INTERNATIONAL SLAVERY MUSEUM in LIVERPOOL (UK)

 
En octobre 2017, Historians Against Slavery organise sa conférence biennale à l’extérieur des États-Unis pour la première fois, au International Slavery Museum (ISM) à Liverpool. La conférence de deux jours fait partie d’une série d’événements au cours de l’année du 10ème anniversaire de l’ISM et marque également le Mois de l’histoire des Noirs 2017. Il est co-organisé par Historians Against Slavery, l’ISM, le Centre pour l’étude de l’esclavage international (Université de Liverpool) et le projet Antislavery Usable Past (Universities of Nottingham and Hull), financé par l’AHRC. En reliant le passé au présent, nous approfondirons le dialogue et la collaboration entre les chercheurs, les enseignants, les militants et les représentants de la communauté, et créerons des coalitions pour la recherche et l’activisme antisludes.
Nous rassemblons un éminent organe d’éminents spécialistes, de professionnels des musées et d’activistes antisludes du monde entier, en se basant sur des études de pointe et en débattant d’exemples concrets de la façon dont l’histoire peut éclairer les efforts contemporains pour mettre fin à l’asservissement de 46 millions de personnes dans le monde entier. L’inscription à la conférence est gratuite et comprend le déjeuner les deux jours. Les participants à la conférence sont responsables du transport, de l’hébergement et des repas du soir. Le programme complet de la conférence est maintenant disponible en ligne.
Historians Against Slavery est une communauté d’érudits-activistes qui contribue à la recherche et au contexte historique au mouvement antislavery d’aujourd’hui, afin d’inspirer et d’informer l’activisme et de développer des collaborations qui renforcent ces efforts. Basé aux États-Unis avec une adhésion de 800 membres, il a lancé un chapitre britannique en 2016. Le Musée international de l’esclavage a ouvert ses portes en août 2007 lors du bicentenaire de l’abolition de la traite négrière britannique. En 2016, il avait accueilli près de 4 millions de visiteurs. C’est le seul musée de son genre à se pencher sur les aspects de l’esclavage historique et contemporain, en plus d’être un centre international de ressources en matière de droits de l’homme. Il est situé dans le Albert Dock de Liverpool, au centre du site du patrimoine mondial et à seulement quelques mètres des quais secs où les navires de commerce des esclaves du XVIIIe siècle ont été réparés et aménagés.
Le Centre pour l’étude de l’esclavage international (CSIS) a été fondé en 2006 par National Museums Liverpool et l’Université de Liverpool pour collaborer avec des communautés internationales et locales de chercheurs qui recherchent l’esclavage, l’abolition et leurs legs avant l’ouverture du International Slavery Museum on Le 23 août 2007. Il soutient et partage des recherches de pointe sur l’asservissement humain et ses legs, et travaille avec d’autres universités et organisations pour développer des activités scolaires et publiques liées à l’esclavage dans ses manifestations historiques et contemporaines.
The Antislavery Usable Past est un projet quinquennal financé par l’AHRC basé à l’Université de Nottingham et à l’Institut Wilberforce pour l’étude de l’esclavage et de l’émancipation (Université de Hull). Il traduit les leçons de l’abolitionnisme historique pour l’usage contemporain – fournissant le mouvement antislavery d’aujourd’hui avec un passé utilisable d’exemples et de méthodes. Ses partenaires comprennent Historians Against Slavery et le International Slavery Museum.
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Date and Time

Sat, 7 Oct 2017, 09:00 –

Sun, 8 Oct 2017, 17:00 BST

Location

International Slavery Museum

Dr Martin Luther King Jr Building

Albert Dock

Liverpool

L3 4AX

United Kingdom

 

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C’EST LA RENTREE ….!

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FETONS LA GASTRONOMIE CREOLE

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La cuisine créole à l’honneur
pour la Fête de la Gastronomie

L’Académie de l’Art Culinaire du Monde Créole vous invite les 22 et 23 septembre pour des dégustations culinaires et des animations musicales!

 

AU PROGRAMME

Vendredi 22 septembre
– Exposants
– Dégustation de Colombo
– 18 heures : atelier « Accras » avec le Chef Stéphane SORBON

Samedi 23 septembre
– Exposants
– Dégustation de Colombo
– Animation musicale

Démonstrations et dégustation culinaire par le Cercle Gastronomique des Jeunes Chefs Créoles
– 15 heures : Pain au beurre et Pomme cannelle avec le Chef Tristan Tharsis
– 16 heures : Colombo avec la Chef Vanessa KICHENIN
– 17 heures : Pâtés à la confiture et macaron coco avec le Chef  Tristan Tharsis
– 19 heures : Tinain morue revisité avec le Chef Xavier SIVAGER

Marie-Josèphe YOYOTTE , monteuse en cinéma n’est plus…

Marie-Josèphe Yoyotte, légende du montage, est décédée lundi 17 juillet 2017. Elle laisse son empreinte sur un demi-siècle de cinéma hexagonal, de Truffaut à Corneau.Le chagrin est dans le cœur de tous les cinéphiles à l’annonce de la mort de Marie-Josèphe Yoyotte à l’âge de 87 ans. La monteuse aux trois César et aux cinq nominations avait commencé sa carrière à la fin des années 1950, en signant des chefs d’œuvre comme Moi, un noir de Jean Rouch et, dans la foulée, Les quatre cent coups de François Truffaut.

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La monteuse  de plus 60 films  dont   «  Les 400 coups » de  François Truffaut, « la Boum »  de  Claude pinoteau ,  « Rue Cases-nègres » et  «Siméon »  d’Euzhan Palcy avait   vu  le  jour  le   9  Novembre 1929 à  Saint Fons(69 Rhône).

De Jean Cocteau à Jacques Perrin en passant par Jean-Pierre Melville et Claude Pinoteau, tout le cinéma français s’est arraché les services de cette papesse du montage dont le nom était synonyme d’excellence. Après avoir été récompensée pour son travail sur Police Python 357 en 1977, Microcosmos en 1997 et Le Peuple migrateur en 2002, décorée aussi de la Légion d’Honneur, elle prend sa retraite en 2007.

Son dernier film sera d’ailleurs le remake d’un film Jean-Pierre Melville : Le Deuxième souffle, dans sa version signée Alain Corneau. Melville avec lequel elle avait collaboré pour le film Léon Morin, prêtre.

De père antillais et de mère bretonne, première monteuse noire du cinéma français, Marie-Josèphe Yoyotte  a été  incinérée  le 17 juillet  2017 au  cimetière du Père Lachaise.

UNE NUIT des MUSEES …exceptionnelle !

C’était  l’occasion   à   ne  pas râter : visiter   à   la   fois  la   Fondation Louis  Vuitton  et  l ‘exposition qui s’y   déroulait   simultanément :

cette  même   exposition  qui  a  été abondamment  commentée par Alain  Mabanckou*   lors   d’une  émission  de   télévision d’Alain Baddou intitulée : »Drôle d’endroit pour une rencontre » en Juin dernier sur la chaîne France 3.

 

« NOUS ET LES AUTRES » au MUSEE DE L’HOMME A PARIS

Exposition « Nous et les autres – Des préjugés au racisme »

© UNESCO / P. van Vucht Tijssen
Organisée sous le patronage de l’UNESCO, le Musée de l’Homme à Paris a lancé sa première grande exposition temporaire depuis sa réouverture. L’exposition « Nous et les autres – Des préjugés au racisme », ouverte au public du 31 mars au 8 janvier 2018, propose une scénographie immersive originale qui a pour objectif d’apporter un éclairage scientifique sur les comportements racistes et les préjugés.
L’exposition a été officiellement inaugurée par le Musée de l’Homme et l’UNESCO le 30 mars, en présence de Bruno David, le Président du Muséum national d’Histoire naturelle, et Nada Al-Nashif, Sous-Directrice générale pour les sciences sociales et humaines de l’UNESCO.

« Le racisme et la discrimination naissent et perdurent dans l’ignorance et la peur de ce qui diffère. C’est pour lutter contre l’ignorance, pour lutter contre la peur et pour célébrer nos différences que l’UNESCO accorde son patronage à cette exposition. C’est par l’accession au savoir, à la science et à la connaissance de nous-mêmes que nous réduirons nos préjugés, que nous lutterons contre le racisme. » a indiqué Nada Al-Nashif, au nom de la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova.

Comment se construisent les préjugés ? Quelle est la réalité des « races » d’un point de vue génétique ? Quels arguments opposer aux tenants d’une division de l’humanité en « races » ? Pourquoi des États en sont-ils venus à mettre en place un racisme institutionnalisé contre des catégories données d’individus ? Autant de questions auxquelles entend répondre cette exposition qui plonge aux racines de ce phénomène de société.

Toute l’humanité est égale en droits nous disent les lois de la République. Les « races » humaines n’ont pas de légitimité scientifique nous dit la génétique. Et pourtant, les comportements racistes persistent, les préjugés résistent.

Au croisement de l’anthropologie, de la biologie, de la sociologie et de l’histoire, l’exposition s’appuie sur des études menées par les chercheurs en sciences de l’Homme et de la société. Dépourvue d’un ton moralisateur ou de jugements, elle propose un parcours qui s’attache à décrypter les raisons concernant les comportements racistes et discriminatoires à un certain moment de l’histoire des sociétés. Elle donne également des clés de compréhension à ses visiteurs et encourage leur réflexion personnelle pour déconstruire les préjugés. Le public est invité à comprendre les mécanismes individuels et collectifs qui conduisent au rejet des « autres », et à prendre conscience des discriminations dans la société aujourd’hui.

Comme constaté par Bruno David, cette exposition donne au visiteur le sentiment d’être une personne différente à la sortie du musée.

Cette exposition met également en valeur la Coalition internationale des villes inclusives et durables – ICCAR de l’UNESCO comme une plateforme robuste pour lutter contre le racisme et les discriminations, et promouvoir l’inclusion et la diversité dans les sociétés.

LE PREMIER GENOCIDE IGNORE DU XXe SIECLE

HERERO ET  NAMA dans  le  Sud-Ouest africain allemand (1904-1908)

par   Pascal Blanchard

 

Le Mémorial de la Shoah, qui avait déjà traité des génocides arménien et Tutsi, présente, jusqu’au 12 mars 2017, une exposition sur le génocide Herero et Nama, intitulé Le premier génocide du XXe siècle. Herero et Nama dans le Sud-Ouest africain allemand (1904-1908). L’occasion pour Pascal Blanchard, historien et chercheur au Laboratoire communication et politique du CNRS (Irisso) à l’université Paris-Dauphine, de revenir sur un épisode tragique et méconnu de la colonisation allemande, un épisode dont la reconnaissance est au centre d’un enjeu mémoriel fondamental.

En l’espace de quatre ans, entre 1904 et 1908, près de 50 % du peuple Nama (environ dix mille individus) et 80 % du peuple Herero (environ soixante-cinq mille individus), deux populations vivant dans le Sud-Ouest africain allemand (l’actuelle Namibie), sont exterminés par le Reich allemand. Depuis 1884, date de prise de possession du territoire par l’administration coloniale allemande (suite à une série d’accords passés avec les autres puissances européennes et l’Empire ottoman), le Reich y impose ses règles en employant la manière forte, multipliant les violences physiques, les meurtres et les exactions sexuelles.
En 1904, en réaction à une telle brutalité, une révolte éclate chez les Herero. Le Reich allemand la réprime avec violence et le général Lothar von Trotha émet un ordre d’extermination, le 2 octobre 1904, condamnant ainsi hommes, femmes et enfants : « C’était, et c’est aujourd’hui encore, ma politique que d’appliquer cette force par la terreur absolue, voire la cruauté. Je détruirai les tribus rebelles en versant des torrents de sang et d’argent. C’est uniquement après un tel nettoyage que quelque chose de nouveau pourra apparaître et perdurer. » Les Nama prennent, à la suite des Herero, les armes contre les Allemands et subissent le même sort que les Herero.


Les prisonniers Herero sont alors internés dans des camps de concentration (tout comme les Nama, après qu’ils aient déposés les armes). Ils sont utilisés comme travailleurs forcés et leurs terres sont confisquées. Les conditions de vie y sont terribles, entre malnutrition et violences physiques, et ils seront des milliers à y perdre la vie. Autre aspect ̶ particulièrement morbide ̶ du génocide qui s’est perpétré sur le territoire : la collecte de crânes humains à destination de la recherche anthropologique allemande et, notamment, des chercheurs de l’Institut pathologique de Berlin, qui ont travaillé à prouver la différence hiérarchique entre Européens et Africains.
La guerre s’achève officiellement en mars 1907, mais les camps ne seront pas fermés avant le début de l’année 1908. Quelques années plus tard, en 1915, alors que la Première Guerre mondiale fait rage, les forces sud-africaines envahissent le territoire et, en octobre, le Sud-Ouest africain allemand passe sous mandat britannique.
Si les exactions commises par des officiers allemands doivent être considérées aujourd’hui dans le contexte global de la colonisation exercée par les puissances occidentales et que le système des camps de concentration n’est pas une invention allemande (le terme a d’ailleurs été employé pour la première fois lors de la guerre des Boers en 1899 en Afrique du Sud), ce qui distingue particulièrement cet épisode de la colonisation, c’est l’ordre explicite d’extermination qui a été donné.
C’est en cela que l’expression « premier génocide du XXe siècle » est fondamentale ; une reconnaissance qui a été le fruit d’un long processus, à la fois historique et politique. Un premier principe mémoriel voit le jour dans les années 20, lorsque Herero et Nama commencent à commémorer leurs héros de la « résistance » face au colon allemand. Mais il faut attendre 1985, pour qu’un principe de reconnaissance internationale advienne, lorsque la Commission des droits de l’homme des Nations Unies approuve un rapport dans lequel est mentionné « the German massacre of Herero in 1904 ». En 1990, la Namibie devient indépendante et, avec l’ouverture des archives, c’est une véritable problématique mémorielle qui s’affirme, dans le cadre d’un processus de réconciliation national. Quelques années plus tard, en 1998, Roman Herzog, le président allemand, est interpellé sur la question de la reconnaissance du génocide, alors qu’il est en visite en Namibie.
En 2001, des Herero déposent une plainte contre le gouvernement allemand. La plainte est rejetée mais, demi-victoire, des « excuses partielles » sont présentées. Cent ans après le début du génocide, en 2004, c’est l’importante question d’une possible compensation financière qui surgit, cette fois-ci dans la presse allemande. La même année, fait majeur, le ministre fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, Heidemarie Wieczorek-Zeul, participe à une commémoration du « massacre » des Herero en présence de soldats allemands. Il y présente le « pardon » de l’Allemagne et accepte, au nom du pays, la « responsabilité morale et historique et la culpabilité des Allemands à cette époque ». Si la question de l’indemnisation financière est alors passée sous silence, le gouvernement allemand déclare vouloir attribuer à la Namibie une aide au développement d’un montant de 11,5 millions d’euros. En 2011, une nouvelle étape fondamentale est franchie ; vingt crânes de Herero et de Nama sont restitués à la Namibie, qui en a fait la demande auprès du musée historique médical de la Charité de Berlin.
Enfin, dernière étape de ce processus de reconnaissance institutionnelle d’un crime contre l’humanité dans un territoire colonial, le 10 juillet 2015, Frank-Walter Steinmeier, le ministre des Affaires étrangères admet publiquement les notions de crime de guerre et de génocide et, en juillet 2016, il est annoncé que des « excuses officielles » vont être présentées par le gouvernement allemand. L’histoire n’est pas finie ; il reste la question de la compensation financière… Une problématique soulevée, en début d’année, par le dépôt d’un recours collectif devant un tribunal de New York contre l’Allemagne, un recours « au nom de tous les Herero et Nama dans le monde, à la recherche de réparations et de compensations pour le génocide ». C’est donc dans ce contexte, toujours éminemment sensible, que se déroule l’exposition présentée par le Mémorial de la Shoah à Paris, au moment même où le Deutsches Historisches Museum propose, jusqu’au 14 mai 2017, une exposition intitulée German Colonialism. Fragments Past and Present. Au moment, enfin, où en France, les déclarations d’Emmanuel Macron sur la notion de crime contre l’humanité associée à la question coloniale déclenche moult débats et polémiques.

GROUPE DE RECHERCHE ACHAC
Colonisation, immigration, post-colonialisme

33 Boulevard des Batignolles
75008 Paris – FRANCE
Tél : 01 43 18 38 85

LE PRESIDENT OBAMA inaugure le MUSEE AFRO-AMERICAIN des U.S.A

Une   correspondance  de   Stéphanie  Le BARS   Journaliste du  Journal  « le Monde »

image: http://s2.lemde.fr/image/2016/09/24/534×0/5002991_6_260a_le-president-americain-barack-obama-a_b087f551be9c3398cc7298e2adf13134.jpgLe président américain Barack Obama à l’inauguration du National Museum of African American History and Culture, le 24 septembre.
Le président américain Barack Obama à l’inauguration du National Museum of African American History and Culture, le 24 septembre. ZACH GIBSON/AFP

Ils s’étaient juré de confier au premier président noir des Etats-Unis la charge de lancer leur musée sous les meilleurs auspices. Les fondateurs du National Museum of African American History and Culture (NMAAHC) ont gagné leur pari.

Barack Obama a présidé à l’inauguration, samedi 24 septembre, du désormais plus grand musée du pays consacré à l’histoire afro-américaine. Devant une foule de plusieurs milliers de personnes, en grande majorité noires, et en présence de son prédécesseur, Georges W. Bush, qui avait autorisé le lancement du projet en 2003, le président s’est félicité de l’ouverture, maintes fois ajournée, d’un tel musée, estimant qu’« une grande Nation ne se cache pas la vérité ». Et c’est en président afro-américain qu’il s’est exprimé, donnant à l’inauguration de ce lieu culturel une dimension politique.

Nous ne sommes pas un fardeau pour l’Amérique, une tache sur l’Amérique, un objet de honte ou de pitié pour l’Amérique. Nous sommes l’Amérique ! »

 « Moi aussi, je suis l’Amérique », a-t-il répété, reprenant les mots du poète noir américain Langston Hughes. « L’histoire afro-américaine n’est pas séparée de l’histoire américaine, elle en est une partie centrale, a-t-il ajouté. Ce musée va permettre de raconter une histoire plus riche, plus complète de ce que nous sommes. Il va nous aider à nous parler, à nous écouter les uns les autres et surtout, à nous voir les uns les autres. »

En référence aux mouvements de protestations qui ont émaillé l’histoire des Afro-américains et qui perdurent aujourd’hui dans la société, le président a rappelé qu’« aimer son pays et protester » sont deux attitudes qui non seulement « coexistent mais s’enrichissent ». « Ce musée peut, peut-être, aider un visiteur blanc à comprendre la souffrance et la colère de manifestants, dans des endroits tels que Ferguson et Charlotte », a-t-il ajouté, en référence à deux villes où des émeutes ont éclaté après la mort d’un Noir tué par la police, en 2014 à Ferguson (Missouri), et ces derniers jours à Charlotte (Caroline du Nord).

Posé à l’ombre de l’obélisque du Washington Monument et au cœur des mémoriaux et musées qui fondent l’identité nationale américaine, à mi-chemin du Congrès et de la monumentale statue d’Abraham Lincoln, qui mit fin à l’esclavage, l’imposant bâtiment de six étages évoque une couronne africaine composée de 3 600 plaques forgées – hommage au travail des esclaves dans les Etats américains du Sud aux XVIIIe et XIXe siècles.

Projet centenaire

L’idée d’honorer la mémoire des Afro-Américains remonte à 1915  : des anciens combattants noirs de la guerre civile (1861-1865) demandent alors – en vain – l’érection d’un mémorial. En 1929, le Congrès donne son accord à la création d’un musée mais, alors que le pays plonge dans la crise, lui refuse toute subvention.

A la fin des années 1960, dans la foulée des victoires liées aux droits civiques, l’idée est relancée, mais là encore, ni le monde universitaire ni le monde politique ne pousse en ce sens. «  Longtemps, le groupe dominant, l’homme blanc d’origine européenne, a choisi de ne pas inclure cette ­histoire dans le récit national  », nous déclarait Rhea L. Combs, la conservatrice du nouveau musée, lors de l’exposition préfigurant son ouverture, fin 2015.

Aussi l’ouverture du NMAAHC constitue-t-elle l’événement culturel de l’année dans la capitale fédérale. Les tickets d’entrée – gratuits, comme l’accès à tous les musées nationaux gérés par la Smithsonian Institution – se sont arrachés en quelques heures et il faut attendre le mois de décembre pour avoir une chance d’y accéder. Sur près de 40 000 mètres carré, dans un entrelacs de galeries, le visiteur va découvrir plusieurs milliers des 33 000 objets collectés depuis treize ans.

Présence de psychologues

Trois thèmes majeurs ont été retenus : l’esclavage, la ségrégation, la culture et le sport. La partie consacrée à l’esclavage fut la plus difficile à documenter. Au-delà des classiques chaînes d’esclaves ou des listes d’hommes, de femmes et d’enfants mis à prix, visibles dans bien d’autres musées à travers le pays, le NMAAHC est parvenu à réunir des objets inédits.

La collerette d’Harriet Tubman, une esclave du Maryland qui a facilité l’évasion de nombre de ses compagnons, voisine avec la Bible de Nat Turner, l’esclave de Virginie qui, en 1831, mena la rébellion la plus sanglante de l’histoire de l’esclavage. Cette Bible a été remise au musée par les descendants blancs d’une famille tuée durant ce soulèvement.

Pour illustrer la période ségrégationniste qui s’acheva officiellement dans les années 1960, le musée a réalisé un tour de force : exposer au sous-sol un wagon de train datant de 1918 avec des sièges réservés aux Noirs. Le wagon a été acheminé sur place avant les débuts des travaux et le musée a été construit autour de cette pièce.

On y découvre aussi la nappe sur laquelle fut rédigé l’argumentaire demandant la déségrégation scolaire dans les années 1950, ou le premier cercueil du jeune Emmet Till, un adolescent de 14 ans battu à mort dans le Mississippi pour avoir sifflé au passage d’une femme blanche. Les concepteurs du musée, conscients de la charge émotionnelle de certains passages de l’exposition, ont prévu la présence de psychologues.

Récit national

Plus légère, la partie consacrée à l’apport des Afro-américains à la vie culturelle, artistique et sportive des Etats-Unis présente la combinaison du premier astronaute noir, des costumes de scène d’artistes, la Cadillac du musicien Chuck Berry…

Ce voyage dans l’histoire sombre des relations raciales dans la société américaine doit, selon les concepteurs du NMAAHC, redonner à la population afro-américaine sa place dans le récit national. Tout en évitant plusieurs écueils : verser dans le militantisme ou risquer « de victimiser les Noirs et de culpabiliser les Blancs  ».

La commission mise en place par M. Bush l’avait conçu comme un lieu de « guérison » susceptible de contribuer à «  la réconciliation entre les races  ».

Signe que les tensions liées à la place de la communauté afro-américaine aux Etats-Unis n’appartiennent pas qu’au passé, le musée a fait le choix d’évoquer les événements les plus récents. Les visiteurs pourront donc découvrir un T-shirt siglé « Black Lives Matter », référence au mouvement qui prospère aujourd’hui dans la communauté noire pour protester contre les violences policières à l’encontre des Noirs.

Souhaitant toucher une audience qui irait bien au-delà de la population afro-américaine, les responsables du musée espèrent attirer 3 millions à 3,5 millions de visiteurs par an, juste derrière le Musée de l’espace.

L’ampleur de ce projet a nécessité une levée de fonds de plus de 500 millions de dollars (445 millions d’euros). La moitié du budget est assuré par le gouvernement fédéral, l’autre par des dons privés. Parmi ces donateurs, l’animatrice et actrice afro-américaine Oprah Winfrey a apporté à elle seule 21 millions de dollars, la fondation de Bill et Melinda Gates plus de 10 millions, la famille du basketteur Michael Jordan plus de 5 millions… En compagnie de l’acteur Will Smith, Mme Winfrey a déclamé des citations d’auteurs noirs lors de l’inauguration.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/09/24/obama-president-noir-inaugure-le-musee-national-afro-americain_5002992_3222.html#LP0qdEbjcooTtwo6.99

MON VOYAGE A NANTES

Visiter  Nantes … haut lieu  s’il en  fût du  commerce  triangulaire, le temps  d’une expo justement liée à la  traite  négrière.

Dommage   que » le  guide »,  jeune  étudiante Camerounaise ne semblait  pas  plus  informée  que moi pour   parler  de  cette  époque  afin  d’  éveiller davantage  la  curiosité  des visiteurs  au milieu   de  ces vestiges et  oripeaux.

 

 

 

 

 

 

 

BRELEUR …TOTAL !

Dans la vie d’un artiste, une exposition n’est jamais quelque chose d’anodin. Ce n’est pas seulement une circonstance où il se montre à son public, et partage le degré de questionnement auquel il est parvenu. C’est surtout l’instant où, d’une certaine manière, l’œuvre s’éloigne du créateur et commence à vivre, loin de lui, une vie autonome, dans ce que Saint John Perse appelait un grand « verger d’éclairs ».
Avec nos amis, nous avons toujours essayé de ritualiser le moment du décrochage. Il est pour nous bien plus important que celui du vernissage. Après l’exposition, le cordon ombilical achève de se rompre, l’œuvre se retrouve pour ainsi dire « lâchée » comme on le ferait d’un animal sauvage. Elle commence non pas une vie décidée par l’artiste, mais véritablement un marronnage dans la matière du monde, tout comme une extension imprévisible dans les consciences et les imaginaires qu’elle a pu confronter. Il est précieux pour un créateur de voir le sillage de ce qu’il a créé. Quand l’œuvre est considérable, ce sillage est tissé d’effervescences, de déclenchements, de germinations, d’émergences de toutes sortes. L’œuvre ne vaut qu’en ce qu’elle déclenche en nous, pour nous, partout, des stimulations génériques, génésiques qui nourrissent ceux qui l’ont envisagée et, de ce fait même, nourrissent aussi l’artiste.
La fin d’une exposition est le moment de découvrir ce qui s’est passé en nous depuis la rencontre avec ce que l’artiste a voulu nous montrer. Je dis « découvrir » et non pas « expliquer ». Ce qui est précieux à ce stade, ce n’est nullement l’explication de l’œuvre. Expliquer, on le sait, c’est étirer les plis et dissiper les ombres. Or, on le sait aussi, une œuvre est faite de plis fondateurs et d’ombres consubstantielles. Expliquer une œuvre c’est tout simplement offusquer son mystère. C’est abdiquer des déclenchements inattendus, toujours non convenus, que cette œuvre pourrait faire survenir en nous. Expliquer une œuvre, c’est l’immobiliser dans une signification qui ne peut être que morte : le sillon initial se transforme en ornière. L’œuvre est une chose vivante. Elle augmente le Vivant. Elle vit en nous dans une lente et longue déflagration qui parfois peut durer toute une vie. D’une certaine manière, celui qui s’acharne à expliquer une œuvre ne témoigne que de sa propre peur, celle que l’on éprouve en face d’une bête symbolique ou d’un vertige indéfinissable qu’il conviendrait de mettre en cage, ou en concept. J’ai toujours eu le sentiment qu’il nous faudrait apprendre à vivre les œuvres de l’Art non pas dans les modalités quelque peu indigentes de « l’explication » mais véritablement dans ce qui s’ouvre (et se maintient) en incertain, en indéfinissable, en stimulation obscure, en possible agissants. Et pour tout dire : en simple méditation. En face des œuvres de l’Art, le plus urgent, le plus précieux, est de vivre ce qui se passe en nous, que l’œuvre nourrit, et qui nourrit pour l’œuvre une de ses innombrables aventures. L’exposition ouvre à contemplation. Le décrochage invite à la méditation. Ce que je vais faire auprès de ce maître du tragique et des ombres que représente pour moi M. Ernest Breleur.
Le geste artistique, lorsqu’il va apparaître, sera très proche d’une saisie magique du monde. Le geste du sorcier qui tente d’organiser le monde, de le soumettre à son vouloir, à ses désirs, est de même essence que celui de l’artiste. Le sorcier et l’artiste sont confrontés aux vents violents des mystères du Vivant. Ils sont exposés, bien plus que les gens ordinaires, à l’horizon sans horizon de ce qui échappe à toutes les catégories de nos perceptions, de notre esprit et de notre imaginaire. Le grand artiste nous montre toujours un « en-dehors » de la perception et de la pensée. Il nous dévêt de tout ce qui nous habille, qui nous rassure, qui nous protège, et il nous précipite pour ainsi dire au cœur du grand vertige originel : celui de l’apparition de la conscience réflexive chez l’homo sapiens.
Au moment de son apparition, la conscience réflexive de Sapiens se verra soumise à deux dynamiques que l’on retrouve intactes dans le geste magique et le geste artistique. En face de la splendeur du réel, de la féérie du ciel, des orages, des paysages, en face de la puissance des animaux et des forces naturelles, en face des plénitudes végétales et minérales, la conscience inaugurale de Sapiens s’est vue précipitée dans une sensation double, une vague émotionnelle soulevée par l’émerveillement et la terreur. Émerveillement en face du réel dont la totalité plénière inspire une sensation de divin, une impression de sacré, l’obscure certitude qu’il existe, dans les plénitudes du réel et du Vivant, quelque chose de créateur qui nous dépasse, et qui se tient en face de nous, tout autant qu’au plus profond de nous. Cette sensation de divin et de sacré fera surgir chez les Sapiens le sentiment de la Beauté. Cette sensation est demeurée en nous, et elle se déclenche encore en certaines circonstances. Quand la Beauté surgit, il y a toujours, qui nous submerge, une saveur de sacré qui date d’avant les liturgies, toujours l’irruption d’une touche de divin qui lève d’avant les religions, toujours l’embrasement d’une ferveur ardente, enthousiaste, qu’aucune laïcité ne saurait juguler.
Mais avec l’émerveillement, Sapiens a éprouvé aussi une sensation de terreur. Terreur en face de ce qui reste inconnaissable. Terreur en face de la mort inexplicable, inévitable et insensée. Terreur en face des grands mystères du ciel, des forces naturelles. Terreur de tout ce qui, à force de plénitude, semble habité, animé d’intention, de perspectives qui nous dépassent et nous restent hors-d’atteinte. Le malheur de la conscience c’est qu’elle touche immédiatement à ses propres limites. Toute conscience découvre un « en-dehors » à tout ce qu’elle peut envisager. Toute conscience est conscience d’un inconscient, mais aussi et surtout conscience d’un impensable. Elle est par nature heurtée de plein fouet, et donc terrifiée. Dès lors, toute existence consciente distille un fond d’angoisse. Il nous faut faire avec, Pa ni rimèd la pèn si’w pasa prany nous a dit si bellement Marjosé Alie. La conscience terrifiée de Sapiens, sera la source d’une créativité inouïe, immense, incomparable, d’où surgiront toutes ces béquilles d’existence et de sens, tous ces boucliers et refuges symboliques, que furent les dieux, les démons, les rites, les religions, les philosophies, les pensées de système, les systèmes de pensées. Tout ce qui nous expliquait l’impensable du réel et du monde, et qui ainsi nous le simplifiait, et nous en protégeait, nous mettait à l’abri en fait de leur incertain, de leur imprévisible et pour tout dire : de leur impensable.
La foudre terrifiante de l’impensable, allait déclencher toutes les créativités de sapiens, toutes les cosmogonies, toutes les cultures, toutes les conceptions du monde, de la vie et de la mort, et installer un cheminement imperceptible de la conscience vers le centre de notre esprit. Notre conscience se souvient de son choc initial avec l’impensable du monde, avec l’inexplicable plénitude du Vivant, et elle garde en elle cette rémanence terrible, tissée des bruits de la terreur et de l’émerveillement. Il lui faudra atteindre un grand degré d’élargissement, d’élévation et de Raison, pour qu’elle puisse enfin envisager sans protection l’en-dehors silencieux, total et impavide. Il y a là une esthétique.
Terreur et émerveillement se retrouvent à part égale dans la Beauté. Un surgissement de Beauté nous impressionne, nous bouleverse, nous emporte, nous pétrifie d’admiration et de respect. Cette rencontre avec la Beauté peut être aussi véritablement terrifiante. L’histoire de l’Art nous a montré combien les surgissements de certains artistes et de certaines œuvres ont été décriés, refusés, combien certaines apparitions se sont montrées traumatisantes pour la conscience esthétique d’une époque. Si la terreur qu’inspire l’impensable, animera en grande part le sorcier, et par la suite les chamans et les prêtres, l’émerveillement constituera l’énergie primordiale de l’artiste. En confrontant les mystères, en affrontant lui aussi l’impensable, l’artiste ira d’abord à la conjuration célébrante. Il produira des formes et des signes qui, sur le vertige de l’en-dehors, fonctionneront comme des voiles occultants, agiront comme des murs, protégeront la communauté en lui fournissant des assises symboliques confortables. Mais le geste artistique, dans ses maturités conscientes, s’éloignera de la fonction magique. Il ne cherchera plus à protéger ou même à rassurer. Les grands artistes, les grandes œuvres, installeront toujours une porte ouverte sur l’horizon sans horizon de l’impensable. Et c’est ce qui me semble important dans le geste artistique. Non pas la signification offerte, cette indigence qui nous rassure, mais véritablement une porte qui s’ouvre, qui jamais plus ne se refermera, et qui nous transmettra sans fin les énergies de l’impossible-à-concevoir. Les arts sont précieux pour cela. Ces portes qu’ils ouvrent ne sont pas destinées à l’embrigadement dans une certitude, mais véritablement à la plus déroutantes des initiations, celle où l’on apprend se tenir seul, debout dans l’incertain et dans l’imprévisible. Celle où l’on apprend à rester créatif, capable d’espérance et soulevé de désir, en face de la stimulation inouïe de tout ce qui nous dépasse et qui est définitivement hors d’atteinte pour nous. M Breleur est de ce point de vue dans la plus essentielle et la plus contemporaine des vertus artistiques. Il est seul, il ne représente que lui-même, et son expérience précipite la nôtre.

En explorant longtemps le moment initial de la terreur, M. Breleur a confronté le moment initial de l’émerveillement.
Son œuvre nous a emportés bien souvent dans « la vallée de l’ombre de la mort ». Elle nous a fait arpenter les ténèbres. Elle nous a confrontés aux pertes et aux mystères qui se maintiennent dans le Vivant. Au-delà des ombres fondamentales, au-delà de ses propres ombres, M. Breleur nous ouvert une porte sur notre drame originel, sur le gouffre fondateur du bateau négrier, sur l’abîme à explorer de la Traite et de l’esclavage. Il nous a initiés à cette nuit sans pardon, sans réparation possible, mais créatrice de ce que nous sommes. Il nous a rappelé que c’est dans l’ombre originelle et dans l’ombre historique qu’ont dû s’élaborer nos créativités improbables, nos bien longues résistances, notre réhumanisation. L’impensable de la Traite et de l’esclavage a hanté ses périodes créatrices. J’ai tendance à les voir dans les mythologies de la lune, dans les effacements et les lacérations de la période blanche, dans les tribus perdues ou dans ses métamorphes translucides, toujours en devenir, et qui ne sculptent que de l’ombre et de la profondeur. Dans toutes ces périodes, l’impensable de la Traite et de l’esclavage rejoint l’impensable originel, celui que la conscience émergente de Sapiens avait perçu tout en terreur et en émerveillement. Mais plutôt que de nous en protéger, M. Breleur nous a laissés dedans. La porte Breleur est restée grande ouverte.
En art, les portes qui s’ouvrent d’une manière déterminante ne se referment jamais. De moment esthétique en moment esthétique, elles balisent les avancées de notre conscience. Aujourd’hui, le niveau de conscience, d’esthétique et de Raison auquel nous sommes parvenus, nous autorise à fixer sans boucliers et sans béquilles ce que nous ne pourrons jamais expliquer ni comprendre, à nous maintenir dans l’inouï d’un tout-possible constant. Le plus haut objet de création nous désigne aujourd’hui l’impensable avec lequel il nous faut maintenant apprendre à vivre de la manière la plus humaine et la plus accomplie possible. L’affaire n’est pas simple, car notre esprit a besoin de certitudes, de significations et de sens, c’est là notre pauvreté. M. Breleur le sait. Ce maître des ombres et du tragique, cet arpenteur des grands mystères originels, sait mieux que quiconque comment les foudres de la mort sont ce qu’il y a de plus proche de l‘impensable originel. Il sait que l’énergie de cette foudre est à la base de notre esprit et de notre créativité. Qu’elle est une source et une ressource. Et c’est parce qu’il le sait qu’il a pu cheminer au plus profond de l’instance du Vivant. Alors voici le paradoxe.
En explorant longtemps le moment initial de la terreur, M. Breleur a confronté le moment initial de l’émerveillement. Ce moment où la vie s’exalte du simple bonheur de vivre. Ce moment durant lequel une grande vague émerveillée, sans Foi ni religion mais pétrie de sacré, bouleversée de divin, va donner ce que nous appellerons le féminin. Cette porte que nous ouvre M. Breleur, nous rappelle combien le féminin constitue une des conditions, et même une des sommations de notre accomplissement. Il nous dit que le féminin est une grâce du Vivant que les femmes ont autant à conquérir que nous.

Une ronde exaltée sur les guirlandes de l’insouciance
On sait, et Saint John Perse nous l’a chanté, combien l’ombre et la lumière sont toujours près d’être une même chose. On sait que ce qui fonde la force du tragique et des ténèbres, c’est qu’ils initient aux beaux éclairs de l’espérance et à tout ce qu’il existe d’impensable dans l’origine de la lumière. Dès lors, le courage d’affronter les occurrences de l’impensable, de confronter l’inachevé, de différer la dictature du sens, de se maintenir en tout-possible, et de vivre à fond comme cela, nous pouvons la puiser dans cette grâce qui fait partie de la vie, qui fait partie de nous, et sur laquelle M. Breleur ouvre une porte magnifique : il nous dit, ici, dans cette exposition, que vivre ne peut s’envisager sans la joie innocente, sans la couleur multiple et généreuse, sans la naïveté lucide, sans la fantaisie qui soulève et emporte, sans la délicatesse minutieuse. Il nous dit qu’il ne saurait y avoir pour nous de plénitude sans décence élégante et contentement soigneux. Il nous chante le plaisir exercé délicat, la précision confiée à l’inutile, le sourire offert aux absurdités bienfaisantes du joli. Il nous montre le soin porté à la vraie légèreté, la gourmandise exercée dans les méandres infinies du futile, et il mène une ronde exaltée sur les guirlandes de l’insouciance. Le maître des ombres est un grand amoureux de la vie, un servant de l’éclat, une force totale.
Patrick CHAMOISEAU Méditation psalmodiée lors du décrochage de l’exposition Breleur, le 12 juin 2016, à la Fondation Clément

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