VOYAGE du PRESIDENT MACRON en AFRIQUE

Le président français Emmanuel Macron a créé la surprise lors de sa tournée en Afrique de l’Ouest en déclarant vouloir « un retour du patrimoine africain à l’Afrique ». Une phrase qui redonne de l’espoir au Bénin, après des mois de tractations.

« Le patrimoine africain (…) doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, Lagos, Cotonou », a déclaré le président français.

« Ce sera l’une de mes priorités. D’ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique », a-t-il lancé.

Dans son discours à l’université de Ouagadougou, cette phrase a surtout résonné au Bénin, dont le président Patrice Talon a fait une demande officielle d’une restitution d’une partie du patrimoine béninois en juillet 2016.

Pour le président Talon, qui a notamment fait campagne contre l’influence de la France dans son ancienne colonie, le rapatriement de ces oeuvres permettra de « mieux faire connaître à nos populations la valeur de nos biens culturels et historiques » et « faire du tourisme un pilier majeur de l’économie béninoise ».

Irénée Zevounou, l’ambassadeur de la délégation du Bénin à l’UNESCO, estime que « 4.500 à 6.000 objets (béninois) sont en France, y compris dans des collections privées ».

L’accaparement des trésors du Royaume du Dahomey s’est fait lors des batailles coloniales entre 1892 et 1894, mais aussi par les missionnaires qui ont « dépossédé les populations de ce qu’ils considéraient comme des fétiches », explique M. Zevounou.

– ‘Historique’ –

« C’est la première fois qu’un président français aborde le sujet frontalement et fait part de sa volonté d’aller dans le sens de la restitution », écrivait aussitôt Marie-Cecile Zinsou, créatrice de la Fondation Zinsou à Cotonou sur sa page Facebook.

Le président Emmanuel Macron salue la foule à Abidjan le 30 novembre 2017

Le président Emmanuel Macron salue la foule à Abidjan le 30 novembre 2017 ( AFP/Archives / ISSOUF SANOGO )

« Il se pourrait que le discours de Ouagadougou marque un tournant majeur dans la suite des procédures », se réjouit cette amatrice d’art franco-béninoise.

De nombreux autres partisans d’un retour des oeuvres du royaume du Dahomey – trônes royaux, récades (sceptres royaux), portes sacrées du Palais d’Abomey, statues anthropomorphes… – se sont exprimés depuis, comme Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN).

Dans une tribune publiée dans la presse, le président du CRAN se félicite d’une « rupture historique » dans le débat, et propose que le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies participe aux négociations entre les deux pays: « il s’agit d’une question de culture, mais aussi d’un enjeu de droit ».

Le droit, c’est bien ce qui bloque dans ce dossier épineux et particulièrement sensible.

Les autorités françaises s’étaient jusqu’à présent rangé derrière « les principes juridiques d’inaliénabilité et d’imprescriptibilité (…) des collections publiques », pour argumenter leur refus de restituer des oeuvres, désormais tombées dans le patrimoine français.

Pour Yves-Bernard Debie, avocat spécialisé en droit du commerce de l’art, le discours « tranché » d’Emmanuel Macron rompt avec la tradition juridique française établie en 1566 par « l’édit de Moulins ».

« Depuis cette époque, le domaine royal devenu ensuite le domaine public, est inaliénable et imprescriptible. Il est interdit, sauf exceptions rares, au prince, roi ou Président de la République, de disposer de ce domaine. Les chefs d’Etat passent, le domaine public reste! », explique l’avocat à l’AFP.

Une telle restitution demanderait donc de changer la loi française.

« C’est peut-être un peu naïf de ma part, mais j’espére que les relations s’améliorent entre le France et ses partenaires d’Afrique », ose Ousmane Alédji, directeur du centre culturel béninois ARTISTTIK AFRICA. « Je préfère être aujourd’hui dans l’espérance du mieux ».

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ESCLAVAGE en LIBYE : MANIFESTATIONS et QUESTIONS à L’ASSEMBLEE NATIONALE

 

 

 

 

JEAN MARC AYRAULT ET LA FONDATION POUR LA MEMOIRE

J’ai été élève au lycée Colbert de Cholet dans les années 60. Jamais je n’y ai entendu parler du Code noir, ni même de l’esclavage ou de la traite. Vingt ans plus tard, alors que j’étais maire de Saint-Herblain, j’ai perçu les réactions hostiles lorsqu’un collectif associatif avait souhaité commémorer, à Nantes, premier port négrier français, le tricentenaire du Code noir. Aucun événement public n’avait été alors organisé. Elu maire de Nantes en 1989, j’ai voulu que cette histoire puisse être dite, enfin. Ce fut l’événement «les Anneaux de la mémoire», en 1992, première grande exposition française consacrée à l’histoire de l’esclavage et de la traite. Son immense succès a déclenché en France un grand mouvement de prise de conscience, à un moment où la communauté internationale décidait elle aussi de se saisir du sujet avec la création, par l’Unesco, du projet de la Route de l’esclave.

Ce mouvement a poussé Nantes à aller plus loin encore. Des salles permanentes sont désormais consacrées à la traite au Musée d’histoire de Nantes et sont parmi les plus visitées. Depuis 2012, un mémorial, sur les bords de la Loire, permet à chacun de méditer sur les enseignements de cette part de notre histoire. Il ne s’agit pas de se complaire dans une repentance qui nous enferme dans le passé ; il s’agit de bâtir un avenir en commun sur une mémoire partagée.

Car ce passé nous oblige. Il nous oblige d’abord à la reconnaissance. C’est la raison pour laquelle, en 1999, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, j’ai prononcé le discours d’explication de vote du groupe majoritaire en faveur de la loi Taubira, qui a reconnu, en 2001, la traite et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité.

Il nous oblige surtout à la transmission, afin que tous les élèves sachent ce que furent l’esclavage et la traite. Afin que tous les élèves apprennent la façon dont les combats et les résistances des esclaves et des abolitionnistes ont façonné notre histoire républicaine. Afin qu’ils comprennent comment cette histoire s’est ensuite prolongée dans l’aventure coloniale française. Afin qu’ils découvrent, enfin, l’héritage et l’inventivité de ces sociétés métissées, créolisées, toutes ces richesses qu’elles continuent d’apporter au monde et à notre pays, à notre culture, à notre langue.

Ne nous méprenons pas. Il ne s’agit pas d’une histoire régionale, qui ne concernerait que quelques territoires, dans l’Hexagone et outre-mer. Il s’agit de notre histoire nationale, de cette «histoire mondiale de la France» qui est tout simplement l’histoire de la diversité française. C’est cela que nous devons transmettre : la plénitude de notre récit national, dans toutes ses composantes.

Nous devons faire cet effort pour cette jeunesse qui cherche ses racines dans le récit national français et qui ne les retrouve pas, faute qu’on les lui ait montrées.

Nous devons faire cet effort pour toutes celles et ceux qui portent en eux une part de cette histoire, et qui ont parfois l’impression que la République les ignore ou les oublie. Nous devons aussi le faire pour notre pays tout entier, pour nous aider à comprendre ce que nous sommes aujourd’hui, à l’unisson avec les pays qui nous sont à jamais liés par cette histoire, sur tous les continents, et d’abord en Afrique et en Amérique.

Ces dernières années, des progrès ont été accomplis, grâce aux associations et aux militants de la mémoire, grâce, aussi, aux collectivités territoriales, qui ont pris des initiatives comme le Mémorial Acte en Guadeloupe, les salles permanentes du Musée d’Aquitaine à Bordeaux ou les sites de la Route des abolitions dans l’Est de la France.

Mais il manque une institution nationale qui donne à cette politique les moyens, les compétences et la visibilité qu’elle mérite. La mémoire nationale est un tout dans lequel chacun doit se retrouver, où chacun découvre ce qui est en commun, ce qui est partagé.

La France a développé, depuis une quinzaine d’années, une expertise dans la construction de politiques mémorielles modernes et populaires, associant les chercheurs, les enseignants, les créateurs, la presse, les collectivités territoriales, les citoyens eux-mêmes. Qui dira que la mémoire de l’esclavage et de son héritage ne mérite pas un tel effort ?

C’était le projet de Jacques Chirac qui, après avoir mis en œuvre la loi Taubira en fixant au 10 mai la Journée nationale qu’elle a instituée et en installant le comité pour la mémoire de l’esclavage qu’elle a créé, avait demandé à Edouard Glissant, en 2006, de lui proposer la création d’un Centre national pour les mémoires des esclavages et de leurs abolitions. C’est le projet que porte la Mission de la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions, que je préside depuis le 19 mai.

Créée à l’initiative du président de la République, François Hollande, sous la forme d’un groupement d’intérêt public, cette structure réunit l’Etat, de grandes institutions, des personnalités qualifiées et des associations, rassemblés dans un seul but : jeter les bases de cette institution nationale qui rassemblera notre pays autour de son histoire, qui soutiendra les initiatives locales, les artistes, les chercheurs, les enseignants qui travaillent à la transmettre, qui mobilisera tous les outils modernes au service de ce projet.

Alors que nous célébrerons, l’an prochain, le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage et le 70e anniversaire de l’adoption, à Paris, de la Déclaration universelle des droits de l’homme, nous travaillons à ce que ces anniversaires se traduisent par un acte fort, signifiant et porteur d’avenir dans la France du XXIe siècle.

C’est le sens de cette Fondation : faire en sorte que le passé nous rassemble pour construire un avenir partagé qui nous ressemble. C’est la raison de mon engagement.

Esclavage en Libye : « Il ne faut pas être naïf et faire semblant de tout découvrir », estime Jean-Marc Ayrault

Le président de la « Mission de la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions » prend la parole concernant les récentes révélations de CNN, et défend l’idée d’une Fondation pour la mémoire de l’esclavage, dans un entretien à La1ere.fr.

L'ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, dans son bureau du Ministère de l'Outre-mer © Valentin Deleforterie/la1ere
© VALENTIN DELEFORTERIE/LA1ERE L’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, dans son bureau du Ministère de l’Outre-mer
  • Par Valentin Deleforterie
  • Publié le 

Premier ministre et ministre des affaires étrangères sous le quinquennat de François Hollande, Jean-Marc Ayrault est depuis quelques mois à la tête de la « Mission de la mémoire pour l’esclavage, des traites et de leurs abolitions ». Le scandale dévoilé par CNN l’a profondément indigné. Toutefois, l’ancien maire de Nantes n’est pas surpris.

« Malheureusement il faut savoir que ça existe. Il ne faut pas être naïf et faire semblant de tout découvrir. Les Nations-Unies évaluent les personnes en situation d’esclavage, de travail forcé -sexuel ou non-, à 20-30 millions. Difficile d’avoir un chiffre précis mais ça donne la quantité du problème à l’échelle de l’humanité. On en a pas fini avec l’esclavage ».

A noter que certaines associations et organisations avancent des chiffres bien plus élevés que Jean-Marc Ayrault. Anti-Slavery International évoque par exemple 40,3 millions d’esclaves modernes (victimes de travail forcé, de déshumanisation, de restrictions à la liberté de mouvement).

Faire intervenir le HCR

Peu de solutions ont jusqu’à présent été mises en avant pour remédier au problème de l’esclavage en Libye. Jean-Marc Ayrault préconise une intervention rapide du Haut-Commissariat aux Réfugiés, associée à une augmentation des moyens alloués à l’institution.

« La Libye n’a pas de véritable Etat depuis la chute de Kadhafi, elle est dans une situation encore pire, ce qui peut amener énormément d’exactions. Il est important que le HCR puisse intervenir partout en Libye, et surtout qu’on le dote de moyens. Si une décision devait être prise au niveau européen, ça pourrait être celle-là. Ce n’est pas la seule chose qu’il faut faire, mais celle-là pourrait être faite vite.« 

Le soutien à l’Afrique

Au-delà de la solution à court-terme, Jean-Marc Ayrault évoque également le soutien financier et humain octroyé à l’Afrique. L’enrayement de problèmes comme l’esclavage passe selon lui par une augmentation de ce soutien.

« Cela passe par des décisions courageuses et des moyens. Je pense en particulier à l’engagement que la France doit encore amplifier et que l’Europe doit également porter qui est celui du soutien à l’Afrique dans son énorme défi de développement. Les sociétés civiles africaines sont considérables, leurs jeunesses ont énormément d’idées. Il faut qu’elles se sentent reconnues et soutenues. Je pense que nous avons un rôle à jouer qui est très important. Nous le jouons déjà mais nous pouvons faire encore mieux. »

La Fondation de la mémoire

Jean-Marc Ayrault a enfin évoqué la « Fondation pour la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions » qu’il souhaite mettre en place. Le projet pourrait se décliner sous forme de lieu de mémoire, de centre de ressources qui pourrait soutenir des initiatives de recherches, d’évènements et de rencontres. Face aux critiques sur le caractère clivant que pourrait avoir une telle initiative, l’ancien Premier ministre a tenu à mettre en avant l’objectif de fédérer les Français autour d’une histoire commune.

« Pour la jeunesse française, notamment d’origine ultramarine ou africaine, il y a le besoin de connaître ses racines et son histoire. L’occulter c’est affaiblir cette capacité à trouver sa place dans notre société. Il est aussi important que la République n’ignore aucune discrimination ou souffrance, et qu’elle donne en même temps à chacun sa chance. Ce n’est pas pour chercher à culpabiliser ou diviser, mais pour rassembler. Plus nous sommes clairs sur notre histoire et sur nos responsabilités, plus on est forts aussi pour affronter les défis du futur. L’objectif est de réconcilier les mémoires, pas de faire la concurrence des mémoires. »

 

La France et l’aide publique au développement

A l’heure actuelle, la France est le cinquième contributeur mondial d’aide publique au développement avec 8,1 milliards d’euros donnés chaque année. 45% des aides sont destinées à l’Afrique. La France ne respecte cependant pas la résolution adoptée aux Nations-Unis en 1970, visant à ce que chaque pays économiquement avancé reverse 0,7% de son PIB dans les aides au développement.

Appel à financement participatif par Guy Deslauriers

Césaire : La liberté face au dogme. Film documentaire en production

nous faudra avoir la patience de reprendre l’ouvrage, la force de refaire ce qui a été défait; la force d’inventer au lieu de suivre; la force « d’inventer » notre route et de la débarrasser des formes toutes faites, des formes pétrifiées qui l’obstruent…

Comment Louis Aragon et Aimé Césaire deux des plus grands poètes du XXe siècle, en sont-ils venus à s’opposer au point d’arriver à un point de rupture irréparable ? L’un adhère au Parti communiste en 1930, l’autre en 1935. Césaire démissionne du PCF en 1956, à cause notamment des révélations du rapport Khrouchtchev, mais Aragon garde le silence et restera au parti jusqu’à sa mort. Cependant l’opposition des deux hommes n’est pas d’abord un différend politique sur fond de déstalinisation. La rupture entre eux est plus ancienne, plus profonde et s’ancre dans un contexte historique de décolonisation qui a pris la forme d’une tentative colonisation culturelle de l’un par l’autre. De plus, Césaire trouve cocasse de recevoir une leçon de prolétariat de la part d’un bourgeois français, lui qui passe la majeure partie de son temps à régler des problèmes de santé publique ou d’assainissement de l’eau, aussi bien comme député de la Martinique que comme maire de Fort-de-France. Mais plus profondément, Césaire n’accepte pas cette mise sous tutelle de l’imaginaire antillais sous le joug culturel français, fût-il communiste. Un troisième homme, l’écrivain René Depestre (au cœur de cet affrontement pour avoir adhéré à la thèse d’Aragon avant de rallier celle de Césaire) sera le grand témoin par lequel ce récit nous sera livré. C’est lui qui nous dévoilera tous les détails de cette histoire. Il en sera la mémoire vive, la vision singulière et portera la charge émotionnelle que comportera ce récit. Césaire, la liberté face au dogme, permet donc de raconter cette célèbre controverse qui a opposé Césaire et Aragon dans ces années 50 et à laquelle ont pris part de nombreux écrivains, dont René Depestre, Léon-Gontran Damas, Léopold Sedar Senghor…etc. Les arguments développés par le poète antillais à l’occasion de cette controverse furent les mêmes, dans la lettre qu’il adressera à Maurice Thorez au moment de sa démission du PCF, pour affirmer la liberté des peuples nègres face au dogme centralisateur. Ce moment historique constitue à lui seul un temps décisif de la conscience des départements français d’Amérique et de beaucoup d’anciennes colonies françaises.

Lorsque l’on déroule son histoire, Aimé Césaire semble avoir eu mille vies dont certains pans manquent ou se trouvent tronqués. Ces moments-là (dont cette histoire fait partie) rappellent la puissance de la vision de l’homme, sa liberté totale et la force de son destin. Ces moments, tellement précieux pour notre compréhension du monde d’aujourd’hui, ne seront jamais suffisamment racontés.

Ce projet est enfin confronté à une urgence de production afin de pouvoir être terminé au début de l’année 2018, année qui marquera le 10ème anniversaire de la disparition du poète ; année tout au long de laquelle le documentaire pourra être projeté et faire l’objet de débats et discussions à l’issue de sa diffusion. Les contributions sollicitées pour ce projet serviront à acquérir une large partie des très nombreuses archives visuelles et sonores dont cette œuvre a besoin pour exister pleinement. En contrepartie de leur soutien financier il est proposé aux contributeurs :

-D’être mentionnés et remerciés au générique du film.

-D’être invités à une projection de présentation.

-De recevoir un DVD de l’œuvre réalisée. Merci à chacune et à chacun pour sa contribution et pour sa confiance.

Guy Deslauriers

Kreyolimages

LA GUERRE A COLBERT ET AUTRES

Le CRAN appelle à débaptiser les rues Colbert et à déboulonner ses statues

A l’initiative de Louis-Georges Trin, président du Cran, et du philosophe Louis Sala-Molin, plusieurs personnalités demandent que le nom de Colbert, ministre de Louis XIV et acteur de la légalisation de l’esclavage, soit retiré de l’espace public.

La statue de Jean-Baptiste Colbert et Louis-Georges Tin, président du Cran © Leemage - JEAN-PIERRE MULLER / AFP
© LEEMAGE – JEAN-PIERRE MULLER / AFP La statue de Jean-Baptiste Colbert et Louis-Georges Tin, président du Cran
  • La1ère
  • Publié le , mis à jour le 
Louis-Georges Tin, le président du Cran, le Conseil représentatif des associations noires de France s’insurge qu’aujourd’hui en France des collèges, des lycées ou encore des rues puissent porter le nom de Colbert, un homme, selon lui,  « acteur de la légalisation de l’esclavage »et « coupable de crime contre l’humanité ».

Au mois d’août dernier, Charlottesville dans l’Etat de Virginie, est devenu le théâtre d’une importante manifestation rassemblant l’extrême droite américaine, des néo-nazis aux membres du Ku Ku Klan. « Rares sont ceux qui ont évoqué ce problème dans le contexte français » s’insurge Louis-Georges Tin, dans une tribune publiée dans le Monde ce dimanche. Il estime que « la question des emblèmes de l’esclavagisme se pose également dans notre pays ».

Le Cran réclame le remplacement de ce qu’il appelle « les statues de la honte », comme celle de Jean-Baptiste Colbert, auteur du Code Noir, à l’Assemblée nationale, par des figures de personnalités ayant lutté contre l’esclavage et le racisme. Et le président du Cran d’énumérer les noms de rues portant des noms comme Balguerie et Gradis à Bordeux, Grou et Leroy à Nantes ou encore Masurier et Lecouvreur au Havre.

Conscient de ne pouvoir demander à la France de modifier tous les symboles liés à l’esclavage dans l’espace public, Louis-Georges Tin affirme néanmoins que l‘ »on ne peut pas non plus ne rien faire, en restant dans le déni et dans le mépris, comme si le problème n’existait pas. Entre ceux qui disent qu’il faut tout changer et ceux qui disent qu’il ne faut rien changer, il y a probablement une place pour l’action raisonnable. »

Le président du Cran propose de se concentrer sur les collèges et les lycées Colbert. « Parce que le ministre de Louis XIV est celui qui jeta les fondements du Code noir, monstre juridique qui légalisa ce crime contre l’humanité. Et le président du Cran d’ajouter, « Colbert est aussi celui qui fonda la Compagnie des Indes occidentales, compagnie négrière de sinistre mémoire. »

Certaines rues des principaux anciens ports négriers de l’Hexagone ont conservé les noms des acteurs de la traite des Noirs au XVIIIe siècle.

Nicolas Enault
France Télévisions
Mis à jour le 26/08/2017 | 15:06
publié le 26/08/2017 | 0

 

« Nos héros sont aussi des bourreaux. » Près de 170 ans après l’abolition définitive de l’esclavage en France, des acteurs du commerce négrier sont encore honorés dans les rues de certaines grandes villes de métropole. Aux Etats-Unis, le débat sur le déboulonnement des monuments en hommage aux personnages illustres des Etats confédérés (les Etats du Sud, qui étaient favorables à l’esclavage) se poursuit. Et ce après le rassemblement de plusieurs factions de l’extrême droite à Charlottesville, qui s’est terminé par la mort d’une contre-manifestante, tuée par James Fields, un sympathisant néonazi.

En France, en 2014, la Fondation du mémorial de la traite des Noirs, une association bordelaise dirigée par l’écrivain franco-sénégalais Karfa Diallo, avait lancé une campagne intitulée « Rebaptisez les rues de négriers » à la veille des élections municipales dans les villes portuaires qui ont joué un rôle dans le commerce triangulaire. La fondation avait ainsi listé une cinquantaine de rues portant des noms d’armateurs négriers à Bordeaux, La Rochelle, Le Havre, Marseille et Nantes. Ces hommes, qui ont fait fortune dans la traite des esclaves, ont souvent eu de grandes carrières politiques et étaient, pour la plupart, issus de puissantes familles qui ont donné leur nom à des artères de leur ville d’origine. Pour l’association, il ne s’agissait pas de « jeter l’opprobre sur des municipalités ou des familles entières, mais plutôt d’engager un travail de mémoire apaisé, loin de toute repentance ». La campagne n’avait pas été suivie d’effets concrets.

Nous avons représenté sur cinq cartes les avenues, rues et places de ces villes qui, selon la Fondation du mémorial de la traite des Noirs, portent encore les noms de ces négriers.

Bordeaux : 21 rues

Dans la capitale de la région Nouvelle-Aquitaine, on trouve 21 rues portant de noms de personnalités qui ont joué un rôle dans le commerce triangulaire. C’est le cas, par exemple, de la rue Saige, baptisée en l’honneur de François-Armand de Saige, maire de Bordeaux entre 1790 et 1793. Lui-même n’était pas négrier, mais il était issu d’une célèbre famille qui avait pratiqué la traite négrière. Interrogé en 2014, l’adjoint en charge de la diversité à la mairie de Bordeaux estimait que débaptiser les rues était « trop complexe ». Par ailleurs, il ne voulait pas « stigmatiser les descendants » de certaines familles.

 

Nantes : 8 rues

Dans la capitale de la région Pays de la Loire, huit rues ont été épinglées par la Fondation du mémorial de la traite des Noirs. La rue Guillaume-Grou, par exemple, honore un négociant et armateur local dont la fortune se constitua grâce à la traite négrière au XVIIIe siècle. Si la mairie n’a pas souhaité débaptiser ces rues, elle a inauguré en 2012 un Mémorial de l’abolition de l’esclavage et créé un « parcours urbain » sur ce thème.

 

Marseille : 5 rues

A Marseille, cinq rues ont été pointées par la Fondation du mémorial de la traite des Noirs. L’une d’entre elles porte le nom de Colbert, en l’honneur du célèbre ministre de Louis XIV, qui fut notamment secrétaire d’Etat à la Marine. Mais l’homme politique est aussi celui qui élabora la première mouture du Code noir, un texte destiné à donner un cadre juridique à l’exercice de l’esclavage dans les Antilles françaises.

 

La Rochelle : un square

A La Rochelle, un square honore une des plus grandes familles d’armateurs locaux, les Rasteau. Leurs activités de négoce étaient multiples, et la traite des Noirs en faisait partie. En 1783, ils armèrent par exemple le navire La Rosalie, dont les cales étaient chargées de 573 esclaves.

 

Le Havre : une rue

La rue Jules-Masurier, au Havre, honore la mémoire de cet armateur qui participa à la traite des Noirs jusqu’en 1862, soit quarante-sept ans après son abolition en France. L’affaire éclata au grand jour lorsqu’un de ses navires fut incendié volontairement à Cuba. Le scandale avait à l’époque contraint Jules Masurier à démissionner de la Chambre de commerce du Havre, mais ne l’empêcha pas de prendre la tête de la mairie quelques années après, de 1873 à 1878.

 

LA  REPONSE  DU Comité National pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage

 

Quand la guerre des mémoires éradique l’Histoire

Nous sommes concernés par les prises de position récentes autour de la demande de débaptiser les lieux publics du nom de Colbert, à partir d’un argumentaire qui met l’accent sur le fait que le nom de Colbert est lié à deux piliers du système esclavagiste colonial de l’Ancien Régime, le Code noir pour la théorie, et les Compagnies de commerce pour la pratique. Cette demande est portée, notamment, dans une pétition dont les initiateurs principaux sont Louis-Georges Tin, du C.R.A.N, et Louis-Sala Molins  philosophe  et  professeur des universités.

Nous ne sommes pas favorables à cette demande, sur le fond et sur la forme.

Des faits discutables.

Relevons quelques erreurs et incohérences dans l’argumentaire. L’Edit sur la police des esclaves, ultérieurement vulgarisé sous le nom de Code Noir, qui porte le nom de Colbert, date de mars 1685. Or, Jean-Baptiste Colbert, celui qui est célébré au fronton des bâtiments publics, est mort deux ans plus tôt, en 1683. Le Colbert de l’Edit est son fils, Colbert de Seignelay.

En revanche, Jean-Baptiste Colbert est bien celui qui a restructuré la Compagnie des Indes, en regroupant toutes les compagnies antérieures en deux secteurs géographiques, Orient et Occident.

Réformateur, et non fondateur, puisque toutes les compagnies pratiquant le commerce colonial, et notamment la traite des esclaves, existaient bien avant qu’il n’occupât  le ministère du Commerce.

Enfin, il est surprenant de s’offusquer de la contradiction entre le nom de Colbert et la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité », puisqu’il existe un décalage de plus d’un siècle entre les deux. La Révolution française, en célébrant Vauban, Turenne, ou Jean Bart, grands serviteurs de la monarchie, n’a pas manifesté une telle passion éradicatrice.

Il faut être attentifs aux contextes croisés.

Il faut élargir le propos. Le problème réside dans la confrontation entre deux mises en contexte. Si la tâche primordiale de l’historien est la contextualisation, celle-ci présente une double dimension, savoir replacer un acteur dans son époque, et tenir compte de la demande actuelle de fractions de nos concitoyens qui s’estiment légitimement victimes d’une action entreprise dans un passé révolu. En l’occurrence, reconnaître chez Colbert à la fois la volonté de rationaliser un mode de production esclavagiste qui n’était guère contesté à son époque, et le souci du service public ; et admettre que les esclaves et leurs descendants sont les victimes d’un crime contre l’humanité, pour lequel l’Etat français porte une lourde part de responsabilité.

Oublier ou déformer le passé conduit à une impasse tragique.

La façon de régler un problème d’éducation et d’intégration est-il d’effacer les traces laissées par l’Histoire dans notre patrimoine commun ? Nous répondons par la négative. L’abbé Grégoire en son temps, franc républicain et ami des Noirs, avait fermement condamné le vandalisme qui consiste à détruire les traces symboliques du passé monarchique et féodal. Le même problème se pose aux Etats-Unis avec les statues des généraux sudistes, en Europe de l’Est avec les nombreuses empreintes du régime totalitaire.

Condamner le passé à l’oubli, outre le risque de le revivre, témoigne d’une conception héroïque de l’Histoire. Un personnage public n’est pas monolithique, prisonnier pour la postérité d’une seule action, enfermé dans une image univoque. Il est complexe et contradictoire, comme le réel. Sortons de cette vision manichéenne, qui oppose tout d’un bloc les héros et les salauds. Substituer des figures héroïques à d’autres qui auraient failli ne changera rien au problème, car nous savons bien que Toussaint-Louverture, ou Louis Delgrès, portaient aussi les contradictions de leur temps et de leur condition. Décapiter la statue de Joséphine relève de la magie, et non de la pédagogie.

Alors, que faire ?

Essayons de manier la plume, plutôt que de brandir les ciseaux ou le burin. Nous préconisons une pédagogie plurielle et collective. L’enseignement de l’Histoire est certes central dans la construction d’un récit critique commun ; mais il faut beaucoup de temps et de patience pour retisser une trame rompue, et pour combattre les mythologies et les approximations véhiculées par la désinformation en réseaux. Les collectivités publiques peuvent contribuer à répandre les informations historiques indispensables au moyen de panneaux explicatifs, ou de brochures, à l’abord des monuments publics, ou bien aider les musées et les archives à organiser des expositions, des conférences pour le grand public.

Paris, le 16 novembre 2017

Contre l’esclavage des migrants en Libye !

Adressée à Amnesty International Amnesty International Australia

 Fermons les marchés aux esclaves !

Actuellement, en Libye, des migrants sont vendus sur des «marchés aux esclaves».

Des milliers d’hommes, femmes et enfants originaires d’Afrique de l’Ouest transitant par la Libye sont vendus sur des « marchés aux esclaves » avant d’être soumis au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle (viol, prostitution forcée). Ces personnes sont vendues entre 200 et 500 dollars comme de la marchandise.

Originaires surtout du Nigeria, du Sénégal ou encore de Gambie, les migrants sont capturés alors qu’ils font route vers le nord de la Libye, d’où ils comptent gagner l’Europe en traversant la Méditerranée. Tout au long de ce périple, ils sont la proie de groupes armés et de réseaux de passeurs qui tentent parfois de leur extorquer de l’argent.

Ce crime, ce trafic d’êtres humains doit CESSER immédiatement !

S.V.P Signez cette pétition afin de demander aux gouvernements et Amnesty International de prendre immédiatement des mesures concrètes pour mettre fin à ce trafic d’êtres humains.

Cette pétition sera remise à:

  • Amnesty International
    Amnesty International Australia

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source  Journal « LIBERATION »

 Par AFP —  (mis à jour à )

Le gouvernement libyen d’union nationale (GNA), évoquant des actes «inhumains», a affirmé dimanche qu’une enquête avait été ouverte sur des cas d’esclavage près de la capitale Tripoli, à la suite d’un documentaire choc de la chaîne américaine CNN.

Le gouvernement suit «avec grande attention les rapports des médias sur l’exploitation des migrants clandestins par des criminels», a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué lu devant la presse.

Les faits décrits, qualifiés d’actes «inhumains et contraires à la culture et aux traditions du peuple libyen»«font l’objet d’une enquête», a-t-on poursuivi.

«Si ces allégations sont confirmées, toutes les personnes impliquées dans ces crimes seront punies», a promis ce même ministère.

Tout en rappelant «son engagement total et clair» envers la charte des Nations unies ainsi que son attachement aux textes criminalisant le commerce des personnes, Tripoli a toutefois critiqué la position des pays de la région sur le dossier.

«La Libye met en garde (…) contre les solutions internationales superficielles et stériles qui font en réalité obstacle à ses efforts pour endiguer ce phénomène, ouvrant la voie aux réseaux du crime organisé», a argué le ministère des Affaires étrangères.

L’idée d’installer des centres d’accueil en Libye avait été avancée fin août lors d’un mini-sommet à Paris en présence de pays européens, du Niger ou encore du Tchad. Elle avait toutefois été abandonnée du fait de l’insécurité persistante dans le pays.

«Mécontentement»

Plus tôt dimanche, le vice-premier ministre du gouvernement d’union libyen, Ahmed Metig, avait déjà publié un communiqué sur Facebook pour exprimer «son mécontentement» quant à «la réapparition du commerce d’esclaves dans la banlieue de Tripoli».

Metig avait indiqué qu’il chargerait «une commission d’enquêter sur ces informations de presse afin d’appréhender et soumettre les responsables à la justice».

Un récent reportage de CNN montrant des migrants vendus aux enchères en Libye, et largement partagé sur les réseaux sociaux, a provoqué une forte émotion, suscitant des réactions indignées en Afrique et à l’ONU.

On y voit notamment, sur une image de mauvaise qualité prise par un téléphone portable, deux jeunes hommes. Le son est celui d’une voix mettant aux enchères «des garçons grands et forts pour le travail de ferme. 400… 700…» avant que la journaliste n’explique: «ces hommes sont vendus pour 1 200 dinars libyens — 400 dollars chacun».

Samedi, un millier de personnes a manifesté à Paris pour dénoncer les cas d’esclavage en Libye, selon la préfecture de police.

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d’une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l’Italie qui se trouve à 300 kilomètres des côtes libyennes.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 156 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le 1er janvier (contre près de 341 000 durant la même période en 2016), dont 73% en Italie. Près de 3 000 sont morts en tentant la traversée.

AFP

HISTOIRE DE L’ESCLAVAGE TRANSATLANTIQUE AU BENIN (ancien Dahomey)

Profondément marquée, la  tradition dahoméenne sait rendre une grande quantité de  détails  très précis  sur l’histoire de l’esclavage….

http://www.symbole-amitie.com/histoire-de-lesclavage-selon-la-tradition-dahomeenne/

 

Une  étude plus  locale  à Adjarra a été  l’occasion  d’un  séminaire autour  de  chercheurs  nationaux  et  internationaux, d’historiens, de magistrats,  et de conservateurs  de musées en Novembre 2015.

http://www.symbole-amitie.com/seminaire-esclavage-transatlantique-a-adjarra-benin/#

 

La base de données des dahoméens  réduits en esclavage est le fruit de plusieurs années de recherches historiques du groupe Universitaire de recherche en histoire et culture du Bénin grâce à la coopération technique des patriarches et des reines-mères qui sont des gardiens de la tradition orale. La découverte et le recensement de ces milliers de noms d’ancêtres africains est un travail fondé sur un spécial décodage Scientifique des génériques aux panégyriques claniques et de la prise en compte des centaines de scarifications corporelles; inscrites sur le corps d’un adepte et qui signifiait chacune un nom d’ancêtre déporté. Pour ceux qui veulent s’assurer de l’efficacité des données inscrites dans cette base des dahoméens mis en esclavage, elle est  le résultat d’une coopération étroite et intime avec des centaines d’adeptes porteurs de ces  meurtrissures sur leur corps qui représente chacune la biographie d’un ancêtre arraché à l’affection de ses  parents et de ses proches  qui ont choisi cette méthode d’immortalisation de la mémoire orale. Il s’agit d’un des processus efficaces de retransmission intergénérationnelle de l’oralité codé qui a su franchir des barrières d’histoire que constitue l’évangélisation de l’Afrique, pour parvenir au XXIe siècle où il risque de mourir si rien n’est fait d’urgence dans un espace  de 5 à 10 ans, à cause de la diabolisation accélérée des cultes endogènes opérée par la domination illégale des religions révélées.

En hommage aux  milliers d’Africains notamment pour le repos de leurs âmes au profit du bien être spirituel de l’Afrique et sa diaspora, le groupe Universitaire de recherche en histoire et culture du BÉNIN organise en effet un culte d’enlèvement de deuil qui aura lieu à compter du 26 au 28 octobre prochain sur la rivière des deuils de Togbota. N’hésitez pas à nous parvenir vos différentes participations qui permettront de faire aux charges des offrandes à savoir les mets naturels, des fleurs et des fruits qui leur seront présentés sur cette rivière mystiques du royaume de Togbota et bien dans d’autres lieux à savoir des mausolées abritant des autels qui leurs sont dressés il y a encore deux siècles.

Faites y un tour sur ce liens pour plus de détails sur le nom et la formation professionnelle de nos ancêtres avant leur capture et leur déportation. Merci

http://www.symbole-amitie.com/comprendre-la-base-de-donnees-esclavage-benin/

UNE NOUVELLE ILE DANS LES CARAIBES…

 

EN  REALITE,  UNE   ILE    DE    PLASTIQUE(S) !!!!!!!

Ce n’est malheureusement ni la première, ni la dernière fois que des images des pollutions plastiques en mer font la une de l’actualité. Cette fois-ci, ce sont les photos prises par la photographe Caroline Power dans les caraïbes qui témoignent des importantes pollutions humaines. Malgré les multiples alertes et certaines initiatives publiques et privées, la situation ne semble pas s’améliorer, au contraire. Sur Facebook, la « nouvelle mer de plastique » postée par la photographe n’en finit pas de choquer.

Caraïbe, palmiers, soleil et crustacés… Dans l’esprit commun, la destination a tout d’idyllique. Pourtant, depuis son bateau, Caroline Power montre avec une simple photo symbolique l’effrayante quantité de plastique qui s’est agglutinée le long des côtes de l’île de Roatan, qui est habitée. L’image inquiétante relève pourtant d’un triste quotidien dans de nombreux endroits, touristiques ou non, de la planète. « Il faut que ça s’arrête » commente-t-elle.

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fcaroline.power3%2Fposts%2F10155101848243861&width=500

L’image choquante fait le tour des réseaux sociaux

Les bouteilles, gobelets couverts et sachets qui flottent à la surface de l’eau forment une masse stagnante et dérangeante. Le cliché expose ce que nous n’aimons pas voir : notre incapacité latente à produire et consommer de manière responsable. Selon le magasine Forbes, ce plastique pourrait provenir en partie du Guatemala, drainé par les courants, où une quantité importante de déchets a récemment été rejetée à la mer via l’un des fleuves du pays, le Motagua. 

La photographe, elle même tristement étonnée par cette découverte, a partagé le cliché sur les réseaux sociaux le 16 octobre dernier afin de contribuer à une prise de conscience générale et à la responsabilisation individuelle. « Pensez à votre quotidien. Comment avez-vous mangé votre nourriture la dernière fois que vous avez mangé dehors ? Votre nourriture était probablement servie dans du polystyrène, accompagnée d’une fourchette en plastique », écrit-elle notamment avant de lancer un défis à chacun : « Gardez vos ordures pendant une semaine. Triez les déchets organiques et ceux qui ne le sont pas. Vous serez dégouté de la quantité d’emballages n’ayant qu’une seule utilisation ». Pour cause, nos aliments achetés dans les grandes surfaces sont pour la majorité d’entre eux sur-emballés. Par ailleurs, nous nous sommes habitués à consommer du tout-jetable sans réfléchir aux conséquences, si bien que de nombreux objets sont tout bonnement mis à la poubelle après une seule utilisation, avec une chance de se retrouver un jour dans nos océans.

Tous les ans, 8 millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans

Le plastique est devenu l’une des pollutions les plus visibles de nos mers. Chaque minute, l’équivalent d’une berne à ordure termine dans l’eau, une menace immédiate pour les milieux marins et ceux qui y (sur)vivent. Années après années, chercheurs et associations ne cessent d’alerter sur le désastre écologique qui se déroule sous nos yeux et qui a pour cause l’inaction collective autant du coté du consommateur que des producteurs et des pouvoirs qui n’imposent pas de normes contraignantes par crainte de brimer l’économie.

Le problème ne semble pas prêt d’être résolu et la dépollution des océans est un véritable casse-tête pour les scientifiques. Les quantités astronomiques de déchets déversés dans les eaux sont à l’origine d’une telle hécatombe parmi les animaux marins qu’une solution d’urgence s’impose. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : dans un rapport publié il y a deux ans par la fondation Ellen MacArthur, il est estimé qu’en 2050, il y aura plus de déchets plastiques (en poids) dans les océans que de poissons. Bien que discuté, le chiffre est symbolique et indique une direction générale prise par l’humanité.

La pollution des mers par le plastique est donc un véritable fléau qu’il n’est plus possible de contourner, car elle participe à la mort silencieuse des fonds marins et de ceux qui y vivent. Les débris, ingurgités par les poissons, les coraux, les oiseaux marins, les tortues ou encore les cétacés, tuent en grand nombre et se répandent dans toute la chaine alimentaire. Pas moins de cinq endroits du globe abritent aujourd’hui des concentrations de débris plastiques qui forment désormais des îles flottantes.

Face à de tels drames écologiques, chacun se demande « que faire ? » Outre la nécessité de faire évoluer la législation en vigueur par le biais de pressions sur les élus, chacun peut s’engager contre le plastique à son échelle individuelle, notamment en se tournant vers le zéro déchet et une consommation locale plus responsable. En France, et ailleurs, les magasins en vrac se multiplient, rendant des modes de consommation alternatifs et responsables de plus en plus accessibles. Certes, c’est peut-être peu de chose à l’échelle individuelle, mais n’oublions jamais que ces océans de plastique se forment également par l’addition de gestes individuels jugés insignifiants.


 

LE BAL BLOMET : Tout un programme !!

Bar – Cabaret – Galerie d’Art

33 rue BlometParis 75015 (plan)

Métro : Volontaires  

Tél :

Site : www.balblomet.fr/

Mail : contact@balblomet.f

     

       

      Le Bal de la rue Blomet est un cabaret d’art du XVe arrondissement de Paris dédié au rapprochement des cultures et des arts populaires dans le domaine de la musique, de la comédie musicale et des beaux-arts. Espace de création, d’échange et de partage, sa vocation est de perpétuer le lien étroit entre l’art et le divertissement. La programmation, accessible à tous, est centrée sur la comédie musicale, le cabaret, le jazz et la musique classique.

      A mi-chemin entre l’univers rêvé par Woody Allen dans Midnight in Paris et celui des speakeasies de la prohibition de New-York et Chicago, le public et les artistes y retrouvent les traces des grandes figures qui l’ont fréquenté, de la « génération perdue » d’Hemingway et Fitzgerald aux artistes du Paris des années 20, Kiki de Montparnasse, Miro, Joséphine Baker, etc.

      Le Bal Blomet – Horaires

      Concerts :
      Jeudi, vendredi & samedi

      La Table du Bal
      du mardi au vendredi :
      12h-14h & 19h-22h
      samedi : 12h-15h & 19h-22h
      dimanche : 12h-15h

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      Programmation – Le Bal Blomet

      affiche FABRICE DI FALCO - LES CASTRATS

      Vendredi 3 novembre 2017

      FABRICE DI FALCO – LES CASTRATS

      Concert ClassiqueLes Castrats, de la Chapelle Sixtine aux Théâtres d’Opéras Italiens Antonio…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche GOSSES DE PARIS

      Jusqu’au 4 novembre 2017

      GOSSES DE PARIS

      Grand SpectacleAu milieu des guerres qui la traverse, la France du début du XXème est saisie d’un…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche UNIVERSITE POPULAIRE D'HISTOIRE DE L'ART - CLAUDE MONET

      Dimanche 5 novembre 2017

      UNIVERSITE POPULAIRE D’HISTOIRE DE L’ART -…

      ConférenceCycle de conférences consacré aux grands peintres et animé par Pierre WAT Le Bal Blomet et le magazine L’Œil…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche BAPTISTE HERBIN QUARTET – BROTHER STOON

      Jeudi 9 novembre 2017

      BAPTISTE HERBIN QUARTET – BROTHER STOON

      Concert Jazz/Soul/FunkUn quatuor Jazz de rêve au Bal Blomet. ffff TELERAMA « Le voici donc, l’oiseau rare, depuis plus d’un an que le…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche LES FRIVOLITES PARISIENNES – LA NOUVELLE REVUE DU BAL BLOMET

      Vendredi 10 novembre 2017

      LES FRIVOLITES PARISIENNES – LA NOUVELLE REVUE DU…

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      affiche LA NOUVELLE REVUE DU BAL BLOMET - LES FRIVOLITES PARISIENNES

      Samedi 11 novembre 2017

      LA NOUVELLE REVUE DU BAL BLOMET – LES FRIVOLITES…

      Grand SpectacleAprès leur succès au Bal Blomet, les Frivolités…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche LES 1001 NUITS DU JAZZ - L'AFRIQUE - L'AFRIQUE, BERCEAU DU JAZZ ?

      Jeudi 16 novembre 2017

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      Vendredi 17 novembre 2017

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      Concert FrançaisCharleston, biguine, ragtime ou manouche, il y en a pour tous les jazz ! Avec cette comédie swing de poche, plongez…Le Bal Blomet – Paris 75015

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      Samedi 18 novembre 2017

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      Concert Jazz/Soul/Funk« La musique doit refléter les pensées et les aspirations d’un peuple, de…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche UNIVERSITE POPULAIRE D'HISTOIRE DE L'ART - PAUL KLEE

      Dimanche 19 novembre 2017

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      Jeudi 23 novembre 2017

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      Concert Jazz/Soul/FunkEntourée de 5 magnifiques musiciens Julie Saury nous offre un retour aux sources du Jazz traditionnel –Sweet…Le Bal Blomet – Paris 75015

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      Vendredi 24 novembre 2017

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      Samedi 25 novembre 2017

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      Concert World/ReggaeLa Cubanerie s’écoute comme on boirait du rhum par les oreilles. Sans modération…. La Cubanerie porte bien son…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche LES 1001 NUITS DU JAZZ - LE BLUES - ROUTE 66 : L'EPOPEE DU BLUES

      Jeudi 30 novembre 2017

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      Concert Jazz/Soul/FunkLES 1001 NUITS DU JAZZ – ROUTE 66 : L’EPOPEE DU BLUES, DE BESSIE SMITH À JIMMY…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche « NUIT BLANCHE » FRANÇOIS COUTURIER & TARKOVSKY QUARTET

      Samedi 2 décembre 2017

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      Concert Jazz/Soul/FunkCHOC Jazz Magazine : « Nuit Blanche, aux frontières du réel, tient du miracle » FRANCOIS COUTURIER- Piano,…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche UNIVERSITE POPULAIRE D'HISTOIRE DE L'ART - ANDY WARHOL

      Dimanche 3 décembre 2017

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      affiche LE QUATUOR PSOPHOS FÊTE SES 20 ANS !

      Vendredi 8 décembre 2017

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      Concert ClassiqueEchos de Bohême Le Quatuor Psophos fête ses 20 ans de carrière et a choisi le Bal Blomet pour célébrer cet…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche LE QUATUOR PSOPHOS FÊTE SES 20 ANS !

      Samedi 9 décembre 2017

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      Concert Jazz/Soul/FunkLe Jazz est mon aventure ! Le Quatuor Psophos fête ses 20 ans de carrière et a choisi le Bal Blomet pour célébrer…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche LE QUATUOR PSOPHOS FÊTE SES 20 ANS !

      Dimanche 10 décembre 2017

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      Concert ClassiqueROMANTISME ET FRATERNITÉ Le Quatuor Psophos fête ses 20 ans de carrière et a choisi le Bal Blomet pour célébrer…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche LES 1001 NUITS DU JAZZ - FREE JAZZ - FREE JAZZ, LE GOUT DE LA LIBERTE

      Jeudi 14 décembre 2017

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      Concert Jazz/Soul/FunkFREE JAZZ, LE GOÛT DE LA LIBERTE. SUR LES TRACES D’ORNETTE COLEMAN ET CECIL TAYLOR   A…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche TEA FOR TWO

      Vendredi 15 décembre 2017

      TEA FOR TWO

      Concert FrançaisLES FRIVOLITES PARISIENNES TRAVERSENT LA MANCHE ET PRESENTENT LEUR PREMIER ALBUM ! Prenez votre ticket et montez avec…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche LE CIRQUE DES MIRAGES - YANOWSKI & FRED PARKER

      Samedi 16 décembre 2017

      LE CIRQUE DES MIRAGES – YANOWSKI & FRED PARKER

      Grand SpectacleCôté pile et côté face d’un duo providentiel. Fred Parker et…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche UNIVERSITE POPULAIRE D'HISTOIRE DE L'ART - JEFF KOONS

      Dimanche 17 décembre 2017

      UNIVERSITE POPULAIRE D’HISTOIRE DE L’ART -…

      ConférenceCycle de conférences consacré aux grands peintres et animé par Pierre WAT Le Bal Blomet et le magazine L’Œil…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche LES FRIVOLITES PARISIENNES – LA NOUVELLE REVUE DU BAL BLOMET

      Vendredi 22 décembre 2017

      LES FRIVOLITES PARISIENNES – LA NOUVELLE REVUE DU…

      Concert FrançaisUn show foutraque d’une folle gaieté ! (Le Canard Enchainé) Comédie musicale, Biguine et lyrique Après leur…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche LES FRIVOLITES PARISIENNES – LA NOUVELLE REVUE DU BAL BLOMET

      Samedi 23 décembre 2017

      LES FRIVOLITES PARISIENNES – LA NOUVELLE REVUE DU…

      Concert FrançaisUn show foutraque d’une folle gaieté ! (Le Canard Enchainé) Comédie musicale, Biguine et lyrique Après leur…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche ISABELLE GEORGES, OH LA LA

      Jusqu’au 29 décembre 2017

      ISABELLE GEORGES, OH LA LA

      FestivalsAccompagnée de son complice de toujours Frederik Steenbrink et de quatre musiciens ‘touche…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche Oh LÀ LÀ !

      Vendredi 29 décembre 2017

      Oh LÀ LÀ !

      Concert FrançaisIsabelle Georges compose un véritable tour de chant dans la pure tradition du Music Hall français. Caroline Madsac…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche PARIS CHERIES

      Vendredi 5 janvier 2018

      PARIS CHERIES

      Concert FrançaisTout ce que vous avez toujours voulu qu’on vous chante sur le sexe sans avoir jamais osé le demander. Laissez-vous…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche PARIS CHERIES

      Samedi 6 janvier 2018

      PARIS CHERIES

      Concert FrançaisTout ce que vous avez toujours voulu qu’on vous chante sur le sexe sans avoir jamais osé le demander. Laissez-vous…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche MARIA DOLORES Y AMAPOLA QUARTET

      Vendredi 12 janvier 2018

      MARIA DOLORES Y AMAPOLA QUARTET

      Concert FrançaisLa biche madrilène est entourée de quatre musiciens pour une soirée tango et humoristique délirante ! Vous…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche MARIA DOLORES Y AMAPOLA QUARTET

      Vendredi 19 janvier 2018

      MARIA DOLORES Y AMAPOLA QUARTET

      Concert FrançaisLa biche madrilène est entourée de quatre musiciens pour une soirée tango et humoristique délirante ! Vous…Le Bal Blomet – Paris 75015

      affiche MARIA DOLORES Y AMAPOLA QUARTET

      Samedi 10 février 2018

      MARIA DOLORES Y AMAPOLA QUARTET

      Concert FrançaisLa biche madrilène est entourée de quatre musiciens pour une soirée tango et humoristique délirante ! Vous…Le Bal Blomet – Paris 75015

      BAL BLOMET ou BAL NEGRE La musique reprend…!

      Fabrice di Falco, contre-ténor, présentera lors de deux soirées au célèbre bal parisien de la rue Blomet, un concert classique le 3 novembre, un concert jazz le 7 décembre, avant de venir à l’Atrium et à l’Artchipel en 2018. Interview.

      « Je veux partager la scène du bal nègre »

      Pourquoi ce concert classique au Bal de la rue Blomet, temple du jazz ?

      J’ai voulu faire ce concert classique au bal nègre, parce que la musique classique et l’opéra étaient la musique du peuple ! Et le bal nègre était en son temps le bal du peuple ! Faire de l’opéra dans un endroit où le peuple a sa place, ça me plaît !

      Vous privilégiez la musique religieuse, pourquoi ?

      Parce que l’opéra est né avec la musique classique religieuse. Vivaldi, le prêtre roux, a écrit le « Stabat mater » pour contre-ténor et ensemble baroque. Pergolese a écrit le « Salve regina » avant de mourir à 26 ans de la tuberculose. C’est un hommage aux castrats à la chapelle Sixtine…

      Avant qu’ils ne viennent à l’opéra ?

      Les castrats ont vu qu’ils ne gagnaient pas d’argent avec l’église, ils sont allés chanter la musique de Haendel, à l’opéra, là où on leur proposait de vrais cachets ! Ils sont d’ailleurs vite devenus les divas. Ma deuxième partie, ce sont les divas de l’opéra baroque au bal nègre ! Je suis accompagné de l’ensemble baroque Sine qua non de Julien Leleu avec lequel je vais réenregistrer l’année prochaine mon album « Les Sauvages », mais cette fois en classique…

      Vous revenez au bal de la rue Blomet le 7 décembre, avec quel répertoire ?

      Je vais reprendre exactement le même programme baroque mais en version jazz avec le Di Falco quartet, celui avec lequel j’ai enregistré pour Sony « Les sauvages » en version jazz.

      Vous partez ensuite en tournée avec le chanteur Raphaël, racontez-nous cette rencontre…

      L’an dernier Raphaël et Gaëtan Roussel m’ont demandé d’enregistrer avec eux un titre, « Quel genre d’ami ferait ça », parce qu’il voulait faire un clin d’oeil à Klaus Nomi un peu comme l’avaient fait Freddy Mercury et Montserrat Caballe. Depuis la sortie de son album, qui s’appelle « Anticyclone », notre titre fait un joli succès, et la production de Raphaël m’a proposé de faire la fin de sa tournée et celle de l’an prochain…

      Et les Antilles, c’est pour bientôt ?

      Je devrai venir en 2018 présenter aussi bien l’ensemble baroque « Les Sauvages » et le « Di Falco quartet » en jazz parce que le public martiniquais m’a créé, m’a carrément conçu ! Ma mère est martiniquaise et j’ai grandi au lycée de Bellevue. Gisèle Aubéry a été mon professeur de musique ! Chaque année, grâce à Gislaine Bellance, je retourne à mon lycée, mais également dans les écoles et collèges de Guadeloupe et Martinique donner des masterclass de chant pour amener l’opéra jusqu’à eux et trouver de nouveaux talents. J’ai envie de susciter des vocations et de ramener en métropole certains contre-ténors ou sopranistes.

      Vous voulez les présenter lors de la résidence que vous ferez au bal de la rue Blomet l’an prochain ?

      Je présenterai des concerts classiques et de jazz, mais je ne serai pas toujours en scène. Je mettrai des musiciens et des chanteurs en valeur, certains de mes élèves mais également pas que les miens. On m’a beaucoup aidé il y a vingt ans, maintenant que j’ai 43 ans, il me revient d’aider la nouvelle génération et je veux lui faire partager la scène du bal nègre !

      Vous n’avez cessé de parler du bal nègre, mais son nom est le bal Blomet…

      Je trouverai extraordinaire que le bal Blomet redevienne le bal nègre car « nègre » n’est pas une insulte, c’est même le grand hommage que l’on doit à la négritude ! Aimé Césaire s’est battu pour la négritude ! Jean Genêt a écrit « Les Nègres », Michaël Levinas a écrit l’opéra « Les nègres » et ça n’a posé aucun problème. On a appelé le Chevalier de Saint-George, le nègre des lumières… Alors moi, quand je joue au bal Blomet, je dis que je joue au bal nègre !

      Propos recueillis par FXG, à Paris

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