SEMAINE du FILM de la Région CARAIBE et des OUTRE MERS

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L’EDUCATION A LA MEMOIRE EST ELLE DE GAUCHE OU DE DROITE ?

LE CONSEIL REGIONAL D’ILE DE FRANCE Présidé par Valérie PECRESSE (Les Républicains) refuse de soutenir l’éducation à la mémoire de l’esclavage

PAR Bénédicte MONVILLE DE CECCO Conseillère Régionale(Ecologie) d’Ile de France
10 Mai 2018

La loi du 21 mai 2001 rappelle que la « richesse des nations » occidentales s’est construite sur le crime originel de la traite atlantique et de l’esclavage, moment fondateur dans l’histoire du capitalisme et première phase de son expansion. Dès lors, on comprend qu’elle résonne de manière désagréable aux oreilles des tenants de l’ordre dominant.

Élue en décembre 2015 au conseil régional Île de France, je me suis assez vite étonnée qu’aucune action en faveur de l’éducation à la mémoire de l’esclavage ne soit soutenue par cette institution en particulier dans les lycées franciliens dont elle a la charge. Je demandais des explications en commission éducation et on me répondit que l’association avec laquelle la région avait établi un partenariat régulièrement renouvelé jusqu’à l’arrivée de Mme Pécresse à la tête de l’exécutif régional n’avait pas donné entière satisfaction. On me dit aussi que cette même association n’avait transmis aucun élément de bilan pour l’année scolaire 2015-2016. Je contactais l’association en question qui me confiait de son côté avoir été dissuadée par les services régionaux de déposer une nouvelle demande de subvention qui n’avait aucune chance d’aboutir. Par conséquent, je m’enquérais des éléments de bilan qui avaient pu motiver la décision de l’exécutif et n’y trouvais rien qui puisse la justifier. Mais, considérant que cette appréciation pouvait être subjective, je demandais si l’exécutif envisageait de soutenir une autre association ou du moins ce qu’il envisageait mettre en place pour encourager l’éducation à la mémoire de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions dans les lycées franciliens.

Je n’obtenais aucune réponse. L’embarras où je plongeais mes interlocuteurs chaque fois que je reposais la question suffit à me faire comprendre ce qu’il en était exactement. Mon groupe déposait toutefois un amendement à la commission permanente du 21 septembre 2016 pour rétablir la subvention octroyée auparavant à l’association précitée, sans succès. Le nouvel exécutif francilien n’avait aucune intention de favoriser la diffusion de la mémoire de l’esclavage dans les lycées franciliens. Pire, à cette même commission permanente l’exécutif régional votait une subvention de 50 000 € pour le financement d’une étude sur la faisabilité d’un parc Napoléon en Seine-et-Marne. Celui-là même qui rétablit l’esclavage aux Antilles et trahit Toussaint Louverture, leader de la Révolution Haïtienne.

Puis, vint le moment où nous eûmes à examiner la proposition d’un concours de « chanté Nwel » en Île de France. Pour la première fois, il était fait mention dans un rapport présenté par l’exécutif de Valérie Pécresse de l’esclavage perpétré par des privés et par l’Etat français dans les Amériques pendant quatre siècles : « Il s’agit d’organiser un concours annuel dans la tradition Antillaise issue des périodes de l’esclavage colonial ». Le rapport précisait qu’avec ce concours, l’exécutif visait « à découvrir la culture antillaise, à favoriser une citoyenneté commune, et à valoriser les initiatives autour du partage de cultures ». Si les « chanté Nwel » sont indéniablement populaires en Martinique et en Guadeloupe, cela n’en fait pas moins d’eux une des manifestations contemporaines du religieux – rappelons qu’il s’agit de chanter les évangiles – et d’un rapport au sacré et à la foi qui n’a rien à faire avec les institutions d’un Etat séparé des Églises depuis 1905.

Autrement dit, si Mme Valérie Pécresse refusait de « défendre la mémoire des esclaves et l’honneur de leurs descendants » (loi du 21 mai 2001) dans le cadre des prérogatives régionales et de sa politique d’éducation, elle faisait aussi la promotion d’un rituel religieux au nom de notre « citoyenneté commune », semblant ignorer au passage que tou.te.s les citoyen.ne.s ne chantent ni ne célèbrent Noël, ou de la reconnaissance de la culture antillaise, ainsi qu’on nous l’exposait en séance, enfermant du même coup tou.te.s les antillais.e.s dans une pratique cultuelle.

Je m’en agaçais et déclarais en substance que non seulement l’exécutif francilien avait abandonné la politique régionale en faveur de la diffusion de la mémoire de l’esclavage mais que ce qu’il présentait comme une volonté de reconnaissance des Antilles s’apparentait au pire paternalisme et visait en réalité à ignorer ce dont les Antilles avaient le plus besoin ; une « politique de développement de l’économie locale qui mettrait un terme à la dépendance économique des Antilles vis-à-vis de la métropole et commencerait enfin une redistribution des richesses, lesquelles sont toujours entre les mêmes mains depuis le XVIIe siècle ».

Le président de mon groupe recevait dans les jours qui suivirent une lettre signée par le président du conseil représentatif des français d’outre-mer (CREFOM) qui me reprochait de m’en prendre « aux descendants des propriétaires terriens du 17ème siècle et [de] les [stigmatiser] collectivement, précisant « ceci est une démarche contre laquelle le CREFOM se dressera toujours car nous voulons une société réconciliée et apaisée ». Je passe sur le reste de la lettre à laquelle j’ai immédiatement répondu. Si je cite cet extrait, exemple édifiant de négation des rapports de classes et de « races » hérités de l’esclavage et de la colonisation, c’est parce qu’il est tout à fait révélateur de ce qui se joue dans le refus de Valérie Pécresse de poursuivre une politique régionale de diffusion et d’éducation autour de la mémoire de l’esclavage et, au contraire, dans sa volonté de favoriser la réalisation d’un parc Napoléon au caractère hagiographique ou de promouvoir le rituel religieux des « chanté Nwel ».

La mémoire en effet est toujours le terrain d’un affrontement entre différentes visions du monde et le plus souvent elle est écrite par les vainqueurs : ici les maîtres contre les esclaves, puis à mesure que s’imposait le racisme et la figure de l’esclave africain comme de celle de l’esclave de toute éternité, des blancs contre les noirs. La loi du 21 mai 2001, « tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité » fut portée et soutenue par nous, descendant.e.s d’esclaves. Elle rappelle que la « richesse des nations » occidentales s’est construite sur le crime originel de la traite atlantique et de l’esclavage, moment fondateur dans l’histoire du capitalisme et première phase de son expansion. En ce sens, elle rompt le consensus mémoriel dominant qui présente l’avènement du capitalisme comme une condition du progrès humain. C’est ainsi qu’elle initie pour nous les conditions d’une participation individuelle et collective à un monde commun, puisque nous y sommes finalement reconnu.e.s pour ce que nous sommes.

Dès lors, on comprend qu’elle résonne de manière désagréable aux oreilles des tenants d’un ordre qui n’en a pas fini de régner grâce à l’exploitation brutale du travail humain et de la nature. À charge pour les institutions spécialisées de produire les savoirs explicitement inféodés à leurs intérêts et d’éliminer, ici par absence de financement ou révisionnisme, les savoirs émancipateurs produits par le corps social en fonction de lui-même et de ce dont il a besoin pour s’émanciper.

À charge aussi pour les représentant.e.s des classes dominantes dans nos assemblées d’accentuer les divisions héritées de l’ordre colonial raciste en encourageant quelques manifestations cultuelles folkloriques qui viendront utilement achever le portrait d’un groupe et de sa nature singulière. En régime capitaliste et plus généralement inégalitaire, la division des classes dominées en groupes religieux, culturels, « ethniques », etc. est un puissant levier de reproduction pour le pouvoir. D’où aussi, la duplicité qui consiste aujourd’hui à satisfaire une demande légitime de reconnaissance en encourageant la pratique d’un rituel chrétien quand par ailleurs on stigmatise l’islam et les musulmans et les exemples ne manquent pas malheureusement au conseil régional d’Île de France : « À l’intérieur d’une même nation la religion morcelle le peuple et dresse les unes contre les autres les communautés spirituelles entretenues et renforcées par le colonialisme et ses instruments » [Franz Fanon 2002 (1961), p. 156].

Si la religion fut un instrument de la division et de l’assujettissement des peuples colonisés, l’exemple du conseil régional d’Île de France montre qu’en régime néocolonial elle n’a rien perdu de son utilité. Tout comme l’opiniâtreté de l’exécutif régional à refuser la mémoire de l’esclavage et à lui substituer son propre récit vise à empêcher la compréhension des processus révolutionnaires qui ont abouti à leurs abolitions ainsi que la reconnaissance de celles et ceux qui les ont produits, esclaves pour la plupart, et, en nous assignant au récit des dominants, à hypothéquer le présent et l’avenir de nos luttes en cours.

Epilogue : mon groupe au conseil régional a demandé à pouvoir bénéficier d’une salle pour organiser une journée de débats dans le cadre de la décennie internationale des personnes d’ascendance africaine mise en place par l’ONU et des commémorations nationales en France de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions. Le cabinet de la présidence nous a pour l’instant opposé un refus.

L’OEIL DU LEZARD

Pour contribuer davantage à la diffusion internationale de l’art de la Caraïbe, l’Aica Caraïbe du Sud choisit de créer une série de mini – vidéos trilingues destinées au web.
Cette série a vocation, en fonction des partenariats établis, à présenter des plasticiens contemporains de toute la Caraïbe.
Initiée par Dominique Brebion depuis la Martinique, elle compte aujourd’hui plus d’ une dizaine de films sur des artistes de Martinique, de Guadeloupe, de Barbade et bientôt de Guyane .
Ce dernier numéro  présente la démarche artistique de Raymond Médélice.
Gilles Elie dit Cosaque a conçu le générique
Vianney Sotes a réalisé les prises de vue et le montage
Texte de Dominique Brebion   avec la  voix d’Alexandra Harnais

Après avoir lancé la vidéo, cliquez en bas à droite pour voir en plein écran

ET VIVE LES FESTIVALS DE L’ETE !

QUAND LE JARDIN FAIT LE BONHEUR des écoliers…

Le jardin fait le bonheur des écoliers

A. Co.Mardi 24 avril 2018
Le jardin fait le bonheur des écoliers
Jean-Baptiste Kazo, professeur de musique et membre de l’association Lasotè.

25 élèves de CE1 de l’école primaire de Bois-Joli ont participé la semaine dernière à un lasotè animé par l’association éponyme, au quartier Bois-Lézard. L’idée était d’initier les écoliers au travail de la terre et de leur permettre de renouer avec une tradition qui aurait pu disparaître à jamais.

Le lasotè, système d’entraide né lors de l’abolition de l’esclavage, a permis aux nouveaux libres de travailler la terre que l’on avait mise à leur disposition. Le lasotè se pratique au son des tambours et de la conque de lambi, qui donnent la cadence et encouragent les laboureurs. Renouer avec cette tradition et tant d’autres, c’est l’objectif principal de l’association Lasotè dont fait partie Jean-Baptiste Kazo, professeur de musique.
Jeudi dernier, les élèves de l’école de Bois-Joli se sont rendus sur le terrain de Renaud Bonard, agriculteur, où ils ont pris part à un lasoté.
TRANSMETTRE AUX PLUS JEUNES
« Notre but est d’initier les jeunes à la musique traditionnelle, au tambour, ti-bwa et conque de lambi » , indique Kazo. « Il s’agit de mettre en avant un pan de notre culture qui avait été abandonné durant plusieurs années. J’ai eu la chance d’apprendre cette musique auprès des anciens. Aujourd’hui je la transmets aux plus jeunes. » Et de poursuivre : « Ce n’est pas une musique pour danser comme le bèlè. Dans le lasotè, il y a le « gran son » pour labourer et le « mazonn » pour sillonner. Je pense que la partie instruction doit être liée à la partie culturelle. Voir les petits de 8 ans évoluer avec bonheur et intérêt dans le champ, montre que notre travail porte ses fruits! »
AMÉLIORER LES PRATIQUES AGRICOLES
L’association Lasotè compte environ 20 membres actifs et beaucoup de sympathisants. C’est la notion de solidarité et de partage qui fait la force de cette structure. « La mécanisation a remplacé le travail manuel. Peu à peu, les traditions se perdent » , souligne Renaud Bonard, agriculteur au Gros-Morne. « Mais les pratiques anciennes peuvent contribuer au développement de demain, car pour développer les cultures bio, sans apport de pesticide, il faut revenir peu à peu à nos traditions. » Des pratiques soucieuses de l’environnement que le directeur de l’école de Bois-Joli et son équipe pédagogique souhaitent transmettre aux jeunes générations.
ILS ONT DIT
Hugues Risal, directeur de l’école de Bois-Joli : Se rapprocher de la terre
« Nous avons créé à l’école un jardin traditionnel. Les enfants ont tout de suite adhéré à ce projet. Ce lasotè est pour eux une grande expérience. J’espère que cela développera chez eux l’envie de se rapprocher de la terre et de la respecter en la travaillant. Ils ont pu toucher et manipuler les outils et prendre conscience de la pénibilité du travail. Je ferai en sorte que cette action soit renouvelée au sein de toute l’école. »
Lénaëlle Mac, élève de 8 ans : Une sortie très interessante
« J’ai trouvé cette sortie avec l’association Lasotè très intéressante. J’étais contente de travailler avec les outils de la terre, au rythme de la musique et j’ai trouvé ce travail d’entraide très bien. »
Wesley Pelage, élève de 6 ans : Ça m’a plu!
« Après le travail dans le champ, j’ai fait de la musique avec le tambour. Ça m’a plu! J’ai essayé de souffler dans la conque de lambi, mais c’est trop dur. J’ai eu aussi du mal à soulever la houe, ça fait mal au bras. »
Renaud Bonard, agriculteur : Enseigner nos traditions
« Je suis agriculteur et membre de l’association Lasotè. Nous rencontrons des groupes de personnes pour les initier à nos traditions. Aujourd’hui, je suis très satisfait du comportement des élèves, car on n’a pas eu besoin de les pousser, ils étaient tous enthousiastes et l’action, la dépense physique sont nécessaires au développement de l’enfant. Je pense qu’en termes de pédagogie, il faudrait que l’on tienne compte de cela pour enseigner nos traditions aux jeunes enfants. »
Annick Jubenot, directrice de l’association Lasotè : Réhabiliter nos musiques
« Nous sommes souvent sollicités pour réaliser des jardins au sein des écoles, sous couvert du Parc naturel de Martinique et avec l’agrément académique. Nous proposons également aux élèves des démonstrations de lasotè. Aujourd’hui, notre objectif est atteint, car nous avons réussi à capter l’attention des enfants. Je pense que d’autres musiques telles que la fouyétè doivent être mises en valeur pour réhabiliter l’ensemble des musiques traditionnelles. »

UNIVERSITE D’ETE 2018

DE QUOI L’ESCLAVAGE EST-IL LE NOM? (XV-XXIe siècle)
Coordination : António DE ALMEIDA MENDES (Université de Nantes/Institut d’études avancées de Nantes), Krystel GUALDÉ (Château des Ducs de Bretagne)
Organisation : École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), Château des Ducs de Bretagne, Institut d’études avancées de Nantes (ANR, programme « Investissements d’avenir » réf. ANR-11-LABX-0027-01), Programme STARACO (Statuts, Races et Couleurs dans l’Atlantique, Université de Nantes, Région des Pays-de-la-Loire), EA1163 (CRHIA, Université de Nantes).
Collaboration: Académie de France à Madrid (Casa de Velázquez), Centre international de recherches sur les esclavages et les post-esclavages (USR CIRESC), Projet européen SLAFNET « Slavery in Africa : A Dialogue between Europe and Africa ».
Lieu : Château des Ducs de Bretagne, Nantes (France) Dates : 25-28 juin 2018
Date limite d’inscription : 12 avril 2018 (13h, heure de Madrid)
Présentation
Le mot « esclavage » montre aujourd’hui ses limites pour définir une réalité que l’on tend à qualifier d’universelle. Les recherches conduites depuis les années 1970 sur la traite, sur l’esclavage et sur les sociétés coloniales de l’espace atlantique ont construit la figure de l’esclave marchandise, d’un esclave réduit au statut de victime passive d’un système esclavagiste capitaliste. La violence des traites transatlantique, orientale et transsaharienne est un acte fondateur de l’esclavage dit moderne. La marchandisation du corps des femmes et des hommes africains a ainsi constitué un moment particulier dans la construction de la figure du nègre, comme figure de l’homme aliéné et déshumanisé. Elle ne suffit pas à expliquer ce que fut un esclave.

 

Les expériences multiples des esclaves, les relations économiques et sociales complexes qui ont pu se nouer entre un maître et un esclave, la capacité de l’esclave à convoquer le droit pour assurer sa défense dans les régimes esclavagistes ou dans les sociétés à esclaves, à s’affranchir, à s’assurer une autonomie culturelle et économique montrent que l’esclavage ne peut être réduit à un modèle théorique.

L’esclavage peut être expliqué par les modes de fonctionnement et de penser des sociétés passées ; mais des formes d’esclavage ont pu aussi être recréées dans le cadre de nouveaux systèmes économiques et sociaux, tandis que d’autres ont pu être oubliées ou ignorées. En Afrique, aux Amériques, en Europe comme au Maghreb ou au Proche-Orient, nombre d’esclaves ont été intégrés dans les sociétés tout en demeurant porteurs d’une condition d’incertitude : on pouvait à tout moment les ramener à leurs statuts, à leurs conditions, à leurs origines, à leur race.

Cette condition d’incertitude était inscrite dans le fonctionnement des sociétés et des rapports humains, dans les représentations que l’on pouvait localement se faire de l’esclavage et de la liberté. Esclavage et liberté : ces deux notions n’ont eu cesse de dialoguer à travers le temps, de se construire l’une avec l’autre, l’une contre l’autre.

Après les abolitions, les dynamiques sociales qui se mettent en place sont, de fait, d’une extrême complexité et les gouvernements successifs post- coloniaux ont eu une attitude ambivalente à l’égard de la question de l’esclavage et de la traite. De nos jours, les stigmates attachés aux statuts des anciens esclaves restent tenaces et ont permis le maintien d’inégalités statutaires, alors même que les législations nationales les ont formellement abolies.
Cette université d’été souhaite interroger l’usage qui a été fait à travers le temps, en fonction des lieux et des contextes du mot « esclavage ». A bien des égards, le terme esclavage apparaît aujourd’hui comme le moins approprié pour qualifier des situations, des pratiques et des représentations qui traversent les siècles, s’inscrivent dans la densité des terrains, des espaces et des tissus sociaux.

Dans quelle mesure une lecture de l’esclavage à l’échelle globale, mais caractérisée par le refus du récit de la modernité occidentale, et une relecture des sources coloniales et orales peuvent-elles offrir de nouvelles possibilités pour écrire une autre histoire, qui  serait soucieuse de la singularité des expériences et des contextes ? Sous quelles conditions et selon quelles modalités la relocalisation de l’esclavage et de ces questionnements ouvre-t-elle de nouvelles perspectives heuristiques ?
Cette manifestation est l’occasion pour des spécialistes des mondes africains, américains et européens, en résidence à l’Institut d’études avancées de Nantes et/ou membres du projet européen SLAFNET, voire spécialement conviés à Nantes à cette occasion, de réféchir à la construction des catégories, des identités et au passé colonial de la ville de Nantes.
Elle vient conclure le programme de recherche pluriannuel PRALT (PRAtiques de l’ALTérité) et s’inscrit également dans le cadre de la « saison décoloniale », intitulée « Expression(s) décoloniale(s) », qui se déroulera au Musée d’histoire de Nantes du 28 avril au 5 novembre 2018.
Elle se tiendra du lundi 25 juin au jeudi 28 juin 2018, autour de conférences grand public et de 4 ateliers thématiques, qui réuniront 20 jeunes chercheurs internationaux.
Intervenants
Yaovi AKAKPO
Université de Lomé (Togo) / Institut d’études avancées de Nantes
Parfait AKANA,
Université de Yaoundé II (Cameroun) / Institut d’études avancées de Nantes
Marie-Pierre BALLARIN
Institut de recherche pour le développement (Nice) / Projet européen SLAFNET
Catherine COQUERY-VIDROVITCH Université Paris Diderot
Myriam COTTIAS CNRS, CIRESC
António DE ALMEIDA MENDES
Université de Nantes / Institut d’études avancées de Nantes) / Projet européen SLAFNET
Céline LABRUNE-BADIANE
Université Paris Diderot / Institut d’études avancées de Nantes
Abderrhamane N’GAIDÉ
Université Cheick Anta Diop (Sénégal) / Institut d’études avancées de Nantes) / Projet européen SLAFNET
Samuel NYANCHOGA
Université Catholique d’Afrique de l’Est (Kenya) / Institut d’études avancées de Nantes) / Projet européen SLAFNET
Felwine SARR
Université Gaston Berger (Sénégal) / Institut d’études avancées de Nantes
Vijaya TEELOCK
Université de l’île Maurice) / Projet européen SLAFNET
Ibrahima THIOUB
Université Cheick Anta Diop (Sénégal) / Institut d’études avancées de Nantes) / Projet européen SLAFNET
Salah TRABELSI
Université Lumière Lyon 2

Conditions pratiques : Réunissant des spécialistes des mondes européen, américain et africain, cette université d’été s’adresse à des étudiants de master, de doctorat ou de post-doctorat. Elle est ouverte à toutes les disciplines des Sciences humaines et sociales qui adoptent une perspective historique dans une démarche empirique. Les langues de travail seront le français, l’espagnol et l’anglais. Les candidatures de jeunes chercheurs réalisant leur (post)doctorat en dehors de la France sont fortement encouragées.
La sélection des 20 participants se fera en fonction du dossier académique du candidat, de son profl de formation et de sa connaissance des langues. Une priorité sera accordée aux candidats dont les travaux de recherche s’inscrivent dans les champs thématiques de cette université d’été. Pour cela, ils devront présenter une lettre de motivation, en expliquant les raison de leur candidature (500 mots maximum).
A compter du 20 avril 2018, les candidats seront informés par courrier électronique du résultat de la sélection. Les candidats sélectionnés seront ensuite informés de la procédure à suivre. A l’issue de l’université d’été, les candidats recevront un certifcat de présence.
Les candidats devront s’inscrire au moyen du formulaire électronique en ligne, jusqu’au 12 avril 2018 (13h, heure de Madrid).
Les frais d’inscription s’élèvent à 50 euros. Ils comprennent :
– le logement (en chambre double partagée), 4 nuits, du 25 au 29 juin, pour les candidats qui en font la demande et qui ne résident pas à Nantes
– les déjeuners (26, 27, 28 juin)
– un cocktail d’accueil (25 juin), un dîner (27 juin)

Les déplacements et le reste des dîners seront à la charge des participants.
Une aide à la mobilité d’un montant maximal de 300 euros pourra être accordée aux candidats qui en feront la demande, inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur d’Afrique ou d’Amérique latine.

FESTIVAL « AFRIQUE EN MARCHE »

Festival-L-Afrique-en-marche-Vincennes

du 7 au 14 avril 2018

Festival L’Afrique en marche à Vincennes, une Afrique positive et dynamique

Dans la ville de Vincennes (94)


Depuis 10 ans, avec  » Afrique en marche « , l’Afrique a rendez-vous avec Vincennes. 

L’Afrique, tout le monde en a une idée, mais la connaît-on vraiment ? Et surtout, de quelle Afrique parle-t-on ? Celle des guerres, des famines, de la pauvreté, des migrants, est déjà ultra présente dans les médias.

Mais pourquoi ne pas parler aussi de l’autre Afrique ? Celle de la croissance qui décolle, des classes moyennes qui s’installent, de la musique qui se répand partout, de la littérature qui foisonne ? Il existe à l’évidence une Afrique de la création, de la richesse économique et culturelle, de l’élan vers l’avenir. En un mot, une Afrique en marche.

C’est donc l’ambition de notre festival, depuis dix ans, de mettre en contact le public avec cette autre réalité de l’Afrique, par quelques témoignages sensibles, choisis pour marquer les esprits et rester dans les mémoires.

Cette année en avril, il y aura beaucoup de temps forts : un concert de Bonga, un plateau d’écrivains magnifiques, une rencontre de poésie, une soirée avec des entrepreneurs, des films marquants, des défilés de mode, des expositions, un grand marché d’artisanat, et des spectacles spécialement conçus pour les scolaires.

En quelques jours, ce ne seront quelques instants, volés à l’ignorance ou à l’indifférence. Mais s’ils donnent le goût et le désir de mieux connaître l’Afrique, où continue de se jouer une partie de notre destin de Français et d’Européens, ce festival aura rempli son office.

Au programme : 

MUSIQUE

Bonga en concert – 11 avril à 20h30
Retrouvez le célèbre chanteur Bonga, figure de proue de la musique angolaise, en concert le mercredi 11 avril à 20h30 à l’Espace George Pompidou.

RENCONTRES LITTERAIRES

Conférence littéraire – 13 avril à 20h30
Venez partager un grand moment de littérature avec 4 grands auteurs : Abdelaziz Baraka Sakin, Véronique Tadjo, Thierry Cruvelier et Kossi Efoui le vendredi 13 avril à 20h30 à l’auditorium de Coeur de Ville.

​Cette soirée est organisée en partenariat avec la librairie Millepages à Vincennes.

La poésie africaine à l’honneur – 7 avril à 11h
Pour une véritable rencontre autour de la poésie africaine, rendez-vous le samedi 7 avril à 11h00 à la Salle des Académiciens de Cœur de Ville. Ce sera l’occasion d’apprécier l’incroyable richesse de la poésie de ce continent avec Georges-Marie Lory, qui lira un florilège de poèmes extraits de l’anthologie 120 nuances d’Afrique, et avec le poète sud-africain Denis Hirson qui présentera en personne plusieurs de ses oeuvres.

Conte africain – 7 avril à 16h30
La section Jeunesse vous invite pour une heure de lecture du conte africain avec Gabriel Kinsa (conteur aux multiples facettes) : Contes Kongo. De 16h30 à 17h30 à la salle Robert Louis.

CONFERENCES-DEBAT

Soirée « Entreprendre en Afrique » – 12 avril à 19h30
La soirée « Entreprendre en Afrique » vise à faire découvrir le dynamisme de l’écosystème des startups du continent africain. Nous parlerons des tendances actuelles, des problématiques rencontrées par les entrepreneurs, des structures de financement et d’accompagnement des entrepreneurs, et présenterons des cas concrets de startups africaines. Rendez-vous le 12 avril à 19h30 à l’Hôtel de ville de Vincennes.

Conférence Au cœur des savoirs : « La croissance africaine est-elle véritablement en marche ? » – Jeudi 12 avril à 14h30
La croissance des économies africaines a connu une reprise dans le courant des années 2000, et la perspective de l’émergence du continent est souvent considérée dans les médias comme annonciatrice d’une nouvelle ère économique internationale. Pourtant, même dans des pays souffrant actuellement de difficultés économiques ou sécuritaires majeures, les régimes politiques se présentent comme les artisans de l’émergence de leur économie.

Que penser de ces récits sur la croissance du continent, qui renvoient à la fois à une transformation économique et sociale effectivement en cours, et à des discours de légitimation creux et irréalistes véhiculés par des pouvoirs en recherche de stratégies de maintien au pouvoir ? Rendez-vous le jeudi 12 avril à Coeur de Ville dans la Salle Robert-Louis à 14h30.

ARTISANAT

Le marché Africain – 7 avril toute la journée
Le parvis de l’Hôtel de ville de Vincennes sera animé par un marché africain le samedi 7 avril de 9h à 19h. Des créateurs, des artisans et des traiteurs proposeront leurs produits toute la journée du samedi. Cet après-midi sera également rythmé par des concerts, des défilés de mode ainsi que des animations pour les enfants.

Venez donc danser sur le son du djembé, boire un verre de bissap, déguster un mafé, ou bien colorer votre maison et votre garde-robe !

SPECTACLE

Chrysogone – 14 avril à 17h
Danseur, chorégraphe et directeur artistique, Chrysogone Diangouaya est originaire du Congo-Brazzaville. Le spectacle “Tina, Tina” mélange tradition orale, danse et théâtre. Il s’inspire du folklore congolais, malgache mais aussi rwandais, camerounais et sud-africain. En outre le spectacle associe la vidéo et le dessin animé, qui permettent d’élargir le champ de l’expression artistique et d’enrichir la perception du public.

Au théâtre de l’Espace Sorano, le samedi 14 avril à 17h00.

CINEMA

Projection du film « Tant qu’on vit » – 10 avril à 20H30 au cinéma Le Vincennes

Tant-qu-on-vit-de-Dani-Kouyate

Amateurs de cinéma, venez assister à la projection du film « Tant qu’on vit » du réalisateur Dani Kouyaté suivi d’un débat animé par Michel Amarger, journaliste , critique de cinéma, spécialiste de cinéma africain.

EXPOSITIONS

IBABA, tel est le nom de l’exposition photo de Marie Moroni. Découvrez les portraits de femmes rwandaises que l’artiste a rencontrées dans leur atelier de broderie, dans un petit village au nord de Kigali. Une exposition sur tout le long du festival à Coeur de Ville.

Les portraits d’enfants sénégalais d’Yves Barou seront exposés sur la place Pierre Sémard, à proximité du RER de Vincennes du 29 mars au 1er mai.

Découvrez les aquarelles de Jean-Jacques Etheve et les bronzes du Burkina dans le Hall d’exposition de l’Espace Sorano du 27 mars au 20 avril.

Plus d’infos : www.afriqueenmarche.fr

FEMMES EN MIGRITUDE

« FEMMES EN MIGRITUDE »

Pour rappel, la collection « Intersections » (une co-édition de CEC et de l’asbl Indications) a pour but de faire connaître des personnalités littéraires aux intersections de l’espace francophone et de susciter la curiosité des jeunes, d’écrivains et de lecteurs en général, à la découverte de territoires littéraires moins connus.

« Le terme migritude évoque chez nous un état d’être au monde. Il peut prendre des formes multiples. La migritude n’exclut personne, elle peut intégrer ceux qui migrent, ceux qui restent, ceux qui accompagnent, ceux qui accueillent, ceux qui s’installent dans l’Ailleurs…. Dans ce cadre, être en migritude, c’est être partie prenante, de façon directe ou indirecte, des migrations. Ce terme nous semblait particulièrement en phase pour parler des femmes et des migrations. »

Avec des contributions de Geneviève Damas, Sylvie Kandé, Gioia Kayaga, Lisette Lombé, Juliette Mouquet, Marc Alexandre Oho Bambe, Néhémy Pierre-Dahomey et de jeunes critiques littéraires en Haïti et en Belgique et des extraits d’oeuvres d’écrivaines – Fatou Diome, Chimamanda Ngozie Adichie, Nathacha Appanah, Joy – ayant des romans en lien avec la thématique.

Le terme migritude a été forgé il y a quelques années
dans le domaine des littératures africaines pour
désigner un mouvement qui proposait une forme
de fusion entre négritude et migrations, réunissant
ces auteurs qui vivent loin de leur pays natal et qui,
à travers leur plume, rendent l’Afrique plus visible
auprès d’un lectorat occidental.
Ce néologisme évoque chez nous plutôt un
état d’être au monde. Il peut prendre des formes
multiples. La migritude n’exclut personne, elle peut
intégrer ceux qui migrent, ceux qui restent, ceux
qui accompagnent, ceux qui accueillent, ceux qui
s’installent dans l’Ailleurs…. Dans ce cadre, être en
migritude, c’est être partie prenante, de façon directe
ou indirecte, des migrations. Ce terme nous semblait
particulièrement en phase pour parler des femmes
et des migrations.
Les femmes en migritude sont tant celles qui
attendent le mari ou le fils qui a pris la pirogue que
celles qui entreprennent seules avec leur enfant sur
le dos une traversée qu’elles savent potentiellement
meurtrière, ou encore ces femmes qui ont migré et qui
aujourd’hui cherchent à vivre leur exil dans la dignité
sans renier d’où elles viennent et dans l’espoir que
leur présence soit valorisée dans la société d’accueil.
Évidemment, les créateurs/trices – artistes,
auteur.e.s, poètes.ses, slammeurs.ses – sont autant
de voix parties prenantes de la migritude. Ils la
vivent de l’intérieur en quête des mots et des images
justes, pour bousculer, pour exprimer l’indicible,
mais aussi pour dire l’état d’un monde de demain
en migritude avec ses espoirs et ses utopies. Nous
sommes convaincus que leurs œuvres contribuent à
donner un sens à la migritude, à fournir des pistes
pour qu’il y ait une prise de conscience d’une
implication nécessaire dans ce qui fait partie
intégrante de l’aventure humaine, dans une action
où la dignité de chaque être humain est respectée.
Ce numéro est une invitation à découvrir ces
passeurs de sens qui explorent les états de migritude
vécus ou écrits par des femmes particulièrement,
par l’humain de façon plus générale. Lisette Lombé,
artiste pluridisciplinaire, illustre le propos par ses
collages poétiques interrogeant les différents états
de migritude, nous faisant voyager entre l’Afrique et
l’Europe et entre le collectif et l’intime. Nous avons
aussi demandé des contributions à des auteur-e-s
dont les romans apportent un regard féminin
sur des situations de migrations ou alors dont les
personnages féminins sont au cœur de ces situations.
Tel Sylvie Kandé qui nous rappelle que « les
femmes sont de tous les voyages, de toutes les
migrations » et que « les femmes qui migrent le sont,
aujourd’hui comme hier, d’être grosses d’un monde
neuf en gestation ».
De même Gioia Kayaga met en évidence une
invariante dans le rôle des femmes en migritude :
elles portent la mémoire et sa transmission. « Elles
n’ont plus de pays à retrouver depuis que la terre
leur appartient. Inlassablement, elles racontent pour
mieux redessiner les contours du jour qui vient. »
Geneviève Damas met en exergue le courage

extrême de ces femmes qui « partent au risque de
leur propre existence. Sans même se retourner ».
Cinq poèmes « d’absence et de désirs » de
Néhémy Pierre Dahomey se lisent comme les
différentes étapes d’un deuil traversées par celles
qui restent. Ces poèmes portent toutefois l’espoir
collectif d’un monde meilleur, « vole mon bel oiseau
nous attendre au delà des possibles ».
Marc Alexandre Oho Bambe nous propose dans
sa prose poétique forte et engagée de « réapprendre
à vivre. …ne pas perdre le goût des autres, la faim
du monde, la curiosité de l’esprit et de tout ce qui
n’est pas nous. Se battre contre tout sentiment
d’indifférence à l’autre qui n’est qu’un autre soi. »
Car, oui, être en migritude concerne aussi le
regard porté sur le monde et donc, sur l’Autre, que
l’on soit acteur ou non de la migration, que l’on soit
ici ou ailleurs. Ce numéro d’Intersections, comme les
précédents, est une occasion de sonder le regard de
jeunes qui vivent dans des univers différents sur
comment ces œuvres les touchent et comment leur
lecture contribue, au-delà de la découverte littéraire,
à préciser ou à changer le regard sur l’Autre. Des
jeunes, en Haïti et en Belgique, ont lu les livres des
auteur-e-s ayant contribué à ce numéro et ont rédigé
une critique littéraire. Ces lectures illustrent de façon
cinglante la complexité de parcours individuels et
collectifs issus de migrations, quelles qu’en aient été
les causes. Les jeunes critiques relèvent l’inconciliable
identité bigarrée de l’île Mayotte qui doit composer
entre de nombreux clandestins et des Français,
merveilleusement mise en scène par Natacha
Appanah dans son roman Tropique de la violence.
Dans Patricia de Geneviève Damas, ils ont mis en
exergue l’humanité de ces destins individuels et leur
quotidien, la force du roman résidant certainement
dans le fait de donner corps à des chifres fournis par
les médias qui demeurent souvent sans visage. C’est
le questionnement de l’identité sous ses multiples
facettes qui a marqué les lecteurs d’Americanah
de Chimamanda Ngozie Adichie. Découvrir son
identité noire quand on quitte son pays, être identifié
à une identité qui n’est pas la sienne, les Noirs
américains en l’occurrence, être considérée comme
une étrangère dans son propre pays, tels sont
les états progressivement déconstruits par cette
écrivaine à l’esprit vif et caustique. C’est le prétexte
de Rapatriés de Néhémy Pierre Dahomey qui marque
profondément les jeunes, notamment l’histoire de
vie d’une femme haïtienne qui tente d’échapper à
sa vie précaire sans y arriver. Pour le lecteur haï-
tien, ce livre est aussi un condensé agité et poignant
de trente ans d’un peuple. Et aux jeunes lecteurs
de la Quête infinie de l’autre rive de Sylvie Kandé
d’apprécier cette voix poétique et universelle par
rapport au voyage, par rapport à cette quête d’un
ailleurs soit à la recherche d’un mieux être, soit dans
le désir de rencontre ou de découvertes.
Ce numéro ouvre aussi la voie à une autre forme
d’expérience en migritude. Laissez-vous immerger
par des extraits d’œuvres, sans bouée ni phare,
vous incitant peut-être à reprendre l’entièreté du
livre pour mieux saisir encore le sens de la fiction
et de la poésie et tout ce que celles-ci comptent
d’exagérations, d’interrogations, d’esthétiques
littéraires et de pistes pour percer ce qui aujourd’hui
est encore de l’ordre de l’inconnu.
L’imaginaire qui entoure les femmes en
migritude est infini. Ce numéro témoigne aussi
de cette multitude par la contribution de jeunes
slameurs en herbe. Les uns ont participé à un
atelier de slam animé par Badi et Jean d’Amérique
à Bruxelles, organisé par CEC dans le cadre de son
Kitabu marathon, la nuit des mots à l’espace Césaire.
Les autres ont suivi une masterclass animée par Marc
Alexandre Oho Bambe à Douala au Cameroun. À lire
à voix haute en imaginant les lieux où sont écrits
ces mots.
Nous remercions vivement pour son
encadrement des jeunes critiques littéraires haïtiens
la FOKAL à Port-au-Prince en Haïti, partenaire
avec CEC du réseau LITTAFCAR.ORG qui a pour
mission de promouvoir les littératures d’Afrique,
des Caraïbes et de leurs diasporas. Nous remercions
également la Fondation Jeannette et Alexandre Oho
Bambe à Douala au Cameroun qui a permis de créer
des ponts entre nos activités respectives en faveur
de l’éducation et de la culture.
Ce numéro s’est voulu particulièrement
ouvert dans sa forme. Il est évident que parler de
migrations aujourd’hui nous force à penser ce drame
de milliers de personnes qui sont sur les routes
terrestres et maritimes, qui prennent des risques,
qui se mettent en danger, pour l’unique raison qu’il
leur manque tout. Nous avons volontairement élargi
le spectre à travers l’angle des femmes, qui sont de
toutes les migritudes. Cette approche multifocale,
au départ de textes, collages, critiques littéraires,
extraits, slams… porteurs d’autant d’imaginaires,
ouvre la voie, nous l’espérons, à reconnaître l’Autre
comme le miroir de nous-mêmes.
Dominique Gillerot
Directrice de CEC

 

Référence :  INTERSECTIONS N°3 « FEMMES EN MIGRITUDE », mars 2018,
disponible à la vente au siège de CEC, AVENUE DES ARTS, 19F 1000 Bruxelles – 6

Promenade en musique de carnaval dans les rues de Saint-Esprit.

LE BENIN SOURCE HISTORIQUE de L’ESCLAVAGE s’interroge …

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