologues.

Récit national

Plus légère, la partie consacrée à l’apport des Afro-américains à la vie culturelle, artistique et sportive des Etats-Unis présente la combinaison du premier astronaute noir, des costumes de scène d’artistes, la Cadillac du musicien Chuck Berry…

Ce voyage dans l’histoire sombre des relations raciales dans la société américaine doit, selon les concepteurs du NMAAHC, redonner à la population afro-américaine sa place dans le récit national. Tout en évitant plusieurs écueils : verser dans le militantisme ou risquer « de victimiser les Noirs et de culpabiliser les Blancs  ».

La commission mise en place par M. Bush l’avait conçu comme un lieu de « guérison » susceptible de contribuer à «  la réconciliation entre les races  ».

Signe que les tensions liées à la place de la communauté afro-américaine aux Etats-Unis n’appartiennent pas qu’au passé, le musée a fait le choix d’évoquer les événements les plus récents. Les visiteurs pourront donc découvrir un T-shirt siglé « Black Lives Matter », référence au mouvement qui prospère aujourd’hui dans la communauté noire pour protester contre les violences policières à l’encontre des Noirs.

Souhaitant toucher une audience qui irait bien au-delà de la population afro-américaine, les responsables du musée espèrent attirer 3 millions à 3,5 millions de visiteurs par an, juste derrière le Musée de l’espace.

L’ampleur de ce projet a nécessité une levée de fonds de plus de 500 millions de dollars (445 millions d’euros). La moitié du budget est assuré par le gouvernement fédéral, l’autre par des dons privés. Parmi ces donateurs, l’animatrice et actrice afro-américaine Oprah Winfrey a apporté à elle seule 21 millions de dollars, la fondation de Bill et Melinda Gates plus de 10 millions, la famille du basketteur Michael Jordan plus de 5 millions… En compagnie de l’acteur Will Smith, Mme Winfrey a déclamé des citations d’auteurs noirs lors de l’inauguration.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/09/24/obama-president-noir-inaugure-le-musee-national-afro-americain_5002992_3222.html#LP0qdEbjcooTtwo6.99

DECENNIE INTERNATIONALE (an II)

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PARTICIPEZ à l’enquête de BORDEAUX !

 

Enquête sur la mémoire de l’esclavage sur le territoire de Bordeaux

Le développement de la Ville de Bordeaux au 18e siècle est en grande partie dû au commerce triangulaire (la traite négrière) et au commerce en droiture (transports de denrées coloniales). Bordeaux fut en effet l’un des principaux port négrier en France, et le 1er port colonial. La Ville a engagé il y a plus de 10 ans un important travail de mémoire, car comme le disait le très regretté  Aimé Césaire, « le racisme a commencé avec la colonisation car il a fallu légitimer cette entreprise ».
Ce travail s’est traduit par différentes actions. Mais aujourd’hui, la ville de Bordeaux veut aller plus loin. Alain Juppé a donc confié le soin à une commission d’experts de lui faire des propositions d’ici la fin de l’année 2016 pour poursuivre et amplifier ce travail. Cette commission a souhaité être à l’écoute des demandes du grand public, c’est la raison pour laquelle elle a élaboré ce questionnaire dont le temps de réponse ne prend que quelques minutes.
Nous vous remercions par avance du temps que vous pourrez y consacrer.

La politique mémorielle menée à Bordeaux

Savez-vous que Bordeaux a été un port négrier ?

Savez-vous qu’il existe une commémoration annuelle chaque 10 mai pour la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions ?

Saviez-vous qu’un travail mémoriel a déjà été mené à Bordeaux ?

Selon vous, l’offre mémorielle portant sur l’esclavage au sein de la ville de Bordeaux est

Merci de préciser
Quel(s) rôle(s) ont à jouer selon vous les associations dans la politique mémorielle menée par la Ville de Bordeaux ?

Quelles sont celles que vous connaissez (pouvez-vous si possible préciser les coordonnées de chaque structure citée) ?

Représenter, montrer, figurer l’esclavage

Avez-vous déjà visité un lieu lié à l’esclavage à Bordeaux ?

Lequel ou lesquels ?

Parmi les sites de mémoire et d’histoire de l’esclavage ci-dessous, quels sont ceux que vous connaissez

(plusieurs réponses possibles)
L’offre de mémoire locale est-elle selon vous représentative de l’histoire de la ville ?

Pourquoi ?

Que manque-t-il à la ville de Bordeaux afin de compléter son travail entamé relativement à la mémoire de l’esclavage ?

Effets et impacts de la connaissance de la mémoire

Quelle signification donnez-vous à la commémoration annuelle nationale du 10 mai pour les mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions ?

(plusieurs réponses possibles)
Merci de préciser laquelle
Pensez-vous que la reconnaissance des mémoires traumatiques (esclavage, Shoah, colonisation,…) participe à une meilleure cohésion sociale et à une meilleure compréhension et acceptation d’autrui ?

Expliquez :

Remarques et suggestions :

Vous

Vous êtes

Age ans
Commune de résidence
Vous sentez-vous concerné par la mémoire et l’histoire de l’esclavage ?

Pourquoi ?

Cette étude respecte les directives de la Commission Nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Toutes les données récoltées sont anonymes et protégées.

50 ans D’ALPHABETISATION EN UNESCO

9  SEPTEMBRE 2016  JOURNEE  INTERNATIONALE   DE  L’ALPHABETISATION

         « LIRE    LE   PASSE ,  ECRIRE L’AVENIR »

Une banane ?

Quel est le meilleur moment pour manger une banane ?

 

Spinal Crunch

Si l’on vous demande quel est le meilleur moment pour manger une banane, vous répondrez sûrement que c’est quand elle est mûre. Oui, vous avez raison, mais une banane verte ou pas mûre a aussi sa part de bienfaits… Décryptage.

Selon l’avis de plusieurs nutritionnistes, il y a autant d’avantages que d’inconvénients à manger une banane mûre qu’une banane verte. Dans cet article, nous vous présentons les bienfaits et les contre-indications de chacun des deux types, et à vous de décider de celui qui vous convient le mieux !

Les bananes mûres

De nombreux spécialistes affirment que les propriétés préventives du cancer sont plus fortes si la peau de banane a des taches noires. Ces dernières sont en effet des signes de la présence de TNF (Tumoral Necrosis Factor ou facteur de nécrose tumorale) dans le fruit, qui permet d’inhiber le développement des cellules cancéreuses dans le corps.

Les bananes mûres sont aussi très riches en antioxydants, en potassium et en vitamines B et C. Selon une recherche japonaise, on obtient les bienfaits optimaux d’une banane quand elle est complètement mûre. De plus, cette dernière vous aidera à booster votre digestion, car l’amidon qu’elle contient se transforme en sucre plus facile à digérer et sa forte teneur en fibres permet de réguler le transit intestinal et de résoudre les problèmes de constipation. Elle permet également de renforcer les défenses du système immunitaire 8 fois plus qu’une banane verte…

L’ingéniosité au service du confort

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Toutefois, les bananes mûres sont plus riches en sucre et peuvent augmenter le taux de glycémie chez les personnes diabétiques.

Les bananes vertes ou pas mûres

Les bananes pas mûres, quant à elles, contiennent beaucoup de bactéries probiotiques (saines) qui se développent dans le gros intestin et réduisent le risque de cancer du côlon. Très riches en amidon, les bananes vertes sont un puissant allié minceur. L’amidon qu’elles contiennent est résistant et demande plus de temps pour être digéré par le corps, ce qui garantit un apport énergétique et une sensation de satiété durables. De plus, cette fibre alimentaire stimule la libération de glucagon, une hormone qui augmente la vitesse à laquelle notre corps brûle ses graisses. Moins la banane est mûre, plus elle contient d’amidon résistant qui réduit le taux de sucre dans le sang et la production d’insuline et augmente la sensibilité de l’organisme à ce dernier, ce qui est très bénéfique pour les personnes diabétiques.

En tout cas, qu’elle soit plus ou moins mûre, la consommation de banane reste très bénéfique pour l’organisme, car en plus des bienfaits déjà cités, elle permet de prévenir et de traiter l’anémie, les brûlures d’estomac, la dépression, les nausées, le manque de concentration, etc.

Cependant, les personnes qui souffrent de troubles rénaux doivent limiter leur consommation de banane à cause de sa forte teneur en potassium et de leur capacité réduite à l’éliminer, au risque de souffrir d’une hypertension artérielle, d’œdèmes ou de décompensation cardiaque.

Pour terminer, nous vous proposons la meilleure méthode pour peler une banane !

Inspirée par le plus grand consommateur et amateur de bananes, le singe, la meilleure méthode pour peler une banane est la suivante : contrairement à ce que nous faisons tous, nous devons prendre la banane par le bout plat, qui n’a pas de tige. Il suffit de le pincer des deux côtés entre le pouce et l’index de chaque main, et la peau va se diviser facilement en deux parts bien distinctes.

Source  SANTE+Magazine

Avantages pour la santé de manger la fleur de banane

fleur-de-banane3

 

  • Régule le cycle menstruel
  • C’est le meilleur aliment pour les mères allaitantes et les patients du diabète
  • Guérit l’anémie
  • Assure l’efficacité de la fonction rénale
  • Soulage la constipation
  • Guérit les ulcères
  • Réduit l’hypertension artérielle
  • Renforce l’utérus

Etape 1: Prenez une casserole et ajoutez 2 cuillères à soupe d’huile de coco

Etape 2: Ajoutez des graines de moutarde et attendez jusqu’à ce que ça grésille

Etape 3: Maintenant, ajoutez un oignon haché et des piments verts, et faites-les bien revenir

Etape 4: Ensuite, ajoutez la fleur de banane hachée (égouttez bien) dans la casserole

Etape 5: Ajoutez du sel, du curcuma, des feuilles de curry et de la poudre de coriandre (selon le goût)

Etape 6: Mettez un petit peu d’eau dans la casserole, couvrez et attendez jusqu’à ce que ça soit cuit

Etape 7: Avant que la préparation soit complètement terminée, ajoutez la noix de coco râpée et mélangez bien

 

NON ! Monsieur FILLON, PARTAGER N’EST PAS…

exploiter l’autre et ses richesses sans lui donner d’équivalence en retour, ni le réduire en esclavage, mais le RESPECTER dans toutes les dimensions de sa personne , comme vous savez si bien l’exiger  révolver à la main …!

Tribune – Marie-Michèle Darsières
| Décidemment certains ont la dent dure. Ils sont incorrigibles !

« Non, La France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord, » a déclaré dimanche 28 août, à Sablé-sur-Sarthe, le candidat à la primaire à droite, François Fillon. Et il a ainsi fustigé les enseignements scolaires qui apprennent à avoir « honte » de son pays.

Voici qu’au nom d’un populisme de droite le plus abject qui soit, on peut encore en 2016, entendre, en France, malgré la polémique qui avait valu la suppression de la phrase sur « le rôle positif de la présence française outre-mer, » que prônait le deuxième alinéa de l’article 4 de la loi du 23 février 2005, après la déclaration affligeante de Sarkozy, selon lequel « l’Afrique n’est pas assez entrée dans l’Histoire », nous voilà revenus, à la belle époque « de la mission civilisatrice de la colonisation » … !

Est-ce une façon d’effacer, de nier, de rayer cette autre France, accouchée dans la douleur du monde colonial et de l’immigration ? cette France venue d’ailleurs, mais qui semble étrangère au candidat à la primaire de droite ? cette France multiple, issue de la colonisation justement ? cette France là est un soubassement de l’espace national. Et elle n’a pas de frontières, elle est un patrimoine. C’est elle qui a partagé sa culture avec générosité. Sa pharmacopée, sa biodiversité, ses mers, ses terres, ses modes de vie, son art, sa musique, sa cuisine, son vocabulaire, son métissage. C’est elle qui devrait continuer à éclairer chaque pensée qui se voudrait confuse et « européo-centrée ». Cette France là, s’est construite avec et autour de tous les peuples qui ont passé ses frontières, réfugiés politiques ou anciens colonisés, chacun apportant dans ses bagages, sa culture, son âme . L’Arménie, la Russie, la Pologne, mais aussi les Amériques, toute l’Afrique, l’Asie , les peuples du Pacifique. Comment nier toutes ces cultures millénaires et leurs richesses humaines, culturelles et scientifiques, la sagesse amérindienne , la civilisation précolombienne, les grands empires du Sahel ou de l’Afrique australe, de Madagascar, du monde maori et mélanésien, malais et austronésien parmi d’autres… ? Ignorer tous ces apports, vouloir les gommer et revendiquer un partage à sens unique d’une mission « civilisatrice » , semble être un exercice de « haute voltige » , extrêmement périlleux…auquel s’est risqué François Fillon qui n’hésite pas à dire : « Si je suis élu président de la République, je donnerai instruction au ministre de l’éducation nationale d’abroger ces programmes et de demander à trois académiciens de renom de s’entourer des meilleurs avis afin de les réécrire, avec l’idée de les concevoir comme un récit national…en partant de la France et en axant ce récit sur celle-ci et non en le diluant, comme on le fait aujourd’hui, dans l’études de faits généraux « mondialisés ». Autrement dit, ce serait au chef de l’Etat de donner l’ordre de réécrire l’Histoire, selon ses propres critères avec des « académiciens de renom » dont on devine aisément qu’ils ne seraient pas issus des anciens pays colonisés .

Ce discours est largement dépassé, puisque Outre-Manche par exemple , depuis une trentaine d’années, l’Angleterre, pays en perpétuelle « concurrence » avec la France pendant l’époque coloniale, a déjà beaucoup avancé en changeant de paradigme pour écrire un autre récit du monde, une autre géographie au sens très étendu du terme.

Pour reprendre ses termes : « …en partant de la France et en axant ce récit sur celle-ci et non en le diluant, comme on le fait aujourd’hui, dans l’étude de faits généraux mondialisés », François Fillon , clairement, s’oppose au courant des postcolonial studies qui s’inscrit depuis quelques années, dans le débat français.

Entre la mise en accusation du modèle républicain et le refus de la « repentance », il y a en France une place pour l’examen critique, qui offre la possibilité de repenser le pluralisme de la société, en déjouant les contradictions d’un universalisme fondé sur une vision de l’Autre essentialisée et infériorisante, tout en gardant la capacité à dénouer les identifications abusives aux situations passées, pour une meilleure acceptation des différences et la richesse d’un avenir mieux partagé et nécessairement apaisé.

FILLON, à l’aise dans le cambouis identitariste
Tribune – Gilbert Pago | A Sablé-sur-Sarthe, ce dimanche 28 août, l’ancien premier ministre, François Fillon, candidat à la candidature présidentielle aux primaires de la droite et du centre s’est est pris aux programmes scolaires dont il pense le plus grand mal. Ce faisant, il s’intéressait à ce qui nous importe.

Ecoutons l’argumentaire : Il s’insurge contre les enseignements qui apprennent aux élèves à avoir « honte » de leur pays : la France. Il se mobilise afin de « retrouver la confiance dans notre patrie » et de « revoir l’enseignement de l’Histoire à l’école primaire ».

Il s’insurge contre le fait que les enseignants sont » obligés d’apprendre aux enfants à comprendre que le passé est source d’interrogations » car « Faire douter de notre Histoire ! Cette instruction est honteuse ! ».

Puis il se met à expliciter ce dont il s’agit.

Ecoutons ce qu’il assène : « Non, la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du nord ». « Non la France n’a pas inventé l’esclavage ! La France, c’est quinze siècles d’histoire depuis le baptême de Clovis à Reims ».

En fait il ne renie ni la colonisation, ni l’esclavage. Son propos valide le fameux article 4 de la loi de février 2005 qui vantait le « rôle positif de la colonisation française » en insistant sur le dessein de faire partager la grande culture française et européenne. Il s’aligne sur le discours de décembre 2015 de la députée F.N. Marion Maréchal Le Pen qui elle aussi est tonitruante sur la « France depuis le baptême de Clovis à Reims ».

Mais il ne s’arrête pas à ce curieux compagnonnage. Il enfonce encore le clou.

Ecoutons ce qu’il égrène : « La France, c’est Saint Louis, c’est Louis XI, c’est Louis XIV, c’est les révolutionnaires de 1789, c’est Bonaparte, c’est Napoléon III, La troisième république, Thiers, Ferry, Jaurès, Clémenceau, Poincaré, De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac ».

Il les mélange tous, eux ces grands hommes (Ce sont d’ailleurs tous des mâles !). Qu’ils aient été : l’esclavagiste Louis XIV et son code noir, le Bonaparte rétablissant l’esclavage en 1802, Napoléon III le suppôt des ségrégationnistes coloniaux contre les acquis abolitionnistes de 1848, Thiers le massacreur des communards, Ferry le chantre zélé des partages coloniaux de l’Afrique et de l’Extrême Orient. Il y ajoute quelques figures plus présentables, sinon pour montrer la complexité de l’histoire mais surtout pour effacer tout ce qui ressemble aux idées émancipatrices, en les noyant dans un grand tout.

On peut penser que le discours électoral de François Fillon n’a pas une importance stratégique et qu’il est aussi niais que les propos de Laurence Rossignol sur ces « Nègres » qui auraient accepté l’esclavage. On peut se gausser de ce que l’ex premier ministre de tout un quinquennat, ait les mêmes références que cette dignitaire d’extrême droite fière d’être la petite fille de Jean-Marie Le Pen. Nous sommes dans ce moment pénible des montées des chauvinismes nationalistes, des poussées populistes du rejet de l’autre, des affirmations de sectarisme racialiste, des replis identitaristes ; tout ceci accompagnant la crise mondiale. Mais nous devons nous interroger sur l’esprit de fermeture de dirigeants politiques qui voudraient électoralement surfer sur ce qui est une régression du vivre ensemble et n’acceptant pas un monde qui s’ouvre continument et se métisse inexorablement.

Pour que la France avance, pour que l’Europe aille de l’avant, pour que l’humanité entière se propulse et pour que nous Antillais nous progressions, il faut refuser le « négationnisme » de l’histoire du monde, c’est à dire de notre histoire à toutes et à tous. Il faut tant du côté des descendants des vainqueurs que du côté des descendants des vaincus, que du côté de l’imposant métissage et créolisation du monde que nous affrontions notre nouvel univers. La colonisation des temps modernes n’a pas été comme une volonté « de faire partager sa culture » à des peuples « attardés et inférieurs ». Ces peuples ont connu des degrés de développement qui souvent ont été économiquement, techniquement et intellectuellement en avance sur la chrétienté médiévale. L’attardement et l’infériorité n’étaient pas leur caractérisation. L’expansion européenne a été d’abord une entreprise de domination. Ce fut l’écrasement de sociétés, la négation de cultures, l’effacement des religions autres que chrétiennes, l’appropriation de ressources et de main d’œuvre. François Fillon nie tout cela en se sentant solidaire d’une majorité de Françaises et de Français pour lesquels on trafique l’histoire. Mais le danger existe aussi, pour nous, si nous refusons sinon de regarder le passé mais de le connaître sérieusement, de le faire connaître pour éviter d’autres raccourcis et impostures dangereuses.

Au XVème siècle, les navigateurs-marchands du sud de l’Europe (principautés italiennes et royaumes ibériques) explorent de « Nouveaux Mondes ». Il leur fallait l’accès direct aux richesses qui parvenaient par les caravansérails et les Sarrazins infidèles. C’est ainsi que le pape Nicolas V s’adressant au roi du Portugal dont les vaisseaux longent les côtes de l’Afrique, lui accorde par sa bulle du 8 janvier 1454, le privilège suivant : 8 janvier 1454

« Au roi Alphonse du Portugal, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins (i.e Africains), païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient, avec leurs royaumes, duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les biens par eux détenus et possédés, de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle, (…) de s’attribuer et faire servir à usage et utilité ces dits royaumes, duchés, contrés, principautés, propriétés, possessions et biens de ces infidèles sarrasins (Africains) et païens… ».

Comme on le constate, il n’y a rien là d’un affichage de « partage de culture » mais une affirmation au libre droit de la conquête, de la rapine, de l’écrasement de religions différentes et de la mise en esclavage.

Trente neuf ans plus tard, après l’arrivée en Amérique de Christophe Colomb et la vision des richesses à portée de sabres, le 4 mai 1493, le pape Alexandre VI rédige la bulle « Inter Cætera » qui partage, entre l’Espagne et le Portugal, les « nouvelles terres découvertes et à découvrir ». Cette bulle est confirmée par le fameux traité de Tordesillas du 7 juin 1494 et met tout le Nouveau Monde sous le contrôle de la péninsule ibérique, avec l’appui décisif de la papauté.

Pour la suite de notre propos, nous ne nous limiterons qu’au cas de la France, en n’abordant pas l’Angleterre, les Pays Bas, le Danemark ou la Suède, et c.

A la fin du premier tiers du XVI ème siècle, François 1er, roi de France, s’attache à obtenir la limitation de la portée de la bulle « Inter Cætera ». Il obtient une déclaration (mais pas une bulle !) du pape Clément VII restreignant la souveraineté des Etats ibériques aux territoires déjà découverts à cette date. D’ailleurs, en1534, Jean Le Veneur, évêque de Lisieux et grand aumônier du roi, conseille à François Ier des expéditions pour découvrir « certaines îles et pays où l’on dit qu’il se doit trouver grande quantité d’or et autres riches choses ». Aux protestations espagnoles nées de la conquête de la « Nouvelle France » en Amérique du Nord, François 1er a cette répartie : « Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde ». Là encore, il s’agit d’or et de riches choses mais toujours pas de partage de culture.

Après que le roi Bourbon ait conquis sa « Nouvelle France », Montaigne, en quête d’ouverture sur le monde, rend visite aux trois Amérindiens conduits à Rouen par des marchands-navigateurs en 1562. Dans son livre premier « Les Essais », il livre, en 1580, une réflexion qui met à mal l’expression « Les Cannibales ». Mais surtout en 1588, dans son livre III, chapitre VI, il émet ce jugement sur la colonisation :

« Notre monde vient d’en trouver un autre…aussi grand, rempli et fourni que lui…J’ai bien peur que nous ayons fort hâté son déclin et sa ruine par notre contagion, et que nous ayons bien cher vendu nos opinions et nos arts…ce qui les a vaincus, ce sont les ruses et les boniments avec lesquels les conquérants les ont trompés…Nous nous sommes servis de leur ignorance et de leur inexpérience pour les mener à la trahison, à la luxure, à la cupidité et à la cruauté, sur le modèle de nos mœurs. Les facilités du négoce étaient-elles à ce prix ? Tant de villes rasées, tant de nations exterminées, tant de millions d’hommes passés au fil de l’épée, la plus riche et la plus belle partie du monde bouleversée, pour faire le trafic des perles et du poivre : Méprisables victoires !… ».

Passées les guerres de religion, La France étend au XVII ème siècle ses rêves coloniaux. Avec ses péroutiers et flibustiers, elle jette son dévolu sur les « Isles du Pérou », c’est à dire les Petites Antilles dites Isles du vent. De 1625 (Installation à Saint Christophe, actuel Saint Kitts) à 1660 (Traité repoussant les Kalinagos – Caraïbes – aux seules îles de Dominique et Saint Vincent, les Français (quelquefois alliés à leurs rivaux Anglais) ont combattu et massacré les Kalinagos. Ceci se passa à l’île de la Tortue, à Saint Martin, à Saint Eustache, à Saint Christophe, à Antigua, à Montserrat, en Guadeloupe, à Marie Galante, aux Saintes, en Martinique, à Sainte Lucie, à Grenade. Tout cela en trente cinq ans, ramenant la population Kalinago à moins de 10% de son chiffre d’avant 1625. Rien de cela ne s’apparente à un « partage de la culture française ». De plus, c’est à cette époque que la France se lance dans le trafic négrier et l’esclavage. Les flibustiers et colons français en s’implantant dans les années vingt, sur les îles, ont des esclaves noirs qu’ils ont acquis de certains Kalinagos, ou surtout auprès des Espagnols pratiquant la traite négrière africaine, ou encore des esclaves enlevés lors de leurs rapines.

Très vite, flibustiers et marchands navigateurs s’investiront dans le trafic négrier, quoique le « roi très chrétien » de France ne l’autorise pas. Il n’accorde ni lettres patentes ni recommandation ; par contre son administration et ses ministres ferment les yeux. En 1638, Richelieu autorise la Compagnie du Cap Vert et du Sénégal créée en 1626, à pratiquer la traite négrière pour fournir les îles en esclaves. En 1642, Louis XVIII autorise la traite négrière et l’esclavage, sous le haut commandement de la Compagnie des Isles d’Amérique. La France, en effet n’a pas inventé l’esclavage mais elle s’en est servie et surtout, elle a violé ses principes administratifs internes et son code de conduite spirituelle de « pays très chrétien » puisqu’elle interdisait l’esclavage dans son royaume et son choix religieux gallican. Vint l’Edit de mars 1685 appelé plus tard Code Noir qui officialisait la pratique. Là, nous retrouvons Louis XIV, cité parmi les emblèmes de la France.

Nous retrouvons, au début du dix neuvième siècle, Napoléon Bonaparte en 1802, qui rétablit l’esclavage dans les colonies françaises alors que la Révolution l’avait abrogée en 1794.

Une gloire française qui revient sur une avancée de la plus haute importance qui condamnait un crime contre les droits humains.

Il fallut 16 ans pour que la suppression de la traite négrière imposée par le traité de Vienne de 1815, ne soit effectivement appliquée dans les colonies françaises en 1831. Il fallut 55 ans après la suppression en 1793 de l’esclavage à Saint Domingue (la future Haïti), 54 ans après la loi de 1794 (16 pluviôse an II), 30 ans après les premières abolitions en Amérique du sud, 15 ans après l’abolition dans les colonies anglaises et près d’une vingtaine d’insurrections dans les colonies françaises pour la victoire définitive de l’émancipation. Tout un demi-siècle pour la victoire à la fois, des esclaves, des libres de couleur, des abolitionnistes, de l’exemple des émancipations déjà réalisées et de la Révolution de 1848. Mais il y a eu les réticences, les tentatives de retour, les politiques ségrégationnistes des «incorrigibles », les nouvelles pratiques de colonisation pour les contrats d’engagement des Indiens, des Chinois, des Congos, pour le « partage de l’Afrique » et l’asservissement de l’extrême Orient.

Jules Ferry est celui qui a le mieux symbolisé la nouvelle donne coloniale du dernier tiers du dix neuvième siècle.

D’abord la question économique :

« La concurrence, la loi de l’offre et de la demande, la liberté des échanges, l’influence des spéculations, tout cela rayonne…jusqu’aux extrémités du monde. C’est là un problème extrêmement grave… ce grand marché de l’Amérique du Sud nous sera disputé et peut-être enlevé par les produits de l’Amérique du Nord. Il faut chercher des débouchés… »

Puis la question stratégique :

« Je dis que la politique coloniale de la France, … qui nous a fait aller, sous l’Empire, à Saigon, en Cochinchine, … qui nous a conduit en Tunisie, … qui nous a amenés à Madagascar, je dis que cette politique d’expansion coloniale s’est inspirée d’une vérité… : à savoir qu’une marine comme la nôtre ne peut pas se passer, sur la surface des mers, d’abris solides, de défenses, de centres de ravitaillement. (…) Rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, (…) c’est abdiquer, et, dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c’est descendre du premier rang au troisième et au quatrième… »

Enfin la question culturelle, vue d’un point de vue raciste :

« … il y a… un second ordre d’idées … : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question…Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures…Les races supérieures… ont le devoir de civiliser les races inférieures… Quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation. »

C’est malheureusement cette argumentation que reprennent tous les racistes du monde, tous les nostalgiques des colonisations, toutes les étroitesses nationalistes qui refusent les autres qui sont différents. Par contre le grand public soumis aux contraintes économiques, sociales et sociétales se laisse prendre à ce discours qui empêche l’épanouissement humain. Il faut rejeter ces thèses non seulement celles des extrêmes droites, mais aussi les références à la loi de la honte de février 2005, puis encore le discours de Dakar de Sarkozy et la charge de Fillon.

Il est possible de construire un autre monde !

Fort de France, le Jeudi 1er septembre 2016.

Tribune – Sylvie Meslien, historienne, enseignante d’Histoire-Géographie |
Cette intervention est une réaction à une partie du discours de François Fillon tenu le 28 août 2016 à Sablé sur Sarthe.

C’est un fait certain, par delà les clivages politiques derrière lesquels certains se cachent, il est des hommes qui pour justifier leur pensée nationaliste la plus primaire souhaitent renier des pans d’Histoire de la France sous des prétextes fallacieux. Ils souhaiteraient que soit effacées des manuels scolaires des pages qui selon eux ne participent pas à la grandeur de la France et dans lesquelles, ils ne se reconnaissent pas. Cette Histoire qu’ils renient, c’est la mienne, et j’exprime mon refus de la voir disparaitre des livres d’histoire des écoliers. Ce serait une nouvelle injure faite à toutes ses luttes entamées par mes ainés et mes compatriotes pour les y inscrire.

En cette période de crise économique et sociale, l’actualité expose chaque jour un retour en arrière : le refus de l’acceptation de l’autre et de sa culture : pourtant cet « autre » que l’on rejette contribue et a contribué à la réussite de la France. Tous ces discours trouvent leur justification dans les difficultés que rencontre actuellement la Nation, les attentats terroristes d’extrémistes islamistes révélant la vraie nature des uns et des autres et servant de justifications et de prétextes aux pensées jusqu’alors enfouies et qui puisent leurs racines dans le révisionnisme et le racisme.

Peut on prétendre renier toute une partie de l’Histoire de la France, de l’apport des sociétés, ex colonies, qui ont contribué à la grandeur et à la richesse de la société française sans que cela ne suscite de réactions ? Car l’histoire de mon île (la Martinique), des Antilles, des anciennes colonies françaises d’ »Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord » font partie de l’Histoire de la France.

La France, terre de « partage »

« La France ne serait pas coupable d’avoir voulu partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord ? » N’est-ce pas faire l’oubli que ce partage de la France avec les peuples qu’elle colonisait se fit le plus souvent par le fer et le feu, la Bible dans la main : partage brutal qui entraina le génocide de populations ; des autodafés de documents précieux ; des destructions de monuments ; des expropriations de terres des autochtones que l’on substitua par des colons qui façonnèrent ces parties du monde selon la vision des états dont ils étaient originaires. Pour s’enrichir toujours plus, l’état de Louis XIII autorisait la traite négrière et l’esclavage de millions d’hommes et de femmes extraits du continent africain. Louis XIV légitima et légiféra sur cet état de fait et ordonna la mise en œuvre d’un texte particulièrement odieux qu’est le code noir (1685). Cet infâme commerce, que la « France n’a pas inventé » participa à la richesse et à la grandeur de la France.

« Le partage » ce fut également l’asservissement de peuples pour travailler dans des mines, dans des champs, réservant à ces populations dites « sauvages » des conditions de vie et de travail innommables, entrainant pour ces populations la disparition et l’extinction de leurs cultures pour le seul profit de quelques états dont la France faisait partie.

« Le partage », ce fut le refus de la culture de l’autre pour la substituer à celle plus « chrétienne » et plus « occidentale » de la France coloniale.
« Le partage », ce fut la spoliation des terres de ces peuples qui n’avaient pas demandé à accueillir, ni à recevoir.

« Le partage » ce fut le choc bactériologique, maladies courantes de France et d’Europe comme la grippe, la rougeole, la variole et la varicelle qui se propagèrent dans ces contrées lointaines, décimant des populations entières et entrainant un véritable ethnocide.
Le « partage » ce furent ces guerres de Croisades menées en Afrique (Saint Louis), les guerres coloniales des XVII et XVIIIe siècles qui se poursuivirent au XIXe et XXe siècles.

Le « partage » ce fut le rétablissement de l’esclavage par Napoléon 1er (anciennement appelé Bonaparte), le Second Empire (Napoléon III), la Troisième République et les exactions qui furent commises pour profiter de cet empire colonial, l’un des plus grands et des plus étendus, en Afrique et en Asie et qui a participé à la puissance de la France.

De ce partage qu’est-ce que la France a reçu en retour ?

Peut-on faire fi des contributions que ces peuples ont apportées à la France ? Dès le Moyen-Âge, la France s’est enrichie du savoir des Arabes, des Asiatiques, des Africains et des Amérindiens. Ces apports ; tant dans les sciences, la médecine, le culinaire, les mathématiques, la philosophie ou la géographie, la botanique, les lettres ; ont permi des progrès dans toutes les strates de la société

française. La France est sortie du Moyen-Âge pour entrer dans l’époque moderne grâce à l’apport de ces civilisations. Durant la période des lumières au XVIIIe siècle, les colonies ont inspiré les philosophes et les penseurs, le mouvement a permis à la France de sortir des « ténèbres de l’ignorance ». La rencontre de l’Afrique, de l’Asie, des Amériques avec l’Occident provoquent et participent aux Révolutions industrielles. Durant les deux conflits mondiaux (1914-1918 et 1939- 1945), des hommes originaires des colonies ont payé le prix du sang pour sauver l’honneur de la France, sans que par la suite leur valeur soit reconnue à sa juste mesure. La langue française « langue magnifique », sa culture, son patrimoine sont riches des apports de toutes les cultures des pays que la France a colonisés.

La France riche des ses héros … Noirs

L’Histoire de France ce sont aussi des héros comme Delgrès, Toussaint Louverture, la négresse Solitude, Aimé Césaire, Félix Eboué, Camille Mortenol, Battling Siki, Roland Garros, Charles N’Tchoréré, Léopold Sédhar Senghor, Gaston Monnerville, Félix Houphouët Boigny. La liste est longue de ces héros ultramarin qui ont contribué à l’écriture de l’Histoire de France et porté haut les couleurs et les valeurs de celle-ci.

La loi Taubira (2001) que l’on met à mal depuis quelque temps, est une loi qui renforce la grandeur de cette France, seul état occidental à avoir reconnu la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Reconnaitre et apprendre ces pages d’Histoire à l’école, faire ce travail de mémoire (trop longtemps occultée), ce n’est pas accabler ou culpabiliser la France, mais c’est définir et admettre sa part de responsabilité, pour que demain nos enfants puissent aller de l’avant et trouver leur place au sein de la Nation française.

Pour finir ce propos, M. Fillion sait-il seulement que l’un des maires de la commune dans laquelle il fut lui même élu et où il tint son discours, était un martiniquais nommé Raphaël Élizé arrière petit fils d’esclave, vétérinaire, maire de Sablé sur Sarthe dans les années 1930, rejeté à cause de sa couleur, et qui entra en résistance lors du second conflit mondial, il fut interné à Buchenwald et tué lors d’un bombardement ? Certainement que cette histoire mériterait de trouver sa place dans les manuels scolaires..

 

 

Eugène LARCHER Maire de Les Anses d’Arlet
President de l’Espace Sud

« Je tiens à dénoncer fermement les propos honteusement révisionnistes tenus par M. François Fillon, samedi 3 septembre à La Baule, sur la colonisation, propos doublés d’une conception obscurantiste de l’enseignement de l’histoire. »

 

Le « partage » de la culture selon un certain Monsieur FILLON
Tribune – Francis Carole, conseiller exécutif de la Martinique

| La déclaration de François FILLON, le dimanche 28 août, à Sablé-sur-Sarthe, exhale l’odeur pestilentielle de tous les discours révisionnistes et négationnistes sur l’esclavage et la colonisation. « Non, La France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord », s’indigne l’ancien premier ministre français.

Le propos, à vrai dire, n’est pas nouveau. L’article 4 de la loi du 23 février 2005-que nous avons combattu en son temps-s’inscrivait dans la même veine fangeuse.

Il affirmait : « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit » (article 4, alinéa 2).

Le prêchi-prêcha d’un certain Nicolas SARKOZY, à l’université Cheikh Anta Diop, à Dakar, le 26 juillet 2007, affichait encore plus violemment la volonté de rejeter le continent africain dans un éternel immobilisme, alors même que l’Afrique est le berceau de la civilisation : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est jamais entré dans l’histoire.[…]. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour le progrès. »

Toutes ces prises de position ont en commun la négation du crime de l’esclavage, l’apologie du colonialisme, le mépris des civilisations non-européennes et le mythe européocentrique d’une prétendue « mission civilisatrice de la France » qui sépare les êtres humains en’ »races supérieures » et en « races inférieures ».

Le « partage » en question, soit dit en passant, ne s’opérait d’ailleurs qu’en sens unique puisqu’il n’était pas imaginable pour le colon d’accepter, lui, de partager ( au sens propre) la culture de celui qu’il pensait avoir le droit de dominer éternellement. L’autre n’appartenait-il pas aux races inférieures ? Tout au plus pouvait-il espérer être assimilé à la culture du colonisateur.

Ce que François FILLON appelle voluptueusement « partage » a été en réalité une entreprise systématique de mépris, de destruction, de violence sans nom, d’élimination de populations entières, d’écrasement des cultures. Adepte d’une pensée provincialiste, FILLON, comme tous ses prédécesseurs d’une certaine philosophie française, soliloque cyniquement sur l’amas de désastre absolu, encore fumant, laissé par la traite négrière et la colonisation. Ce désastre se poursuit aujourd’hui à travers une mondialisation qui, à bien des égards, n’est qu’un prolongement de l’impérialisme et des crimes d’une histoire lourde.

Il y a quelque chose de viscéralement indécent et insidieux à vouloir justifier un quelconque « rôle positif » de la colonisation et encore davantage à chercher fallacieusement à confondre partage avec l’autre et anéantissement de l’autre.

Quel citoyen français tolérerait qu’un candidat au poste de chancelier de l’Allemagne ( Bundeskanzler) déclare que l’occupation de la France par les nazis, entre 1939 et 1944, exprimait une volonté bienveillante de HITLER de faire « partager » aux Français la culture aryenne ?

En outre, si l’on accepte la vacuité perfide et intellectuellement irresponsable du raisonnement de François FILLON, ne devrait-on pas presque s’accommoder de la violence aveugle des « djihadistes » qui, tout compte fait, ne sauraient être jugés « coupables » de vouloir simplement -certes, à coups de bombes et de décapitations- « faire partager » ce qu’ils considèrent comme leur « culture religieuse » ?

François FILLON, en disant ce qu’il a dit à Sablé-Sur-Sarthe n’a pas simplement commis un impair. Il a énoncé ce que l’on pouvait énoncer de pire : justifier l’injustifiable au nom de la pire des idéologies.

En cela il n’est pas pardonnable.

 

 

L’effrayant « partage » de M. Fillon
Tribune – Serge Letchimy, Député de la Martinique

| Il est bien triste qu’en plein 21ème siècle, l’on soit forcé de rappeler à un homme politique d’importance, ancien Premier Ministre d’une des plus grandes démocraties d’Europe, admirable Patrie des Droits de l’Homme, qu’aucun bénéfice politicien ne saurait excuser la régression morale ou une ignoble négation de l‘Histoire.

Ce que M. Fillon appelle « partager sa culture », n’est autre que cette frappe coloniale que Césaire depuis 1950 a magistralement décrite dans le Discours sur le colonialisme : Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine… J’avais eu l’occasion de le rappeler en son temps à M. Claude Guéant, mais j’avoue que face à la régression de M. Fillon ce n’est pas la colère qui me vient, mais un profond sentiment de pitié. Parvenir à un tel niveau politique, et rester incapable de se rendre compte qu’avec ces harangues populistes, il offense des millions de personnes victimes de Traite, d’esclavage, de génocides, des millions de communautés dans tous les coins de la terre à tout jamais démantelées, et qu’il offense tous ceux qui dans les Outre-mer l’ont reçu en grande pompes et qui se taisent maintenant.

L’enfant d’un viol peut devenir un être formidable. Ce qui surgit d’un crime peut parfois se révéler précieux pour le vivant ou pour l’humanité. Faudrait-il pour autant célébrer et ce viol et ce crime, et en tirer fierté ? La France n’a pas inventé l’esclavage. D’accord. Mais Hitler non plus n’avait pas inventé les camps de concentration. Faudrait-il dès lors l’en absoudre et le retirer des irrémédiables infamies de l’histoire ? La colonisation ne saurait avoir engendré quelque effet positif que ce soit : juste des océans de souffrances et des germinations hasardeuses du vivant.

M. Fillon, on le voit bien, tente de précéder M. Sarkozy dans le marais identitaire — lequel ratisse déjà en large dans les caniveaux du Front National. C’est une option, mais c’est surtout un renoncement : on y perd sa décence. Pour ne pas dire son âme

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