UN VERDICT CONTESTABLE… ET CONTESTE

La Cour des comptes rend un verdict injuste contre nos élus locaux

Le rapport annuel pointe du doigt la mauvaise gestion des communes d’outre-mer qui emploient un personnel pléthorique dont la charge pèse sur leur budget. Un document mal renseigné.

Image de la façade de la Cour des comptes, à Paris. © AFP/THOMAS SAMSON
© AFP/THOMAS SAMSON Image de la façade de la Cour des comptes, à Paris.
Ainsi donc, la situation financière des collectivités de la Réunion, de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane est « plus dégradée » que celles de l’hexagone, quand bien même elles disposent d’un niveau de recettes supérieur. Cinglant verdict de la Cour des Comptes. En clair, les élus locaux des collectivités d’outre-mer sont de piètres gestionnaires en comparaison de leurs homologues continentaux.

Le réquisitoire des magistrats de cette auguste assemblée chargée de veiller à la bonne utilisation des fonds publics s’appuie sur un constat d’huissier : une masse salariale excessive augmentée d’une surrémunération des fonctionnaires de nos communes.

La Cour des comptes s’étonne en disant que l’octroi de mer offre un confortable matelas aux maires. Cette taxe frappant les produits importés est destinée aux investissements dans les communes. Une manne mal utilisée, insinue le rapport. En résumé : nos élus disposent de moyens financiers importants, mais ils embauchent un personnel en sureffectif et surpayé.

Faut-il en rire ou en pleurer ? Ces braves énarques ne savent-ils pas que les fonctionnaires d’outre-mer perçoivent une prime dite de vie chère, encadrée par des lois votées par le Parlement ? Oublient-ils que les charges de nos communes sont plombées par des embauches compensant le manque d’emplois attractifs dans le secteur privé ? Ignorent-ils que des dizaines de milliers de chômeurs ont été sauvés de la misère ou de l’émigration par des municipalités jouant un rôle d’amortisseur social ?

Ces technocrates vivant entre eux dans des bureaux climatisés feraient mieux de dispenser leurs leçons aux gouvernements incapables depuis 40 ans de voter un budget en équilibre. Le règlement de comptes de la Cour des comptes envers les élus locaux est contestable… et contesté !

  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le
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ASSISES DES OUTRE – MERS 2017-2018

Redonner la parole ! C’est parti pour les Assises des outre-mer ! 7 mois de travaux pour imaginer, penser, réinventer ensemble l’avenir de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de Mayotte, de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie, de La Réunion, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de Wallis-et-Futuna*. Ce rendez-vous avec les ultra-marins est ambitieux. Et en même temps, il est assez simple. Il consiste à redonner la parole. Pourquoi ? Parce que beaucoup d’ultramarins pensent que leur voix ne compte plus. Les dernières élections au printemps dernier l’ont cruellement montré, quand plus de la moitié des Français d’outre-mer ont choisi de ne pas choisir en s’abstenant à l’élection présidentielle. Malgré tout, la force des attentes des citoyens d’outre-mer et leur capacité à s’engager n’a pas diminué. A travers des ateliers locaux, nationaux, des consultations citoyennes, et un concours d’innovation, les propositions des outre-mer seront entendues et prises en compte .

http://fr.calameo.com/read/000886379b56e48135898

 

 

Le site Internet des Assises www.assisesdesoutremer.fr est désormais en ligne : j’invite dès à présent les citoyens ultramarins à s’y inscrire. Dans un premier temps, ils sont amenés à s’exprimer sur les grandes priorités pour leur territoire : équipements publics, développement économique, emploi, environnement, santé, jeunesse, culture, sécurité… Cette phase de diagnostic, qui se clôt le 22 novembre, est capitale pour orienter les travaux futurs des ateliers nationaux et locaux qui se tiendront jusqu’à janvier 2018. Je laisserai Thierry BERT, le rapporteur général des Assises, vous en dire quelques mots tout à l’heure.
A l’issue de l’ensemble de ces travaux, une consultation numérique sera lancée sur le site Internet des Assises entre le 15 janvier et le 28 février 2018 pour que les citoyens eux-mêmes puissent donner leur avis sur les premières propositions ou réformes des politiques publiques pour l’outre-mer.
A l’issue de cette consultation, la synthèse de l’ensemble des travaux aboutira sur la rédaction du Livre bleu outre-mer au Printemps 2018.
                                                                                   ***
Mais ces Assises sont aussi l’occasion idéale pour présenter les initiatives citoyennes les plus novatrices : c’est tout l’objectif du concours innovation dont je parlais tout à l’heure.
Vous le savez, je suis pragmatique et j’aime raisonner sur des projets concrets, inscrits dans les réalités quotidiennes de nos concitoyens. C’est pour cela que les solutions doivent venir des territoires et des ultra-marins eux-mêmes. Qui d’autre serait mieux placé pour décrire les problèmes et y apporter les réponses adéquates ?
À partir du 18 octobre, chaque citoyen porteur d’un projet pour son territoire est invité à poster sa candidature sur le site Internet des Assises. Les dépôts de projets pourront se faire jusqu’au 31 janvier 2018. Une présélection des projets sera faite en février pour ouvrir ensuite en mars la phase de vote du public. Ce vote est essentiel. Ces Assises sont un projet collectif et collaboratif. Elles n’auront de sens que si les citoyens ultramarins se sentent concernés. Ce concours est un bon outil pour s’impliquer. La sélection finale aura lieu en mars et les projets labélisés bleu outre-mer présentés au Printemps 2018. Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement financier et technique pour concrétiser ou faire grandir leurs projets.
                                                                                         ***
Les Assises des outre-mer sont un rendez-vous fondamental pour les ultramarins. Je sais que le projet parait ambitieux pour certains ; d’autres sont même sceptiques : je peux comprendre leurs doutes, les Etats généraux des outre-mer ont moins de 10 ans.
Mais que l’on soit bien clair : l’ambition des Assises, ce n’est pas de faire un catalogue déconnecté des réalités et aboutissant à des mesures inapplicables. C’est au contraire une démarche qui associe les citoyens à la construction de leur destin. C’est un nouvel élan pour en faire des territoires d’excellence et d’innovation. C’est donc maintenant que nous avons à construire ensemble l’avenir des outre-mer.
NB . Pour  accéder  au programme  et  s’inscrire : http://www.assisesdesoutremer.fr
Contact  MOM

Service de presse : 01 53 69 26 74
Nicolas Sire : 06 49 35 11 28
Twitter – @loutremer
Facebook – @lesoutremer

ESCLAVAGE, MEMOIRE ET LITTERATURE PARIS 18 et 19 OCTOBRE 2017

Organisateurs
Mads-Anders Baggesgaard, Université D’Aarhus
Myriam Cottias, CNRS & CIRESC&LC2S
Madeleine Dobie, Université de Columbia
Karen-Margrethe Simonsen, Université D’Aarhus

Octobre 18
Columbia University Global Center, 4 rue de Chevreuse.

9.30-10.00 : inscription et café

10.00-10.15 : remarques liminaires
Mads-Anders Baggesgaard & Karen-Margrethe Simonsen

10.15-12.00:
Session 1 : souvenirs publics et privés, président : M. Mads
Les musées de la maison historique de St. Louis
Jean Hébrard : appropriation et reformulation de l’histoire d’origine : la production et l’utilisation des souvenirs familiaux de l’esclavage atlantique
Jane-Marie Collins : trop proche pour le confort : cultures de cruauté à debret, Machado et firmina dos reis

13.00-14.45:
Session 2 : relations transatlantiques et traductions, président elvan zabunyan
Anne c. Bailey : L’esclavage, la mémoire et les voix transatlantiques
Marie-Jeanne Rossignol : Traduction des récits d’esclaves nord-Américains en français et pour un public français : questions sur la série récits d’esclaves et une mémoire de de l’esclavage
Tatiana Petrovich Njegosh : Aferim ! (2015) et la mémoire silencieuse de l’esclavage des roms en Europe

14.45-15.00 : café

15.00-16.45
Session 3 : souvenirs poétique et visuel du passage moyen, Président Jean Hébrard
Ellen Howley : les voix du massacre de zong : postcoloniales approche de la mémoire
Noni Carter : fabriqué dans le ventre du navire : représenter l’esclave dans l’ère des lumières et la littérature contemporaine
Elvan Zabunyan : sur l’imaginaire d’Ellen Gallagher, une lecture afrofuturist de l’histoire de l’esclavage

18.30-20.30
Evénement public :
Race, genre et cinéma : une conversation entre le cinéaste euzhan palcy et l’historien Myriam Cottias.

20:30 réception

Octobre 19
EHESS, 105 Boulevard Raspail

9.15-11.00:
Séance 5 : se souvenir des résistances, présidente Karen-Margrethe Simonsen
Domna c. Stanton : Re-collections contradictoires : L’esclave du Triangle Atlantique Français du 17 ème siècle
Des traces contradictoires. Récits de voyage et de la résistance à l’esclavage
Isabel Kalous : le monde connu : restitutions du passé et représentations de l’esclavage dans les romans du Xxie siècle

11.00-11.30 : pause café

11.30-13.15
Séance 6 : Incarnation et performance, présidente Laura Murphy
Anna Scacchi : le corps noir dans la douleur
Fabienne Kanor : chair de l’histoire
Jerry w. Carlson : exorciser esclavage : célébration et kinesis dans la vidéo de Cuba, de la Colombie et de la République Dominicaine

14.15-16.00
Session 7
Nouvelle le passé : Alternative Temporalités et contre-récits, présidente Myriam Cottias
Marco Doudin : créer l’histoire par la fiction : Derek Walcott et la mémoire d’Edouard glissant de l’esclavage
Fiction Lourenço : fiction de mémoire. Sur le Deus-Dará de Lucas Coelho et le temps-être de « Lusophone » coloniales
Laura Murphy : la nouvelle histoire d’esclave et l’invention des « survivants » de l’esclavage moderne

16.00-16.15 Pause café

16.15-18.00:
Séance 8 :
Perspectives des Caraïbes, présidente : Madeleine Dobie
Lovia Mondesir : la femme sans nom et le traumatisme de l’abolition de l’esclavage selon Edouard glissant
Heather Cateau : documents de plantation : le dix-huitième siècle selfie – instantanés pour re en esclavage dans les Caraïbes
Mads Anders Baggesgaard : se souvenir de l’esclavage au moment du transfert, 1900-30 dans les Antilles danoises

18.00-18.30 Informations sur les prochains volumes et remarques de clôture
Madeleine Dobie

L’atelier est soutenu par le programme de recherche sur l’esclavage (readingslavery. Au. DK) financé par les fondations.

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ENCORE UNE ATTEINTE AUX MONUMENTS, A LA MEMOIRE !!

La maison natale de l’écrivain Saint-John Perse,

Monument historique inscrit par arrêté MH. 95-IMM n° 95-783 AD/114 et propriété de la communauté d’agglomération Cap Excellence, a été démolie le samedi 23 septembre courant, suite à un arrêté municipal signé par la Ville de Pointe-à-Pitre, le vendredi 22 septembre courant. Pointe-à-Pitre est labellisée Ville d’Art et d’Histoire depuis 2003.

L’absence d’affichage réglementaire en application de la législation sur les monuments historiques suggère qu’aucune autorisation de travaux n’a été délivrée par le service des monuments historiques. L’ensemble du corps principal a été démoli et, notamment, la façade sur rue, à pans de bois, qui présentait un mur en maçonnerie de moellons au niveau rez-de-chaussée, ainsi que la toiture, des ouvrages concernés par l’inscription au titre des Monuments historiques.

Une raison sécuritaire a été tardivement évoquée par la Ville de Pointe-à-Pitre, pour justifier cette démolition. Si cela avait été le cas, une procédure de péril ordinaire ou d’urgence aurait dû être engagée par la Ville que le service des monuments historiques aurait accompagnée. Un complément aux travaux de confortement à des fins conservatoires co-financés par la DAC et la Ville, en 2010, aurait pu être exécuté.

Dans ce contexte discutable, il conviendrait :

que le tribunal administratif, examine et statue sur la procédure administrative ayant conduit à cette démolition de monument historique. En effet, l’application de la loi sur les monuments historiques, a été publiquement bafouée, à Pointe-à-Pitre. Ce fait est d’autant plus inacceptable, que Monsieur Le Président de la République Emmanuel MACRON, vient de charger Monsieur Stéphane BERN de la réalisation d’une liste de monuments historiques en péril et des ressources innovantes qu’il serait possible d’y affecter ;

– que la demande de renouvellement du label de cette Ville d’Art et d’Histoire soit analysée sous l’angle du respect des engagements pris dans la précédente convention de labellisation, notamment celui de la mise en œuvre d’un Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine (CIAP) et ceux relatifs aux actions visant à conférer une présentation digne de son label, à la Ville d’Art et d’Histoire ;

– que les défenseurs du patrimoine guadeloupéen, emboîtent le pas à l’Etat, permettant ainsi, de faire, une nouvelle fois, face « aux démolisseurs », dans l’intérêt national. Nous nous devons d’être dignes des batailles menées par Victor Hugo et Prosper Mérimée pour la sauvegarde du patrimoine bâti de la France. Nous nous devons de faire respecter la loi de 1913 sur les monuments historiques qui a découlé de ces luttes ancestrales pour la sauvegarde de nos patrimoines. De même, les guadeloupéenne, très fiers de compter Saint-John Perse parmi leurs illustres, sont très attachés à son œuvre littéraire.

– que ce précédent ne se répète pas et ne fasse pas écho ni Guadeloupe, ni en Martinique, où les propriétaires de monuments historiques demeurent dans l’expectative du dénouement de cette affaire très médiatisée localement.

– que nos mémoires métissées soient défendues en tant que socles de nos identités.

Enfin, « quelques soient les droits de propriété, la destruction d’un édifice historique et monumental ne doit pas être permise à ces ignobles spéculateurs que leur intérêt aveugle sur leur honneur ; misérables hommes et si imbéciles qu’ils ne comprennent même pas qu’ils sont des barbares ! » Victor Hugo, Guerre aux démolisseurs, in Revue des deux mondes, 1832 .

 

Je viens de signer la pétition

 » Faites respecter la loi sur les monuments historiques à Pointe-à-Pitre ».

C’est une cause importante. Voudriez-vous la signer à votre tour ?

Voici le lien:

https://www.change.org/p/llll-faites-respecter-la-loi-sur-les-monuments-historiques-à-pointe-à-pitre?utm_medium=email&utm_source=petition_signer_receipt&utm_campaign=triggered&share_context=signature_receipt&recruiter=804906028

INTERNATIONAL SLAVERY MUSEUM in LIVERPOOL (UK)

 
En octobre 2017, Historians Against Slavery organise sa conférence biennale à l’extérieur des États-Unis pour la première fois, au International Slavery Museum (ISM) à Liverpool. La conférence de deux jours fait partie d’une série d’événements au cours de l’année du 10ème anniversaire de l’ISM et marque également le Mois de l’histoire des Noirs 2017. Il est co-organisé par Historians Against Slavery, l’ISM, le Centre pour l’étude de l’esclavage international (Université de Liverpool) et le projet Antislavery Usable Past (Universities of Nottingham and Hull), financé par l’AHRC. En reliant le passé au présent, nous approfondirons le dialogue et la collaboration entre les chercheurs, les enseignants, les militants et les représentants de la communauté, et créerons des coalitions pour la recherche et l’activisme antisludes.
Nous rassemblons un éminent organe d’éminents spécialistes, de professionnels des musées et d’activistes antisludes du monde entier, en se basant sur des études de pointe et en débattant d’exemples concrets de la façon dont l’histoire peut éclairer les efforts contemporains pour mettre fin à l’asservissement de 46 millions de personnes dans le monde entier. L’inscription à la conférence est gratuite et comprend le déjeuner les deux jours. Les participants à la conférence sont responsables du transport, de l’hébergement et des repas du soir. Le programme complet de la conférence est maintenant disponible en ligne.
Historians Against Slavery est une communauté d’érudits-activistes qui contribue à la recherche et au contexte historique au mouvement antislavery d’aujourd’hui, afin d’inspirer et d’informer l’activisme et de développer des collaborations qui renforcent ces efforts. Basé aux États-Unis avec une adhésion de 800 membres, il a lancé un chapitre britannique en 2016. Le Musée international de l’esclavage a ouvert ses portes en août 2007 lors du bicentenaire de l’abolition de la traite négrière britannique. En 2016, il avait accueilli près de 4 millions de visiteurs. C’est le seul musée de son genre à se pencher sur les aspects de l’esclavage historique et contemporain, en plus d’être un centre international de ressources en matière de droits de l’homme. Il est situé dans le Albert Dock de Liverpool, au centre du site du patrimoine mondial et à seulement quelques mètres des quais secs où les navires de commerce des esclaves du XVIIIe siècle ont été réparés et aménagés.
Le Centre pour l’étude de l’esclavage international (CSIS) a été fondé en 2006 par National Museums Liverpool et l’Université de Liverpool pour collaborer avec des communautés internationales et locales de chercheurs qui recherchent l’esclavage, l’abolition et leurs legs avant l’ouverture du International Slavery Museum on Le 23 août 2007. Il soutient et partage des recherches de pointe sur l’asservissement humain et ses legs, et travaille avec d’autres universités et organisations pour développer des activités scolaires et publiques liées à l’esclavage dans ses manifestations historiques et contemporaines.
The Antislavery Usable Past est un projet quinquennal financé par l’AHRC basé à l’Université de Nottingham et à l’Institut Wilberforce pour l’étude de l’esclavage et de l’émancipation (Université de Hull). Il traduit les leçons de l’abolitionnisme historique pour l’usage contemporain – fournissant le mouvement antislavery d’aujourd’hui avec un passé utilisable d’exemples et de méthodes. Ses partenaires comprennent Historians Against Slavery et le International Slavery Museum.
*
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Date and Time

Sat, 7 Oct 2017, 09:00 –

Sun, 8 Oct 2017, 17:00 BST

Location

International Slavery Museum

Dr Martin Luther King Jr Building

Albert Dock

Liverpool

L3 4AX

United Kingdom

 

C’EST LA RENTREE ….!

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FETONS LA GASTRONOMIE CREOLE

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La cuisine créole à l’honneur
pour la Fête de la Gastronomie

L’Académie de l’Art Culinaire du Monde Créole vous invite les 22 et 23 septembre pour des dégustations culinaires et des animations musicales!

 

AU PROGRAMME

Vendredi 22 septembre
– Exposants
– Dégustation de Colombo
– 18 heures : atelier « Accras » avec le Chef Stéphane SORBON

Samedi 23 septembre
– Exposants
– Dégustation de Colombo
– Animation musicale

Démonstrations et dégustation culinaire par le Cercle Gastronomique des Jeunes Chefs Créoles
– 15 heures : Pain au beurre et Pomme cannelle avec le Chef Tristan Tharsis
– 16 heures : Colombo avec la Chef Vanessa KICHENIN
– 17 heures : Pâtés à la confiture et macaron coco avec le Chef  Tristan Tharsis
– 19 heures : Tinain morue revisité avec le Chef Xavier SIVAGER

POLITIQUE CULTURELLE ET MODERNITE – COLLOQUE PARIS

Le modèle français de politique culturelle en question

Quelle place faire à la diversité ethno-culturelle dans les arts et le médias ?

*  *  *

Publié le lundi 04 septembre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Du 18 au 22 septembre 2017 aura lieu la deuxième édition de l’université d’été des sciences sociales de l’université Sorbonne Paris Cité. Elle interrogera la place faite à la diversité ethno-culturelle dans les arts et les médias en France. La reconnaissance symbolique par les pouvoirs publics et les institutions culturelles de formes et de pratiques naguère qualifiées de sous-, infra- ou non-culturelles (rock, bande dessinée, mode, street art, etc.) quoique toujours contestée, est en bonne voie. Ce qui l’est moins, en revanche, est la reconnaissance de la diversité ethno-culturelle de la population française et la promotion de ses minorités par le biais de la culture.

Direction

Sous la direction de Laurent Martin, professeur d’histoire à Paris III Sorbonne-Nouvelle, directeur du département de Médiation culturelle, membre des laboratoires ICEE et CERLIS.

Argumentaire

La deuxième édition de l’université d’été des sciences sociales de l’Université Sorbonne Paris Cité se tiendra du 18 au 22 septembre sur les sites des universités de Paris 3, 7 et 13. Elle interrogera la place faite à la diversité ethno-culturelle dans les arts et les médias en France.

La reconnaissance symbolique par les pouvoirs publics et les institutions culturelles de formes et de pratiques naguère qualifiées de sous-, infra- ou non-culturelles (rock, bande dessinée, mode, street art, etc.) quoique toujours contestée, est en bonne voie. Ce qui l’est moins, en revanche, est la reconnaissance de la diversité ethno-culturelle de la population française et la promotion de ses minorités par le biais de la culture.

Héritant d’un lourd passé colonial mais aussi d’une conception de la république comme régime centré sur les droits et devoirs du citoyen indépendamment de ses caractéristiques particulières ou de ses appartenances communautaires, la France de la deuxième moitié du XXe siècle a promu « l’intégration culturelle sans la reconnaissance des cultures spécifiques, et la mise en place de politiques de la diversité sans la reconnaissance des groupes. »  (Angéline Escafré-Dublet 2014). De là découle une insuffisante prise en compte de la diversité ethno-culturelle par les politiques publiques de la culture et ce à deux niveaux au moins : celui des publics et celui des professionnels. L’absence de données chiffrées sur la fréquentation ou la non-fréquentation des institutions culturelles par des personnes issues de l’immigration plus ou moins récente ou appartenant à telle ou telle ethnie ou culture, ou aux « minorités visibles » ou racialisées, si elle peut s’expliquer et même se justifier, rend en tout cas objectivement plus difficile la mise en place de politiques qui cibleraient ces populations. De la même façon, le refus de procéder à des « statistiques ethniques » invisibilise les phénomènes de discrimination à l’embauche parmi les professionnels de la culture, ce que dénoncent plusieurs collectifs et associations.

Les initiatives se multiplient qui choisissent le champ de la formation et de l’enseignement supérieur spécialisé pour promouvoir la diversité culturelle non plus dans les paroles mais dans les actes. Ces actions soulèvent des questions redoutables, parmi lesquelles celles-ci : les artistes qui bénéficient de tels dispositifs sont-ils retenus en raison de leurs qualités artistiques ou de leur qualité de représentants de minorités défavorisées que l’on veut favoriser ? Qu’est-ce qu’un artiste « non-blanc » pour reprendre l’expression employée par un certain nombre de voix militantes ? Des actions sont aussi engagées du côté des collectivités territoriales, pour associer les représentants des populations marginalisées à la programmation des événements culturels, ce qui pose là aussi un certain nombre de questions : comment choisir les bons interlocuteurs, quel est leur degré de représentativité, quelles parts respectives faire aux cultures traditionnelles et aux formes plus novatrices ?

Ce sont toutes ces questions – et bien d’autres – qui seront traitées lors de l’université d’été des sciences sociales de USPC en septembre prochain. Ce type de problématique engage en effet des recherches dans la plupart des sciences humaines et sociales présentes dans les divers pôles. Science politique, histoire, sociologie, anthropologie, droit, économie sont quelques-unes des disciplines placées dans l’obligation de prendre en compte la réalité multiculturelle de nos sociétés. La responsabilité sociale des arts et les politiques de la culture, à travers les notions d’identité nationale ou communautaire, de représentation des minorités, de démocratie culturelle, de droits culturels, font l’objet d’un nombre croissant de recherches et de débats qui portent bien au-delà de la communauté universitaire. Des écrivains, artistes, responsables de structures culturelles, militants associatifs viendront apporter leur contribution à la réflexion collective. Objet transdisciplinaire, la question de la diversité culturelle est aussi transnationale et divers intervenants étrangers viendront témoigner de leur expérience en la matière.

À l’heure où, en France comme dans beaucoup de pays, la tendance semble être au repli nationaliste et aux crispations identitaires, où le « multiculturalisme » est – pour de bonnes et de mauvaises raisons – décrié, il semble utile, et même nécessaire, de faire entendre une voix différente, celle de l’ouverture, de la tolérance, de l’accueil, de l’intégration dans le respect – non inconditionnel – voire la promotion des différences. La diversité culturelle, si elle soulève un certain nombre de questions et de problèmes, est avant tout une richesse qu’il importe de valoriser.

Programme

Lundi 18 septembre

univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3 Amphithéâtre A

9h15 Accueil et allocutions de bienvenue

  • François Houllier, président d’USPC,
  • Carle Bonnafous-Murat, président de l’université de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle,
  • Kathy Rousselet, préfiguratrice du pôle sciences sociales USPC,
  • Laurent Creton, vice-président Commission de la recherche et président du Conseil académique de Paris 3

9h45 présentation de l’université d’été 2017 par Laurent Martin (professeur à l’université de Paris 3)

10h Ouverture : conférence de Chérif Khaznadar (fondateur de la Maison des cultures du monde)

Des controverses intellectuelles et politiques sur la diversité culturelle et le multiculturalisme

Colloque animé par Laurent Martin : comment poser et penser les grandes catégories intellectuelles qui structurent le débat sur la diversité culturelle et le multiculturalisme ? Quels liens entretiennent-elles avec le champ des arts et des médias et avec les politiques culturelles ?)

  • 10h30 Pascal Blanchard (ACHAC)
  • 10h50 Angéline Escafré-Dublet (Lyon 2)
  • 11h10 pause
  • 11h30 Vincent Martigny (Ecole polytechnique / Sciences Po)
  • 11h50 James Cohen (univ. Paris 3)
  • 12h10 interventions du public
  • 12h30 fin de la matinée

12h30-14h : buffet

La question des représentations

Table-ronde animée par Claire Blandin : comment montrer la diversité culturelle ? Que montre-t-on, que cache-t-on ? Les minorités dites visibles sont-elles invisibles dans les arts et les médias ?

  • Catherine Kirchner (doctorante université Paris 3)
  • Mémona Hintermann (CSA, présidente du groupe de travail Diversité)
  • Erwan Ruty (rédacteur en chef du Journal officiel des banlieues)
  • Sylvie Chalaye (professeure de théâtre à l’université de Paris 3)
  • Marc Cheb Sun (directeur de la revue D’ailleurs et d’ici)

16h30-17h : pause

17h-19h : concert Lakhdar Hanou (oud oriental) / Jiang Nan (cithare chinoise)

19h-20h30 : cocktail

Mardi 19 septembre

Université Paris-Diderot (Paris 13e arrondissement) amphithéâtre Buffon

La mesure du problème

Colloque animé par Philippe Coulangeon : quels indicateurs pour la diversité culturelle dans les arts et médias ? Pourquoi la question des statistiques ethniques est-elle un tabou en France ? Faut-il des quotas et de la discrimination positive dans les arts et les médias ?)

  • Olivier Martin (professeur à l’université Paris 5 Paris-Descartes)
  • Olivier Thévenin (professeur à l’université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle)
  • Loup Wolff (chef du DEPS, ministère de la Culture)
  • Patrick Simon (directeur de recherche à l’INED)
  • Jacek Rajewski (réseau Atana/Binoq, Fondation néerlandaise pour la diversité)

12h30-14h : buffet

La question des professionnels et de la formation

Table ronde animée par Laurent Fleury : les artistes et responsables culturels issus des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques se heurtent-ils à une discrimination à l’embauche dans les arts et les médias ? Comment lutter efficacement contre ces phénomènes ? L’enseignement supérieur spécialisé est-il une solution ? Les apprentis artistes qui bénéficient de tels dispositifs sont-ils retenus en raison de leurs qualités artistiques ou de leur qualité de représentants de minorités défavorisées que l’on veut favoriser ? Qu’est-ce qu’un artiste « non-blanc » pour reprendre l’expression employée par un certain nombre de voix militantes ?)

  • Duniému Bourobou (directrice des études de l’Ecole d’art dramatique de Saint-Etienne)
  • Said Berkane (délégué général adjoint à la Fondation Culture et Diversité)
  • Holta Hoxha-Carron (directrice générale de l’association « 1000 visages »)
  • Jacek Rajewski (réseau Atana/Binoq, Fondation néerlandaise pour la diversité)
  • Serge Saada (professeur associé à Paris 3, chargé de mission à l’association Cultures du cœur)
  • Catherine Jean-Joseph Sentuc (cofondatrice de l’Ecole Miroir)
  • Jalil Leclair (Collectif Décoloniser les arts)

16h30-17h : pause

17h-19h : Projection du film Ouvrir la voix d’Amanda Gay, présentation par Rachel Kahn

Mercredi 20 septembre

Université Paris 13 (Villetaneuse) amphithéâtre 4 UFR de Droit

Diversité culturelle et diversité linguistique

Colloque animé par Kaoutar Harchi : comment diversités culturelle et linguistique s’entrecroisent-elles ? Quelle place faire en France aux langues minoritaires ? La dénonciation du « français colonial » n’occulte-t-elle pas la part essentielle de l’acquisition du français dans l’intégration des immigrés ? Prend-en suffisamment en compte le français de la francophonie ? Qu’est-ce que serait une véritable politique de la traduction ?)

  • Marcel Courthiade (maître de conférence à l’INALCO)
  • Penda Diouf (auteure, directrice de la médiathèque Ulysse, au Franc-Moisin, et cofondatrice de « Jeunes textes en liberté)
  • Valérie Baran (directrice du Tarmac)
  • Michael Spanu (sociologue doctorant à l’université de Lorraine)
  • Gaid Evenou (délégation générale à la langue française et aux langues de France)

12h30-14h : buffet

La question de la programmation et de la diffusion

Tables rondes animées par Claire Blandin et Gérôme Guibert : quelle place est faite aux arts et cultures du monde par les institutions artistiques, médiatiques, culturelles ? Comment le multiculturel ou l’interculturel traverse-t-il les pratiques de création et de diffusion développées par les artistes et les institutions artistiques et culturelles ? Quelles parts respectives faire aux cultures traditionnelles et aux formes plus novatrices ?)

  • Marie Descourtieux (directrice des Affaires culturelles de l’Institut du Monde arabe)
  • Bérénice Saliou (Directrice artistique, culturelle et scientifique de l’Institut des cultures d’Islam)
  • Salah Amokrane (TactiKollectif)
  • Seb Seb (artiste)
  • Raffaella Russo-Ricci (responsable adjointe du service éducatif du Musée d’art et d’histoire du judaïsme)
  • Marie Sonnette (maîtresse de conférence à l’université d’Angers)

16h30-17h pause

17h-19h : Sebseb (poésie slam)

Jeudi 21 septembre

Paris 3 Amphithéâtre Durkheim

Espaces : du quartier à l’Europe

Colloque animé par Christine Manigand :du quartier à l’Europe et au monde, quels espaces, quelles échelles pour penser la diversité culturelle ? Quelles interactions entre les institutions culturelles et leur environnement urbain ? Les banlieues sont-elles le creuset où se forge l’avenir de la culture française ? Quel peut être le rôle des politiques publiques des villes, des États ou de l’Union européenne pour promouvoir la diversité culturelle ?)

  • Françoise Taliano-des-Garets (professeure à l’IEP Bordeaux)
  • Anne-Marie Autissier (maîtresse de conférence à l’université de Paris 8)
  • Karine Gloanec-Maurin (haute fonctionnaire en charge de la diversité au ministère de la Culture et de la communication)
  • Jean-Philippe Ruiz et Anita Helpiquet (festival de la diversité au Luxembourg / Centre de liaison des associations d’étrangers CLAE)

12h30-14h : buffet

Culture et migrants : la question des publics, des pratiques et de la participation

Table ronde animée par Bruno Péquignot : quelle place faire aux pratiques culturelles et artistiques des populations, notamment issues de l’immigration ? Comment mieux associer les habitants au travail des institutions culturelles ? Comment toucher les publics qui demeurent en marge de l’institution culturelle ? La participation peut-elle aller jusqu’à la co-création de propositions artistiques ?)

  • Yann Lévêque (étudiant univ. Paris 3)
  • Nicaise Wegang (doctorante univ. Paris 3)
  • Christophe Blandin-Estournet (directeur du théâtre de l’Agora à Evry)
  • Luc Gruson (chargé de mission sur la culture et les arts au service de l’accueil des migrants)
  • Ksenija Konopeck (Borderland Centre Pologne)
  • Elsa Lauga-Mouledous (La Cimade / festival Migrant’scène)

16h30-17h : pause

17-19h : Lectures/écritures

  • Kaoutar Harchi Je n’ai qu’une langue, et ce n’est pas la mienne (Pauvert/Fayard 2016)
  • Anna Moï le Venin du papillon (Gallimard 2017)
  • Nathacha Appanah Tropique de la violence (Gallimard 2016)
  • Sabine Wespieser (éditrice)

Vendredi 22 septembre

Paris 3 Amphithéâtre D 03

Temps : Histoire, mémoire et patrimoine

Colloque animé par Laurent Martin : comment les institutions muséales et patrimoniales traitent-elles la question de la diversité culturelle ? Comment penser et montrer l’articulation de l’histoire et de la mémoire de l’immigration ? Sont-elles nécessairement conflictuelles ? Pourquoi n’existe-t-il pas en France de musée de la colonisation ?)

  • Octave Debary (anthropologue, univ. Paris 5)
  • Evelyne Ribert (sociologue, CNRS/EHESS)
  • Hélène Hatzfeld (politologue, Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement-UMR CNRS 7218)
  • Stéphane Malfettes (chef du service de coordination et de la programmation culturelle du Musée de l’Immigration) 

12h30-14h : buffet

La question de la transmission

Table ronde animée par Alain Pierrot : quel rôle peuvent jouer les institutions éducatives dans la valorisation des différences et dans la transmission de la mémoire des diverses communautés qui composent la France ? Quels programmes peuvent-ils être mis en place pour faciliter l’interculturalité ? Quelle place faire à la diversité culturelle dans la construction d’une culture commune ?)

  • Marjorie Nakache et Kamel Ouarti (Studio théâtre de Stains)
  • Ana Azor Lacasta (Migrar es cultura au musée de l’Amérique à Madrid)
  • Olivier Cogne (directeur du Musée dauphinois)
  • José Alcantud (professeur d’anthropologie sociale à l’université de Grenade)
  • Amar Nafa (Association Génériques)
  • Gilles Delebarre (chargé du programme DEMOS à la Philharmonie de Paris)

16h30-17h : pause

17h-19h : Présentation de la Compagnie Tamérantong par Christine Pellicane et son équipe : 25 ans de travail artistique, culturel, social et politique dans les quartiers

19h-20h30 Cocktail

Contact

laurent.martin@sorbonne-nouvelle.fr

Comité scientifique

Président Laurent Martin (univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3)

  • Claire Blandin (univ. Paris 13),
  • Philippe Coulangeon (CNRS/Sciences Po),
  • Laurent Fleury (univ. Paris-Diderot Paris 7),
  • Gérôme Guibert (univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3),
  • Christine Manigand (univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3),
  • Bruno Péquignot (univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3),
  • Alain Pierrot (univ. Paris-Descartes Paris 5).

Comité d’organisation

  • Kaoutar Harchi,
  • Catherine Kirchner,
  • Yann Lévêque,
  • Laurent Martin,
  • Camille Mérité,
  • Malcolm Théoleyre,
  • Nicaise Wegang.

Lieux

  • Université de Paris 3 Sorbonne-nouvelle, site Censier, amphi B | Université de Paris 7 diderot, amphi Buffon | Université Paris 3, amphi durkheim | Université Paris 3, site Censier amphi d 03 – 13 rue Santeuil | 15 rue Hélène Brion | 14 rue Cujas
    Paris, France (75005 | 75013)
  • Université Paris 13 campus villetaneuse, amphi 4 – 99 avenue Jean-Baptiste Clément
    Villetaneuse, France (93430)

Dates

  • lundi 18 septembre 2017
  • mardi 19 septembre 2017
  • mercredi 20 septembre 2017
  • jeudi 21 septembre 2017
  • vendredi 22 septembre 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • culture, immigration, diversité, multiculturalisme, minorité, art, média

Contacts

  • Laurent Martin
    courriel : laurent [dot] martin [at] sorbonne-nouvelle [dot] fr
  • Camille Mérité
    courriel : universitedeteuspc [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l’information

  • Laurent Martin
    courriel : laurent [dot] martin [at] sorbonne-nouvelle [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le modèle français de politique culturelle en question », Colloque, Calenda, Publié le lundi 04 septembre 2017, http://calenda.org/414701

 

 

LA RENTREE LITTERAIRE 2017 selon les choix de Radio France International

 

 les 15 incontournables du monde noir

mediaAbhi Sharma/abee5 CC BY 2.0

Cette année encore, le monde noir marquera de sa belle et puissante présence la rentrée littéraire. L’Afrique, les Antilles et l’Amérique noire sont représentées par de grandes plumes dont, pour certains, les lecteurs français ont déjà eu l’opportunité de mesurer l’originalité et l’imagination féconde. Ils ont pour nom : Kamel Daoud, Ali Zamir, Barlen Pyamootoo, Véronique Tadjo, Colson Whitehead, pour ne citer qu’eux. Voici les 15 titres incontournables du côté du monde noir pour la rentrée littéraire 2017.

1 – Kamel Daoud ou le dilemme de Schéhérazade

Actes Sud

C’est le deuxième roman sous la plume de l’un des écrivains algériens les plus connus de France et de Navarre. Puisant son inspiration dans la légende de Schéhérazade, l’auteur de Zabor ou les psaumes raconte à la première personne l’histoire d’un jeune homme qui possède le don d’éloigner la mort… en écrivant. Appelé au chevet de son père agonisant, ce jeune homme répondant au nom biblique de Zabor va intervenir pour le sauver, même si leurs relations sont difficiles, depuis que le père a répudié la mère, la condamnant à la mort certaine. Un roman sur la famille, sur la mort et sur l’imagination comme puissance et art millénaire de dépassement de soi.

304 pages, 21 euros (parution le 16 août).

 

 

 

2 – Docu-fiction de Véronique Tadjo sur la finitude et la fragilité de l’humain

« En compagnie des hommes » de Véronique Tadjo (Don Quichotte)Don Quichotte

Poète, romancière, peintre, l’Ivoirienne Véronique Tadjo a construit son nouveau roman autour de la thématique de l’Ebola. A mi-chemin entre récit philosophique, conte moral à la Voltaire et docu-fiction, En compagnie des hommes raconte les ravages causés par la pandémie qui a failli mettre fin à l’humanité. Face à cette menace d’extinction, les hommes s’interrogent sur leur place dans le monde et ouvrent le palabre en donnant la parole au baobab, à la chauve-souris, comme dans les contes traditionnels africains. Personnifiés, l’arbre comme l’animal deviennent à leur tour symboles d’une humanité fragile, confrontée aux contingences de la vie moderne qui a jeté aux orties ses défenses écologiques et naturelles. Les conséquences ne peuvent qu’être tragiques.

168 pages, 17 euros (parution le 17 août).

3 – La femme révoltée, de Fouad Laroui

« L’insoumise de la porte de Flandre » de Fouad Laroui (Julliard)Julliard

Fouad Laroui écrit ses poèmes en néerlandais, ses romans en français et a fait des heurs et malheurs du monde musulman dont il est issu, l’une des thématiques constantes de son œuvre. Dans son nouveau roman – L’insoumise de la porte de Flandre – qui paraît ces jours-ci, il raconte la double vie d’une jeune musulmane de Molenbeek.

Chaque après-midi, Fatima quitte son foyer vêtue d’un hijab strict, traverse la ville pour aller s’engouffrer dans un immeuble de la Porte de Flandre. Habillée à l’occidentale, robe légère et cheveux au vent, la jeune femme qui en sort n’a rien de la musulmane soumise que son amoureux découvre à sa grande surprise en la suivant lors d’une de ses virées à travers la ville. Derrière cette double vie, se cache une femme éperdument amoureuse de sa liberté, qui n’hésite pas à s’en prendre à cette société patriarcale qui vêtit ou dévêtit les femmes selon le bon plaisir de ses hommes. La déflagration qui suit est à la mesure des enjeux de la révolte de Fatima contre la domination masculine. Au bout du chemin, la liberté!

144 pages, 17 euros (parution le 17 août).

4 – Entre la grande Histoire et la littérature, avec Kaouther Adimi

« Nos richesses » de Kaouther Admi (Seuil)Seuil

Kaouther Adimi fait partie de ces écrivains qu’on ne peut définir par leur passeport. C’est particulièrement vrai pour cette jeune romancière, née en Algérie en 1986 et vivant aujourd’hui à Paris. Elle s’est donné pour mission d’explorer l’entre-deux de l’Algérie et la France, un espace mental prodigieusement fécond dont sont issus de nombreux intellectuels franco-algériens, anciens comme contemporains.

C’est la vie et l’œuvre d’un de ces intellectuels qui est le sujet du nouveau livre de Kaouther Adimi, son troisième roman, Nos richesses. L’homme en question est un certain Edmond Charlot, un illustre inconnu qui fonda une des premières librairies d’Alger, baptisée joliment Les vraies richesses. Pourquoi les vraies richesses, vous vous demandez ? La sagesse populaire ne dit-elle pas : « Un homme qui lit en vaut deux ? »

Avec un sens consommé de la narration et mêlant avec subtilité et finesse une intrigue romanesque et les extraits des carnets de Charlot, Kaouther Adimi a construit un beau roman sur les pouvoirs et limites de la littérature, dont les protagonistes ont pour nom Albert Camus, Jean Amrouche, Jean Sénac et quelques autres grands noms des lettres françaises et francophones. Petite histoire dans la grande Histoire de l’Algérie française et post-française, Nos richesses est le récit du métissage franco-algérien, commencé dans la domination et poursuivi dans le lent et inexorable oubli du passé commun.

218 pages, 17 euros (parution le 17 août).

5- Derrière la plage, l’ennui : les mythologies mauriciennes revues et corrigées par Barlen Pyamootoo

« L’île au poisson venimeux » de Barlen Pyamootoo (L’Olivier)L’Olivier

Le Mauricien Barlen Pyamootoo s’est fait connaître en 1999 en publiant Bénarès, son grand roman faussement indien. L’île au poisson venimeux est son quatrième roman. Il y est question d’abandon du foyer familial, de désespoir et de quête de soi. Un homme disparaît sans laisser de traces. Les recherches lancées par sa famille ne donneront rien. De guerre lasse, sa femme décide de refaire sa vie pour donner un foyer familial. C’est alors que le drame se produit, dévoilant les failles et les hypocrisies d’une société aux abois.

174 pages, 17 euros (parution le 24 août).

 

 

 

6 – L’amour au temps du séisme et des dévastations, sous la plume du Haïtien James Noël

« Belle merveille » de James Noël (Zulma)Zulma

« Pap pap pap papillon… Aucune ville ne saurait voler plus haut que ses vertiges, c’est moi Bernard qui te le dis. Pap pap pap papillon… Songe à l’histoire qui t’échappe à tire-d’aile. » Ainsi commence Belle merveille, le tout premier roman du Haïtien James Noël. Celui-ci est avant tout poète et c’est dans une langue syncopée et lyrique qu’il évoque dans ce roman la rencontre magique de Bernard, le miraculé survivant du séisme ravageur du 12 janvier 2010, avec une bénévole napolitaine répondant au beau nom d’Amore. Le coup de foudre qui suit se conclut sur fond de dévastation et de morts sans sépulcure. Le couple connaîtra de moult péripéties et rebondissements, avant d’aller chercher dans la Ville éternelle un nouveau souffle pour leur bel amour né dans les décombres d’une autre ville dont le souvenir reste à jamais vivace.

160 pages, 16,50 euros (parution le 24 août).

 

7 – L’Américain Colson Whitehead revisite l’esclavage et l’ingéniosité de ceux qui le combattent

« Underground Railroad » de Colson Whitehead (Albin Michel)Albin Michel

Publié en automne dernier et couronné à la fois par le prix Pulitzer 2017 et le National Book Award (équivalent du Goncourt), Underground Railroad est sans doute l’un des livres les plus remarquables sur l’esclavage à avoir été écrit à ce jour. Il raconte le périple d’une jeune esclave noire qui réussit à s’évader de la plantation de coton dans la Géorgie à laquelle elle était rattachée vers les Etats libres du Nord. Nous sommes avant la guerre de Sécession.

Si la jeune héroïne a su mener à terme ce périple semé d’embûches au cours duquel elle risquait d’être capturée à chaque instant par les chasseurs d’esclaves, c’est parce qu’elle avait su s’appuyer sur le réseau d’entraide et de solidarité qui existait à l’époque pour aider les esclaves à s’enfuir et conquérir leur liberté. Ce réseau s’appelait « Underground Railroad ».

Comme le rappelle l’auteur Colson Whitehead, son livre est aussi une réflexion sur les fondements et la mécanique du racisme aux Etats-Unis. Ce mélange de réflexion et de narration donne un roman puissant et émouvant qu’on referme en comprenant sans doute un peu mieux les enjeux de la guerre que les noirs américains et leurs sympathisants sont en train de mener en ce moment même contre les suprématistes blancs dans l’Amérique de Donald Trump et de Steve Bannon.

Traduit de l’anglais par Serge Chauvin. Albin Michel, 414 pages, 22,90 euros. (Parution le 24 août).

8 – Entre histoire et fiction : naissance du Nigeria revue et corrigée par Diekoye Oyeyinka

« La douleur du géant » de Diekoye Oyenika (L’Aube)L’Aube

La Douleur du géant est le premier roman du Nigérian Diekoye Oyeyinka. Un roman-fleuve de près de 400 pages qui met en scène non sans talent l’histoire du Nigeria indépendant, un géant aux pieds d’argile. Pays le plus peuplé d’Afrique, la première économie du continent gangrenée par la violence et la corruption, le Nigeria est le véritable protagoniste de ce roman. A travers les récits de vie des personnages  haut en couleur, leurs inquiétudes, leurs rêves et leurs souvenirs de l’émergence chaotique de leur pays, le roman raconte l’histoire du Nigeria moderne qui n’a pas été un long fleuve tranquille, comme en témoignent les chapitres du livre consacrés aux périodes dramatiques telles que la guerre de Biafra ou les coups d’Etat militaire.

La narration d’Oyeyinka est poétique, foisonnante et souvent métaphorique, comme cette image de la gestation difficile empruntée aux légendes anciennes.Elle sert de grille de lecture de la naissance dans la violence et la douleur d’un grand pays moderne.

Traduit de l’anglais par Benoîte Dauvergne. Editions de l’Aube, 400 pages, 22 euros (parution le 24 août).

9 – Dans la Tunisie d’avant l’indépendance avec Ali Bécheur

« Les lendemains d’hier » de Ali Bécheur (Elyzad)Elyzad

Venu à l’écriture après une longue et brillante carrière d’avocat, Ali Bécheur est connu pour son chef-d’œuvre Le Paradis des femmes, paru en 2006. Si dans ses premiers romans, la thématique féministe est omniprésente, dans son nouveau roman qui paraît en cette nouvelle rentrée littéraire, le Tunisien met en scène l’univers passionnel des hommes. Il raconte la lourde chape de silence qui pèse parfois sur les ressentiments opposant  notamment pères et fils et qui, à défaut de pouvoir s’exprimer, explosent. L’intrigue des Lendemains d’hier, malgré ses références obliques au temps présent, est campée dans la Tunisie d’avant l’indépendance où colons, locaux, femmes européennes et arabes, artisans de la médina et cocher maltais se partagent la scène, marquant les esprits de leur présence et de leurs rêves inassouvis.

312 pages, 19,90 euros (parution le 25 août).

10 – La Martiniquaise Gaël Octavia entraîne le lecteur dans un inattendu huis clos des femmes

« La fin de Mame Baby » de Gaël Octavia (Gallimard)Gallimard

La Fin de Mame Baby est le tout premier roman de la Martiniquaise Gaël Octavia. Son intrigue est bâtie avec une sensibilité féministe,autour des vies gâchées de quatre femmes : Mariette la recluse, Aline l’infirmière, Suzanne la petite blanche et Mame Baby, idole des femmes. Celle-ci est morte dans des circonstances mystérieuses dans le Quartier, une petite ville de banlieue où les destins se croisent et se concluent.

Ce roman est construit comme une pièce de théâtre où les personnages s’affrontent avec pour armes leurs haines et les souvenirs de leur idole disparue. Le lecteur ne s’étonnera pas de se retrouver ici dans une configuration théâtrale puisque l’auteur vient du monde de théâtre, avec à son actif trois pièces qui l’ont fait connaître.

170 pages, 16 euros (parution le 31 août).

11 – La narration post-moderne de Nael El-Toukhy

« Les femmes de Karantina » de Nael El-Toukhy (Actes Sud)Actes Sud

L’Egyptien Nael El-Toukhy voue un véritable culte à Oum Kalsoum, mais puise aussi son inspiration dans le cinéma de Woody Allen, les romans de Kafka et les fables de Borges. C’est sans doute la fusion inédite de ces différentes influences qui explique le succès qu’a connu son roman Les Femmes de Karantina, unanimement salué dans le monde arabe comme l’une des œuvres les plus marquantes de la nouvelle littérature égyptienne.

Traduite en français pour la première fois, l’écriture de ce romancier hors norme surprend par sa vitalité iconoclaste. Renversant la tradition et la légende avec un sens consommé de la subversion, il raconte l’énergie de l’Egypte post-révolutionnaire à travers la fuite en avant de ses protagonistes, notamment le couple Inji et Ali. Poursuivis pour meurtre, ceux-ci se réfugient en Alexandrie. C’est dans les bas-fonds de l’Alexandrie obscure et mystérieuse que se déroule l’essentiel de l’intrigue qui mêle avec brio la noirceur du roman social et les audaces propres aux récits d’anticipation dont l’action est campée en 2064.

Ce roman est aussi une saga familiale qui retrace l’évolution de la société égyptienne sur trois générations, incarnées par une galerie de personnages, les uns plus pittoresques que les autres.

448 pages, 23,50 euros (parution le 6 septembre).

12 – Le Jamaïcain Kei Miller fait souffler le vent de révolte chez les rastafari

« By the rivers of Babylone » de Kei Miller (Zulma)Zulma

Romancier et poète, né à Kingston, le Jamaïcain Kei Miller est l’auteur d’une œuvre engagée dont le sarcasme n’épargne ni la classe politique de son pays natal, ni le racisme et l’hypocrisie dans le Royaume-Uni où il vit. By the rivers of Babylon qui raconte la descente aux enfers de la Jamaïque, est le deuxième roman de Miller traduit en français, après L’authentique Pearlline Portious, paru en 2016 .

Augustown, le quartier pauvre de Kingston sur lequel s’ouvre le premier chapitre du roman, est emblématique de la plongée de la Jamaïque entière dans la violence et la misère morale et matérielle. La promesse de la classe politique du pays  d’offrir aux anciens esclaves une vie digne n’a pas été tenue. Alors, Augustown attend le signal de la nouvelle révolte des démunis et l’avènement du jour d’ « autolapse », synonyme jamaïcain pour l’apocalypse.

Le retour de l’école de Kaïa dont le professeur lui a coupé les dreadlocks – sacrilège absolu chez les rastafari – sera-t-il ce signal qu’attend le gang Angola pour faire de nouveau régner la terreur dans la ville ? La belle traduction de Nathalie Carré est à la mesure du puissant vent de résistance que Miller fait souffler dans ces pages.

Traduit de l’anglais par Nathalie Carré. 304 pages, 20,50 euros (parution le 7 septembre).

 

13 – La poésie de l’amour, selon Ali Zamir

« Mon étincelle » de Ali Zamir (Le Tripode)Le Tripode

C’est en 2016 que Ali Zamir a surgi sur la scène littéraire française avec Anguille sous roche, un premier roman quasi parfait, étincelant comme un diamant poli par les contingences d’une intelligence imaginative peu commune. Le Comorien trentenaire revient cette année avec un second roman qui confirme les espoirs et les promesses du premier.

Mon Etincelle est une histoire d’amour, d’amour fou qui fait chavirer le cœur de la jeune Etincelle. Prise dans les turbulences d’un vol qui relie deux îles de son pays, elle se remémore les histoires d’amour que lui racontait sa mère. En particulier, celle de deux adolescents répondant aux noms improbables de « Douceur » et « Douleur ». Chaque fois qu’elle affronte une épreuve, Etincelle se raconte l’histoire tragique de ces deux adolescents malgaches, avec l’espoir de trouver dans leur amour éperdu la consolation pour ses propres échecs.

Après la sensation créée par son premier roman, Ali Zamir a toutes les chances cette année, dit-on dans les milieux autorisés, de remporter un grand prix avec son deuxième opus. Mon Etincelle n’a-t-il pas été qualifié de « une des histoires d’amour les plus extraordinaires » par Alain Mabanckou himself ?

280 pages, 19 euros. (Parution le 7 septembre).

14 – L’Angolais Manuel Rui raconte les lendemains qui déchantent

« Oui, camarade » de Manuel RuiChandeigne

Homme politique, diplomate, universitaire, l’Angolais Manuel Rui est aussi un des grands noms de la littérature de son pays. Avec Luandino Vieira et Pepetela, il fait partie de la génération d’écrivains majeurs qui ont fait la renommée des lettres angolaises. A ce jour, Le Porc épique (Dapper 1982) est le seul de ses livres qui a été traduit en français.

Oui camarade qui paraît ces jours-ci est un recueil de nouvelles, écrites au lendemain de l’indépendance angolaise le 11 novembre 1975. Des récits engagés, pleins d’espoirs dans l’avenir de la nation naissante enfin débarrassée du colonialisme. L’indépendance ne sera pas pour autant, le romancier le pressentait déjà, un long fleuve tranquille. Le chaos qui règne au Palais, raconté avec sarcasme et empathie dans la nouvelle « Le conseil » qui ouvre le recueil, tout comme les grèves qui paralysent l’économie et les « poches trouées » des anciens combattants en disent long sur les lendemains qui déchantent déjà.

Traduit du portugais par Elisabeth Monteiro Rodrigues. 208 pages, 20 euros. (Parution le 21 septembre.)

15 – Nimrod, entre poème et récit

La couverture du livre «Gens de brume» de NimrodDR

On ne présente plus Nimrod Bena Djangrang. C’est à son père, pasteur luthérien, que le Tchadien doit son prénom aux résonances bibliques. « Nimrod » qui signifie « celui qui a vaincu le léopard » est devenu, chemin faisant, le pseudonyme de cet écrivain au verbe haut et sensuel.

Poète, romancier et essayiste, l’homme a dû quitter son pays natal à l’âge de 25 ans, fuyant les turbulences de la guerre civile. Après un premier volume de poésies intitulé Pierre, poussière (Editions Obsidiane 1989), qui l’a fait connaître, ce natif de Koyom, dans le sud du Tchad, a publié d’autres recueils de poésies, mais aussi des romans intensément lyriques, rythmés par les souvenirs du pays et du passé.

Nimrod publie en octobre un nouveau livre : Gens de brume. On n’a pas beaucoup d’information sur ce nouvel opus de l’auteur tchadien, sauf ce qu’en dit son éditeur sur son site: « Entre poème et récit, le poète évoque son enfance parmi les pêcheurs des bords du fleuve Chari au Tchad, son exil, mais aussi les paysages du Gard qui lui sont chers ».

Le talent oblige, la parution d’un nouveau titre signé Nimrod est forcément un événement littéraire incontournable.

64 pages, 8 euros. (Parution le 4 octobre.)

CALEDONIENS AILLEURS …

 Françoise Wadou, peintre en pleine renaissance

NC 1ERE

 

Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Etudes, recherche d’emploi, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure ailleurs ? Cette semaine, Françoise Wadou, artiste en devenir.

Calédoniens ailleurs : Françoise Wadou, peintre en pleine renaissance © DR
© DR Calédoniens ailleurs : Françoise Wadou, peintre en pleine renaissance
  • Par Ambre Lefeivre
  • Publié le 20/08/2017 à 07:02

« Je donne du cachet, de la couleur à ma vie ». A 50 ans Françoise a décidé de donner un nouveau souffle à son existence.  Alors que la peinture n’était jusque là qu’une passion assouvie lors de son temps libre, la Calédonienne se lance dans une nouvelle aventure, celle de vendre ses tableaux et créations. Un renouveau qui n’aurait pas été permis sans son parcours de vie.

Passionnée de travaux manuels, Françoise a profité de son passage au Vanuatu pour créer des objets de déco © DR
© DR Passionnée de travaux manuels, Françoise a profité de son passage au Vanuatu pour créer des objets de déco

Férue de travaux manuels, évoluant au sein d’une famille d’artistes,  la timide Françoise dessine et peint depuis son plus jeune âge. Si la Calédonienne fait le choix de quitter tôt l’école, c’est en autodidacte qu’elle apprend de nouvelles techniques. Très impliquée dans la vie de son église, elle rencontre son futur époux à 18 ans lors d’un camp de jeunes. Le couple se marie rapidement et devient bientôt parents de deux filles. La Nouméenne d’origine indonésienne et son mari Paul décident quelques années plus tard de servir Dieu. Pour mener à bien leur mission, Paul, devenu pasteur, et Françoise déménagent de 1988 à 2000 à Koumac et enfin Ouvéa, l’île natale de Paul. Femme de pasteur, Françoise joue également un rôle actif au sein de son église notamment au niveau social. « Je complète et épaule mon mari dans sa mission. Les gens savent qu’ils peuvent venir me voir à tout moment ».

La Calédonienne prend des cours de dessin depuis son installation en métropole © DR
© DR La Calédonienne prend des cours de dessin depuis son installation en métropole

Le nouveau millénaire marque le début d’une nouvelle vie pour le couple. Les Wadou s’installent au Vanuatu pour mener à bien leur rôle de missionnaires. Ce déménagement est un déclic pour Françoise.  « Après être sortie du pays, je sentais que je devais me retrouver en tant que personne ». Elle, qui avait un peu délaissé sa passion, renoue avec la peinture et les créations manuelles. Ces œuvres font mouche. « L’étonnement des gens m’a fait réaliser qu’il y avait quelque chose dans ce que je faisais ». Petit à petit, l’idée d’un certain talent fait son chemin. Après sept ans dans le Pacifique, le couple emménage à Granville (Normandie) pour trois ans. La dernière année, Françoise se décide à prendre des cours cherchant également l’approbation d’un professeur. « Mon enseignant m’a encouragé dans cette voie-là ». Installée à Epinal (dans les Vosges) avec son mari, elle poursuit ses cours. En 2016, la peinture prend une nouvelle dimension dans sa vie. Elle s’y consacre de plus en plus. Son atelier étant attenant à sa maison et à l’église, les fidèles et les passants sont de plus en plus nombreux à découvrir et surtout à apprécier ses créations.

Françoise s'apprête à vendre ses tableaux © Françoise Wadou
© Françoise Wadou Françoise s’apprête à vendre ses tableaux

Face à ce succès, Françoise a décidé de lancer sa micro-entreprise. Conseillée par la chambre de commerce locale, elle vendra dès cet automne ses objets de déco, ses bijoux et ses tableaux. Une nouvelle vie professionnelle qui l’enchante. « Terminer par la peinture, par la création, c’est un moyen d’exprimer mon âme et mon cœur ».  Un projet qui n’aurait pas pu se faire sans les nombreuses rencontres de Françoise et l’amour de Dieu. « La grâce de Dieu me suffit. Il m’a permis toutes ses belles choses. Les personnes rencontrées m’ont donné de l’assurance pour me lancer » déclare- t-elle avant d’ajouter : « Je me sens accomplie aujourd’hui, j’ai l’impression d’être quelqu’un ». 

par ambre@lefeivre.info

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