FESTIVAL des CREOLES (saison 2)

FESTIVAL LE MOIS KREYOL #2 | 9 OCT – 13 NOV
à Paris et en Île de France
Cet automne, du 9 octobre au 13 novembre 2018, le Festival Le Mois Kréyol #2, Festival des langues et des cultures créoles – Lang épi kilti kréyol, célèbre pour sa deuxième édition à Paris et en Île-de-France les potentialités déjà révélées ou encore enfouies des langues et cultures créoles, dans une mise en dialogue des arts, sciences, textes et paroles de tous les continents, sans limites ni frontières.
▷ Soirée d’ouverture du festival le 9 octobre !
Le 9 octobre prochain à partir de 18h, soirée d’ouverture au Cinéma Les 7 Parnassiens, en partenariat avec la Semaine du Film de la Caraïbe et des Outre-Mer.

Au programme : discours inaugural, dévoilement du programme complet avec les dernières surprises, et projections :
– Chantal Loïal et la Créolisation

Petites Antilles, Coeur Battant (avant-première)
|  La programmation artistique  |
❖ En musique  ♫

Jazz, gwoka, chant lyrique, slam, contes musicaux … Retrouvez toute la programmation musicale, avec :

7 Son a To, Yann Cléry, Maë Defays, Simone Lagrand, Fabrice Di Falco et son quartet, Moun San Mélé, Zafer K, Cie Difé Kako, Ymelda et de nombreux invités.

❖ En spectacles !

– À Âmes Egales – Noir de Boue et d’Obus,Cie Difé Kako

– On t’appelle Vénus, Cie Difé Kako – Chantal Loial
– Diouma, de la Cie Koklaya – Raymonde Pater Torin
– Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire, Cie Moun San Melé.
Vous voulez danser, vous aussi ? Parade tropicale, défilé, bals konsèr, soirées de lyannaj et ateliers seront autant de moments partagés d’invitation à la danse, ou devrait-on dire aux danses !
❖ Des contes pour chacun, petits et grands
 
 
Pour les plus jeunes, avec Suzy Ronel,Igo Drané, Mariann Mathéus, mais aussi pour les plus grands, avec Jocelyn Régina
❖ Et bien plus encore
Arts plastiques, street art, photographie, expositions, avec JEANJERÔME, Marie-Charlotte Loreille, l’Association La Collective, …  Toute la programmation à découvrir sur le site du festival !
❖ Des ateliers, stages, et initiations pour tous
Danse, écriture, cuisine, couture, recyclage, maré tèt, initiation au créole, dictée, arts plastiques … Autant d’approches des langues et des cultures créoles, pour tous les âges.
Inscrivez vous dès maintenant, ateliers et stages proposés dans la limite des places disponibles
❖ Des tables rondes scientifiques, ouvertes à tous
15/10 : Créolité et Francophonie, à l’Hotel de Ville de Paris

21/10 : Bokantaj en créoles, à Massy

25/10 : Elèves créolophones à l’école, au Ministère des Outre-Mer

31/10 : L’engagement associatif, à FGO Barbara

7/11 : Créoles, langues d’aujourd’hui, à l’Organisation Internationale de la Francophonie

Avec nos partenaires :
Association et compagnie Difé Kako
Adresse de correspondance : 54 rue Vergniaud – Hall A – 75013 Paris |
Siège : 54 rue Vergniaud – Hall A – 75013 Paris |
SIRET n° 40266469200041 |Tel/ Fax : + 33 (0) 1 70 69 22 38 Port :+ 33 (0) 6 85 19 19 05  | http://www.difekako.fr
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RETOUR AU THEATRE !

THEATRE DE LA COLLINE
15 rue Malte-Brun
Paris 20e
01 44 62 5

du 19 septembre au 14 octobre 2018
du mercredi au samedi à 20h, le mardi à 19h et le dimanche à 16h
création à La Colline
Petit Théâtre
durée 2h environ
« Tout est politique dans la vie. Même l’amour. Ce sentiment qui traverse nos capacités physiques et psychiques, qui nous surprend et nous altère par sa force. Chacun le définit différemment et pourtant c’est politique. On ne peut pas aimer dans un sens divergent à notre existence. On aime comme on pense le monde. »
Alexandra Badea
Alors qu’elle prenait part à la cérémonie de naturalisation qui lui conféra officiellement la nationalité française, l’auteure metteure en scène Alexandra Badea prit à la lettre cette remarque de l’officier d’état civil « À partir de ce moment vous devez assumer l’histoire de ce pays avec ses moments de grandeur et ses coins d’ombre. » Comment dénouer les nœuds de l’histoire, ces « points de non-retour » dont on effleure parfois les thèmes dans les repas de famille, sources de blessures et de divisions de la société française, qui ont pour nom collaboration, colonialisme, etc.

Comme dans les meilleurs récits, tout commence par une histoire d’amour. Dans la ferveur bouillonnante de la France pompidolienne de l’après-mai 68, des jeunes gens tombent amoureux, tous deux sont porteurs d’un lourd passé. L’un prend sa source dans l’Europe centrale de l’après-guerre, l’autre dans l’Afrique occidentale post-coloniale. Parviendront-ils à remonter le fil de leur histoire familiale pour vivre un présent serein ?

Dans une fresque déployée en trois parties dont la première sera créée à La Colline cette année, Alexandra Badea et ses acteurs donnent la parole à ceux que l’on n’entend pas, dans une traversée de l’histoire contemporaine et résolument universelle de la France.

Points de non-retour © Velica Panduru
Photo © Velica Panduru
Documents

Rencontre avec l’auteur

– le samedi 22 septembre à 14h à l’espace rencontre de l’événement Culture au Quai /

Bassin  de  la  Villette-  Quai  de  la  Loire -Paris  19e

– le samedi 29 septembre à 15h à la médiathèque Marguerite-Duras 115 Rue  de Bagnolet  Paris  2Oe /Autobus  26 et  76 / carrefour Pyrénées -Bagnolet

Lecture-rencontre avec Alexandra Badea
Alexandra Badea lira un extrait de Points de non-retour [Thiaroye] et échangera ensuite.

 

Source  ACHAC NewsLetter 29 Août 2018

ET VIVE LES FESTIVALS DE L’ETE !

Gouverneur de la rosée de J. ROUMAIN

Jacques Roumain est l’une des grandes voix d’Haïti.

Ce roman, introuvable pendant des années, est un chef d’oeuvre. C’est l’un des livres fondateurs de la littérature haïtienne. Un village pauvre, en proie à la sécheresse, des rivalités entre habitants, des désirs de vengeance, constituent le cadre de ce drame de l’amour et du courage. Une belle leçon de dignité humaine et un chant d’amour pour le peuple de Haïti, écrit dans une langue d’une saveur sans pareille.

Jacques Roumain, souvent considéré comme un classique de la littérature de son pays, publié en 1944 après la mort de son auteur. Une pièce a été adaptée, mise en scène et interprétée par la compagnie du Théâtre Noir (fondée par Benjamin Jules-Rosette, …

http://www.ina.fr/video/CPB7505193

Description de cette image, également commentée ci-après

Présentation de Gouverneurs de la Rosée

par Léon-François Hoffmann

Nicolas Guillén et Jacques Roumain
photo de Michel Doret, 1942
Jacques Roumain à droite, avec Nicolas Guillén

La première fois que Roumain utilise l’expression «gouverneurs de la rosée», titre du roman posthume qui lui assurera une audience internationale, fut dans un conte pour son fils Daniel, jamais publié, qui nous est parvenu sous forme manuscrite. Dans l’Histoire de Petitami et des Grands Loups, écrite le 18 février 1936 alors qu’il purgeait sa peine au Pénitencier National, un des personnages paysans de Roumain chante:

C’est moi Grandami, le papa de Petitami
Je suis le maître de la terre
Le général des plantes
Le gouverneur de la rosée

L’année suivante, dans la revue parisienne Regards du 18 novembre 1937, Roumain dénonce, sous le titre La tragédie haïtienne le massacre de milliers de paysans haïtiens établis du côté dominicain de la frontière, ordonné par le dictateur Raphaël Trujillo afin «d’améliorer la race» dans son pays. L’expression «gouverneurs de la rosée» s’y trouve imprimée pour la première fois sous la plume de Roumain, pour célébrer les victimes:

ces paysans noirs, travailleurs acharnés, dont il suffirait de citer le titre magnifique qu’ils se décernent à eux-mêmes: gouverneurs de la rosée, pour définir leur dénuement et l’orgueil qu’ils éprouvent de leur destin.

Or il semble qu’en créole, seul moyen d’expression des paysans haïtiens, le titre «gouverneurs de la rosée» n’existe pas, et qu’ils ne sauraient donc se le décerner. Roumain aurait en fait traduit et adapté mèt lawouze (littéralement «maître de l’arrosage», en créole haïtien) qui désigne la personne à qui une communauté paysanne confie la gestion de tout ce qui concerne l’irrigation: distribution de l’eau, répartition, horaires, entretien, etc. Manuel, le héros du roman, prévoit d’ailleurs qu’une fois captée la source, il faudra «nommer un syndic […] pour la distribution de l’eau» (Ch. X). Mèt larouzé s’est imposé tout naturellement au dessinateur haïtien qui signe FanFan comme titre de la bande dessinée en créole qu’il a tirée du roman en 1980.

Roumain a dû estimer, avec raison, que «gouverneurs de la rosée» était une trouvaille linguistique autant qu’une réussite poétique. Avant d’en faire le titre de son œuvre la plus célèbre, il l’a choisie une fois encore pour intituler un court «récit haïtien» paru, toujours dans Regards, le 25 août 1938. Il y évoque une bande de guérilleros paysans pourchassés, lors de l’occupation du pays, par les marines américains et leurs auxiliaires de la gendarmerie haïtienne. L’expression semble ici ironique ou pour mieux dire mélancolique, comme si à ces pauvres hères «Nègres des bois, gouverneurs de la rosée, dépossédés de leur destin…» ne restait que la rosée à gouverner. Le titre de ce «récit haïtien» qui se déroule aussi en milieu paysan laisse supposer que, dès son exil européen, Roumain méditait (et peut-être même avait commencé à rédiger) le roman qui fera sa célébrité. Roger Gaillard, qui a bien connu Roumain, affirme qu’il l’avait commencé dès son arrivée en Belgique en 1937. Sans doute l’a-t-il remis sur le chantier à New York: il écrit à sa femme le 18 février 1941 qu’il a l’intention de reprendre «Il a probablement continué à y travailler à son retour au pays en 1941, puis au Mexique. Il en lisait des passages à sa femme Nicole, venue le rejoindre à Mexico, qui lui faisait de nombreuses suggestions, que l’écrivain adoptait le plus souvent. Il n’y a en tout cas aucune raison de ne pas lui faire confiance lorsqu’il le date de Mexico, 7 juillet 1944, soit 42 jours avant sa mort.

Nous savons que Jacques Roumain passa par La Havane sur le chemin du retour ; il y déjeuna avec son ami le poète Nicolas Guillen, auquel il confia un exemplaire dactylographié du roman, pour qu’il le traduise en espagnol, peut-être en collaboration avec Alejo Carpentier: en effet, dans son article «Sobre Jacques Roumain», publié dans Hoy le 25 mai 1961 et repris dans Prosa de prisa II en 1975, Guillen écrit que Roumain lui avait laissé «una copia mecanografiada de la novela» ; il précise dans Páginas vueltas (1982): «Yo tuve (y la rescaté) una copia mecanografiada de Los gobernadores del rocío». Ce tapuscrit semble néanmoins avoir disparu, ce qui est d’autant plus regrettable qu’aucune version manuscrite ou dactylographiée, et aucun jeu d’épreuves ne nous sont parvenus.

La femme et le frère Michel de Jacques Roumain assurèrent la parution du texte posthume. Roumain débarqua à Port-au-Prince le 6 août et mourut le 18. Il est évident qu’il n’eut pas la possibilité de corriger des épreuves, ni à plus forte raison de donner le bon à tirer. A-t-il au moins pu porter des corrections sur le manuscrit? Nicole et Michel revirent-ils le texte, pour y ajouter les notes explicatives, par exemple? Impossible de le savoir, et force est de considérer comme texte définitif celui de l’édition port-au-princienne, achevée d’imprimer le 8 décembre 1944.

Les ouvrages publiés en Haïti n’avaient à l’époque pratiquement aucune diffusion à l’étranger. Comme le signale Mercer Cook: «One year after its publication, the most beautiful Haitian novel ever written, Jacques Roumain’s Gouverneurs de la rosée, has failed to sell one thousand copies». C’est avec la première édition française, celle de 1946 aux Éditeurs Français Réunis, que Gouverneurs de la rosée va pouvoir toucher un public international. André Breton l’avait lu lors de son passage à Port-au-Prince en décembre 1945, et avait fait l’éloge de «ce chef-d’œuvre» devant le Club Savoy. Mais c’est très probablement par l’entremise de Louis Aragon (avec qui Breton était brouillé à mort) que le roman fut publié en France: la veuve de Roumain lui avait envoyé un exemplaire autographe de Gouverneurs de la rosée (conservé à la Bibliothèque de France – Tolbiac) et Aragon répondit à Nicole par un télégramme publié par la revue haïtienne Clartés du 7 mai 1946, ainsi conçu:

Merci livres. Ému souvenir Jacques. Demande droits édition chez moi Bibliothèque française 33 rue Saint André des Arts. Tirage 10.000

Les deux hommes s’étaient donc rencontrés à Paris; appartenant à la même mouvance politique, ils avaient en outre sympathisé, puisque Aragon appelle Roumain par son prénom. Au printemps 1946 les Éditeurs Français Réunis étaient encore les Éditeurs Réunis, et Aragon y dirigeait la collection «Bibliothèque française».

 

 

 

THEATRE créole à PARIS

Une représentation de « Bòdlanmou pa lwen » est programmée le samedi 7 avril, à 20h30, au Théâtre de l’Epée de Bois (La Cartoucherie, route du Champs de manœuvre 75012 Paris. Métro: Château de Vincennes – Bus: 112), dans le cadre du festival Tempo Karayib organisé par l’association Eritaj. Venez nombreux!
Réservations : grandcarbet.cie@gmail.com

Sur scène, Gérard et Léna, un homme et une femme qui s’observent, se désirent, se rapprochent et s’aiment éperdument, jusqu’à ce que la flamme de leur passion vacille… « Bòdlanmou pa lwen » est un long poème à deux voix, l’histoire d’un amour volcanique, qui mêle les mots, la vidéo, la musique et la danse. C’est un regard sur le couple, sur la difficulté de dialoguer et construire ensemble. Un thème universel, ancré dans la culture et la langue créoles.

Les non-créolophones sont conviés, le texte est surtitré en français. Kanta séla ki ka konprann kréyòl, pa menm palé!

« Bòdlanmou pa lwen » a été récompensée aux concours d’écriture théâtrales Textes En Paroles et Etc Caraïbe. Il a été, en 2007, le premier texte en langue créole présenté à la Comédie française.

– Auteur, metteur en scène : Franck SALIN alias FRANKITO
– Comédiens : Christian JULIEN, Irène BICEP alias LAYKO, et la participation d’Igo DRANE
– Scénographe: SOYLÉ
– Chorégraphie : Max DIAKOK
– Musique : Franck NICOLAS
– Musiciens : Franck NICOLAS, Jony LEROND
– Régie lumières : Jean-Pierre NEPOST
– Vidéo: Wally FALL
– Production : Compagnie du Grand Carbet

L’image contient peut-être : 2 personnes, texte
 NB . rendez-vous, à Paris, les 27, 28, 29 et 30 avril à l’Auguste Théâtre (6 impasse Lamier, 75011 Paris. Métro : Philippe Auguste – ligne 2). Les représentations auront lieu les vendredi, samedi, lundi, à 20h30, et le dimanche à 16h30.

Réservations :
Tel : 0143672047 – Email : grandcarbet.cie@gmail.com – Site:http://augustetheatre.com/bodlanmou-pa-lwen

Vente en ligne:
http://www.billetreduc.com/183269/evt.htm

Le samedi 19 mai, à 20h, une représentation est organisée à l’Espace Caravelle (10 Rue Winston Churchill, 77100, Meaux), en Seine-et-Marne.

FESTIVAL DES OUTRE-MERS -Paris

Aimé Césaire / Écrits politiques
Le 20 janvier 2018 à 15:00

Césaire méconnu

Partons à l’écoute des voix multiples d’Aimé Césaire, poète, dramaturge, essayiste mais aussi député pendant plus de quarante ans, maire de Fort-de-France, fondateur d’un parti et auteur d’écrits politiques de premier plan dont les tomes 2 et 3 ont paru aux Nouvelles Éditions Jean-Michel-Place.

Si l’on pense d’emblée aux discours de l’Assemblée nationale – Césaire fut en effet dans l’Hémicycle un tribun au verbe haut – on peut désormais s’intéresser aux écrits moins connus : discours prononcés en Martinique, textes parus en revue, allocutions diverses, au gré d’une vie politique intense qu’Aimé Césaire lui-même ne séparait pas de l’action poétique.

Une voix majeure, dressée sans cesse contre le colonialisme ou les injustices de tous ordres, animée toujours par la conviction d’une réconciliation universelle à portée d’humains.

Christian Tortel dialogue avec Boniface Mongo Mboussa. Lectures par Charles Gonzales.

Tarif unique : 6 €.

Réservations : 01 44 85 40 40 ou www.theatre-odeon.eu

Boniface Mongo Mboussa

Écrivain et critique littéraire, Boniface Mongo Mboussa est corédacteur en chef de la revue Africultures et enseigne les littératures francophones à l’antenne parisienne du Sarah Lawrence College.

Il a notamment publié deux essais chez Gallimard : Désir d’Afrique (2002) et L’indocilité (2005), ainsi qu’une biographie du poète congolais Tchicaya U Tam’si, intitulée Le viol de la lune, vie et œuvre d’un maudit (Vents d’ailleurs, 2015). Il est par ailleurs l’éditeur des œuvres complètes de Tchicaya U Tam’si aux éditions Gallimard.

Christian Tortel

Journaliste grand reporteur à France Télévisions, chroniqueur littéraire, ancien élève de l’école supérieure de journalisme de Lille (ESJ). Il possède plus de quinze années d’expérience de télévision. Auteur de près de six cents reportages et portraits littéraires. Spécialiste des questions culturelles et de l’expression écrite, il anime un blog littéraire et enseigne la communication dans plusieurs écoles.
Charles Gonzales

Comédien et metteur en scène, formé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris dans les classes de Pierre Debauche et Antoine Vitez, Charles Gonzales a joué dans des mises en scène de Jorge Lavelli, Jean-Louis Barrault, Roger Planchon, Jean-Louis Martinelli, Pedro Soler… et en a lui-même signé de nombreuses.
Poètes de Guadeloupe

Samedi 20 janvier 2018 à 17h00

Odéon- Théâtre de l’Europe
Place de l’Odéon
75006 Paris

Poètes de Guadeloupe

Avec Daniel Maximin, Max Rippon et Max JeanneOriginaires de la Basse-Terre, de Marie-Galante ou de la Grande-Terre, ils forment à l’image de leurs îles un archipel de créations, entre langue française et langue créole, entre réalités géophysiques et faits historiques, entre le plus petit point de l’île native et le grand étalement caraïbe et mondial. Poésie politique s’il en est, tenaillée souvent par le poids de l’Histoire, la poésie de Guadeloupe sait aussi se faire plus intime, aller au creux de l’être, là où s’invente l’homme et surgit son destin.

« Aucun homme n’est une île » déclarait le poète anglais John Donne, insistant sur le lien unissant chaque être humain. C’est ce que les poètes insulaires savent peut-être mieux que personne.

En écho à Cent ans de poésie en Guadeloupe : une anthologie 1911 – 2017 de Gérard Lamoureux, avant-propos de Roger Little, paru aux Éditions Long Cours en octobre 2017.

Daniel MaximinMax Rippon et Max Jeanne dialoguent avec Christian Tortel. Lectures par Sophie Bourel.

Max Rippon / Guadeloupe

Né à Grand Bourg (Marie-Galante) en 1944, dans le quartier de Lalé Pôyé, Max Rippon a passé son enfance sur l’île qui inspira sa poésie à  venir. À douze ans, il doit poursuivre sa scolarité hors de l’île natale. Ce sera Pointe-à-Pitre où il entre au Lycée Carnot et se lie notamment avec Daniel Maximin et Ernest Pépin. Il vit depuis en Guadeloupe « continentale » mais se dépeint comme poète marie-galantais. Son œuvre, écrite en français et en créole, comprend des romans, un récit autobiographique et de nombreux recueils de poésie parmi lesquels : Rékòt ; brisures de mots ; préface de Maryse Condé, écho plastique de Michel Rovelas (Pointe-à-Pitre : Jasor, 1996), Débris de silences ; préface de Dominique Deblaine (Pointe-à-Pitre : Jasor, 2004), Morrina ; quitter la rade (Pointe-à-Pitre : Jasor, 2011)
Max Jeanne / Guadeloupe

Né au Gosier en décembre 1945, Max Jeanne, après des études littéraires au Centre d’Enseignement Supérieur Littéraire (CESL) de Bainbridge en Guadeloupe  et des études théâtrales à Bordeaux, a été professeur de lettres à Pointe-à-Pitre. Passionné par les livres et la poésie dès son jeune âge, neveu d’un gardien de phare qui était aussi conteur et qui l’éveilla au monde de la mer, il est l’auteur d’une œuvre qui questionne de manière récurrente l’histoire guadeloupéenne et antillaise. Il a publié des romans dont Brisants (Mémoire d’encrier, 2007), des nouvelles et plusieurs recueils de poèmes. Son recueil Western a été adapté pour la scène en 1998. « Diseur », homme de théâtre, il contribue activement à la diffusion de la poésie auprès du public scolaire et du grand public.
Daniel Maximin / Guadeloupe

Né à Saint-Claude (Guadeloupe) en 1947, Daniel Maximin s’installe en France métropolitaine avec sa famille en 1960. Après des études de lettres et de sciences humaines  à l’Université de la Sorbonne à Paris, il devient chargé de cours à l’Institut d’Etudes Sociales et professeur de lettres à Orly. De 1980 à 1989, il est directeur littéraire aux Éditions Présence Africaine et producteur de l’émission «Antipodes» sur France-Culture.  En 1989, il est nommé Directeur régional des affaires culturelles en Guadeloupe.  De retour à Paris en 1997, il est chargé d’organiser la célébration nationale du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Il est depuis 2010 commissaire de « 2011, année des outre-mer français « . Poète, romancier et essayiste, Daniel Maximin est notamment l’auteur d’une trilogie romanesque : L’Isolé soleil (Paris, Seuil, 1981), Soufrières (Paris, Seuil, 1987), L’Ile et une nuit (Paris, Seuil, 1995) ; de Tu, c’est l’enfance (Paris, Gallimard, « Haute Enfance », 2004) ; du recueil de poésie L’Invention des Désirades (Paris, Présence  Africaine, 2000). Son essai Les Fruits du cyclone, une géopoétique de la Caraïbe a paru au Editions du Seuil en 2006.
Christian Tortel

Journaliste grand reporteur à France Télévisions, chroniqueur littéraire, ancien élève de l’école supérieure de journalisme de Lille (ESJ). Il possède plus de quinze années d’expérience de télévision. Auteur de près de six cents reportages et portraits littéraires. Spécialiste des questions culturelles et de l’expression écrite, il anime un blog littéraire et enseigne la communication dans plusieurs écoles.
Sophie Bourel

Comédienne pour le théâtre, le cinéma, la télévision, Sophie Bourel est aussi une passionnée de la poésie qu’elle met en voix à l’occasion  de nombreuses lectures publiques. Elle a très récemment donné Les Indes d’Édouard Glissant au Mémorial ACTe à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) dans le cadre de l’exposition La Caraïbe, solitudes et relation, Gabriel Garcia Márquez – Édouard Glissant.

Le 20 janvier 2018 à 17:00

Tarif unique : 6 €

Réservations : 01 44 85 40 40 ou www.theatre-odeon.eu

UN SPECTACLE TOTAL ET UNIVERSEL

« Notre Dame d’Haïti », au théâtre de Belleville : révolutions sur scène

Le spectacle « Notre Dame d’Haïti » de la compagnie réunionnaise Lolita Monga, au Théâtre de Belleville , raconte trois expériences vécues en trois lieux qui ont connu leur lot de petites et grandes révolutions : Haïti, Notre Dame des Landes et La Réunion.

© Sebastien Marchal
© SEBASTIEN MARCHAL
  • Patrice Elie Dit Cosaque
  • Publié le , mis à jour le 

Sur scène, le décor évoque ces ZAD, ces zones à défendre, comme celle que l’on a largement aperçu dans les medias du côté de Notre Dame des Landes, quand plusieurs opposants tentaient d’y empêcher l’implantation d’un nouvel aéroport, et n’est évidemment pas un hasard… Ce pourrait aussi être un campement de guérilleros comme ceux que l’on imagine en Amérique du Sud ou ailleurs… Ou le bout d’un quartier pauvre d’Haïti, pas un hasard non plus.. Sur scène encore, quatre personnages en quête de hauteur, en quête d’un idéal plus haut encore que leurs aspirations personnelles. Quatre personnages prêts à en découdre avec le système, avec la société et à faire voler en éclat les carcans qui nous emprisonnent. Bref, prêts à faire la révolution.

Regardez la Bande-Annonce :

La révolution pour quoi faire ?

Qu’est-ce qui poussent certains d’entre nous à se révolter ? A mener, par exemple dans la rue, ces combats politiques, idéologiques qui mènent parfois à l’affrontement ? Qu’est-ce qui entraîne les uns à agir et les autres à subir ? Jusqu’où l’idéal d’un monde meilleur, jusqu’où l’utopie peuvent –ils nous faire rêver ? Le rêve pour le rêve ? Le rêve jusqu’à sa concrétisation et à quel prix ?

© Sébastien Marchal
© Sébastien Marchal

Ce sont là quelques-unes des questions que Lolita Monga, auteur et metteur en scène nous pousse à nous poser dans ce spectacle. Non contente de convoquer le vent de la révolte haïtienne ou de convier l’actualité brûlante liée à Notre Dame des Landes,elle y intègre en plus l’Histoire de la Réunion, le marronnage. Trois dimensions qui s’allient parfaitement, se répondent tantôt par les chants de maloya magnifiquement interprétés par Judith Profil – connue aussi sous le pseudonyme de Kaloune, tantôt par les chansons et la poésie créole venues d’Haïti dans la voix de Sachernka Anacassis. Campant les figures masculines des révolutionnaires-type, Laurent Robert et Olivier Corista complètent ce quatuor d’acteurs tous excellents. Généreux, investis, incarnant avec une belle énergie ces aspirants à la liberté, ces révoltés parfois en quête de convictions, ces révolutionnaires agissant au nom des peuples et des sociétés et parfois aussi en leur propre nom.

Un spectacle total et universel

© DR

Chants, masques, poésie, textes, percussions, musique, vidéos… Notre Dame d’Haïti brasse toutes les ficelles qu’offre le théâtre. C’est une synthèse, un collage, un spectacle total et universel… Seule vraie critique à lui opposer : l’absence d’histoire formelle. Le spectacle est parfois si puissant avec ses évocations tantôt drôles, tantôt émouvantes des petites et grandes révolutions et l’interprétation, l’incarnation des figures si bien réussies qu’il est un peu dommage de ne pas davantage avoir inscrit ces personnages dans un récit, dans une histoire, dans une narration. Sans doute un excès de gourmandise de la part du spectateur et une envie inassouvie de voir comment les uns et les autres trouveraient, chacun à sa façon, la résolution de ses doutes, de ses questionnements, de ses engagements.

Il n’en demeure pas moins que ce spectacle « Notre Dame d’Haïti » nous montre, aussi bien par les choix des textes qui le composent que par sa mise en scène ou le jeu des comédiens, la force de la croyance de l’être humain en ses utopies. Illustration qui fait du bien, par les temps qui courent…

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