RENAISSANCE DU  » BAL NEGRE  » A PARIS

LE BAL NEGRE

DE LA RUE BLOMET

2017 – Un cabaret d’art à Paris

CONCERTS – CABARET – EVENEMENTS

EXPOSITIONS – CAFE – PROJECTIONS

« Serving Art and Cocktails »

Hommage au Bal Nègre – Zapata

Un ambitieux projet de réhabilitation architecturale et mémorielle de l’ancien Bal Nègre, qui a un temps été menacé de disparition, est mis en oeuvre depuis 2012.

Il doit permettre à ce haut lieu du Montparnasse des Années Folles de renaître et de retrouver l’esprit de sa grande époque.

2014-2016: les travaux de réhabilitation

Le nouveau Bal Nègre est restauré selon son esprit d’origine, avec sa salle de bal à coursives. La nouvelle disposition et les travaux de mise en conformité et d’insonorisation permettront un accueil irréprochable des artistes comme du public.

L’architecture intérieure du projet, avec ses matériaux bruts, ses armatures métalliques et ses briques apparentes s’inspire très largement du passé industriel du XVe arrondissement.

Une nouvelle scène

Rive Gauche

Dès 2017, le nouveau Bal Nègre proposera, outre une scène musicale, un cabaret d’art multimédia dédié au rapprochement des arts et des cultures populaires dans le domaine de la musique, du cinéma, de la comédie musicale et des beaux-arts.

Lieu d’échanges et de partages, la vocation du Bal est de perpétuer le lien étroit entre l’art et le divertissement en proposant un espace de création qui rapproche les artistes et le public.

L’espace architectural intérieur est conçu pour favoriser le décloisonnement artistique et accueillir la tradition aussi bien que la découverte, de recevoir des concerts de jazz et de musiques du monde, de musiques classique et contemporaine ainsi que des comédies musicales de poche.

LE FABULEUX DESTIN

DU BAL NEGRE

C’était en 1924. C’était les Années Folles !

L’aventure du Bal Nègre commence en 1924. Jean Rézard des Wouves, candidat antillais à la députation, installe son QG de campagne au 33, rue Blomet, dans le 15e arrondissement de Paris, près de Montparnasse. Ancienne ferme du XIXe siècle, le lieu a été reconverti en commerce de vins puis en cabaret.

Pour attirer et retenir le maigre auditoire à ses meetings politiques, Jean Rézard, meilleur musicien qu’orateur, se met au piano et joue avec grand succès la musique de ses origines afro-américaines.

La génération des Années folles est alors avide de distractions sur fond de musique et rêve d’un monde nouveau en réaction aux souffrances de la Grande Guerre. On se passionne frénétiquement pour les cultures inédites et les nouvelles esthétiques comme le Surréalisme, Dada, le Jazz ou l’art nègre qui culmine avec l’Exposition coloniale de 1931.

Les réunions électorales de la rue Blomet se transforment spontanément en soirées musicales et dansantes et deviennent permanentes. Plus doué pour le spectacle, Jean Rézard renonce à la politique et institue un bal régulier avec la bénédiction du propriétaire, un Auvergnat dénommé Jouve. Ce dernier rebaptise son établissement « Le Bal Colonial » ouvert les mardis, jeudis, samedis et dimanches.

La Biguine du Bal Nègre

Couple au Bal Nègre – Brassai

Robert Desnos, qui habite quelques mètres plus loin dans les ateliers d’artistes du 45, rue Blomet lui préfère le nom passé à la postérité de « Bal Nègre » et en assure la promotion dans un article publié dans le quotidien Commedia :

« Dans l’un des plus romantiques quartiers de Paris, où chaque porte cochère dissimule un jardin et des tonnelles, un bal oriental s’est installé. Un véritable bal nègre où tout est nègre, les musiciens comme les danseurs : et où l’on peut passer, le samedi et le dimanche une soirée très loin de l’atmosphère parisienne parmi les pétulantes Martiniquaises et les rêveuses Guadeloupéennes. C’est au 33 de la rue Blomet, dans une grande salle attenante au bureau de tabac Jouve, salle où, depuis bientôt un demi-siècle, les noces succèdent aux réunions électorales. »

« Cette période, raconte le violoniste-clarinettiste martiniquais Ernest Léardée (1896-1988), futur roi de la Biguine qui succède à Jean Rézard, est probablement la plus folle que j’ai vécue. Ce bal était le point d’attraction de la capitale… et pas un étranger ne quittait Paris sans être venu passer au moins une soirée dans ce lieu inhabituel ». C’est en effet par autocars entiers que les touristes affluent, obligeant Léardée et Jouve à instituer un véritable et incessant roulement entre les groupes de touristes et les attractions. L’adresse était devenue si célèbre à Paris qu’il suffisait de dire « 33 … » au chauffeur de taxi pour qu’il ajoute « … rue Blomet ».

Felix Ardinet danse la biguine au BAL NEGRE (1930)

Le Bal Nègre et les artistes de Montparnasse

L’amour au Bal Nègre – F Picabia

Les artistes des années folles fréquentent assidument le Bal Nègre pour jouir de l’ambiance exotique : on y croise Joséphine Baker, Maurice Chevalier, Mistinguett, Foujita, Kiki de Montparnasse accompagnée de Man Ray ou Alexander Calder. Les écrivains Henry Miller, Ernest Hemingway, Francis Scott Fitzgerald s’y retrouvent, de même que Jean Cocteau, Paul Morand ou Raymond Queneau. Les peintres Joan Miro, André Masson, Francis Picabia, Jules Pascin, Moise Kisling et Kees van Dongen accompagnent Robert Desnos et leurs amis surréalistes. Le Prince de Galles, futur Édouard VIII s’échappe d’une cérémonie officielle pour s’y encanailler et offre de généreux pourboires aux musiciens.

La clarinette et le saxophone de Sidney Bechet retentissent dans la salle de bal qui accueille plus tard les personnalités qui feront la légende des cafés et des caves de Saint-Germain-des-Prés : Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Boris Vian, Albert Camus, Jacques Prévert ou Mouloudji. Maurice Merleau-Ponty y courtise Juliette Greco.

Dans La Force de l’âge, autobiographie publiée en 1960, Simone de Beauvoir décrit ainsi les soirées : « Le dimanche soir, on délaissait les amères élégances du scepticisme, on s’exaltait sur la splendide animalité des Noirs de la rue Blomet. […] À cette époque, très peu de Blanches se mêlaient à la foule noire ; moins encore se risquaient sur la piste : face aux souples Africains, aux Antillais frémissants, leur raideur était affligeante ; si elles tentaient de s’en départir, elles se mettaient à ressembler à des hystériques en transe. […] j’aimais regarder les danseurs; je buvais du punch ; le bruit, la fumée, les vapeurs de l’alcool, les rythmes violents de l’orchestre m’engourdissaient ; à travers cette brume je voyais passer de beaux visages heureux. Mon cœur battait un peu plus vite quand explosait le quadrille final : dans le déchaînement des corps en fête, il me semblait toucher ma propre ardeur de vivre. »

En 1928, un célèbre fait divers défraie la chronique. Jane Weiler, fille d’un riche industriel, tue son mari au retour d’une nuit qu’ils avaient passée à ce bal. La presse ne manque pas de s’emparer de cette affaire pour stigmatiser la vie de plaisir facile menée par les mondains et la haute société bourgeoise. Lors du procès de Mme Weiler, le journal Détective imprime la manchette suivante : « Du Bal Nègre aux assises ».

« Le Bal Ubu »

Kiki par Man Ray

Lieu de fête sans fin, c’est au Bal Nègre qu’en 1929, Mado Anspach organise la soirée mémorable du « Bal Ubu », dernière grande fête de Montparnasse:

« Là [au Bal Nègre], Montparnasse s’initiait à la biguine. Robert Desnos habitait la maison voisine. Un article dans Comœdia avait lancé cet établissement. Youki parut au Bal Ubu déguisée en reine, avec une robe à traîne et de longues nattes blondes. Kiki menait la danse, infatigable et débraillée. Le peintre Foujita était déguisé en fille publique. Un tonneau avait été mis en perce et le champagne se distribuait par bouteilles ; c’était au printemps 1929. »

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’occupant interdit les activités du Bal Nègre, qui reprennent entre 1945 et 1962 avec d’autres orchestres, mais sans retrouver ni l’aura, ni le succès d’antan. Redevenu simple café jusqu’en 1989, cet établissement devient alors un club de Jazz, le Saint-Louis Blues, puis ferme ses portes en 2006.

Jean Gabin au Bal Nègre dans « Touchez pas au grisbi »

De nombreux détails sur l’histoire du Bal Nègre ou Bal Colonial de la rue Blomet sont donnés par le compositeur et chef d’orchestre martiniquais Ernest Léardée (1896-1988) dans son autobiographie La Biguine de l’Oncle Ben’s (Jean-Pierre Meunier et Brigitte Léardée) parue en 1989 aux Éditions Caribéennes.

Le Bal Nègre a inspiré de nombreux artistes, les peintres Kees Van Dongen (Joséphine Baker au Bal Nègre, 1925) et Francis Picabia (Bal Nègre, 1947), le dessinateur Paul Colin ou les photographes Brassaï (1930) et Elliott Erwitt (1952). Le cinéaste Jean Grémillon, dans son film La Petite Lise (1930), met en scène le Bal Nègre avec ses musiciens et ses danseurs dans leur propre rôle. En 1954, Jacques Becker y filme Jean Gabin et Jeanne Moreau dans Touchez pas au grisbi. Les écrivains l’utilisent comme décor, parmi lesquels Léo Malet (Les eaux troubles de Javel, 1957), San-Antonio (1957, Des gueules d’enterrement, où l’on apprend que les Bérurier habitent rue Blomet, au-dessus du Bal Nègre) ou Gilles Schlesser (Rose de Paris, 2014).

Ils ont connu le Bal Nègre

… Et vous ?

Cliquez sur leur photo
Juliette GRECO
Joséphine BAKER
Robert DESNOS
Simone de BEAUVOIR
KIKI de MONTPARNASSE
Pablo PICASSO
FOUJITA
Joan MIRO
Albert CAMUS
Ernest HEMINGWAY
MISTINGUETT
Jacques PREVERT
Jeanne MOREAU
Jean-Paul SARTRE
Jean GABIN
Boris VIAN
Francis Scott FITZGERALD
Jean COCTEAU
Henry MILLER
Alexander CALDER
Francis PICABIA
MAN RAY
Maurice CHEVALIER
Edouard VIII
BRASSAÏ
André MASSON
Jean GREMILLON
Maurice MERLEAU-PONTY
Raymond QUENEAU
Paul MORAND
Kees Van DONGEN
Moïse KISLING

LE BAL NEGRE

33, rue BLOMET

75015 PARIS

Métro Sèvres-Lecourbe ou Volontaires

 

THE FABULOUS DESTINY OF THE BAL NEGRE

OF THE RUE BLOMET

Following the path of La Ruche’s artistic adventure, the « Bal Nègre » night club acquired great renown in the 1920s, especially among members of the « Paris Boheme » and « Tout-Paris », and became one of the symbols of Montparnasse of the Roaring Twenties’.

In 1924, Jean Rézard des Wouves, candidate for the Antillais delegation, installed his campaign’s headquarter in Paris’s 15th arrondissement at 33 rue Blomet, near Montparnasse. This former 19th century farmhouse had been converted into a wine merchant then a cabaret. To attract and retain the scant crowd for his political meetings, Jean Rézard -a better musician than speaker -played music from on the piano inspired by his Afro American origins, to great success,

As a reaction to the suffering endured under the Great War, the generation of the Roaring Twenties was voracious for entertainment, particularly in musical form, and dreamed of a new world in response to the suffering of the Great War. Passions were high for the new aesthetics and unknown cultures of Surrealism, Dada, Jazz and the Negro arts that culminated in the Paris Colonial Exhibition of 1931.

At the 33 rue Blomet, Rezard’s electoral meetings spontaneously turned into music and dance events. With his gift for performing, Rézard gave up on politics and shifted to music. With the blessing of 33 rue Blomet’s owner, a Auvergnat named Jouve, Rézard established a regular ball. He named his venture “Le Bal Colonial,” and it was open Tuesdays, Thursdays, Saturdays and Sunday evenings.

The poet Robert Desnos, who lived a few feet away in the artist workshops at 45 rue Blomet, dubbed the establishment “Le Bal Nègre,” and it is under this name that the club became known and entered posterity. An article published in the daily newspaper Commedia described the scene: “In one of the most romantic neighborhoods of Paris, where each carriage entrance conceals a garden and arbors, an oriental ball has settled. A true Bal Nègre where everything is negro: musicians and dancers, and where we can spend, on Saturdays and Sundays, an evening far from the Parisian atmosphere, among the lively Martiniquais and the dreamy Guadeloupean women. It’s at the 33 rue Blomet, in a great hall adjoining the Jouve tobacco shop, where for nearly half a century, weddings would follow electoral meetings.”

In his biography, « La biguine de l’Oncle Ben’s », Ernest Léardée (1896-1988), described many details about Le Bal Colonial/Nègre. Léardée, Martiniquan violin and clarinet player and future king of beguine music, succeeded Lézard to preside over the the Bal. In Léardée’s words, “This period probably was the craziest that I have lived. That ball was the hot spot of the capital… And not a single foreigner would leave Paris without having spent at least one night in this unusual place.” Tourists did indeed show up by the busloads, forcing Léardée and Jouve to institute turnover between the groups of patrons and the attractions. According to Léardée, “The address had become so famous in Paris that we only had to tell a taxi driver ‘33…’ for him to add ‘…rue Blomet.’”

Artists of the Roaring Twenties attended the Bal Nègre religiously, enjoying its exotic ambience. Notable attendees included Joséphine Baker, Maurice Chevalier, Mistinguett, Foujita, Kiki de Montparnasse accompanied by Man Ray or Alexander Calder. The writers Henry Miller, Ernest Hemingway, Francis Scott Fitzgerald would gather there, as would Jean Cocteau, Paul Morand or Raymond Queneau. The painters Joan Miro, André Masson, Francis Picabia, Jules Pascin, Moise Kisling and Kees Van Dongen accompanied Robert Desnos and their surrealist friends. It is said that the Prince of Wales, future Edward VIII ducked out of an official ceremony for an evening of fun at the Bal, providing generous tips for the musicians.

The sound of Sidney Bechet’s clarinet and saxophone filled the ballroom that hosted personalities who later made the cafés and night spots of Saint-Germain-des-Prés legendary: Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Boris Vian, Albert Camus, Jacques Prévert and Mouloudji. Juliette Greco was courted there by Maurice Merleau-Ponty.

In Simone de Beauvoir’s 1960 autobiography, La force de l’age (The Prime of Life), she described evenings spent at the Bal: « On Sunday evenings we would abandon the chic, if bitter, haunts of skepticism, and let ourselves be elated by the splendid animal zest of the Negroes of the Rue Blomet. We were very much in a minority, since at this time very few white people mingled with the colored crowd, and fewer, still risked dancing on the same : when set beside these sinuous Africans and shimmying West Indians, their stiffness was quite appealing, and they tried to shed it, they tended to look like cases of hysteria under hypnotism. I never shared the snobbish attitude of the Flore regulars, or imagined that I was participating in some grand African erotic mystery. But I enjoyed watching the dancers, and I drank rum punch, and what with the noise and the smoke and the fumes of alcohol, and the violent rhythms banged out by the orchestra, my mind would welcome quite dazed. Though this fog a sequence of handsome, laughing faces passed bye. My heart beat a little faster when the uproarious final quadrille burst upon us. This explosion of cheerful, festive bodies seemed to be closely bound up with my own urge to live. »

In 1928, what would become a famous news item made the headlines: Jane Weiler, a rich industrialist’s daughter, killed her husband while returning after a night spent at the Bal. The press seized the opportunity to use the case to criticize the life of easy pleasure led by worldly and high bourgeois society. During Mrs. Weiler’s trial, the newspaper Detective printed the following headline: “From the Bal Nègre to the courthouse.”

In the Spring of 1929, Mado Anspach organized the memorable “Bal Ubu,” Montparnasse’s last great celebration at the Bal, place of ceaseless fetes. “There, [at Le Bal Nègre,] Montparnasse initiated herself to the biguine. Robert Desnos lived next door. An article in Commedia launched the establishment. Youki came to the Bal Ubu disguised as a queen, wearing a dress with a train and long blond braids. Kiki lead the dancing, disheveled and indefatigable. The painter Foujita was dressed as a streetwalker. A barrel had a hole drilled in it and champagne was distributed by the bottle.”

During the Second World War, Nazi occupiers forbade the Bal Nègre’s activities, and the club went dark. Activities resumed after the war with other orchestras from 1945 to 1962, but the Bal never recovered its former aura and success. The establishment reverted to a simple café until 1989, when it became a Jazz club under the name of Saint-Louis Blues, which eventually closed in 2006.

The Bal Nègre inspired many artists to capture the club’s essence in their works, including the painters Kees Van Dongen (« Josephine Baker au Bal Nègre », 1925) and Francis Picabia (“Bal Nègre”, 1947), the draughtsman Paul Colin and the photographers Brassai (1930) and Elliott Erwitt (1952). Filmmakers also used the site as a location. In La Petite Lise (1930), filmmaker Jean Grémillon staged the Bal Nègre with its musicians and dancers in their own roles. In 1954, Jacques Becker filmed Jean Gabin and Jeanne Moreau there in Touchez pas au grisbi.

An ambitious project of architectural and cultural reconstitution of the historic Bal Nègre – previously threatened with destruction – has been underway since 2012. This will allow this important site of Montparnasse’s « Années Folles » (Roaring Twenties) to be reborn, rediscovering the spirit of its grand era.

The new Bal Nègre is being restored according to its original spirit, with its multi-level performance hall. Its new conception brings the establishment up to contemporary code and acoustics, creating an unparalleled performance experience for both artists and audiences. The interior architecture, with its primary materials, metallic armature and exposed brick, is inspired largely by the 15th arrondissement’s industrial past.

Beginning in 2017, in addition to a music performance space, the new Bal Nègre will offer a multimedia art cabaret dedicated to the alignment of art and popular culture in music, film, musical theatre and the fine arts. A place of exchange and sharing, the mission of the Bal is to develop a link between art and entertainment, establishing a creation space that brings together artists and the public. The space is designed to favor the arts in their globality, welcoming tradition as well as experimentation, presenting jazz as well as world music performances, classical and contemporary music as well as musical theatre.

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