Ce qu’il faut retenir du colloque…

UNE  ETAPE  VIENT  D’ÊTRE  FRANCHIE……

Adams KwatehMercredi 02 novembre 2016
Conséquences de l'esclavage : une étape                  est franchie
La question des réparations abordée par Moussa Alo Iyé, responsable à l’UNESCO de La Route des esclaves.
Avec une participation de centaines de personnes par jour en Martinique, puis en Guadeloupe, le colloque scientifique international sur l’impact psychique de l’esclavage a tenu le pari en terme de fréquentation et de pistes de réflexion pour l’avenir. « Bilan plutôt satisfaisant » , se réjouit le professeur Aimé Charles-Nicolas, président de l’association First Caraïbes, initiatrice de la rencontre.
Ce sont les chercheurs de neuf pays d’Afrique, d’Europe et des Amériques qui se sont retrouvés les 26 et 27 octobre en Martinique et le 28 octobre en Guadeloupe, à l’initiative de l’association First Caraïbes. Au menu de leur rencontre, une interrogation : « L’esclavage : quel impact sur la psychologie des populations ? » Une première dans nos pays, car les travaux ont été pluridisciplinaires, en plus de sa tenue en Guadeloupe et en Martinique. Le Mémorial ACTe, à Pointe-à-Pitre, a accueilli le dernier jour du colloque devant les responsables politiques, culturels et associatifs de l’archipel.
Deux jours plus tôt, une vingtaine d’intervenants, composés d’historiens, de psychiatres, de généticiens ou de psychologues, a alimenté la rencontre en Martinique. Ici comme en Guadeloupe, la première question pointée du doigt a été l’existence reconnue unanimement du traumatisme dans les populations dont les ancêtres ont subi l’esclavage. Le phénomène se manifeste de multiples manières démontrées dans des observations cliniques et des recherches aussi bien aux Etats-Unis qu’en Jamaïque. Le docteur Edwin Nicols, venu des Etats-Unis, 85 ans, a insisté sur « l’héritage psychologique » qui frappe les Afro-descendants.
Pour déceler les mécanismes et les ramifications qui subsistent encore, des spécialistes ont fait référence aux travaux du Martiniquais Frantz Fanon, considéré comme le précurseur de la psychiatrie dans les sociétés post-esclavage. De l’intériorisation de l’infériorité aux addictions et la sur-représentation des Noirs dans les faits de violences aux Etats-Unis, le colloque a abordé aussi le cas des Afro-descendants au Brésil, le dernier pays à abolir l’esclavage en 1888. « L’esclavage, à plusieurs égards, a continué dans le présent » , a déploré une universitaire brésilienne. « Et ni nous brisions le cycle de l’infériorisation ou de la supériorisation des uns sur les autres, nous aurions la plus grande révolution planétaire » , a souhaité le docteur Benjamin Bowser.
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Le colloque suivi attentivement par les élus et les représentants de la société civile…
« OUI, IL Y A TRANSMISSION, MAIS TOUT EST RÉVERSIBLE »
Aucune question n’a été éliminée, y compris celle sur les réparations. En Guadeloupe, elles ont été abordées à la fois sous l’angle des demandes faites par des associations comme le MIR (le Mouvement international pour les réparations) et des réponses données par des états au statut des Afro-descendants. Le débat a montré que les réparations ne forment pas un bloc unique et que la première des réparations est l’enseignement de l’histoire de l’Afrique et les formes de mise en esclavage.
Par ailleurs, les mesures d’accompagnement économique ont été soulignées par des intervenants et l’assistance, mais il ne s’agit nullement de réparations pécuniaires. L’accès à la terre et la préservation des lieux de résistance comme les Kilombos au Brésil ont été mentionnés parmi les possibilités de faire disparaître « la discrimination systémique » .
La question de la transmission du traumatisme qui suscite des interrogations a été traitée par la chercheuse suisse Ariane Giacobino. « Oui, il y a transmission, mais tout est réversible » , observe-t-elle. Dès lors comment faut-il le dépasser ? En Jamaïque, l’introduction des expressions culturelles dans les écoles a réconcilié les enfants avec leur passé. Le parallèle a été tout de suite fait par le professeur Aimé Charles-Nicolas et Ariane Giacobino avec les dessins et peintures réalisés par des élèves des écoles du Lamentin, Fort-de-France et Lamentin sur leur vision de l’esclavage. Cette manifestation s’est tenue mardi dernier au Domaine de La Pagerie en partenariat avec Canopé, le réseau de création et d’accompagnement pédagogiques. On vise donc l’avenir pour avoir une mémoire apaisée dans la longue marche vers « la réconciliation » , selon Aimé Charles-Nicolas.
Le premier colloque sur les traumatismes liés à l’esclavage est appelé à se reproduire sous diverses formes, par exemple des conférences-débats entre les professionnels du secteur sanitaire et social et les historiens ou les psychologues. Les participants ont décidé également d’aller plus loin en créant un observatoire dont la forme n’est pas révélée.
ILS ONT DIT
Aimé Charles Nicolas, président de l’association First Caraïbes : « Ce colloque n’est pas une conclusion »
Aimé Charles-Nicolas, clôturant le colloque en Guadeloupe, tire un bilan satisfaisant.
« Nous avons établi des faits psychiques, politiques ou psychiatriques. Donc nous pouvons dire que les voies sont ouvertes pour une auto-réparation personnelle et aussi une réparation collective. Il y a un impact du traumatisme de l’esclavage sur nos populations, voire toute la planète. Il faut donc poursuivre le travail personnel et collectif, car ce colloque n’est pas une conclusion, mais il permettra de revenir par des séminaires et poursuivre des discussions. »
Gilbert Pago, historien co-organisateur du colloque : « La rencontre a eu un véritable écho »
« C’est un triomphe en matière de fréquentation et de contenu. En Martinique et en Guadeloupe, une moyenne de 1000 personnes ont assisté par jour au colloque. Rapporté à la population française, c’est l’équivalent de 100 000 personnes. Donc la rencontre a eu un véritable écho. Les participants ont abordé des thèmes importants et veulent aller plus loin.
Contrairement à ce l’on pourrait penser, les sujets sont porteurs et attendent d’être développés dans un cadre interdisciplinaire. »

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En  attendant   l’édition  des  actes  du  colloque,  retrouvez  les  différentes  interventions en  Martinique  et  en  Guadeloupe  sur  le  site  : WWW.CIPHAGE/HOME/REPLAY

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