VERS UNE RESTITUTION DES OEUVRES d’ART AU PATRIMOINE AFRICAIN…

Polémiques sur la question de la restitution

Il s’agit de rendre
au continent africain
une partie de son histoire

par Joseph Confavreux

vendredi 30 novembre 2018

 

Le rapport des universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy sur la restitution du patrimoine culturel africain remis au président de la République le 23 novembre 2018 a provoqué de nombreux débats dans la presse. Nous reprenons ici, avec son accord, l’article que Joseph Confavreux a publié dans « Mediapart ». Avec un entretien avec Nanette Snoep, Néerlandaise, directrice des musées d’ethnologie de Dresde, Leipzig et Herrnhut en Allemagne après avoir travaillé quinze ans au Musée du Quai Branly.

Restitution du patrimoine :
« Il s’agit de rendre au continent africain
une partie de son histoire »

par Joseph Confavreux Source

Avant même d’être rendu officiellement au président de la République, vendredi 23 novembre, le Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain des universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, a suscité une polémique par voie de presse.

Les tirs de barrage des journaux conservateurs ont ouvert le bal. Le Point, ayant eu la primeur du texte, a mis en exergue un « vocabulaire inspiré des postcolonial studies » et questionné le fond d’un rapport préconisant, selon lui, de « tout rendre ou presque ».

Dans La Tribune de l’art, son fondateur, Didier Rykner y est allé au lance-flammes, jugeant que le rapport mettait « la France dans une position intenable ». Pour ce journaliste, « le choix de ces deux personnalités devait fatalement aboutir aux préconisations très inquiétantes de leur rapport », quitte à faire de Felwine Sarr un portrait largement fantasmé, deux citations trouvées sur Google suffisant à transformer l’économiste et écrivain sénégalais en proche des Indigènes de la République et en « fervent défenseur de Tariq Ramadan ». Ce qui expliquerait pourquoi « il ne fallait évidemment rien attendre d’autre de lui qu’une proposition de “restitutions” massives ».

À l’inverse, Libération titrait son édition du 21 novembre : « Art africain spolié : l’heure du retour », en l’accompagnant d’une photo pleine page d’une statuette africaine semblant se réjouir. Quant au Monde, son éditorial daté du 23 novembre mettait en avant le « risque pour les collections nationales » d’une « voie maximaliste » susceptible de les démanteler, collections dans lesquelles le nombre total de pièces africaines est estimé à plus de 90 000.

Quels sont alors les enjeux de cette séquence ouverte par la déclaration d’Emmanuel Macron, il y a un an à Ouagadougou, annonçant vouloir que « d’ici cinq ans les conditions [seraient] réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique » ? Panorama comparatif et éléments de réponse avec Nanette Snoep, Néerlandaise qui, après avoir passé 15 années au Quai Branly, est depuis 2015 directrice des musées d’ethnologie de Dresde, Leipzig et Herrnhut en Allemagne et prendra, à partir de janvier 2019, la direction du musée ethnographique de Cologne.

La déclaration faite par Emmanuel Macron à Ouagadougou le 28 novembre 2017 et le rapport rédigé par les universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy introduisent-ils une rupture dans la politique française vis-à-vis des collections des musées français issues du continent africain ?

Nanette Snoep : Nous sommes face à une véritable transformation, qui ne touche pas seulement la France, mais concerne toute l’Europe. Avant le rapport de Sarr et Savoy, j’ai eu le sentiment que la déclaration d’Emmanuel Macron avait eu un effet plus fort en Allemagne qu’en France, mais cela va sans doute changer !

Nanette Snoep © DR

Quoi qu’il en soit, nous sommes face à un changement d’ampleur dans la façon de penser les politiques culturelles, patrimoniales et muséales. Le débat sur la restitution des œuvres issues de l’héritage colonial et présentes dans les collections ethnographiques m’intéresse depuis longtemps, et cela va faire 20 ans qu’il est enclenché. Mais on assiste à une accélération puissante depuis au moins deux ans.

L’enjeu est-il posé de manière différente en Allemagne et en France, et cela est-il davantage lié à des passés coloniaux différents ou à des contextes post-coloniaux qui ne sont pas identiques ?

Il existe des différences importantes entre la France et l’Allemagne, ne serait-ce que parce que l’Allemagne a perdu ses colonies après la Première Guerre mondiale, tandis qu’en France, les effets de la colonisation demeurent encore très présents. Les relations économiques, démographiques, culturelles entre l’Afrique et la France sont incomparables avec celles qui existent avec l’Allemagne.

Depuis quelques années, on a assisté, en Allemagne, à un réveil du passé colonial, qui a longtemps été relégué derrière l’histoire de la Shoah. Mais l’Allemagne aborde la question des butins coloniaux à travers le travail qui a été fait sur la spoliation des biens juifs. Des lois, des méthodes de recherche et des cadres de restitution ont été établis à cette occasion. C’est d’ailleurs un même organisme, à Leipzig, qui s’occupe des biens juifs spoliés et a reçu pour mission de s’occuper des butins de guerres coloniaux.

Une autre différence est que le sujet est abordé de manière beaucoup plus pragmatique en Allemagne qu’en France. Après la déclaration de Macron faite à Ouagadougou, des demandes de restitution ont été adressées à Angela Merkel, sans qu’elle prenne position publiquement. Mais une commission a été mise en place, un rapport a été rendu au printemps dernier pour savoir quoi faire de nos butins coloniaux, et des recherches précises ont été lancées.

En France, le rapport annonce que beaucoup des œuvres des musées nationaux devraient être restituées et cela déclenche des réactions émotionnelles. J’ai d’ailleurs été surprise que personne ne réagisse, en France, vis-à-vis du choix de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, une historienne de l’art qui connaît bien la situation allemande. La question est maintenant de savoir si cela va avoir des conséquences ou si cela va rester un effet d’annonce.

Peut-on et faut-il distinguer, et si oui comment, les biens acquis dans les musées européens par des prises de guerre, par des collectes ethnographiques ou par des achats égaux ou inégaux ?

La distinction est importante. Quand on regarde les collections, certaines œuvres proviennent clairement de butins de guerre, par exemple pour le royaume du Dahomey. Quand on consulte les archives, on voit qu’à la fin du XIXe siècle, on en parle d’ailleurs ainsi, en toute transparence, tandis que, plus tard, on va éviter de prononcer ces termes.

Les collectes ethnographiques constituent une zone plus complexe, qui ont impliqué des ethnologues, des géographes, des missionnaires… On ne sait pas toujours comment les pièces sont arrivées dans les musées, mais on sait que, parfois, il s’agissait de vol, comme dans l’exemple souvent cité du journal de Michel Leiris confessant avoir dérobé un objet sacré au Mali, à l’occasion de sa participation à la Mission Dakar-Djibouti, une expédition dirigée par l’ethnologue Marcel Griaule au début des années 1930.

Membres de la Mission Dakar-Djibouti
au musée d’Éthnographie du Trocadéro, Paris 1931.

De gauche à droite : André Schaeffner, Jean Mouchet, Georges-Henri Rivière,
Michel Leiris, le baron Outomsky, Marcel Griaule, Éric Lutten,
Jean Moufle, Gaston-Louis Roux, Marcel Larget.

Les ethnologues partaient rarement seuls et souvent accompagnés de soldats. Dans l’inventaire de départ de cette même mission, dont une grande partie de la collecte se retrouve aujourd’hui au Quai Branly, on note ainsi la présence de nombreux fusils. Et même quand les ethnologues partent sans fusils, cela n’empêche pas les rapports de force.

Peut-on savoir dans quel contexte un chef religieux a pu livrer ses objets sacrés à un ethnologue ? Il existe des enjeux de pouvoir, financiers, symboliques et politiques, qui font qu’on n’est pas dans la même problématique que pour des butins de guerre, mais qu’on demeure toutefois dans des rapports de force.

Quant aux achats, ils ne sont pas non plus exempts de ces rapports de force. Les archives nous montrent des cas de personnes contraintes de céder leurs objets à vil prix. Quand on parle des biens juifs spoliés, on inclut d’ailleurs ceux des Juifs qui ont vendu, dès 1933, des œuvres par exemple pour financer leurs fuites, ou n’ont pas pu vendre au juste prix. Ces œuvres sont aujourd’hui considérées comme ayant été spoliées et à restituer, même s’il existe un acte d’achat. On sent aujourd’hui l’inquiétude des marchands sur le sujet, mais une preuve d’achat n’est pas une garantie suffisante de l’équité de la transaction.

Même s’il existe, dans tous les cas, des rapports de pouvoir, il demeure important de distinguer les différentes catégories d’appropriation du patrimoine africain, et donc de bien connaître le contexte de collecte. Les auteurs du rapport ont raison d’estimer que l’ethnologue ou le marchand doivent pouvoir prouver avoir acquis leurs objets de manière correcte, mais cela va être difficile.

Que pensez-vous du fait que le rapport demande que tout objet qui aurait été emporté sans le consentement explicite ou très vraisemblable des propriétaires ou gardiens des œuvres puisse être restitué aux pays africains qui en feraient la demande ?

Pour moi, la notion de consentement explicite est importante et les auteurs du rapport ont donc raison de l’employer, parce qu’on se trouve en effet le plus souvent dans une zone grisâtre. On peut très rarement, en effet, prouver le consentement explicite. Mais si je prends l’exemple des objets venant de Syrie qui sont arrivés ces dernières années sur le marché européen, en tant que directrice de musée, je refuse d’en acheter parce que je ne pense pas qu’il y ait eu de consentement explicite.

Le mérite de ce rapport est qu’il va obliger les directeurs de musée, les marchands, voire les usagers des musées, à réfléchir à leurs pratiques. Il me semble important et courageux de mettre ce motif du consentement au cœur de la question des restitutions, parce que les musées doivent repenser leur éthique de collecte. Ils ne peuvent plus se permettre d’acheter, parfois pour des millions d’euros, des objets sacrés circulant sur le marché de l’art européen en s’abritant derrière l’existence d’actes d’achat.

Felwine Sarr

Le rapport Savoy-Sarr n’aborde que l’Afrique noire. La question des revendications et des restitutions ne se pose-t-il pas de la même manière pour l’Afrique noire, le Maghreb, l’Océanie ou l’Asie ?

Comme l’a dit Emmanuel Macron lors de sa déclaration de Ouagadougou, il y a là un cas vraiment particulier, au sens où la grande majorité de l’héritage culturel et du patrimoine africain se trouve aujourd’hui dans les galeries et musées européens ou américains.

Ce n’est pas pareil pour l’Asie. Je suis néerlandaise et beaucoup de collections indonésiennes se trouvent aujourd’hui en Hollande. Mais si vous allez à Jakarta, vous trouvez des musées disposant de collections richissimes, et on ne peut donc pas dire que l’Indonésie soit dépourvue de patrimoine indonésien. Cela ne veut pas dire que les restitutions aux pays asiatiques ne soient pas justifiées et importantes, mais c’est sans doute moins urgent que pour l’Afrique.

Restituer certains objets, ce n’est pas seulement une question de patrimoine. Il s’agit de rendre au continent africain une partie de son histoire pour permettre aux Africains de prendre en main cette histoire. Pour moi, les restitutions peuvent donner une énergie au continent africain en lui offrant la possibilité de dire : « on a un patrimoine, on va s’en occuper et on va ainsi se projeter vers l’avenir », même si la manière de prendre en charge ce patrimoine ne sera pas la même que dans les musées européens.

L’important n’est pas seulement la restitution de l’objet, mais aussi de la partie de l’histoire dont l’Europe s’est emparée et qui demeure inaccessible aux Africains. Dans mon musée, je fais actuellement une exposition sur Kinshasa et le plus grand problème auquel j’ai été confrontée a été de faire obtenir des visas aux artistes que je voulais inviter.

Les musées allemands, britanniques ou français ne peuvent prétendre être des musées universels, ne serait-ce que parce que les Africains n’ont pas accès à la même mobilité que les Européens. Aujourd’hui, l’histoire du royaume de Dahomey se retrouve au Quai Branly, alors que les Béninois ne reçoivent pas de visas.

Bénédicte Savoy

Comment jugez-vous l’argument mis en avant par les plumes qui s’inquiètent du rapport Savoy-Sarr en expliquant qu’il n’est guère possible de savoir à quel pays rendre certains objets accaparés avant le dessin des actuelles frontières ?

C’est un mauvais argument, même s’il est vrai que si la France ou l’Allemagne ne veulent travailler qu’avec les États, on aura des soucis. Mais la restitution peut se faire à un village ou à un musée privé, il faut savoir dépasser le cadre des États ! Dans mes musées existe une grande collection en provenance de Namibie qui a été largement composée pendant les années du génocide des Héréros et des Namas, au début du XXe siècle, perpétré pendant la colonisation allemande.

Le Land de Saxe est prêt à faire des restitutions à des associations qui le demandent, alors que cela coince au niveau interétatique, entre l’Allemagne et la Namibie. Il existe plein de petits musées privés en Afrique qui sont tout à fait en mesure d’accueillir ces restitutions. On peut chercher d’autres partenaires que les musées nationaux. Et on peut tout à fait aussi imaginer qu’un objet sacré, par exemple, soit restitué au village d’où il provient.

Un argument récurrent, employé par exemple par La Tribune de l’art, est alors de craindre la mauvaise conservation, et de donner en exemple la façon dont, après les restitutions faites par les Belges au musée de Kinshasa dans les années 1970, les œuvres ont été pillées et dégradées.

Mais les choses ont évolué et on donne toujours ce même exemple, qui oublie que, pendant des décennies, les collections africaines ont souvent été très mal traitées et mal conservées en Europe. Aujourd’hui, les réserves du Quai Branly sont tout à fait bien, mais quand j’y suis arrivée, au milieu des années 1990, c’était loin d’être le cas ! Il faut être modeste quand on critique les Africains et la manière dont ils conservent le patrimoine…

Un autre argument entendu à l’encontre de ce rapport est qu’il va vider et détruire les collections. Que vaut-il ?

En Europe, nous avons des centaines de milliers d’objets en provenance du continent africain. Le Quai Branly [qui détient environ 70 000 objets en provenance d’Afrique – ndlr], comparativement aux musées allemands, ce n’est rien ! Rien que dans les musées de Saxe, nous avons 80 000 objets venant d’Afrique. À Berlin, il y a plus de 500 000 pièces issues des autres continents. La peur que les musées européens se vident est donc infondée.

Avez-vous déjà été confrontée à des demandes de restitution ?

Oui, par exemple de restes humains d’Hawaï. Un groupe d’Hawaïens a fait une première demande de restitution aux musées de Saxe en 1991, renouvelée tous les ans, mais restée sans réponse. Quand j’ai pris ma fonction de directrice, en 2015, cette demande était sur la table et il a fallu batailler pour la faire, et la faire dans des conditions respectueuses.

L’important n’est, en effet, pas seulement le fait de restituer. C’est important de savoir comment on fait pour restituer. On ne va pas se contenter d’envoyer par la poste, mais est-ce qu’on fait une cérémonie ou un rituel ?

Les restitutions peuvent être l’occasion de gestes de réparation et le socle de relations futures, de projets en commun. Il ne faudrait pas que les restitutions deviennent juste un moyen pour se débarrasser d’une histoire qui fait mal. Est-ce que le récit d’un vol d’objet doit rester au musée qui effectue la restitution ? Comment parler d’un objet qui a été rendu, mais dont le passé demeure ?

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1948 – 2018 7O ANS de DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME

 

1948 Les droits de l’Homme à Chaillot

Farid Abdelouahab, écrivain, historien et commissaire d’expositions, publie une histoire de l’élaboration de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dans la revue de Chaillot, l’Esplanade (mars 2018). Il y expose le rôle qu’a tenu le palais de Chaillot en devenant dès 1947 le siège de l’O.N.U. puis le 10 décembre 1948, le lieu de la troisième Assemblée générale des Nations unie. Ce lieu fête cette année les 70 ans de la ratification de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.  

 

Chaillot, le 10 décembre 1948, la troisième Assemblée générale des Nations unie adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme. En pleine guerre froide et devant l’opposition croissante au colonialisme, quarante-huit États membres, réunis dans la grande salle du TNP, votent les trente articles proclamant les droits humains fondamentaux, quand l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud et le bloc soviétique s’abstiennent. Il faudra deux décennies aux Nations unies pour s’accorder sur des mécanismes d’application. 1948 représente ainsi une date charnière qui consacre les droits de l’homme au cœur du Palais de Chaillot. Bien avant cette déclaration qui énonce les droits fondamentaux de l’individu à l’échelle universelle, d’autres grands textes avaient défendu les droits de l’homme.

 

Une longue histoire

Le cylindre d’argile de Cyrus, daté de 539 av. J.-C., décrète la liberté de religion et l’interdiction de l’esclavage. Au XIIIe siècle, la Grande Charte (Magna Carta), imposée en 1215 par les barons anglais à Jean sans Terre, condamne l’arbitraire et deviendra par la suite un symbole pour l’état de droit. La Déclaration des droits dictée en 1689 aux souverains d’Angleterre à la suite de la guerre civile exprime quant à elle l’aspiration du peuple à la démocratie en définissant les principes de la monarchie parlementaire.

La Déclaration d’indépendance américaine de 1776, écrite en grande partie par Thomas Jefferson, déclare pour sa part : « Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement. » Avec cette déclaration, la philosophie des Lumières a trouvé un terrain d’application pour la liberté et la gouvernance des peuples. Rédigée pendant l’été 1787 à Philadelphie, la Constitution des États-Unis d’Amérique définit les principaux organes du gouvernement, leurs juridictions et les droits fondamentaux des citoyens. Quatre ans plus tard, la Déclaration des droits vient protéger les libertés fondamentales : la liberté de parole, de religion, le droit de posséder et de transporter des armes, de se réunir et de pétitionner. Elle interdit les fouilles et les arrestations arbitraires, les maltraitances et les aveux sous contrainte.

Universaliste, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Révolution française représente, déjà en 1789, une grande avancée concernant les droits naturels individuels et les conditions de leur mise en œuvre.

La première convention de Genève, en 1864, édite le premier texte du droit humanitaire, instituant les obligations des individus en temps de guerre. Quatre-vingts ans plus tard, la barbarie et la violence extrême de la Seconde Guerre mondiale conduisent les Nations unies à redéfinir la notion de « crime contre l’humanité » en se donnant pour but d’actualiser à nouveau les valeurs humanistes qui doivent nous gouverner. En 1945, la conférence de San Francisco a en effet donné naissance à l’Organisation des Nations unies, en charge d’assurer la paix et la sécurité internationales. Concomitamment, la Charte des Nations unies est signée le 26 juin, et affirme les droits de l’homme et les libertés fondamentales, en attendant qu’une commission ne bâtisse une déclaration internationale. La première session de la Commission des droits de l’homme, qui réunit un comité de rédaction en provenance de huit pays, se tient en 1947 ; à sa tête, Eleanor Roosevelt, la veuve du Président américain. Le juriste français René Cassin joue un rôle préliminaire important à ses côtés, en élaborant un avant-projet dont l’objectif est d’affirmer le caractère universel de la déclaration, un « idéal commun à atteindre par tous les peuples ».

 

Chaillot : territoire international sous la juridiction de l’O.N.U.

En 1947, le gouvernement français propose de recevoir à Paris la troisième Assemblée générale des Nations unies. Le Palais de Chaillot devient alors pour quelques mois le siège de l’O.N.U. : une transformation qui n’est pas du goût de tous. Ainsi, le fondateur et directeur du musée de l’Homme, Paul Rivet, se plaint par exemple par voie de presse de cette prochaine installation. Le site doit en effet connaître des travaux d’aménagement importants pour accueillir les représentants des cinquante-huit nations appelées à se réunir en septembre 1948. Soit pas moins de cinq mille personnes. Les séances de l’Assemblée doivent se tenir dans le grand auditorium, les ailes du bâtiment se transformant en salles de réunion pour les commissions, tandis que l’on érige un restaurant et des locaux sur la place du Trocadéro. Des centaines de journalistes sont présents, venus du monde entier.

Outre la Déclaration universelle des droits de l’homme, le programme est chargé et l’on doit statuer sur de nombreux sujets : la question monétaire à Berlin, les frontières palestiniennes, les accords sur l’énergie atomique et le désarmement… Débats et tractations se déroulent sur fond de guerre froide naissante, et les tensions internationales sont vives : dès la fin du mois de septembre, une rupture se dessine entre le bloc occidental et les Soviétiques à propos du couloir aérien berlinois. Les travaux reprennent à la mi-décembre. La Commission des droits de l’homme est censée réunir dix-huit membres représentant diverses tendances politiques, culturelles et religieuses (mais il n’y a pas un seul Africain, les indépendances sont à venir…).

Eleanor Roosevelt, nommée par le président des États-Unis Harry S. Truman comme déléguée à l’Assemblée générale des Nations unies en 1946, préside donc le comité de rédaction, qui rassemble un Libanais, un Chinois, un Canadien, un Australien, un Chilien, un Anglais et un Russe. Le Français René Cassin influence notablement ce comité avec sa conception interventionniste des droits de l’homme : la souveraineté des États n’est pas supérieure à ces derniers. Ainsi, grâce à lui, la Déclaration ne sera pas dans son titre « internationale », mais bien « universelle », c’est-à-dire reconnue de tous et destinée à la communauté humaine en son entier. Mais tous les membres ne sont pas d’accord sur les objectifs à tenir : en effet, la Déclaration doit-elle se présenter comme un instrument juridique que l’on doit imposer aux nations, ou bien juste comme un texte qui doit servir de règle ? Lors de sa dernière séance au Palais de Chaillot, le 10 décembre 1948, l’O.N.U. adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme, avec quarante-huit membres en sa faveur, plusieurs amendements repoussés et huit abstentions. Le Conseil de sécurité occupe encore une semaine le Palais, dont le nom connaît désormais une renommée mondiale, avant de s’installer, en janvier 1949, à Lake Success, ville située sur l’île de Long Island, dans l’État de New York.

 

Défendre la dignité, la justice et la démocratie

Les trente articles de la Déclaration abordent les droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux. Les droits au travail, à l’éducation, à la culture et à la santé, dont tous doivent bénéficier, y sont précisés. Universelle, la Déclaration s’adresse à l’ensemble de la communauté humaine, au-delà des religions, origines, milieux ou cultures : l’O.N.U. s’est ainsi engagée à défendre la dignité et la justice sur l’ensemble de la planète, en affirmant l’interdépendance et l’indivisibilité, l’égalité et la non-discrimination. De même, en déclarant que « la volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics », la Déclaration énonce les droits essentiels à une véritable participation politique, indissociable de la valeur universelle qu’elle donne à la démocratie, système qui garantit au mieux la paix, le progrès et le développement. Les individus ont des devoirs de solidarité et les États des obligations pour faire respecter, protéger et satisfaire les droits de l’homme. Tous les systèmes juridiques nationaux doivent y pourvoir.

La Déclaration fait partie de la Charte internationale des droits de l’homme, qui inclut le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adoptés en 1966 seulement par l’Assemblée générale des Nations unies. Car le bloc communiste s’opposant jusqu’alors à tout consensus, il fallut une vingtaine d’années aux États membres pour débattre sur diverses dispositions de la Déclaration universelle, comme le droit à l’autodétermination et la défense des minorités. Dix années supplémentaires ont été de surcroît nécessaires pour que les décisions entrent réellement en vigueur, et c’est alors que la Déclaration universelle a trouvé force obligatoire pour les États qui l’avaient ratifiée.

Aujourd’hui, tous les États membres de l’Organisation des Nations unies ont adopté au moins un des neuf traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, et la très grande majorité d’entre eux en a ratifié quatre ou plus. La Déclaration de 1948 a entraîné dans son sillage d’autres grands textes, comme la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), signée par les États membres du Conseil de l’Europe en 1950 et entrée en vigueur trois ans plus tard. Notons que la France, qui héberge la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, n’a ratifié la Convention qu’en 1974, et n’a permis à ses résidents de la saisir qu’en 1981. De même, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) est un traité international adopté en 1989 par l’Assemblée générale des Nations unies dans le but de reconnaître et protéger les droits spécifiques des enfants. Le concept d’intérêt supérieur de l’enfant le consacre dès lors comme « sujet de droit », et non plus comme « objet de droit ». Parmi les cent quatre-vingt-treize États reconnus par l’O.N.U., seuls les États-Unis ne font pas partie de ce traité, car il interdisait toute condamnation à mort pour un crime commis par un mineur (loi abrogée en 2005 aux États-Unis).

La défense des droits de l’homme, et par extension des droits de tous les êtres vivants sur cette planète, apparaît comme un combat permanent qui traverse l’Histoire et qui restera, semble-t-il, sans fin.

Pour vous procurer la revue L’Esplanade,

rendez-vous sur le site : Chaillot Théâtre National de la Danse

 

Source ACHAC  newsletter#1 – 5 décembre 2018

250 MILLIONS de DOLLARS pour l’UNIVERSITE de BARBADE (W.I)

Esclavage : un don de 250 millions de dollars à l’Université des West Indies de Barbade ?

Jeudi 29 novembre 2018
Esclavage : un don de 250 millions de dollars à l'Université des West Indies de Barbade ?
L’Université de Glasgow a reconnu que les propriétaires d’esclaves jamaïcains avaient adopté l’Université de Glasgow comme université de choix révélant un afflux de 250 millions de dollars extraits de la Jamaïque et des Caraïbes.
L’Université des Indes occidentales (UWI) et l’Université de Glasgow, en Écosse, doivent parvenir à un accord prévoyant que l’institution des Caraïbes bénéficiera de réparations d’un montant de 256 millions de dollars liées à l’esclavage.
Versera ou ne versera pas ? Annoncé en grandes pompes il y a quelques (jours ?) comme confirmé, l’accord prévoyant le versement, par l’Université de Glasgow, en Ecosse, de 256 millions de dollars à l’Université des West Indies, n’est pas encore finalisé et validé. Cette annonce a été faite mardi par Sir Hilary Beckles, le vice-chancelier de UWI. « Le mémorandum est actuellement en cours de rédaction » , a annoncé Hilary Beckles, dans lequel devrait y figurer le terme « justice réparatrice » . Selon le vice-chancelier de UWI : « L’Université de Glasgow a reconnu que les propriétaires d’esclaves jamaïcains avaient adopté l’Université de Glasgow comme université de choix et qu’une valeur de 250 millions de dollars avait été extraite de la Jamaïque et des Caraïbes. »

Hilary Beckles a également déclaré que le vice-chancelier de l’université de Glasgow, le professeur Sir Anton Muscatelli, avait ouvert les livres de l’université, révélant ainsi un « afflux massif de subventions » et dotations de la Jamaïque.
Le vice-chancelier de UWI a précisé pour sa part que les 250 millions de dollars seraient une combinaison d’argent et d’aides en nature. « Nous ne sommes pas debouts au coin de la rue à mendier. Nous recherchons des partenariats et un développement. » L’un des projets dans lesquels l’Université de Glasgow aurait manifesté son intérêt porte sur la recherche sur les maladies chroniques dans les Caraïbes, notamment l’hypertension, le diabète et l’obésité chez les enfants.
« Les 250 millions de dollars seraient une combinaison d’argent et d’aide en nature » , a précisé Hilary Beckels président de la Commission des réparations de la Caricom (K.C)
250 MILLIONS DE DOLLARS DE LA TRAITE DES ESCLAVES
« Ils envisagent la possibilité de s’associer à nous et de créer un institut de grande envergure pour la recherche sur les maladies chroniques, destiné à prévenir leur prolifération future » , a déclaré l’historien, qui préside également la Commission des réparations de la Caricom (Communauté des Caraïbes). Un rapport intitulé l’Esclavage, l’Abolition et l’Université de Glasgow, récemment publié par l’université, révèle qu’elle a bénéficié directement de la traite des esclaves en Afrique et dans les Caraïbes aux XVIIIe et XIXe siècles, à hauteur de près de 250 millions de dollars.
L’université a annoncé qu’elle avait lancé un « programme de justice réparatrice » vaste et ambitieux, fondé sur les résultats de plus de deux années de recherche.
En outre, l’Université de Glasgow a également annoncé son intention de mettre en oeuvre des programmes et des projets prévoyant des bourses d’échange et des programmes d’échange pour les étudiants jamaïcains et autres étudiants des Caraïbes grâce à ses liens avec UWI. Objectif : accroître la diversité raciale des étudiants et du personnel et réduire l’écart de diplomation, tout en créant un centre interdisciplinaire pour l’étude de l’esclavage historique et de son héritage, y compris l’esclavage moderne et le trafic, d’être humains.
Source  France Antilles Jeudi  29 novembre  2018.

LE BENIN SOURCE HISTORIQUE de L’ESCLAVAGE s’interroge …

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CHLORDECONE … quand en parler ne suffit pas !

une salutaire pétition pour combler le silence de l’État

Plusieurs milliers de signatures recueillies par une pétition lancée sur internet pour réclamer un plan d’action pour une alimentation sans chlordécone : cette question prend une ampleur insoupçonnée. Une mobilisation civique qui remplit le silence des autorités.

Environnement en Martinique © Martinique La 1ère
© MARTINIQUE LA 1ÈRE Environnement en Martinique
  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le 

En attendant le jour hypothétique où les autorités de l’État vont sortir de leur silence sur le scandale du chlordécone, voici que des citoyens de Guadeloupe et de Martinique se mobilisent. Ils demandent « le droit fondamental d’un accès à une nourriture produite localement et exempte de poison ; un étiquetage des produits indiquant la présence ou non de chlordécone et sa quantité ; une politique publique permettant la production agricole locale d’une nourriture non contaminée ».

Ils réclament simplement le droit de savoir et le droit à la santé. Non pas des poursuites judiciaires contre les coupables, parfaitement identifiés, de ces négligences répétées ayant abouti à une situation hors de contrôle. Pas plus que l’indemnisation des victimes de l’exposition à ce poison.

Pourtant, il y a de quoi

Une plainte déposée en Guadeloupe depuis plus de dix ans pour identifier les responsables de cette incurie tarde à prospérer. Il est vrai que, contrairement à d’autres scandales sanitaires, la pression de l’opinion publique est faible sur les magistrats. Surtout que les gouvernements successifs n’aident pas à établir la vérité. Surtout que nombre de nos responsables politiques, de droite comme de gauche, ont adopté la même attitude depuis la révélation de l’ampleur de la catastrophe sanitaire, écologique et économique.

L’information est disponible depuis 1977, date des premières publications scientifiques sur le chlordécone. Mais il a fallu la mission parlementaire d’information conduite par le député Philippe Edmond-Mariette en 2005 pour commencer la longue marche vers la prise de conscience du problème. Deux ans plus tard, en 2007, la première enquête d’ampleur est publiée par deux militants écologistes, Louis Boutrin et Raphaël Confiant. Ils éditent un livre dressant le constat et un second proposant des solutions. Ils subissent moqueries ou silence poli.

Si chacun avait pris ses responsabilités, dans les hautes sphères du pouvoir, des citoyens ne se seraient pas mobilisés de la sorte. Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre démocratie.

le double langage du gouvernement

Peut-on parler d’un double langage du gouvernement et singulièrement de la ministre de la Santé ? Agnès Buzyn a affirmé vendredi 2 février au Sénat que les études menées sur les relations entre chlordécone et la santé ne sont pas concluantes. Une affirmation controversée à plus d’un titre.

Agnès Buzyn, Ministre de la santé © Eric FEFERBERG / AFP
© ERIC FEFERBERG / AFP Agnès Buzyn, Ministre de la santé
  • Cecile marre
  • Publié le , mis à jour le 
Peut-on à la fois refuser de faire le plein, et déplorer ensuite de tomber en panne d’essence ? C’est un peu ce qu’a fait la ministre de la Santé Agnès Buzyn vendredi 2 février au Sénat.
La discussion portait sur une proposition de loi d’indemnisation des victimes de l’exposition aux pesticides. Le sénateur socialiste de Guadeloupe Victorin Lurel insistait sur la nécessité d’inclure dans la liste de ces produits toxiques le chlordécone et le paraquat. La ministre lui a répondu qu’il n’existe pas de lien de cause à effet entre l’utilisation du chlordécone et la prévalence des cancers.Voir l’extrait.

Mais ce qu’a oublié de dire Agnès Buzin, c’est que si elle a en effet, en tant que directrice de l’institut national contre le cancer, financé le démarrage des études, c’est également elle qui leur a retiré ce financement.

Retour dans le passé

En 2010, la première étude du genre, Karuprostate, est publiée par l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) en Guadeloupe. Les équipes scientifiques suivent pendant trois ans 700 hommes diagnostiqués avec un cancer de la prostate.

Les résultats sont sans appel. « Dès qu’apparaît une élévation du chlordécone dans le sang, vous élevez votre risque. Si on admet que quand vous n’avez pas de chlordécone dans le sang vous avez un risque 1 d’avoir un cancer de la prostate, eh bien dès que le chlordécone commence à pouvoir être mesuré dans le sang, vous élevez légèrement votre risque et ça commence à être quelque chose de très significatif, de passer d’un risque 1 à un risque 2 de voir survenir quelque chose, c’est un événement très important« , précise le professeur Pascal Blanchet, chef du service urologie au CHU de Pointe-à-Pitre, dans le magazine de la santé.

Deux ans plus tard, une autre équipe à Angers, parvient à expliquer le mécanisme par lequel le chlordécone favorise le développement de la tumeur. « On a pu cibler une des nombreuses étapes du développement tumoral et comprendre comment cette toxique favorisait la croissance tumorale en agissant directement sur la formation de nouveaux vaisseaux » explique Nicolas Cléré, enseignant-chercheur à l’université d’Angers en 2012.

L’équipe de l’INSERM souhaite aller plus loin. Il n’y a qu’un seul pays avec les mêmes conditions d’exposition et c’est la Martinique. L’étude Madiprostate est donc lancée en 2013, mais ses financements lui sont retirés en 2014 par l’INCA (Institut national du cancer) dirigé alors par Agnès Buzyn.

Ce retrait foudroie en plein vol la seule étude au monde capable de répondre aux interrogations de la première, comme le note son chef de file, le professeur Luc Multigner « l’étude Madipostate aurait pu confirmer ou infirmer en Martinique ce que nous avions observé en Guadeloupe. Malheureusement cette étude n’ayant pu se dérouler jusqu’au bout par arrêt des financements, il devient très facile de critiquer Karuprostate. On aurait voulu empêcher de conclure de manière consistante on n’aurait pas mieux fait« , selon lui.

Ainsi, déplorer aujourd’hui le manque de données mettant en évidence un lien entre cancer et chlordécone est donc paradoxal.
Si l’on voulait lancer de nouvelles études, il y a en tout cas matière. En Martinique, 600 nouveaux cancers de la prostate sont recensés chaque année, et sur des hommes de plus en plus jeunes

  le gouvernement sur une position intenable !

  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le 

Il y a quelque injustice à charger le gouvernement actuel pour les manquements de ceux qui l’ont précédé. Il est trop facile de penser que ce gouvernement-ci va prendre seul en charge les conséquences de l’épandage des pesticides à base de chlordécone en Guadeloupe et en Martinique.

Il se trouve que les ministres d’aujourd’hui ne sont pas responsables de la dérogation accordée aux importateurs de ces produits chimiques toxiques entre 1990 et 1993. L’actuelle ministre de la Santé terminait ses études de médecine quand deux ministres socialistes et un ministre de droite autorisaient la prolongation de l’utilisation des pesticides pourtant parfaitement identifiés comme perturbateurs endocriniens.

Ceci dit, il serait opportun que le gouvernement d’aujourd’hui tienne un langage clair. La demande du corps social est de déclencher des poursuites judiciaires à l’encontre des fautifs, à leur condamnation et à l’indemnisation des victimes. Puis il s’agit de restaurer l’environnement fortement perturbé. Ce qui passe par des décisions politiques audacieuses.

Or, le gouvernement tergiverse pour s’engager dans la voie de la réparation. Il est vrai que 9 personnes sur 10 vivant en Guadeloupe et en Martinique sont potentiellement exposées au produit organochloré persistant. Ce qui donne environ 700.000 habitants. Ce qui va coûter très cher.

Second obstacle, l’absence de lien de cause à effet entre l’exposition au chlordécone et le nombre record de cancers dans nos pays. C’est, en tout cas, la ligne défendue par la ministre de la Santé. Une affirmation sujette à caution. Directrice de l’Institut national contre le cancer, elle a financé les premières analyses qui auraient permis d’y voir clair. Puis elle a interrompu ce financement. Résultat : un discours scientifique inaudible qui donne désormais un discours politique tout aussi inaudible.

Le  sénateur Maurice  Antiste,  après  les  députés  à l’Assemblée il  y  a  une  semaine,  a  interpellé la Ministre au Sénat  en  souhaitant  une  rencontre  avec les parlementaires de Guadeloupe  et Martinique.

Et pendant ce temps, le chlordécone continue ses ravages silencieux dans nos corps, dans nos têtes, dans nos vies.

Stop à l’empoisonnement des habitants de Martinique et de Guadeloupe

Stop à l’empoisonnement des habitants de Martinique et de Guadeloupe

La Martinique, tout comme la Guadeloupe, connaît une pollution unique au monde de ses terres agricoles, de ses eaux de rivières et de son littoral. La responsable: la molécule de chlordécone utilisée comme insecticide dans les bananeraies, maintenant interdite.

Les conséquences sanitaires sont alarmantes. Contamination de la viande, des poissons et de nombreux légumes par cette molécule. Ces aliments contaminés sont pourtant ensuite autorisés à la vente.

Les impacts sur la santé des habitants sont sans appel:

  • Cancers
  • Retards cognitifs
  • Accouchements précoces
  • Maladie de Parkinson

Les pouvoirs publics nous protègent? Pas du tout. Pire encore, depuis Octobre 2017, la réglementation européenne autorise de vendre de la viande de boeuf, de porc, d’ovins et de caprins avec 5 fois plus de chlordécone que la limite précédente. La viande de volaille et de canard est maintenant autorisée à la consommation avec 10 fois plus de chlordécone qu’avant Octobre 2017.

Quel est l’objectif? L’empoisonnement de toute une population?

Nous, résidents de Martinique et de Guadeloupe, demandons:

  • Le droit fondamental d’un accès à une nourriture produite localement et exempte de poison
  • Un étiquetage des produits indiquant la présence ou non de chlordécone et sa quantité
  • Une politique publique permettant la production agricole locale d’une nourriture non contaminée

Maintenant nous agissons, maintenant nous signons pour faire entendre nos voix!

 

Cette pétition sera remise à:


Lire la lettre de pétition

Résidents de Martinique et de Guadeloupe a lancé cette pétition avec seulement une signature au départ et il y a maintenant 5 357 signataires. Lancez votre pétition pour créer le changement que vous souhaitez voir.

 

Je viens de signer la pétition « Emmanuel Macron: Stop à l’empoisonnement des habitants de Martinique et de Guadeloupe ». C’est une cause importante. Voudriez-vous la signer à votre tour ?

Voici le lien:

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-stop-à-l-empoisonnement-des-habitants-de-martinique-et-de-guadeloupe?utm_medium=email&utm_source=petition_signer_receipt&utm_campaign=triggered&share_context=signature_receipt&recruiter=86696404Merci,

DECENNIE INTERNATIONALE (an II)

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Parlons réel ….avec LUREL !

 Victorin Lurel veut réparer l’eau(en  Guadeloupe), Haïti et la loi Taubira

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Le 21 mai 2001, année de la conférence de Durban, la représentation nationale adopta (dans une belle, inédite et apparente unanimité), la loi mémorielle dite « Taubira ».

Dans l’esprit des députés de l’hexagone, cette loi symbolique venait, en plus de la citoyenneté française accordée à l’abolition de 1848, réparer l’injonction au silence et à l’oubli du drame de l’esclavage faite aux citoyens noirs des anciennes colonies.  Les élus d’outremer, qui eux voyaient dans la loi Taubira le moyen d’obtenir des résultats similaires à ceux de la loi Gayssot, avaient en leur temps timidement regretté le peu de portée juridique du texte qui, certes, s’emploie à réhabiliter la mémoire et l’histoire, mais se borne à dire que le crime existe et reste circonscrit dans l’espace et dans le temps, sans qu’y soient rattachées de sanctions pénales. A l’époque, certains ultramarins, voyaient même la loi Taubira comme le moyen d’obtenir des réparations financières, voire une redistribution du foncier dans les anciennes colonies françaises à esclaves.

Quinze ans plus tard, à la faveur du projet de loi sur l’égalité économique réelle qui ambitionne le rattrapage du retard de développement de l’Outre-Mer par rapport à la métropole, Victorin Lurel semble être décidé à remettre le couvert. Un positionnement qui ressemble fort à une demande de réparations tant pour les territoires français d’outremer que pour… la République indépendante d’Haïti.

Lurel, député de la Guadeloupe…

Dans le cadre de son combat pour l’égalité réelle entre les citoyens français de l’Hexagone et ceux d’Outre-Mer, le député socialiste Victorin Lurel (candidat à sa propre succession aux prochaines législatives et soutien de François Hollande aux prochaines présidentielles) va soumettre à l’Assemblée Nationale des amendements lors de l’examen du projet de loi « Egalité et Citoyenneté ». L’objectif, dit-il, est de donner  « une force normative et sanctionnatrice à la loi Taubira de 2001 » permettant de faire « condamner pénalement toute apologie de la traite et de l’esclavage ou toute atteinte aux descendants des victimes ».

…et Victorin, représentant d’Haïti ?

Visiblement très préoccupé par ce que d’aucuns ont appelé la dette ou « la rançon de l’indépendance d’Haïti », qui a contribué au mal développement de ce pays indépendant de la Caraibe (et membre de la CARICOM qui demande des réparations aux anciennes puissances esclavagistes) Victorin Lurel, député du département français de Guadeloupe compte défendre « un amendement abrogeant la loi du 30 avril 1849 relative à l’indemnité accordée aux colons par suite de l’affranchissement des esclaves et l’ordonnance royale du 17 avril 1825 » par laquelle la France concédait l’indépendance à Haïti contre 150 millions de francs-or.

Rappelons que la Fondation Frantz Fanon, le LKP-UGTG d’Elie Domota, et d’autres comme le COSE, ont déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour  l’abolition de cette même loi du 30 avril 1849 relative à l’indemnité accordée aux colons. Ci-dessous, in extenso, le communiqué de Victorin Lurel qui aborde aussi les points vitaux pour la Guadeloupe que sont le dossier de l’eau (création d’un syndicat unique et ouvert) et le logement social (sanctuarisation des crédits LBU).

Tertullien Mesdouze (Creoleways).

 

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTÉ – ÉGALITÉ – FRATERNITÉ

Victorin LUREL
Député de la Guadeloupe
Ancien ministre

COMMUNIQUE DE PRESSE

Paris, le 7 juin 2016

J’ai été reçu ce jour par le Président de la République en vue de la transmission au Conseil économique, social et environnemental et au Conseil d’Etat du texte préparé par le Gouvernement suite au rapport Egalité réelle outre-mer remis en mars 2016.

Cette rencontre a été l’occasion pour le Président de la République de marquer sa volonté de voir aboutir un texte dès décembre 2016 concrétisant notamment certaines mesures d’égalité sociale et économique réelle proposées dans le rapport.

A la demande du Président, j’ai, en outre, fait le point sur la situation de l’eau en Guadeloupe et réaffirmé mon engagement pour la création d’un syndicat unique et ouvert Eau de Guadeloupe pour garantir, dans les plus brefs délais, un approvisionnement régulier en eau aux Guadeloupéens, premières victimes de cette crise.

En soutien total aux initiatives prises par le Gouvernement, j’ai par ailleurs échangé sur la situation du logement social outre-mer en demandant que les crédits de la LBU soient sanctuarisés et que la réforme majeure de suppression des agréments fiscaux soit votée dès cette semaine à l’Assemblée nationale.

Enfin, j’ai évoqué mon souhait de voir adopter des amendements que je soumettrai à la discussion lors de l’examen du projet de loi Egalité et Citoyenneté donnant une force normative et sanctionnatrice à la loi Taubira de 2001 par une faculté de condamner pénalement toute apologie de la traite et de l’esclavage ou toute atteinte aux descendants des victimes. J’ai, en outre, présenté au Président de la République un amendement abrogeant la loi du 30 avril 1849 relative à l’indemnité accordée aux colons par suite de l’affranchissement des esclaves et l’ordonnance royale du 17 avril 1825 par laquelle la France « concédait » – selon les termes de l’époque- l’indépendance à Haïti moyennant paiement de 150 millions de francs-or

ACTE II  . 8 amendements pour gommer les inégalités

En politique, semaine décisive pour plus d’égalité en Outre-Mer. Le projet de loi Egalité et Citoyenneté est examiné à partir de ce mardi 14 juin 2016 et jusqu’à jeudi 16 juin 2016 en commission spéciale de l’assemblée nationale. 8 amendements sont proposés par le député Victorin Lurel pour gommer des inégalités entre la métropole et l’Outre-Mer. Des amendements importants, voire même historiques pour certains s’ils sont votés.

En premier lieu, un amendement propose que le Gouvernement remette au Parlement un rapport relatif à l’abrogation du décret n° 29 du 24 novembre 1849 relatif à la répartition de l’indemnité coloniale et de l’article 5 du décret relatif à l’abolition de l’esclavage dans les colonies et les possessions françaises du 27 avril 1848.
Un fait historique qui viendrait en complément de l’amendement prévoyant l’abrogation de la loi n° 285 du 30 avril 1849 relative, cette fois, à l’indemnité accordée aux colons suite à l’affranchissement des esclaves. Mais attention, avec cette abrogation, on ne parle pas de réparation financière pour les victimes de l’esclavage, mais uniquement morale.
Dans le même ordre, un autre amendement propose d’abroger symboliquement l’ordonnance du 17 avril 1825, date à la laquelle la France à concédé, pour rappel, à Haiti son indépendance moyennant une forte indemnité financière pour indemniser notamment les anciens colons.Encore une fois, aucune réparation financière n’est prévue avec cet amendement dans la lignée des propos du président de la République François Hollande lorsqu’il est venu inaugurer le Mémorial Act l’année dernière.

Pour lutter contre le racisme, un amendement propose aussi de rendre public tous les 21 mars, date retenue par l’Organisation des Nations Unies pour la Journée internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, un rapport sur la lutte contre les actes portant atteinte aux personnes d’ascendance africaine.
Il serait remis au gouvernement par la Commission nationale consultative des droits de l’homme, car aujourd’hui aucune étude ne permet aux pouvoirs publics et aux associations d’évaluer les atteintes portées aux personnes d’ascendance africaine et d’y apporter ainsi une réponse adéquate.

Certains amendements prévoient de muscler l’arsenal juridique en cas d’apologie de l’esclavage et d’atteinte à l’honneur des descendants des victimes

Il est proposé aux députés de l’assemblée nationale d’inscrire la traite de l’esclavage comme crime contre l’humanité. C’est déjà le cas avec la loi du 21 mai 2001, mais cette fois il s’agit de le rajouter dans la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cela permettrait de donner une plus grande portée judiciaire pour pouvoir engager des poursuites contre le délit d’apologie de l’esclavage et d’atteinte à l’honneur des descendants des victimes, et non uniquement de racisme comme c’est souvent le cas aujourd’hui. Avec des peines pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 mille euros d’amende.

Il est aussi prévu de proposer de donner plus de pouvoir juridique aux associations de défense de la mémoire des esclaves et l’honneur de leurs descendants en leur permettant d’exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les délits de provocation à la discrimination, à la haine, ou à la violence raciale, sauf désaccord de la personne visée.
Et ce détail est important car jusqu’à présent, c’est l’inverse, il faut un accord de la victime présumée pour qu’une association puisse se porter partie civile. Et dans certains cas, les personnes préfèrent se taire. Il s’agit donc là de faciliter les démarches.

D’autres amendements visent enfin à la protection de notre patrimoine…

C’est même le premier amendement qui sera étudié. Il modifie plusieurs dispositions issues du projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine.
Il concerne notamment les radios, comme la notre, RCI, en inscrivant dans la loi qu’au moins une chanson sur 10 diffusée à l’antenne proviennent d’œuvres musicales en langues d’expression régionale ou des départements et territoires d’outre-mer.

En clair, pour nous, en créole, afin de valoriser la langue et la création locale. Un autre amendement va même plus loin en demandant que les œuvres musicales interprétées dans une langue régionale en usage en France constituent au minimum 4% de la proportion d’œuvres musicales d’expression française diffusées sur les ondes au niveau national. une manière de favoriser la diversité de l’expression musicale et culturelle et de dynamiser et pérenniser la création musicale dans toutes les régions d’outre-mer.

ACTE III

 

Victorin Lurel donne force à la loi Taubira et fait abroger l’indemnité versée aux colons expropriés par la France et par Haïti .

by Rédac Creoleways

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Déclaration de Victorin LUREL, Député de la Guadeloupe

La Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi Egalité et Citoyenneté vient aujourd’hui d’opérer un changement majeur et historique de notre droit par le vote des amendements que j’ai souhaité porter.

15 ans après la loi Taubira de 2001 par laquelle la France reconnaissait la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, c’est aujourd’hui l’honneur de la gauche de faire aboutir un combat historique pour rendre ce texte symbolique majeur invocable en droit et normatif.

Si, hier, seuls les propos ayant nié ou fait l’apologie de la Shoah pouvaient être condamnés, demain, nous étendons ce délit aux propos ayant fait l’apologie, la négation, ayant contesté ou minimisé de façon outrancière l’ensemble des crimes contre l’humanité. Ainsi, 15 ans après avoir reconnu la traite négrière et l’esclavage comme crime contre l’humanité, le législateur comble un vide juridique qui empêchait jusqu’ici les juges de condamner l’atteinte portée à la mémoire des victimes de l’esclavage et à l’honneur de leurs descendants par des propos littéralement odieux.

Longtemps attendu par les descendants des victimes de l’esclavage et par les associations les représentant, cette petite révolution n’a pour seul objectif que de renforcer la cohérence de notre régime juridique et le droit à la défense de l’ensemble des citoyens.

En matière de cohérence du corpus juridique, j’ai par ailleurs souhaité porter un amendement proposant une réparation morale du préjudice subi par les esclaves en abrogeant la loi de 1849 relative à l’indemnisation des colons. Le paradoxe juridique par lequel notre droit reconnait l’esclavage comme crime contre l’humanité tout en laissant par ailleurs vivre un texte indemnisant les anciens maîtres qui ont profité de ce crime ne pouvait perdurer.

Dans le prolongement du discours tenu par le Président de la République lors de l’inauguration du Mémorial ACTe en 2015 et sans prétendre à une quelconque réparation financière, l’adoption d’un autre amendement a permis de corriger une faute majeure commise par la France en 1825 qui « concéda » à la République d’Haïti son indépendance moyennant le versement d’une « indemnité » de 150 millions de francs-or. Si cette « dette pour l’indépendance » a été impeccablement acquittée en 1883 malgré les conditions usuraires imposées, j’ai souhaité que soit symboliquement abrogée l’ordonnance du 17 avril 1825 par laquelle notre pays édicta les règles de cette décolonisation honteuse.

Consciente de vivre un moment historique, la Commission a adopté à l’unanimité avec une émotion non dissimulée ces deux abrogations avec le puissant soutien du groupe socialiste, écologiste et républicain, du rapporteur Razzy Hammadi, des rapporteurs thématiques et du Gouvernement représenté par Mme Ericka Bareigts.

En matière de lutte contre les discriminations dont sont trop souvent victimes nos compatriotes, je suis heureux d’avoir pu étendre les droits reconnus aux associations en ce qui concerne les délits de provocation à la discrimination, à la haine, ou à la violence raciale, de diffamation ou d’injure raciale. Si jusqu’alors il s’avérait souvent difficile pour les associations souhaitant ester en justice de recueillir l’accord express des personnes discriminées, la recevabilité de la plainte des associations sera désormais validée, même sans accord express de ces personnes dès lors qu’elles ne s’opposeront pas aux poursuites.

Enfin, à l’heure où la Constitution reconnaît l’existence des langues régionales comme constitutive du patrimoine national, je souhaitais que la richesse de notre diversité culturelle soit mieux reconnue. Afin de valoriser sur l’ensemble du territoire national ce patrimoine vivant, j’ai obtenu qu’au minimum 4 % de la proportion des œuvres diffusées sur nos radios soient désormais en langue régionale.

QUAND L’IDEE DES « REPARATIONS » S’IMPOSE…

ESCLAVAGE : 14 PAYS DE LA CARAÏBE DEMANDENT REPARATIONS A l’ANGLETERRE, A LA FRANCE ET A LA HOLLANDE

14 Pays de la Caraïbe ont engagé des poursuites contre les grandes nations européennes, que sont l’Angleterre, la France et les Pays-Bas. Ils demandent des compensations financières, pour le lourd héritage de l’esclavage laissé par ces nations.Ces pays se basent sur un cas de jurisprudence où des Kenyans torturés par le pouvoir colonial anglais, ont été dédommagés en 1950 après un procès très médiatisé.

Le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas sont poursuivis par quatorze petits Etats de la Caraïbe. Ils demandent réparation pour le lourd héritage de l’esclavage laissé par ces nations esclavagistes. S’ils obtiennent gain de cause, des compensations financières évaluées à plusieurs centaines de milliards d’euro, pourraient être engagées.  175 ans après l’abolition de l’esclavage faite par le Royaume Uni, 167 ans après celle de la France, 152 après l’abolition faite par les Pays-Bas voici que l’histoire revient sur le devant de la scène sous-forme judiciaire.
A la tête de ces poursuites judiciaires, la Caricom(Caribbean Community) composée de douze anciennes colonies, anglaises, françaises( Haïti, association le MIR) et hollandaise (Surianm) se sont unis afin de porter aux plus haut niveau leurs revendications. Ces pays estiment que les gouvernements européennes ont tiré profit durant des siècles du dur travail mener par les esclaves et qu’ils doivent désormais payer. Ces Etats ont engagé le célèbre Cabinet d’Avocat LEIGH DAY connu pour avoir remporté  récemment le procès des centaines de kenyans torturés et emprisonnés par le pouvoir colonial britannique, durant les années 1950. La Caricom n’a pas précisé le montant qu’elle demanderait mais elle souligne que l’Angleterre une fois l’esclavage abolit en 1833, a dédommagé les propriétaires d’esclaves d’une somme avoisinant les vingt milliards de £, quand à la France, le gouvernement de Napoléon III accorde aux anciens propriétaires d’esclaves une indemnité égale au tiers de la valeur de leurs anciens esclaves. 
 
Ce n’est pas la première fois que l’idée de réparations surgit. Aux Etats-Unis l’idée avait déjà fait surface à plusieurs reprises,  après la Guerre Sécession (1861-1865)  près de 400 000 acres de Terres en Floride, en Géorgie, et en Caroline du Sud appartenant à d’anciens propriétaires furent redistribuées par le Gouvernement de Washington aux esclaves affranchis, mais finalement l’idée fut abandonnée par le président Andrew Johnson successeur d’Abram Lincoln assassiné.
Pour les Etats membres de la Caricom, l’esclavage débuté au XVIIe siècle serait un frein au développement de la Région,aujourd’hui très pauvre. Ils comparent leur demande à l’autre génocide l’Holocauste, qui avait vu l’Allemagne post-nazie remboursée les victimes du Régime Nazi. «L’héritage terrible de ces crimes contre l’humanité doit être réparé pour le bénéfice du développement de nos sociétés des Caraïbes et tous nos peuples », a déclaré Ralph Gonsalves, Premier ministre de la petite Saint-Vincent-et-les Grenadines. Pour le Premier Ministre, il s’agit d’un tord qui doit être redressé.
Verene Shepherd, qui coordonne les demandes de la Jamaïque pour les réparations, a déclaré que leurs ancêtres esclaves »n’ont rien eu» quand ils ont été libérés. «Ils ont obtenu leur liberté et leur a dit« Allez-vous développer »..  Face à ses demandes pour le moins nouvelle,les critiques sont nombreuses en Europe. Elles soulignent que de nombreux membres de la CARICOM ne seraient pas si pauvres que cela, car, ce sont des  paradis millionnaires tels que les Bahamas et la Barbade.
La Caricom insiste et  elle espère parvenir à un règlement avec les pays européens et ne saisiront la Justice que si les négociations échouent.
Une réparation financière est-elle apte à calmer les souffrances liées à l’esclavage?
En France, une association a elle aussi entamée des poursuites contre ceux qui ont profité de l’esclavage. Lorsqu’il a annoncé son intention de poursuivre en justice la Caisse des dépôts et consignations au motif qu’elle aurait «profité de l’esclavage», le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) a réalisé un coup médiatique qui a quasiment supplanté les commémorations de l’abolition de l’esclavage. Pour la psychanalyste Jeanna Wiltord :  » Pour comprendre l’insistance de la demande de réparation qui se fait entendre dans ces populations, il me paraît nécessaire de situer la souffrance causée par la colonisation esclavagiste et racialisée dans sa dimension de traumatisme.» Elle poursuit sn explication en ces termes : En psychanalyse, un événement revêt un caractère traumatique dès lors qu’il génère, après coup, des comportements et des actes automatiques, c’est-à-dire non délibérés, comme la peur de l’eau pour celui qui a manqué de se noyer dans son enfance… Arrivés sur des terres lointaines et sans aucun rapport avec leurs pays et culture d’origine, les Africains déportés se sont vus imposer, de surcroît, un rapport social totalement faussé:
 
«Dans la société coloniale, les relations humaines ne se sont pas structurées à partir de la différence symbolique introduite par la parole
Ainsi, sur décision du colonisateur, qui refusait de voir en eux des semblables, les esclaves sont entrés de force dans une société ségrégationniste. Désormais, la valeur d’un individu, son humanité se jugent à la couleur de sa peau:
«Aux “blancs” a été attribuée une valeur imaginaire et les “noirs” sont restés marqués d’une façon tout aussi imaginaire par la macule de l’esclavage.»
De même que les valeurs de la Révolution française sont toujours constitutives de la société hexagonale contemporaine, les valeurs de la société «coloniale esclavagiste et racialisée» fondent encore les relations sociales dans les ex-colonies françaises. Les conséquences sur les individus et la société elle-même s’avèrent nombreuses: Jeanne Wiltord souligne par exemple «une fragilité des hommes dans leur rapport à la virilité». Il est à noter qu’en psychanalyse, la virilité se distingue de l’organe sexuel. Ici, elle s’apprécie à l’aune de la capacité à faire usage du langage pour soutenir une parole en son propre nom. Cette fonction «humanisante» s’étant trouvée pervertie, la parole est devenue l’affaire du «blanc».
Il est logique de penser que de tels traumatismes vieux de plusieurs siècles devraient être résolus depuis belle lurette. Cependant, les maux psychiques ne peuvent être véritablement soignés que si l’on pose des mots sur les événements qui les ont produits. Mais en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane française et à la Réunion, on a plutôt opté pour le silence. C’était la consigne. En Martinique par exemple, «la proclamation par le gouverneur Rostoland de l’abolition de l’esclavage en 1848 est explicite sur ce point: “je recommande à chacun l’oubli du passé’’».
Pourtant, «ne pas parler d’une histoire lui donne de l’ampleur», précise Jeanne Wiltord. De plus, au silence imposé par l’Etat s’est ajouté celui infligé par l’école laïque républicaine qui ne laisse aucune place dans les programmes à l’histoire des colonies, ni même à la façon dont elles ont été peuplées. Au contraire, elle a imposé le déni en enseignant à tous un ancêtre unique et commun: le gaulois.
Enfin, l’accession en 1946 de ces quatre colonies au statut de département parachève l’œuvre de déni, car la structure coloniale sur laquelle elles ont été créées a perduré après la départementalisation. Cette particularité en fait des départements entièrement à part. Une situation à laquelle tout le monde semble s’être accommodé, mais qui n’est pourtant pas propice à une guérison du traumatisme.
«Le déni est un mécanisme paradoxal qui fonctionne à notre insu pour nier une réalité, poursuit Wiltord, mais qui ne permet pas de constituer la mémoire de cette réalité. C’est une tentative imparfaite pour se détacher de la réalité d’un événement ou d’un fait, quand leur signification ne peut pas être admise psychiquement par un sujet.»
Aussi, une question reste en suspens: comment un traumatisme aussi profond et encore présent dans le quotidien de nombreux Antillais, Guyanais et Réunionnais peut-il être pansé?
Ne plus être esclave de l’esclavage
En plus d’un travail psychanalytique qui découle d’une démarche individuelle, la psychiatre martiniquaise préconise de «faire des recherches historiques et de travailler à rendre l’histoire lisible». En effet, une représentation victimaire s’applique à ne concevoir les esclaves que dans leur condition de maltraité et à occulter la force dont ont fait preuve nombre de ceux qui ont refusé de se soumettre: il y a eu des résistants, des révoltés. Un tel regard, affirme Jeanne Wiltord, permettrait d’aborder autrement «cette histoire déjà marquée par la honte chez les descendants d’affranchis».
Aujourd’hui, on entend çà et là des voix s’élever pour réclamer des réparations pour les multiples dommages occasionnés par la traite négrière. Jean-Marc Ayrault lui-même et certains membres de son gouvernement ont pu estimer la demande légitime. Cependant, la position de Jeanne Wiltord est sans ambigüité:
«Une réparation est impossible. On ne peut pas effacer l’histoire.»
D’autant qu’elle perçoit une motivation plus profonde dans toutes ces requêtes en compensation:
«Dans toute demande, il y a une demande d’amour et de reconnaissance; mais y porter réponse par des compensations matérielles ne fait que relancer la demande sans jamais arriver à la satisfaire car cette réponse est une méconnaissance du registre où la demande a à être entendue.»
Le propos ici n’est absolument pas de classer aux oubliettes cette triste période de l’histoire humaine et du capitalisme marchand, bien au contraire. Le souvenir de la traite négrière doit permettre de construire un présent et un futur plus en adéquation avec le respect de la personne humaine. C’est d’ailleurs ce qu’écrivait Frantz Fanon[6] en 1952 dans sa conclusion de Peau noire masque blanc:
«Chaque fois qu’un homme a fait triompher la dignité de l’esprit, chaque fois qu’un homme a dit non à une tentative d’asservissement de son semblable, je me suis senti solidaire de son acte.
En aucune façon je ne dois m’attacher à faire revivre une civilisation nègre injustement méconnue. Je ne me fais l’homme d’aucun passé. Je ne veux pas chanter le passé aux dépens de mon présent et de mon avenir.
[…] N’ai-je donc pas sur terre autre chose à faire qu’à venger les Noirs du XVIIe siècle?[…] Vais-je demander à l’homme blanc d’aujourd’hui d’être responsable des négriers du XVIIe siècle? Vais-je essayer par tous les moyens de faire naître la culpabilité dans les âmes? La douleur morale devant la densité du passé? Je suis nègre et des tonnes de chaînes, des orages de coups, des fleuves de crachats ruissellent sur mes épaules. Mais je n’ai pas le droit de me laisser ancrer […] Je n’ai pas le droit de me laisser engluer par les déterminations du passé. Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères.[…] Mais moi l’homme de couleur, dans la mesure où il me devient possible d’exister absolument, je n’ai pas le droit de me cantonner dans un monde de réparations rétroactives.» 
 

Un Déni très Français

En France, le déni est très fort. Le président de la République Française François Hollande, dans son intervention du 10 Mai 2013, jour de la Commémoration de l’esclavage au niveau national, était resté ferme dans son refus de toute réparation matérielle de l’esclavage. Pour lui, il y a une «Impossible réparation» : c’est en ces termes que le président de la République a gardé la porte close à toute compensation financière, pour ce crime qui a tué des millions d’êtres humains. De plus ces dernières semaines, une polémique lancée par la chanteuse Joëlle Ursull a  agité les réseaux sociaux et prouve la France est encore dans le déni. Face à ce refus de reconnaître l’esclavage des noirs comme le pire crime commis dans l’histoire de l’Humanité, la question des réparations se pose et doit se maintenir.

E.L.M.S pour TheLinkFwi@

Maître PERCIN craqua une allumette…

pour  allumer  une  bougie  qu’il  tenait  à  la  main.
et  à  cet  instant   précis,  le  Président   lança :
 mais  que  faites  vous  Maître  Percin?
Et  Maître   Percin  de  lui  répondre :
Maître  Percin  cherche  la  justice..  JUSTICE !…..  JUSTICE !…  hurlait  il !

Mais qu’ont-ils fait de grave ces deux jeunes Martiniquais, Yann De Lépine et sa sœur Roselyne, pour mériter un tel acharnement de la justice pour les obliger à fermer leur petite entreprise « Au bout du Monde », qu’ils ont créé à Ducos ? Un voisin, Jean-Michel Hayot, qui évoque une gène occasionnée par le bruit de soirées organisées dans le restaurant, a décidé que leur activité devait cesser. La justice est allée dans le même sens, ils sont condamnés à arrêter leur activité.

 

Yann et Roselyne De Lépine ont construit une jolie maison de type colonial sur le terrain de leurs parents où, avec leur oncle agriculteur, ils ont planté les fruits et légumes qu’ils utilisent pour la restauration. Mais de même que certains voisins et beaucoup de Martiniquais, békés et autres, ils n’ont pas fait de demande de permis de construire, ce qui pour la justice constitue un délit. Mais en cas de régularisation le justiciable est dispensé de peine. « Ce qui se fait habituellement, régulièrement » a expliqué l’avocat des deux jeunes entrepreneurs, Maître Dominique Nicolas, au public venu en nombre.

En effet la défunte juge, Sabine Maillard, faisant preuve d’humanité vis-à-vis de ces deux jeunes, leur a accordé un délai de 10 jours pour régulariser leur situation, ce qu’ils ont fait. Et fait rare à souligner, ils ont fourni toutes les preuves dans le dossier de presse remis aux journalistes présents lors de leur conférence de presse.

Le permis de construire a été délivré par le maire, mais le voisin Jean-Michel Hayot ne veut pas voir « Au Bout du Monde. » Et il va jusqu’au bout de sa puissance acquise depuis la plantation d’avant 1848, et renforcée par nos agenouillements inscrits dans notre inconscient collectif. En tout cas pour celles et ceux qui refusent de suivre l’exemple de nos ancêtres « marrons. »

Jean-Michel Hayot a écrit au maire de la commune, Charles-André Mencé, pour lui demander d’annuler le permis de construire du restaurant. Bien entendu le maire n’a pas suivi cette étonnante injonction, comme il n’a pas cédé devant les nombreuses manifestations de l’association écologiste ASAUPAMAR et des citoyens indignés qui ne pouvaient accepter de voir pousser du béton dans la mangrove de Génipa, où le groupe Hayot a pu construire son immense centre commercial.

Le Préfet de Martinique qui n’a pas eu la même vigilance dans l’affaire des millions de détournements de fonds du CEREGMIA a fait le choix de répondre aux attentes des voisins du « Bout du Monde » en contestant le permis de construire de cette petite entreprise, devant le Tribunal Administratif.

La justice, malgré la régularisation du permis de construire, a décidé contrairement aux habitudes de poursuivre (dans un délai à faire pâlir d’envie la plupart des justiciables), et de condamner ces deux jeunes qui n’ont pas choisi d’aller pointer à Pôle emploi ni vendre de la drogue ou en consommer. Ce qui semble déranger moins dans ce département français entièrement à part. S’étonnant de la rapidité avec laquelle cette affaire arrive devant le tribunal, Maître Nicolas a rappelé que dans certains dossiers il faut attendre 6 mois.

Le frère et la soeur ont créé 9 emplois dans leur pays où le chômage des jeunes atteint les 60%.  Pourtant ils font l’objet d’un acharnement étonnant, sinon inquiétant de la justice. Faute pour le Tribunal Correctionnel de les condamner à détruire sous astreinte leur lieu de travail, sa décision tombant après que le permis ait été accordé, elle les a frappés d’une décision exécutoire de fermeture du restaurant.

Quand on apprend que des pressions ont été exercées par l’Etat pour que le maire annule le permis de construire, faute de quoi son PLU (Plan Local d’Urbanisme) pourrait ne pas être validé, on ne s’étonne même pas. Pour information, c’est le Préfet qui assure le contrôle de légalité en vérifiant que le document approuvé n’est pas entaché d’illégalité tant sur la forme que sur le fond.

Le collectif constitué pour aider Yann De Lépine et sa sœur Roselyne à maintenir leur activité sur leur lieu de travail et qui envisage une action de solidarité dès le 2 juin, n’a pas manqué de souligner que dans cette affaire qui retient l’attention des plus hautes autorités, une des voisines, Dominique Hayot, est la Présidente de la chambre sociale de la Cour d’Appel de Fort-de-France.

Maître Nicolas a expliqué en quoi consiste le rôle de ce magistrat dans les affaires sociales :

« C’est à dire que dans toutes les affaires qui opposent un salarié et un patron vous avez, au plus haut niveau,une personne qui peut faire pencher la balance dans un sens, ou dans l’autre et c’est Madame Dominique Hayot. »

Il ne s’agit pas dans ce dossier d’une affaire sociale et le nom ou le lien de parenté d’une personne avec une des parties, ne peut l’empêcher d’occuper un tel poste et de rendre des décisions justes. Mais la suspicion plane au dessus de cette affaire concernant une si petite entreprise et les avocats envisagent, sans illusions, de demander la délocalisation de la prochaine audience prévue en juin prochain.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »                                                                                                                  

Dans la colonie on peut jouer avec les mots de Jean de La Fontaine, parce que l’histoire dans ce domaine semble bien bégayer. Ici on peut dire : selon que vous serez Blanc ou Noir, les jugements de cour vous rendront délinquants ou intouchables.

J’entends les indignations à sens unique, j’entend crier racisme anti-Blanc dans ce pays où les mauvaises mœurs coloniales continuent à s’appliquer, toujours au service des mêmes intérêts, toujours contre ceux qui n’ont pas choisi de s’agenouiller, de se gribouiller en Oncle Tom.

J’entends ces racistes venus de France qui osent chez nous traiter nos musiciens de singes. Ou d’autres qui sans peur, insultent sur nos plages où ils promènent leurs chiens malgré l’interdiction en vigueur, décrètent leur animal plus propres que nos femmes.

Oui les faits parlent, la justice en Martinique s’applique encore trop souvent comme en colonie.

Les Français de France n’ont pas confiance dans leur justice, dans la colonie le taux d’insatisfaction n’est pas calculé.

En février 2014, un sondage BVA pour « Le Parisien Dimanche » annonçait que trois quarts des Français (75%) estimaient que la justice en France fonctionne mal et plus de la moitié (59%), avaient une mauvaise opinion de la ministre de la Justice Christiane Taubira.

Est-il nécessaire de rappeler que la ministre en question est Noire, ce qui pour beaucoup de Français était insupportable. On se souvient encore des torrents de propos racistes qui se sont déversés sur les réseaux sociaux et même dans une certaine presse. Christiane Taubira fut traitée de singe, et le journal « Minute » n’hésita pas à titrer en Une : « Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane. »

Mais au delà du racisme connu de la « Métropole », les citoyens français ont vraiment mal à leur justice. Le pouvoir exécutif nomme les magistrats, ce n’est pas pour qu’ils aillent prendre des décisions contraires aux intérêts du pouvoir et de ses soutiens.

D’ailleurs est-il étonnant que seuls les élus empêtrés dans des affaires, peuvent affirmer, souriant devant les caméras de télévision : « J’ai  confiance en la justice de mon pays. »

Difficile d’en dire autant quand on est par exemple un salarié d’Air-France, qui un jour, emporté par l’inquiétude du chômage qu’annoncent des plans sociaux, déchire la chemise d’un responsable de son entreprise !

Difficile d’en dire autant quand dans la colonie on s’appelle Ti-Sonson de derrière morne.

D’autres ont parlé du poids de l’histoire

La promotion 1997 de l’Ecole Nationale de la Magistrature avait décidé d’honorer la mémoire de Paul Didier en choisissant son patronyme comme nom de baptême. Paul Didier fut le seul et unique magistrat ayant refusé de prêter serment au Maréchal Pétain pendant l’Occupation.

Pierre Lyon-Caen fondateur et premier Secrétaire général du Syndicat de la magistrature déclarait il y a bien longtemps :

« L’opinion publique a une piètre idée de la justice… Comment pourrait-il en aller autrement puisque la justice n’a jamais su se dégager du régime en place et s’est toujours compromise avec lui, couvrant ses turpitudes ou ses crimes (…) La justice a été vichyssoise non seulement en 42 mais jusqu’en août 1944 elle n’a évité ni les abus commis à la libération, ni ceux plus récemment consécutifs à l’indépendance de l’Algérie même si, individuellement, quelques magistrats ont su, parfois héroïquement, faire leur devoir. [1]»

Il faut le reconnaître, quelques magistrats en Martinique comme en France, font leur devoir. Pour avoir couvert pendant une vingtaine d’année, dans le presse écrite et à la télévision, les affaires judiciaires, l’auteur de cet article peut en témoigner. Mais sous nos cocotiers, c’est essentiellement dans l’intérêt du pouvoir en place dans la Métropole et de ses affidés, que la balance de la justice se fait légère.

Qui veut la mort du « Bout du Monde »

Comment comprendre cet acharnement contre ces deux jeunes Martiniquais qui ont créé leur entreprise dans ce pays où on aime tellement, avec mépris, nous traiter d’assistés ?

Est-ce que le bruit occasionné par les soirées organisées dans ce restaurant, se situant à un kilomètre de leurs villas, peut justifier cette pulsion de mort sociale de cette famille Hayot ?

Le bruit, même s’il faut en convenir, envahit trop nos espaces de vie, n’est-il pas trop souvent un prétexte pour asseoir une supériorité illusoire ou un rejet non dit ?

Certaines grandes familles békés, habituées aux immenses espaces de l’habitation, ne supportent-elles pas l’évolution de la société martiniquaise qui permet à un plus grand nombre de chivé grin’in, de construire non loin de leurs hectares de jardins ou plantations ?

Pourtant on pourrait penser que bénéficiant du silence de la soumission inconsciente face à la pwofitasion, à l’accaparement des terres, à la conception inadaptée aux évolutions sociales dans les entreprises (déjà avant la loi socialiste-Medef El Khomri), certains accepteraient même à contre cœur, les bruits de la fête à se taire.

La réconciliation n’est pas pour demain malgré les simagrées des tantes et oncles Tom, que rappelle une fois de plus ce joli moi de Mai pendant lequel nous rendons hommages à nos ancêtres esclaves, qui ont brisé leurs chaînes.

Lisa DAVID

Source: Freepawol.com
NB  Je  que le  courrier  est  adressé  à   Mairie  de  Ducos….. !!!!!

(une  manière  sans  doute  de  nier  l’autorité de  celui   qui   occupe  les  lieux  au  nom  de l’état  et   des  citoyens  qui   l’ont   élu  !)

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