L’AVENIR DES JEUNES ULTRA MARINS

DOM – TOM : l’INSEE se penche sur le départ des jeunes antillais et ses conséquences.

February 9, 2016

Avec une population qui diminue dans deux communes sur trois, la Martinique est la région française qui perd le plus d’habitants entre 2008 et 2013, devant le Limousin, seule autre région à connaître une baisse de sa population. Plusieurs facteurs expliquent cette baisse selon l’INSEE.

Dans les autres DOM, la population stagne en Guadeloupe, augmente à La Réunion (+ 0,7 %/an) et en Guyane (+ 2,2 %/an : région française la plus dynamique). Les communes du centre et du nord de Martinique sont les plus touchées par le manque de dynamisme. Fort-de-France, commune la plus peuplée, est également celle qui perd le plus d’habitants (– 4 800). A contrario, les communes de la côte sud caribéenne continuent à gagner des habitants.

La diminution de la population en Martinique entre 2008 et 2013 s’explique par son solde migratoire déficitaire. En ne prenant en compte que le solde apparent des entrées-sorties, la Martinique aurait perdu 1,1 % de ses habitants par an, soit 22 500 habitants en 5 ans. Si le solde migratoire est déficitaire depuis le début des années 90, il s’est fortement accentué depuis le milieu des années 2000.

Sous le seul effet des migrations, la Martinique perd 4 500 habitants par an entre 2008 et 2013, contre – 1 100 habitants par an entre 1990 et 2008.

Concernant la Guadeloupe, seule la tranche d’âge des 15 à 29 ans contribue au déficit du solde migratoire. Sur la période de 2003 à 2008, un départ sur trois est effectué par un jeune âgé de 15 à 24 ans contre une arrivée sur dix. Ceux-ci partent pour suivre des études ou démarrer leur vie professionnelle dans l’hexagone. Les arrivées, plus nombreuses que les départs à partir de 30 ans, ne permettent pas de compenser le déficit de la jeune génération. Les départs des natifs de Guadeloupe forment la composante principale du déficit migratoire du territoire.

Les nombreuses sorties du territoire des jeunes antillais expliquent la majeure partie du déficit migratoire

Les personnes nées en Martinique présentent un solde négatif à tous les âges jusque 35 ans. Un pic est atteint entre 18 et 28 ans, classe d’âges qui concentre 52 % de leurs sorties du territoire (12 % de leurs entrées). La moitié des jeunes adultes nés en Martinique et émigrant vers une autre région française sont élèves ou étudiants et habitent en Île-de-France, 37 % occupent un emploi. Leurs retours en Martinique sont plus échelonnés et moins nombreux que leurs départs.

Source : INSEE

Si leurs retours sont importants dès 25 ans, ils ne compensent les départs qu’à partir de 35 ans, ce qui impacte le solde migratoire des enfants, également déficitaire. C’est entre 55 et 65 ans que l’on observe le plus fort solde migratoire de Martinique, les nombreux retours concernant majoritairement des retraités (70 %).

Parmi les retours des natifs entre 25 et 55 ans, les deux tiers occupent un emploi (dont 33 % dans la Fonction Publique) et 20 % sont au chômage.

Chez les personnes nées hors Martinique, le solde est déficitaire entre 16 et 26 ans. Comme les natifs, ils repartent en métropole pour leur scolarité et premier emploi (54 % sont élèves-étudiants et 32 % actifs en emploi), mais leur destination géographique est plus répartie (35 % habitent en Île-de- France). Le solde migratoire des nonnatifs redevient positif dès 26 ans, avec de nombreuses arrivées : 37 % de leurs entrées en Martinique ont lieu entre 26 et 40 ans, souvent accompagnées d’enfants. Les arrivées d’enfants non-natifs sont ainsi importantes, avec un solde migratoire positif chez les moins de 16 ans.

En Guadeloupe, le solde des départs et des arrivées est négatif jusqu’à 33 ans et particulièrement marqué entre 18 et 25 ans. Les retours s’amorcent dès 25 ans mais ne deviennent plus nombreux que les sorties qu’à partir de 34 ans.

Source : INSEE

L’excédent est le plus fort après 60 ans, lors des retours des retraités, même s’il ne permet pas de compenser le déficit des jeunes générations. Toutefois, ce déficit est en partie atténué par le flux migratoire des personnes nées hors de Guadeloupe qui est globalement positif. Les arrivées de jeunes actifs de 25 ans et plus accompagnés de leurs jeunes enfants en constituent la principale composante. À partir de 45 ans, les flux migratoires des non-natifs de Guadeloupe s’atténuent et sont à équilibre, avec autant de sorties que d’entrées.

source:mediaphore.

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