Daniel THALY, le poète oublié

Daniel Thaly est né de parents pyrénéens, à Roseau (Ile de la Dominique), le 2 décembre 1879. Il fait ses humanités au lycée de Saint-Pierre-de-la-Dominique, la ville détruite, puis commence des études médicales à Toulouse, qu’il achève à Paris.
Il quitte la France en 1908 et retourne habiter aux Antilles. Sous le ciel bleu de la Dominique, à la fois planteur et médecin, il passe son temps entre ses malades et ses citronniers. Mais ses occupations ne détruisent pas son penchant à la rêverie, et il ne cesse d’écrire des vers. Puis, il s’installe en Martinique où il fait profession de bibliothécaire.
Des voyages périodiques en Europe écartèlent sa sensibilité de fin nerveux. Il sait pourtant calmer de sagesse sa nostalgie dans les nombreux recueils qui vont de Lucioles et Cantharides (1900) à Chansons de Mer et d’Outre Mer (1911) et Héliotrope ou les Amants inconnus (1932). Selon Henri Clouard, « sa poésie fluide, glissante, gazouillante, étonnamment facile et fraiche, fait s’épanouir la flexibilité créole réellement comme une fleur».
Daniel Thaly a collaboré à un grand nombre de revues littéraires, comme La Phalange de Jean Royère, Le Mercure de France d’Alfred Vallette et Le Divan d’Henri Martineau.
Lucioles et cantharides (Paris, Ollendorf, 1900), La Clarté du Sud (Toulouse, société provinciale d’éditions, 1905), Le Jardin des Tropiques (Paris, Editions du Beffroi, 1911), Chansons de Mer et d’Outre Mer (Paris, Editions de la Phalange, 1911), Nostalgies françaises (Paris, Editions de la Phalange, 1913), L’Ile et le Voyage (Paris, Editions du Divan, 1923), Chants de l’Atlantique (Paris, Garnier, 1928), Héliotrope ou les Amants inconnus (Paris, Editions du Divan, 1932).

d après LA REVUE CRITIQUE

                   =- L’ILE  LOINTAINE -=
Je suis né dans une île amoureuse du vent
Où l’air a des senteurs de sucre et de vanille
Et que berce au soleil du tropique mouvant
Le flot tiède et bleu de la mer des Antilles.
Sous les brises, au chant des arbres familiers,
J’ai vu des horizons où planent des frégates
Et respiré l’encens sauvage des halliers
Dans ses forêts pleines de fleurs et d’aromates.
Cent fois je suis monté sur ses mornes en feu
Pour voir à l’infini la mer splendide et nue
Ainsi qu’un grand désert mouvant de sable bleu
Border la perspective immense de la vue.
À l’heure où sur ses pics s’allument les boucans,
Un hibou miaulait au cœur de la montagne
Et j’écoutais, pensif, au pied des noirs volcans
L’oiseau que la chanson de la nuit accompagne.
Contre ces souvenirs en vain je me défends.
Je me souviens des airs que les femmes créoles
Disent au crépuscule à leurs petits enfants,
Car ma mère autrefois m’en apprit les paroles.
Et c’est pourquoi toujours mes rêves reviendront
Vers ces plages en feu ceintes de coquillages,
Vers les arbres heureux qui parfument ses monts
Dans le balancement des fleurs et des feuillages.
Et c’est pourquoi du temps des hivers lamentables
Où des orgues jouaient au fond des vieilles cours,
Dans les jardins de France où meurent les érables
J’ai chanté ses forêts qui verdissent toujours.
Ô charme d’évoquer sous le ciel de Paris
Le souvenir pieux d’une enfance sereine,
Et, dans un Luxembourg aux parterres flétris,
De respirer l’odeur d’une Antille lointaine !
Ô charme d’aborder en rêve au sol natal
Où pleure la chanson des longs filaos tristes,
Et de revoir au fond du soir occidental
Flotter la lune rose au faîte des palmistes.
                          =- ESCLAVAGE- =
Pour travailler le sol conquis, venaient d’Afrique
Parqués sur les ponts noirs des négriers affreux
Des esclaves captés par le chef tyrannique
Dans la brousse insondable, au bord des fleuves bleus
À la place Bertin, en ces jours malheureux
Se tenaient un marché sombre de chair humaine
Et les colons venus du morne ou de la plaine,
Achetaient à vil prix le bétail douloureux
Quelquefois un vieil air plaintif, plein de tristesse
S’élevait du cœur lourd d’une jeune négresse
Et les nègres pleuraient le rivage perdu
Au soleil du Pays, ils revoyaient leurs terres
Et songeaient, tout à coup, qu’ils avaient entendu
Pour la dernière fois, les plaintes de leurs mères
Quelquefois un vieil air plaintif, plein de tristesse
S’élevait du cœur lourd d’une jeune négresse
Et les nègres pleuraient le rivage perdu
Au soleil du Pays, ils revoyaient leurs terres
Et songeaient, tout à coup, qu’ils avaient entendu
Pour la dernière fois, les plaintes de leurs mères

Ainsi au nombre des écrits et poèmes de Daniel THALY , il est ce poème intitulé « lIle Lointaine » qui exprime tout ce que l auteur ressent au plus profond de lui même quand il décrit ce monde tropical exotique…. mais il est aussi marqué par cette période du commerce triangulaire dont il a pu connaître l histoire à travers vestiges et traditions mais aussi la misère des pauvres gens à l aube d une renaissance.

Je n ai pas retrouvé jusqu à ce jour le texte intitulé « le flamboyant » que j avais appris à l école primaire et dont les seuls vers qui sont encore dans ma mémoire : « Quand juillet changera sa verdure en fournaise, le sol sera jonché d écarlates débris » ….

NB. Si par hasard vous connaissiez  ce poème, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaires. Merci !

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