« La rue Case Nègres » en B D

«La Rue Cases-Nègres» se décline version bande dessinée

mediaUne page tirée de la bande dessinée « La Rue Cases-Nègres », d’après le roman de Joseph Zobel.Présence Africaine

Le célèbre roman du Martiniquais Joseph Zobel vient de faire l’objet d’une publication sous forme de bande dessinée. En 1983, il avait été adapté sur grand écran par la réalisatrice Euzhan Palcy.

« La Rue Cases-Nègres » est un grand classique de la littérature antillaise moderne. La publication de ce roman en 1950 avait fait la notoriété de son auteur, Joseph Zobel. Très vite épuisé, le livre fut remis en circulation dans les années 1970 à l’initiative de Présence Africaine. C’est encore à la vénérable maison d’édition de la rue des Ecoles à Paris que nous devons son adaptation aujourd’hui en bande dessinée.

Le roman doit son succès à la force de son évocation de la vie ordinaire de la petite paysannerie noire et à la limpidité de son écriture campant les personnages dans leur réalité. Nous sommes dans la Martinique des années 1930. Le jeune José vit avec sa grand-mère, M’man Tine, rue Cases-Nègres. L’existence est particulièrement rude pour tous les habitants du quartier. Leurs seules ressources proviennent de l’exploitation des champs de canne à sucre qui appartiennent aux Békés, les Blancs de Martinique. José va à l’école communale, où son instituteur lui enseigne le sens d’une certaine liberté et l’aide à obtenir son certificat d’études. Il passe avec succès le concours et obtient une bourse, à la plus grande joie de M’man Tine. Celle-ci, en effet, n’a d’autre ambition que de permettre à son petit-fils d’échapper à leur condition misérable…

En re-racontant cette histoire, les auteurs de la BD, le scénariste Michel Bagoé et la dessinatrice Stéphanie Destin, donnent un nouveau souffle au livre de Joseph Zobel. Le roman avait déjà bénéficié d’un traitement cinématographique magnifiquement réussi qui avait totalisé 3 millions d’entrées, sous la signature de la réalisatrice Euzhan Palcy, ce qui n’est certainement pas étranger à la grande visibilité dont il jouit aujourd’hui à travers le monde francophone.

Un récit initiatique

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Récit très largement autobiographique, « La Rue Cases-Nègres » raconte la société martiniquaise rurale des années 1930, les plantations, la hiérarchisation sociale, la faim et la pauvreté dont souffrait encore la population antillaise noire plus de huit décennies après l’abolition de l’esclavage. A travers les tribulations de son jeune protagoniste, Zobel a raconté sa propre enfance dans les villages du sud de la Martinique, ses blessures et ses joies d’antan. C’est cette vie, faite de douleurs et de bonheurs, à l’ombre d’un système social et politique oppressant, que les deux auteurs de la BD ont tenté de capter, souvent avec succès, dans leur album, mêlant l’image à la poésie de la parole créole.

Le succès du duo réside surtout dans la pureté des dessins qui rappellent les albums de science-fiction, tout en restant proches de la dureté de la réalité et du vécu. L’illustratrice Stéphanie Destin, dont c’est la première BD, s’est beaucoup documentée pour rester fidèle aux paysages de la campagne martiniquaise avec des champs de cannes à sucre à perte de vue où le romancier martiniquais a campé son récit.

« La Rue Cases-Nègres », version BDPrésence Africaine

La fidélité à l’œuvre originale a été l’une des préoccupations majeures des auteurs de la BD. « J’ai tout repris, contrairement au scénario extrait par Euzhan Palcy pour l’adaptation cinématographique du roman, affirme Michel Bagoé qui connaît l’œuvre de Joseph Zobel depuis sa petite enfance. Cette BD est pour moi une forme d’hommage à ce grand écrivain que j’ai connu de près quand, petit adolescent, je vivais à Ziguinchor, en Casamance, avec ma famille. Joseph Zobel était alors le directeur du collège où mon père enseignait. Comme nos deux familles avaient beaucoup sympathisé, je me suis senti légitime de relever le défi de m’attaquer à ce monument de la littérature martiniquaise qu’est La Rue Cases-Nègres. »

Auteur-compositeur-interprète de formation, Michel Bagoé s’est recyclé en scénariste de bande dessinée depuis 2011. Le succès est manifestement au rendez-vous comme le prouve l’intérêt que suscite son adaptation du roman de Zobel, en collaboration avec l’illustratrice Stéphanie Denis. Dans le viseur du duo : D’Jhébo, le Léviathan noir (1957), l’œuvre de César Pulvar, un autre grand de la fiction martiniquaise et incidemment grand-père de la célèbre journaliste Audrey Pulvar.


La Rue Cases-Nègres
Michel Bagoé et Stéphane Destin
Editions Présence africaine
90 pages
18 euros

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UN ARTISTE, MODERN STYLE

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« Finies  les  franches  rigolades au  Collège. Voici la main  de l’artiste  telle  qu’on  ne la  connaissait pas il y a plus  d’un  demi- siècle. C’est  du travail  d’orfèvre de la peinture lié à  la poésie dans l’art  du 3e millénaire pour la Martinique ».

Luckbrown -Paris(France) 03.08.2011

Visitez  sa  galerie : http://art-eucharis.odexpo.com/

Gouverneur de la rosée de J. ROUMAIN

Jacques Roumain est l’une des grandes voix d’Haïti.

Ce roman, introuvable pendant des années, est un chef d’oeuvre. C’est l’un des livres fondateurs de la littérature haïtienne. Un village pauvre, en proie à la sécheresse, des rivalités entre habitants, des désirs de vengeance, constituent le cadre de ce drame de l’amour et du courage. Une belle leçon de dignité humaine et un chant d’amour pour le peuple de Haïti, écrit dans une langue d’une saveur sans pareille.

Jacques Roumain, souvent considéré comme un classique de la littérature de son pays, publié en 1944 après la mort de son auteur. Une pièce a été adaptée, mise en scène et interprétée par la compagnie du Théâtre Noir (fondée par Benjamin Jules-Rosette, …

http://www.ina.fr/video/CPB7505193

Description de cette image, également commentée ci-après

Présentation de Gouverneurs de la Rosée

par Léon-François Hoffmann

Nicolas Guillén et Jacques Roumain
photo de Michel Doret, 1942
Jacques Roumain à droite, avec Nicolas Guillén

La première fois que Roumain utilise l’expression «gouverneurs de la rosée», titre du roman posthume qui lui assurera une audience internationale, fut dans un conte pour son fils Daniel, jamais publié, qui nous est parvenu sous forme manuscrite. Dans l’Histoire de Petitami et des Grands Loups, écrite le 18 février 1936 alors qu’il purgeait sa peine au Pénitencier National, un des personnages paysans de Roumain chante:

C’est moi Grandami, le papa de Petitami
Je suis le maître de la terre
Le général des plantes
Le gouverneur de la rosée

L’année suivante, dans la revue parisienne Regards du 18 novembre 1937, Roumain dénonce, sous le titre La tragédie haïtienne le massacre de milliers de paysans haïtiens établis du côté dominicain de la frontière, ordonné par le dictateur Raphaël Trujillo afin «d’améliorer la race» dans son pays. L’expression «gouverneurs de la rosée» s’y trouve imprimée pour la première fois sous la plume de Roumain, pour célébrer les victimes:

ces paysans noirs, travailleurs acharnés, dont il suffirait de citer le titre magnifique qu’ils se décernent à eux-mêmes: gouverneurs de la rosée, pour définir leur dénuement et l’orgueil qu’ils éprouvent de leur destin.

Or il semble qu’en créole, seul moyen d’expression des paysans haïtiens, le titre «gouverneurs de la rosée» n’existe pas, et qu’ils ne sauraient donc se le décerner. Roumain aurait en fait traduit et adapté mèt lawouze (littéralement «maître de l’arrosage», en créole haïtien) qui désigne la personne à qui une communauté paysanne confie la gestion de tout ce qui concerne l’irrigation: distribution de l’eau, répartition, horaires, entretien, etc. Manuel, le héros du roman, prévoit d’ailleurs qu’une fois captée la source, il faudra «nommer un syndic […] pour la distribution de l’eau» (Ch. X). Mèt larouzé s’est imposé tout naturellement au dessinateur haïtien qui signe FanFan comme titre de la bande dessinée en créole qu’il a tirée du roman en 1980.

Roumain a dû estimer, avec raison, que «gouverneurs de la rosée» était une trouvaille linguistique autant qu’une réussite poétique. Avant d’en faire le titre de son œuvre la plus célèbre, il l’a choisie une fois encore pour intituler un court «récit haïtien» paru, toujours dans Regards, le 25 août 1938. Il y évoque une bande de guérilleros paysans pourchassés, lors de l’occupation du pays, par les marines américains et leurs auxiliaires de la gendarmerie haïtienne. L’expression semble ici ironique ou pour mieux dire mélancolique, comme si à ces pauvres hères «Nègres des bois, gouverneurs de la rosée, dépossédés de leur destin…» ne restait que la rosée à gouverner. Le titre de ce «récit haïtien» qui se déroule aussi en milieu paysan laisse supposer que, dès son exil européen, Roumain méditait (et peut-être même avait commencé à rédiger) le roman qui fera sa célébrité. Roger Gaillard, qui a bien connu Roumain, affirme qu’il l’avait commencé dès son arrivée en Belgique en 1937. Sans doute l’a-t-il remis sur le chantier à New York: il écrit à sa femme le 18 février 1941 qu’il a l’intention de reprendre «Il a probablement continué à y travailler à son retour au pays en 1941, puis au Mexique. Il en lisait des passages à sa femme Nicole, venue le rejoindre à Mexico, qui lui faisait de nombreuses suggestions, que l’écrivain adoptait le plus souvent. Il n’y a en tout cas aucune raison de ne pas lui faire confiance lorsqu’il le date de Mexico, 7 juillet 1944, soit 42 jours avant sa mort.

Nous savons que Jacques Roumain passa par La Havane sur le chemin du retour ; il y déjeuna avec son ami le poète Nicolas Guillen, auquel il confia un exemplaire dactylographié du roman, pour qu’il le traduise en espagnol, peut-être en collaboration avec Alejo Carpentier: en effet, dans son article «Sobre Jacques Roumain», publié dans Hoy le 25 mai 1961 et repris dans Prosa de prisa II en 1975, Guillen écrit que Roumain lui avait laissé «una copia mecanografiada de la novela» ; il précise dans Páginas vueltas (1982): «Yo tuve (y la rescaté) una copia mecanografiada de Los gobernadores del rocío». Ce tapuscrit semble néanmoins avoir disparu, ce qui est d’autant plus regrettable qu’aucune version manuscrite ou dactylographiée, et aucun jeu d’épreuves ne nous sont parvenus.

La femme et le frère Michel de Jacques Roumain assurèrent la parution du texte posthume. Roumain débarqua à Port-au-Prince le 6 août et mourut le 18. Il est évident qu’il n’eut pas la possibilité de corriger des épreuves, ni à plus forte raison de donner le bon à tirer. A-t-il au moins pu porter des corrections sur le manuscrit? Nicole et Michel revirent-ils le texte, pour y ajouter les notes explicatives, par exemple? Impossible de le savoir, et force est de considérer comme texte définitif celui de l’édition port-au-princienne, achevée d’imprimer le 8 décembre 1944.

Les ouvrages publiés en Haïti n’avaient à l’époque pratiquement aucune diffusion à l’étranger. Comme le signale Mercer Cook: «One year after its publication, the most beautiful Haitian novel ever written, Jacques Roumain’s Gouverneurs de la rosée, has failed to sell one thousand copies». C’est avec la première édition française, celle de 1946 aux Éditeurs Français Réunis, que Gouverneurs de la rosée va pouvoir toucher un public international. André Breton l’avait lu lors de son passage à Port-au-Prince en décembre 1945, et avait fait l’éloge de «ce chef-d’œuvre» devant le Club Savoy. Mais c’est très probablement par l’entremise de Louis Aragon (avec qui Breton était brouillé à mort) que le roman fut publié en France: la veuve de Roumain lui avait envoyé un exemplaire autographe de Gouverneurs de la rosée (conservé à la Bibliothèque de France – Tolbiac) et Aragon répondit à Nicole par un télégramme publié par la revue haïtienne Clartés du 7 mai 1946, ainsi conçu:

Merci livres. Ému souvenir Jacques. Demande droits édition chez moi Bibliothèque française 33 rue Saint André des Arts. Tirage 10.000

Les deux hommes s’étaient donc rencontrés à Paris; appartenant à la même mouvance politique, ils avaient en outre sympathisé, puisque Aragon appelle Roumain par son prénom. Au printemps 1946 les Éditeurs Français Réunis étaient encore les Éditeurs Réunis, et Aragon y dirigeait la collection «Bibliothèque française».

 

 

 

Jacques ROUMAIN

Jacques Roumain, est un écrivain et homme politique communiste haïtien. Il est le fondateur du Parti communiste haïtien. Bien que sa vie fût courte, Jacques Roumain, le poète, a une influence considérable sur la culture haïtienne.

Né le 4 juin 1907, à Port-au-Prince, dans une famille aisée. Son grand-père, Tancrède Auguste, fut président d’Haïti de 1912 à 1913. Il fréquenta des écoles catholiques à Port-au-Prince (institution Saint-Louis de Gonzague notamment) et, plus tard, étudia en Belgique, en Suisse, en France et en Allemagne. Il voyage également au Royaume-Uni et en Espagne où il amorce des études d’agronomie1.

À vingt ans, il revint en Haïti et fut cocréateur de La Revue Indigèneavec Émile RoumerPhilippe Thoby-MarcelinCarl Brouard et Antonio Vieux, dans laquelle ils publièrent des poèmes et des nouvelles.

Il fut très actif dans la lutte contre l’occupation américaine d’Haïti (1915-1934). il est le fondateur du mouvement ouvrier et communiste haïtien.

En 1934, il fonda le Parti communiste haïtien. En raison de ses activités politiques, de sa participation au mouvement de résistance contre la présence américaine, et, surtout, de la création de sa part du Parti communiste haïtien, il fut souvent arrêté et finalement contraint à l’exil par le président de l’époque, Sténio Vincent.

Pendant ses années d’exil, Roumain travailla et se lia d’amitié avec de nombreux écrivains et poètes de son époque, comme Langston Hughes. Il fréquenta également l’université Columbia à New York. Après le changement de gouvernement en Haïti, il fut autorisé à revenir dans son pays natal. Une fois revenu, il fonda le Bureau National d’Ethnologie.

En 1942, le Président Élie Lescot l’investit d’une charge de diplomate à Mexico. Il compléta à la même époque deux de ses livres les plus influents : le recueil de poésie Bois D’Ébène et le roman Gouverneurs de la Rosée, qui se vendit pourtant à moins d’un millier de copies la première année suivant sa publication.

La majorité du travail de Roumain exprime la frustration et la rage d’un peuple qui a été piétiné durant des siècles. Il incluait tous les Haïtiens dans ses écrits, et appelait les pauvres à s’unir contre la misère.

Mort et Héritage

Le 18 août 1944, trois jours après son retour d’un voyage à Cuba où il rencontra des camarades cubains et haïtiens, Jacques Roumain meurt d’une raison inconnue (empoisonnement ou maladie)2, à l’âge de 37 ans sur sa terre natale.

Son œuvre continue d’influencer la culture haïtienne et africaine en général.

Romans

Poésie

Poèmes (Répertoriés par Léon-François Hoffmann [archive])

  • 1927 – juillet. « Midi », La Trouée, p.22 (Anth. p.32.)
  • 1927 – juillet. « Pluie », La Trouée, p.22 (Anth. p.31.)
  • 1927 – juillet. « Cent mètres », La Revue indigène (Anth. p.33-34.)
  • 1927 – août. « La Danse du poète-clown », La Revue indigène, p.62.
  • 1927 – août. « Noir », La Revue indigène, p.62. (ms.: Wiener Walzer).
  • 1927 – août. « Nungesser et Coli », La Trouée, p.49.
  • 1927 – septembre. « Le Buvard : Insomnie », La Revue indigène, p.111.
  • 1927 – septembre. « Le Buvard : Le Chant de l’homme », La Revue indigène, p.113.
  • 1927 – septembre. « Le Buvard : Calme », La Revue indigène, p.114.
  • 1927 – septembre. « Le Buvard : Orage », La Revue indigène, p.112. (Anth. p.35.)
  • 1927 – septembre. « Corrida » (signé Madrid, mai 1926), La Revue indigène, p.115-116.
  • 1927 – septembre. « Après-midi », La Trouée.
  • 1927 – octobre. « Miragôane », La Trouée.
  • 1928 – janvier « À jouer aux billes », La Revue indigène, p.208.
  • 1928 – mars « Échappée », La Trouée.
  • 1928 – « Surgi d’une natte de paille peinte » (Anth. p.40.) (ms. Paysage irréel)
  • 1928 – « Absence » (Anth. p.38.)
  • 1928 – « Angoisse » (Anth. p.36.)
  • 1928 – «Attente» (Anth. p.37.) (ms. Soir)
  • 1928 – « Mirage » (Anth. p.39.)
  • 1928 – « Appel » ; poème par…; suivi de « La Chanson des Lambis », par Émile Roumer, Port-au-Prince, Impr. V. Pierre-Noël.
  • 1929 – 7 septembre. « Horizon … soleil », La Presse.
  • 1929 – 14 septembre. « Je rêve que je rêve », La Presse.
  • 1929 – 14 septembre. « L’Aube », La Presse.
  • 1931 – 4 juillet. « Quand bat le Tam-Tam », Haïti-Journal.
  • 1931 – 11 juillet. « Une composition inédite de Ludovic Lamothe – poème de Jacques Roumain », Haïti-Journal
  • 1931 – 20 octobre. « Langston Hugues », Haïti-Journal.
  • 1931 – 30 décembre. « Guinée », Haïti-Journal.
  • 1937 – avril. « Madrid », Commune (Paris), n° 44, 4e année, p.926-927.
  • 1945 – Bois d’ébène, Port-au-Prince: Impr. Henri Deschamps. Rééditions Éditions Mémoire d’encrier, Collection : Poésie, Montréal : 2003
    • Comprend quatre poèmes:
      • « Bois d’ébène »
      • « Nouveau Sermon nègre »
      • « Sales nègres »
      • « L’amour la mort »
  • 1978 – 24 septembre. « Un poème inédit de Jacques Roumain : Chanson pour un enfant qui n’avait jamais eu de jouets », Le Nouveau Monde. (signé Bruxelles, 6 décembre 1936).
  • 1980 – « Violettes fanées », in Carolyn Fowler, « A Knot in the Thread », Washington, D.C., Howard University Press, p.4. [Composé probablement en 1926].
  • Poèmes inédits:
    • Poèmes de l’époque indigéniste
      • « Finale »
      • « Pieuse petite Chanson »
      • « S’échapper »
    • Poèmes de prison :
      • « L’Arbre et l’oiseau »
      • « Chanson du prisonnier pour son petit garçon »
      • « La Goélette »
      • « In black and white »
      • « M’allé la riviè »

Essais

  • À propos de la campagne antisuperstitieuse, Port-au-Prince : Imprimerie de l’État, 1942

Œuvres complètes

En 2003 est parue une édition complète des œuvres de Jacques Roumain sous la direction de Léon-François Hoffmann :

  • Jacques Roumain, Œuvres complètes, édition critique, Collection Archivos, Espagne : 2003, 1750 p

Marcus GARVEY un militant de la première heure…

FESTIVAL DES OUTRE-MERS -Paris

Aimé Césaire / Écrits politiques
Le 20 janvier 2018 à 15:00

Césaire méconnu

Partons à l’écoute des voix multiples d’Aimé Césaire, poète, dramaturge, essayiste mais aussi député pendant plus de quarante ans, maire de Fort-de-France, fondateur d’un parti et auteur d’écrits politiques de premier plan dont les tomes 2 et 3 ont paru aux Nouvelles Éditions Jean-Michel-Place.

Si l’on pense d’emblée aux discours de l’Assemblée nationale – Césaire fut en effet dans l’Hémicycle un tribun au verbe haut – on peut désormais s’intéresser aux écrits moins connus : discours prononcés en Martinique, textes parus en revue, allocutions diverses, au gré d’une vie politique intense qu’Aimé Césaire lui-même ne séparait pas de l’action poétique.

Une voix majeure, dressée sans cesse contre le colonialisme ou les injustices de tous ordres, animée toujours par la conviction d’une réconciliation universelle à portée d’humains.

Christian Tortel dialogue avec Boniface Mongo Mboussa. Lectures par Charles Gonzales.

Tarif unique : 6 €.

Réservations : 01 44 85 40 40 ou www.theatre-odeon.eu

Boniface Mongo Mboussa

Écrivain et critique littéraire, Boniface Mongo Mboussa est corédacteur en chef de la revue Africultures et enseigne les littératures francophones à l’antenne parisienne du Sarah Lawrence College.

Il a notamment publié deux essais chez Gallimard : Désir d’Afrique (2002) et L’indocilité (2005), ainsi qu’une biographie du poète congolais Tchicaya U Tam’si, intitulée Le viol de la lune, vie et œuvre d’un maudit (Vents d’ailleurs, 2015). Il est par ailleurs l’éditeur des œuvres complètes de Tchicaya U Tam’si aux éditions Gallimard.

Christian Tortel

Journaliste grand reporteur à France Télévisions, chroniqueur littéraire, ancien élève de l’école supérieure de journalisme de Lille (ESJ). Il possède plus de quinze années d’expérience de télévision. Auteur de près de six cents reportages et portraits littéraires. Spécialiste des questions culturelles et de l’expression écrite, il anime un blog littéraire et enseigne la communication dans plusieurs écoles.
Charles Gonzales

Comédien et metteur en scène, formé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris dans les classes de Pierre Debauche et Antoine Vitez, Charles Gonzales a joué dans des mises en scène de Jorge Lavelli, Jean-Louis Barrault, Roger Planchon, Jean-Louis Martinelli, Pedro Soler… et en a lui-même signé de nombreuses.
Poètes de Guadeloupe

Samedi 20 janvier 2018 à 17h00

Odéon- Théâtre de l’Europe
Place de l’Odéon
75006 Paris

Poètes de Guadeloupe

Avec Daniel Maximin, Max Rippon et Max JeanneOriginaires de la Basse-Terre, de Marie-Galante ou de la Grande-Terre, ils forment à l’image de leurs îles un archipel de créations, entre langue française et langue créole, entre réalités géophysiques et faits historiques, entre le plus petit point de l’île native et le grand étalement caraïbe et mondial. Poésie politique s’il en est, tenaillée souvent par le poids de l’Histoire, la poésie de Guadeloupe sait aussi se faire plus intime, aller au creux de l’être, là où s’invente l’homme et surgit son destin.

« Aucun homme n’est une île » déclarait le poète anglais John Donne, insistant sur le lien unissant chaque être humain. C’est ce que les poètes insulaires savent peut-être mieux que personne.

En écho à Cent ans de poésie en Guadeloupe : une anthologie 1911 – 2017 de Gérard Lamoureux, avant-propos de Roger Little, paru aux Éditions Long Cours en octobre 2017.

Daniel MaximinMax Rippon et Max Jeanne dialoguent avec Christian Tortel. Lectures par Sophie Bourel.

Max Rippon / Guadeloupe

Né à Grand Bourg (Marie-Galante) en 1944, dans le quartier de Lalé Pôyé, Max Rippon a passé son enfance sur l’île qui inspira sa poésie à  venir. À douze ans, il doit poursuivre sa scolarité hors de l’île natale. Ce sera Pointe-à-Pitre où il entre au Lycée Carnot et se lie notamment avec Daniel Maximin et Ernest Pépin. Il vit depuis en Guadeloupe « continentale » mais se dépeint comme poète marie-galantais. Son œuvre, écrite en français et en créole, comprend des romans, un récit autobiographique et de nombreux recueils de poésie parmi lesquels : Rékòt ; brisures de mots ; préface de Maryse Condé, écho plastique de Michel Rovelas (Pointe-à-Pitre : Jasor, 1996), Débris de silences ; préface de Dominique Deblaine (Pointe-à-Pitre : Jasor, 2004), Morrina ; quitter la rade (Pointe-à-Pitre : Jasor, 2011)
Max Jeanne / Guadeloupe

Né au Gosier en décembre 1945, Max Jeanne, après des études littéraires au Centre d’Enseignement Supérieur Littéraire (CESL) de Bainbridge en Guadeloupe  et des études théâtrales à Bordeaux, a été professeur de lettres à Pointe-à-Pitre. Passionné par les livres et la poésie dès son jeune âge, neveu d’un gardien de phare qui était aussi conteur et qui l’éveilla au monde de la mer, il est l’auteur d’une œuvre qui questionne de manière récurrente l’histoire guadeloupéenne et antillaise. Il a publié des romans dont Brisants (Mémoire d’encrier, 2007), des nouvelles et plusieurs recueils de poèmes. Son recueil Western a été adapté pour la scène en 1998. « Diseur », homme de théâtre, il contribue activement à la diffusion de la poésie auprès du public scolaire et du grand public.
Daniel Maximin / Guadeloupe

Né à Saint-Claude (Guadeloupe) en 1947, Daniel Maximin s’installe en France métropolitaine avec sa famille en 1960. Après des études de lettres et de sciences humaines  à l’Université de la Sorbonne à Paris, il devient chargé de cours à l’Institut d’Etudes Sociales et professeur de lettres à Orly. De 1980 à 1989, il est directeur littéraire aux Éditions Présence Africaine et producteur de l’émission «Antipodes» sur France-Culture.  En 1989, il est nommé Directeur régional des affaires culturelles en Guadeloupe.  De retour à Paris en 1997, il est chargé d’organiser la célébration nationale du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Il est depuis 2010 commissaire de « 2011, année des outre-mer français « . Poète, romancier et essayiste, Daniel Maximin est notamment l’auteur d’une trilogie romanesque : L’Isolé soleil (Paris, Seuil, 1981), Soufrières (Paris, Seuil, 1987), L’Ile et une nuit (Paris, Seuil, 1995) ; de Tu, c’est l’enfance (Paris, Gallimard, « Haute Enfance », 2004) ; du recueil de poésie L’Invention des Désirades (Paris, Présence  Africaine, 2000). Son essai Les Fruits du cyclone, une géopoétique de la Caraïbe a paru au Editions du Seuil en 2006.
Christian Tortel

Journaliste grand reporteur à France Télévisions, chroniqueur littéraire, ancien élève de l’école supérieure de journalisme de Lille (ESJ). Il possède plus de quinze années d’expérience de télévision. Auteur de près de six cents reportages et portraits littéraires. Spécialiste des questions culturelles et de l’expression écrite, il anime un blog littéraire et enseigne la communication dans plusieurs écoles.
Sophie Bourel

Comédienne pour le théâtre, le cinéma, la télévision, Sophie Bourel est aussi une passionnée de la poésie qu’elle met en voix à l’occasion  de nombreuses lectures publiques. Elle a très récemment donné Les Indes d’Édouard Glissant au Mémorial ACTe à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) dans le cadre de l’exposition La Caraïbe, solitudes et relation, Gabriel Garcia Márquez – Édouard Glissant.

Le 20 janvier 2018 à 17:00

Tarif unique : 6 €

Réservations : 01 44 85 40 40 ou www.theatre-odeon.eu

« PENSER LA CARAIBE PENSER LE MONDE « 

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En recevant Jean-Pierre Sainton en ce début d’année 2018, nous inaugurons une nouvelle étape de notre Cycle pluridisciplinaire « Penser la Caraïbe, penser le monde », avec une série de conférences-débats qui seront consacrées cette année, aux « Nouvelles écritures de l’histoire caribéenne ». Et en choisissant de débuter cette nouvelle série en recevant Jean-Pierre Sainton, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université des Antilles, c’est certainement par la grande porte que nous entamons notre propos sur le renouvellement actuel du discours historiographique caribéen et antillais. Car depuis 2004, c’est un travail au long cours que dirige Jean-Pierre Sainton (d’abord aux Éditions Maisonneuve et Larose puis chez Karthala depuis 2015), à la tête d’un collectif d’historiens caribéens de la jeune génération, un collectif qui a décidé de relever le pari d’une réévaluation de l’ensemble des trajectoires historiques des Petites Antilles. Cette tâche immense, qui parcourt l’ensemble de cette histoire, de l’ère précombienne à nos jours, est prévue pour se décliner en cinq volumes, dont le troisième paraît d’ailleurs en cette année 2018 (il s’agira du second volet du Temps des matrices : dynamiques sociales, culturelles et politiques des sociétés antillaises). Le premier volume, paru initialement chez Maisonneuve et Larose en 2004 puis réédité chez Karthala en 2015 couvrait la période précolombienne, jusqu’à la colonisation : Le temps des Genèses, des origines à 1685 ; le second tome paru en 2012 rendait comte du XVIIIe siècle : Le temps des matrices : économie et cadres sociaux du long XVIIIe siècle.

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Les 10 LIVRES DE L’ ANNEE selon la sélection de Martinique Première

Toujours riches en création littéraire, lesar Outre-mer n’ont pas failli à leur réputation en 2017. La1ere.fr propose une sélection – forcément non exhaustive – des livres incontournables de l’année (presque) écoulée.

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  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le 
En attendant les futures pépites littéraires de l’année prochaine, nous vous proposons une rétrospective des ouvrages les plus importants de 2017, écrits par des auteurs ultramarins ou se rapportant aux Outre-mer. Ce choix reste personnel et non-exhaustif, et ne saurait rendre compte de la diversité et de la créativité de tous les écrivains de nos régions. Pour un tour d’horizon plus complet, nous vous invitons à visiter la page Littérature de La1ere.fr.

Romans

Titaua Peu (Polynésie), Prix 2017 Eugène Dabit du roman populiste
Le 30 novembre, à l’Hôtel du Nord à Paris, Titaua Peu a reçu des mains du slameur et poète Grand Corps Malade le prix Eugène Dabit du roman populiste pour « Pina », deuxième roman de Titaua Peu après « Mutismes » (Haere Po). Rencontre avec l’auteure du Fenua (à lire sur Polynésie 1ere ci-dessous). Titaua Peu, « Pina » – éditions Au vent Des Iles, Collection littératures du Pacifique, 372 pages. Prix : 21 euros.

Gaël Octavia (Martinique), mention spéciale du jury du Prix Wepler pour « La fin de Mame Baby »
La mention spéciale du jury du Prix Wepler a été décernée en novembre à l’écrivaine martiniquaise Gaël Octavia pour « La fin de Mame Baby », son premier roman. L’histoire se situe dans une petite ville anonyme, appelée simplement « le Quartier », et met en scène un groupe de femmes. On y croise Mariette, qui noie sa vie fracassée dans l’alcool, Suzanne, la « Blanche » pleurant son caïd assassiné, la discrète Aline et Mame Baby dont la mort demeure auréolée de mystère.
Gaël Octavia, « La fin de Mame Baby » – éditions Gallimard, août 2017, 176 pages. Prix : 16 euros. 

« Adieu Bogota » : le nouveau roman de Simone et André Schwarz-Bart
Après « L’Ancêtre en Solitude », publié en 2015, la romancière guadeloupéenne Simone Schwarz-Bart poursuit à quatre mains la narration de sa saga antillaise dans « Adieu Bogota », avec la même puissance d’évocation.
Simone et André Schwarz-Bart, « Adieu Bogota » – éditions du Seuil, mai 2017, 270 pages. Prix : 18 euros.

Maryse Condé : « Le fabuleux et triste destin d’Ivan et Ivana »
A 80 ans, Maryse Condé a choisi de se retirer en Provence. Le handicap ne l’a pas empêchée d’écrire un livre sur l’un des maux de l’époque, la « radicalisation », jusqu’en Guadeloupe, son pays natal. « Le fabuleux et triste destin d’Ivan et Ivana » est le 22e roman de l’écrivaine. Cliquez sur le lien ci-dessous pour voir le reportage de Christian Tortel (France Ô).
Maryse Condé, « Le fabuleux et triste destin d’Ivan et Ivana » – éditions JC Lattès, 250 pages, mai 2017, prix : 19 euros.

« Zing-zing paradis », l’histoire d’une métamorphose, par Jymmi Anjoure-Apourou
Le peintre et plasticien guadeloupéen Jymmi Anjoure-Apourou vient de publier son troisième ouvrage, « Zing-zing paradis ». L’histoire autobiographique d’un jeune homme qui quitte son île natale pour étudier à Paris et enverra tout balader pour devenir écrivain. Jymmi Anjoure-Apourou, « Zing-zing paradis » – éditions Ecriture, janvier 2017, 377 pages, 22 euros.  

Essais

Dans l’intimité de Frantz Fanon : son ex-assistante témoigne
Marie-Jeanne Manuellan a travaillé au Centre neuropsychiatrique de l’hôpital de Tunis sous la direction du célèbre psychiatre et essayiste martiniquais Frantz Fanon à la fin des années cinquante. C’est à elle qu’il dicte notamment « Les Damnés de la terre ». Elle raconte aujourd’hui son expérience dans un livre.
Marie-Jeanne Manuellan, « Sous la dictée de Fanon » – L’Amourier Editions (mai 2017), 190 pages, 17 euros.

« L’insurrection de l’âme », le nouveau livre événement de l’écrivain Raphaël Confiant sur Frantz Fanon
Le nouveau livre de l’écrivain martiniquais Raphaël Confiant, une autobiographie imaginée du médecin et essayiste engagé Frantz Fanon, est en librairie depuis le mois de mai. La1ere.fr a lu cet ouvrage passionnant et a livré en exclusivité une interview de son auteur.
Raphaël Confiant, « L’insurrection de l’âme. Frantz Fanon, vie et mort du guerrier-silex » – Caraïbéditions, 392 pages, mai 2017, prix : 21,30 euros. 

« Frères migrants », de Patrick Chamoiseau
Le nouveau livre de l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau se penche avec humanisme et générosité sur la question des migrants. Fidèle à sa démarche poétique, l’auteur y esquisse “un autre imaginaire du monde”.
Patrick Chamoiseau, « Frères migrants » – éditions du Seuil, mars 2017, 144 pages. Prix : 12 euros.

Françoise Vergès : « Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme »
L’historienne réunionnaise Françoise Vergès publie « Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme », un essai passionnant sur la gestion politique de la natalité dans les Outre-mer et ses conséquences dans les années 60 et 70, à partir du cas emblématique de La Réunion. « Les luttes dans les Outre-mer contribuent à l’élargissement des droits« , déclare l’auteur dans l’interview qu’elle nous a accordée. Françoise Vergès, « Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme » – éditions Albin Michel, février 2017, Paris, 231 pages, 20 euros.

Beaux-livres

Les jardins de la Martinique à l’honneur
Dans un ouvrage abondamment illustré, la géographe Isabelle Specht révèle l’exubérance de la végétation martiniquaise à travers ses jardins. Elle étudie leur flamboyance et leur histoire, intimement liée à celle des populations qui ont peuplé « l’île aux fleurs ». Isabelle Specht, « Jardins de la Martinique, un esprit de liberté » – HC éditions/Fondation Clément (mai 2017), 304 pages, 28,50 euros.

Lettre de Toussaint Louverture à Bonaparte

Lettre de Toussaint Louverture à Bonaparte

Découvrez la teneur de la lettre que Toussaint Louverture a adressé à Napoléon Bonaparte quand ce dernier a décidé de rétablir l’esclavage

 

Lettre du « Premier des Noirs » au « Premier des blancs. »


« Citoyen Consul,

Votre lettre m’a été transmise par le citoyen Leclerc, votre beau-frère, que vous avez nommé capitaine-général de cette île : titre qui n’est point reconnu par la constitution de Saint-Domingue. Le même messager a rendu deux enfants innocents aux embrassements et à la tendresse de leur père. Mais quelques chers que me soient mes fils, je ne veux point avoir d’obligation à mes ennemis, et je les renvoie à leurs geôliers.

Les forces destinées à faire respecter la souveraineté du peuple français ont aussi effectué une descente ; elles répandent partout le carnage et la dévastation. De quel droit veut-on exterminer, par le fer et par le feu, un peuple grossier, mais innocent ? Nous avons osé former une constitution adaptée aux circonstances. Elle contient de bonnes choses, comme vous en convenez vous-même ; mais il s’y trouve aussi, dites-vous, des articles contraires à la souveraineté du peuple français. En quoi consiste donc cette souveraineté ? Quelle est son étendue ? Doit-elle être sans mesures et sans limites ?

Saint-Domingue, cette Colonie, qui fait partie intégrante de la République française, aspire, dit-on, à l’indépendance. Pourquoi non ? Les Etats-Unis d’Amérique ont fait comme nous ; et avec l’assistance du gouvernement français, ils ont réussi à consolider leur liberté. Mais, répondez-vous, il y a des défauts dans votre constitution. Je le sais. Quelle institution humaine en est exempte ? Néanmoins, je suis persuadé que le système que vous avez adopté pour votre République, ne peut garantir, d’une manière plus certaine, la liberté individuelle ou politique, la liberté de la presse ni les droits de l’homme. Le poste élevé que j’occupe n’est pas de mon choix ; des circonstances impérieuses m’y ont placé contre mon gré. Je n’ai pas détruit la constitution que j’avais juré de maintenir. Je vis cette malheureuse île en proie à la fureur des factieux. Ma réputation, ma couleur, me donnèrent quelque influence sur le peuple qui l’habite ; et je fus, presque d’une voix unanime, appelé à l’autorité. J’ai étouffé la sédition, apaisé la révolte, rétabli la tranquillité ; j’ai fait succéder le bon ordre à l’anarchie ; enfin, j’ai donné au peuple la paix et une constitution. Citoyen Consul, vos prétentions sont-elles fondées sur des titres plus légitimes ? Si le peuple ne jouit pas ici de toute la liberté qu’on trouve sous d’autres gouvernements, il en faut chercher la cause dans sa manière de vivre, dans son ignorance et dans la barbarie inséparable de l’esclavage. Le gouvernement que j’ai établi pouvait seul convenir à des malheureux à peine affranchis du joug oppresseur ; il laisse, en plusieurs endroits, prise au despotisme, nous n’en saurions disconvenir ; mais la constitution de la France, cette partie la plus éclairée de l’Europe, est-elle tout à fait exempte de ces inconvénients ? Si trente millions de Français trouvent, comme je l’entends dire, leur bonheur et leur sécurité dans la Révolution du 18 brumaire, on ne devrait pas m’envier l’amour et la confiance des pauvres noirs, mes compatriotes. La postérité décidera si nous avons été obéis par affection, par apathie ou par crainte.

Vous offrez la liberté aux noirs en disant que, partout où vous avez été, vous l’avez donnée à ceux qui ne l’avaient pas. Je n’ai qu’une connaissance imparfaite des événements qui ont eu lieu récemment en Europe, mais les rapports qui me sont parvenus ne s’accordent pas avec cette assertion. La liberté dont on peut jouir en France, en Belgique, en Suisse, ou dans les républiques Batave, Ligurienne et Cisalpine, ne satisferait jamais le peuple de Saint-Domingue. Nous sommes loin d’ambitionner une pareille indépendance.

Vous me demandez si je désire de la considération, des honneurs, des richesses. Oui, sans doute ; mais je ne veux point les tenir de vous. Ma considération dépend du respect de mes compatriotes, mes honneurs de leur attachement, ma fortune de leur fidélité. Me parle-t-on de mon agrandissement personnel dans l’espoir de m’engager à trahir la cause que j’ai embrassée ? Vous devriez apprendre à juger des autres par vous-même. Si le monarque qui sait avoir des droits au trône sur lequel vous êtes assis, vous commandait d’en descendre, que répondriez-vous ?… La puissance que je possède est aussi légitimement acquise que la vôtre ; et la voix unanime du peuple de Saint-Domingue peut seule me forcer à l’abandonner. Elle n’est point cimentée par le sang. Les hommes cruels, dont j’ai arrêté les persécutions ont reconnu ma clémence. Si j’ai éloigné de cette île certains esprits turbulents qui cherchaient à entretenir le feu de la guerre civile, leur crime a d’abord été constaté devant un tribunal compétent, et enfin avoué par eux-mêmes. Est-il quelqu’un d’entre eux qui puisse dire avoir été condamné sans être entendu ? Cependant, ces mêmes hommes vont revenir encore une fois ; ils vont déchaîner de nouveau les assassins de Cuba pour nous dévorer, et ils osent prendre le nom de chrétiens. Pourquoi vous étonnez-vous de ce que j’ai protégé la religion et le culte du Dieu créateur de toutes choses ! Hélas ! j’ai toujours honoré et glorifié cet être plein de douceur, dont la parole sacrée n’a que depuis peu trouvé grâce auprès de vous. C’est dans son appui que j’ai cherché ma consolation au milieu des périls ; et jamais je n’ai été trompé dans mes espérances. Je suis, dites-vous, responsable devant lui et devant vous des massacres qui se commettent dans cette île infortunée ; j’y consens. Que notre sort dépende de sa justice ! qu’il décide entre moi et mes ennemis, entre ceux qui ont violé ses préceptes et abjuré son saint nom, et l’homme qui n’a jamais cessé de l’adorer.

Signé : TOUSSAINT LOUVERTURE, mi-février 1802

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Toni Morrison, la consécration d’une écrivaine afro-américaine

En quelques romans, Toni Morrisson s’est imposée comme un monument de la littérature afro-américaine. Son oeuvre et son parcours forcent l’admiration.

Tout semble réussir à Toni Morrison, première écrivaine noire américaine à être nommée pour le prix Pulitzer et à le remporter. C’était  en 1988  pour le livre Beloved, plus tard adapté au cinéma.

Le parcours sans faute de Toni Morrison est marqué par la mort de on fils Slade, avec qui elle a écrit 4 livres pour enfant.

En 2005, Toni Morrison est nommée Docteure honoris causa en Arts et Littérature de l’Université d’Oxford, puis en 2011, de l’Université de Genève.

Parallèlement, elle enseigne à l’Université d’État de New York, avant d’obtenir un poste de professeure de littérature à l’Université de Princeton où elle devient également titulaire de la chaire de littérature anglaise.

La même année, le jury du supplément littéraire du New York Times consacre Beloved « meilleur roman de ces 25 dernières années » et en novembre 2006, le Musée du Louvre fait de Toni Morrison son invitée d’honneur.  

 Aujourd’hui retraitée de l’enseignement, Toni Morrison, toujours active, a présenté l’adaptation de son livre Desdemona inspiré du Othello de William Shakespeare en 2012.Il s’agit d’une comédie musicale réalisée en collaboration avec Peter Sellars et la chanteuse malienne Rokia Traoré.

La même année elle est décorée de la Médaille présidentielle de la Liberté par le président Barack Obama et à l’automne 2016, elle reçoit le Pen/Saul Bellow Award pour son succès dans la réalisation de fiction américaine. 

Toni Morrison et Barack Obama

 Toni Morrison a apporté un nouveau souffle à la littérature américaine  et afro-américaine.  Entre rêve et réalité, ses romans dont les personnages principaux sont généralement des femmes, décrivent le folklore, les croyances et la misère des Noirs aux États-Unis.

Les thèmes de l’identité bafouée, de l’origine et du déracinement occupent une place centrale.

Des romans à lire, et une auteure à découvrir absolument ! 

  Romans 

  • L’Œil le plus bleu, titre VO The Bluest Eye,  1970 
  • Sula, 1973, 
  • Le Chant de Salomon, titre VO Song of Solomon,1977 
  • Tar Baby, en anglais, 1981  
  • Beloved, 1987  
  • Jazz, 1992 
  • Paradis, titre VO Paradise, 1994 
  • Love, titre VO Love, 2003,  
  • Un don, titre VO A Mercy, 2008) 
  • Home, 2012  
  • Délivrances, titre VO God Help the Child, 2015) 

 

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