Henri MELON, ACTEUR et ECRIVAIN SPIRITAIN

Henri MELON , le Spiritain
Homme de scène et de plume, il figure dans le livre Grand Témoin qu’il présentait à sa sortie en décembre 2015.

par Adams Kwateh Mardi 21 mars 2017

La médiathèque de Saint-Esprit accueille aujourd’hui un enfant de la commune qui, au fil de sa vie, s’est consacré à l’éveil des consciences par la culture. Rendez-vous à 19 heures.
Celui dont la trajectoire et le fil de la pensée seront mis en exergue à travers la Rencontre du lendemain, est un grenier qui enferme l’histoire de l’action culturelle en Martinique des 50 dernières années. Metteur en scène, acteur dans un film, homme de plume, Henri Melon est un rempart contre la négation de soi-même. Il a débuté au théâtre avec Ariane Mouchkine dans « Genjis Khan » . Depuis, ce natif de Saint-Esprit né le 16 août 1935, n’a cessé d’interroger la contribution du monde noir à l’humanisme qu’on lui a longtemps refusé. C’est sur point que Melon rejoint Césaire à travers le concept de négritude.
Et pour mettre en pratique les idées de Césaire, il fonde le Théâtre populaire martiniquais en 1968. L’année suivante, il présente sa 1re pièce à la Maison de la culture de Floréal sur un montage de « Cahier d’un retour au pays natal » . Et comme un grand événement ne se produit jamais tout seul, sa fille Corinne naquit le même jour.
En ces années où aucune collectivité n’avait mis en place une politique culturelle -le SERMAC est créé en 1972-, Henri Melon brisait, du coup, le monopole des troupes françaises qui présentaient au public martiniquais un théâtre loin de refléter une réalité à laquelle il pouvait se référer.
LA PAROLE EST DONNÉE À UN PIONNIER
La première génération de comédiens martiniquais est issue de cette troupe, la première également à porter sur les fonts baptismaux l’oeuvre de Georges Mauvois, alors banni par l’administration pour non-injonction à une mutation et le Sony Rupaire, le rebelle guadeloupéen, anti-colonialiste. Telle est l’oeuvre pionnière d’Henry Melon, le dernier d’une fratrie de trois enfants, dont Alfred qui a donné son nom à la médiathèque de Saint-Esprit. Cet enseignant a toujours mené de pair la transmission du savoir et l’action sur scène. C’est du reste, ce double rôle qu’il a incarné dans « Rue Cases-Nègres » , le long-métrage d’Euzhan Palcy. « Le théâtre de Césaire a apporté une espèce d’héroïsme racial » , nous confiait-il dans un entretien en juin 2006. L’expression pourrait paraître exclusive, mais elle témoigne pourtant de l’expérience de Melon dans la dramaturgie césairienne. Car il avait été le premier Martiniquais avec Yvan Labejoff à jouer dans la première mouture de « La Tragédie du Roi Christophe » en 1964 à Berlin et l’année suivante à l’Odéon à Paris.
C’est donc à un pionnier que la parole est donnée ce soir au cours d’une rencontre dont il est familier en apportant à chaque fois, un regard profond sur ce que nous sommes dans un monde où notre parole où la parole de Césaire garde toute sa force.

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