L’USAGE DES CATEGORIES RACIALES EN OUTRE-MER – 15 Mai 2018

 Silyane LARCHER, Fanny MALEGUE et Benoît TREPIED

Silyane Larcher (URMIS, CNRS), « Citoyenneté et fabrique de la ’race’ durant la période post-esclavagiste aux ’vieilles colonies’ (1848-1890) »

Si en vertu du principe révolutionnaire d’universalité des droits du citoyen, l’abolition de l’esclavage par la Seconde République en 1848 a institué la pleine égalité civile et politique entre citoyens (masculins) de la métropole et ex-esclaves des « vieilles colonies » de plantation, l’égalité civique n’a pas pour autant impliqué la pleine inclusion de ces derniers dans la « communauté des citoyens » (Dominique Schnapper, 1994). La citoyenneté française (droits civils et droits politiques) s’est en effet accompagnée aux Antilles (mais aussi en Guyane et à la Réunion) d’un régime législatif dérogatoire au droit commun. Ces « colonies de citoyens » (Laurent Dubois, 2004) furent régies par un régime juridique les plaçant en dehors des lois applicables en métropole. Quelle « pensée d’État » permit de faire tenir ensemble l’articulation improbable entre égalité civique et exception ? La division de l’égalité qui fonda une mise à l’écart des égaux ou une « altérisation » des citoyens des colonies post-esclavagistes s’est articulée dans la longue durée à une politisation des héritages historiques et anthropologiques des personnes originaires des îles à sucre. En abordant l’histoire de la citoyenneté française à partir de sa marge coloniale caribéenne, on observe ainsi qu’elle ne fut pas toujours unitaire ni abstraite : elle s’est articulée à une fabrique de la race. La logique de racisation par laquelle s’opéra la coupure entre Français de la métropole et Français des « vieilles colonies » anciennement esclavagistes ne se comprend pas simplement en termes coloristes, mais plutôt en termes « civilisationnels » – dirions-nous aujourd’hui en termes « culturels ».

Fanny Malègue (EHESS, INED), « ’Qu’on ne s’étonne plus de voir répéter si souvent un dénombrement des esclaves et des animaux’ : recenser la population dans un empire colonial esclavagiste, Antilles, 1763-1804 »

Alors que la France métropolitaine n’est pas recensée in extenso avant l’ère napoléonienne, des recensements sont réalisés de manière minutieuse et très régulière sur les territoires ultra-marins, et ce, dès le début de l’expansion coloniale. Dès 1635, et avant même que la domination coloniale ne soit effective, ou que des populations aient été envoyées, les instructions données aux membres de la compagnie à charte chargée de coloniser les Isles mentionnent l’ordre d’effectuer un recensement annuel de la population. Le recensement semble dès lors accompagner la construction de l’Empire et l’imposition de la colonialité. Le but de cette communication sera d’explorer cette hypothèse à travers une circulation dans le temps et dans l’espace, des origines du premier Empire colonial à son crépuscule, des colonies antillaises à la Corse, de l’Ancien Régime à l’Empire napoléonien. L’analyse sera aussi aiguillée par la diversité des terrains recensés où l’esclavage n’est pas partout appliqué. Comment s’articule la pratique du recensement à l’imposition de la domination coloniale et impériale et au maintien de l’esclavage ?

Benoît Trépied (IRIS, CNRS), « Les statistiques ethniques en Nouvelle-Calédonie : enjeux d’une exception républicaine »

La Nouvelle-Calédonie est à ce jour le seul territoire de la République française autorisé à produire des statistiques ethniques. Lors des recensements de population réalisés tous les cinq ans, les personnes recensées doivent répondre à une question sur leur appartenance « communautaire » en cochant une (ou, depuis 2009, plusieurs) des neuf cases proposées ; elles peuvent aussi écrire un commentaire après avoir coché la case « Autres ». Ma présentation a pour objectif d’expliquer les raisons de cette exception républicaine et d’ouvrir des pistes de réflexion sur les enjeux et tensions qu’elle soulève. Ce dispositif s’inscrit d’abord dans la continuité administrative d’une technique d’identification des populations élaborée sous l’ère coloniale et prend tout son sens à l’aune du type bien spécifique de colonisation (dite de « peuplement ») qu’a connue la Nouvelle-Calédonie au sein de l’empire français. En outre, les questions communautaires du recensement calédonien sont aujourd’hui constituées en un outil-clé d’évaluation du processus de « décolonisation progressive » qu’expérimente la Nouvelle-Calédonie depuis 20 ans et que le référendum d’autodétermination du 4 novembre 2018 est censé clôturer. Enfin, la possibilité offerte depuis 2009 de cocher plusieurs cases, qui résulte d’une longue mobilisation collective locale, a transformé les représentations dominantes de la population de l’archipel en donnant une visibilité inédite aux personnes auto-identifiées comme « métisses », ce qui n’est pas sans conséquences sur les termes du débat politique entre indépendantistes et anti-indépendantistes.

Discutante : Sarah Mazouz (CERAPS, CNRS)

14-17h, salle Alfred Sauvy, INED: 133, boulevard Davout, 75020 Paris

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Aimé Césaire: « Un homme politique paradoxal » par George Pau-Langevin

© Alain Joc- AFP/ © DR

10ème anniversaire de la mort d’Aimé Césaire cette semaine. Des hommages auront lieu ici et là . Outremers 360 a demandé à la Députée Georges-Pau Langevin, ancienne Ministre des Outre-mer de dresser le portrait du « Politique Paradoxal » qu’a été le « CHANTRE DE LA NEGRITUDE », Aimé Césaire.

Aimé Césaire, un homme politique paradoxal

Ce poète tant cité, commenté, encensé ou critiqué est assurément complexe . Il est le chantre de la négritude et de l’identité martiniquaise, mais parallèlement, diplômé de grammaire, il manie avec superbe la langue française, donc manifeste une vraie maestria et un amour de cette langue. Ses adversaires n’ont d’ailleurs pas hésité à le surnommer « nègre gréco-latin ».
Il a développé un discours autonomiste souvent rugueux mais n’a jamais voulu une séparation d’avec la France. Et, après avoir été élu après la Libération comme député communiste, il rompt spectaculairement avec le Parti Communiste dans la fameuse lettre à Maurice Thorez.

Pour moi, il n’y a pas de contradiction dans le personnage. En fait, ce qui le motive dans son combat, c’est la volonté d’améliorer la situation de ses concitoyens martiniquais et de les guider sur la voie de leur émancipation. Et les discours des élus du Nord,des occidentaux sont appréciés à l’aune de ce qu’ils impliquent pour les gens du sud.

Après la guerre dans la colonie, c’est leur misère qui le frappe, aussi son combat premier est de les aider à améliorer leur vie quotidienne, et c’est la raison pour laquelle il plaide pour la départementalisation car c’est le moyen d’obtenir des droits sociaux identiques à ceux des autres français. Mais c’est justement, la déception devant la lenteur des évolutions vers l‘égalité, qui le poussera à considérer que le prix à payer en termes de perte d’identité était trop élevé.

Pour autant, il sait que ses concitoyens sont attachés à la France, qu’il se sont levés en masse pour la défendre face à l’Allemagne et à ses alliés et ne souhaitent pas la quitter. Il appliquera donc en l’espèce, sa doctrine selon laquelle l’intellectuel doit précéder le peuple, mais pas de trop loin, si on veut que ce dernier puisse suivre .C’est pourquoi, quand la gauche est arrivée au pouvoir, il a décrété le moratoire pour engranger des progrès sociaux pour les martiniquais.

Nous sommes donc loin d’un théoricien abstrait qui impose sa conception du monde, mais au contraire devant un homme qui a vécu en osmose avec son peuple et qui s’est nourri de ce qu’il était, tout autant qu’il l’a guidé. C’est parce que les martiniquais savaient que Césaire était un homme bon qui s’est passionnément investi pour faire entendre la voix des plus modestes d’entre eux, qu’il a été autant pleuré lors de son décès, il y a dix ans.Ce respect des autres et cette sensibilité à vif qui le caractérisaient, ont trouvé magnifiquement leur traduction dans ce dernier poème :

« La pression atmosphérique ou plutôt l’historique
Agrandit démesurément mes maux
Même si elle rend somptueux certain de mes mots. »

George Pau-Langevin, Députée de la 5ème circonscription de Paris et ancienne ministre des Outre-mer

UNIVERSITE D’ETE 2018

DE QUOI L’ESCLAVAGE EST-IL LE NOM? (XV-XXIe siècle)
Coordination : António DE ALMEIDA MENDES (Université de Nantes/Institut d’études avancées de Nantes), Krystel GUALDÉ (Château des Ducs de Bretagne)
Organisation : École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), Château des Ducs de Bretagne, Institut d’études avancées de Nantes (ANR, programme « Investissements d’avenir » réf. ANR-11-LABX-0027-01), Programme STARACO (Statuts, Races et Couleurs dans l’Atlantique, Université de Nantes, Région des Pays-de-la-Loire), EA1163 (CRHIA, Université de Nantes).
Collaboration: Académie de France à Madrid (Casa de Velázquez), Centre international de recherches sur les esclavages et les post-esclavages (USR CIRESC), Projet européen SLAFNET « Slavery in Africa : A Dialogue between Europe and Africa ».
Lieu : Château des Ducs de Bretagne, Nantes (France) Dates : 25-28 juin 2018
Date limite d’inscription : 12 avril 2018 (13h, heure de Madrid)
Présentation
Le mot « esclavage » montre aujourd’hui ses limites pour définir une réalité que l’on tend à qualifier d’universelle. Les recherches conduites depuis les années 1970 sur la traite, sur l’esclavage et sur les sociétés coloniales de l’espace atlantique ont construit la figure de l’esclave marchandise, d’un esclave réduit au statut de victime passive d’un système esclavagiste capitaliste. La violence des traites transatlantique, orientale et transsaharienne est un acte fondateur de l’esclavage dit moderne. La marchandisation du corps des femmes et des hommes africains a ainsi constitué un moment particulier dans la construction de la figure du nègre, comme figure de l’homme aliéné et déshumanisé. Elle ne suffit pas à expliquer ce que fut un esclave.

 

Les expériences multiples des esclaves, les relations économiques et sociales complexes qui ont pu se nouer entre un maître et un esclave, la capacité de l’esclave à convoquer le droit pour assurer sa défense dans les régimes esclavagistes ou dans les sociétés à esclaves, à s’affranchir, à s’assurer une autonomie culturelle et économique montrent que l’esclavage ne peut être réduit à un modèle théorique.

L’esclavage peut être expliqué par les modes de fonctionnement et de penser des sociétés passées ; mais des formes d’esclavage ont pu aussi être recréées dans le cadre de nouveaux systèmes économiques et sociaux, tandis que d’autres ont pu être oubliées ou ignorées. En Afrique, aux Amériques, en Europe comme au Maghreb ou au Proche-Orient, nombre d’esclaves ont été intégrés dans les sociétés tout en demeurant porteurs d’une condition d’incertitude : on pouvait à tout moment les ramener à leurs statuts, à leurs conditions, à leurs origines, à leur race.

Cette condition d’incertitude était inscrite dans le fonctionnement des sociétés et des rapports humains, dans les représentations que l’on pouvait localement se faire de l’esclavage et de la liberté. Esclavage et liberté : ces deux notions n’ont eu cesse de dialoguer à travers le temps, de se construire l’une avec l’autre, l’une contre l’autre.

Après les abolitions, les dynamiques sociales qui se mettent en place sont, de fait, d’une extrême complexité et les gouvernements successifs post- coloniaux ont eu une attitude ambivalente à l’égard de la question de l’esclavage et de la traite. De nos jours, les stigmates attachés aux statuts des anciens esclaves restent tenaces et ont permis le maintien d’inégalités statutaires, alors même que les législations nationales les ont formellement abolies.
Cette université d’été souhaite interroger l’usage qui a été fait à travers le temps, en fonction des lieux et des contextes du mot « esclavage ». A bien des égards, le terme esclavage apparaît aujourd’hui comme le moins approprié pour qualifier des situations, des pratiques et des représentations qui traversent les siècles, s’inscrivent dans la densité des terrains, des espaces et des tissus sociaux.

Dans quelle mesure une lecture de l’esclavage à l’échelle globale, mais caractérisée par le refus du récit de la modernité occidentale, et une relecture des sources coloniales et orales peuvent-elles offrir de nouvelles possibilités pour écrire une autre histoire, qui  serait soucieuse de la singularité des expériences et des contextes ? Sous quelles conditions et selon quelles modalités la relocalisation de l’esclavage et de ces questionnements ouvre-t-elle de nouvelles perspectives heuristiques ?
Cette manifestation est l’occasion pour des spécialistes des mondes africains, américains et européens, en résidence à l’Institut d’études avancées de Nantes et/ou membres du projet européen SLAFNET, voire spécialement conviés à Nantes à cette occasion, de réféchir à la construction des catégories, des identités et au passé colonial de la ville de Nantes.
Elle vient conclure le programme de recherche pluriannuel PRALT (PRAtiques de l’ALTérité) et s’inscrit également dans le cadre de la « saison décoloniale », intitulée « Expression(s) décoloniale(s) », qui se déroulera au Musée d’histoire de Nantes du 28 avril au 5 novembre 2018.
Elle se tiendra du lundi 25 juin au jeudi 28 juin 2018, autour de conférences grand public et de 4 ateliers thématiques, qui réuniront 20 jeunes chercheurs internationaux.
Intervenants
Yaovi AKAKPO
Université de Lomé (Togo) / Institut d’études avancées de Nantes
Parfait AKANA,
Université de Yaoundé II (Cameroun) / Institut d’études avancées de Nantes
Marie-Pierre BALLARIN
Institut de recherche pour le développement (Nice) / Projet européen SLAFNET
Catherine COQUERY-VIDROVITCH Université Paris Diderot
Myriam COTTIAS CNRS, CIRESC
António DE ALMEIDA MENDES
Université de Nantes / Institut d’études avancées de Nantes) / Projet européen SLAFNET
Céline LABRUNE-BADIANE
Université Paris Diderot / Institut d’études avancées de Nantes
Abderrhamane N’GAIDÉ
Université Cheick Anta Diop (Sénégal) / Institut d’études avancées de Nantes) / Projet européen SLAFNET
Samuel NYANCHOGA
Université Catholique d’Afrique de l’Est (Kenya) / Institut d’études avancées de Nantes) / Projet européen SLAFNET
Felwine SARR
Université Gaston Berger (Sénégal) / Institut d’études avancées de Nantes
Vijaya TEELOCK
Université de l’île Maurice) / Projet européen SLAFNET
Ibrahima THIOUB
Université Cheick Anta Diop (Sénégal) / Institut d’études avancées de Nantes) / Projet européen SLAFNET
Salah TRABELSI
Université Lumière Lyon 2

Conditions pratiques : Réunissant des spécialistes des mondes européen, américain et africain, cette université d’été s’adresse à des étudiants de master, de doctorat ou de post-doctorat. Elle est ouverte à toutes les disciplines des Sciences humaines et sociales qui adoptent une perspective historique dans une démarche empirique. Les langues de travail seront le français, l’espagnol et l’anglais. Les candidatures de jeunes chercheurs réalisant leur (post)doctorat en dehors de la France sont fortement encouragées.
La sélection des 20 participants se fera en fonction du dossier académique du candidat, de son profl de formation et de sa connaissance des langues. Une priorité sera accordée aux candidats dont les travaux de recherche s’inscrivent dans les champs thématiques de cette université d’été. Pour cela, ils devront présenter une lettre de motivation, en expliquant les raison de leur candidature (500 mots maximum).
A compter du 20 avril 2018, les candidats seront informés par courrier électronique du résultat de la sélection. Les candidats sélectionnés seront ensuite informés de la procédure à suivre. A l’issue de l’université d’été, les candidats recevront un certifcat de présence.
Les candidats devront s’inscrire au moyen du formulaire électronique en ligne, jusqu’au 12 avril 2018 (13h, heure de Madrid).
Les frais d’inscription s’élèvent à 50 euros. Ils comprennent :
– le logement (en chambre double partagée), 4 nuits, du 25 au 29 juin, pour les candidats qui en font la demande et qui ne résident pas à Nantes
– les déjeuners (26, 27, 28 juin)
– un cocktail d’accueil (25 juin), un dîner (27 juin)

Les déplacements et le reste des dîners seront à la charge des participants.
Une aide à la mobilité d’un montant maximal de 300 euros pourra être accordée aux candidats qui en feront la demande, inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur d’Afrique ou d’Amérique latine.

LA VILLE DE SAINT-ESPRIT (97270) REND HOMMAGE à AIME CESAIRE

THEATRE créole à PARIS

Une représentation de « Bòdlanmou pa lwen » est programmée le samedi 7 avril, à 20h30, au Théâtre de l’Epée de Bois (La Cartoucherie, route du Champs de manœuvre 75012 Paris. Métro: Château de Vincennes – Bus: 112), dans le cadre du festival Tempo Karayib organisé par l’association Eritaj. Venez nombreux!
Réservations : grandcarbet.cie@gmail.com

Sur scène, Gérard et Léna, un homme et une femme qui s’observent, se désirent, se rapprochent et s’aiment éperdument, jusqu’à ce que la flamme de leur passion vacille… « Bòdlanmou pa lwen » est un long poème à deux voix, l’histoire d’un amour volcanique, qui mêle les mots, la vidéo, la musique et la danse. C’est un regard sur le couple, sur la difficulté de dialoguer et construire ensemble. Un thème universel, ancré dans la culture et la langue créoles.

Les non-créolophones sont conviés, le texte est surtitré en français. Kanta séla ki ka konprann kréyòl, pa menm palé!

« Bòdlanmou pa lwen » a été récompensée aux concours d’écriture théâtrales Textes En Paroles et Etc Caraïbe. Il a été, en 2007, le premier texte en langue créole présenté à la Comédie française.

– Auteur, metteur en scène : Franck SALIN alias FRANKITO
– Comédiens : Christian JULIEN, Irène BICEP alias LAYKO, et la participation d’Igo DRANE
– Scénographe: SOYLÉ
– Chorégraphie : Max DIAKOK
– Musique : Franck NICOLAS
– Musiciens : Franck NICOLAS, Jony LEROND
– Régie lumières : Jean-Pierre NEPOST
– Vidéo: Wally FALL
– Production : Compagnie du Grand Carbet

L’image contient peut-être : 2 personnes, texte
 NB . rendez-vous, à Paris, les 27, 28, 29 et 30 avril à l’Auguste Théâtre (6 impasse Lamier, 75011 Paris. Métro : Philippe Auguste – ligne 2). Les représentations auront lieu les vendredi, samedi, lundi, à 20h30, et le dimanche à 16h30.

Réservations :
Tel : 0143672047 – Email : grandcarbet.cie@gmail.com – Site:http://augustetheatre.com/bodlanmou-pa-lwen

Vente en ligne:
http://www.billetreduc.com/183269/evt.htm

Le samedi 19 mai, à 20h, une représentation est organisée à l’Espace Caravelle (10 Rue Winston Churchill, 77100, Meaux), en Seine-et-Marne.

FESTIVAL « AFRIQUE EN MARCHE »

Festival-L-Afrique-en-marche-Vincennes

du 7 au 14 avril 2018

Festival L’Afrique en marche à Vincennes, une Afrique positive et dynamique

Dans la ville de Vincennes (94)


Depuis 10 ans, avec  » Afrique en marche « , l’Afrique a rendez-vous avec Vincennes. 

L’Afrique, tout le monde en a une idée, mais la connaît-on vraiment ? Et surtout, de quelle Afrique parle-t-on ? Celle des guerres, des famines, de la pauvreté, des migrants, est déjà ultra présente dans les médias.

Mais pourquoi ne pas parler aussi de l’autre Afrique ? Celle de la croissance qui décolle, des classes moyennes qui s’installent, de la musique qui se répand partout, de la littérature qui foisonne ? Il existe à l’évidence une Afrique de la création, de la richesse économique et culturelle, de l’élan vers l’avenir. En un mot, une Afrique en marche.

C’est donc l’ambition de notre festival, depuis dix ans, de mettre en contact le public avec cette autre réalité de l’Afrique, par quelques témoignages sensibles, choisis pour marquer les esprits et rester dans les mémoires.

Cette année en avril, il y aura beaucoup de temps forts : un concert de Bonga, un plateau d’écrivains magnifiques, une rencontre de poésie, une soirée avec des entrepreneurs, des films marquants, des défilés de mode, des expositions, un grand marché d’artisanat, et des spectacles spécialement conçus pour les scolaires.

En quelques jours, ce ne seront quelques instants, volés à l’ignorance ou à l’indifférence. Mais s’ils donnent le goût et le désir de mieux connaître l’Afrique, où continue de se jouer une partie de notre destin de Français et d’Européens, ce festival aura rempli son office.

Au programme : 

MUSIQUE

Bonga en concert – 11 avril à 20h30
Retrouvez le célèbre chanteur Bonga, figure de proue de la musique angolaise, en concert le mercredi 11 avril à 20h30 à l’Espace George Pompidou.

RENCONTRES LITTERAIRES

Conférence littéraire – 13 avril à 20h30
Venez partager un grand moment de littérature avec 4 grands auteurs : Abdelaziz Baraka Sakin, Véronique Tadjo, Thierry Cruvelier et Kossi Efoui le vendredi 13 avril à 20h30 à l’auditorium de Coeur de Ville.

​Cette soirée est organisée en partenariat avec la librairie Millepages à Vincennes.

La poésie africaine à l’honneur – 7 avril à 11h
Pour une véritable rencontre autour de la poésie africaine, rendez-vous le samedi 7 avril à 11h00 à la Salle des Académiciens de Cœur de Ville. Ce sera l’occasion d’apprécier l’incroyable richesse de la poésie de ce continent avec Georges-Marie Lory, qui lira un florilège de poèmes extraits de l’anthologie 120 nuances d’Afrique, et avec le poète sud-africain Denis Hirson qui présentera en personne plusieurs de ses oeuvres.

Conte africain – 7 avril à 16h30
La section Jeunesse vous invite pour une heure de lecture du conte africain avec Gabriel Kinsa (conteur aux multiples facettes) : Contes Kongo. De 16h30 à 17h30 à la salle Robert Louis.

CONFERENCES-DEBAT

Soirée « Entreprendre en Afrique » – 12 avril à 19h30
La soirée « Entreprendre en Afrique » vise à faire découvrir le dynamisme de l’écosystème des startups du continent africain. Nous parlerons des tendances actuelles, des problématiques rencontrées par les entrepreneurs, des structures de financement et d’accompagnement des entrepreneurs, et présenterons des cas concrets de startups africaines. Rendez-vous le 12 avril à 19h30 à l’Hôtel de ville de Vincennes.

Conférence Au cœur des savoirs : « La croissance africaine est-elle véritablement en marche ? » – Jeudi 12 avril à 14h30
La croissance des économies africaines a connu une reprise dans le courant des années 2000, et la perspective de l’émergence du continent est souvent considérée dans les médias comme annonciatrice d’une nouvelle ère économique internationale. Pourtant, même dans des pays souffrant actuellement de difficultés économiques ou sécuritaires majeures, les régimes politiques se présentent comme les artisans de l’émergence de leur économie.

Que penser de ces récits sur la croissance du continent, qui renvoient à la fois à une transformation économique et sociale effectivement en cours, et à des discours de légitimation creux et irréalistes véhiculés par des pouvoirs en recherche de stratégies de maintien au pouvoir ? Rendez-vous le jeudi 12 avril à Coeur de Ville dans la Salle Robert-Louis à 14h30.

ARTISANAT

Le marché Africain – 7 avril toute la journée
Le parvis de l’Hôtel de ville de Vincennes sera animé par un marché africain le samedi 7 avril de 9h à 19h. Des créateurs, des artisans et des traiteurs proposeront leurs produits toute la journée du samedi. Cet après-midi sera également rythmé par des concerts, des défilés de mode ainsi que des animations pour les enfants.

Venez donc danser sur le son du djembé, boire un verre de bissap, déguster un mafé, ou bien colorer votre maison et votre garde-robe !

SPECTACLE

Chrysogone – 14 avril à 17h
Danseur, chorégraphe et directeur artistique, Chrysogone Diangouaya est originaire du Congo-Brazzaville. Le spectacle “Tina, Tina” mélange tradition orale, danse et théâtre. Il s’inspire du folklore congolais, malgache mais aussi rwandais, camerounais et sud-africain. En outre le spectacle associe la vidéo et le dessin animé, qui permettent d’élargir le champ de l’expression artistique et d’enrichir la perception du public.

Au théâtre de l’Espace Sorano, le samedi 14 avril à 17h00.

CINEMA

Projection du film « Tant qu’on vit » – 10 avril à 20H30 au cinéma Le Vincennes

Tant-qu-on-vit-de-Dani-Kouyate

Amateurs de cinéma, venez assister à la projection du film « Tant qu’on vit » du réalisateur Dani Kouyaté suivi d’un débat animé par Michel Amarger, journaliste , critique de cinéma, spécialiste de cinéma africain.

EXPOSITIONS

IBABA, tel est le nom de l’exposition photo de Marie Moroni. Découvrez les portraits de femmes rwandaises que l’artiste a rencontrées dans leur atelier de broderie, dans un petit village au nord de Kigali. Une exposition sur tout le long du festival à Coeur de Ville.

Les portraits d’enfants sénégalais d’Yves Barou seront exposés sur la place Pierre Sémard, à proximité du RER de Vincennes du 29 mars au 1er mai.

Découvrez les aquarelles de Jean-Jacques Etheve et les bronzes du Burkina dans le Hall d’exposition de l’Espace Sorano du 27 mars au 20 avril.

Plus d’infos : www.afriqueenmarche.fr

Meilleurs voeux pour 2018/best wishes for 2018

JOSEPH SARDA GARRIGA , libérateur de la REUNION

Comme chaque année, le 20 décembre prochain, La Réunion célèbre l’abolition de l’esclavage. L’occasion de revenir sur l’histoire de Sarda Garriga, le libérateur des 63 000 esclaves de la Réunion. Un portrait de 1998 diffusé sur RFO retrace son parcours de La Réunion à la Guyane.

© DR
  • La1ère.fr / Réunion 1ère
  • Publié le 
Il est décédé en 1877. 140 ans plus tard, Joseph Sarda Garriga  reste l’homme qui a libéré plus de 60 000 esclaves à La Réunion. Son portrait diffusé en 1998 sur RFO :

Portrait de Sarda Garriga

Arrivée à La Réunion

En 1848, Victor Schoelcher, membre du gouvernement provisoire, nomme ce receveur des finances, commissaire général de la République à La Réunion. Arrivé dans l’île le 13 octobre 1848, Sarda Garriga doit faire appliquer le décret d’abolition de l’esclavage.

L’Assemblée des propriétaires du Nord de l’île lui demande de reporter l’application du décret à la fin de la campagne sucrière. Sarda Garriga refuse et promulgue le décret d’abolition le 18 octobre.

L’abolition

Dans les mois qui suivent, Joseph Sarda Garriga parcoure l’île pour rassurer maîtres et esclaves. Il exhorte la population au calme et au travail. Le 20 décembre, il mène à bien sa mission en décrétant l’abolition.

Ci-dessous la déclaration de Sarda Garriga faite aux travailleurs le 20 décembre 1848 :

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Son parcours

En 1849, Sarda Garriga sera révoqué par Louis Napoléon Bonaparte. En 1852, il prend de nouvelles fonctions en Guyane. Onze ans plus tard, il s’installe dans l’Eure à Mesnil-sur-l’Estrée où il possède le prieuré d’Heudreville. Né en 1808 dans les Pyrénées-Orientales, ce fils de berger, défenseur des droits de l’homme depuis l’âge de 20 ans, décède en 1877. Sarda Garriga est mort à l’âge de 69 ans. Il a été enterré à Mesnil-sur-l’Estrée en 1877.

© D.R
© D.R

CANTIQUES DE NOEL

Allez mon voisin – Page 2
Allons-y donc – Page 4
Dans le calme – Page 6
Douce Nuit/ Mi bel lan nuit – Page 9
Il est né le divin enfant – Page 10
Joseph mon cher fidèle – Page 11
Alléluia – Page 15
Les anges dans nos campagnes – Page 17
L’heureux moment – Page 18
Michaud veillait – Page 19
Naissez – Page 21
Ô Nwel ô – Page 23
Oh la bonne nouvelle – Page 24
Petit papa noël – Page 25
Pour un maudit péché – Page 26
Quand Dieu naquit à noël – Page 28
Quand Jésus naquit – Page 30
Satan crève – Page 31
Souvenez-vous en – Page 32
Un enfant vient de naître – Page 34
Voisin – Page 37

2 ALLEZ MON VOISIN

Promptement levez-vous
Mon voisin,
Le Sauveur de la terre,
Est, enfin parmi nous
Mon voisin
Envoyé de son père
Mon voisin.
Allez mon voisin, allez (bis)
Allez mon voisin, à la crèche
Mon voisin.
Allez mon voisin, allez (bis)
Allez mon voisin, à la crèche
Mon voisin.
Veillant sur mon troupeau
Mon voisin,
Autour de ce village,
J’entends un air nouveau
Mon voisin,
Et du plus doux langage
Allez mon voisin, etc.
Rempli d’étonnement
Mon voisin,
Je laisse ma houlette,
Pour voir le Dieu naissant,
Mon voisin,
Qu’annonçait le prophète,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Dans 1’admiration
Mon voisin,
Entrant dedans l’étable,
J’adore ce poupon,
Mon voisin,
Mais Jésus ineffable,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Après quelques moments,
Mon voisin,
Ayant fait ma prière,
Je porte mes présents,
Mon voisin,
A l’enfant à la Mère,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Je ne suis point trompeur
3 Mon voisin

Les choses sont certaines.
Notre divin Sauveur,
Mon voisin,
Finit toutes nos peines,
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Mon Dieu manque de tout
Mon voisin
Portez-lui quelque chose.
S’il souffre c’est pour nous
Mon voisin
Nous en sommes la cause
Mon voisin.
Allez mon voisin, etc.
Choisissez le meilleur,
Mon voisin,
De votre bergerie.
Donnez-le de bon cœur,
Mon voisin.
A Joseph et Marie
Mon voisin.
Allez mon voisin. etc.
L’enfer est confondu
Mon voisin,
Le ciel a la victoire.
Du messie attendu,
Mon voisin,
Chantons, chantons la gloire,
Mon voisin.
Allez, mon voisin, à la crèche !
Mon voisin
Allez, mon voisin, à la crèche !
Ritournelle
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka monté môn an mazincoin pa oublié
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka monté môn an ti rhum lan pa oublié
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka viré desann ti kraz la pa oublié
Elise Elise Elise Elise (2 fois)
Le’w ka viré monté mazincoin pa oublié

4 Allons-y donc

Deux bergers s’entrent disant :
Courons adorer l’enfant,
Qui vient de naître vraiment
Pour finir notre misère
Allons-y donc, mon compère
Allons-y donc gaiement.
Courons adorer l’enfant,
Allons-y donc gaiement,
C’est le dieu du firmament
Le créateur de la terre
Allons-y donc, etc.
C’est le Dieu du firmament
Allons-y donc gaiement,
Portons-lui quelque présent
Afin qu’il nous soit prospère,
Allons-y donc, etc.
Portons-lui quelques présents
Allons-y donc gaiement,
Et faisons-lui compliment
Nous ferions mal de nous taire.
Allons-y donc, etc.
Et faisons-lui compliment
Allons-y donc gaiement,
Sur son saint avènement
Qui nous est si salutaire.
Allons-y donc, etc.
Sur son saint avènement
Allons-y donc gaiement,
Lui demander humblement
D’un cœur droit, pur et sincère.
Allons-y donc, etc.
Lui demander humblement
Allons-y donc gaiement,
Un parfait amendement
Du mal qu’on a pu lui faire.
Allons-y donc, etc.
Un parfait amendement
Allons-y donc gaiement,
Il est doux, il est clément,

5 Il est bon et débonnaire

Allons-y donc. etc.
Il est doux, il est clément
Allons-y donc gaiement,
Il nous aime tendrement
Puisqu’il s’est fait notre frère.
Allons-y donc, etc.
Il nous aime tendrement
Allons-y donc gaiement,
Pour réussir sûrement
Adressons-nous à sa Mère.
Allons-y donc, etc.
Pour réussir sûrement
Allons-y donc gaiement
Promettons-lui fermement
De l’aimer comme un bon Père.
Allons-y donc, mon compère
Allons-y donc gaiement,
Refrain Autre:
Allons-y donc z’y z’y mon compère
Allons-y donc gaiement
Ritournelle
3 fois 20 patché karot, sé 30 pou mawen 30 pou sousou mwen
oguitch ich mwen édé ma tant ou mwen kay pôté dé ti patat ba’w
mwen té ka désann an vil, la riviè blanch baré mwen
si sé té misié sébastien lariviè a té ké néyé mwen

6 Dans le calme

Dans le calme de la nuit, (bis)
S’est entendu un grand bruit
Une voix
Plusieurs fois
Plus angélique qu’humaine
Une voix
Plusieurs fois
Rendait gloire au Roi des Rois.
Je n’entendais qu’à demi, (bis)
Car j’étais tout endormi,
Cependant
Ce doux chant
M’a fait ouvrir les oreilles
Cependant
Ce doux chant
M’a fait lever promptement.
Plus en plus je m’approchais (bis)
Et mieux en mieux j’entendais
Ravissant
Je n’ai ouï voix pareille
Oh ! le chant
Ravissant !
M’écriai-je hautement.
J’ai couru dans le hameau, (bis)
Tête nue et sans chapeau ;
Tout dormait
Et ronflait
Dans un repos bien tranquille
Tout dormait
Et ronflait
Et personne ne m’entendait.
Sus, levez-vous, compagnons,
L’autre nuit nous dormirons,
Dépêchez
Et sortez
Venez avec moi entendre
Dépêchez
Et sortez
Et tous ravis vous serez.
Aussitôt fait comme on dit

7 Et les grands et les petits

Me suivant
En sortant
Ils ont ouï la musique
Me suivant
En sortant
Ils admirent ce beau chant.
L’ange qui si bien chantait,
Clairement nous instruisait :
Cette nuit
A minuit
Est né le Sauveur des hommes
Cette nuit
A minuit
Sur le foin il est réduit.
Allons voir ce bel enfant
Pasteurs, dit-il, promptement.
Sans douter
Ni errer
Croyons à cette nouvelle
Sans douter
Ni errer
Allons vite l’adorer.
De cet oracle divin
Ayant appris le chemin
Le suivant
Promptement
Avons trouvé le messie
Le suivant
Promptement
Avons adorer l’enfant.
Il était ce beau poupon
En pitoyable façon,
De grand froid
Il tremblait
A peine avait-il des langes
De grand froid
Il tremblait
Sa pauvre mère en pleurait.
Ritournelle

8 An vandredi apré midi

Man té couché an ka kabann mwen
Ti sè mwen an ka krié mwen
I ka di mwen difé ki pri
Lè mwen soti alé gadé
Pou mwen pé wè sa ka pasé
Lè mwen rivé tibren pi lwenLa persepsyon té ka brilé
Mwen krié Marin
Marin pa ka répon’n
Krié fransoi i di y pa ka vini
Rivièr Pilot tout tuyotri’y bouché
Si sé pa té comenne Voklen
Tout St Espri té ké’y brilé
La joi de viv sé an ti sosiété
Ké nou formé i pa ni bien lontan
Nou ka bouè rum sé pou nou anmizé
Si nou boulé nou boulé
Si nou tchimbé nou tchimbé
La joie de vivre, la joie de vivre (bis)
La joie de vivre, la joie de boire
La joie de boire, la joie de boulé
La joie de boulé, de roulé à tè
De roulé à tè, trin nin tou patou
Trin nin tou patou, tonbé an kan’nal
Y a pas comme nous (bis)
S’il y en a, …………….
Petit papa noël…

9 Douce Nuit

Douce nuit, Sainte nuit !
Tout s’endort au dehors
Marie et Joseph veillent
Sur l’Enfant qui sommeille
Au ciel l’astre reluit (bis)
Douce nuit, Sainte nuit !
Quel bonheur dans les cœurs
Quand les bergers entendent
Les Saints Anges qui chantent
Il est né le Sauveur (bis)
Douce nuit, Sainte nuit !
Jetez-vous à genoux
Bergers, c’est le Messie
Jésus, né de Marie
Dieu fait homme pour nous (bis)
Mi bel lan nuit
Mi bel lan nuit, fout’ ça jolie
Tout’ moune ja ka dômi.
Marie épi Joseph ka veillé
Assou Jésus qui ka sommeillé,
Dans ciel la ni z’étoiles chè,
Ni z’étoiles qui ka clairé.
Mi bel lan nuit, fout’ ça jolie,
Mi bonheu pou nous tout’
A minuit an pauvr’ gadien moutons
Ka ten-ne plusieu voix qui ka chanté
Mammaille la nous sauvé
Pass Jésus né jôdi-à
Mi bel lan nuit, fout’ ça jolie
An nous tout’ bô l’église,
Adoré ti Jésus qui couché,
Bras-ï en l’ai, i envi nous quimbé-ï
Nous ké prend-ï dans cœu nous,
Nous ké gadé-ï pou toujou.
10 Il est né le Divin Enfant

Il est né le Divin Enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le Divin Enfant
Chantons tous son avènement.
Depuis plus de quatre mille ans
Nous le promettaient les prophètes
Depuis plus de quatre mille ans
Nous attendions cet heureux temps
Ah! qu’il est beau, qu’il est charmant
Ah ! que ces grâce sont parfaites
Ah! qu’il est beau, qu’il est charmant
Qu’il est doux ce Divin Enfant.
Une étable est son logement
Un peu de paille est sa couchette
Une étable est son logement
Pour un Dieu quel abaissement !
Il vient en faire la conquête
Il veut nos cœurs, il les attend
Qu’ils soient à lui dès ce moment.
Oh ! bergers, venez promptement,
Près de lui votre place est prête.
Oh ! bergers, venez promptement,
Il aime votre empressement.
Partez, ô Rois de l’Orient
Venez-vous unir à nos fêtes.
Partez, ô Rois de l’Orient
Venez adorez cet enfant.
Ô Jésus, ô Roi tout-puissant !
Tout petit Enfant que vous êtes,
Ô Jésus, ô Roi tout-puissant !
Régnez sur nous entièrement.
11 Joseph mon cher fidèle

Joseph mon cher fidèle,
Cherchons un logement
Le temps presse et m’appelle
A mon accouchement
Je sens le fruit de vie
Ce cher enfant des Cieux
Qui d’une sainte vie
Va paraître à nos yeux.
Joseph
Dans ce triste équipage,
Marie allons chercher
Par tout le voisinage,
Un endroit pour loger
Ouvrez voisin la porte
Ayez compassion
D’une vierge qui porte
Votre rédemption.
Les voisins de Bethléem
Dans toute la bourgade
On craint trop les dangers
Pour donner la passade
A des gens étrangers
Au logis de la lune
Vous n’avez qu’à loger
Le chef de la commune
Pourrait bien se venger.
Marie
Ah ! changez de langage
Peuple de Bethléem !
Dieu vient chez vous pour gage
Hélas ! ne craignez rien
Mettez-vous aux fenêtres
Ecoutez ce destin
Votre Dieu votre Maître
Va sortir de mon sein.
Les voisins de Bethléem
C’est quelque stratagème
On peut faire la nuit
Quelque tour de Bohême
Quand le soleil ne luit,

12 Sans voir ni éclair ni lune

Les méchants font leurs coups
Gardez votre infortune
Passants retirez-vous.
Joseph
O ciel ! quelle aventure,
Sans trouver un endroit
Dans ce temps de froidure
Pour coucher sous un toit ;
Créature barbare
Ta rigueur te fait tort,
Ton cœur déjà s’égare
En ne plaignant mon sort.
Marie
Puisque la nuit s’approche
Pour nous mettre à couvert
Ah ! fuyons ce reproche
J’aperçois un désert
Une vieille cabane
Allons mon cher époux
J’entends le bœuf et l’âne
Qui nous serons plus doux.
Joseph
Que ferons nous Marie
Dans un si méchant lieu
Pour conserver la vie
Au petit enfant-Dieu
Le monarque des anges
Naîtra dans un bercail
Sans feu, sans drap, sans langes
Et sans Palais Royal.
Marie
Le ciel je vous assure
Pourra nous secourir
Je porte bon augure
Sans craindre de périr
J’entends déjà les anges
Qui font d’un ton joyeux
Retentir les louanges
Sous la voûte des cieux.

13 Joseph

Trop heureuse retraite
Plus noble mille fois
Plus riche et plus parfaite
Que le Louvre des Rois !
Logeant un Dieu fait homme
L’auteur du Paradis
Que le prophète nomme
Le Messie promis.
Marie
J’entends le coq qui chante,
C’est l’heure de Minuit
O ciel ! un Dieu m’enchante
Je vois mon sacré fruit ;
Je pâme, je meurs d’aise
Venez mon bien-aimé
Que je vous serre et baise
Mon cœur est tout charmé.
Joseph
Vers Joseph votre père
Nourrisson plein d’appas,
Du sein de votre mère
Venez entre mes bras,
Ah ! que je vous caresse
Victime des pécheurs
Mêlons, mêlons sans cesse
Nos soupirs et nos pleurs.
Ritournelle
Man lé’y dou (bis)
Man lé’y dou manmay la
Man lé’y dou (bis)
Man lé’y dou manmay la
Man lé’y dou (bis)
Man lé’y dou manmay la
Si ‘w pa ka ba mwen sa dou
Pa kryé mwen ti roro
Ya pas d’meilleur noël
Que le noël de chez nous
Pa ni pli bon nwèl
Ki nwèl la kay’ nou
Tanbou ka palé
tobodobodo
14
Ti-bwa ka frapé
Yo pa lé kouté
Chacha ka soukoué
….
Rum lan ka dévidé
Ohoh
Man tan’n an chanté kantik
ka woulé
Sé la ki ni ritounèl
ka tonbé

15 Alléluia

Chantons les louanges
D’un Dieu plein d’amour
Imitons les anges
Dans un si beau jour,
Melons nos trompettes
Avec leurs hautbois,
Et dans nos retraites,
Disons mille fois :
Alléluia ! alléluia !
Kyrie Christe ! kyrie eleison !
Jésus vient de naître
Pour nous rendre heureux,
Il fait disparaître
Tous nos soins fâcheux.
Nos plaintes finissent
Nous sortons des fers,
Les airs retentissent
Alléluia, etc.
Que chacun s’assemble
Dans Ces lieux charmants
Montrons tous ensemble
Notre empressement.
Que l’écho fidèle
Du fond de nos bois
Voyant notre zèle
Réponde à nos voix.
Alléluia, etc.
Que tout soit sensible
A notre bonheur
Que l’hiver terrible
Calme sa rigueur.
Que tous nos bocages
Nos prés, nos vallons,
Bravent les ravages
Des fiers aquilons
Alléluia, etc.
Paisibles fontaines,
Tranquilles ruisseaux,
Faites sur les plaines,
Serpenter vos eaux.
16 Que ce doux murmure,

Echo du printemps,
Rende la verdure
Et les fleurs aux champs.
Alléluia, etc.
Pourquoi tant attendre
Aimables oiseaux,
De nous faire entendre
Vos concerts nouveaux ?
De vos saints hommages
Devenez jaloux
Et dans vos ramages,
Dites avec nous :
Alléluia, etc.
Brebis innocentes
Et vous chers moutons,
Sur les fleurs naissantes
Faites mille bonds.
Trop heureux troupeau,
Il te vient de naître,
Un pasteur nouveau.
Alléluia, etc.
Oh ! quelle allégresse
Règne en ces bas lieux
Chacun s’intéresse
Dans ces champs joyeux.
A peine on voit luire
Ce jour fortuné
Que tout semble dire :
Le sauveur est né !
Alléluia ! alléluia !
Kyrie Christe ! kyrie eleison !

17 Les Anges dans nos campagnes

Les anges dans nos campagnes
Ont entonné 1’hymne des cieux ;
Et l’écho de nos montagnes
Redit ces chants mélodieux :
Gloria iu excelsis Déo (bis)
Bergers pour qui cette fête ?
Quel est l’objet de tous ces chants ?
Quel vainqueur, quelle conquête
Mérite ces chants triomphants ?
Gloria in excelsis Déo (bis)
Ils annoncent la naissance
Du Saint Rédempteur d’Israël
Et plein de reconnaissance
Chantent en ce jour solennel :
Gloria in excelsis Déo (bis)
Allons tous de compagnie
Sous l’humble toit qu’il s’est choisi
Voir l’adorable Messie,
Auquel nous chanterons aussi :
Gloria in excelsis Déo (bis)
Tous dociles à leur exemple
Seigneur, nous viendrons désormais
Au milieu de votre temple
Dire en publiant vos bienfaits :
Gloria in excelsis Déo (bis)
Ritournelle
Et l’écho, et l’écho (bis)
Et l’écho de nos montagnes
Redit ces chants, redit ces chants (bis)
Mélodieux, mélodieux
Redit ces chants mélodieux

18 L’heureux moment

Il s’approche l’heureux moment
Qui doit finir notre misère
Il va venir l’auguste Enfant
Qui donne la paix à la terre (bis)
Tournons vers lui (bis) tous nos soupirs
Appelons-le par nos désirs (bis)
O nations, consolez-vous
De vos souhaits l’objet aimable
Vient enfin répandre sur nous
Les dons de son cœur ineffable (bis)
Tournons vers lui (bis) tous nos soupirs
Appelons-le par nos désirs (bis)
Paraissez, ô divin Enfant
Pour nous à jamais désirable
L’univers entier vous attend.
Montrez votre face adorable, (bis)
Ah ! rendez-vous (bis) à nos soupirs
Venez combler tous nos désirs. (bis)
Daignez choisir votre palais.
Dans nos cœurs remplis de tendresse
Pour vous dès longtemps, ils sont prêts
Venez notre amour vous empresse (bis)
Ah! rendez-vous (bis) à nos soupirs
Venez combler tous nos désirs. (bis)
Ritournelle
Katrine pikan, diab’la déyè nou
Chandelle brilé, voyé dlo monté (bis)
Ablo blo blo blo blo (ter)
Lanné tala pa lanné pasé
Ou kay’y pasé bô la kuisin-ka
Ou kay’y trouvé dé môso ban-nann
Ou kay’y trouvé môso lanmori
Si-i pa asé, ou-a bouè bouillon-a (bis)

19 Michaud veillait

Michaud veillait (bis)
La nuit dans sa chaumière,
Près du hameau
En gardant son troupeau;
Le ciel brillait
D’une vive lumière,
Il se mit à chanter
Je vois (ter)
L’étoile du berger.
Au bruit qu’il fit,
Les pasteurs de Judée
Tout en sursaut
Vinrent retrouver Michaud,
Auxquels il dit :
La vierge est accouchée
Sur l’heure de minuit:
Voilà (ter)
Ce que l’ange a prédit
Un pauvre toit
Servait de couverture
A la maison
De ce Roi de Sion ;
Le vent sifflait
D’une horrible froidure
Au milieu de l’hiver
Il vient (ter)
Pour nous tirer des fers.
Sa Mère était
Assise près de la crèche ;
L’âne mangeait
Le bœuf les réchauffait;
Joseph priait
Sans chandelle ni mèche,
Dans ce triste appareil,
Jésus (ter)
Brillait comme un soleil.
Fasse, Seigneur,
Que notre sainte enfance
Nous place au cieux

20 Parmi les bienheureux !

Ah ! Quel bonheur
Si dans votre souffrance,
Nous pouvons mériter
Un bien (ter)
Que l’on ne peut ôter.
Ritournelle
Mwen dan l’église, man ka gadé
Misié ka gadé mwen
Mwen la savann man ka gadé
Misié ka gadé mwen
Mwen au marché mwen ka gadé
Misié ka gadé mwen
Alé misié, aléa lé lavé fidji fiyèl fan-m ou (bis)
Perinèl o ! mawen lé bonbé o !
Mwen lé bonbé pays a pa bon pou mwen chè (bis)
Pa dot ki konpè michaud
Ki di saint Joseph pa papa bondiéPa dot ki konpè michaud
Pa dot ki konpè michaud
Ki di parol la pou fè nou la pèn
Piman ou a ba mwen piman
Ah citron ou a ba mwen citron
A kay misié henri tô kolibri kasé kanari (bis)
Eti ou janmen wè sa (ter) kolibri kasé kanari (bis)
Mwen la jol mwen pa sa dôli
Mwen lé manjé mwen pasa manjé
Mwen lé bwè mwen pasa bwè tèlman pawol la ka fè mwen lapèn
Moun an (bis) moun na kif è la jol la (bis)
Moun oui moun an, moun moun an kif è la jol la
Moun tala kif è la jol la kè ni an pènn poté ba bondié (bis)
A pa dot (ter) ki konpè Michaud (ter)
A pa dot ki konpè michaud ki ki saint joseph pa papa bondié
A pa dot ki konpè michaud ki di parol la pou fè nou la pèn

 

21 Naissez

Naissez l’amour vous y convie,
Naissez pour changer nos destins.
(bis)
Grand Emmanuel, divin fils de Marie,
Venez réparer les pertes des humains,
Naissez l’amour vous y convie,
Naissez pour changer nos destins.
Le ciel est sensible à nos larmes
Le ciel nous accorde un sauveur.
La charmante paix succède à nos alarmes
Le jour fortuné comble notre bonheur
Le ciel est sensible à nos larmes
Le ciel nous accorde un sauveur.
Il naît ce messie adorable
Il naît ce grand Dieu fait enfant.
Peut-il ô mortels, se rendre plus aimable
Pour nous racheter, il se livre en naissant.
Il naît ce messie adorable
Il naît ce grand Dieu fait enfant.
Pour nous, jusqu’à nous il s’abaisse
Pour nous il s‘immole aujourd’hui.
Chantons à jamais l’excès de sa tendresse
Et que tous les cœurs brûlent d’amour pour lui
Pour nous, jusqu’à nous il s’abaisse
Pour nous il s’immole aujourd’hui.
Ritournelle
Version 1
sé pa lanmou ka kondui mwen
sé mwen ka kondui lanmou mwen (bis)
Jenn jan paf è bagaï konsa
palésé lanmou condui zot bis)
Version 2
Henriette man Zakari mété man gason dérô (ter)
Minui ja ka sonnen i lè pou li rantré
Rhum blanc-an mwen paka bwè li encô (ter)
22
Mwen paka bwè li ancô pas i ka brilé gôj mwen
Version 3
adèl voyé dlo, voyé dlo
Paedan manman pa la : voyé dlo
Pandan papa pala : voyé dlo
Padan ti frè pa la : voyé dlo
Gôj mwen ka brilé mwen : voyé dlo

 

22 Oh !La Bonne Nouvelle
Oh! la bonne nouvelle
Qu’on vient nous annoncer
Une Mère est Vierge
Un Sauveur nous est né.
Bon, bon, bon, accourons-y vite,
Bon, bon, bon, accourons-y donc.
Tous les bergers en fête
Ont quitté leurs troupeaux,
Chantant des chansonnettes
Dessus leurs chalumeaux.
Bon, bon, bon, etc.
Pour Joseph qui admire
Ce prodige nouveau,
Il ne peut que nous dire :
Voyez comme il est beau !
Nous verrons cette Mère
Belle comme le jour,
Qui sur son sein le serre
Dans des transports d’amour.
Bon, bon, bon, etc.
Soyons de la partie,
Allons rendre nos vœux
Au beau fils de Marie
Qui est le Roi des Cieux.
Bon, bon, bon, etc.

23 Petit Papa Noël

C’est la belle nuit de Noël
La neige étend son manteau blanc
Et les yeux levés vers le ciel,
A genoux, les petits enfants,
Avant de fermer les paupières,
Font une dernière prière.
{Refrain:}
Petit Papa Noël
Quand tu descendras du ciel
Avec des jouets par milliers
N’oublie pas mon petit soulier
Mais, avant de partir,
Il faudra bien te couvrir
Dehors tu vas avoir si froid
C’est un peu à cause de moi
Il me tarde tant que le jour se lève
Pour voir si tu m’as apporté
Tous les beaux joujoux que je vois en rêve
Et que je t’ai commandés
Le marchand de sable est passé
Les enfants vont faire dodo
Et tu vas pouvoir commencer
Avec ta hotte sur le dos
Au son des cloches des églises
Ta distribution de surprises
{Refrain}
Petit Papa Noël
Quand tu descendras du ciel
Avec des jouets par milliers
N’oublie pas mon petit soulier
Mais, avant de partir,
Il faudra bien te couvrir
Dehors tu vas avoir si froid
C’est un peu à cause de moi
Et quand tu seras sur ton beau nuage
Viens d’abord sur notre maison
Je n’ai pas été tout le jour très sage
Mais j’en demande pardon
26
Pour un maudit péché
Pour un maudit péché
L’auteur de la nature
Pour un maudit péché
Jésus-Christ est couché
Tout nu dessus la dure
Ah! qu’il me fait pitié
Dedans une masure
Caché!
Ce petit Dieu d’amour
Se charge de nos peines
Ce petit Dieu d’amour
Vient nous donner le jour
Et soulager nos chaînes
Ayons donc du retour
Pour un Dieu qui nous aime
Toujours !
Il naît dans le recoin
Du débris d’une étable,
Il naît dans le recoin
Sur la paille et le foin,
Sa bonté charitable
Le réduit à ce point
Qu’il veut ce fils aimable
Nos soins.
Il n’a pas de berceau,
Le poupon de Marie,
Il n’a pas de berceau,
Cet innocent agneau.
Il commence une vie
Entre deux animaux,
Languissante et suivie
De maux.
Trois Mages d’Orient
Apprenant la nouvelle
Trois Mages d’Orient
Ont porté leurs présents
L’un lui offre la myrrhe,
L’un l’or, 1’autre l’encens,
(Et tous ensemble ) adorent
L’Enfant.
27
Il attache ses yeux
Dessus l’aimable face
Il attache ses yeux
En dépit des envieux
Dessus la belle glace
De ce miroir précieux,
Qui nous fait voir la grâce
Des cieux.
Il adore l’Enfant,
Puis il salue la Mère,
Il adore l’Enfant,
Qui vient donner son sang :
Il apaise son père
Que le péché d’Adam
Avait mis en colère
Longtemps.
Tous ces bergers, de peur
De ne pouvoir y être,
Tous ces bergers, de peur
De ne voir ce Sauveur,
Accourent en lui portant
Ce qu’ils ont de meilleur
Mais le premier lui laisse
Son cœur.
Les pasteurs d’alentour
Font entre eux une bande
Les pasteurs d’alentour
Viennent faire leur cour
En même temps que l’ange
Leur a dit le séjour,
Chimel sans plus attendre
Y court.
28
Quand Dieu naquit à Noël
Quand Dieu naquit à Noël
Dans la Palestine,
On vit ce jour solennel
Une joie divine.
Il n’était ni petit ni grand
Qui n’apportât son présent
Et no, no, no, no,
Et n’offrit, frit, frit,
Et no, no et frit, frit,
Et n’offrit sans cesse
Toute sa richesse (bis).
L’un apportait un agneau
Avec un grand zèle,
L’autre un peu de lait nouveau
Au fond d’une écuelle
Et sous ses pauvres habits
Cachait un peu de pain bis
Pour la, la, la, la,
Pour la sain, sain, sain,
Pour la, la, Pour la sain,
Pour la Sainte Vierge
Et Joseph concierge (bis).
Ce bon père putatif
De Jésus mon maître
Que le pasteur plus chétif
Désirait connaître,
D’un air obligeant et doux
Recevant le don de tous
Sans cé, cé, cé, cé,Sans ré, ré, ré, ré,
Sans cé cé, sans ré, ré,
Sans cérémonie,
Pour le fruit de vie(bis).
Il ne fut pas jusqu’aux rois
Du rivage maure
Qui joints au nombre de trois
Ne vinssent encore
Ces bons princes d’Orient
Offrirent en le priant
L’en, l’en, l’en, l’en
Cens, cens, cens, cens, cens,
29
L’encens et la myrrhe
Et l’or qu’on admire (bis)..
Quoi qu’il n’en eût pas besoin
Jésus notre maître
En prit avec un grand soin
Pour faire connaître
Qu’il avait les qualités
Par ces dons, représentées
D’un vrai, vrai, vrai, vrai
D’un roi, roi, roi, roi
D’un vrai, vrai, d’un roi, roi
D’un vrai roi de gloire
En qui l’on doit croire (bis)..
Plaise à ce divin enfant
Nous faire la grâce
Dans son séjour triomphant
D’avoir une place
Si nous n’y sommes jamais
Nous goûterons une paix
De lon, lon, lon, lon
De gue, gue, gue gue,
De longue durée
Dans cet empyrée (bis)..
30
Quand Jésus Naquit
Quand Jésus naquit du sein
De la vierge sa Mère
Plusieurs Anges ayant eu dessein
D’annoncer ce mystère
Tombé du ciel, tombé du ciel,
Tombé du ciel en terre.
Pour aller chercher les bergers
L’un vole, l’autre trotte
Dans les champs et dans les vergers
On les trouva par botte
Qui faisaient la, la, la, la,
Qui faisaient la ribote.
Margot porta des écus neufs,
Toinon une layette,
Et moi je lui portai trois oeufs,
Dit la grosse Pierrette,
Pour faire une o, Pour faire une o,
Pour faire une omelette.
Bien bonjour Monsieur Saint Joseph
Et la Vierge Marie,
Bien bonjour Monseigneur Jésus
Le chef-d’œuvre de la vie
Et bonjour la, la, la, la,
Bonjour la compagnie.
Ritournelle
Man ka kaliko téni dé jen ti fi afos yo fi yo pa ka janbé dalo (Bis)
Padan man kakiko pala
Sé tifi ka janbé dalo
Pandan man kaliko pala
Sé tifi a ka joué klarinèt

 

31 Un enfant vient de naître
Un enfant vient de naître
Qui commande en tous lieux
Pasteurs, il est le Maître
De la terre et des cieux
Il est dans une crèche
Ce lieu n’est pas bien loin
Sur de la paille sèche
Et sur un peu de foin.
A voir ce roi des anges,
Chacun serait trompé.
De lambeaux et de langes
Il est enveloppé.
Pour soulager sa peine
Pour adoucir ses maux,
Il se sert de l’haleine
De deux vils animaux.
Près de cette demeure
Dormaient quelques bergers,
Un ange à la même heure
D’un vol des plus légers,
Fend l’air et les réveille
Et leur dit : à l’instant
Venez voir la merveille
Que l’Univers attend.
Ayant fait son message,
Cet Ange disparut,
Pour aller au village.
Plus d’un Pasteur courut.
Ils vont droit à l’étable
Chercher le nouveau-né.
A sa vue adorable,
Chacun s’est prosterné.
Que faisiez-vous Marie,
Quand vous les voyiez tous
Laisser la bergerie
A la merci des loups ?
Vous vous disiez vous-même,
Comme à tous les chrétiens :
Que pour le bien suprême
35
On quitte tous les biens.
Ritournelle :
Zim alléluia, alléluia (bis)
Zim alléluia souris a bwè l’huile la dan lamp la
alé ma kalalou
alé man diri douUn enfant vient de naître
Un enfant vient de naître
Qui commande en tous lieux
Pasteurs, il est le Maître
De la terre et des cieux
Il est dans une crèche
Ce lieu n’est pas bien loin
Sur de la paille sèche
Et sur un peu de foin.
A voir ce roi des anges,
Chacun serait trompé.
De lambeaux et de langes
Il est enveloppé.
Pour soulager sa peine
36
Pour adoucir ses maux,
Il se sert de l’haleine
De deux vils animaux.
Près de cette demeure
Dormaient quelques bergers,
Un ange à la même heure
D’un vol des plus légers,
Fend l’air et les réveille
Et leur dit : à l’instant
Venez voir la merveille
Que l’Univers attend.
Ayant fait son message,
Cet Ange disparut,
Pour aller au village.
Plus d’un Pasteur courut.
Ils vont droit à l’étable
Chercher le nouveau-né.
A sa vue adorable,
Chacun s’est prosterné.
Que faisiez-vous Marie,
Quand vous les voyiez tous
Laisser la bergerie
A la merci des loups ?
Vous vous disiez vous-même,
Comme à tous les chrétiens :
Que pour le bien suprême
On quitte tous les biens.
krié mwen bélévan
krié mwen tèt moutonou a ba mwen la jan mwen
sé lajan mwen mwen lé
ou ba mwen lajan mwen
37
sé lajan mwen mwen ka mandé’w
Voisin
Voisin d’où venait ce grand bruit
Qui m’a réveillé cette nuit
Et tout ceux de mon voisinage !
Vraiment, j’étais bien en courroux
D’entendre par tout le village
Sus, sus bergers (bis) réveillez-vous
Sus, sus bergers (bis) réveillez-vous
Quoi donc Colin ne sais-tu pas
Qu’un Dieu vient de naître ici-bas
Qu’il est logé dans une étable ?
Qu’il n’a ni lange ni drapeau
Et dans cet état misérable
On ne peut voir (bis) rien de plus beau.
On ne peut voir (bis) rien de plus beau.
Il t’a dit voisin qu’en ses lieux
Voudrait bien s’abaisser un Dieu
Pour qui rien n’est trop magnifique
Les Anges vous l’ont fait savoir
38
Par cette charmante musique
Qui s’entendit (bis) hier au soir.
Qui s’entendit (bis) hier au soir.
Plusieurs déjà s’y sont rendus,
Quelques-uns en sont revenus,
En disant que c’est le Messie,
Que c’est l’aimable Sauveur
Qui, suivant notre prophétie
Nous doit causer (bis) tant de bonheur.
Nous doit causer (bis) tant de bonheur.
Allons donc, bergers, il est temps,
Allons lui porter nos présents
Et lui faire la révérence
Voyez comme Jeannot y va
Suivons-le tous en diligence
Et nos troupeaux (bis) laissons-les là.
Et nos troupeaux (bis) laissons-les là.
Sans plus tarder, allons donc tous,
Allons saluer à genoux
Notre Seigneur et notre Maître ;
39
Et dans cet adorable jour,
Où pour nous l’amour l’a fait naître
Allons pour lui (bis) mourir d’amour.
Allons pour lui (bis) mourir d’amour.
Après avoir fait nos présents
Avec nos petits compliments
Autour de lui tout en cadence,
Nous lui souhaiterons le bonsoir
Et lui ferons la révérence.
Adieu poupon (bis) jusqu’au revoir.
Adieu poupon (bis) jusqu’au revoir.
Ah! Colin que dis-tu donc là
Il ne faut pas faire cela:
J’aimerais mieux perdre la vie
Restons toujours dans ce saint lieu
Tenons-lui toujours compagnie,
Et ne disons (bis) jamais adieu.
Et ne disons (bis) jamais adieu.
Pour moi je suis plutôt d’avis
De retirer ce petit fils
Où j’ai préparé sur deux bancs,
Un lit en forme de couchette,
Et des linceuls (bis) qui sont tout blancs.
Et des linceuls (bis) qui sont tout blancs.
Je vais faire de mon mieux
Pour retirer en ces lieux
Jésus, Joseph et Marie,
Quand ils seront tous trois chez moi,
Ma maison sera plus jolie
Que le palais (bis) des plus grands rois.
Que le palais (bis) des plus grands rois.
Dès aujourd’hui dans ce dessein
Sans attendre jusqu’à demain
Je veux quitter ma bergerie
Et j’abandonne mon troupeau
Pour mieux garder toute ma vie
Dans ma maison (bis) ce seul agneau.
Dans ma maison (bis) ce seul agneau.

 

fin – fin – fin- fin -fin

BAL BLOMET ou BAL NEGRE La musique reprend…!

Fabrice di Falco, contre-ténor, présentera lors de deux soirées au célèbre bal parisien de la rue Blomet, un concert classique le 3 novembre, un concert jazz le 7 décembre, avant de venir à l’Atrium et à l’Artchipel en 2018. Interview.

« Je veux partager la scène du bal nègre »

Pourquoi ce concert classique au Bal de la rue Blomet, temple du jazz ?

J’ai voulu faire ce concert classique au bal nègre, parce que la musique classique et l’opéra étaient la musique du peuple ! Et le bal nègre était en son temps le bal du peuple ! Faire de l’opéra dans un endroit où le peuple a sa place, ça me plaît !

Vous privilégiez la musique religieuse, pourquoi ?

Parce que l’opéra est né avec la musique classique religieuse. Vivaldi, le prêtre roux, a écrit le « Stabat mater » pour contre-ténor et ensemble baroque. Pergolese a écrit le « Salve regina » avant de mourir à 26 ans de la tuberculose. C’est un hommage aux castrats à la chapelle Sixtine…

Avant qu’ils ne viennent à l’opéra ?

Les castrats ont vu qu’ils ne gagnaient pas d’argent avec l’église, ils sont allés chanter la musique de Haendel, à l’opéra, là où on leur proposait de vrais cachets ! Ils sont d’ailleurs vite devenus les divas. Ma deuxième partie, ce sont les divas de l’opéra baroque au bal nègre ! Je suis accompagné de l’ensemble baroque Sine qua non de Julien Leleu avec lequel je vais réenregistrer l’année prochaine mon album « Les Sauvages », mais cette fois en classique…

Vous revenez au bal de la rue Blomet le 7 décembre, avec quel répertoire ?

Je vais reprendre exactement le même programme baroque mais en version jazz avec le Di Falco quartet, celui avec lequel j’ai enregistré pour Sony « Les sauvages » en version jazz.

Vous partez ensuite en tournée avec le chanteur Raphaël, racontez-nous cette rencontre…

L’an dernier Raphaël et Gaëtan Roussel m’ont demandé d’enregistrer avec eux un titre, « Quel genre d’ami ferait ça », parce qu’il voulait faire un clin d’oeil à Klaus Nomi un peu comme l’avaient fait Freddy Mercury et Montserrat Caballe. Depuis la sortie de son album, qui s’appelle « Anticyclone », notre titre fait un joli succès, et la production de Raphaël m’a proposé de faire la fin de sa tournée et celle de l’an prochain…

Et les Antilles, c’est pour bientôt ?

Je devrai venir en 2018 présenter aussi bien l’ensemble baroque « Les Sauvages » et le « Di Falco quartet » en jazz parce que le public martiniquais m’a créé, m’a carrément conçu ! Ma mère est martiniquaise et j’ai grandi au lycée de Bellevue. Gisèle Aubéry a été mon professeur de musique ! Chaque année, grâce à Gislaine Bellance, je retourne à mon lycée, mais également dans les écoles et collèges de Guadeloupe et Martinique donner des masterclass de chant pour amener l’opéra jusqu’à eux et trouver de nouveaux talents. J’ai envie de susciter des vocations et de ramener en métropole certains contre-ténors ou sopranistes.

Vous voulez les présenter lors de la résidence que vous ferez au bal de la rue Blomet l’an prochain ?

Je présenterai des concerts classiques et de jazz, mais je ne serai pas toujours en scène. Je mettrai des musiciens et des chanteurs en valeur, certains de mes élèves mais également pas que les miens. On m’a beaucoup aidé il y a vingt ans, maintenant que j’ai 43 ans, il me revient d’aider la nouvelle génération et je veux lui faire partager la scène du bal nègre !

Vous n’avez cessé de parler du bal nègre, mais son nom est le bal Blomet…

Je trouverai extraordinaire que le bal Blomet redevienne le bal nègre car « nègre » n’est pas une insulte, c’est même le grand hommage que l’on doit à la négritude ! Aimé Césaire s’est battu pour la négritude ! Jean Genêt a écrit « Les Nègres », Michaël Levinas a écrit l’opéra « Les nègres » et ça n’a posé aucun problème. On a appelé le Chevalier de Saint-George, le nègre des lumières… Alors moi, quand je joue au bal Blomet, je dis que je joue au bal nègre !

Propos recueillis par FXG, à Paris

PYCHANALYSE DU CREOLE et de son usage.

« L’invention de la langue créole a sauvé les esclaves d’un état de déshumanisation »

Jeanne Wiltord, psychiatre  et psychanalyste

Le 28 octobre est la Journée internationale des langues et des cultures créoles. La psychiatre et psychanalyste martiniquaise Jeanne Wiltord relate son expérience auprès de ses patients et explique comment la violence de l’esclavage s’est exercée aussi sur la langue créole.

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  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le 
Née en Martinique, Jeanne Wiltord est docteur en psychiatrie et psychanalyste. Membre de l’Association lacanienne internationale, ses recherches portent notamment sur les questions de la langue créole aux Antilles, de l’esclavage, de la colonisation, du racisme, et des dynamiques post-coloniales. Certains de ses travaux sont disponibles ici. Interview.

D’après votre expérience, pourquoi les Antillais sont-ils si réticents utiliser le créole lors des consultations médicales en général, alors qu’ils l’utilisent très fréquemment dans la vie courante pour la plupart?
Jeanne Wiltord :
 Mon expérience de psychanalyste concerne pour la très grande majorité de mes patients, des Martiniquais non békés. Les patients que j’ai reçus m’ont beaucoup enseignée. Plusieurs éléments peuvent être évoqués dans la difficulté, qui n’est pas une réticence, à parler créole au cours d’une psychanalyse. Le premier est que parler créole au cours d’une psychanalyse peut renvoyer un adulte à la transgression d’un interdit de parler créole que ses parents lui ont énoncé au cours de son enfance. Surtout dans les milieux de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, mais pas seulement, s’entend toujours en Martinique et aussi en Guadeloupe « Mwen pa lé ou palé kréyol, ou mwen pa vlé ou palé kréyol isidan » (« je ne veux pas que tu parles créole »).
Au-delà de la diglossie sociale français-créole, il faut aussi prendre en compte qu’elle est dite « langue malélevé », ce qui est à entendre comme langue qui a des connotations sexuelles. « Parler », dans la relation de transfert que met en place une psychanalyse, mobilise des désirs inconscients inaudibles dans notre parole sociale. À partir de l’embarras, voire de l’angoisse, à utiliser le créole au cours d’une psychanalyse, j’ai pu entendre que cette angoisse venait de ce que cette langue était dite  « trop proche, trop immédiate ». Cela m’a fait interroger ce qui dans la structure même de cette langue renvoyait à ce qui ne nous est pas accessible et dont nous nous protégeons en parlant. J’en suis arrivée à une hypothèse où cette langue maintiendrait un rapport précoce et ressenti comme violent, au corps de la mère. Ne pas parler créole au cours d’une psychanalyse serait une sorte de « siyak » (« détour », en créole, ndlr) pour tenter d’esquiver l’angoisse que fait surgir une expérience qui peut s’éprouver sans que ce soit dicible dans la toute petite enfance, la proximité du corps de la mère. La psychanalyse appelle cet éprouvé indicible, jouissance (à ne pas confondre avec le plaisir).

Parler créole au cours d’une psychanalyse peut renvoyer un adulte à la transgression d’un interdit de parler créole que ses parents lui ont énoncé au cours de son enfance.

En psychiatrie ou lors d’une psychanalyse, l’usage de la langue maternelle – en l’occurrence le créole pour de nombreuses personnes – ne facilite-t-elle pas mieux la libération de la parole du malade ?
Les conditions de création de la langue créole dans la violence déstructurante de la colonisation esclavagiste l’ont marquée, telle qu’elle est parlée actuellement, de traits qui ne facilitent pas la parole dans une psychanalyse. Une remarque me paraît aussi importante. « Péla », « on ne demande pas » et bien d’autres interdits, portent sur l’usage même de la parole dans l’éducation des enfants et aussi dans les relations sociales aux Antilles. Le colloque Pawol pani koulè (la parole n’a pas de couleur, ndlr) organisé par l’Association lacanienne internationale – Antilles (en cours de publication) a été d’un apport très riche sur cette question. Ceci dit, je n’ai jamais entendu un Antillais parlant français sans qu’une oreille attentive ne puisse entendre certaines tournures du créole dans le français parlé (*sous entendu  traduction  de l’expression  créole  en  français, une forme  explicite  de   diglossie*)

Quelle est votre sentiment sur la place de la langue créole aux Antilles actuellement ?
Vous savez que les sentiments, les positions idéologiques introduisent des éléments subjectifs qui sont la cause de flambées imaginaires qui troublent la réflexion et l’analyse  des problèmes. Ce n’est donc pas à partir de mes sentiments que je réponds à vos questions. Le professeur Jean Bernabé qui a fondé le GEREC-F (Groupe d’Études et de Recherches en Espace Créolophone et Francophone, ndlr) à l’ex-université  des Antilles et de la Guyane, a participé aux séminaires de psychanalyse que nous avons organisés en Martinique. Son apport a été inestimable pour notre réflexion de psychanalyste et sa mort est pour nous une réelle perte. À l’un de nos derniers séminaires, il soulignait que la diffusion actuelle du créole dans des domaines où il n’était pas parlé auparavant s’accompagnait d’une « décréolisation » de cette langue.

La colonisation esclavagiste racialisée a eu un effet traumatique collectif en ce que la violence de cet esclavage, lié à la première mondialisation du capitalisme, s’est exercée sur les corps et sur les langues parlées par les esclaves.

Concernant la question de l’esclavage d’un point de vue psychiatrique, peut-on parler d’un traumatisme qui se transmettrait de génération en génération selon vous ? Quelle est la place du créole dans cette configuration ?
La question du traumatisme psychique est en effet une question énorme qu’il est nécessaire de prendre en compte pour éclairer la lecture des sociétés des Antilles. Je l’ai abordée dans la conférence que j’ai faite au Cénacle à Fort-de-France, à la suite des évènements sociaux de 2009 : « Les békés maîtres et pères ? ». Béké serait l’imaginaire de la blessure innommable léguée par la colonisation esclavagiste racialisée, que j’appelle CER, aux Antilles. Je vais essayer de vous dire en quelques mots des choses qui font appel à des références psychanalytiques qui ne sont bien sûr pas habituelles.
La colonisation esclavagiste racialisée a eu un effet traumatique collectif en ce que la violence de cet esclavage lié à la première mondialisation du capitalisme, s’est exercée sur les corps et sur les langues parlées par les esclaves. Je parle de traumatisme qui désorganise la subjectivité inconsciente des êtres qui parlent. Pour le dire rapidement, les Africains réduits en esclavage et transbordés aux Antilles se sont trouvés confrontés à une expérience de violence déshumanisante, parce qu’elle a détruit les langues qu’ils parlaient, et parler est une activité symbolique qui nous spécifie comme être humains. Edouard Glissant a appelé ceux du transbord, les « migrants nus ». « Nus » parce que – c’est mon interprétation – dépossédés, privés de leurs langues, ils ont été confrontés non pas à la réalité, mais à un réel nu, sans mots pour le nommer.
Il faut bien comprendre que le traumatisme renvoie à une expérience d’effroi, d’angoisse extrême, qui se produit hors du champ de la parole et du langage. C’est une rencontre soudaine, brutale, qu’aucune parole n’a préparée, qui fait effraction dans le système symbolique qui fonctionne pour les êtres qui parlent, comme un filtre au réel. Cette expérience les a laissés dans un état de sidération psychique face à un réel dénudé du symbolique. Seuls les a sauvés de cet état de déshumanisation, l’imaginaire et l’invention de la langue créole, système symbolique qui s’est structuré dans l’urgence et dans la violence de la rencontre des parlers français des colons et de ce qui restait aux esclaves des langues qu’ils parlaient en Afrique.
Le traumatisme est une blessure psychique qui ne se transmet pas par une inscription symbolique inconsciente, mais par des poussées pulsionnelles qui poussent à la répétition en acte sans pouvoir dire, nommer la souffrance. Cela se traduit par l’incapacité à entretenir un débat, l’impossibilité à régler un conflit par la parole mais par la violence physique, les coups, des passages à l’acte souvent meurtriers. Il laisse dans l’incapacité de soutenir un désir en son nom. C’est pourquoi les mots sont nécessaires – travail de recherches des historiens, recherches généalogiques et apport du travail psychanalytique – pour sortir la blessure du traumatisme, de la fixité de la répétition. C’est la seule issue à la fixité du traumatisme.

Nb.  cet  ajout  est personnel.

ASSISES des OUTRE-MERS 2017-2018

Redonner la parole ! C’est parti pour les Assises des outre-mer ! 7 mois de travaux pour imaginer, penser, réinventer ensemble l’avenir de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de Mayotte, de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie, de La Réunion, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de Wallis-et-Futuna*. Ce rendez-vous avec les ultra-marins est ambitieux. Et en même temps, il est assez simple. Il consiste à redonner la parole. Pourquoi ? Parce que beaucoup d’ultramarins pensent que leur voix ne compte plus. Les dernières élections au printemps dernier l’ont cruellement montré, quand plus de la moitié des Français d’outre-mer ont choisi de ne pas choisir en s’abstenant à l’élection présidentielle. Malgré tout, la force des attentes des citoyens d’outre-mer et leur capacité à s’engager n’a pas diminué. A travers des ateliers locaux, nationaux, des consultations citoyennes, et un concours d’innovation, les propositions des outre-mer seront entendues et prises en compte .

http://fr.calameo.com/read/000886379b56e48135898

 

 

Le site Internet des Assises www.assisesdesoutremer.fr est désormais en ligne : j’invite dès à présent les citoyens ultramarins à s’y inscrire. Dans un premier temps, ils sont amenés à s’exprimer sur les grandes priorités pour leur territoire : équipements publics, développement économique, emploi, environnement, santé, jeunesse, culture, sécurité… Cette phase de diagnostic, qui se clôt le 22 novembre, est capitale pour orienter les travaux futurs des ateliers nationaux et locaux qui se tiendront jusqu’à janvier 2018. Je laisserai Thierry BERT, le rapporteur général des Assises, vous en dire quelques mots tout à l’heure.
A l’issue de l’ensemble de ces travaux, une consultation numérique sera lancée sur le site Internet des Assises entre le 15 janvier et le 28 février 2018 pour que les citoyens eux-mêmes puissent donner leur avis sur les premières propositions ou réformes des politiques publiques pour l’outre-mer.
A l’issue de cette consultation, la synthèse de l’ensemble des travaux aboutira sur la rédaction du Livre bleu outre-mer au Printemps 2018.
                                                                                   ***
Mais ces Assises sont aussi l’occasion idéale pour présenter les initiatives citoyennes les plus novatrices : c’est tout l’objectif du concours innovation dont je parlais tout à l’heure.
Vous le savez, je suis pragmatique et j’aime raisonner sur des projets concrets, inscrits dans les réalités quotidiennes de nos concitoyens. C’est pour cela que les solutions doivent venir des territoires et des ultra-marins eux-mêmes. Qui d’autre serait mieux placé pour décrire les problèmes et y apporter les réponses adéquates ?
À partir du 18 octobre, chaque citoyen porteur d’un projet pour son territoire est invité à poster sa candidature sur le site Internet des Assises. Les dépôts de projets pourront se faire jusqu’au 31 janvier 2018. Une présélection des projets sera faite en février pour ouvrir ensuite en mars la phase de vote du public. Ce vote est essentiel. Ces Assises sont un projet collectif et collaboratif. Elles n’auront de sens que si les citoyens ultramarins se sentent concernés. Ce concours est un bon outil pour s’impliquer. La sélection finale aura lieu en mars et les projets labélisés bleu outre-mer présentés au Printemps 2018. Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement financier et technique pour concrétiser ou faire grandir leurs projets.
                                                                                         ***
Les Assises des outre-mer sont un rendez-vous fondamental pour les ultramarins. Je sais que le projet parait ambitieux pour certains ; d’autres sont même sceptiques : je peux comprendre leurs doutes, les Etats généraux des outre-mer ont moins de 10 ans.
Mais que l’on soit bien clair : l’ambition des Assises, ce n’est pas de faire un catalogue déconnecté des réalités et aboutissant à des mesures inapplicables. C’est au contraire une démarche qui associe les citoyens à la construction de leur destin. C’est un nouvel élan pour en faire des territoires d’excellence et d’innovation. C’est donc maintenant que nous avons à construire ensemble l’avenir des outre-mer.
NB . Pour  accéder  au programme  et  s’inscrire : http://www.assisesdesoutremer.fr
Contact  MOM

Service de presse : 01 53 69 26 74
Nicolas Sire : 06 49 35 11 28
Twitter – @loutremer
Facebook – @lesoutremer

L’AVENIR N’ATTEND PAS LE NOMBRE DES ANNEES…..

UN PRESIDENT JEUNE
POUR UNE FRANCE NOUVELLE
PROGRESSISTE et PROSPERE !

« POUR L’AVENIR DE VOS ENFANTS, VOTEZ » !
(slogan imprimé par les PTT sur les courriers fin des années 50)

LETTRE D’UN AMI en période de Noël à la Martinique

Hello, hello ! sa’w fè ? Bon et joyeux noël et Bonnes, agréables fêtes de fin d’année ! pour cela je t’envoie du chaud soleil avec qq brises des douces alizées de cette période pas trop chaude mais surtout un peu de tout ce qu’il y a de bon dans notre ile « où l’air a des odeurs de sucre et de vanille’, des saveurs d’épices et de liqueurs au rh… vanillé. J’ai fait comme d’habitude mon schrub moi-même ! oui Mesieu ! Hummmmmmm ! je ne te dis pas !. Je ne suis pas prêt de perdre mes kg superflus avec tout ça malgré qq marches et bains de mer. En plus des ignames de cette période il y a des fruits à pains (hors saison) que je ne boude pas dans mon assiette. Tout est beau, tout est bon (presque) pour celui qui ne vit pas là toute l’année (comme moi) mais attention ! tout n’est pas rose dans ce pays « où on confond pistache et cacahuètes » comme le dit si bien sur BMJ. En effet, politique, commerce de supermarchés, chômage, misère, violence et autres ingrédients durs de la vie. Le Père Noêl lui est de plus en plus blanc sur son traîneau tiré par des rennes nordiques, dans la neige lointaine des paysages d’ailleurs au beau milieu des panneaux publicitaires implantés aux pieds de nos mornes et les catalogues regorgent de produits made in ailleurs où les produits dits « locaux » comme le jambon de Noêl nous arrive d’ailleurs et flirte avec les sapins, la neige sous un air de bon à consommer. D’ailleurs les pêcheurs interdits de vente de langoustes à la veille des fêtes pour cause de chlordé.. bloquent le port par où arrivent tous les containers chargés de produits d’importation. Mais pour la Noêl, il semble bien qu’il n’ait manqué aucune décoration ni de quoi se mettre dans la panse. Je me suis rabattu sur ma petite viande roussie de « ti-cho ou tcho ! tcho ! », un peu de pois d’angole, igname poule, des topinambours, mandarines et d’autres petits pâtés de cochon. Du local svp. Fout’ i té bon. Je fais pénitence pendant ces jours d’abondance et demande au Seigneur de donner un peu aussi à tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir comme moi cette si belle chance de vivre de si bons moments au chaud. Donc je pense énormément aussi à toi et à ceux qui sont restés sous la grisaille et dans le froid hivernal continental et n’ont pas tout ce bon plaisir d’être ailleurs. Joyeux Noêl et Très Bonnes Fêtes de fin d’année en attendant une nouvelle année que déjà je te souhaite excellente et meilleure que celle qui s’achève. Bon Fòs vieux Frère ! Bon courage ! ek an lòt solèy . tjinbé rêd anba frédi-a. et vivement que tu viennes faire un tour dans ce décors pour ne plus avoir envie de repartir….. Tout un programme ! N’est-ce pas ?

Serge ROISAND

Copyright (c) 2013

Annexe abréviations et  expressions :

saw’fè : comment  vas tu  ?

qq = quelques

rh… = rhum(vanillé)

BMJ =  Bondamanjak ,Revue  d’actualité « pimentée »(en référence  au  piment   du  même  nom.

chlordé.. = chlordécone produit phytosanitaire Pesticide organochloré utilisé entre 1981 et 1993 employé pour le traitement des bananiers pour lutter contre le charançon.
Le chlordecone est un polluant organique persistant, extrêmement rémanent dans l’environnement qui peut s’avérer très toxique.
A été classé comme cancérogène possible chez l’homme dès 1979 mais n’a été interdit qu’en 1993 et utilisé notamment aux Antilles

fout’i té bon = qu’est ce  que   c’était   bon !!!

bon fos vieux  frère !=  sois fort   vieux  frère

ek an  lot solèy= à une   autre  fois,  un  autre  jour

tjinbé rêd anba frédi-a = tiens  bon sous  le  froid (de  l’hiver)

AOUT SEPTEMBRE DES ILES CARAÏBES

 
 
 
 
Août Septembre des Iles Caraïbes
Où  le vent  par  rafales
Emporte les toits  de tôle
Et les rivières  gonflées
De  l’eau  boueuse des mornes
Quelle désolation
Au coeur des sapotilles !
 
 
 
Les bananiers pliés
Les champs de cannes mûres
Ne sont  plus  qu’un amas
 De peu  de  fierté
Et le squelette debout
De l’arbre de cythère
Feuilles et  fruits parsemés
Attend de reverdir…  
 
 
 
Un rayon de soleil plus neuf
Une eau  de cristal
Aux clapotis secrets
Chante dans les ruisseaux…
Tout se renouvelle
Se redresse  et  fleurit
Août Septembre
Des  Iles Caraïbes!
 
 
 
Paul CONSEL GUSAER
(c)copyright 1972
 
 
 

Encore un effort…

 
 
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun deux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs dun même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu  seras  un  Homme  mon fils!

Rudyard KIPLING

LA MAISON D’Aimé CESAIRE : restaurée bientôt en MUSEE

La « maison d’Aimé Césaire à Redoute (Fort-de-France) va bénéficier du financement des opérations de sauvegarde du patrimoine. Le Président de la République, Emmanuel Macron, a validé mardi 3 avril, le projet de rénovation et de valorisation de la maison du poète et de l’homme politique.

La maison d'Aimé Césaire, quartier Redoute à Fort-de-France. © Martinique la 1ère
© MARTINIQUE LA 1ÈRE La maison d’Aimé Césaire, quartier Redoute à Fort-de-France.
  • Par Jean-Claude SAMYDE
  • Publié le , mis à jour le 
La maison d’Aimé Césaire, patrimoine emblématique de Martinique, figurera sur le jeu de grattage qui accompagnera le tirage spécial du loto du patrimoine, prévu le 14 septembre prochain.

Stéphan Bern, nommé par le président de la République Emmanuel Macron, à la tête d’une mission d’identification et de sauvegarde du patrimoine en péril a retenu dans ses 250 projets, la maison du poète et de l’homme politique, située à Redoute sur le territoire de Fort-de-France.

Aimé Césaire © kobason.wordpress.com
© kobason.wordpress.com Aimé Césaire

Cette nouvelle intervient quelques jours avant le dixième anniversaire de la mort du chantre de la négritude (17 avril 2008). Écrivain, maire de Fort-de-France, député de la Martinique, artisan de la départementalisation, toute l’œuvre d’Aimé Césaire sera valorisée dans ce projet.
La maison d’Aimé Césaire, acquise par la ville de Fort-de-France est devenue par donation, propriété de l’Institut Aimé Césaire.

Raymond Saint-Louis Augustin président de l’institut Aimé Césaire

Cette inscription permettra, par la mobilisation de financements publics et privés, nationaux et locaux et notamment de la Collectivité Territoriale de Martinique, d’entamer les travaux de mise en œuvre de l’installation de la Fondation Aimé Césaire.

Trois projets martiniquais sont concernés par cette opération menée par le ministère de la Culture : la maison Telle au Saint-Esprit, le fort de l’îlet à Ramiers aux Trois-Îlets et la maison d’Aimé Césaire à Fort-de-France.

23 MAI 2018 , LA MARCHE DU 170e ANNIVERSAIRE DE l’ABOLITION

Amitiés créoles,

Marie-Line MORMIN
Présidente de Tous Créoles ! Paris

Si vous ne pouvez pas lire cet e-mail, cliquez ici

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NEWSLETTER 1

23 mai Journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage

Avril 2018

The great forest

Le 23 mai Journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage

20ème anniversaire de la Marche du 23 mai 1998

170ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage colonial

LA MARCHE DU 23 MAI 2018 partira du Jardin des Tuileries à 15h pour arriver à la Place de la République où se déroulera à partir de 19h00 la fête de la Fraternité LIMYE BA YO (honorons-les).

Le 23 mai Journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage

  Nous marcherons pour honorer avec éclat la mémoire des femmes et des hommes qui vécurent en esclavage et dont les premiers furent libres le 23 mai 1848, il y a 170 ans.

  Nous marcherons pour que soit édifié dans le Jardin des Tuileries le Mémorial des Noms attribués aux 200 000 esclaves devenus libres après le décret d’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848. 

  Nous marcherons pour aider la République à repenser ses dispositifs de lutte contre le racisme qui conduit le pays à une fracture raciale mortifère.

 Nous marcherons, nous descendants d’esclaves, avec les descendants de colonisés, de serfs, d’ouvriers et de tous ceux qui ont enrichis cette nation, pour affirmer que la France est notre Pays.

  Nous marcherons pour proclamer que le racisme ne disparaîtra réellement que lorsqu’un Français ne sera plus uniquement un descendant de Gaulois, blanc, chrétien et exclusivement Européen. 

  Nous marcherons avec détermination pour nos filles et nos fils car nous n’avons pas le droit de leur léguer un pays où prospère un racisme décomplexé.

  Nous marcherons car nous sommes décidés à voir pleinement reconnus notre place, notre rôle dans notre pays et notre apport à un avenir pétri de liberté, d’égalité et de fraternité.

L’INVITATION ………AUX SARGASSES !

12 mai 2018 par Cécile Marre

Thierry Lebrun. un professionnel de santé a écrit cette lettre afin de sensibiliser les autorités parce que la situation est grave « on est face à un véritable problème de santé publique et écologique », affirme-t-il.

Il annonce également avoir tiré la sonnette d’alarme auprès de l’Agence Régionale de Santé, mais que ses alertes sont restées vaines. 


« Bonsoir Mr le préfet,


Je suis médecin anesthésiste au CHUM, responsable du service d’anesthésie et président du conseil des blocs du CHUM
.
Ceci n’est pas important !

Les conséquences des sargasses sur la santé des Martiniquais, sur l’environnement et sur l’écologie le sont beaucoup plus!!

Je subis ce phénomène en ligne directe, habitant un des coins, certainement un des plus touchés de la Martinique, Pointe savane, mais aussi en ligne éthique, morale et professionnelle!!!


En tant que médecin j’ai alerté l’ARS, MAIS AUCUNE RÉPONSE!! Surprenant, surtout que je leur parlais comme professionnel de la santé avec des mesures de toxicité au-dessus de la normale et une expérimentation probante non recevable, mais réelle équivalente au dernier jugement de St Brieux…


Mon impression : on se voile la face, mais on est face à un véritable problème de santé publique et écologique et je suis malheureux de voir tous les jours les pêcheurs du Robert vendre leurs poissons au bord de mer avec cette puanteur PESTILENTIELLE (et je pèse mes mots) en toute confiance alors que vous êtes en train de les laisser s’intoxiquer!

Eu égard au profond respect que j’ai de votre fonction, je vous invite dimanche midi à venir manger un poisson frais dans mon domicile, en toute simplicité, près de l’habitant ou plutôt chez l’habitant avec vos proches (dites-moi juste combien vous êtes; pas plus que 6 svp) et vous vivrez quelques heures ce que des Martiniquais vivent H 24 depuis plusieurs mois.


J’ai un regret : de ne pas avoir assez de fond pour porter plainte contre l’état pour  » non-assistance à personne en danger et abus de confiance » et pas assez de temps pour m’en occuper. Ceci ressemble étrangement au HIV en 84/86 où pour la première fois naissait la notion de « RESPONSABLE, MAIS PAS COUPABLE ».


Je ne suis pas fâché, ni aigri, ni procédurier ou revendicatif; je suis tout simplement triste et déçu que les décideurs ne prennent pas leur responsabilité, que l’on joue de l’innocence voire incrédulité des gens, des Martiniquais, qui nous amènent en toute confiance vers de graves pathologies qui engageront notre avenir.

En l’attente de votre réponse à mon invitation ce dimanche, je vous prie de croire en ma respectueuse considération.

Dr Thierry Lebrun

L’EDUCATION A LA MEMOIRE EST ELLE DE GAUCHE OU DE DROITE ?

LE CONSEIL REGIONAL D’ILE DE FRANCE Présidé par Valérie PECRESSE (Les Républicains) refuse de soutenir l’éducation à la mémoire de l’esclavage

PAR Bénédicte MONVILLE DE CECCO Conseillère Régionale(Ecologie) d’Ile de France
10 Mai 2018

La loi du 21 mai 2001 rappelle que la « richesse des nations » occidentales s’est construite sur le crime originel de la traite atlantique et de l’esclavage, moment fondateur dans l’histoire du capitalisme et première phase de son expansion. Dès lors, on comprend qu’elle résonne de manière désagréable aux oreilles des tenants de l’ordre dominant.

Élue en décembre 2015 au conseil régional Île de France, je me suis assez vite étonnée qu’aucune action en faveur de l’éducation à la mémoire de l’esclavage ne soit soutenue par cette institution en particulier dans les lycées franciliens dont elle a la charge. Je demandais des explications en commission éducation et on me répondit que l’association avec laquelle la région avait établi un partenariat régulièrement renouvelé jusqu’à l’arrivée de Mme Pécresse à la tête de l’exécutif régional n’avait pas donné entière satisfaction. On me dit aussi que cette même association n’avait transmis aucun élément de bilan pour l’année scolaire 2015-2016. Je contactais l’association en question qui me confiait de son côté avoir été dissuadée par les services régionaux de déposer une nouvelle demande de subvention qui n’avait aucune chance d’aboutir. Par conséquent, je m’enquérais des éléments de bilan qui avaient pu motiver la décision de l’exécutif et n’y trouvais rien qui puisse la justifier. Mais, considérant que cette appréciation pouvait être subjective, je demandais si l’exécutif envisageait de soutenir une autre association ou du moins ce qu’il envisageait mettre en place pour encourager l’éducation à la mémoire de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions dans les lycées franciliens.

Je n’obtenais aucune réponse. L’embarras où je plongeais mes interlocuteurs chaque fois que je reposais la question suffit à me faire comprendre ce qu’il en était exactement. Mon groupe déposait toutefois un amendement à la commission permanente du 21 septembre 2016 pour rétablir la subvention octroyée auparavant à l’association précitée, sans succès. Le nouvel exécutif francilien n’avait aucune intention de favoriser la diffusion de la mémoire de l’esclavage dans les lycées franciliens. Pire, à cette même commission permanente l’exécutif régional votait une subvention de 50 000 € pour le financement d’une étude sur la faisabilité d’un parc Napoléon en Seine-et-Marne. Celui-là même qui rétablit l’esclavage aux Antilles et trahit Toussaint Louverture, leader de la Révolution Haïtienne.

Puis, vint le moment où nous eûmes à examiner la proposition d’un concours de « chanté Nwel » en Île de France. Pour la première fois, il était fait mention dans un rapport présenté par l’exécutif de Valérie Pécresse de l’esclavage perpétré par des privés et par l’Etat français dans les Amériques pendant quatre siècles : « Il s’agit d’organiser un concours annuel dans la tradition Antillaise issue des périodes de l’esclavage colonial ». Le rapport précisait qu’avec ce concours, l’exécutif visait « à découvrir la culture antillaise, à favoriser une citoyenneté commune, et à valoriser les initiatives autour du partage de cultures ». Si les « chanté Nwel » sont indéniablement populaires en Martinique et en Guadeloupe, cela n’en fait pas moins d’eux une des manifestations contemporaines du religieux – rappelons qu’il s’agit de chanter les évangiles – et d’un rapport au sacré et à la foi qui n’a rien à faire avec les institutions d’un Etat séparé des Églises depuis 1905.

Autrement dit, si Mme Valérie Pécresse refusait de « défendre la mémoire des esclaves et l’honneur de leurs descendants » (loi du 21 mai 2001) dans le cadre des prérogatives régionales et de sa politique d’éducation, elle faisait aussi la promotion d’un rituel religieux au nom de notre « citoyenneté commune », semblant ignorer au passage que tou.te.s les citoyen.ne.s ne chantent ni ne célèbrent Noël, ou de la reconnaissance de la culture antillaise, ainsi qu’on nous l’exposait en séance, enfermant du même coup tou.te.s les antillais.e.s dans une pratique cultuelle.

Je m’en agaçais et déclarais en substance que non seulement l’exécutif francilien avait abandonné la politique régionale en faveur de la diffusion de la mémoire de l’esclavage mais que ce qu’il présentait comme une volonté de reconnaissance des Antilles s’apparentait au pire paternalisme et visait en réalité à ignorer ce dont les Antilles avaient le plus besoin ; une « politique de développement de l’économie locale qui mettrait un terme à la dépendance économique des Antilles vis-à-vis de la métropole et commencerait enfin une redistribution des richesses, lesquelles sont toujours entre les mêmes mains depuis le XVIIe siècle ».

Le président de mon groupe recevait dans les jours qui suivirent une lettre signée par le président du conseil représentatif des français d’outre-mer (CREFOM) qui me reprochait de m’en prendre « aux descendants des propriétaires terriens du 17ème siècle et [de] les [stigmatiser] collectivement, précisant « ceci est une démarche contre laquelle le CREFOM se dressera toujours car nous voulons une société réconciliée et apaisée ». Je passe sur le reste de la lettre à laquelle j’ai immédiatement répondu. Si je cite cet extrait, exemple édifiant de négation des rapports de classes et de « races » hérités de l’esclavage et de la colonisation, c’est parce qu’il est tout à fait révélateur de ce qui se joue dans le refus de Valérie Pécresse de poursuivre une politique régionale de diffusion et d’éducation autour de la mémoire de l’esclavage et, au contraire, dans sa volonté de favoriser la réalisation d’un parc Napoléon au caractère hagiographique ou de promouvoir le rituel religieux des « chanté Nwel ».

La mémoire en effet est toujours le terrain d’un affrontement entre différentes visions du monde et le plus souvent elle est écrite par les vainqueurs : ici les maîtres contre les esclaves, puis à mesure que s’imposait le racisme et la figure de l’esclave africain comme de celle de l’esclave de toute éternité, des blancs contre les noirs. La loi du 21 mai 2001, « tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité » fut portée et soutenue par nous, descendant.e.s d’esclaves. Elle rappelle que la « richesse des nations » occidentales s’est construite sur le crime originel de la traite atlantique et de l’esclavage, moment fondateur dans l’histoire du capitalisme et première phase de son expansion. En ce sens, elle rompt le consensus mémoriel dominant qui présente l’avènement du capitalisme comme une condition du progrès humain. C’est ainsi qu’elle initie pour nous les conditions d’une participation individuelle et collective à un monde commun, puisque nous y sommes finalement reconnu.e.s pour ce que nous sommes.

Dès lors, on comprend qu’elle résonne de manière désagréable aux oreilles des tenants d’un ordre qui n’en a pas fini de régner grâce à l’exploitation brutale du travail humain et de la nature. À charge pour les institutions spécialisées de produire les savoirs explicitement inféodés à leurs intérêts et d’éliminer, ici par absence de financement ou révisionnisme, les savoirs émancipateurs produits par le corps social en fonction de lui-même et de ce dont il a besoin pour s’émanciper.

À charge aussi pour les représentant.e.s des classes dominantes dans nos assemblées d’accentuer les divisions héritées de l’ordre colonial raciste en encourageant quelques manifestations cultuelles folkloriques qui viendront utilement achever le portrait d’un groupe et de sa nature singulière. En régime capitaliste et plus généralement inégalitaire, la division des classes dominées en groupes religieux, culturels, « ethniques », etc. est un puissant levier de reproduction pour le pouvoir. D’où aussi, la duplicité qui consiste aujourd’hui à satisfaire une demande légitime de reconnaissance en encourageant la pratique d’un rituel chrétien quand par ailleurs on stigmatise l’islam et les musulmans et les exemples ne manquent pas malheureusement au conseil régional d’Île de France : « À l’intérieur d’une même nation la religion morcelle le peuple et dresse les unes contre les autres les communautés spirituelles entretenues et renforcées par le colonialisme et ses instruments » [Franz Fanon 2002 (1961), p. 156].

Si la religion fut un instrument de la division et de l’assujettissement des peuples colonisés, l’exemple du conseil régional d’Île de France montre qu’en régime néocolonial elle n’a rien perdu de son utilité. Tout comme l’opiniâtreté de l’exécutif régional à refuser la mémoire de l’esclavage et à lui substituer son propre récit vise à empêcher la compréhension des processus révolutionnaires qui ont abouti à leurs abolitions ainsi que la reconnaissance de celles et ceux qui les ont produits, esclaves pour la plupart, et, en nous assignant au récit des dominants, à hypothéquer le présent et l’avenir de nos luttes en cours.

Epilogue : mon groupe au conseil régional a demandé à pouvoir bénéficier d’une salle pour organiser une journée de débats dans le cadre de la décennie internationale des personnes d’ascendance africaine mise en place par l’ONU et des commémorations nationales en France de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions. Le cabinet de la présidence nous a pour l’instant opposé un refus.

L’OEIL DU LEZARD

Pour contribuer davantage à la diffusion internationale de l’art de la Caraïbe, l’Aica Caraïbe du Sud choisit de créer une série de mini – vidéos trilingues destinées au web.
Cette série a vocation, en fonction des partenariats établis, à présenter des plasticiens contemporains de toute la Caraïbe.
Initiée par Dominique Brebion depuis la Martinique, elle compte aujourd’hui plus d’ une dizaine de films sur des artistes de Martinique, de Guadeloupe, de Barbade et bientôt de Guyane .
Ce dernier numéro  présente la démarche artistique de Raymond Médélice.
Gilles Elie dit Cosaque a conçu le générique
Vianney Sotes a réalisé les prises de vue et le montage
Texte de Dominique Brebion   avec la  voix d’Alexandra Harnais

Après avoir lancé la vidéo, cliquez en bas à droite pour voir en plein écran

« La rue Case Nègres » en B D

«La Rue Cases-Nègres» se décline version bande dessinée

mediaUne page tirée de la bande dessinée « La Rue Cases-Nègres », d’après le roman de Joseph Zobel.Présence Africaine

Le célèbre roman du Martiniquais Joseph Zobel vient de faire l’objet d’une publication sous forme de bande dessinée. En 1983, il avait été adapté sur grand écran par la réalisatrice Euzhan Palcy.

« La Rue Cases-Nègres » est un grand classique de la littérature antillaise moderne. La publication de ce roman en 1950 avait fait la notoriété de son auteur, Joseph Zobel. Très vite épuisé, le livre fut remis en circulation dans les années 1970 à l’initiative de Présence Africaine. C’est encore à la vénérable maison d’édition de la rue des Ecoles à Paris que nous devons son adaptation aujourd’hui en bande dessinée.

Le roman doit son succès à la force de son évocation de la vie ordinaire de la petite paysannerie noire et à la limpidité de son écriture campant les personnages dans leur réalité. Nous sommes dans la Martinique des années 1930. Le jeune José vit avec sa grand-mère, M’man Tine, rue Cases-Nègres. L’existence est particulièrement rude pour tous les habitants du quartier. Leurs seules ressources proviennent de l’exploitation des champs de canne à sucre qui appartiennent aux Békés, les Blancs de Martinique. José va à l’école communale, où son instituteur lui enseigne le sens d’une certaine liberté et l’aide à obtenir son certificat d’études. Il passe avec succès le concours et obtient une bourse, à la plus grande joie de M’man Tine. Celle-ci, en effet, n’a d’autre ambition que de permettre à son petit-fils d’échapper à leur condition misérable…

En re-racontant cette histoire, les auteurs de la BD, le scénariste Michel Bagoé et la dessinatrice Stéphanie Destin, donnent un nouveau souffle au livre de Joseph Zobel. Le roman avait déjà bénéficié d’un traitement cinématographique magnifiquement réussi qui avait totalisé 3 millions d’entrées, sous la signature de la réalisatrice Euzhan Palcy, ce qui n’est certainement pas étranger à la grande visibilité dont il jouit aujourd’hui à travers le monde francophone.

Un récit initiatique

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Récit très largement autobiographique, « La Rue Cases-Nègres » raconte la société martiniquaise rurale des années 1930, les plantations, la hiérarchisation sociale, la faim et la pauvreté dont souffrait encore la population antillaise noire plus de huit décennies après l’abolition de l’esclavage. A travers les tribulations de son jeune protagoniste, Zobel a raconté sa propre enfance dans les villages du sud de la Martinique, ses blessures et ses joies d’antan. C’est cette vie, faite de douleurs et de bonheurs, à l’ombre d’un système social et politique oppressant, que les deux auteurs de la BD ont tenté de capter, souvent avec succès, dans leur album, mêlant l’image à la poésie de la parole créole.

Le succès du duo réside surtout dans la pureté des dessins qui rappellent les albums de science-fiction, tout en restant proches de la dureté de la réalité et du vécu. L’illustratrice Stéphanie Destin, dont c’est la première BD, s’est beaucoup documentée pour rester fidèle aux paysages de la campagne martiniquaise avec des champs de cannes à sucre à perte de vue où le romancier martiniquais a campé son récit.

« La Rue Cases-Nègres », version BDPrésence Africaine

La fidélité à l’œuvre originale a été l’une des préoccupations majeures des auteurs de la BD. « J’ai tout repris, contrairement au scénario extrait par Euzhan Palcy pour l’adaptation cinématographique du roman, affirme Michel Bagoé qui connaît l’œuvre de Joseph Zobel depuis sa petite enfance. Cette BD est pour moi une forme d’hommage à ce grand écrivain que j’ai connu de près quand, petit adolescent, je vivais à Ziguinchor, en Casamance, avec ma famille. Joseph Zobel était alors le directeur du collège où mon père enseignait. Comme nos deux familles avaient beaucoup sympathisé, je me suis senti légitime de relever le défi de m’attaquer à ce monument de la littérature martiniquaise qu’est La Rue Cases-Nègres. »

Auteur-compositeur-interprète de formation, Michel Bagoé s’est recyclé en scénariste de bande dessinée depuis 2011. Le succès est manifestement au rendez-vous comme le prouve l’intérêt que suscite son adaptation du roman de Zobel, en collaboration avec l’illustratrice Stéphanie Denis. Dans le viseur du duo : D’Jhébo, le Léviathan noir (1957), l’œuvre de César Pulvar, un autre grand de la fiction martiniquaise et incidemment grand-père de la célèbre journaliste Audrey Pulvar.


La Rue Cases-Nègres
Michel Bagoé et Stéphane Destin
Editions Présence africaine
90 pages
18 euros

Guyane: l’histoire des Boni, de l’esclavage au marronnage

Par Arnaud Jouve/RFI

Publié le 27-04-2018 Modifié le 28-04-2018 à 18:46
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gravure  représentant  un  cimarron  ou  noir marron  en  fuite  dans les  colonies . wikipedia commons /

 
Le 27 avril 1848, l’esclavage est aboli en France et dans ses colonies, mais certains Guyanais n’ont pas attendu cette date pour se libérer de l’esclavage. Leur histoire est celles des « marrons » et en particulier du peuple Boni qui a fui la servitude et s’est installé dans la forêt guyanaise pour vivre libre. Une aventure humaine exceptionnelle et peu connue en métropole, que retrace Jean Moomou, maître de conférences en Histoire à l’Université des Antilles, spécialiste des Boni, un peuple dont il est issu.

RFI : Qui sont les « Marrons » appelés aussi « Noirs marron » ou « Bushinengué » ? Que veulent dire ces appellations ?

Jean MOOMOU : Les Marrons, ceux qui marronnent, ce sont ceux qui ont quitté « l’habitation » pour s’installer dans la forêt. « Noir marron » est un vocable utilisé à partir des années 1980 en Guyane française pour désigner les Marrons du Suriname, mais l’appellation originelle est « Bushinengué » terme qui émerge en 1680-1690, qui veut dire « les Noirs de la forêt ». Ils se composent en plusieurs groupes : les Djuka, les Saramaka, les Matawaï, les Kuinty, les Paramaka et enfin les Aluku ou Boni. Ce sont donc des descendants d’esclaves du Suriname dont certains se sont installés à l’intérieur des terres de ce pays, tandis qu’une partie, notamment les Boni, s’installeront sur le territoire français à partir de 1776.

Vous êtes le premier Boni à retracer l’histoire de votre peuple qui s’est libéré de l’esclavage colonial. Quand et où commence cette histoire des Boni ?

Dès la seconde moitié du XVIIe siècle, vers 1650, les Anglais colonisent un territoire, que l’on appelle aujourd’hui le Suriname, et y apporte des esclaves d’Afrique pour mettre en valeur cette colonie. Mais ce territoire passe sous domination hollandaise en 1667, suite au traité de Breda, où Anglais et Hollandais échangeront le Suriname contre New Amsterdam, qui deviendra le New York actuel. Les populations déportées d’Afrique, mises en esclavage, passent sous domination hollandaise.

La colonie se met au service de la métropole coloniale hollandaise et exploite des plantations de canne à sucre dont la production est envoyée en Hollande pour le marché du sucre qui se trouvait en Europe. Il faut noter que le système colonial hollandais était très difficile. Il n’y avait pas de « code noir » comme dans les colonies françaises. Liberté au maître de donner des punitions sévères aux esclaves. Il y a eu des infanticides, des suicides, des mouvements de révolte. Tout cela était classique dans le système esclavagiste de l’Amérique des plantations. Partout, on va retrouver les mêmes phénomènes. Ces mauvais traitements, raison pour laquelle les esclaves ont décidé de fuir pour retrouver leur statut d’homme libre sont d’ailleurs encore dans l’imaginaire de leurs descendants. Les esclaves ont donc décidé de s’enfuir en s’organisant par petites bandes et le marronnage individuel va devenir un marronnage collectif.

Y a-t-il eu des circonstances particulières qui ont permis aux esclaves de s’enfuir ?

Il y a eu une tentative de colonisation du Suriname par les Français en 1712. L’amiral français Jacques Cassard, en charge de récupérer des terres, demande en contrepartie de son retrait et en guise de compensation, un impôt par capitation, c’est-à-dire un impôt par tête d’esclave. Suite à cette demande, les planteurs envoient des esclaves en forêt pour diminuer le coût de l’impôt, en espérant bien sûr les récupérer plus tard, mais beaucoup ne reviendront pas. Les esclaves avaient des champs personnels à l’intérieur de la forêt, ils maîtrisaient cet environnement forestier et du coup, certains décident de profiter de cette aubaine pour s’enfuir et rejoindre d’autres Bushinengué avec qui ils constitueront des communautés marronnes.

Ce qui n’était pas une menace au début va le devenir. Tout au long de la première moitié du XVIIIe siècle, le mouvement de désertion va s’amplifier et va entraîner une réaction des autorités coloniales, à la fois de l’armée coloniale hollandaise mais aussi des planteurs pour traquer ces marrons et les ramener dans « l’habitation », engendrant une guerre entre les marrons et les autorités coloniales.

Pendant cette guerre, plusieurs chefs vont se distinguer chez les marrons et notamment un certain Boni qui donnera son nom à la communauté ?

Dans ce Suriname du début du XVIIIe siècle, dans la période de 1730, le nom de Boni est celui d’un des chefs mais le premier s’appelait Aluku. L’histoire de Boni est un peu compliquée : il est né en forêt, il connaît cet espace et en grandissant, il va prendre de l’assurance. L’ancien chef, étant âgé, lui transmet le pouvoir. Du coup, les marrons vont s’identifier à leur chef et cette identification va déboucher sur une construction d’identité guerrière, car Boni est à la fois un chef et aussi un chef spirituel.

« Avec la mise en exploitation des colonies dans les Amériques par les différentes puissances européennes, émergent « deux mondes » entre lesquels existe un antagonisme profond. Il s’agit du monde de « l’habitation », caractérisé par la servitude et se subdivisant en deux groupes : d’un côté, les planteurs et tous les hommes libres (petits Blancs et affranchis), de l’autre, les esclaves qui représentent les forces productrices du système esclavagiste. Ce sont ces derniers qui vont fuir l’espace colonial pour ne plus revenir et créer un autre monde, celui des « Marrons ». » Extrait de l’ouvrage de Jean Moomou, Le monde des Marrons du Maroni en Guyane (1772-1860). La naissance d’un peuple: Les Boni, aux éditions Ibis rouge 2004.

Les Saramaka, les Matawaï, les Kuinty, les Djuka ont chacun leur chef. Il y a environ six grandes communautés réparties à l’intérieur de la forêt qui vont tenter de réagir contre le pouvoir colonial qui cherche à les soumettre pour les ramener dans les « habitations ». La stratégie, utilisée par les autorités coloniales, consistait à signer des traités de paix avec des marrons. Cette signature de traités a débouché sur la constitution de communautés marronnes autonomes à l’intérieur de la forêt.

Mais il y avait des clauses à ces traités qui disaient que les marrons pacifiés devaient aider les autorités coloniales à chasser les autres marrons et en même temps, ils devaient refuser d’intégrer de nouveaux marrons à l’intérieur de leur groupe. En 1760-1762, les Djuka et les Saramaka signent mais les Boni refusent ces traités de paix avec les Hollandais, et par conséquent, la guerre va s’amplifier entre les marrons et les autorités coloniales. A partir de 1776, le chef Boni décide de quitter le Suriname et de franchir le fleuve-frontière Maroni. Le groupe de marron Boni s’installe alors en Guyane française.

Comment les Boni vont-ils s’intégrer en Guyane ?

Les Boni vont progressivement remonter le fleuve Maroni jusqu’à s’installer à son amont. Il y a eu des négociations avec les autorités coloniales françaises. Quand ils sont arrivés, certains administrateurs disaient : « Puisque la Guyane manque de main d’œuvre, c’est un moyen de leur offrir l’asile, l’intégration ». D’autres disaient : « Non, ce sont des marrons dangereux à recevoir, vu ce qui s’est produit avec le Suriname ». Donc, il y aura une volonté d’exclure ces marrons en terre française et en même temps, une volonté de signer un traité avec eux. On va envoyer des missionnaires pour les sonder mais cela se traduira par un échec d’accord de paix en 1786, qui entraînera un nouvel évènement avec le Suriname. Boni part alors en 1789 au Suriname pour libérer des esclaves. La guerre entre les Hollandais et les Boni recommence et aboutit à la mort de Boni en 1792-1793.

Dès le départ, la France était hésitante : comment intégrer des marrons, car en Guyane française nous avons aussi des marrons et des esclaves ? La stratégie était de les intégrer dans des régions où il y avait des plantations, mais les Boni ne pouvaient pas accepter cette solution-là et cela a été un échec. Et ce n’est qu’à partir de l’abolition de l’esclavage en 1848 en Guyane que la relation entre les Boni et l’autorité française va changer.

Aujourd’hui comment les Boni vivent avec cette histoire ?

J’ai constaté ces derniers temps que beaucoup de jeunes ne connaissent pas cette histoire parce que la transmission de ce savoir est en panne. Et du coup, ils sont en train de relire cette histoire mais pas dans une version éclairée mais pour trouver des éléments pour condamner le colonisateur hollandais. Beaucoup de jeunes contestent cette appellation de « Bushinengué », préférant « Afro-Guyanais », ne connaissant pas l’origine de ce mot, ni les circonstances dans lesquelles ce mot a été donné. Ce n’était pas un terme péjoratif au départ, c’était pour distinguer les esclaves de ceux qui marronnaient en forêt, c’était une dénomination coloniale mais ce n’était pas péjoratif. Donc, il y a une relecture de cette histoire par certains qui n’est pas claire. Et du coup, la mythification, la glorification de l’Afrique que les anciens éprouvaient, aujourd’hui les nouvelles générations ont tendance à la mettre à distance.

Jusqu’à une époque récente, les Bushinengué dans leur ensemble ne commémoraient pas l’abolition de l’esclavage. Ils se disaient :« Ce n’est pas notre histoire, on n’a pas été libéré par les autorités coloniales, on s’est auto-libérés ». Aujourd’hui, ils participent avec les populations qui commémorent à Cayenne l’abolition de l’esclavage de 1848 mais aussi l’abolition de l’esclavage au Suriname en 1863, et l’idée qui émerge, c’est de faire, pourquoi pas, une commémoration du marronnage.

ET VIVE LES FESTIVALS DE L’ETE !

ELOGE DE « LA PRUDENCE LIMINAIRE » par l’écrivain André LUCRECE

En réponse  au  jugement porté par   Bernard HAYOT sur  la  gestion de la Collectivité Territoriale  de Martinique….(Martinique 1ere/ 20 avril 2018)l’écrivain  répond  au  patron du  Groupe  du même  nom  sur  ce  que  l’on  pourrait   presque  appeler ….une OPA  !!

Eloge de la prudence liminaire
par André LUCRECE
Cet éloge de la prudence se veut liminaire, c’est-à-dire énoncé sur le seuil de la parole, seuil rendu plus ferme et plus solide par des propos rationnels, plus crédibles que ceux proférés sous l’effet de l’émotion. J’ai en effet entendu et lu, ces derniers jours, des sentences tendant à comparer des pays dits « d’outremer », situés sur des continents différents, avec des statuts différents, parfois même avec des histoires différentes, sentences qui aboutiraient à une sorte de classification condamnant la Martinique à un rang peu glorieux, parmi les derniers, à un niveau « assez bas », est-il même indiqué.

Je voudrais d’abord dire que les comparatifs appliqués à des sociétés constituent souvent des tentatives hasardeuses. Claude Lévi-Strauss, parmi les premiers, a montré que des sociétés « tenues pour arriérées » possèdent une dynamique et une viabilité insoupçonnées « tant qu’elles ne sont pas menacées du dehors ». Il invite donc lui aussi à la prudence, s’agissant de tels comparatifs. C’est pour cela d’ailleurs que, pour plus de justesse dans cet exercice périlleux, des savoirs assurés sont requis comme ressources d’intelligibilité.
Il y a quelques années, invité à donner à Cayenne une conférence sur la situation de la Guyane, j’avais souligné l’extrême complexité des problèmes de la société guyanaise, posant un diagnostic qui annonçait une situation de crise, laquelle s’est finalement cristallisée par l’action et les revendications des 500 frères et par un mouvement social dénonçant le sort et l’abandon dans lesquels l’Etat avait laissé la société guyanaise. Le résultat on le connaît : un plan d’urgence décidé par les pouvoirs publics en avril 2017, visant à faire face à l’état de délabrement de plusieurs secteurs de ce pays où la situation continue de se dégrader. J’apprends pourtant par une déclaration surprenante que, dans la classification susdite, la Guyane serait devant le Martinique en matière de gestion !
Afin de situer, de manière plus rationnelle, les performances de gestion de la Martinique, je voudrais aborder ici le cas de la Guadeloupe où la distinction opératoire peut révéler quelques distorsions dans la dite classification qui place la Guadeloupe en territoire « mieux géré » par rapport à la Martinique « mal gérée », laquelle serait au point d’être au plus bas de l’échelle. Propos qui se révèlent être de très difficile caution.
Pour aborder ici le cas de la Guadeloupe, deux règles sont nécessaires. D’abord, celle qui exige des données concrètes et si possible chiffrées, ensuite un comparatif argumenté qui n’a pas pour but d’évaluer une société, mais de signaler des avancées et des retards dans des domaines ciblés en matière de gestion. Nous n’avons en effet aucune leçon à donner aux dirigeants de la Guadeloupe qui sont maîtres de leur horloge, de la hiérarchie des urgences et de leur plan de développement. Et ils ont toutes les compétences pour le faire. Les éléments comparatifs mentionnés ne constituent en rien une façon d’inférioriser. La Guadeloupe ne nous est pas inférieure, tout comme la Martinique ne lui est pas non plus inférieure.
Il existe néanmoins un certain nombre de domaines, où je n’échangerais pour rien au monde les données de l’île sœur contre les nôtres, et j’entends ici les énoncer afin de montrer à quel point le jugement porté sur la gestion martiniquaise relève d’une opinion infondée et d’un raisonnement erroné.
– Pour commencer, la Martinique possède le PIB (Produit Intérieur Brut) par habitant le plus élevé dans la Caraïbe, la Guadeloupe est en 4ème position. (Sources : INSEE, CEROM, UN, Banque Mondiale – Calculs IEDOM)
– En ce qui concerne l’outremer français, concernant toujours le PIB par habitant, la Martinique devance, dans l’ordre, la Réunion, la Guadeloupe, la Polynésie française, la Guyane et Saint-Martin. (Sources : INSEE, ISEE, ISPF, CEROM, calculs IEDOM.)
– En termes de développement humain, la Martinique figure également en tête des îles de la Caraïbe. Au classement mondial elle est 39ème sur 190 pays, avec un indicateur de développement humain (IDH) de 0,814. (Sources : CEROM, INSEE, AFD, IEDOM, PNUD)

– La Martinique est le seul département d’outre-mer dont le taux de chômage est inférieur à 20%. Pour être encore plus précis, il y a 6 points de taux de chômage qui séparent les deux territoires : 24% en Guadeloupe contre 18% en Martinique (chiffres de 2016).

– Taux de chômage toujours. Selon l’INSEE, la Guadeloupe « est la région des Antilles-Guyane où ce taux demeure le plus élevé ». En Guadeloupe, le chômage touche les jeunes actifs au taux de 47 %.

– La situation d’une partie de la jeunesse en Guadeloupe est préoccupante. Voici ce que disait le journal Le Monde dès 2011 à propos de la Guadeloupe : « le poids des violences dans l’île est bien documenté – le taux de criminalité est le plus élevé de France. » Et le journaliste ajoute : « Les faits sont consignés dans un rapport confidentiel sur les dispositifs de lutte contre la délinquance en outre-mer, commandé par les ministères de l’intérieur et de l’outre-mer à trois inspections générales (administration, police et gendarmerie), et remis en juillet. Ce texte, que Le Monde a pu consulter, décrit l' »imprégnation de la société guadeloupéenne par la violence » et le « développement de bandes violentes ». » (Sources Le Monde du 21.12.2011, article de Laurent Borredon – Envoyé spécial à Pointe-à-Pitre.)
– Nous avons en commun avec la Guadeloupe des problèmes démographiques, celui en particulier d’une population vieillissante à laquelle nous devons le plus grand respect et la garantie d’une fin de vie dans la dignité. S’agissant des infrastructures, sur le plan médico-social, s’agissant aussi bien des personnes âgées que des personnes handicapées, le nombre de places disponibles en Martinique est quasiment le double de celui de la Guadeloupe.
Je voudrais aborder maintenant les questions liées aux infrastructures aujourd’hui indispensables. Je pense en particulier à l’environnement et au traitement des déchets. La Martinique a été, dans ce domaine, très en avance, organisant et exerçant cette compétence autour de trois plans : le Plan Départemental d’Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés (PDEDMA) datant de 1997 et géré depuis 2005 par le Conseil Général, le PREDIS ou Plan Régional d’Elimination des Déchets Industriels Spéciaux lancé en 1998 avec une compétence de la Région, le PREDASRI (Plan Régional d’Elimination des Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux) qui est une émanation du PREDIS. Ce dernier prend en charge les déchets d’activités de soins non infectieux.

De même s’agissant des infrastructures liées à l’eau, la situation de la Martinique n’a rien à voir avec la situation de la Guadeloupe où le rendement des réseaux est faible. La situation est difficile au point que les élus de la Guadeloupe ont dû faire appel à une aide exceptionnelle du gouvernement français afin de régler le problème des coupures récurrentes qui peuvent durer pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, comme celles qui ont affecté la ville de Capesterre-Belle-Eau et plusieurs communes du sud de la Guadeloupe.

Je pourrais aborder encore bien d’autres domaines, mais je voudrais faire le point sur un sujet sur lequel une mise au point me semble nécessaire : celui du patrimoine. Je voudrais d’abord dire que la richesse et la gestion du patrimoine d’un pays n’a rien à voir avec la climatologie des affaires. Je voudrais ensuite dire que le patrimoine ne se réduit pas aux musées. Le patrimoine d’un pays est matériel et immatériel, sa gestion est complexe et suppose des choix qui relèvent d’une réflexion approfondie.

La CTM a initié en mars 2017, sous l’autorité de Madame Beuze, Directrice générale des musées, un séminaire intitulé « Musée et tourisme pour le développement durable » dont j’ai eu l’honneur d’être à la fois le modérateur et le rapporteur. Les chiffres communiqués, lors de cette réunion, ont montré que la Martinique attire plus de visiteurs dans ses musées que la Guadeloupe : 47% des touristes ont visité nos musées en 2016, contre 30% en Guadeloupe.

Le choix fait par la Martinique est plus proche du développement durable en ce qu’il valorise des musées sur l’ensemble du territoire. Ce choix va totalement à l’encontre du modèle du Mémorial Act, choix fait par la Guadeloupe, qui aujourd’hui nécessite en frais de fonctionnement entre 3,5 et 4 millions d’euros, situation rendant difficile l’investissement muséal. De nombreux pays de la Caraïbe, présents à ce séminaire, ont fait part à cette occasion de leur expérience et ont indiqué aller dans le sens du modèle martiniquais. La Martinique possède d’ailleurs aujourd’hui le plus grand réseau de musées et de sites patrimoniaux des petites Antilles. Voilà la vérité des faits. Faits auxquels s’ajoute tout un ensemble de projets muséographiques qui viendront s’ajouter au dernier né, le merveilleux musée du Père Pinchon dont l’installation des richesses est actuellement en cours.

Les faits sont têtus, ils me dispensent de tout autre commentaire. Et aux quelques personnes qui m’en pourront savoir gré d’avoir rappelé ces faits, je leur dirai que je ne fais que remplir mon office au service de la vérité.

André LUCRECE

 

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