LE BENIN SOURCE HISTORIQUE de L’ESCLAVAGE s’interroge …

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CHLORDECONE … quand en parler ne suffit pas !

une salutaire pétition pour combler le silence de l’État

Plusieurs milliers de signatures recueillies par une pétition lancée sur internet pour réclamer un plan d’action pour une alimentation sans chlordécone : cette question prend une ampleur insoupçonnée. Une mobilisation civique qui remplit le silence des autorités.

Environnement en Martinique © Martinique La 1ère
© MARTINIQUE LA 1ÈRE Environnement en Martinique
  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le 

En attendant le jour hypothétique où les autorités de l’État vont sortir de leur silence sur le scandale du chlordécone, voici que des citoyens de Guadeloupe et de Martinique se mobilisent. Ils demandent « le droit fondamental d’un accès à une nourriture produite localement et exempte de poison ; un étiquetage des produits indiquant la présence ou non de chlordécone et sa quantité ; une politique publique permettant la production agricole locale d’une nourriture non contaminée ».

Ils réclament simplement le droit de savoir et le droit à la santé. Non pas des poursuites judiciaires contre les coupables, parfaitement identifiés, de ces négligences répétées ayant abouti à une situation hors de contrôle. Pas plus que l’indemnisation des victimes de l’exposition à ce poison.

Pourtant, il y a de quoi

Une plainte déposée en Guadeloupe depuis plus de dix ans pour identifier les responsables de cette incurie tarde à prospérer. Il est vrai que, contrairement à d’autres scandales sanitaires, la pression de l’opinion publique est faible sur les magistrats. Surtout que les gouvernements successifs n’aident pas à établir la vérité. Surtout que nombre de nos responsables politiques, de droite comme de gauche, ont adopté la même attitude depuis la révélation de l’ampleur de la catastrophe sanitaire, écologique et économique.

L’information est disponible depuis 1977, date des premières publications scientifiques sur le chlordécone. Mais il a fallu la mission parlementaire d’information conduite par le député Philippe Edmond-Mariette en 2005 pour commencer la longue marche vers la prise de conscience du problème. Deux ans plus tard, en 2007, la première enquête d’ampleur est publiée par deux militants écologistes, Louis Boutrin et Raphaël Confiant. Ils éditent un livre dressant le constat et un second proposant des solutions. Ils subissent moqueries ou silence poli.

Si chacun avait pris ses responsabilités, dans les hautes sphères du pouvoir, des citoyens ne se seraient pas mobilisés de la sorte. Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre démocratie.

le double langage du gouvernement

Peut-on parler d’un double langage du gouvernement et singulièrement de la ministre de la Santé ? Agnès Buzyn a affirmé vendredi 2 février au Sénat que les études menées sur les relations entre chlordécone et la santé ne sont pas concluantes. Une affirmation controversée à plus d’un titre.

Agnès Buzyn, Ministre de la santé © Eric FEFERBERG / AFP
© ERIC FEFERBERG / AFP Agnès Buzyn, Ministre de la santé
  • Cecile marre
  • Publié le , mis à jour le 
Peut-on à la fois refuser de faire le plein, et déplorer ensuite de tomber en panne d’essence ? C’est un peu ce qu’a fait la ministre de la Santé Agnès Buzyn vendredi 2 février au Sénat.
La discussion portait sur une proposition de loi d’indemnisation des victimes de l’exposition aux pesticides. Le sénateur socialiste de Guadeloupe Victorin Lurel insistait sur la nécessité d’inclure dans la liste de ces produits toxiques le chlordécone et le paraquat. La ministre lui a répondu qu’il n’existe pas de lien de cause à effet entre l’utilisation du chlordécone et la prévalence des cancers.Voir l’extrait.

Mais ce qu’a oublié de dire Agnès Buzin, c’est que si elle a en effet, en tant que directrice de l’institut national contre le cancer, financé le démarrage des études, c’est également elle qui leur a retiré ce financement.

Retour dans le passé

En 2010, la première étude du genre, Karuprostate, est publiée par l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) en Guadeloupe. Les équipes scientifiques suivent pendant trois ans 700 hommes diagnostiqués avec un cancer de la prostate.

Les résultats sont sans appel. « Dès qu’apparaît une élévation du chlordécone dans le sang, vous élevez votre risque. Si on admet que quand vous n’avez pas de chlordécone dans le sang vous avez un risque 1 d’avoir un cancer de la prostate, eh bien dès que le chlordécone commence à pouvoir être mesuré dans le sang, vous élevez légèrement votre risque et ça commence à être quelque chose de très significatif, de passer d’un risque 1 à un risque 2 de voir survenir quelque chose, c’est un événement très important« , précise le professeur Pascal Blanchet, chef du service urologie au CHU de Pointe-à-Pitre, dans le magazine de la santé.

Deux ans plus tard, une autre équipe à Angers, parvient à expliquer le mécanisme par lequel le chlordécone favorise le développement de la tumeur. « On a pu cibler une des nombreuses étapes du développement tumoral et comprendre comment cette toxique favorisait la croissance tumorale en agissant directement sur la formation de nouveaux vaisseaux » explique Nicolas Cléré, enseignant-chercheur à l’université d’Angers en 2012.

L’équipe de l’INSERM souhaite aller plus loin. Il n’y a qu’un seul pays avec les mêmes conditions d’exposition et c’est la Martinique. L’étude Madiprostate est donc lancée en 2013, mais ses financements lui sont retirés en 2014 par l’INCA (Institut national du cancer) dirigé alors par Agnès Buzyn.

Ce retrait foudroie en plein vol la seule étude au monde capable de répondre aux interrogations de la première, comme le note son chef de file, le professeur Luc Multigner « l’étude Madipostate aurait pu confirmer ou infirmer en Martinique ce que nous avions observé en Guadeloupe. Malheureusement cette étude n’ayant pu se dérouler jusqu’au bout par arrêt des financements, il devient très facile de critiquer Karuprostate. On aurait voulu empêcher de conclure de manière consistante on n’aurait pas mieux fait« , selon lui.

Ainsi, déplorer aujourd’hui le manque de données mettant en évidence un lien entre cancer et chlordécone est donc paradoxal.
Si l’on voulait lancer de nouvelles études, il y a en tout cas matière. En Martinique, 600 nouveaux cancers de la prostate sont recensés chaque année, et sur des hommes de plus en plus jeunes

  le gouvernement sur une position intenable !

  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le 

Il y a quelque injustice à charger le gouvernement actuel pour les manquements de ceux qui l’ont précédé. Il est trop facile de penser que ce gouvernement-ci va prendre seul en charge les conséquences de l’épandage des pesticides à base de chlordécone en Guadeloupe et en Martinique.

Il se trouve que les ministres d’aujourd’hui ne sont pas responsables de la dérogation accordée aux importateurs de ces produits chimiques toxiques entre 1990 et 1993. L’actuelle ministre de la Santé terminait ses études de médecine quand deux ministres socialistes et un ministre de droite autorisaient la prolongation de l’utilisation des pesticides pourtant parfaitement identifiés comme perturbateurs endocriniens.

Ceci dit, il serait opportun que le gouvernement d’aujourd’hui tienne un langage clair. La demande du corps social est de déclencher des poursuites judiciaires à l’encontre des fautifs, à leur condamnation et à l’indemnisation des victimes. Puis il s’agit de restaurer l’environnement fortement perturbé. Ce qui passe par des décisions politiques audacieuses.

Or, le gouvernement tergiverse pour s’engager dans la voie de la réparation. Il est vrai que 9 personnes sur 10 vivant en Guadeloupe et en Martinique sont potentiellement exposées au produit organochloré persistant. Ce qui donne environ 700.000 habitants. Ce qui va coûter très cher.

Second obstacle, l’absence de lien de cause à effet entre l’exposition au chlordécone et le nombre record de cancers dans nos pays. C’est, en tout cas, la ligne défendue par la ministre de la Santé. Une affirmation sujette à caution. Directrice de l’Institut national contre le cancer, elle a financé les premières analyses qui auraient permis d’y voir clair. Puis elle a interrompu ce financement. Résultat : un discours scientifique inaudible qui donne désormais un discours politique tout aussi inaudible.

Le  sénateur Maurice  Antiste,  après  les  députés  à l’Assemblée il  y  a  une  semaine,  a  interpellé la Ministre au Sénat  en  souhaitant  une  rencontre  avec les parlementaires de Guadeloupe  et Martinique.

Et pendant ce temps, le chlordécone continue ses ravages silencieux dans nos corps, dans nos têtes, dans nos vies.

Stop à l’empoisonnement des habitants de Martinique et de Guadeloupe

Stop à l’empoisonnement des habitants de Martinique et de Guadeloupe

La Martinique, tout comme la Guadeloupe, connaît une pollution unique au monde de ses terres agricoles, de ses eaux de rivières et de son littoral. La responsable: la molécule de chlordécone utilisée comme insecticide dans les bananeraies, maintenant interdite.

Les conséquences sanitaires sont alarmantes. Contamination de la viande, des poissons et de nombreux légumes par cette molécule. Ces aliments contaminés sont pourtant ensuite autorisés à la vente.

Les impacts sur la santé des habitants sont sans appel:

  • Cancers
  • Retards cognitifs
  • Accouchements précoces
  • Maladie de Parkinson

Les pouvoirs publics nous protègent? Pas du tout. Pire encore, depuis Octobre 2017, la réglementation européenne autorise de vendre de la viande de boeuf, de porc, d’ovins et de caprins avec 5 fois plus de chlordécone que la limite précédente. La viande de volaille et de canard est maintenant autorisée à la consommation avec 10 fois plus de chlordécone qu’avant Octobre 2017.

Quel est l’objectif? L’empoisonnement de toute une population?

Nous, résidents de Martinique et de Guadeloupe, demandons:

  • Le droit fondamental d’un accès à une nourriture produite localement et exempte de poison
  • Un étiquetage des produits indiquant la présence ou non de chlordécone et sa quantité
  • Une politique publique permettant la production agricole locale d’une nourriture non contaminée

Maintenant nous agissons, maintenant nous signons pour faire entendre nos voix!

 

Cette pétition sera remise à:


Lire la lettre de pétition

Résidents de Martinique et de Guadeloupe a lancé cette pétition avec seulement une signature au départ et il y a maintenant 5 357 signataires. Lancez votre pétition pour créer le changement que vous souhaitez voir.

 

Je viens de signer la pétition « Emmanuel Macron: Stop à l’empoisonnement des habitants de Martinique et de Guadeloupe ». C’est une cause importante. Voudriez-vous la signer à votre tour ?

Voici le lien:

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-stop-à-l-empoisonnement-des-habitants-de-martinique-et-de-guadeloupe?utm_medium=email&utm_source=petition_signer_receipt&utm_campaign=triggered&share_context=signature_receipt&recruiter=86696404Merci,

DECENNIE INTERNATIONALE (an II)

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Parlons réel ….avec LUREL !

 Victorin Lurel veut réparer l’eau(en  Guadeloupe), Haïti et la loi Taubira

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Le 21 mai 2001, année de la conférence de Durban, la représentation nationale adopta (dans une belle, inédite et apparente unanimité), la loi mémorielle dite « Taubira ».

Dans l’esprit des députés de l’hexagone, cette loi symbolique venait, en plus de la citoyenneté française accordée à l’abolition de 1848, réparer l’injonction au silence et à l’oubli du drame de l’esclavage faite aux citoyens noirs des anciennes colonies.  Les élus d’outremer, qui eux voyaient dans la loi Taubira le moyen d’obtenir des résultats similaires à ceux de la loi Gayssot, avaient en leur temps timidement regretté le peu de portée juridique du texte qui, certes, s’emploie à réhabiliter la mémoire et l’histoire, mais se borne à dire que le crime existe et reste circonscrit dans l’espace et dans le temps, sans qu’y soient rattachées de sanctions pénales. A l’époque, certains ultramarins, voyaient même la loi Taubira comme le moyen d’obtenir des réparations financières, voire une redistribution du foncier dans les anciennes colonies françaises à esclaves.

Quinze ans plus tard, à la faveur du projet de loi sur l’égalité économique réelle qui ambitionne le rattrapage du retard de développement de l’Outre-Mer par rapport à la métropole, Victorin Lurel semble être décidé à remettre le couvert. Un positionnement qui ressemble fort à une demande de réparations tant pour les territoires français d’outremer que pour… la République indépendante d’Haïti.

Lurel, député de la Guadeloupe…

Dans le cadre de son combat pour l’égalité réelle entre les citoyens français de l’Hexagone et ceux d’Outre-Mer, le député socialiste Victorin Lurel (candidat à sa propre succession aux prochaines législatives et soutien de François Hollande aux prochaines présidentielles) va soumettre à l’Assemblée Nationale des amendements lors de l’examen du projet de loi « Egalité et Citoyenneté ». L’objectif, dit-il, est de donner  « une force normative et sanctionnatrice à la loi Taubira de 2001 » permettant de faire « condamner pénalement toute apologie de la traite et de l’esclavage ou toute atteinte aux descendants des victimes ».

…et Victorin, représentant d’Haïti ?

Visiblement très préoccupé par ce que d’aucuns ont appelé la dette ou « la rançon de l’indépendance d’Haïti », qui a contribué au mal développement de ce pays indépendant de la Caraibe (et membre de la CARICOM qui demande des réparations aux anciennes puissances esclavagistes) Victorin Lurel, député du département français de Guadeloupe compte défendre « un amendement abrogeant la loi du 30 avril 1849 relative à l’indemnité accordée aux colons par suite de l’affranchissement des esclaves et l’ordonnance royale du 17 avril 1825 » par laquelle la France concédait l’indépendance à Haïti contre 150 millions de francs-or.

Rappelons que la Fondation Frantz Fanon, le LKP-UGTG d’Elie Domota, et d’autres comme le COSE, ont déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour  l’abolition de cette même loi du 30 avril 1849 relative à l’indemnité accordée aux colons. Ci-dessous, in extenso, le communiqué de Victorin Lurel qui aborde aussi les points vitaux pour la Guadeloupe que sont le dossier de l’eau (création d’un syndicat unique et ouvert) et le logement social (sanctuarisation des crédits LBU).

Tertullien Mesdouze (Creoleways).

 

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTÉ – ÉGALITÉ – FRATERNITÉ

Victorin LUREL
Député de la Guadeloupe
Ancien ministre

COMMUNIQUE DE PRESSE

Paris, le 7 juin 2016

J’ai été reçu ce jour par le Président de la République en vue de la transmission au Conseil économique, social et environnemental et au Conseil d’Etat du texte préparé par le Gouvernement suite au rapport Egalité réelle outre-mer remis en mars 2016.

Cette rencontre a été l’occasion pour le Président de la République de marquer sa volonté de voir aboutir un texte dès décembre 2016 concrétisant notamment certaines mesures d’égalité sociale et économique réelle proposées dans le rapport.

A la demande du Président, j’ai, en outre, fait le point sur la situation de l’eau en Guadeloupe et réaffirmé mon engagement pour la création d’un syndicat unique et ouvert Eau de Guadeloupe pour garantir, dans les plus brefs délais, un approvisionnement régulier en eau aux Guadeloupéens, premières victimes de cette crise.

En soutien total aux initiatives prises par le Gouvernement, j’ai par ailleurs échangé sur la situation du logement social outre-mer en demandant que les crédits de la LBU soient sanctuarisés et que la réforme majeure de suppression des agréments fiscaux soit votée dès cette semaine à l’Assemblée nationale.

Enfin, j’ai évoqué mon souhait de voir adopter des amendements que je soumettrai à la discussion lors de l’examen du projet de loi Egalité et Citoyenneté donnant une force normative et sanctionnatrice à la loi Taubira de 2001 par une faculté de condamner pénalement toute apologie de la traite et de l’esclavage ou toute atteinte aux descendants des victimes. J’ai, en outre, présenté au Président de la République un amendement abrogeant la loi du 30 avril 1849 relative à l’indemnité accordée aux colons par suite de l’affranchissement des esclaves et l’ordonnance royale du 17 avril 1825 par laquelle la France « concédait » – selon les termes de l’époque- l’indépendance à Haïti moyennant paiement de 150 millions de francs-or

ACTE II  . 8 amendements pour gommer les inégalités

En politique, semaine décisive pour plus d’égalité en Outre-Mer. Le projet de loi Egalité et Citoyenneté est examiné à partir de ce mardi 14 juin 2016 et jusqu’à jeudi 16 juin 2016 en commission spéciale de l’assemblée nationale. 8 amendements sont proposés par le député Victorin Lurel pour gommer des inégalités entre la métropole et l’Outre-Mer. Des amendements importants, voire même historiques pour certains s’ils sont votés.

En premier lieu, un amendement propose que le Gouvernement remette au Parlement un rapport relatif à l’abrogation du décret n° 29 du 24 novembre 1849 relatif à la répartition de l’indemnité coloniale et de l’article 5 du décret relatif à l’abolition de l’esclavage dans les colonies et les possessions françaises du 27 avril 1848.
Un fait historique qui viendrait en complément de l’amendement prévoyant l’abrogation de la loi n° 285 du 30 avril 1849 relative, cette fois, à l’indemnité accordée aux colons suite à l’affranchissement des esclaves. Mais attention, avec cette abrogation, on ne parle pas de réparation financière pour les victimes de l’esclavage, mais uniquement morale.
Dans le même ordre, un autre amendement propose d’abroger symboliquement l’ordonnance du 17 avril 1825, date à la laquelle la France à concédé, pour rappel, à Haiti son indépendance moyennant une forte indemnité financière pour indemniser notamment les anciens colons.Encore une fois, aucune réparation financière n’est prévue avec cet amendement dans la lignée des propos du président de la République François Hollande lorsqu’il est venu inaugurer le Mémorial Act l’année dernière.

Pour lutter contre le racisme, un amendement propose aussi de rendre public tous les 21 mars, date retenue par l’Organisation des Nations Unies pour la Journée internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, un rapport sur la lutte contre les actes portant atteinte aux personnes d’ascendance africaine.
Il serait remis au gouvernement par la Commission nationale consultative des droits de l’homme, car aujourd’hui aucune étude ne permet aux pouvoirs publics et aux associations d’évaluer les atteintes portées aux personnes d’ascendance africaine et d’y apporter ainsi une réponse adéquate.

Certains amendements prévoient de muscler l’arsenal juridique en cas d’apologie de l’esclavage et d’atteinte à l’honneur des descendants des victimes

Il est proposé aux députés de l’assemblée nationale d’inscrire la traite de l’esclavage comme crime contre l’humanité. C’est déjà le cas avec la loi du 21 mai 2001, mais cette fois il s’agit de le rajouter dans la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cela permettrait de donner une plus grande portée judiciaire pour pouvoir engager des poursuites contre le délit d’apologie de l’esclavage et d’atteinte à l’honneur des descendants des victimes, et non uniquement de racisme comme c’est souvent le cas aujourd’hui. Avec des peines pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 mille euros d’amende.

Il est aussi prévu de proposer de donner plus de pouvoir juridique aux associations de défense de la mémoire des esclaves et l’honneur de leurs descendants en leur permettant d’exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les délits de provocation à la discrimination, à la haine, ou à la violence raciale, sauf désaccord de la personne visée.
Et ce détail est important car jusqu’à présent, c’est l’inverse, il faut un accord de la victime présumée pour qu’une association puisse se porter partie civile. Et dans certains cas, les personnes préfèrent se taire. Il s’agit donc là de faciliter les démarches.

D’autres amendements visent enfin à la protection de notre patrimoine…

C’est même le premier amendement qui sera étudié. Il modifie plusieurs dispositions issues du projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine.
Il concerne notamment les radios, comme la notre, RCI, en inscrivant dans la loi qu’au moins une chanson sur 10 diffusée à l’antenne proviennent d’œuvres musicales en langues d’expression régionale ou des départements et territoires d’outre-mer.

En clair, pour nous, en créole, afin de valoriser la langue et la création locale. Un autre amendement va même plus loin en demandant que les œuvres musicales interprétées dans une langue régionale en usage en France constituent au minimum 4% de la proportion d’œuvres musicales d’expression française diffusées sur les ondes au niveau national. une manière de favoriser la diversité de l’expression musicale et culturelle et de dynamiser et pérenniser la création musicale dans toutes les régions d’outre-mer.

ACTE III

 

Victorin Lurel donne force à la loi Taubira et fait abroger l’indemnité versée aux colons expropriés par la France et par Haïti .

by Rédac Creoleways

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Déclaration de Victorin LUREL, Député de la Guadeloupe

La Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi Egalité et Citoyenneté vient aujourd’hui d’opérer un changement majeur et historique de notre droit par le vote des amendements que j’ai souhaité porter.

15 ans après la loi Taubira de 2001 par laquelle la France reconnaissait la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, c’est aujourd’hui l’honneur de la gauche de faire aboutir un combat historique pour rendre ce texte symbolique majeur invocable en droit et normatif.

Si, hier, seuls les propos ayant nié ou fait l’apologie de la Shoah pouvaient être condamnés, demain, nous étendons ce délit aux propos ayant fait l’apologie, la négation, ayant contesté ou minimisé de façon outrancière l’ensemble des crimes contre l’humanité. Ainsi, 15 ans après avoir reconnu la traite négrière et l’esclavage comme crime contre l’humanité, le législateur comble un vide juridique qui empêchait jusqu’ici les juges de condamner l’atteinte portée à la mémoire des victimes de l’esclavage et à l’honneur de leurs descendants par des propos littéralement odieux.

Longtemps attendu par les descendants des victimes de l’esclavage et par les associations les représentant, cette petite révolution n’a pour seul objectif que de renforcer la cohérence de notre régime juridique et le droit à la défense de l’ensemble des citoyens.

En matière de cohérence du corpus juridique, j’ai par ailleurs souhaité porter un amendement proposant une réparation morale du préjudice subi par les esclaves en abrogeant la loi de 1849 relative à l’indemnisation des colons. Le paradoxe juridique par lequel notre droit reconnait l’esclavage comme crime contre l’humanité tout en laissant par ailleurs vivre un texte indemnisant les anciens maîtres qui ont profité de ce crime ne pouvait perdurer.

Dans le prolongement du discours tenu par le Président de la République lors de l’inauguration du Mémorial ACTe en 2015 et sans prétendre à une quelconque réparation financière, l’adoption d’un autre amendement a permis de corriger une faute majeure commise par la France en 1825 qui « concéda » à la République d’Haïti son indépendance moyennant le versement d’une « indemnité » de 150 millions de francs-or. Si cette « dette pour l’indépendance » a été impeccablement acquittée en 1883 malgré les conditions usuraires imposées, j’ai souhaité que soit symboliquement abrogée l’ordonnance du 17 avril 1825 par laquelle notre pays édicta les règles de cette décolonisation honteuse.

Consciente de vivre un moment historique, la Commission a adopté à l’unanimité avec une émotion non dissimulée ces deux abrogations avec le puissant soutien du groupe socialiste, écologiste et républicain, du rapporteur Razzy Hammadi, des rapporteurs thématiques et du Gouvernement représenté par Mme Ericka Bareigts.

En matière de lutte contre les discriminations dont sont trop souvent victimes nos compatriotes, je suis heureux d’avoir pu étendre les droits reconnus aux associations en ce qui concerne les délits de provocation à la discrimination, à la haine, ou à la violence raciale, de diffamation ou d’injure raciale. Si jusqu’alors il s’avérait souvent difficile pour les associations souhaitant ester en justice de recueillir l’accord express des personnes discriminées, la recevabilité de la plainte des associations sera désormais validée, même sans accord express de ces personnes dès lors qu’elles ne s’opposeront pas aux poursuites.

Enfin, à l’heure où la Constitution reconnaît l’existence des langues régionales comme constitutive du patrimoine national, je souhaitais que la richesse de notre diversité culturelle soit mieux reconnue. Afin de valoriser sur l’ensemble du territoire national ce patrimoine vivant, j’ai obtenu qu’au minimum 4 % de la proportion des œuvres diffusées sur nos radios soient désormais en langue régionale.

QUAND L’IDEE DES « REPARATIONS » S’IMPOSE…

ESCLAVAGE : 14 PAYS DE LA CARAÏBE DEMANDENT REPARATIONS A l’ANGLETERRE, A LA FRANCE ET A LA HOLLANDE

14 Pays de la Caraïbe ont engagé des poursuites contre les grandes nations européennes, que sont l’Angleterre, la France et les Pays-Bas. Ils demandent des compensations financières, pour le lourd héritage de l’esclavage laissé par ces nations.Ces pays se basent sur un cas de jurisprudence où des Kenyans torturés par le pouvoir colonial anglais, ont été dédommagés en 1950 après un procès très médiatisé.

Le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas sont poursuivis par quatorze petits Etats de la Caraïbe. Ils demandent réparation pour le lourd héritage de l’esclavage laissé par ces nations esclavagistes. S’ils obtiennent gain de cause, des compensations financières évaluées à plusieurs centaines de milliards d’euro, pourraient être engagées.  175 ans après l’abolition de l’esclavage faite par le Royaume Uni, 167 ans après celle de la France, 152 après l’abolition faite par les Pays-Bas voici que l’histoire revient sur le devant de la scène sous-forme judiciaire.
A la tête de ces poursuites judiciaires, la Caricom(Caribbean Community) composée de douze anciennes colonies, anglaises, françaises( Haïti, association le MIR) et hollandaise (Surianm) se sont unis afin de porter aux plus haut niveau leurs revendications. Ces pays estiment que les gouvernements européennes ont tiré profit durant des siècles du dur travail mener par les esclaves et qu’ils doivent désormais payer. Ces Etats ont engagé le célèbre Cabinet d’Avocat LEIGH DAY connu pour avoir remporté  récemment le procès des centaines de kenyans torturés et emprisonnés par le pouvoir colonial britannique, durant les années 1950. La Caricom n’a pas précisé le montant qu’elle demanderait mais elle souligne que l’Angleterre une fois l’esclavage abolit en 1833, a dédommagé les propriétaires d’esclaves d’une somme avoisinant les vingt milliards de £, quand à la France, le gouvernement de Napoléon III accorde aux anciens propriétaires d’esclaves une indemnité égale au tiers de la valeur de leurs anciens esclaves. 
 
Ce n’est pas la première fois que l’idée de réparations surgit. Aux Etats-Unis l’idée avait déjà fait surface à plusieurs reprises,  après la Guerre Sécession (1861-1865)  près de 400 000 acres de Terres en Floride, en Géorgie, et en Caroline du Sud appartenant à d’anciens propriétaires furent redistribuées par le Gouvernement de Washington aux esclaves affranchis, mais finalement l’idée fut abandonnée par le président Andrew Johnson successeur d’Abram Lincoln assassiné.
Pour les Etats membres de la Caricom, l’esclavage débuté au XVIIe siècle serait un frein au développement de la Région,aujourd’hui très pauvre. Ils comparent leur demande à l’autre génocide l’Holocauste, qui avait vu l’Allemagne post-nazie remboursée les victimes du Régime Nazi. «L’héritage terrible de ces crimes contre l’humanité doit être réparé pour le bénéfice du développement de nos sociétés des Caraïbes et tous nos peuples », a déclaré Ralph Gonsalves, Premier ministre de la petite Saint-Vincent-et-les Grenadines. Pour le Premier Ministre, il s’agit d’un tord qui doit être redressé.
Verene Shepherd, qui coordonne les demandes de la Jamaïque pour les réparations, a déclaré que leurs ancêtres esclaves »n’ont rien eu» quand ils ont été libérés. «Ils ont obtenu leur liberté et leur a dit« Allez-vous développer »..  Face à ses demandes pour le moins nouvelle,les critiques sont nombreuses en Europe. Elles soulignent que de nombreux membres de la CARICOM ne seraient pas si pauvres que cela, car, ce sont des  paradis millionnaires tels que les Bahamas et la Barbade.
La Caricom insiste et  elle espère parvenir à un règlement avec les pays européens et ne saisiront la Justice que si les négociations échouent.
Une réparation financière est-elle apte à calmer les souffrances liées à l’esclavage?
En France, une association a elle aussi entamée des poursuites contre ceux qui ont profité de l’esclavage. Lorsqu’il a annoncé son intention de poursuivre en justice la Caisse des dépôts et consignations au motif qu’elle aurait «profité de l’esclavage», le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) a réalisé un coup médiatique qui a quasiment supplanté les commémorations de l’abolition de l’esclavage. Pour la psychanalyste Jeanna Wiltord :  » Pour comprendre l’insistance de la demande de réparation qui se fait entendre dans ces populations, il me paraît nécessaire de situer la souffrance causée par la colonisation esclavagiste et racialisée dans sa dimension de traumatisme.» Elle poursuit sn explication en ces termes : En psychanalyse, un événement revêt un caractère traumatique dès lors qu’il génère, après coup, des comportements et des actes automatiques, c’est-à-dire non délibérés, comme la peur de l’eau pour celui qui a manqué de se noyer dans son enfance… Arrivés sur des terres lointaines et sans aucun rapport avec leurs pays et culture d’origine, les Africains déportés se sont vus imposer, de surcroît, un rapport social totalement faussé:
 
«Dans la société coloniale, les relations humaines ne se sont pas structurées à partir de la différence symbolique introduite par la parole
Ainsi, sur décision du colonisateur, qui refusait de voir en eux des semblables, les esclaves sont entrés de force dans une société ségrégationniste. Désormais, la valeur d’un individu, son humanité se jugent à la couleur de sa peau:
«Aux “blancs” a été attribuée une valeur imaginaire et les “noirs” sont restés marqués d’une façon tout aussi imaginaire par la macule de l’esclavage.»
De même que les valeurs de la Révolution française sont toujours constitutives de la société hexagonale contemporaine, les valeurs de la société «coloniale esclavagiste et racialisée» fondent encore les relations sociales dans les ex-colonies françaises. Les conséquences sur les individus et la société elle-même s’avèrent nombreuses: Jeanne Wiltord souligne par exemple «une fragilité des hommes dans leur rapport à la virilité». Il est à noter qu’en psychanalyse, la virilité se distingue de l’organe sexuel. Ici, elle s’apprécie à l’aune de la capacité à faire usage du langage pour soutenir une parole en son propre nom. Cette fonction «humanisante» s’étant trouvée pervertie, la parole est devenue l’affaire du «blanc».
Il est logique de penser que de tels traumatismes vieux de plusieurs siècles devraient être résolus depuis belle lurette. Cependant, les maux psychiques ne peuvent être véritablement soignés que si l’on pose des mots sur les événements qui les ont produits. Mais en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane française et à la Réunion, on a plutôt opté pour le silence. C’était la consigne. En Martinique par exemple, «la proclamation par le gouverneur Rostoland de l’abolition de l’esclavage en 1848 est explicite sur ce point: “je recommande à chacun l’oubli du passé’’».
Pourtant, «ne pas parler d’une histoire lui donne de l’ampleur», précise Jeanne Wiltord. De plus, au silence imposé par l’Etat s’est ajouté celui infligé par l’école laïque républicaine qui ne laisse aucune place dans les programmes à l’histoire des colonies, ni même à la façon dont elles ont été peuplées. Au contraire, elle a imposé le déni en enseignant à tous un ancêtre unique et commun: le gaulois.
Enfin, l’accession en 1946 de ces quatre colonies au statut de département parachève l’œuvre de déni, car la structure coloniale sur laquelle elles ont été créées a perduré après la départementalisation. Cette particularité en fait des départements entièrement à part. Une situation à laquelle tout le monde semble s’être accommodé, mais qui n’est pourtant pas propice à une guérison du traumatisme.
«Le déni est un mécanisme paradoxal qui fonctionne à notre insu pour nier une réalité, poursuit Wiltord, mais qui ne permet pas de constituer la mémoire de cette réalité. C’est une tentative imparfaite pour se détacher de la réalité d’un événement ou d’un fait, quand leur signification ne peut pas être admise psychiquement par un sujet.»
Aussi, une question reste en suspens: comment un traumatisme aussi profond et encore présent dans le quotidien de nombreux Antillais, Guyanais et Réunionnais peut-il être pansé?
Ne plus être esclave de l’esclavage
En plus d’un travail psychanalytique qui découle d’une démarche individuelle, la psychiatre martiniquaise préconise de «faire des recherches historiques et de travailler à rendre l’histoire lisible». En effet, une représentation victimaire s’applique à ne concevoir les esclaves que dans leur condition de maltraité et à occulter la force dont ont fait preuve nombre de ceux qui ont refusé de se soumettre: il y a eu des résistants, des révoltés. Un tel regard, affirme Jeanne Wiltord, permettrait d’aborder autrement «cette histoire déjà marquée par la honte chez les descendants d’affranchis».
Aujourd’hui, on entend çà et là des voix s’élever pour réclamer des réparations pour les multiples dommages occasionnés par la traite négrière. Jean-Marc Ayrault lui-même et certains membres de son gouvernement ont pu estimer la demande légitime. Cependant, la position de Jeanne Wiltord est sans ambigüité:
«Une réparation est impossible. On ne peut pas effacer l’histoire.»
D’autant qu’elle perçoit une motivation plus profonde dans toutes ces requêtes en compensation:
«Dans toute demande, il y a une demande d’amour et de reconnaissance; mais y porter réponse par des compensations matérielles ne fait que relancer la demande sans jamais arriver à la satisfaire car cette réponse est une méconnaissance du registre où la demande a à être entendue.»
Le propos ici n’est absolument pas de classer aux oubliettes cette triste période de l’histoire humaine et du capitalisme marchand, bien au contraire. Le souvenir de la traite négrière doit permettre de construire un présent et un futur plus en adéquation avec le respect de la personne humaine. C’est d’ailleurs ce qu’écrivait Frantz Fanon[6] en 1952 dans sa conclusion de Peau noire masque blanc:
«Chaque fois qu’un homme a fait triompher la dignité de l’esprit, chaque fois qu’un homme a dit non à une tentative d’asservissement de son semblable, je me suis senti solidaire de son acte.
En aucune façon je ne dois m’attacher à faire revivre une civilisation nègre injustement méconnue. Je ne me fais l’homme d’aucun passé. Je ne veux pas chanter le passé aux dépens de mon présent et de mon avenir.
[…] N’ai-je donc pas sur terre autre chose à faire qu’à venger les Noirs du XVIIe siècle?[…] Vais-je demander à l’homme blanc d’aujourd’hui d’être responsable des négriers du XVIIe siècle? Vais-je essayer par tous les moyens de faire naître la culpabilité dans les âmes? La douleur morale devant la densité du passé? Je suis nègre et des tonnes de chaînes, des orages de coups, des fleuves de crachats ruissellent sur mes épaules. Mais je n’ai pas le droit de me laisser ancrer […] Je n’ai pas le droit de me laisser engluer par les déterminations du passé. Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères.[…] Mais moi l’homme de couleur, dans la mesure où il me devient possible d’exister absolument, je n’ai pas le droit de me cantonner dans un monde de réparations rétroactives.» 
 

Un Déni très Français

En France, le déni est très fort. Le président de la République Française François Hollande, dans son intervention du 10 Mai 2013, jour de la Commémoration de l’esclavage au niveau national, était resté ferme dans son refus de toute réparation matérielle de l’esclavage. Pour lui, il y a une «Impossible réparation» : c’est en ces termes que le président de la République a gardé la porte close à toute compensation financière, pour ce crime qui a tué des millions d’êtres humains. De plus ces dernières semaines, une polémique lancée par la chanteuse Joëlle Ursull a  agité les réseaux sociaux et prouve la France est encore dans le déni. Face à ce refus de reconnaître l’esclavage des noirs comme le pire crime commis dans l’histoire de l’Humanité, la question des réparations se pose et doit se maintenir.

E.L.M.S pour TheLinkFwi@

Maître PERCIN craqua une allumette…

pour  allumer  une  bougie  qu’il  tenait  à  la  main.
et  à  cet  instant   précis,  le  Président   lança :
 mais  que  faites  vous  Maître  Percin?
Et  Maître   Percin  de  lui  répondre :
Maître  Percin  cherche  la  justice..  JUSTICE !…..  JUSTICE !…  hurlait  il !

Mais qu’ont-ils fait de grave ces deux jeunes Martiniquais, Yann De Lépine et sa sœur Roselyne, pour mériter un tel acharnement de la justice pour les obliger à fermer leur petite entreprise « Au bout du Monde », qu’ils ont créé à Ducos ? Un voisin, Jean-Michel Hayot, qui évoque une gène occasionnée par le bruit de soirées organisées dans le restaurant, a décidé que leur activité devait cesser. La justice est allée dans le même sens, ils sont condamnés à arrêter leur activité.

 

Yann et Roselyne De Lépine ont construit une jolie maison de type colonial sur le terrain de leurs parents où, avec leur oncle agriculteur, ils ont planté les fruits et légumes qu’ils utilisent pour la restauration. Mais de même que certains voisins et beaucoup de Martiniquais, békés et autres, ils n’ont pas fait de demande de permis de construire, ce qui pour la justice constitue un délit. Mais en cas de régularisation le justiciable est dispensé de peine. « Ce qui se fait habituellement, régulièrement » a expliqué l’avocat des deux jeunes entrepreneurs, Maître Dominique Nicolas, au public venu en nombre.

En effet la défunte juge, Sabine Maillard, faisant preuve d’humanité vis-à-vis de ces deux jeunes, leur a accordé un délai de 10 jours pour régulariser leur situation, ce qu’ils ont fait. Et fait rare à souligner, ils ont fourni toutes les preuves dans le dossier de presse remis aux journalistes présents lors de leur conférence de presse.

Le permis de construire a été délivré par le maire, mais le voisin Jean-Michel Hayot ne veut pas voir « Au Bout du Monde. » Et il va jusqu’au bout de sa puissance acquise depuis la plantation d’avant 1848, et renforcée par nos agenouillements inscrits dans notre inconscient collectif. En tout cas pour celles et ceux qui refusent de suivre l’exemple de nos ancêtres « marrons. »

Jean-Michel Hayot a écrit au maire de la commune, Charles-André Mencé, pour lui demander d’annuler le permis de construire du restaurant. Bien entendu le maire n’a pas suivi cette étonnante injonction, comme il n’a pas cédé devant les nombreuses manifestations de l’association écologiste ASAUPAMAR et des citoyens indignés qui ne pouvaient accepter de voir pousser du béton dans la mangrove de Génipa, où le groupe Hayot a pu construire son immense centre commercial.

Le Préfet de Martinique qui n’a pas eu la même vigilance dans l’affaire des millions de détournements de fonds du CEREGMIA a fait le choix de répondre aux attentes des voisins du « Bout du Monde » en contestant le permis de construire de cette petite entreprise, devant le Tribunal Administratif.

La justice, malgré la régularisation du permis de construire, a décidé contrairement aux habitudes de poursuivre (dans un délai à faire pâlir d’envie la plupart des justiciables), et de condamner ces deux jeunes qui n’ont pas choisi d’aller pointer à Pôle emploi ni vendre de la drogue ou en consommer. Ce qui semble déranger moins dans ce département français entièrement à part. S’étonnant de la rapidité avec laquelle cette affaire arrive devant le tribunal, Maître Nicolas a rappelé que dans certains dossiers il faut attendre 6 mois.

Le frère et la soeur ont créé 9 emplois dans leur pays où le chômage des jeunes atteint les 60%.  Pourtant ils font l’objet d’un acharnement étonnant, sinon inquiétant de la justice. Faute pour le Tribunal Correctionnel de les condamner à détruire sous astreinte leur lieu de travail, sa décision tombant après que le permis ait été accordé, elle les a frappés d’une décision exécutoire de fermeture du restaurant.

Quand on apprend que des pressions ont été exercées par l’Etat pour que le maire annule le permis de construire, faute de quoi son PLU (Plan Local d’Urbanisme) pourrait ne pas être validé, on ne s’étonne même pas. Pour information, c’est le Préfet qui assure le contrôle de légalité en vérifiant que le document approuvé n’est pas entaché d’illégalité tant sur la forme que sur le fond.

Le collectif constitué pour aider Yann De Lépine et sa sœur Roselyne à maintenir leur activité sur leur lieu de travail et qui envisage une action de solidarité dès le 2 juin, n’a pas manqué de souligner que dans cette affaire qui retient l’attention des plus hautes autorités, une des voisines, Dominique Hayot, est la Présidente de la chambre sociale de la Cour d’Appel de Fort-de-France.

Maître Nicolas a expliqué en quoi consiste le rôle de ce magistrat dans les affaires sociales :

« C’est à dire que dans toutes les affaires qui opposent un salarié et un patron vous avez, au plus haut niveau,une personne qui peut faire pencher la balance dans un sens, ou dans l’autre et c’est Madame Dominique Hayot. »

Il ne s’agit pas dans ce dossier d’une affaire sociale et le nom ou le lien de parenté d’une personne avec une des parties, ne peut l’empêcher d’occuper un tel poste et de rendre des décisions justes. Mais la suspicion plane au dessus de cette affaire concernant une si petite entreprise et les avocats envisagent, sans illusions, de demander la délocalisation de la prochaine audience prévue en juin prochain.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »                                                                                                                  

Dans la colonie on peut jouer avec les mots de Jean de La Fontaine, parce que l’histoire dans ce domaine semble bien bégayer. Ici on peut dire : selon que vous serez Blanc ou Noir, les jugements de cour vous rendront délinquants ou intouchables.

J’entends les indignations à sens unique, j’entend crier racisme anti-Blanc dans ce pays où les mauvaises mœurs coloniales continuent à s’appliquer, toujours au service des mêmes intérêts, toujours contre ceux qui n’ont pas choisi de s’agenouiller, de se gribouiller en Oncle Tom.

J’entends ces racistes venus de France qui osent chez nous traiter nos musiciens de singes. Ou d’autres qui sans peur, insultent sur nos plages où ils promènent leurs chiens malgré l’interdiction en vigueur, décrètent leur animal plus propres que nos femmes.

Oui les faits parlent, la justice en Martinique s’applique encore trop souvent comme en colonie.

Les Français de France n’ont pas confiance dans leur justice, dans la colonie le taux d’insatisfaction n’est pas calculé.

En février 2014, un sondage BVA pour « Le Parisien Dimanche » annonçait que trois quarts des Français (75%) estimaient que la justice en France fonctionne mal et plus de la moitié (59%), avaient une mauvaise opinion de la ministre de la Justice Christiane Taubira.

Est-il nécessaire de rappeler que la ministre en question est Noire, ce qui pour beaucoup de Français était insupportable. On se souvient encore des torrents de propos racistes qui se sont déversés sur les réseaux sociaux et même dans une certaine presse. Christiane Taubira fut traitée de singe, et le journal « Minute » n’hésita pas à titrer en Une : « Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane. »

Mais au delà du racisme connu de la « Métropole », les citoyens français ont vraiment mal à leur justice. Le pouvoir exécutif nomme les magistrats, ce n’est pas pour qu’ils aillent prendre des décisions contraires aux intérêts du pouvoir et de ses soutiens.

D’ailleurs est-il étonnant que seuls les élus empêtrés dans des affaires, peuvent affirmer, souriant devant les caméras de télévision : « J’ai  confiance en la justice de mon pays. »

Difficile d’en dire autant quand on est par exemple un salarié d’Air-France, qui un jour, emporté par l’inquiétude du chômage qu’annoncent des plans sociaux, déchire la chemise d’un responsable de son entreprise !

Difficile d’en dire autant quand dans la colonie on s’appelle Ti-Sonson de derrière morne.

D’autres ont parlé du poids de l’histoire

La promotion 1997 de l’Ecole Nationale de la Magistrature avait décidé d’honorer la mémoire de Paul Didier en choisissant son patronyme comme nom de baptême. Paul Didier fut le seul et unique magistrat ayant refusé de prêter serment au Maréchal Pétain pendant l’Occupation.

Pierre Lyon-Caen fondateur et premier Secrétaire général du Syndicat de la magistrature déclarait il y a bien longtemps :

« L’opinion publique a une piètre idée de la justice… Comment pourrait-il en aller autrement puisque la justice n’a jamais su se dégager du régime en place et s’est toujours compromise avec lui, couvrant ses turpitudes ou ses crimes (…) La justice a été vichyssoise non seulement en 42 mais jusqu’en août 1944 elle n’a évité ni les abus commis à la libération, ni ceux plus récemment consécutifs à l’indépendance de l’Algérie même si, individuellement, quelques magistrats ont su, parfois héroïquement, faire leur devoir. [1]»

Il faut le reconnaître, quelques magistrats en Martinique comme en France, font leur devoir. Pour avoir couvert pendant une vingtaine d’année, dans le presse écrite et à la télévision, les affaires judiciaires, l’auteur de cet article peut en témoigner. Mais sous nos cocotiers, c’est essentiellement dans l’intérêt du pouvoir en place dans la Métropole et de ses affidés, que la balance de la justice se fait légère.

Qui veut la mort du « Bout du Monde »

Comment comprendre cet acharnement contre ces deux jeunes Martiniquais qui ont créé leur entreprise dans ce pays où on aime tellement, avec mépris, nous traiter d’assistés ?

Est-ce que le bruit occasionné par les soirées organisées dans ce restaurant, se situant à un kilomètre de leurs villas, peut justifier cette pulsion de mort sociale de cette famille Hayot ?

Le bruit, même s’il faut en convenir, envahit trop nos espaces de vie, n’est-il pas trop souvent un prétexte pour asseoir une supériorité illusoire ou un rejet non dit ?

Certaines grandes familles békés, habituées aux immenses espaces de l’habitation, ne supportent-elles pas l’évolution de la société martiniquaise qui permet à un plus grand nombre de chivé grin’in, de construire non loin de leurs hectares de jardins ou plantations ?

Pourtant on pourrait penser que bénéficiant du silence de la soumission inconsciente face à la pwofitasion, à l’accaparement des terres, à la conception inadaptée aux évolutions sociales dans les entreprises (déjà avant la loi socialiste-Medef El Khomri), certains accepteraient même à contre cœur, les bruits de la fête à se taire.

La réconciliation n’est pas pour demain malgré les simagrées des tantes et oncles Tom, que rappelle une fois de plus ce joli moi de Mai pendant lequel nous rendons hommages à nos ancêtres esclaves, qui ont brisé leurs chaînes.

Lisa DAVID

Source: Freepawol.com
NB  Je  que le  courrier  est  adressé  à   Mairie  de  Ducos….. !!!!!

(une  manière  sans  doute  de  nier  l’autorité de  celui   qui   occupe  les  lieux  au  nom  de l’état  et   des  citoyens  qui   l’ont   élu  !)

La Cour européenne des droits de l’homme valide l’interdiction du voile intégral en France

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé « légitime », mardi 1er juillet, l’interdiction du voile islamique intégral en France, en rejetant la requête d’une Française adepte du niqab et de la burqa.

La jeune femme avait saisi la Cour à propos de la loi votée fin 2010 qui prévoit que « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage », sous peine de 150 euros d’amende et/ou d’un stage de citoyenneté. Retour sur cette décision.
Qui avait saisi la CEDH ?

Restée anonyme, la femme à l’origine de la saisine de la CEDH est une Française, vivant en France, et née au Pakistan. Agée de 24 ans, cette avocate de profession explique porter aussi bien la burqa, qui cache tout le corps y compris les yeux, et le niqab « afin d’être en accord avec sa foi, sa culture et ses convictions personnelles ». Et ce, précisait-elle, sans que son mari ou un autre membre de sa famille de ne fasse pression sur elle.
Pourquoi la Cour a-t-elle validé la loi ?

Pour justifier la nécessité de la loi, la France mettait en avant le respect de l’égalité hommes-femmes, de la dignité, et la préservation du « vivre ensemble ». C’est cette dernière notion qu’a retenu la CEDH, jugeant l’objectif « légitime ».

La Cour estime que se cacher le visage dans l’espace public peut effectivement porter atteinte au respect des exigences de la vie en société. Elle a admis que la France disposait à cet égard d’une « ample marge d’appréciation ». Par conséquent, la loi votée fin 2010 n’est pas contraire à la Convention européenne des droits de l’Homme.
La CEDH donne-t-elle totalement raison à la France ?

La Cour a reconnu que l’interdiction de dissimuler son visage « pèse essentiellement sur une partie des femmes musulmanes », sans que la loi ne soit pour autant « explicitement fondée sur la connotation religieuse des vêtements ». Pour autant, la CEDH ne valide pas tous les arguments des autorités françaises.

Elle exprime quelques réserves en rejetant les raisons sécuritaires invoquées parle gouvernement. Le choix d’une interdiction générale « peut paraître démesuré » au regard du faible nombre de femmes concernées : s’il s’agissait uniquement de sécurité, il aurait été possible de leur demander de montrer leur visage et de s’identifier selon les circonstances, en cas de risque caractérisé par exemple.

La CEDH s’inquiète également du climat dans lequel la loi a été votée en 2010. Elle se dit « très préoccupée » par les témoignages selon lesquels « des propos islamophobes ont marqué le débat » avant l’adoption de la loi.
FRANCETV INFO

UNE « COMMISSION JUPPE » VOIT LE JOUR à BORDEAUX

ESCLAVAGE- Beaucoup d’attentes sur la nouvelle commission proposée par Alain Juppé

AgendaCommuniqué 9 mai 2016 Patrick Carl 0

Mémoires & Partages se réjouit d’une nouvelle étape du devoir de mémoire de la ville de Bordeaux.

COMMUNIQUE– A l’occasion de la journée nationale du 10 mai 2016, la ville de Bordeaux vient d’annoncer par communiqué la mise en place d’une nouvelle commission de travail autour de l’histoire de l’esclavage, de la traite des noirs et de leurs abolitions.

Bordeaux a, en effet, « entamé il y a plusieurs années un important travail de mémoire, qui s’est traduit par différentes actions, dont la pose d’une plaque commémorative sur les quais en 2006, et l’inauguration de salles permanentes dédiées à l’esclavage et à la traite négrière au Musée d’Aquitaine en 2009. »

Selon le communiqué des services de la ville « Ce travail de mémoire est fondamental. L’esclavage et la traite négrière sont des crimes contre l’Humanité. Ils ont nourri les théories racistes, qui sont malheureusement encore présentes et qui doivent être combattues. C’est en portant un regard lucide sur le passé qu’une société plus juste pourra être bâtie, où chacun trouve sa place. »

Une commission de réflexion

Présidée par Marik Fetouh, adjoint au maire, la commission sera composée de Yoan Lopez, Sociologue, Carole Lemee, Anthropologue, Karfa Diallo, Directeur de Mémoires & Partages, François Hubert, Directeur du Musée d’Aquitaine, Myriam Cottias, Présidente du CNMHE, et de René Otayek du Laboratoire Les Afriques dans le Monde de Sciences-PO Bordeaux.

Pour Karfa Diallo, directeur de Mémoires & Partages, » C’est par une lettre adressée à Mémoires & Partages en date du 16 juillet 2015, qu’Alain Juppé a répondu favorablement à notre demande d’approfondissement de l’expérience mémorielle bordelaise. Cette nouvelle commission marque, donc, une nouvelle étape dans le travail de mémoire sur l’esclavage. Onze ans aprés le « Comité Tilinac », installé en 2005 par le précédent maire Hughes Martin, il s’agira de permettre à notre ville de rejoindre le peloton de tête des villes de mémoires. Bordeaux, en effet, mérite amplement de faire de cette mémoire une ressource pour l’épanouissement individuel et collectif »

Mémoires & Partages s’inscrira résolument dans cette commission avec une optique d’écoute, d’ouverture et de construction en faveur d’une véritable politique publique mémorielle, respectueuse de la diversité des engagements et ambitieuse pour une mémoire trop longtemps ignorée et minorée.

Les commémorations autour du 10 mai continuent:

Cérémonie officielle ce mardi 10 mai à 17h sur les quais des Chartrons
« Triangle doré« , l’exposition présentée par Mémoires & Partages est visible jusqu’au 17 mai à l’hôtel de Ville.
Samedi 14 mai, à 16h au CAPC, Karfa Diallo présente une conférence « les Afro-descendants à Bordeaux entre le 18ème et le 19ème siècle »- avec Michel Lemaitre au saxophone

ESCLAVAGE-REPARATIONS: LE POINT DE VUE d E. GLISSANT

18 avril 2015 par Rédac Creoleways

Le poète-philosophe Edouard Glissant était de ces intellectuels courageux qui ont tout donné à la Martinique, et au-delà. Ainsi a-t-il investi les gains de son prix Renaudot, et jusqu’à sa santé, pour contribuer à faire avancer son île. Anticolonialiste assumant toute son histoire, ce théoricien de la relation a soupesé et muri ces mots, échos singuliers à ceux d’Aimé Césaire ou de Frantz Fanon.

Comme la majorité des Caribéens, Edouard Glissant était de grande dignité. Il avait choisi, quelles qu’en soient les douleurs, d’explorer inlassablement notre histoire, source inépuisable de fierté, d’énergie et de créativité, plutôt que de n’en espérer que de quoi nourrir la honte, ou la haine de tout ou partie de soi.

Voici ce qu’Edouard Glissant, homme de combats s’il en fut, pensait de l’idéologie des réparations pour l’esclavage et la traite des Noirs. Propos tirés du livre Mémoires des esclavages, paru aux éditions Gallimard, en 2007.

« Nous, descendants de ceux qui ont souffert l’esclavage, nous héritons de ce qu’ils ont accompli, leurs patiences et leur ténacités, l’humilité avec laquelle ils ont maintenu la mémoire du Pays d’Avant, et quand ils l’eurent égarée, la ténacité avec laquelle ils ont soutenu leur rapport nouveau avec la terre nouvelle, soit dans les îles, soit sur les continents, dans la plantation ou le bourg ou la ville, et nous avons hérités leurs œuvres. Mais nous n’avons pas hérité leurs souffrances, voyez-vous, quelque effort que nous fassions, nous ne nous retrouverons jamais à leur place dans la géhenne et l’intolérable, il y a cette distance à jamais entre eux et nous, de l’accomplissement d’un irrémédiable, et quoi que nous puissions crier, nous ne comblerons pas cette distance.

C’est pourquoi il semblerait dérisoire et même inconvenant de réclamer des redevances, des arriérés, ou des témoignages de repentance, comme si nous allions monnayer toutes ces échéances, et comment et pour quoi faire de tels deniers?

Oui, cet esclavage monstrueux et insaisissable a été plus que positif, mais du fait exclusif de ceux qui l’ont enduré, et contre l’opposition obstinée de ceux qui en ont bénéficié.

La seule réparation qui doive être faite est aux nations de l’Afrique noire, pour ce sous-développement total dans lequel la traite les a d’abord précipitées : les nations du monde occidental n’ont pas là une dette à rembourser mais un crime immense dont les conséquences doivent être réduites, non pas sous la forme d’aumônes et de dons, mais dans la perspective de ces solidarités d’un nouveau style qu’il faut ménager entre les archipels et les continents du monde. »

Edouard Glissant, Mémoires des esclavages, Gallimard, Paris, 2007, p.138-139.

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