FONDATION pour la MEMOIRE de L’ ESCLAVAGE (acte 2)

 

QUESTIONS-REPONSES   avec  J.M AYRAULT

Jean-Marc Ayrault est Président de la Mission de la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions dont le but est de créer une Fondation nationale sur le sujet. Annoncée par Emmanuel Macron à l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en avril 2018, cette Fondation entend « rassembler toutes les mémoires de la France » et « transmettre l’histoire de la France mondiale ». Après une première tribune publiée le 23 novembre 2018 dans Le Monde, il accorde un entretien exclusif au Groupe de recherche Achac dans le prolongement des Ateliers de la fondation, journées de réflexion participative autour des missions de la Fondation, organisés les 24 et 25 novembre 2018.

 

Quelles sont les missions de la Fondation ?

Notre ambition peut se résumer en une phrase : faire enfin pleinement entrer l’esclavage et ses héritages dans la mémoire nationale de la France. La loi Taubira a rappelé cette nécessité. Mais il lui manquait l’institution nationale autonome et dotée de vrais moyens qu’elle appelait pour réaliser cette ambition.

La Fondation sera cet outil, pour travailler sur ces questions avec tous les partenaires à mobiliser : les chercheurs, les établissements scolaires – la question des programmes scolaires est essentielle –, les institutions culturelles et patrimoniales, les artistes, les associations, les élus, les entreprises…

 

Sur quels périmètre et thématiques historiques et mémoriels souhaitez-vous travailler ?

L’action de la Fondation se déclinera en trois objectifs, qui devraient être repris dans son objet statutaire :

– développer la connaissance et la transmission de l’histoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions comme partie intégrante de l’histoire de la France et du monde, en replaçant ce phénomène dans l’histoire longue des relations entre la France, l’Afrique, les Amériques et l’océan Indien ;

– rassembler les mémoires en valorisant les héritages culturels, artistiques et humains issus de cette histoire, dans toute leur richesse et leur variété ;

– promouvoir les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité et l’engagement de la France contre le racisme, les discriminations et les formes contemporaines d’esclavage.

 

En quoi la fondation va-t-elle se distinguer des actions ou des projets du Mémorial ACTe, du Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes ou du Comité national pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage ? Avez-vous pour objectif de coordonner l’action de ces différentes institutions ?

Le Mémorial ACTe et le Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes sont des lieux ouverts au public, ce que ne sera pas la Fondation, qui n’aura que des bureaux à l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris. La Fondation sera une institution de mutualisation, de mise en réseau et d’accompagnement, et elle sera donc en rapport avec tous ces acteurs.

Le Mémorial ACTe en Guadeloupe sera évidemment un partenaire capital, en tant que centre national dédié à cette question, et institution majeure sur les Caraïbes et au-delà. Et la Fondation travaillera avec le Mémorial de l’abolition de Nantes, comme avec les autres sites et lieux de mémoire, les musées de Nantes et Bordeaux, la Maison de l’Armateur du Havre, le musée du Nouveau Monde de La Rochelle, La Route des Abolitions… je ne saurais tous les citer.

Quant au CNMHE, qui existe depuis 2004, lors des Ateliers de la Fondation, j’ai rendu hommage au travail essentiel qu’il a mené pendant près de 15 ans, sous la conduite de ses présidentes passées, Maryse Condé, Françoise Vergès et Myriam Cottias, et de son président actuel, Frédéric Régent. Dès qu’elle sera créée, la Fondation succèdera officiellement au Comité.

 

Quels liens voyez-vous ou faites-vous entre l’histoire de l’esclavage (jusqu’aux abolitions définitives en 1848) et l’histoire de la colonisation, qui se superpose à cette première période et va se poursuive jusqu’aux années 60 et même au-delà pour certains pays ou territoires ?

L’esclavage est un phénomène global qui a transformé radicalement le monde. La France d’aujourd’hui est l’héritière de cette transformation, qui a débuté avec les premiers contacts entre les Européens et les peuples d’Afrique et d’Amérique, puis qui s’est prolongé dans la traite et l’esclavage coloniaux, puis dans la seconde colonisation, laquelle n’a d’ailleurs pas fait disparaître le travail forcé, pas plus dans les « vieilles colonies » françaises, avec l’engagisme, que dans le reste de l’Empire.

Mais surtout, l’héritage de l’esclavage et des combats pour l’abolir ont perduré jusqu’à aujourd’hui : on en retrouve l’empreinte dans notre culture, dans nos valeurs, tout simplement dans la diversité française. C’est pourquoi les chercheurs aujourd’hui parlent de l’esclavage et du post-esclavage, et c’est une approche qui nous intéresse beaucoup.

 

Selon  vous, à quoi devrait ressembler un musée de la colonisation en France ? Est-il nécessaire d’imaginer un tel projet ?

Le travail de la Fondation sera important sur ce sujet, même si elle ne sera pas un musée ; et l’exemple de la Mission du Centenaire montre comment on peut renouveler la vision d’un événement historique sans être un musée, notamment en travaillant avec les institutions existantes. La Fondation le fera, avec des acteurs aussi divers que le musée d’Orsay ou le Mémorial ACTe.

Quant à doter la France d’un musée de la colonisation en général, qui raconterait cette part de notre histoire, sur cinq siècles et sur tous les continents, beaucoup le demandent et j’ai entendu aussi cette demande lors des Ateliers de la Fondation qui ont eu lieu le 24 et 25 novembre. Pour un sujet aussi majeur, ce sera au Président de la République d’en décider. La création prochaine de la Fondation pourra aider à cette réflexion.

 

Quel bilan tirez-vous des Ateliers de la Fondation que vous mentionnez ? En quoi est-ce une étape majeure ?

En organisant cette rencontre avec la société civile, que nous avions voulu ouverte et participative, nous ignorions si notre appel serait entendu. C’est pourquoi notre première satisfaction a été de voir que près de 200 personnes y ont répondu malgré la rapidité des délais d’organisation et qu’elles sont restées pendant deux jours pour débattre de ce que devrait être la Fondation.

Notre deuxième satisfaction a été la qualité des échanges, le respect entre les participants et le sentiment commun qui s’est dégagé d’une urgence à doter la France d’une institution nationale qui fasse la place à ces sujets. Il faut enrichir notre récit national, et le faire partager à tous nos concitoyens, pour conjurer les incompréhensions, les concurrences mémorielles, le racisme : c’est le message que tous ces militants, chercheurs, artistes nous ont adressé. Ces Ateliers sont aussi une leçon pour nous : nous devrons régulièrement créer des moments forts pour que la Fondation cultive ce lien qui a été créé ce week-end.

Cette réussite doit en appeler d’autres : d’abord achever les travaux de préfiguration de la Fondation. Les propositions des participants nous disent les priorités et les attentes. Nous les partagerons avec le gouvernement et les entreprises avec lesquelles nous sommes en contact, pour que la Fondation puisse être créée en 2019 comme prévu. Puis nous aurons à mettre en œuvre tous les projets et la tâche est grande.

 

Source ACHAC Newsletter #4 – 28 novembre 2018

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VERS UNE RESTITUTION DES OEUVRES d’ART AU PATRIMOINE AFRICAIN…

Polémiques sur la question de la restitution

Il s’agit de rendre
au continent africain
une partie de son histoire

par Joseph Confavreux

vendredi 30 novembre 2018

 

Le rapport des universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy sur la restitution du patrimoine culturel africain remis au président de la République le 23 novembre 2018 a provoqué de nombreux débats dans la presse. Nous reprenons ici, avec son accord, l’article que Joseph Confavreux a publié dans « Mediapart ». Avec un entretien avec Nanette Snoep, Néerlandaise, directrice des musées d’ethnologie de Dresde, Leipzig et Herrnhut en Allemagne après avoir travaillé quinze ans au Musée du Quai Branly.

Restitution du patrimoine :
« Il s’agit de rendre au continent africain
une partie de son histoire »

par Joseph Confavreux Source

Avant même d’être rendu officiellement au président de la République, vendredi 23 novembre, le Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain des universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, a suscité une polémique par voie de presse.

Les tirs de barrage des journaux conservateurs ont ouvert le bal. Le Point, ayant eu la primeur du texte, a mis en exergue un « vocabulaire inspiré des postcolonial studies » et questionné le fond d’un rapport préconisant, selon lui, de « tout rendre ou presque ».

Dans La Tribune de l’art, son fondateur, Didier Rykner y est allé au lance-flammes, jugeant que le rapport mettait « la France dans une position intenable ». Pour ce journaliste, « le choix de ces deux personnalités devait fatalement aboutir aux préconisations très inquiétantes de leur rapport », quitte à faire de Felwine Sarr un portrait largement fantasmé, deux citations trouvées sur Google suffisant à transformer l’économiste et écrivain sénégalais en proche des Indigènes de la République et en « fervent défenseur de Tariq Ramadan ». Ce qui expliquerait pourquoi « il ne fallait évidemment rien attendre d’autre de lui qu’une proposition de “restitutions” massives ».

À l’inverse, Libération titrait son édition du 21 novembre : « Art africain spolié : l’heure du retour », en l’accompagnant d’une photo pleine page d’une statuette africaine semblant se réjouir. Quant au Monde, son éditorial daté du 23 novembre mettait en avant le « risque pour les collections nationales » d’une « voie maximaliste » susceptible de les démanteler, collections dans lesquelles le nombre total de pièces africaines est estimé à plus de 90 000.

Quels sont alors les enjeux de cette séquence ouverte par la déclaration d’Emmanuel Macron, il y a un an à Ouagadougou, annonçant vouloir que « d’ici cinq ans les conditions [seraient] réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique » ? Panorama comparatif et éléments de réponse avec Nanette Snoep, Néerlandaise qui, après avoir passé 15 années au Quai Branly, est depuis 2015 directrice des musées d’ethnologie de Dresde, Leipzig et Herrnhut en Allemagne et prendra, à partir de janvier 2019, la direction du musée ethnographique de Cologne.

La déclaration faite par Emmanuel Macron à Ouagadougou le 28 novembre 2017 et le rapport rédigé par les universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy introduisent-ils une rupture dans la politique française vis-à-vis des collections des musées français issues du continent africain ?

Nanette Snoep : Nous sommes face à une véritable transformation, qui ne touche pas seulement la France, mais concerne toute l’Europe. Avant le rapport de Sarr et Savoy, j’ai eu le sentiment que la déclaration d’Emmanuel Macron avait eu un effet plus fort en Allemagne qu’en France, mais cela va sans doute changer !

Nanette Snoep © DR

Quoi qu’il en soit, nous sommes face à un changement d’ampleur dans la façon de penser les politiques culturelles, patrimoniales et muséales. Le débat sur la restitution des œuvres issues de l’héritage colonial et présentes dans les collections ethnographiques m’intéresse depuis longtemps, et cela va faire 20 ans qu’il est enclenché. Mais on assiste à une accélération puissante depuis au moins deux ans.

L’enjeu est-il posé de manière différente en Allemagne et en France, et cela est-il davantage lié à des passés coloniaux différents ou à des contextes post-coloniaux qui ne sont pas identiques ?

Il existe des différences importantes entre la France et l’Allemagne, ne serait-ce que parce que l’Allemagne a perdu ses colonies après la Première Guerre mondiale, tandis qu’en France, les effets de la colonisation demeurent encore très présents. Les relations économiques, démographiques, culturelles entre l’Afrique et la France sont incomparables avec celles qui existent avec l’Allemagne.

Depuis quelques années, on a assisté, en Allemagne, à un réveil du passé colonial, qui a longtemps été relégué derrière l’histoire de la Shoah. Mais l’Allemagne aborde la question des butins coloniaux à travers le travail qui a été fait sur la spoliation des biens juifs. Des lois, des méthodes de recherche et des cadres de restitution ont été établis à cette occasion. C’est d’ailleurs un même organisme, à Leipzig, qui s’occupe des biens juifs spoliés et a reçu pour mission de s’occuper des butins de guerres coloniaux.

Une autre différence est que le sujet est abordé de manière beaucoup plus pragmatique en Allemagne qu’en France. Après la déclaration de Macron faite à Ouagadougou, des demandes de restitution ont été adressées à Angela Merkel, sans qu’elle prenne position publiquement. Mais une commission a été mise en place, un rapport a été rendu au printemps dernier pour savoir quoi faire de nos butins coloniaux, et des recherches précises ont été lancées.

En France, le rapport annonce que beaucoup des œuvres des musées nationaux devraient être restituées et cela déclenche des réactions émotionnelles. J’ai d’ailleurs été surprise que personne ne réagisse, en France, vis-à-vis du choix de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, une historienne de l’art qui connaît bien la situation allemande. La question est maintenant de savoir si cela va avoir des conséquences ou si cela va rester un effet d’annonce.

Peut-on et faut-il distinguer, et si oui comment, les biens acquis dans les musées européens par des prises de guerre, par des collectes ethnographiques ou par des achats égaux ou inégaux ?

La distinction est importante. Quand on regarde les collections, certaines œuvres proviennent clairement de butins de guerre, par exemple pour le royaume du Dahomey. Quand on consulte les archives, on voit qu’à la fin du XIXe siècle, on en parle d’ailleurs ainsi, en toute transparence, tandis que, plus tard, on va éviter de prononcer ces termes.

Les collectes ethnographiques constituent une zone plus complexe, qui ont impliqué des ethnologues, des géographes, des missionnaires… On ne sait pas toujours comment les pièces sont arrivées dans les musées, mais on sait que, parfois, il s’agissait de vol, comme dans l’exemple souvent cité du journal de Michel Leiris confessant avoir dérobé un objet sacré au Mali, à l’occasion de sa participation à la Mission Dakar-Djibouti, une expédition dirigée par l’ethnologue Marcel Griaule au début des années 1930.

Membres de la Mission Dakar-Djibouti
au musée d’Éthnographie du Trocadéro, Paris 1931.

De gauche à droite : André Schaeffner, Jean Mouchet, Georges-Henri Rivière,
Michel Leiris, le baron Outomsky, Marcel Griaule, Éric Lutten,
Jean Moufle, Gaston-Louis Roux, Marcel Larget.

Les ethnologues partaient rarement seuls et souvent accompagnés de soldats. Dans l’inventaire de départ de cette même mission, dont une grande partie de la collecte se retrouve aujourd’hui au Quai Branly, on note ainsi la présence de nombreux fusils. Et même quand les ethnologues partent sans fusils, cela n’empêche pas les rapports de force.

Peut-on savoir dans quel contexte un chef religieux a pu livrer ses objets sacrés à un ethnologue ? Il existe des enjeux de pouvoir, financiers, symboliques et politiques, qui font qu’on n’est pas dans la même problématique que pour des butins de guerre, mais qu’on demeure toutefois dans des rapports de force.

Quant aux achats, ils ne sont pas non plus exempts de ces rapports de force. Les archives nous montrent des cas de personnes contraintes de céder leurs objets à vil prix. Quand on parle des biens juifs spoliés, on inclut d’ailleurs ceux des Juifs qui ont vendu, dès 1933, des œuvres par exemple pour financer leurs fuites, ou n’ont pas pu vendre au juste prix. Ces œuvres sont aujourd’hui considérées comme ayant été spoliées et à restituer, même s’il existe un acte d’achat. On sent aujourd’hui l’inquiétude des marchands sur le sujet, mais une preuve d’achat n’est pas une garantie suffisante de l’équité de la transaction.

Même s’il existe, dans tous les cas, des rapports de pouvoir, il demeure important de distinguer les différentes catégories d’appropriation du patrimoine africain, et donc de bien connaître le contexte de collecte. Les auteurs du rapport ont raison d’estimer que l’ethnologue ou le marchand doivent pouvoir prouver avoir acquis leurs objets de manière correcte, mais cela va être difficile.

Que pensez-vous du fait que le rapport demande que tout objet qui aurait été emporté sans le consentement explicite ou très vraisemblable des propriétaires ou gardiens des œuvres puisse être restitué aux pays africains qui en feraient la demande ?

Pour moi, la notion de consentement explicite est importante et les auteurs du rapport ont donc raison de l’employer, parce qu’on se trouve en effet le plus souvent dans une zone grisâtre. On peut très rarement, en effet, prouver le consentement explicite. Mais si je prends l’exemple des objets venant de Syrie qui sont arrivés ces dernières années sur le marché européen, en tant que directrice de musée, je refuse d’en acheter parce que je ne pense pas qu’il y ait eu de consentement explicite.

Le mérite de ce rapport est qu’il va obliger les directeurs de musée, les marchands, voire les usagers des musées, à réfléchir à leurs pratiques. Il me semble important et courageux de mettre ce motif du consentement au cœur de la question des restitutions, parce que les musées doivent repenser leur éthique de collecte. Ils ne peuvent plus se permettre d’acheter, parfois pour des millions d’euros, des objets sacrés circulant sur le marché de l’art européen en s’abritant derrière l’existence d’actes d’achat.

Felwine Sarr

Le rapport Savoy-Sarr n’aborde que l’Afrique noire. La question des revendications et des restitutions ne se pose-t-il pas de la même manière pour l’Afrique noire, le Maghreb, l’Océanie ou l’Asie ?

Comme l’a dit Emmanuel Macron lors de sa déclaration de Ouagadougou, il y a là un cas vraiment particulier, au sens où la grande majorité de l’héritage culturel et du patrimoine africain se trouve aujourd’hui dans les galeries et musées européens ou américains.

Ce n’est pas pareil pour l’Asie. Je suis néerlandaise et beaucoup de collections indonésiennes se trouvent aujourd’hui en Hollande. Mais si vous allez à Jakarta, vous trouvez des musées disposant de collections richissimes, et on ne peut donc pas dire que l’Indonésie soit dépourvue de patrimoine indonésien. Cela ne veut pas dire que les restitutions aux pays asiatiques ne soient pas justifiées et importantes, mais c’est sans doute moins urgent que pour l’Afrique.

Restituer certains objets, ce n’est pas seulement une question de patrimoine. Il s’agit de rendre au continent africain une partie de son histoire pour permettre aux Africains de prendre en main cette histoire. Pour moi, les restitutions peuvent donner une énergie au continent africain en lui offrant la possibilité de dire : « on a un patrimoine, on va s’en occuper et on va ainsi se projeter vers l’avenir », même si la manière de prendre en charge ce patrimoine ne sera pas la même que dans les musées européens.

L’important n’est pas seulement la restitution de l’objet, mais aussi de la partie de l’histoire dont l’Europe s’est emparée et qui demeure inaccessible aux Africains. Dans mon musée, je fais actuellement une exposition sur Kinshasa et le plus grand problème auquel j’ai été confrontée a été de faire obtenir des visas aux artistes que je voulais inviter.

Les musées allemands, britanniques ou français ne peuvent prétendre être des musées universels, ne serait-ce que parce que les Africains n’ont pas accès à la même mobilité que les Européens. Aujourd’hui, l’histoire du royaume de Dahomey se retrouve au Quai Branly, alors que les Béninois ne reçoivent pas de visas.

Bénédicte Savoy

Comment jugez-vous l’argument mis en avant par les plumes qui s’inquiètent du rapport Savoy-Sarr en expliquant qu’il n’est guère possible de savoir à quel pays rendre certains objets accaparés avant le dessin des actuelles frontières ?

C’est un mauvais argument, même s’il est vrai que si la France ou l’Allemagne ne veulent travailler qu’avec les États, on aura des soucis. Mais la restitution peut se faire à un village ou à un musée privé, il faut savoir dépasser le cadre des États ! Dans mes musées existe une grande collection en provenance de Namibie qui a été largement composée pendant les années du génocide des Héréros et des Namas, au début du XXe siècle, perpétré pendant la colonisation allemande.

Le Land de Saxe est prêt à faire des restitutions à des associations qui le demandent, alors que cela coince au niveau interétatique, entre l’Allemagne et la Namibie. Il existe plein de petits musées privés en Afrique qui sont tout à fait en mesure d’accueillir ces restitutions. On peut chercher d’autres partenaires que les musées nationaux. Et on peut tout à fait aussi imaginer qu’un objet sacré, par exemple, soit restitué au village d’où il provient.

Un argument récurrent, employé par exemple par La Tribune de l’art, est alors de craindre la mauvaise conservation, et de donner en exemple la façon dont, après les restitutions faites par les Belges au musée de Kinshasa dans les années 1970, les œuvres ont été pillées et dégradées.

Mais les choses ont évolué et on donne toujours ce même exemple, qui oublie que, pendant des décennies, les collections africaines ont souvent été très mal traitées et mal conservées en Europe. Aujourd’hui, les réserves du Quai Branly sont tout à fait bien, mais quand j’y suis arrivée, au milieu des années 1990, c’était loin d’être le cas ! Il faut être modeste quand on critique les Africains et la manière dont ils conservent le patrimoine…

Un autre argument entendu à l’encontre de ce rapport est qu’il va vider et détruire les collections. Que vaut-il ?

En Europe, nous avons des centaines de milliers d’objets en provenance du continent africain. Le Quai Branly [qui détient environ 70 000 objets en provenance d’Afrique – ndlr], comparativement aux musées allemands, ce n’est rien ! Rien que dans les musées de Saxe, nous avons 80 000 objets venant d’Afrique. À Berlin, il y a plus de 500 000 pièces issues des autres continents. La peur que les musées européens se vident est donc infondée.

Avez-vous déjà été confrontée à des demandes de restitution ?

Oui, par exemple de restes humains d’Hawaï. Un groupe d’Hawaïens a fait une première demande de restitution aux musées de Saxe en 1991, renouvelée tous les ans, mais restée sans réponse. Quand j’ai pris ma fonction de directrice, en 2015, cette demande était sur la table et il a fallu batailler pour la faire, et la faire dans des conditions respectueuses.

L’important n’est, en effet, pas seulement le fait de restituer. C’est important de savoir comment on fait pour restituer. On ne va pas se contenter d’envoyer par la poste, mais est-ce qu’on fait une cérémonie ou un rituel ?

Les restitutions peuvent être l’occasion de gestes de réparation et le socle de relations futures, de projets en commun. Il ne faudrait pas que les restitutions deviennent juste un moyen pour se débarrasser d’une histoire qui fait mal. Est-ce que le récit d’un vol d’objet doit rester au musée qui effectue la restitution ? Comment parler d’un objet qui a été rendu, mais dont le passé demeure ?

1948 – 2018 7O ANS de DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME

 

1948 Les droits de l’Homme à Chaillot

Farid Abdelouahab, écrivain, historien et commissaire d’expositions, publie une histoire de l’élaboration de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dans la revue de Chaillot, l’Esplanade (mars 2018). Il y expose le rôle qu’a tenu le palais de Chaillot en devenant dès 1947 le siège de l’O.N.U. puis le 10 décembre 1948, le lieu de la troisième Assemblée générale des Nations unie. Ce lieu fête cette année les 70 ans de la ratification de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.  

 

Chaillot, le 10 décembre 1948, la troisième Assemblée générale des Nations unie adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme. En pleine guerre froide et devant l’opposition croissante au colonialisme, quarante-huit États membres, réunis dans la grande salle du TNP, votent les trente articles proclamant les droits humains fondamentaux, quand l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud et le bloc soviétique s’abstiennent. Il faudra deux décennies aux Nations unies pour s’accorder sur des mécanismes d’application. 1948 représente ainsi une date charnière qui consacre les droits de l’homme au cœur du Palais de Chaillot. Bien avant cette déclaration qui énonce les droits fondamentaux de l’individu à l’échelle universelle, d’autres grands textes avaient défendu les droits de l’homme.

 

Une longue histoire

Le cylindre d’argile de Cyrus, daté de 539 av. J.-C., décrète la liberté de religion et l’interdiction de l’esclavage. Au XIIIe siècle, la Grande Charte (Magna Carta), imposée en 1215 par les barons anglais à Jean sans Terre, condamne l’arbitraire et deviendra par la suite un symbole pour l’état de droit. La Déclaration des droits dictée en 1689 aux souverains d’Angleterre à la suite de la guerre civile exprime quant à elle l’aspiration du peuple à la démocratie en définissant les principes de la monarchie parlementaire.

La Déclaration d’indépendance américaine de 1776, écrite en grande partie par Thomas Jefferson, déclare pour sa part : « Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement. » Avec cette déclaration, la philosophie des Lumières a trouvé un terrain d’application pour la liberté et la gouvernance des peuples. Rédigée pendant l’été 1787 à Philadelphie, la Constitution des États-Unis d’Amérique définit les principaux organes du gouvernement, leurs juridictions et les droits fondamentaux des citoyens. Quatre ans plus tard, la Déclaration des droits vient protéger les libertés fondamentales : la liberté de parole, de religion, le droit de posséder et de transporter des armes, de se réunir et de pétitionner. Elle interdit les fouilles et les arrestations arbitraires, les maltraitances et les aveux sous contrainte.

Universaliste, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Révolution française représente, déjà en 1789, une grande avancée concernant les droits naturels individuels et les conditions de leur mise en œuvre.

La première convention de Genève, en 1864, édite le premier texte du droit humanitaire, instituant les obligations des individus en temps de guerre. Quatre-vingts ans plus tard, la barbarie et la violence extrême de la Seconde Guerre mondiale conduisent les Nations unies à redéfinir la notion de « crime contre l’humanité » en se donnant pour but d’actualiser à nouveau les valeurs humanistes qui doivent nous gouverner. En 1945, la conférence de San Francisco a en effet donné naissance à l’Organisation des Nations unies, en charge d’assurer la paix et la sécurité internationales. Concomitamment, la Charte des Nations unies est signée le 26 juin, et affirme les droits de l’homme et les libertés fondamentales, en attendant qu’une commission ne bâtisse une déclaration internationale. La première session de la Commission des droits de l’homme, qui réunit un comité de rédaction en provenance de huit pays, se tient en 1947 ; à sa tête, Eleanor Roosevelt, la veuve du Président américain. Le juriste français René Cassin joue un rôle préliminaire important à ses côtés, en élaborant un avant-projet dont l’objectif est d’affirmer le caractère universel de la déclaration, un « idéal commun à atteindre par tous les peuples ».

 

Chaillot : territoire international sous la juridiction de l’O.N.U.

En 1947, le gouvernement français propose de recevoir à Paris la troisième Assemblée générale des Nations unies. Le Palais de Chaillot devient alors pour quelques mois le siège de l’O.N.U. : une transformation qui n’est pas du goût de tous. Ainsi, le fondateur et directeur du musée de l’Homme, Paul Rivet, se plaint par exemple par voie de presse de cette prochaine installation. Le site doit en effet connaître des travaux d’aménagement importants pour accueillir les représentants des cinquante-huit nations appelées à se réunir en septembre 1948. Soit pas moins de cinq mille personnes. Les séances de l’Assemblée doivent se tenir dans le grand auditorium, les ailes du bâtiment se transformant en salles de réunion pour les commissions, tandis que l’on érige un restaurant et des locaux sur la place du Trocadéro. Des centaines de journalistes sont présents, venus du monde entier.

Outre la Déclaration universelle des droits de l’homme, le programme est chargé et l’on doit statuer sur de nombreux sujets : la question monétaire à Berlin, les frontières palestiniennes, les accords sur l’énergie atomique et le désarmement… Débats et tractations se déroulent sur fond de guerre froide naissante, et les tensions internationales sont vives : dès la fin du mois de septembre, une rupture se dessine entre le bloc occidental et les Soviétiques à propos du couloir aérien berlinois. Les travaux reprennent à la mi-décembre. La Commission des droits de l’homme est censée réunir dix-huit membres représentant diverses tendances politiques, culturelles et religieuses (mais il n’y a pas un seul Africain, les indépendances sont à venir…).

Eleanor Roosevelt, nommée par le président des États-Unis Harry S. Truman comme déléguée à l’Assemblée générale des Nations unies en 1946, préside donc le comité de rédaction, qui rassemble un Libanais, un Chinois, un Canadien, un Australien, un Chilien, un Anglais et un Russe. Le Français René Cassin influence notablement ce comité avec sa conception interventionniste des droits de l’homme : la souveraineté des États n’est pas supérieure à ces derniers. Ainsi, grâce à lui, la Déclaration ne sera pas dans son titre « internationale », mais bien « universelle », c’est-à-dire reconnue de tous et destinée à la communauté humaine en son entier. Mais tous les membres ne sont pas d’accord sur les objectifs à tenir : en effet, la Déclaration doit-elle se présenter comme un instrument juridique que l’on doit imposer aux nations, ou bien juste comme un texte qui doit servir de règle ? Lors de sa dernière séance au Palais de Chaillot, le 10 décembre 1948, l’O.N.U. adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme, avec quarante-huit membres en sa faveur, plusieurs amendements repoussés et huit abstentions. Le Conseil de sécurité occupe encore une semaine le Palais, dont le nom connaît désormais une renommée mondiale, avant de s’installer, en janvier 1949, à Lake Success, ville située sur l’île de Long Island, dans l’État de New York.

 

Défendre la dignité, la justice et la démocratie

Les trente articles de la Déclaration abordent les droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux. Les droits au travail, à l’éducation, à la culture et à la santé, dont tous doivent bénéficier, y sont précisés. Universelle, la Déclaration s’adresse à l’ensemble de la communauté humaine, au-delà des religions, origines, milieux ou cultures : l’O.N.U. s’est ainsi engagée à défendre la dignité et la justice sur l’ensemble de la planète, en affirmant l’interdépendance et l’indivisibilité, l’égalité et la non-discrimination. De même, en déclarant que « la volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics », la Déclaration énonce les droits essentiels à une véritable participation politique, indissociable de la valeur universelle qu’elle donne à la démocratie, système qui garantit au mieux la paix, le progrès et le développement. Les individus ont des devoirs de solidarité et les États des obligations pour faire respecter, protéger et satisfaire les droits de l’homme. Tous les systèmes juridiques nationaux doivent y pourvoir.

La Déclaration fait partie de la Charte internationale des droits de l’homme, qui inclut le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adoptés en 1966 seulement par l’Assemblée générale des Nations unies. Car le bloc communiste s’opposant jusqu’alors à tout consensus, il fallut une vingtaine d’années aux États membres pour débattre sur diverses dispositions de la Déclaration universelle, comme le droit à l’autodétermination et la défense des minorités. Dix années supplémentaires ont été de surcroît nécessaires pour que les décisions entrent réellement en vigueur, et c’est alors que la Déclaration universelle a trouvé force obligatoire pour les États qui l’avaient ratifiée.

Aujourd’hui, tous les États membres de l’Organisation des Nations unies ont adopté au moins un des neuf traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, et la très grande majorité d’entre eux en a ratifié quatre ou plus. La Déclaration de 1948 a entraîné dans son sillage d’autres grands textes, comme la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), signée par les États membres du Conseil de l’Europe en 1950 et entrée en vigueur trois ans plus tard. Notons que la France, qui héberge la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, n’a ratifié la Convention qu’en 1974, et n’a permis à ses résidents de la saisir qu’en 1981. De même, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) est un traité international adopté en 1989 par l’Assemblée générale des Nations unies dans le but de reconnaître et protéger les droits spécifiques des enfants. Le concept d’intérêt supérieur de l’enfant le consacre dès lors comme « sujet de droit », et non plus comme « objet de droit ». Parmi les cent quatre-vingt-treize États reconnus par l’O.N.U., seuls les États-Unis ne font pas partie de ce traité, car il interdisait toute condamnation à mort pour un crime commis par un mineur (loi abrogée en 2005 aux États-Unis).

La défense des droits de l’homme, et par extension des droits de tous les êtres vivants sur cette planète, apparaît comme un combat permanent qui traverse l’Histoire et qui restera, semble-t-il, sans fin.

Pour vous procurer la revue L’Esplanade,

rendez-vous sur le site : Chaillot Théâtre National de la Danse

 

Source ACHAC  newsletter#1 – 5 décembre 2018

250 MILLIONS de DOLLARS pour l’UNIVERSITE de BARBADE (W.I)

Esclavage : un don de 250 millions de dollars à l’Université des West Indies de Barbade ?

Jeudi 29 novembre 2018
Esclavage : un don de 250 millions de dollars à l'Université des West Indies de Barbade ?
L’Université de Glasgow a reconnu que les propriétaires d’esclaves jamaïcains avaient adopté l’Université de Glasgow comme université de choix révélant un afflux de 250 millions de dollars extraits de la Jamaïque et des Caraïbes.
L’Université des Indes occidentales (UWI) et l’Université de Glasgow, en Écosse, doivent parvenir à un accord prévoyant que l’institution des Caraïbes bénéficiera de réparations d’un montant de 256 millions de dollars liées à l’esclavage.
Versera ou ne versera pas ? Annoncé en grandes pompes il y a quelques (jours ?) comme confirmé, l’accord prévoyant le versement, par l’Université de Glasgow, en Ecosse, de 256 millions de dollars à l’Université des West Indies, n’est pas encore finalisé et validé. Cette annonce a été faite mardi par Sir Hilary Beckles, le vice-chancelier de UWI. « Le mémorandum est actuellement en cours de rédaction » , a annoncé Hilary Beckles, dans lequel devrait y figurer le terme « justice réparatrice » . Selon le vice-chancelier de UWI : « L’Université de Glasgow a reconnu que les propriétaires d’esclaves jamaïcains avaient adopté l’Université de Glasgow comme université de choix et qu’une valeur de 250 millions de dollars avait été extraite de la Jamaïque et des Caraïbes. »

Hilary Beckles a également déclaré que le vice-chancelier de l’université de Glasgow, le professeur Sir Anton Muscatelli, avait ouvert les livres de l’université, révélant ainsi un « afflux massif de subventions » et dotations de la Jamaïque.
Le vice-chancelier de UWI a précisé pour sa part que les 250 millions de dollars seraient une combinaison d’argent et d’aides en nature. « Nous ne sommes pas debouts au coin de la rue à mendier. Nous recherchons des partenariats et un développement. » L’un des projets dans lesquels l’Université de Glasgow aurait manifesté son intérêt porte sur la recherche sur les maladies chroniques dans les Caraïbes, notamment l’hypertension, le diabète et l’obésité chez les enfants.
« Les 250 millions de dollars seraient une combinaison d’argent et d’aide en nature » , a précisé Hilary Beckels président de la Commission des réparations de la Caricom (K.C)
250 MILLIONS DE DOLLARS DE LA TRAITE DES ESCLAVES
« Ils envisagent la possibilité de s’associer à nous et de créer un institut de grande envergure pour la recherche sur les maladies chroniques, destiné à prévenir leur prolifération future » , a déclaré l’historien, qui préside également la Commission des réparations de la Caricom (Communauté des Caraïbes). Un rapport intitulé l’Esclavage, l’Abolition et l’Université de Glasgow, récemment publié par l’université, révèle qu’elle a bénéficié directement de la traite des esclaves en Afrique et dans les Caraïbes aux XVIIIe et XIXe siècles, à hauteur de près de 250 millions de dollars.
L’université a annoncé qu’elle avait lancé un « programme de justice réparatrice » vaste et ambitieux, fondé sur les résultats de plus de deux années de recherche.
En outre, l’Université de Glasgow a également annoncé son intention de mettre en oeuvre des programmes et des projets prévoyant des bourses d’échange et des programmes d’échange pour les étudiants jamaïcains et autres étudiants des Caraïbes grâce à ses liens avec UWI. Objectif : accroître la diversité raciale des étudiants et du personnel et réduire l’écart de diplomation, tout en créant un centre interdisciplinaire pour l’étude de l’esclavage historique et de son héritage, y compris l’esclavage moderne et le trafic, d’être humains.
Source  France Antilles Jeudi  29 novembre  2018.

POUR UN CENTENAIRE …

La Martinique durant la 1ère Guerre mondiale, une histoire méconnue

Le séminaire coordonné par l’Atelier Canopé vendredi 9 novembre 1918 a constitué une excellente occasion de se pencher sur un moment méconnu de notre histoire. Le 100e anniversaire de l’armistice mettant fin au premier conflit mondial est ainsi intelligemment célébré.

9000 martiniquais sont partis au front © La 1ère

© LA 1ÈRE 9000 martiniquais sont partis au front

  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le 11/11/2018 à 08:00

La période de la Première Guerre mondiale est un moment-clé dans le processus de l’assimilation. L’histoire d’amour de la Martinique avec la mère-patrie, comme est appelée la France à cette époque, prend véritablement corps en ce début de 20e siècle. La population des quatre vieilles colonies doit montrer son attachement à la métropole coloniale.

L’occasion lui en est donnée avec la mise en oeuvre de la loi sur la conscription, en 1913. Ce texte est la traduction juridique d’une volonté politique, le paiement de  « l’impôt du sang » comme preuve de notre condition de citoyen français de plein exercice. Après une bonne dizaine d’années d’atermoiements, les jeunes hommes des colonies sont autorisés à être incorporés sous les drapeaux. La haute hiérarchie militaire ne voit pas d’un bon œil l’arrivée des soldats créoles. Ils sont jugés physiquement faibles et inaptes à la condition militaire.

Payer l’impôt du sang

Le revirement de l’état-major vient de l’intensification de la guerre. Les dirigeants politiques français sont pris à revers. Contrairement à leurs prévisions, le conflit ne dure pas quelques mois. Il convient de poursuivre le recensement et le recrutement de soldats sur tout le territoire, l’Empire colonial y compris.

Les sergents recruteurs parcourent donc les campagnes de Martinique et des colonies. Le nombre de soldats enrôlés augmente fortement lors des campagnes de recrutement de 1915. Les appelés sont désireux de combattre en Europe. Le contexte s’y prête. Le Conseil général et la plupart des maires sont favorables à l’assimilation.

Nos soldats jugés inaptes au combat

L’assimilation est une doctrine dont la revendication naît durant les dernières années de la période esclavagiste. Deux générations plus tard, à l’occasion de la Première Guerre Mondiale, l’égalité des droits suppose le droit d’avoir l’honneur de se battre pour la France. Les antimilitaristes, essentiellement des socialistes, sont cloués au pilori. Au total, 9 000 soldats martiniquais partent en Europe. 2 000 sont tués sur le front.

Dans le même temps, la Martinique connaît une situation économique contrastée. Les produits de consommation courante sont rares, l’approvisionnement étant désormais compliqué. La population s’appauvrit. En parallèle, la production de sucre et de rhum explose littéralement pour alimenter les soldats sur le front. Ce qui provoque la modernisation de l’industrie sucrière, l’enrichissement des planteurs et des usiniers ainsi que l’émergence du prolétariat industriel.

Période de mutation, la Première Guerre mondiale en Martinique reste un moment méconnu. Il serait temps de s’y pencher, en contournant deux carences créées par la France dans ses colonies, l’oubli et l’ignorance.

          Source  Martinique  Première

MISSION FONDATION

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LE NOBEL (alternatif ) DE LITTERATURE 2018 pour MARYSE CONDE

Après  NAIPAUL (natif  de  Trinidad & Tobago)  Prix Nobel  de  Litterature  2001 l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé a reçu ce vendredi le prix Nobel « alternatif » de littérature lors d’une cérémonie à Stockholm, en Suède. A 81 ans, c’est une nouvelle marque de reconnaissance pour le travail de cette artiste engagée, plume majeure de la littérature caribéenne.
 « Dans ses oeuvres, avec un langage précis [Maryse Condé] décrit les ravages du colonialisme et le chaos du post-colonialisme« , ont déclaré les organisateurs du prix.
© Ulf Andersen / Aurimages / AFP
© ULF ANDERSEN / AURIMAGES / AFP
  • Marie Boscher, Christian Tortel
  • Publié le ,

Faire entendre la voix de la Guadeloupe

L’auteur de Segou, de La vie scélérate ou encore de Moi, Tituba sorcière faisait partie d’une liste de 47 auteurs, réduite ensuite à 3 nommés. Après avoir appris la nouvelle à la télévision, Maryse Condé s’est réjouie de voir entendue « la voix de la Guadeloupe« , preuve que les Antilles n’ont bien évidemment pas que des catastrophes naturelles à offrir aux yeux du monde… Ecoutez Maryse Condé, jointe par Christian Tortel juste après l’annonce du prix Nobel alternatif.

Réaction de Maryse Condé, lauréate du prix Nobel « alternatif » de littérature

Christiane Taubira, ancienne ministre de la justice, a tenu à féliciter Maryse Condé pour ce prix, faisait référence dans un tweet aux titres des oeuvres de l’écrivaine.

FÉLICITATIONS chaleureuses et amicales à Maryse Condé, lauréate du prix Nobel alternatif de littérature. La vie n’est pas toujours scélérate, elle réserve des merveilles et nous donne parfois le coeur à rire…ou à pleurer d’émotion
ChT

De même que Jacques Bangou, maire de la ville de Pointe-à-Pitre où est née l’auteur.

#prixNobelalternatif a #MaryseConde. Une reconnaissance méritée. Une nouvelle fierté pour la Guadeloupe. L’importante résidence en construction face au terminal des croisiéristes portera son nom.

Un prix alternatif et éphémère

Ce prix « alternatif » a été remis exceptionnellement cette année par des internautes, à l’initiative de la Nouvelle Académie, un collectif de 109 écrivains suédois. Il s’est constitué suite au report du prix Nobel traditionnel à 2019 sur fond de scandale. Dix des dix-huit membres de l’institution officielle s’était retirés suite à la condamnation du mari d’une académicienne dans une affaire de viol. Maryse Condé se rendra en Norvège à Oslo le 9 décembre prochain pour recevoir son prix.

Source  Outre Mer –  France tv info

LONDRES : MOIS de l’HISTOIRE des NOIRS (A J Y/ B H M )

 

 

Aujourd’hui, le Mois de l’histoire des Noirs (BHM), également connu sous le nom de Mois de l’histoire africaine (AHM), a été intégré au calendrier culturel britannique. Il est largement marqué, du premier ministre, aux organismes statutaires, aux institutions patrimoniales, aux écoles et aux groupes communautaires partout au pays. «L’Année jubilaire africaine est la mère du Mois de l’histoire des Noirs, qui est censé refléter les contributions des Africains à Londres et à la Grande-Bretagne culturellement, économiquement et politiquement, de l’antiquité au présent», explique Akyaaba Addai-Sebo, ROYAUME-UNI. Cependant, peu de gens savent que BHM est un héritage de l’initiative de l’Année jubilaire africaine (AJY), qui couvrait la période d’août 1987 à juillet 1988. En effet, la notation de BHM en octobre faisait partie de l’AJY, qui encourageait également les autorités pour promouvoir des images publiques positives et la compréhension des personnes d’ascendance africaine, et l’enseignement de leur histoire, culture et lutte, tout en honorant les Africains progressistes à travers des monuments publics, tels que des plaques et des noms de rues et de bâtiments. Le 26 novembre, l’organisation communautaire BTWSC / African Histories Revisited organise l’année commémorative du jubilé africain 1987-88 à 30 ans à l’hôtel de ville de Londres. Le consultant en histoire, Kwaku, donnera l’arrière-plan du voyage d’AJY, de ses racines au GLC (Greater London Council) jusqu’à sa mise en œuvre par le LSPU (London Strategic Policy Unit) avec le soutien de Des autorités londoniennes). L’événement mettra en évidence les officiers peu connus des différentes organisations, politiciens et groupes communautaires qui ont soutenu AJY. Certains seront sur place pour donner un compte rendu personnel de leur rôle. Pour vous inscrire, n’hésitez pas à réserver sur http://www.AfricanHistoryPlus.eventbrite.com. Les organisateurs font appel à des pistes pour aider à localiser des vidéos qui ont capturé les différents événements AJY, du lancement à Westminster Central Hall, aux nombreux concerts au Royal Albert Hall et aux conférences à travers Londres. «Le Mois de l’histoire des Noirs, ou Mois de l’histoire de l’Afrique, est destiné en particulier aux jeunes et aux enfants, afin de connaître les différentes contributions des Africains, qui font partie intégrante de l’histoire britannique», explique Addai-Sebo. M. Kwaku ajoute: «Nous pouvons maintenant ajouter le 22 juin, la Journée Windrush, récemment soutenue par le gouvernement, en partie à cause du scandale inique du Commonwealth et du Windrush». refléter l’une des histoires britanniques d’Afrique au cours des deux derniers millénaires, au lieu de simplement s’attarder sur une histoire à partir de 1948.


Ama Butler
BTWSC
btwsc@hotmail.com

BTWSC/African Histories Revisited

P O Box 14092, London NW10 1WL, England

btwsc@hotmail.com

www.AfricanHistoryPlus.eventbrite.com

Remarques: ‘Regardez jusqu’où nous sommes allés: perturber les histoires africaines
britanniques?’ livre de Kwaku publié en novembre 2018 par
BTWSC / African Histories Revisited Un article d’Awula Serwah & Kwaku publié en octobre 2018, intitulé
«Une histoire africaine plus large en Grande-Bretagne» Événements liés à la BTWSC / AHR @ http://www.AfricanHistoryPlus.eventbrite.com

ECHOS DU VOYAGE PRESIDENTIEL

Le Président de la République débute son séjour ce jeudi 27 septembre 2018, en Martinique par une séance de questions- réponses de 20 minutes avec la presse à la résidence préfectorale à Fort-de-France. Il annonce le déblocage de 40 millions d’euros pour le service public de l’hôpital.

Agnès Buzyn, ministre de la santé, François de Rugy, ministre de l'environnement, Emmanuel Macron, le Président de la République, Annick Girardin, ministre de l'Outre-mer, Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Jacques Mezard, ministre de la cohésion et du territoire. © Martinique La 1ère
© MARTINIQUE LA 1ÈRE Agnès Buzyn, ministre de la santé, François de Rugy, ministre de l’environnement, Emmanuel Macron, le Président de la République, Annick Girardin, ministre de l’Outre-mer, Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Jacques Mezard, ministre de la cohésion et du territoire.
  • Par Joseph Nodin
  • Publié le , mis à jour le

Sur le perron de la résidence préfectorale à Fort-de-France, ce jeudi 27 septembre 2018, le chef de l’État entouré des ministres Annick Girardin pour l’Outre-mer, Agnès Buzyn de la Santé, François de Rugy, ministre de l’Environnement, Sebastion Lecornu, secrétaire d’État à la transition énergétique, Jacques Mezard, ministre de la Cohésion et du Territoire, a évoqué ses ambitions pour nos territoires.

Le Président de la République a d’abord eu un long entretien avec les élus martiniquais. « Je viens d’avoir une discussion avec les élus du territoire sur la révision constitutionnelle. Nous avons également eu une discussion sur les projets du gouvernement en matière budgétaire. Nous avons parlé de la modification de l’abattement fiscal (…) J’ai expliqué la réalité de cette politique fiscale qui est le fruit d’un travail de plusieurs mois ». Emmanuel Macron pense que cette réforme est juste alors qu’en Martinique la population et les élus pensent le contraire. « Le Président nous roule dans la farine« , s’insurge le sénateur Maurice Antiste.

Le Président de la République assure que « cette réforme concerne 4 % des plus riches en Outre-mer, c’est 70 millions d’euros qui seront intégralement et en toute transparence réinvestis dans les projets en Outre-mer ». 

40 millions pour l’hôpital

La ministre de la Santé se rendra à l’hôpital qui a connu de grandes difficultés, « nous allons réinvestir massivement pour que l’hôpital retrouve ses capacités pour soigner les habitants dans des conditions normales« , insiste Emmanuel Macron. Il a annoncé le chiffre de 40 millions d’euros. « J’attends aussi que nous construisions une vraie stratégie d’excellence entre la Guadeloupe et la Martinique pour faire une vraie excellence sanitaire pour nos concitoyens ».

Silver économie, tourisme, numérique et agriculture

Le Président de la République annonce le soutien de l’État aux filières du tourisme, de la silver économie, du numérique et dans l’agriculture. « Des filières sur lesquels nous souhaitons investir massivement« .

 

Le Président de la République, Emmanuel Macron reconnaît enfin la responsabilité de l’État dans le scandale du chlordécone aux Antilles Françaises, lors d’un discours prononcé en Martinique, jeudi 27 septembre 2018.

Le chef de l'Etat au Morne-Rouge ( jeudi 27 septembre 2018) © Martinique la 1ère
© MARTINIQUE LA 1ÈRE Le chef de l’Etat au Morne-Rouge ( jeudi 27 septembre 2018)
  • Par Joseph Nodin
  • Publié le

C’est au Morne-Rouge (jeudi 27 septembre 2018), sur l’habitation d’un agriculteur qui produit sans pesticides que le chef de l’État a fait sa déclaration en présence de responsables politiques, agricoles et administratifs.

« Je tenais à parler de la chlordécone et enfin à regarder les choses en face. La pollution à la chlordécone est un scandale environnemental dont souffre la Martinique et la Guadeloupe depuis 40 ans. Tout cela c’est le fruit d’une époque qui est désormais révolue. (…) Ce fut aussi le fruit d’un aveuglement collectif« , admet pour la première fois un chef de l’État français en fonction.

Le produit a été interdit dès 1977 aux États-Unis, mais utilisé jusqu’en 1993 aux Antilles par les producteurs de bananes pour lutter contre le charançon du bananier. Il est soupçonné notamment d’être responsable d’une explosion des cancers de la prostate. « Pendant des décennies nous avons collectivement choisi de continuer à utiliser la chlordécone là où d’autres territoires avait cessé beaucoup plus tôt« , confirme Emmanuel Macron.

Pour la première fois l’État parle de réparation

« L’État doit prendre sa part de responsabilité dans cette pollution et doitavancer dans le chemin de la réparation et des projets« . Le Président de la République estime que la réparation est d’abord collective. « C’est le sens du plan d’action mis en place depuis 10 ans pour la recherche scientifique, la prévention, les contrôles, la dépollution avec de vraies avancées. Lorsqu’un particulier veut savoir si sa terre est polluée par la chlordécone, c’est l’État qui prend en charge le test et c’est l’ARS (Agence Régionale de Santé), qui paie ».

La réparation individuelle est attendue

La chlordécone est bien présente dans le corps humain selon les études scientifiques connues, mais l’État considère que ces résultats ne permettent pas de confirmer que cette présence a un effet sur la santé humaine. « Toutefois on présume le lien avec des naissances prématurées, des retards de développement cérébral et d’autres pathologies, mais il n’y a pas aujourd’hui de preuves scientifiques établies », ajoute Emmanuel Macron. De ce point de vue là, le pouvoir tient le même langage sur cette contamination au chlordécone utilisé massivement de 1972 à 1993 dans les bananeraies.

Un espoir pour les travailleurs de la banane ?

« Il est possible d’avancer davantage sur  la question des maladies professionnelles pour les personnes particulièrement exposées à la molécule. J’ai demandé à ce titre que les tableaux des maladies professionnelles soient réactualisés en  fonction des connaissances scientifiques« . Le chef de l’État fait directement allusion aux planteurs de banane de Guadeloupe et de Martinique.

 

Source  Martinique Première 27.09.2018

FESTIVAL des CREOLES (saison 2)

FESTIVAL LE MOIS KREYOL #2 | 9 OCT – 13 NOV
à Paris et en Île de France
Cet automne, du 9 octobre au 13 novembre 2018, le Festival Le Mois Kréyol #2, Festival des langues et des cultures créoles – Lang épi kilti kréyol, célèbre pour sa deuxième édition à Paris et en Île-de-France les potentialités déjà révélées ou encore enfouies des langues et cultures créoles, dans une mise en dialogue des arts, sciences, textes et paroles de tous les continents, sans limites ni frontières.
▷ Soirée d’ouverture du festival le 9 octobre !
Le 9 octobre prochain à partir de 18h, soirée d’ouverture au Cinéma Les 7 Parnassiens, en partenariat avec la Semaine du Film de la Caraïbe et des Outre-Mer.

Au programme : discours inaugural, dévoilement du programme complet avec les dernières surprises, et projections :
– Chantal Loïal et la Créolisation

Petites Antilles, Coeur Battant (avant-première)
|  La programmation artistique  |
❖ En musique  ♫

Jazz, gwoka, chant lyrique, slam, contes musicaux … Retrouvez toute la programmation musicale, avec :

7 Son a To, Yann Cléry, Maë Defays, Simone Lagrand, Fabrice Di Falco et son quartet, Moun San Mélé, Zafer K, Cie Difé Kako, Ymelda et de nombreux invités.

❖ En spectacles !

– À Âmes Egales – Noir de Boue et d’Obus,Cie Difé Kako

– On t’appelle Vénus, Cie Difé Kako – Chantal Loial
– Diouma, de la Cie Koklaya – Raymonde Pater Torin
– Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire, Cie Moun San Melé.
Vous voulez danser, vous aussi ? Parade tropicale, défilé, bals konsèr, soirées de lyannaj et ateliers seront autant de moments partagés d’invitation à la danse, ou devrait-on dire aux danses !
❖ Des contes pour chacun, petits et grands
 
 
Pour les plus jeunes, avec Suzy Ronel,Igo Drané, Mariann Mathéus, mais aussi pour les plus grands, avec Jocelyn Régina
❖ Et bien plus encore
Arts plastiques, street art, photographie, expositions, avec JEANJERÔME, Marie-Charlotte Loreille, l’Association La Collective, …  Toute la programmation à découvrir sur le site du festival !
❖ Des ateliers, stages, et initiations pour tous
Danse, écriture, cuisine, couture, recyclage, maré tèt, initiation au créole, dictée, arts plastiques … Autant d’approches des langues et des cultures créoles, pour tous les âges.
Inscrivez vous dès maintenant, ateliers et stages proposés dans la limite des places disponibles
❖ Des tables rondes scientifiques, ouvertes à tous
15/10 : Créolité et Francophonie, à l’Hotel de Ville de Paris

21/10 : Bokantaj en créoles, à Massy

25/10 : Elèves créolophones à l’école, au Ministère des Outre-Mer

31/10 : L’engagement associatif, à FGO Barbara

7/11 : Créoles, langues d’aujourd’hui, à l’Organisation Internationale de la Francophonie

Avec nos partenaires :
Association et compagnie Difé Kako
Adresse de correspondance : 54 rue Vergniaud – Hall A – 75013 Paris |
Siège : 54 rue Vergniaud – Hall A – 75013 Paris |
SIRET n° 40266469200041 |Tel/ Fax : + 33 (0) 1 70 69 22 38 Port :+ 33 (0) 6 85 19 19 05  | http://www.difekako.fr
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