Lettre de Toussaint Louverture à Bonaparte

Lettre de Toussaint Louverture à Bonaparte

Découvrez la teneur de la lettre que Toussaint Louverture a adressé à Napoléon Bonaparte quand ce dernier a décidé de rétablir l’esclavage

 

Lettre du « Premier des Noirs » au « Premier des blancs. »


« Citoyen Consul,

Votre lettre m’a été transmise par le citoyen Leclerc, votre beau-frère, que vous avez nommé capitaine-général de cette île : titre qui n’est point reconnu par la constitution de Saint-Domingue. Le même messager a rendu deux enfants innocents aux embrassements et à la tendresse de leur père. Mais quelques chers que me soient mes fils, je ne veux point avoir d’obligation à mes ennemis, et je les renvoie à leurs geôliers.

Les forces destinées à faire respecter la souveraineté du peuple français ont aussi effectué une descente ; elles répandent partout le carnage et la dévastation. De quel droit veut-on exterminer, par le fer et par le feu, un peuple grossier, mais innocent ? Nous avons osé former une constitution adaptée aux circonstances. Elle contient de bonnes choses, comme vous en convenez vous-même ; mais il s’y trouve aussi, dites-vous, des articles contraires à la souveraineté du peuple français. En quoi consiste donc cette souveraineté ? Quelle est son étendue ? Doit-elle être sans mesures et sans limites ?

Saint-Domingue, cette Colonie, qui fait partie intégrante de la République française, aspire, dit-on, à l’indépendance. Pourquoi non ? Les Etats-Unis d’Amérique ont fait comme nous ; et avec l’assistance du gouvernement français, ils ont réussi à consolider leur liberté. Mais, répondez-vous, il y a des défauts dans votre constitution. Je le sais. Quelle institution humaine en est exempte ? Néanmoins, je suis persuadé que le système que vous avez adopté pour votre République, ne peut garantir, d’une manière plus certaine, la liberté individuelle ou politique, la liberté de la presse ni les droits de l’homme. Le poste élevé que j’occupe n’est pas de mon choix ; des circonstances impérieuses m’y ont placé contre mon gré. Je n’ai pas détruit la constitution que j’avais juré de maintenir. Je vis cette malheureuse île en proie à la fureur des factieux. Ma réputation, ma couleur, me donnèrent quelque influence sur le peuple qui l’habite ; et je fus, presque d’une voix unanime, appelé à l’autorité. J’ai étouffé la sédition, apaisé la révolte, rétabli la tranquillité ; j’ai fait succéder le bon ordre à l’anarchie ; enfin, j’ai donné au peuple la paix et une constitution. Citoyen Consul, vos prétentions sont-elles fondées sur des titres plus légitimes ? Si le peuple ne jouit pas ici de toute la liberté qu’on trouve sous d’autres gouvernements, il en faut chercher la cause dans sa manière de vivre, dans son ignorance et dans la barbarie inséparable de l’esclavage. Le gouvernement que j’ai établi pouvait seul convenir à des malheureux à peine affranchis du joug oppresseur ; il laisse, en plusieurs endroits, prise au despotisme, nous n’en saurions disconvenir ; mais la constitution de la France, cette partie la plus éclairée de l’Europe, est-elle tout à fait exempte de ces inconvénients ? Si trente millions de Français trouvent, comme je l’entends dire, leur bonheur et leur sécurité dans la Révolution du 18 brumaire, on ne devrait pas m’envier l’amour et la confiance des pauvres noirs, mes compatriotes. La postérité décidera si nous avons été obéis par affection, par apathie ou par crainte.

Vous offrez la liberté aux noirs en disant que, partout où vous avez été, vous l’avez donnée à ceux qui ne l’avaient pas. Je n’ai qu’une connaissance imparfaite des événements qui ont eu lieu récemment en Europe, mais les rapports qui me sont parvenus ne s’accordent pas avec cette assertion. La liberté dont on peut jouir en France, en Belgique, en Suisse, ou dans les républiques Batave, Ligurienne et Cisalpine, ne satisferait jamais le peuple de Saint-Domingue. Nous sommes loin d’ambitionner une pareille indépendance.

Vous me demandez si je désire de la considération, des honneurs, des richesses. Oui, sans doute ; mais je ne veux point les tenir de vous. Ma considération dépend du respect de mes compatriotes, mes honneurs de leur attachement, ma fortune de leur fidélité. Me parle-t-on de mon agrandissement personnel dans l’espoir de m’engager à trahir la cause que j’ai embrassée ? Vous devriez apprendre à juger des autres par vous-même. Si le monarque qui sait avoir des droits au trône sur lequel vous êtes assis, vous commandait d’en descendre, que répondriez-vous ?… La puissance que je possède est aussi légitimement acquise que la vôtre ; et la voix unanime du peuple de Saint-Domingue peut seule me forcer à l’abandonner. Elle n’est point cimentée par le sang. Les hommes cruels, dont j’ai arrêté les persécutions ont reconnu ma clémence. Si j’ai éloigné de cette île certains esprits turbulents qui cherchaient à entretenir le feu de la guerre civile, leur crime a d’abord été constaté devant un tribunal compétent, et enfin avoué par eux-mêmes. Est-il quelqu’un d’entre eux qui puisse dire avoir été condamné sans être entendu ? Cependant, ces mêmes hommes vont revenir encore une fois ; ils vont déchaîner de nouveau les assassins de Cuba pour nous dévorer, et ils osent prendre le nom de chrétiens. Pourquoi vous étonnez-vous de ce que j’ai protégé la religion et le culte du Dieu créateur de toutes choses ! Hélas ! j’ai toujours honoré et glorifié cet être plein de douceur, dont la parole sacrée n’a que depuis peu trouvé grâce auprès de vous. C’est dans son appui que j’ai cherché ma consolation au milieu des périls ; et jamais je n’ai été trompé dans mes espérances. Je suis, dites-vous, responsable devant lui et devant vous des massacres qui se commettent dans cette île infortunée ; j’y consens. Que notre sort dépende de sa justice ! qu’il décide entre moi et mes ennemis, entre ceux qui ont violé ses préceptes et abjuré son saint nom, et l’homme qui n’a jamais cessé de l’adorer.

Signé : TOUSSAINT LOUVERTURE, mi-février 1802

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Toni Morrison, la consécration d’une écrivaine afro-américaine

En quelques romans, Toni Morrisson s’est imposée comme un monument de la littérature afro-américaine. Son oeuvre et son parcours forcent l’admiration.

Tout semble réussir à Toni Morrison, première écrivaine noire américaine à être nommée pour le prix Pulitzer et à le remporter. C’était  en 1988  pour le livre Beloved, plus tard adapté au cinéma.

Le parcours sans faute de Toni Morrison est marqué par la mort de on fils Slade, avec qui elle a écrit 4 livres pour enfant.

En 2005, Toni Morrison est nommée Docteure honoris causa en Arts et Littérature de l’Université d’Oxford, puis en 2011, de l’Université de Genève.

Parallèlement, elle enseigne à l’Université d’État de New York, avant d’obtenir un poste de professeure de littérature à l’Université de Princeton où elle devient également titulaire de la chaire de littérature anglaise.

La même année, le jury du supplément littéraire du New York Times consacre Beloved « meilleur roman de ces 25 dernières années » et en novembre 2006, le Musée du Louvre fait de Toni Morrison son invitée d’honneur.  

 Aujourd’hui retraitée de l’enseignement, Toni Morrison, toujours active, a présenté l’adaptation de son livre Desdemona inspiré du Othello de William Shakespeare en 2012.Il s’agit d’une comédie musicale réalisée en collaboration avec Peter Sellars et la chanteuse malienne Rokia Traoré.

La même année elle est décorée de la Médaille présidentielle de la Liberté par le président Barack Obama et à l’automne 2016, elle reçoit le Pen/Saul Bellow Award pour son succès dans la réalisation de fiction américaine. 

Toni Morrison et Barack Obama

 Toni Morrison a apporté un nouveau souffle à la littérature américaine  et afro-américaine.  Entre rêve et réalité, ses romans dont les personnages principaux sont généralement des femmes, décrivent le folklore, les croyances et la misère des Noirs aux États-Unis.

Les thèmes de l’identité bafouée, de l’origine et du déracinement occupent une place centrale.

Des romans à lire, et une auteure à découvrir absolument ! 

  Romans 

  • L’Œil le plus bleu, titre VO The Bluest Eye,  1970 
  • Sula, 1973, 
  • Le Chant de Salomon, titre VO Song of Solomon,1977 
  • Tar Baby, en anglais, 1981  
  • Beloved, 1987  
  • Jazz, 1992 
  • Paradis, titre VO Paradise, 1994 
  • Love, titre VO Love, 2003,  
  • Un don, titre VO A Mercy, 2008) 
  • Home, 2012  
  • Délivrances, titre VO God Help the Child, 2015) 

 

Ne dites plus « Nègre littéraire » mais …….. »prête-plume » !

Le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) a obtenu gain de cause auprès de la ministre de la culture. Désormais, il est préconisé d’employer le terme « prête-plume » pour désigner la fonction ou le métier d’écrivain de substitution.

© Denis Meyer / Hans Lucas
© DENIS MEYER / HANS LUCAS
  • La1ère
  • Publié le 
Au mois de mars dernier, Nelly Buffon, qui dirige une agence littéraire, avait contacté le Cran pour demander que la Fédération des Noirs de France interpelle le ministère de la culture sur l’utilisation de l’expression « nègre littéraire ». Avec l’essor de l’esclavage colonial, cette formule s’est imposée dans le monde littéraire parce le « nègre », est celui qui fait tout le travail, sans en retirer le véritable bénéfice.

Le Cran a donc interpellé Françoise Nyssen, et a obtenu gain de cause. Publié sur le site du ministère, le communiqué indique :

Considérant que le terme « nègre (littéraire) » est inapproprié pour désigner la fonction ou le métier d’écrivain de substitution, il est proposé, après consultation des membres de la Commission d’enrichissement de la langue française, d’employer le terme « prête-plume.

 

Cette recommandation sera envoyée aux professionnels de l’édition et des médias afin qu’ils en tiennent compte et modifient leurs usages en conséquence.
Dans un communiqué, le Cran salue la décision du ministère de la culture. En 2014, le CRAN a fait débaptiser des pâtisseries nommées « Négro » et « Bamboula ». Tout récemment, le CRAN a fait changer le nom de la salle de spectacles parisienne « bal nègre » et du bar à cocktail lyonnais « Première Plantation ».

A l’heure où la France débat de la nécessité de lutter contre le sexisme dans le langage, le Cran rappelle qu’il faut pareillement éradiquer le racisme dont le langage est malgré nous le vecteur, indique le Cran.

Depuis plusieurs semaines, le Cran mène une nouvelle bataille, cette fois contre les statues colonialistes qui, selon l’association, finissent par « formater et gangrener les esprits.

CYPARIS et L’ERUPTION de la MONTAGNE PELEE (en BD)

Cyparis et l’éruption de la montagne Pelée en Martinique en BD [INTERVIEW]

Les éditions La Boite à bulles viennent de publier une bande dessinée tout public sur l’éruption de la montagne Pelée en 1902 qui a ravagé Saint-Pierre en Martinique. La1ère a interviewé l’auteur Lucas Vallerie. Il retrace cette histoire à travers différents personnages dont le fameux Cyparis.

© La Boîte à bulles
© LA BOÎTE À BULLES
  • Par Cécile Baquey
  • Publié le , mis à jour le 
La1ère : pourquoi vous êtes-vous intéressé l’histoire de Cyparis ?
Lucas Vallerie : C’est une histoire que tout le monde connaît ici en Martinique, à l’école on va visiter son cachot et les ruines de Saint-Pierre. C’est un héros, ou plutôt un anti-héros local, assez méconnu du reste du monde, il a pourtant été l’un des premiers noirs célèbre des Etats-Unis à cause de sa tournée avec le Cirque Barnum & Bailey’s en 1903 en tant que Freaks.

Quel est votre lien avec la Martinique ?
J’y ai passé une partie de ma scolarité, collège, lycée, l’adolescence, des belles années ! J’y ai rencontré ma femme et certains de mes meilleurs amis. Ma petite sœur y est née ainsi que mes deux enfants pendant la conception du livre.

Lucas Vallerie © Boite à bulles
© Boite à bulles Lucas Vallerie

On habitait à Bruxelles avec ma femme quand on y est retournés en vacances voir ses parents. En rentrant, je voulais raconter un peu la Martinique sur mon blog BD dont l’ascension de la Pelée. Une petite note d’histoire s’imposait avec l’éruption, la destruction de Saint-Pierre et bien sûr, l’étonnant destin de Louis-Auguste Cyparis.

Je voulais juste faire quelque chose de court et puis en me documentant, j’ai commencé à rallonger, rallonger, découper en feuilleton, en chapitres, j’ai commandé tous les bouquins que je pouvais trouver sur le sujet qui m’a passionné, c’était l’éruption dans la tête, j’y ai passé des nuits blanches et quand je dormais, j’en rêvais encore !

Alors il fallait faire quelque chose, j’ai conçu un dossier que j’ai envoyé à plusieurs éditeurs, un seul m’a répondu positivement : La Boîte à Bulles. On a réaménagé en Martinique pour être au cœur de l’action, je n’aurais jamais pu la faire ailleurs cette BD et c’était parti pour quatre ans de boulot ! Aujourd’hui, nous y vivons encore avec nos deux garçons !

D’où vient ce personnage de la nièce de métropole ? A-t-elle réellement existé ?
Non, la nièce et son oncle sont deux personnages fictifs. La nièce me sert à faire visiter Saint-Pierre et les environs sous un œil ingénu aux lecteurs qui ne connaissent pas la Martinique. Et puis c’est un peu mon histoire aussi, venu de métropole, qui tombe amoureux de la Martinique. Il y a néanmoins très peu de personnages fictifs, j’ai essayé de coller le plus possible à la réalité.

Le contexte politique est-il exact ? Des élections ont rendu aveugles les hommes politiques au point qu’ils n’ont pas réalisé l’importance de l’éruption à venir.
Oui, tout à fait. C’est exact. C’était important de raconter ça. Il y a eu beaucoup de rumeurs qui circulaient. On racontait que le Gouverneur de l’époque Louis Mouttet avait fait venir l’armée pour empêcher les gens de fuir. C’est complètement faux ! Le Maire de Saint-Pierre avait fait appel à lui pour avoir des forces de maintien de l’ordre car cela commençait à devenir le chaos.  Certains fuyaient, d’autres arrivaient des villages alentour pour se réfugier à Saint-Pierre, ville qu’on pensait sûre.

Les militaires devaient arriver le 8 mai, ils ne sont donc jamais venus. Il faut bien se mettre en tête qu’il y avait de la cendre partout, du bruit, des tremblements de terre. Les Pierrotins oscillaient entre terreur et fascination. Mais il n’y avait que très peu de routes praticables, surtout des lignes maritimes limitées et près de 30 000 personnes à évacuer. Certains habitants ne voulaient tout simplement pas partir, abandonner leur maison de peur de se faire piller.

On ne veut jamais croire au pire dans ces cas-là et c’est là que les politiques ont fauté en cherchant à rassurer une population qui n’attendait que ça. Personne ne croyait à la catastrophe, malgré les alertes lancées par M. Landes qui n’avait certainement pas assez de poids et de charisme pour se faire entendre. On retrouve aujourd’hui les mêmes problématiques avec le réchauffement climatique.

L’instituteur qui tente d’alerter les hommes politiques de l’époque sur le danger de la situation a-t-il existé ?
Oui, Gaston Landes était professeur de sciences naturelles au lycée laïc de Saint-Pierre et directeur du merveilleux jardin botanique de Saint-Pierre. C’était quelqu’un de très érudit en Martinique, il avait été envoyé à l’exposition universelle de l’époque pour représenter l’île.

Gaston Landes connaissait bien la Martinique qu’il avait sillonnée. Malheureusement il n’a pas réussi à convaincre les autorités compétentes. A-t-il été tenu au silence ? La rumeur circule.

Quels sont les retours que vous avez sur votre roman graphique aussi bien dans l’Hexagone qu’en Martinique ?
Le roman est sorti le mois dernier, c’est encore frais. Néanmoins il a bonne presse en métropole, sur les blogs BD et autres. Ici, en Martinique, j’ai également de très bons retours des Martiniquais qui aiment qu’on parle de leur île et trouvent que j’ai bien respecté leur histoire, les gens et leurs expressions ainsi que la réalité scientifique.

Et comme j’y ai mis de l’humour ça passe à tous les âges, et ça j’en suis très heureux, c’était une réelle volonté. Que tout le monde puisse lire cet ouvrage, c’est un drame certes, mais avant et après c’est la vie, on rigole et les Martiniquais sont un peuple qui aime bien rigoler. Mais cette histoire ne parle pas que de la Martinique, elle parle de catastrophe naturelle et d’humains, aussi elle trouve tristement son écho dans l’actualité internationale (Volcan à Bali, Cyclones Maria, Irma, tremblement de terre au Mexique…)

Cyparis a-t-il réellement été sauvé par un journaliste américain ?
Oui, le livre de Georges Kennan « Le désastre de la Pelée » relate son voyage en Martinique juste après les événements. Ce type-là était un vrai aventurier et son livre est très bien écrit et très intéressant ! Mais ce sont bien les trois compères qui ont sorti Cyparis du cachot et l’ont amené au Morne Rouge au Père Mary. Le curé a vraiment pris soin de lui. Le fait que ces trois compères étaient des pillards est contesté.

Comment avez-vous réussi à restituer le parcours de Cyparis aussi précisément ? Est-ce que tout le récit est exact historiquement ?
J’ai lu énormément de livres d’époques, de témoignages. J’ai retrouvé des lettres du Père Mary qui raconte son histoire au Gouverneur, j’ai même retrouvé l’acte de naissance de Cyparis. C’était une véritable enquête. Ici, encore aujourd’hui, des gens doutent de son existence, mais le procureur général de l’époque a bien certifié qu’il était en prison à l’heure de l’éruption.

Il y avait trois cachots, un petit, un moyen et un gros. Celui que l’on visite aujourd’hui comme le sien est le moyen, mais il y a un doute là-dessus. La plupart des événements que j’ai relatés proviennent de sources sures. J’ai trouvé beaucoup de photos. Quand j’avais des trous, j’ai un peu complété. Par exemple, le fait qu’il s’évade de prison est vrai, qu’il se rende par lui-même également, mais dès le lendemain, sur ce point les opinions divergent.

L’éruption qui détruit le Morne rouge et tue le Père Mary, ça c’est exact, mais la façon dont Cyparis s’en sort, je n’en savait rien. Et puis il a fallu lui trouver un caractère, un tempérament. J’avais sa date de naissance, j’ai vu qu’il était cancer (rires) et il me faisait penser à certains de mes amis notamment dans sa relation explosive au rhum, malgré un caractère paisible.

La photo de lui la plus connue m’a beaucoup inspiré également. Tout se passe dans son regard : un mélange de dignité et de résignation, une grande force intérieure. J’ai donc pris tous ces éléments pour en faire un personnage consistant et un peu burlesque. C’est un anti-héros, le fil rouge de cette histoire.

Cyparis, la BD aux éditions Boîte à Bulles (prix 32 euros)
Cyparis, la BD aux éditions Boîte à Bulles (prix 32 euros)

Quels sont vos prochains projets ? Avez-vous encore envie de parler de la Martinique ? Ou de l’Outre-mer ?
Eh bien il est possible que je refasse des choses sur la Martinique, ce que je continue à faire en illustration depuis quatre ans avec mes cartes postales illustrées, des expos sur l’histoire, des fresques. J’ai certaines choses qui vont peut-être se faire sur le carnaval, le quimbois (vaudou local) ou Fort-de-France.

Mais là, directement en BD, je travaille sur le scénario et les dossiers de plusieurs projets notamment une série d’aventures burlesques et fantastiques autour de la ville de Paris, ça parle de gens très très méchants.

ESCLAVAGE, MEMOIRE ET LITTERATURE PARIS 18 et 19 OCTOBRE 2017

Organisateurs
Mads-Anders Baggesgaard, Université D’Aarhus
Myriam Cottias, CNRS & CIRESC&LC2S
Madeleine Dobie, Université de Columbia
Karen-Margrethe Simonsen, Université D’Aarhus

Octobre 18
Columbia University Global Center, 4 rue de Chevreuse.

9.30-10.00 : inscription et café

10.00-10.15 : remarques liminaires
Mads-Anders Baggesgaard & Karen-Margrethe Simonsen

10.15-12.00:
Session 1 : souvenirs publics et privés, président : M. Mads
Les musées de la maison historique de St. Louis
Jean Hébrard : appropriation et reformulation de l’histoire d’origine : la production et l’utilisation des souvenirs familiaux de l’esclavage atlantique
Jane-Marie Collins : trop proche pour le confort : cultures de cruauté à debret, Machado et firmina dos reis

13.00-14.45:
Session 2 : relations transatlantiques et traductions, président elvan zabunyan
Anne c. Bailey : L’esclavage, la mémoire et les voix transatlantiques
Marie-Jeanne Rossignol : Traduction des récits d’esclaves nord-Américains en français et pour un public français : questions sur la série récits d’esclaves et une mémoire de de l’esclavage
Tatiana Petrovich Njegosh : Aferim ! (2015) et la mémoire silencieuse de l’esclavage des roms en Europe

14.45-15.00 : café

15.00-16.45
Session 3 : souvenirs poétique et visuel du passage moyen, Président Jean Hébrard
Ellen Howley : les voix du massacre de zong : postcoloniales approche de la mémoire
Noni Carter : fabriqué dans le ventre du navire : représenter l’esclave dans l’ère des lumières et la littérature contemporaine
Elvan Zabunyan : sur l’imaginaire d’Ellen Gallagher, une lecture afrofuturist de l’histoire de l’esclavage

18.30-20.30
Evénement public :
Race, genre et cinéma : une conversation entre le cinéaste euzhan palcy et l’historien Myriam Cottias.

20:30 réception

Octobre 19
EHESS, 105 Boulevard Raspail

9.15-11.00:
Séance 5 : se souvenir des résistances, présidente Karen-Margrethe Simonsen
Domna c. Stanton : Re-collections contradictoires : L’esclave du Triangle Atlantique Français du 17 ème siècle
Des traces contradictoires. Récits de voyage et de la résistance à l’esclavage
Isabel Kalous : le monde connu : restitutions du passé et représentations de l’esclavage dans les romans du Xxie siècle

11.00-11.30 : pause café

11.30-13.15
Séance 6 : Incarnation et performance, présidente Laura Murphy
Anna Scacchi : le corps noir dans la douleur
Fabienne Kanor : chair de l’histoire
Jerry w. Carlson : exorciser esclavage : célébration et kinesis dans la vidéo de Cuba, de la Colombie et de la République Dominicaine

14.15-16.00
Session 7
Nouvelle le passé : Alternative Temporalités et contre-récits, présidente Myriam Cottias
Marco Doudin : créer l’histoire par la fiction : Derek Walcott et la mémoire d’Edouard glissant de l’esclavage
Fiction Lourenço : fiction de mémoire. Sur le Deus-Dará de Lucas Coelho et le temps-être de « Lusophone » coloniales
Laura Murphy : la nouvelle histoire d’esclave et l’invention des « survivants » de l’esclavage moderne

16.00-16.15 Pause café

16.15-18.00:
Séance 8 :
Perspectives des Caraïbes, présidente : Madeleine Dobie
Lovia Mondesir : la femme sans nom et le traumatisme de l’abolition de l’esclavage selon Edouard glissant
Heather Cateau : documents de plantation : le dix-huitième siècle selfie – instantanés pour re en esclavage dans les Caraïbes
Mads Anders Baggesgaard : se souvenir de l’esclavage au moment du transfert, 1900-30 dans les Antilles danoises

18.00-18.30 Informations sur les prochains volumes et remarques de clôture
Madeleine Dobie

L’atelier est soutenu par le programme de recherche sur l’esclavage (readingslavery. Au. DK) financé par les fondations.

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LA RENTREE LITTERAIRE 2017 selon les choix de Radio France International

 

 les 15 incontournables du monde noir

mediaAbhi Sharma/abee5 CC BY 2.0

Cette année encore, le monde noir marquera de sa belle et puissante présence la rentrée littéraire. L’Afrique, les Antilles et l’Amérique noire sont représentées par de grandes plumes dont, pour certains, les lecteurs français ont déjà eu l’opportunité de mesurer l’originalité et l’imagination féconde. Ils ont pour nom : Kamel Daoud, Ali Zamir, Barlen Pyamootoo, Véronique Tadjo, Colson Whitehead, pour ne citer qu’eux. Voici les 15 titres incontournables du côté du monde noir pour la rentrée littéraire 2017.

1 – Kamel Daoud ou le dilemme de Schéhérazade

Actes Sud

C’est le deuxième roman sous la plume de l’un des écrivains algériens les plus connus de France et de Navarre. Puisant son inspiration dans la légende de Schéhérazade, l’auteur de Zabor ou les psaumes raconte à la première personne l’histoire d’un jeune homme qui possède le don d’éloigner la mort… en écrivant. Appelé au chevet de son père agonisant, ce jeune homme répondant au nom biblique de Zabor va intervenir pour le sauver, même si leurs relations sont difficiles, depuis que le père a répudié la mère, la condamnant à la mort certaine. Un roman sur la famille, sur la mort et sur l’imagination comme puissance et art millénaire de dépassement de soi.

304 pages, 21 euros (parution le 16 août).

 

 

 

2 – Docu-fiction de Véronique Tadjo sur la finitude et la fragilité de l’humain

« En compagnie des hommes » de Véronique Tadjo (Don Quichotte)Don Quichotte

Poète, romancière, peintre, l’Ivoirienne Véronique Tadjo a construit son nouveau roman autour de la thématique de l’Ebola. A mi-chemin entre récit philosophique, conte moral à la Voltaire et docu-fiction, En compagnie des hommes raconte les ravages causés par la pandémie qui a failli mettre fin à l’humanité. Face à cette menace d’extinction, les hommes s’interrogent sur leur place dans le monde et ouvrent le palabre en donnant la parole au baobab, à la chauve-souris, comme dans les contes traditionnels africains. Personnifiés, l’arbre comme l’animal deviennent à leur tour symboles d’une humanité fragile, confrontée aux contingences de la vie moderne qui a jeté aux orties ses défenses écologiques et naturelles. Les conséquences ne peuvent qu’être tragiques.

168 pages, 17 euros (parution le 17 août).

3 – La femme révoltée, de Fouad Laroui

« L’insoumise de la porte de Flandre » de Fouad Laroui (Julliard)Julliard

Fouad Laroui écrit ses poèmes en néerlandais, ses romans en français et a fait des heurs et malheurs du monde musulman dont il est issu, l’une des thématiques constantes de son œuvre. Dans son nouveau roman – L’insoumise de la porte de Flandre – qui paraît ces jours-ci, il raconte la double vie d’une jeune musulmane de Molenbeek.

Chaque après-midi, Fatima quitte son foyer vêtue d’un hijab strict, traverse la ville pour aller s’engouffrer dans un immeuble de la Porte de Flandre. Habillée à l’occidentale, robe légère et cheveux au vent, la jeune femme qui en sort n’a rien de la musulmane soumise que son amoureux découvre à sa grande surprise en la suivant lors d’une de ses virées à travers la ville. Derrière cette double vie, se cache une femme éperdument amoureuse de sa liberté, qui n’hésite pas à s’en prendre à cette société patriarcale qui vêtit ou dévêtit les femmes selon le bon plaisir de ses hommes. La déflagration qui suit est à la mesure des enjeux de la révolte de Fatima contre la domination masculine. Au bout du chemin, la liberté!

144 pages, 17 euros (parution le 17 août).

4 – Entre la grande Histoire et la littérature, avec Kaouther Adimi

« Nos richesses » de Kaouther Admi (Seuil)Seuil

Kaouther Adimi fait partie de ces écrivains qu’on ne peut définir par leur passeport. C’est particulièrement vrai pour cette jeune romancière, née en Algérie en 1986 et vivant aujourd’hui à Paris. Elle s’est donné pour mission d’explorer l’entre-deux de l’Algérie et la France, un espace mental prodigieusement fécond dont sont issus de nombreux intellectuels franco-algériens, anciens comme contemporains.

C’est la vie et l’œuvre d’un de ces intellectuels qui est le sujet du nouveau livre de Kaouther Adimi, son troisième roman, Nos richesses. L’homme en question est un certain Edmond Charlot, un illustre inconnu qui fonda une des premières librairies d’Alger, baptisée joliment Les vraies richesses. Pourquoi les vraies richesses, vous vous demandez ? La sagesse populaire ne dit-elle pas : « Un homme qui lit en vaut deux ? »

Avec un sens consommé de la narration et mêlant avec subtilité et finesse une intrigue romanesque et les extraits des carnets de Charlot, Kaouther Adimi a construit un beau roman sur les pouvoirs et limites de la littérature, dont les protagonistes ont pour nom Albert Camus, Jean Amrouche, Jean Sénac et quelques autres grands noms des lettres françaises et francophones. Petite histoire dans la grande Histoire de l’Algérie française et post-française, Nos richesses est le récit du métissage franco-algérien, commencé dans la domination et poursuivi dans le lent et inexorable oubli du passé commun.

218 pages, 17 euros (parution le 17 août).

5- Derrière la plage, l’ennui : les mythologies mauriciennes revues et corrigées par Barlen Pyamootoo

« L’île au poisson venimeux » de Barlen Pyamootoo (L’Olivier)L’Olivier

Le Mauricien Barlen Pyamootoo s’est fait connaître en 1999 en publiant Bénarès, son grand roman faussement indien. L’île au poisson venimeux est son quatrième roman. Il y est question d’abandon du foyer familial, de désespoir et de quête de soi. Un homme disparaît sans laisser de traces. Les recherches lancées par sa famille ne donneront rien. De guerre lasse, sa femme décide de refaire sa vie pour donner un foyer familial. C’est alors que le drame se produit, dévoilant les failles et les hypocrisies d’une société aux abois.

174 pages, 17 euros (parution le 24 août).

 

 

 

6 – L’amour au temps du séisme et des dévastations, sous la plume du Haïtien James Noël

« Belle merveille » de James Noël (Zulma)Zulma

« Pap pap pap papillon… Aucune ville ne saurait voler plus haut que ses vertiges, c’est moi Bernard qui te le dis. Pap pap pap papillon… Songe à l’histoire qui t’échappe à tire-d’aile. » Ainsi commence Belle merveille, le tout premier roman du Haïtien James Noël. Celui-ci est avant tout poète et c’est dans une langue syncopée et lyrique qu’il évoque dans ce roman la rencontre magique de Bernard, le miraculé survivant du séisme ravageur du 12 janvier 2010, avec une bénévole napolitaine répondant au beau nom d’Amore. Le coup de foudre qui suit se conclut sur fond de dévastation et de morts sans sépulcure. Le couple connaîtra de moult péripéties et rebondissements, avant d’aller chercher dans la Ville éternelle un nouveau souffle pour leur bel amour né dans les décombres d’une autre ville dont le souvenir reste à jamais vivace.

160 pages, 16,50 euros (parution le 24 août).

 

7 – L’Américain Colson Whitehead revisite l’esclavage et l’ingéniosité de ceux qui le combattent

« Underground Railroad » de Colson Whitehead (Albin Michel)Albin Michel

Publié en automne dernier et couronné à la fois par le prix Pulitzer 2017 et le National Book Award (équivalent du Goncourt), Underground Railroad est sans doute l’un des livres les plus remarquables sur l’esclavage à avoir été écrit à ce jour. Il raconte le périple d’une jeune esclave noire qui réussit à s’évader de la plantation de coton dans la Géorgie à laquelle elle était rattachée vers les Etats libres du Nord. Nous sommes avant la guerre de Sécession.

Si la jeune héroïne a su mener à terme ce périple semé d’embûches au cours duquel elle risquait d’être capturée à chaque instant par les chasseurs d’esclaves, c’est parce qu’elle avait su s’appuyer sur le réseau d’entraide et de solidarité qui existait à l’époque pour aider les esclaves à s’enfuir et conquérir leur liberté. Ce réseau s’appelait « Underground Railroad ».

Comme le rappelle l’auteur Colson Whitehead, son livre est aussi une réflexion sur les fondements et la mécanique du racisme aux Etats-Unis. Ce mélange de réflexion et de narration donne un roman puissant et émouvant qu’on referme en comprenant sans doute un peu mieux les enjeux de la guerre que les noirs américains et leurs sympathisants sont en train de mener en ce moment même contre les suprématistes blancs dans l’Amérique de Donald Trump et de Steve Bannon.

Traduit de l’anglais par Serge Chauvin. Albin Michel, 414 pages, 22,90 euros. (Parution le 24 août).

8 – Entre histoire et fiction : naissance du Nigeria revue et corrigée par Diekoye Oyeyinka

« La douleur du géant » de Diekoye Oyenika (L’Aube)L’Aube

La Douleur du géant est le premier roman du Nigérian Diekoye Oyeyinka. Un roman-fleuve de près de 400 pages qui met en scène non sans talent l’histoire du Nigeria indépendant, un géant aux pieds d’argile. Pays le plus peuplé d’Afrique, la première économie du continent gangrenée par la violence et la corruption, le Nigeria est le véritable protagoniste de ce roman. A travers les récits de vie des personnages  haut en couleur, leurs inquiétudes, leurs rêves et leurs souvenirs de l’émergence chaotique de leur pays, le roman raconte l’histoire du Nigeria moderne qui n’a pas été un long fleuve tranquille, comme en témoignent les chapitres du livre consacrés aux périodes dramatiques telles que la guerre de Biafra ou les coups d’Etat militaire.

La narration d’Oyeyinka est poétique, foisonnante et souvent métaphorique, comme cette image de la gestation difficile empruntée aux légendes anciennes.Elle sert de grille de lecture de la naissance dans la violence et la douleur d’un grand pays moderne.

Traduit de l’anglais par Benoîte Dauvergne. Editions de l’Aube, 400 pages, 22 euros (parution le 24 août).

9 – Dans la Tunisie d’avant l’indépendance avec Ali Bécheur

« Les lendemains d’hier » de Ali Bécheur (Elyzad)Elyzad

Venu à l’écriture après une longue et brillante carrière d’avocat, Ali Bécheur est connu pour son chef-d’œuvre Le Paradis des femmes, paru en 2006. Si dans ses premiers romans, la thématique féministe est omniprésente, dans son nouveau roman qui paraît en cette nouvelle rentrée littéraire, le Tunisien met en scène l’univers passionnel des hommes. Il raconte la lourde chape de silence qui pèse parfois sur les ressentiments opposant  notamment pères et fils et qui, à défaut de pouvoir s’exprimer, explosent. L’intrigue des Lendemains d’hier, malgré ses références obliques au temps présent, est campée dans la Tunisie d’avant l’indépendance où colons, locaux, femmes européennes et arabes, artisans de la médina et cocher maltais se partagent la scène, marquant les esprits de leur présence et de leurs rêves inassouvis.

312 pages, 19,90 euros (parution le 25 août).

10 – La Martiniquaise Gaël Octavia entraîne le lecteur dans un inattendu huis clos des femmes

« La fin de Mame Baby » de Gaël Octavia (Gallimard)Gallimard

La Fin de Mame Baby est le tout premier roman de la Martiniquaise Gaël Octavia. Son intrigue est bâtie avec une sensibilité féministe,autour des vies gâchées de quatre femmes : Mariette la recluse, Aline l’infirmière, Suzanne la petite blanche et Mame Baby, idole des femmes. Celle-ci est morte dans des circonstances mystérieuses dans le Quartier, une petite ville de banlieue où les destins se croisent et se concluent.

Ce roman est construit comme une pièce de théâtre où les personnages s’affrontent avec pour armes leurs haines et les souvenirs de leur idole disparue. Le lecteur ne s’étonnera pas de se retrouver ici dans une configuration théâtrale puisque l’auteur vient du monde de théâtre, avec à son actif trois pièces qui l’ont fait connaître.

170 pages, 16 euros (parution le 31 août).

11 – La narration post-moderne de Nael El-Toukhy

« Les femmes de Karantina » de Nael El-Toukhy (Actes Sud)Actes Sud

L’Egyptien Nael El-Toukhy voue un véritable culte à Oum Kalsoum, mais puise aussi son inspiration dans le cinéma de Woody Allen, les romans de Kafka et les fables de Borges. C’est sans doute la fusion inédite de ces différentes influences qui explique le succès qu’a connu son roman Les Femmes de Karantina, unanimement salué dans le monde arabe comme l’une des œuvres les plus marquantes de la nouvelle littérature égyptienne.

Traduite en français pour la première fois, l’écriture de ce romancier hors norme surprend par sa vitalité iconoclaste. Renversant la tradition et la légende avec un sens consommé de la subversion, il raconte l’énergie de l’Egypte post-révolutionnaire à travers la fuite en avant de ses protagonistes, notamment le couple Inji et Ali. Poursuivis pour meurtre, ceux-ci se réfugient en Alexandrie. C’est dans les bas-fonds de l’Alexandrie obscure et mystérieuse que se déroule l’essentiel de l’intrigue qui mêle avec brio la noirceur du roman social et les audaces propres aux récits d’anticipation dont l’action est campée en 2064.

Ce roman est aussi une saga familiale qui retrace l’évolution de la société égyptienne sur trois générations, incarnées par une galerie de personnages, les uns plus pittoresques que les autres.

448 pages, 23,50 euros (parution le 6 septembre).

12 – Le Jamaïcain Kei Miller fait souffler le vent de révolte chez les rastafari

« By the rivers of Babylone » de Kei Miller (Zulma)Zulma

Romancier et poète, né à Kingston, le Jamaïcain Kei Miller est l’auteur d’une œuvre engagée dont le sarcasme n’épargne ni la classe politique de son pays natal, ni le racisme et l’hypocrisie dans le Royaume-Uni où il vit. By the rivers of Babylon qui raconte la descente aux enfers de la Jamaïque, est le deuxième roman de Miller traduit en français, après L’authentique Pearlline Portious, paru en 2016 .

Augustown, le quartier pauvre de Kingston sur lequel s’ouvre le premier chapitre du roman, est emblématique de la plongée de la Jamaïque entière dans la violence et la misère morale et matérielle. La promesse de la classe politique du pays  d’offrir aux anciens esclaves une vie digne n’a pas été tenue. Alors, Augustown attend le signal de la nouvelle révolte des démunis et l’avènement du jour d’ « autolapse », synonyme jamaïcain pour l’apocalypse.

Le retour de l’école de Kaïa dont le professeur lui a coupé les dreadlocks – sacrilège absolu chez les rastafari – sera-t-il ce signal qu’attend le gang Angola pour faire de nouveau régner la terreur dans la ville ? La belle traduction de Nathalie Carré est à la mesure du puissant vent de résistance que Miller fait souffler dans ces pages.

Traduit de l’anglais par Nathalie Carré. 304 pages, 20,50 euros (parution le 7 septembre).

 

13 – La poésie de l’amour, selon Ali Zamir

« Mon étincelle » de Ali Zamir (Le Tripode)Le Tripode

C’est en 2016 que Ali Zamir a surgi sur la scène littéraire française avec Anguille sous roche, un premier roman quasi parfait, étincelant comme un diamant poli par les contingences d’une intelligence imaginative peu commune. Le Comorien trentenaire revient cette année avec un second roman qui confirme les espoirs et les promesses du premier.

Mon Etincelle est une histoire d’amour, d’amour fou qui fait chavirer le cœur de la jeune Etincelle. Prise dans les turbulences d’un vol qui relie deux îles de son pays, elle se remémore les histoires d’amour que lui racontait sa mère. En particulier, celle de deux adolescents répondant aux noms improbables de « Douceur » et « Douleur ». Chaque fois qu’elle affronte une épreuve, Etincelle se raconte l’histoire tragique de ces deux adolescents malgaches, avec l’espoir de trouver dans leur amour éperdu la consolation pour ses propres échecs.

Après la sensation créée par son premier roman, Ali Zamir a toutes les chances cette année, dit-on dans les milieux autorisés, de remporter un grand prix avec son deuxième opus. Mon Etincelle n’a-t-il pas été qualifié de « une des histoires d’amour les plus extraordinaires » par Alain Mabanckou himself ?

280 pages, 19 euros. (Parution le 7 septembre).

14 – L’Angolais Manuel Rui raconte les lendemains qui déchantent

« Oui, camarade » de Manuel RuiChandeigne

Homme politique, diplomate, universitaire, l’Angolais Manuel Rui est aussi un des grands noms de la littérature de son pays. Avec Luandino Vieira et Pepetela, il fait partie de la génération d’écrivains majeurs qui ont fait la renommée des lettres angolaises. A ce jour, Le Porc épique (Dapper 1982) est le seul de ses livres qui a été traduit en français.

Oui camarade qui paraît ces jours-ci est un recueil de nouvelles, écrites au lendemain de l’indépendance angolaise le 11 novembre 1975. Des récits engagés, pleins d’espoirs dans l’avenir de la nation naissante enfin débarrassée du colonialisme. L’indépendance ne sera pas pour autant, le romancier le pressentait déjà, un long fleuve tranquille. Le chaos qui règne au Palais, raconté avec sarcasme et empathie dans la nouvelle « Le conseil » qui ouvre le recueil, tout comme les grèves qui paralysent l’économie et les « poches trouées » des anciens combattants en disent long sur les lendemains qui déchantent déjà.

Traduit du portugais par Elisabeth Monteiro Rodrigues. 208 pages, 20 euros. (Parution le 21 septembre.)

15 – Nimrod, entre poème et récit

La couverture du livre «Gens de brume» de NimrodDR

On ne présente plus Nimrod Bena Djangrang. C’est à son père, pasteur luthérien, que le Tchadien doit son prénom aux résonances bibliques. « Nimrod » qui signifie « celui qui a vaincu le léopard » est devenu, chemin faisant, le pseudonyme de cet écrivain au verbe haut et sensuel.

Poète, romancier et essayiste, l’homme a dû quitter son pays natal à l’âge de 25 ans, fuyant les turbulences de la guerre civile. Après un premier volume de poésies intitulé Pierre, poussière (Editions Obsidiane 1989), qui l’a fait connaître, ce natif de Koyom, dans le sud du Tchad, a publié d’autres recueils de poésies, mais aussi des romans intensément lyriques, rythmés par les souvenirs du pays et du passé.

Nimrod publie en octobre un nouveau livre : Gens de brume. On n’a pas beaucoup d’information sur ce nouvel opus de l’auteur tchadien, sauf ce qu’en dit son éditeur sur son site: « Entre poème et récit, le poète évoque son enfance parmi les pêcheurs des bords du fleuve Chari au Tchad, son exil, mais aussi les paysages du Gard qui lui sont chers ».

Le talent oblige, la parution d’un nouveau titre signé Nimrod est forcément un événement littéraire incontournable.

64 pages, 8 euros. (Parution le 4 octobre.)

ECRIVAINS HAÏTIENS A L’HONNEUR

Trois Haïtiens finalistes pour un grand prix littéraire francophone

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Plusieurs écrivains haïtiens et étrangers ont soumis leurs œuvres de fiction (roman, récit, nouvelles) publiées entre  le 1er mai 2016 et le 1er mai 2017. Trois Haïtiens sont en lice pour le grand Prix des cinq continents de la Francophonie.

Créé en 2001 par l’Organisation internationale de la Francophonie, le Prix des cinq continents consacre un texte d’un écrivain important, témoignant d’une expérience culturelle spécifique enrichissant la langue française. Deux auteurs établis et un jeune auteur  en herbe figurent parmi les finalistes.

Il s’agit de Néhémie Pierre Dahomey, auteur du récit « Rapatriés » (paru chez Seuil), Gary Victor, auteur de Les temps de la cruauté (Philippe Ray) et  Louis-Philippe Dalembert  pour le récit « Avant que les ombres s’effacent », publié chez l’éditrice Sabine Wespieser.Ce roman du prolifique romancier haïtien s’est déjà vu décerner plusieurs distinctions dont le Prix France Bleue/Page des Librairies 2017, après que Louis-Philippe ait raflé le Prix Orange du Livre.

Haïti croise les bras et attend la délibération du jury : qui détrônera l’écrivaine et journaliste tunisienne Fawzia Zouari, lauréat de l’édition 2016 pour son roman « Le Corps de ma mère », édité à Tunis par Déméter et coédité à partir de Paris par Joëlle Losfeld, Gallimard.

Réunis ce mardi 11 juillet 2017 au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), les représentants des cinq comités de lecture du Prix des cinq continents de la Francophonie ont choisi les 10 finalistes parmi les 122 œuvres proposées.

De l’avis des comités, « la moisson 2017 nous invite à lire des parcours de femmes et d’hommes qui, par leur force de caractère, par leur courage ou leur détermination, parviennent à se construire, au cœur de la violence de nos sociétés. Ce sont des tragédies qui nous révèlent la complexité de la nature humaine et ouvrent des horizons au-delà des époques et des frontières ».

Accueillant tout auteur d’expression française quelle que soit sa maturité littéraire, le Prix des cinq continents de la Francophonie met en valeur l’expression de la diversité culturelle et éditoriale de la langue française sur les cinq continents.

La liste complète des finalistes

Deux écrivains haïtiens finalistes du Prix Théâtre RFI 2017

Parmi les 13 textes présélectionnés pour l’édition 2017 du Prix Théâtre RFI, figurent deux œuvres haïtiennes : Reconstruction(s) de Noé Beaubrun et Quai des ombres de Faubert Bolivar.

« Le choix a été difficile et, comme tout choix, douloureux. Il a demandé beaucoup de temps et une attention rigoureuse, faisant peu cas de fautes de syntaxe ou d’orthographe. S’attachant tant au fond qu’à la forme.» C’est par ces mots que le comité de lecture du Prix Théâtre RFI 2017 dévoile la liste des textes présélectionnés pour « leurs qualités littéraires, dramaturgiques et leur originalité ». Deux auteurs haïtiens, Noé Beaubrun et Faubert Bolivar, sont en lice respectivement pour leurs pièces Reconstruction(s) et Quai des ombres.

Elles sont des œuvres représentatives de la littérature haïtienne non seulement en référence à leurs auteurs, mais aussi pour les sujets qu’elles abordent.

Reconstruction(s) de Noé Beaubrun

Le président d’Haïti s’est retiré dans l’unique bibliothèque du pays et depuis trois ans passe son temps à lire et à philosopher « pour se reconstruire ». Le peuple se plaint de cette inaction par la voix de l’opposition tandis que les ministres s’emploient à ne rien faire pour se reconstruire pour leur propre compte avec l’argent des impôts et des ONG… Le public est appelé à participer aux péripéties de cette farce politique qui brocarde un régime immobile et corrompu depuis des décennies.

Quai des ombres de Faubert Bolivar

Après le tremblement de terre en Haïti, des personnages errent dans les ruines, au milieu des fantômes. Fauchés en pleine vie. Déjà happés, morts-vivants, par le chœur des ombres…

Voici la liste des 11 autres textes  présélectionnés:

  • La poupée barbue d’Edouard Elvis Bvouma (Cameroun)
  • Verso Recto de Sylvie Dyclo-Pomos (Congo)
  • Arènes intérieures de Koukouvi Dzifa Galley (Togo)
  • La rue bleue de Sedjro Giovanni Houansu (Bénin)
  • Délestage de David-Minor Ilunga (RDC)
  • Là-bas de Fidèle Kofi (Côte d’Ivoire)
  • Les invisibles de Hicham Lasri (Maroc)
  • Longues sont mes nuits de Faustin Keoua Leturmy (Congo)
  • Le tableau pas complet de Mylene Ntamengouro (Burundi)
  • Debout un pied de Denis Sufo Tagne (Cameroun)
  • Mille et une femmes de Constantin Liberté Kouam Tawa (Cameroun)

« Ce qui nous a frappés, c’est la force des propos à l’égard des maux qui hantent ces pays. Dictature, corruption, intolérance, exclusion, poids de traditions étouffantes, calamités de tous ordres… C’est aussi l’humour qui jaillit au fil des mots, même dans les situations les plus tragiques. Manière de prendre de la hauteur, de la distance vis-à-vis de réalités difficiles », témoigne un article de RFI consacré à ce sujet.

La balle est maintenant dans le camp du jury, composé d’artistes, de professionnels et présidé cette année par l’écrivain Dany Laferrière, qui lira les pièces finalistes et designer le lauréat. Le « Prix Théâtre RFI » 2017 sera remis à Limoges, dimanche 24 septembre, dans le cadre du Festival Les Francophonies en Limousin. Le lauréat recevra, entre autres primes, une dotation financière d’un montant de 1500 euros, une résidence de création d’une durée d’un à trois, la promotion de son texte.

L’appel à candidatures pour le « Prix Théâtre RFI » 2017 a été lancé du 13 mars au 16 avril 2017, et pas moins de 172 candidatures ont été reçues en provenance de 23 pays francophones.

Le « Prix Théâtre RFI » a pour objectif de promouvoir la richesse des écritures dramatiques contemporaines francophones du Sud et de favoriser le développement de carrière de jeunes auteurs, écrivant en français. En 2014, le « Prix Théâtre RFI » a récompensé Chemin de fer, le texte de Julien Mabiala Bissila, jeune auteur congolais, en 2015 l’auteure libanaise Hala Moughanie pour Tais-toi et creuse et en 2016 le Guinéen Hakim Bah pour Convulsions.

 

 

 

ILS ONT  ETE  NOMMES  « CHEVALIER  DE  L’ORDRE   DES  ARTS  ET DES LETTRES »

Guy  REGIS junior a  été nommé  par l’ancienne ministre française de la Culture, Audrey Azouley pour sa  contribution à la promotion des valeurs culturelles de France. Le titre de Chevalier reste le premier des trois grades, officier et commandeur, de cette distinction.

Cette distinction existe depuis 1957 en France et elle récompense les personnes qui se sont distinguées par leurs créations dans le domaine artistique ou littéraire, ou par la contribution qu’elles ont apportée au rayonnement des Arts et des Lettres en France et dans le monde, suivant ce que l’on peut en lire sur le site du ministère français de la Culture.

Des critères bien définis déterminent la qualification à ce titre, très respecté et envié par les artistes, les écrivains et tout professionnel du champ culturel. Le Conseil de l’Ordre des Arts et des Lettres, après collecte et instruction de sa section des distinctions honorifiques, soumet les noms de personnalités choisies au ministre chargé de la Culture, qui décide souverainement des nominations.

James Noël, acteur principal dans le film « Woch nan dlo » aux côtés de la romancière haïtienne Edwidge Danticat, directeur de la revue littéraire IntranQu’îllités a été nommé par arrêté du 21 avril 2017 Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par l’ex-ministre français de la Culture, Audrey Azouley, remplacée par Françoise Nyssen, fondatrice de la maison d’éditions Actes Sud.


Le métier de cet Haïtien est de brasser dans une revue littéraire tous les imaginaires du monde, de tailler des rêves avec des mots.

Dans la lettre de félicitation datée du 25 juillet 2017 et adressé au poète et auteur de « La migration des murs », Audrey Azouley salue le talent de James Noël et son « immense talent, son engagement au service de la culture et sa contribution au renforcement des relations entre la France et Haïti. »

Né en Haïti en 1978, James Noël est poète. Ancien pensionnaire de la Villa Médicis, il écrit régulièrement des chroniques pour Mediapart et anime la revue IntranQu’îllités. Parmi ses derniers recueils de poésie parus : Le Pyromane adolescent, suivi du Sang visible du vitrier (Points, 2015); Anthologie de poésie haïtienne contemporaine (Points, 2015); La Migration des murs (Galaade, 2016).

« Belle merveille » est son tout dernier roman paru aux éditions Zulma et qui sera en librairie, en France, le jeudi 24 août.

NB. Yanick Lahens, Lyonel Trouillot, Makenzy Orcel, Gary Victor et Franckétienne  ont eux aussi reçu cette distinction.

 

 

LES    ECRIVAINS   HAÏTIENS  QUI ONT  MARQUE  L’ANNEE 2016

L’année 2016 s’achève et laisse derrière elle son lot de douleurs. Nous avons tant compté de cadavres, succombé aux malheurs, pleuré les nôtres et raté les rendez-vous de goûter aux joies et plaisirs de la vie. C’est qu’en Haïti, il ne nous est pas offert la chance de laisser libre cours à nos rêves vu toute la difficulté de vivre et d’exister dans ce pays sous l’emprises des ténèbres. Cependant, la littérature (nos écrivains) nous a encore permis d’espérer ce bonheur si longtemps cherché –pas encore retrouvé- aussi fugace soit-il. Voici, entre autres, quelques-uns de ces écrivains qui ont marqué l’année 2016.

Publié le 2016-12-28 | Le Nouvelliste

Culture – Dieulermesson PETIT FRERE

 

René Depestre (1926) L’on croyait qu’il avait tout abandonné de l’écriture tout comme il s’est retiré d’Haïti pour vivre des jours heureux à Lézignan-Corbières. À quatre-vingt-dix ans, il vient de remporter le Grand prix de la SGDL de Littérature 2016 pour son dernier roman, Popa Singer, paru aux éditions Zulma. Depestre a reçu en 1982 le Goncourt de la nouvelle pour « Alléluia pour une femme-jardin » et le Renaudot en 1988 pour son roman « Hadriana dans tous mes rêves ».
Joël Des Rosiers (1951) Connu surtout comme psychiatre, Joël Des Rosiers est poète et critique littéraire. Auteur de huit recueils de poèmes et de deux essais, dont le dernier, « Metaspora : essais sur les patries intimes », a reçu le Modern Language Association Price for Independent Scholars, en 2014. Il vient de se voir attribuer le prix de la poésie Fetkann-Maryse Condé 2016 pour Chaux, son dernier recueil paru en 2015 chez Triptyque. 

Martine Fidèle (1988) Invitée au salon international du livre de Québec du 13 au 17 avril 2016 à l’initiative de l’éditeur Rodney Saint-Éloi, Martine Fidèle a signé, pour le plaisir de nombreux amants des lettres haïtiennes, son roman « Double corps » qui a défrayé la chronique lors de sa parution. Mis à part sa participation à des tables rondes, elle a fait un passage à l’émission « Scène rendez-vous littéraires ». Elle a été aussi invitée d’honneur de « Livres en liberté ». Outre ses activités d’écriture, Martine fait du théâtre et publie régulièrement des articles dans la section Culture du Nouvelliste, le plus ancien quotidien de l’Amérique francophone.

 

Inema Jeudi (1981) Connu surtout comme poète créolophone de grand talent, Inéma Jeudi a publié cette année son premier recueil de poèmes en français, Le jeu d’inéma, aux éditions Le temps des cerises en France. Il a été, du coup, invité à signer son livre, à participer à des émissions sur TV5 Monde à Paris et à des soirées de lecture aux côtés de son préfacier et maître Lyonel Trouillot. Membre de l’Atelier jeudi soir à Port-au-Prince, ses poèmes sont chantés par Herby François, Wooly Saint-Louis Jean et Roosevelt Saillant, dit BIC.

 

Yanick Lahens (1953) C’est à Jacmel que la récipiendaire du prix Femina 2014 pour son roman « Bain de lune », Yanick Lahens, a atterri au début de l’année 2016 pour des échanges avec les élèves du collège Alcibiade Pommayrac. Invitée à la foire du livre de Miami, elle a pris part aux Francophonies en Limousin à Limoges en mars dans le cadre de la semaine consacrée à Haïti à l’initiative du comité Marguerite-Bourgeoys. Outre ses diverses rencontres en Haïti avec des écoliers, étudiants et autres amants des lettres, elle a multiplié les voyages dans les Antilles, en Europe pour des ventes-signatures et des conférences et pour honorer des invitations de tout genre.

 

Coutechève Lavoie Aupont (1982) Coutechève Lavoie Aupont a reçu le prix René Philoctète de la poésie dans le cadre de la deuxième édition du concours organisé par la Direction nationale du livre. Lauréat également du prix Dominique Batraville de la poésie pour son livre « Make pa », il prête ses services au centre Pen Haïti depuis plus d’une année, et est devenu un militant de la culture en multipliant çà et là des activités culturelles (surtout à Port-au-Prince).

 

Stéphane Martelly (1974) Peintre, poète et chercheure attachée à l’Université Concordia au Canada, Stéphane Martelly a signé, le 30 novembre dernier, « Les jeux du dissemblable. Folie, marge et féminin en littérature haïtienne contemporaine » aux éditions Nota Bene, un livre critique qui tente de cerner la figure du féminin et de la folie dans le champ littéraire haïtien. Critique littéraire, auteur d’un essai extraordinaire sur l’œuvre de Magloire Saint-Aude, « Le sujet opaque. Une lecture de l’œuvre poétique de Magloire Saint-Aude », Stéphane est, entre autres, l’auteur de « Inventaires », recueil de poèmes paru chez Triptyque au Canada

 

James Noël (1978) James Noël est un écrivain voyageur. Il est sur tous les fronts. Invité spécial du 33e festival des Francophonies en Limousin, il a publié au début du troisième trimestre « La migration des murs », une sorte de pamphlet politique chez Galaade éditions. Outre l’émission « Intranquillement vôtre » diffusée sur la télévision nationale et qui fait la promotion de la culture, il dirige, avec Pascal Monnin, la revue Intranqu’Ilités dont le quatrième numéro a réuni près de deux cents contributeurs.

 

Makenzy Orcel (1983) Makenzy Orcel est ce jeune écrivain haïtien pour qui l’avenir augure des jours heureux. 2016 aura été pour lui la saison la plus florissante de sa carrière de romancier. Auteur de deux romans parus chez Mémoire d’encrier, Les immortelles (2010) et Les latrines (2011), son dernier livre, L’ombre animale, a battu les records des prix littéraires. Quatre fois primés ( Prix Éthophile, prix Louis-Guilloux, prix Littérature-Monde, ADELF-Caraïbes), L’Ombre animale, lit-on sur le site des éditions Zulma « se situe à la limite des ténèbres et de l’aurore, du rêve et de l’éveil, de l’absence et de la vie ».

 

Anthony Phelps (1928) Phelps est peut-être l’un des derniers survivants du groupe Haïti littéraire –s’il faut compter Janine Tavernier qui a fait partie du groupe et Marie Vieux-Chauvet considérées comme des antennes. Récipiendaire du prix Carbet du Tout-Monde pour l’ensemble de son œuvre, il vient de publier son dernier recueil de poèmes Je veille, incorrigible féticheur aux éditions Bruno Doucey.

 

Néhémy Pierre-Dahomay (1986) Ancien étudiant en philosophie à l’École normale supérieure de Port-au-Prince, Néhémy vient de faire un grand coup en publiant son tout premier roman, Rapatriés, aux éditions du Seuil. Connu surtout comme poète, il a déjà publié à Port-au-Prince Emmuré suivi de Mots épars. En 2004, il a été lauréat du concours de textes organisés par l’ENS pour le recueil Mots épars.

 

Guy Régis Jr (1974) Homme de théâtre, romancier et poète, Guy Régis Jr continue de dynamiser et moderniser le théâtre en Haïti en le sortant des clichés et des abysses de la facilité. Avec la création de sa troupe « Nous » en 2001, il s’est mis à développer une forme de théâtre exhibitionniste dénommée « Théâtre de rue ». Invité de la 33e édition des Francophonies en Limousin en septembre dernier à Limoges, il a profité pour faire découvrir au public les Quatre chemins en organisant des performances dans la rue. Du 21 novembre au 3 décembre, il a organisé avec succès la 13e édition du festival de théâtre Quatre chemins qui a eu comme invité d’honneur le marionnettiste Ernst St-Rome. Son premier recueil de poèmes vient de paraître chez LEGS ÉDITION.

 

Rodney Saint-Éloi (1963) Installé au Canada depuis le début des années 2000, Rodney Saint-Éloi a porté au-delà des frontières les lettres et la culture haïtiennes avec la création des éditions Mémoire d’encrier qui constituent ce « lieu-carrefour où se tissent rencontres, dialogues et échanges pour que les voix soient visibles et vivantes ». Finaliste du prix littéraire du Gouverneur général, finaliste du prix des libraires du Québec et finaliste du prix Carbet de la Caraïbe 2016 avec son recueil titré Je suis la fille du baobab brûlé paru en 2015, il a publié deux livres cette année, un recueil de poèmes : (Moi tombé. Moi levée) et un essai : (Passion Haïti).

 

Lyonel Trouillot (1956) Pour la seule année 2016, Lyonel Trouillot a publié quatre livres, dont deux romans, Kannjawou et Agase lesperans, et deux recueils de nouvelles : Le miroir d’Anabelle et d’autres récits et Histoires simples II. Outre les activités des Vendredis littéraires qu’il organise dans son antre familial à Delmas, il réunit autour de lui nombre de jeunes au sein de l’Atelier jeudi soir à qui il insuffle la passion et le goût de l’écriture. Il a codirigé la quatrième édition du festival international du livre et du film Étonnants voyageurs à Port-au-Prince.

 

Gary Victor (1958) Invité d’honneur de la quatrième édition de la Foire internationale du livre d’Haïti (Filha), Gary Victor est, dit-on, l’écrivain haïtien le plus lu et probablement le plus prolifique de sa génération. En début d’année, il a siégé comme membre du jury du prix Casa de las Americas à Cuba –prix qu’il a reçu en 2012 pour son roman « Le sang et la mer ».

 

Évains Wêche (1980) Évains Wêche est une révélation de Gary Victor et Rodney Saint-Éloi. Depuis la publication du recueil collectif (Je ne savais pas que la vie serait si longue après la mort), dans lequel il a publié ses deux nouvelles, Wêche ne cesse de nous surprendre. Invité au salon du livre de Genève aux côtés de Kettly Mars, de James Noël et du photographe Casimir Veillard, son roman Les brasseurs de la ville publié en 2014 chez Mémoire d’encrier a été réédité cette année chez Philippe Rey à Paris.

 

L’écrivain haïtien Dany Laferrière élu à l’Académie française

OUTRE-MER 1ÈRE L’écrivain haïtien naturalisé canadien Dany Laferrière a été élu au premier tour de scrutin jeudi à l’Académie française. Il était donné favori depuis quelques semaines.

L'écrivain haïtien Dany Laferrière © Miguel Medina/AFP
© Miguel Medina/AFP L’écrivain haïtien Dany Laferrière
  • Par Philippe Triay
  • Publié le 12/12/2013 à 16:43, mis à jour le 27/05/2015 à 22:01

Son nom circulait déjà depuis quelques temps et c’était l’un des grands favoris pour succéder au fauteuil d’Hector Bianciotti, décédé en 2012, et occupé auparavant, entre autres, par Montesquieu et Alexandre Dumas fils. Les « immortels » n’ont pas déjoué les pronostics et ont voté pour l’écrivain naturalisé canadien d’origine haïtienne, âgé de 60 ans. Dany Laferrière a été élu au premier tour de scrutin en obtenant 13 voix sur 23. Les autres candidats en lice étaient Catherine Clément, Yves-Denis Delaporte, Arthur Pauly, Jean-Claude Perrier et Georges Tayar.

Outre son dernier ouvrage, « Journal d’un écrivain en pyjama » (éditions Grasset), un petit chef d’œuvre dont nous avons déjà parlé, Dany Laferrière a publié plus d’une vingtaine de romans, dont « Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer » (1985, éditions Belfond), « L’Enigme du retour » (2009, Grasset, prix Médicis), « Tout bouge autour de moi » (2010, Grasset) et « Chroniques de la dérive douce » (2012, Grasset).

Deux de ses livres « Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer ? » et « Vers le Sud » (2006) ont été par ailleurs adaptés avec succès au cinéma. L’auteur a également obtenu le prix RFO du livre en 2002 pour « Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une arme ou un fruit ? » (éditions Le Serpent à Plumes).

Les étapes d’une élection à l’Académie française

L’Académie française procède à une élection dans les trois mois qui suivent la déclaration de vacance d’un fauteuil. Du jour où la vacance est déclarée, les candidats notifient leur candidature par une lettre adressée au Secrétaire perpétuel (actuellement Hélène Carrère d’Encausse). Il existe aussi une procédure de présentation de candidature posée par un ou plusieurs membres de l’Académie. La date limite de dépôt de candidature est fixée à quatre semaines avant l’élection. L’âge limite pour se présenter à un fauteuil vacant est fixé à soixante-quinze ans à la date du dépôt de candidature. Aucune condition de titres ou de nationalité ne figure dans les statuts.

Le scrutin est direct, secret et requiert pour qu’un candidat soit élu qu’il ait recueilli la majorité absolue des suffrages (la moitié des voix exprimées plus une). Un scrutin ne peut avoir lieu qu’en présence d’un quorum de votants fixé à vingt.

L’élection à l’Académie française, bien qu’elle soit un corps constitué, ne devient définitive qu’après approbation du président de la République, protecteur de l’Académie, qui la manifeste en donnant audience au nouvel élu. Cette visite du nouvel élu vaut approbation.

Dany Laferrière et le maire de Montréal Denis Coderre
Credit photo: Radio canada

Dany Laferrière et le maire de Montréal Denis Coderre Credit photo: Radio canada

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Dany Laferrière, illustre écrivain francophone, poids lourd de la littérature haïtienne et académicien, a reçu du maire  Denis Coderre, l’insigne de l’Ordre de Montréal hier mercredi 17 mai, avant la fête nationale des 375 ans d’existence de cette ville du Canada.

Hier mercredi 17 mai s’est tenu le lancement officiel des festivités du 375e anniversaire  de la ville de Montréal où résident des milliers de compatriotes haïtiens. Denis Coderre en a profité pour honorer dix-sept personnalités récipiendaires de l’Ordre de Montréal, jadis appelée Académie des Grands Montréalais, créée en 1988 par la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, qui avait elle-même repris les distinctions remises par le Canadien National (CN) en 1978.

« J’ai reçu des honneurs dans le passé mais jamais lors d’une journée historique comme  aujourd’hui », a déclaré l’auteur de « L’énigme du retour » (roman pour lequel il a reçu le prestigieux Prix Médicis en 2009) qui s’est confié au journaliste Antoni Nerestant de CBC.

La médaille de l’Ordre de Montréal rend hommage aux gens qui « contribuent de façon remarquable au développement et au rayonnement de la métropole ». À côté de Dany Laferrière (natif de Petit-Goâve, Haïti), figurent deux autres personnalités emblématiques qui ont étés elles-aussi élevées au rang d’officiers à l’issue de cette cérémonie de remise de médaille. Il s’agit de Yannick Nézet-Séguin (chef d’orhestre) et de  l’artiste visuelle Françoise Sullivan.

Henri MELON, ACTEUR et ECRIVAIN SPIRITAIN

Henri MELON , le Spiritain
Homme de scène et de plume, il figure dans le livre Grand Témoin qu’il présentait à sa sortie en décembre 2015.

par Adams Kwateh Mardi 21 mars 2017

La médiathèque de Saint-Esprit accueille aujourd’hui un enfant de la commune qui, au fil de sa vie, s’est consacré à l’éveil des consciences par la culture. Rendez-vous à 19 heures.
Celui dont la trajectoire et le fil de la pensée seront mis en exergue à travers la Rencontre du lendemain, est un grenier qui enferme l’histoire de l’action culturelle en Martinique des 50 dernières années. Metteur en scène, acteur dans un film, homme de plume, Henri Melon est un rempart contre la négation de soi-même. Il a débuté au théâtre avec Ariane Mouchkine dans « Genjis Khan » . Depuis, ce natif de Saint-Esprit né le 16 août 1935, n’a cessé d’interroger la contribution du monde noir à l’humanisme qu’on lui a longtemps refusé. C’est sur point que Melon rejoint Césaire à travers le concept de négritude.
Et pour mettre en pratique les idées de Césaire, il fonde le Théâtre populaire martiniquais en 1968. L’année suivante, il présente sa 1re pièce à la Maison de la culture de Floréal sur un montage de « Cahier d’un retour au pays natal » . Et comme un grand événement ne se produit jamais tout seul, sa fille Corinne naquit le même jour.
En ces années où aucune collectivité n’avait mis en place une politique culturelle -le SERMAC est créé en 1972-, Henri Melon brisait, du coup, le monopole des troupes françaises qui présentaient au public martiniquais un théâtre loin de refléter une réalité à laquelle il pouvait se référer.
LA PAROLE EST DONNÉE À UN PIONNIER
La première génération de comédiens martiniquais est issue de cette troupe, la première également à porter sur les fonts baptismaux l’oeuvre de Georges Mauvois, alors banni par l’administration pour non-injonction à une mutation et le Sony Rupaire, le rebelle guadeloupéen, anti-colonialiste. Telle est l’oeuvre pionnière d’Henry Melon, le dernier d’une fratrie de trois enfants, dont Alfred qui a donné son nom à la médiathèque de Saint-Esprit. Cet enseignant a toujours mené de pair la transmission du savoir et l’action sur scène. C’est du reste, ce double rôle qu’il a incarné dans « Rue Cases-Nègres » , le long-métrage d’Euzhan Palcy. « Le théâtre de Césaire a apporté une espèce d’héroïsme racial » , nous confiait-il dans un entretien en juin 2006. L’expression pourrait paraître exclusive, mais elle témoigne pourtant de l’expérience de Melon dans la dramaturgie césairienne. Car il avait été le premier Martiniquais avec Yvan Labejoff à jouer dans la première mouture de « La Tragédie du Roi Christophe » en 1964 à Berlin et l’année suivante à l’Odéon à Paris.
C’est donc à un pionnier que la parole est donnée ce soir au cours d’une rencontre dont il est familier en apportant à chaque fois, un regard profond sur ce que nous sommes dans un monde où notre parole où la parole de Césaire garde toute sa force.

DE L’HISTOIRE…au THEATRE

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source :  La Terrasse (journal d’informations et  d’actualité  culturelle – fév 2017))

JOURNEE DU MANUSCRIT 2015 A L U.N.E.S..C.O

Dans   une    salle  du prestigieux  monument  de   l’U.N.E.S.C.O à  PARIS   s’est   déroulée  la   REMISE   DES  PRIX   NATIONAUX sous   le Patronage  du   Ministre  de  la   Culture  et  de  la   Francophonie   de   COTE D’ IVOIRE et  en  présence  de  l’Ambassadeur   de Cote  d’Ivoire  auprès  de  l’UNESCO,   Madame   Denise   HOUPHOUËT  BOIGNY,  qui   dans   son   discours a   félicité   les   nombreux   participants  et les  29  lauréats     de  ce  florilège.

Après  d’autres   discours   élogieux  et  de  remerciements aux  organisateurs   et   participants,  dont   les   EDITIONS  DU  NET,  chacun  des   lauréats était  appelé  pour  recevoir   son   CERTIFICAT   et  les  applaudissements     d’une  assistance nombreuse  d  invités….

C’est  une   Martiniquaise   d’adoption  Pauline PUCCIANO qui  fût   annoncée   comme   lauréate   2015  du  GRAND  PRIX DE LA   JOURNEE  DU   MANUSCRIT   pour   son   ouvrage  : TITIANA 2.0  (un  titre  en forme   de   dénomination  logicielle informatique )

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Elle remporte en plus du tirage à 100 exemplaires de son livre, un ordinateur portable, la relecture de son livre par un Directeur Littéraire, la traduction de son livre en anglais et un lancement mondial de son livre.

Les prix nationaux qui remportent un tirage à 100 exemplaires de leur livre sont décernés à :

Algérie :

-  M.Zitouni pour son livre Une femme halal pour mon fils
-  Abderrahman Hanafi pour son livre La Belle Époque

Belgique :
-  Ludiane de Brocéliande pour son livre Aux âmes oubliées

Bénin :
-  Ezin Pierre Dognon pour son livre Dullah, la grosse énigme

Cameroun :
-  Mekoul Israël Jacob Baruc pour son livre La dixième symphonie
-  Mang Nna Koum pour son livre Les lettres oubliées

Canada :
-  Mouhamed Dioury pour son livre L’exception au cœur de la mondialisation

République du Congo :
-  Pierre Chassagne Bilaye Malonga pour son livre Louis et la tabouche ‘’eaux douces’’

République Démocratique du Congo :
-  Hilaire-Omer Nsangamayi Nkunku pour son livre La cité et le citoyen

Côte d’Ivoire :
-  Riquelme pour son livre Les Méandres de l’amour – Tome 1
-  Arsène Angelbert Ablo pour son livre Guantana…maux
-  Doradio Fofana pour son livre Éloge de l’éducation

Egypte :
-  Rania Aly pour son livre Le fantastique ironique

France :
-  Lucile Carameaux pour son livre La lumière et le feu – Tome 1
-  Sylvia Nine pour son livre Le cuisinier de Sam Lord
-  James Tollum pour son livre Gardiens – La prophétie des éléments I
-  Sylvain Cornil-Frerrot pour son livre Une journée en puzzle
-  Guy Bretéché pour son livre Fragments de mémoires désenchantées
-  Marino pour son livre Promenade souterraine
-  Jacques Elbaz pour son livre La destinée du scorpion

France (Guadeloupe) :
-  Rébecca Domergue pour son livre La sublimation du cristal

France (Martinique) :
-  Pauline Pucciano pour son livre Titania 2.0.

Burkina Faso :
-  Chantal Nongdo pour son livre Philie – Phobie Poétique

Israel :
-  Victoria Sarazin pour son livre Sophia de la Pampa

Madagascar :
-  Nellman pour son livre Le pétrole parisien

Mauritanie :
-  Abdoul Samba Ly pour son livre Les Coulisses d’une Bande de Jeune Lâches !

Niger
-  Manou Sékou Abdoul Nasser pour son livre L’étiolement des Fleurs sociales

Sénégal :
-  Souaïbou Fofana pour son livre Bida ou L’épreuve du sacrifice

Suisse :
-  Antoinette B. pour son livre Tanao et le Couple de Brume

Togo :
-  Kodjo Agbemele pour son livre Interface

Pour clore   la  cérémonie, une   troupe   très   talentueuse a  enchanté   la   salle    par sa   prestation mixte  de   slam   chanté avec  un accompagnement   de   guitare  et  recueilli  de  chaleureux   applaudissements   avant   une   collation   sympathique dans  les   salons de  L’U.N.E.S.C.O.

Rendez-vous  en   2016  à  Abidjan  !!!

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