RECONNAISSANCE de la FRANCE AUX ANCIENS TIRAILLEURS SENEGALAIS

28 anciens tirailleurs sénégalais ont été «réintégrés»  samedi 15 avril 2017 dans la nationalité française par François Hollande sous les ors de l’Elysée, six décennies après en avoir été privés par l’indépendance des colonies africaines de la France. Le combat d’Aïssata Seck.

Elle entre dans la salle des fêtes de l’Elysée côte à côte avec le président de la République, vêtue d’une jolie robe noire et blanche et de chaussures rouges vives. Si, samedi matin, François Hollande a rendu hommage à 28 tirailleurs sénégalais en les naturalisant Français lors d’une cérémonie inédite, la vraie star du jour, c’était elle : Aïssata Seck, élue socialiste à la mairie de Bondy (Seine-Saint-Denis), sans qui ces anciens soldats, nés entre 1927 et 1939 dans d’anciennes colonies françaises, n’auraient jamais obtenu de carte d’identité tricolore au crépuscule de leur vie.

Cette Franco-Sénégalaise de 37 ans est à l’origine de la pétition, lancée en novembre dernier sur Internet, qui a poussé le chef de l’Etat à faciliter les démarches de naturalisation de ces tirailleurs dits sénégalais, en réalité originaires de toute l’Afrique subsaharienne. Ces centaines de milliers d’hommes ont combattu au sein de l’armée française dans les plus grands conflits du XXème siècle avant que leur pays d’origine n’obtienne leur indépendance. Le manifeste, notamment paraphé par l’acteur Omar Sy et le footballeur Lilian Thuram, avait recueilli plus de 64 000 signatures en quelques semaines.

«Vous êtes l’histoire de France»

LANCER LE DIAPORAMA

 

Des rencontres dans les rues de Bondy

 

Si son grand-père maternel a participé à la guerre d’Indochine (1946-54), c’est en rencontrant d’anciens soldats dans les rues de Bondy qu’Aïssata s’est s’intéressée de plus près à leur histoire. «Mon grand-père, que je n’ai pas connu puisqu’il est décédé en 1978, n’a jamais demandé la nationalité française. Il était resté au Sénégal après la guerre. Par contre, je voyais ces messieurs se promener à Bondy avec leurs médailles sur leurs vestons. J’ai sympathisé avec eux et découvert les obstacles qu’ils rencontraient pour être naturalisés.»

Depuis 2010, cette mère de famille employée dans les médias, soutient ces anciens soldats dans leurs démarches administratives. Des hommes seuls pour la plupart, vivant dans des foyers et souvent arrivés en France à la retraite pour toucher leur pension d’anciens combattants. «Jusqu’ici, la majorité de leurs demandes de naturalisation étaient refusées. Il y avait toujours des papiers qui manquaient, alors je me suis dit que la seule solution était d’alerter l’opinion publique et j’ai lancé cette pétition», explique-t-elle. Grâce à ces naturalisations, ces pères de famille vont notamment enfin pouvoir faire des allers et retours comme ils le souhaitent entre la France et leur pays d’origine.

 

«L’Etat ne possède aucun chiffre sur le sujet»

 

Samedi, l’élue – qui est par ailleurs porte-parole du candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon – ne cachait pas sa fierté. «Quand je les ai vus monter les marches de l’Elysée, je me suis dit : Tout ça c’est grâce à toi quand même ! C’est l’aboutissement d’un long combat, pour eux comme pour moi.» Et son travail n’est pas près de s’arrêter. Aïssata a déjà rassemblé une centaine d’autres demandes de naturalisation. «On ne sait pas combien de tirailleurs vivent ici. L’Etat ne possède aucun chiffre sur le sujet», regrette-t-elle. Lors de la cérémonie, le président de la République a assuré que des réponses favorables seraient accordées à tous les anciens soldats concernés.

 

source leparisien.fr

DE L’HISTOIRE…au THEATRE

img076

source :  La Terrasse (journal d’informations et  d’actualité  culturelle – fév 2017))

La Ville de SARCELLES(95) rend hommage à JP. PASSE-COUTRIN

Galerie

SAINT CERE (Lot) se souvient …

21Oct2016 97land

Le 11 novembre 2016, la ville de Saint Céré dans le Lot inaugure un buste au nom de Gaston Monnerville Président du Sénat de 1947 à 1968, deuxième personnage de l’Etat.

Gaston Monnerville, dont les parents Marc Saint-Yves Monnerville et Marie-Françoise Orville sont tous deux originaires de Case-Pilote en Martinique, est né à Cayenne en 1897. Il quitte la Guyane afin de poursuivre des études de droit et se fait une réputation en faisant acquitter à Nantes des guyanais accusés dans l’affaire Galmot.

gaston-1

Il se lance en politique et devient député de la Guyane en 1932. C’est le début d’une brillante carrière. Il sera successivement  : maire de Cayenne, sous-secrétaire d’État aux Colonies, sénateur de la Guyane puis du Lot, président du Conseil de la République puis du Sénat, président du Conseil Général du Lot.

En 1953, sa couleur l’écarte de la fonction suprême, la Présidence de la République au profit de René Coty. En 1974, sa carrière politique s’achève avec sa nomination au conseil constitutionnel. Gaston Monnerville est mort à Paris en 1991.

Parmi toutes ces responsabilités prestigieuses de ce pur produit de l’école républicaine, une plus modeste mais qui lui tenait particulièrement à cœur, celle de maire de Saint Céré de 1964 à 1971, petite ville de 3 500 habitants située dans le département du Lot à 30 km au nord-ouest de Figeac. Les Saint-Céréens ne l’ont pas oublié : une école et une rue portent son nom.

Gaston Monnerville à Saint Céré en 1965 @Senat

HISTOIRE ET TOURISME

 par Marc Sefil a ajouté 3 photos.

Joséphine, au cœur de l’offre touristique martiniquaise ?

Le musée Napoléonien à La Havane. Il met en valeur, notamment pour les touristes, la formidable collection d’armes, de livres, de souvenirs et d’œuvres d’art évocatrice de Napoléon Bonaparte rassemblée par Julio Lobo Olavarría, un richissime cubain passionné et admirateur de l’empereur. Suite à son exil après la révolution cubaine, sa collection, l’une des plus importantes du monde sur ce personnage, est passée dans… « le patrimoine de la nation cubaine ». Ce musée a aussi accueilli du 7 au 11 juillet 2014 le 12e Congrès Napoléonien. Cherchez l’erreur : le régime castriste intégrant dans le patrimoine de sa nation des objets ayant appartenus à un esclavagiste et co-organisant même un colloque historique sur celui-ci.
Nos idéologues locaux, thuriféraires de ce régime, auraient-ils raté un épisode (ou une leçon ?) lorsqu’il souhaite éradiquer l’image de Joséphine de l’histoire de la Martinique, la rendant responsable du rétablissement de l’esclavage dans les colonies non-occupées par les Anglais en 1802 (la Guadeloupe et Saint-Domingue. Occupée en 1794, la Martinique fut rendue à la France au Traité d’Amiens en 1802 et n’a donc pas connu la première abolition de 1794) ? Ne privent-ils pas la Martinique d’un formidable produit d’appel touristique à cause d’un fait, par ailleurs, jusqu’ici non-prouvé historiquement ? Aucun document n’atteste en effet la responsabilité de Joséphine dans le rétablissement de l‘esclavage (en histoire, il en faut 3 dûment authentifiés et le corroborant pour qu’un fait soit avéré). Les pressions des armateurs de Nantes, La Rochelle ou Bordeaux, principaux bénéficiaires du commerce triangulaire et principaux financiers des guerres napoléoniennes, y ont beaucoup plus contribué que les charmes de Joséphine.
Quant à son lieu de naissance : Martinique ou Sainte-Lucie ? C’est une vieille controverse que le livre attendu de l’historienne Suzanne England-Ancey ne va pas, à mon humble avis, contribuer à apaiser. Les documents sur lesquels elle s’appuie (selon l’article de France-Antilles du 24 mai 2014) ayant été depuis longtemps étudiés et critiqués (au sens de la critique historique) par J. Rennard (Rennard J. Mélanges. In: Revue d’histoire des colonies, tome 36, n°127-128, troisième et quatrième trimestres 1949. pp. 331-347). Quoiqu’il en soit, la ferme volonté de l’île voisine de faire fructifier l’idée de cette naissance sur son sol (dans plusieurs de ces prospectus touristiques le fait est signalé) est le signe évident qu’elle veut avoir sa part de Joséphine pour attirer des touristes. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à vouloir sa part de Joséphine puisque Noisy-le-Grand, ville natale de son premier époux Alexandre de Beauharnais, ne manque pas d’inscrire sur ses plaquettes touristiques les liens qu’elle entretient avec Joséphine (Cf. http://www.noisylegrand-tourisme.fr/…/josephine-de-beauharn…). Enfin, en 2014, à l’occasion du bicentenaire de la mort de Joséphine, le Sénat lui consacra une exposition qui accueillit plus de 200.000 visiteurs au cours des 4 mois que durèrent cette exposition à raison de 20 euros l’entrée. Voilà donc quelques leçons d’exploitation d’une potentialité touristique en direct de la Caraïbe et de l’Hexagone !
Il ne s’agit pas de nier que Joséphine fut esclavagiste. Personne n’est assez bête pour croire ou attester qu’elle n’ait pas été porteuse des représentations, des normes, des valeurs, des idées, des stéréotypes, des préjugés, en un mot des mœurs de la socio-classe au sein de laquelle elle évoluait. Il ne s’agit pas non plus d’en faire l’apologie. Il s’agit en toute liberté, en toute conscience de ce que nous sommes et surtout libérés de tout esclavage (mais mental celui-là) d’utiliser la renommée internationale (voire même mondiale) d’un personnage de l’histoire martiniquaise pour en faire un produit touristique porteur et par là même en profiter pour faire connaître au monde entier d’autres pans de notre histoire, notamment… la période esclavagiste… il y a là une dialectique fructueuse à défricher. En un mot d’exploiter TOUTES nos potentialités et atouts pour redorer l’éclat de notre tourisme pour en faire un secteur créateur d’emplois.

Sé pa nou ki pli kouyon ! Dot ka eksplwaté’y.. épi nou ! Nou la ka lésé an bagay pouri an lè koy, san fè ayen !

(nous  ne  sommes  pas  plus   bêtes  de   les  autres  qui  exploitent  la  situation autant  que  nous ! nous laissons  un  patrimoine  en  friche  sans  ne   rien  faire !)

 

DUMAS, tel que vous ne le connaissiez pas ..!

Adorable portrait, entre autres, de Dumas… par Suzanne DRACIUS

LES TROIS MOUSQUETAIRES ÉTAIENT QUATRE, ET LES TROIS DUMAS MULÂTRES
« Pour l’adresse, chaque fois que tu scandes : « 60, avenue Alexandre Dumas, 97200 Fort-de-France », ils te répondent qu’elle n’existe pas, l’avenue Alexandre Dumas, on n’a pas ça à Fort-de-France. (Tu ne le sais que trop !) Quand est-ce que tu auras fini de te foutre de leur gueule ?… Le policier tripote l’annuaire de Martinique, un peu trop nerveusement à ton goût. Est-ce pour y chercher encore l’avenue Alexandre Dumas, introuvable, inouïe, improbable, aux dires de tous ses collègues, ou pour te tabasser avec ? Tu as vu ça dans des films : les coups d’annuaire, ça fait mal, sans laisser de traces : l’idéal. Certes, le bottin rien moins que mondain de la minuscule Martinique, ce n’est pas le bout du monde, mais quand même…
Mais là où c’est le bouquet, c’est quand ils demandent ta profession. Alors là, ils tombent cul par terre et puis te disent d’arrêter de mentir. Ils croient que tu affabules, que tu es en pleine mythomanie aggravée de schizophrénie. Un des babylones, inspiré, avance même « kleptomanie » ; il a vu cela à la télé. Ils se demandent s’ils ne devraient pas t’envoyer directissimo à Colson, chez les tocs tocs. Y en a marre, de tes délires et de tes élucubrations !
Faut voir ce que tu as dans la tête !
« Ce siècle avait deux ans » écrivait Victor Hugo, plus doué, au demeurant, pour jongler avec la métrique qu’en calcul arithmétique, en évoquant le moment de sa naissance. (En esprit plus rigoureux, tu observes que ce siècle — le XIXème —, n’avait qu’un an, si l’on compte juste, mais au diable l’avarice ! Quand on aime, on ne compte pas.) Trêve de ces impertinences, aussi pertinentes soient-elles ! De quel droit as-tu l’impudence — peut-être doublée d’imprudence — d’oser toucher au patriarche qui eut « l’art d’être grand-père » et Pair de France et des funérailles nationales ? Un peu de respect, quoi, merdre ! C’est ubuesque !
En cet an de grâce 2002, on célèbre donc partout en France, et jusqu’au fin fond de Martinique, « l’Année Hugo ». Grand bien nous fasse.
Mais Alexandre Dumas AUSSI est né en 1802 !
À l’heure où l’on s’avise enfin de le transférer au Panthéon — au grand homme la patrie reconnaissante, sur le tard ! — que l’hexagonale Villers-Cotterêts, bourgade de l’Aisne où il naquit, mais ne vécut que quelques semaines, se désole, dix fois vingt ans après, d’être dépouillée de la dépouille de l’auteur de Vingt Ans après, voilà qui est tout à son honneur ! Que cette bonne ville très françoise — où fut édictée, par François Ier, la fameuse ordonnance de 1539 prescrivant l’emploi du français alors appelé « le françois » au lieu du latin pour les textes officiels, lois et jugements — soit la ville natale de Dumas, ô coïncidence ! Ô symbole ! Ô baudelairienne correspondance qui avait tout pour te réjouir l’âme et le cœur, tous les sens et inversement, dixit l’ami Rimbaud, toi qui affectionnes la langue française en mêlant l’amour du latin à la passion du créole…
Mais te souvenant que l’écrivain français le plus mondialement réputé, celui dont Les Trois Mousquetaires sont célèbres sur la terre entière (les personnages de fiction les plus représentés, filmés et même en dessins animés), était né exactement la même année que le papa des Misérables, tu te demandas pourquoi cet an de grâce 2002 ne serait pas également sacré « Année Dumas ». Pourquoi Hugo plus que Dumas ? L’injustice te mit hors de toi. Tu n’en dormis pas de la nuit.
Tu te plongeas dans le dictionnaire, histoire d’y trouver la réponse à ta question et d’en savoir plus sur lui. Tu y eus seulement la confirmation que ledit « écrivain français » était fils du général Alexandre Davy Dumas. Consternation !
Mes respects, mon général ! Merci pour le grade militaire, mais, pour votre négresse de mère, pas de merci ! Black out total sur la noire de Saint-Domingue, l’Africaine qui vous donna le jour, sous le soleil des Grandes Antilles, faisant de vous, Général, un demi nègre, et de son petit-fils un quarteron, — selon les distinctions délirantes à la Moreau de Saint-Méry ou autres eugénistes nazillards, capables de couacs aussi cruellement crétins que les catégorisations cacophoniques par lesquelles ils étiquetèrent les divers degrés de métissage, calculant la proportion de sang « blanc » et de sang « noir », en baptisant les différents sangs-mêlés des harmonieux noms de « mamelouk », « sacatra », « octavon » ou « griffe », et tu en passes et des meilleures…
Tu te bouchas les oreilles, afin de ne plus jamais entendre le concert de détracteurs s’amusant à colporter que ce mulâtre prenait des nègres pour l’aider à composer son œuvre monumentale.
Fallait-il voir là la raison de ce monumental oubli ? Un métis d’ascendance servile, de « sang impur », l’illustre écrivain français, le plus universellement connu de par le monde ? Cela ne s’exporte pas ! Ce n’est pas vendeur. Ça ferait désordre… Entre Désordre et Génie, le motif de ce choix inique ? ! Est-ce que ce sang noir ferait tache, obscurcissant son œuvre immense ?
Les trois mousquetaires étaient quatre, a-t-on coutume de préciser, avec un pseudo sourire érudit : à Athos, Porthos, Aramis, il faut adjoindre d’Artagnan, évidemment ! On se complaît à un lapsus tentant, pour désigner « les trois Dumas », jeu de mots d’autant plus séduisant que les trois se prénomment Alexandre : le grand-père, le père et le fils.
Mais ce que jamais nul n’exalte, c’est l’existence de Cessette. Ce que l’on proclame moins volontiers, ce qui écorche la bouche, c’est cette Cessette, ce ventre de négresse esclave qui donna naissance au premier des trois Dumas, futur général de la République française dans toute sa splendeur, grandeur et décadence.
Cessette était son prénom, et Dumas était son nom. Son prénom est resté obscur, son nom est devenu immortel. Oui, le patronyme sonore, désormais immortalisé, magnifié pour les siècles des siècles par le père des Trois Mousquetaires, est en fait un matronyme, celui de la femme noire esclave de l’actuelle Haïti, et non le nom à rallonge du marquis normand Davy de la Pailleterie, noble aïeul trop peu généreux pour lui transmettre son titre…
Cependant, quoi qu’il en soit, on veut bien vanter les charmes de « nos » Antilles pour les vacances, le tourisme, les belles plages ensoleillées toute l’année, mais il ne faudrait pas exagérer… Après tout, ces Haïtiens ont pris leur indépendance, il ne faudrait pas confondre avec « nos » Antillo-Guyanais : ils ne sont pas français, eux ! Ils ont choisi de ne plus l’être, alors, maintenant, qu’ils se démerdent ! S’ils veulent exister, être reconnus, revendiquer Alexandre Dumas etcetera, c’est leur problème, pas le nôtre !
Non, ce n’était pas possible ! Pas dans la France des Droits de l’Homme et des élans démocratiques contre la xénophobie et le racisme ! Impossible d’imaginer que l’on déroberait le souvenir du prolifique romancier à la mémoire de tout un peuple, — vol bien plus grave, à tout prendre, que celui du Collier de la Reine !
Qui aurait eu le front de penser que, tel son héros le Comte de Monte-Cristo, Dumas serait un jour contraint de réapparaître masqué, clandestinement, affublé d’un masque de fer blanc pour dissimuler l’infamie de son teint bistre ?
Mais pour consommer quelle vengeance ? Pas une à la Edmond Dantès ? »

Pour les ami(e)s qui ne sont pas encore montés au 7è ciel littéraire :
Suzanne Dracius, RUE MONTE AU CIEL (« Coup de coeur Fnac » à sa sortie), en librairie ou en ligne ; pour commander à l’éditeur (vendeur indépendant, pas « esclave » du géant, « politiquement correct »), cliquer ici :
http://www.amazon.fr/gp/product/B00JFZWECI
Envois en France, Outre-mer, Europe, Amérique du Nord (Québec, Canada – USA)

11,80 €

VICTOR SCHOELCHER , l’ ABOLITIONNISTE

Knowledge / Portraits
| Guadeloupe, Guyane, Haiti, Martinique

Victor Schoelcher, l’abolitionniste -Partie 1
by Lamiche on 29 mars 2016
58 Views | Like

Que ce soit en Martinique, Guadeloupe, Guyane ou en France hexagonale, de nombreux lieux, établissements scolaires, rues, avenues ou places portent le nom de Victor Schoelcher, politicien français reconnu pour avoir agi en faveur de l’abolition définitive de l’esclavage en France. En effet cet humaniste s’est battu pour de grandes transformations sociales et politiques, et a consacré l’essentiel de sa vie à la lutter contre l’esclavage et à réformer le régime colonial.
Partagez l’article

Victor Schœlcher : Une implication immédiate

Victor Schœlcher est né à Paris le 22 juillet 1804 dans une famille catholique bourgeoise. Son père, originaire de Fessenheim en Alsace, était propriétaire d’une usine de fabrication de porcelaine et sa mère, marchande lingerie.

En 1828-1830 son père l’envoie en tant que représentant commercial de l’entreprise familiale au Mexique, aux États-Unis et à Cuba où il est révolté par l’esclavage. De retour en France, Victor Schœlcher devient journaliste, s’engage dans le mouvement républicain, participe à la création de La Réforme puis adhère à la franc-maçonnerie.
Un militant de la première heure

Il écrit un article dans la Revue de Paris, « Des Noirs », décrivant la situation terrible des esclaves. En 1832 il revend l’usine dont il hérite de son père, pour se consacrer à son au métier et à ses activités philanthropiques. Il milite pour l’abolition mais défend une progressive, passant par l’éducation et l’alphabétisation. L’esclavage avait déjà été aboli en France, pendant la Révolution française puis rétabli par Napoléon Ier par la loi du 20 mai 1802.

En 1833, Victor Schœlcher publie De l’esclavage des Noirs et de la législation coloniale, livre très critique contre l’esclavage dans lequel il écrit que « l’homme noir n’est pas moins digne de la liberté que l’homme blanc » ; « l’esclavage des nègres est une injure à la dignité humaine, parce que l’intelligence de l’homme noir est parfaitement égale à celle de l’homme blanc ». Il conclut en proposant un texte de loi visant à humaniser l’esclavage, à l’encadrer, à donner des droits aux esclaves et à donc limiter les droits des maîtres. Beaucoup de planteurs y sont violemment opposés.
Un changement de point de vue radical

En 1838, Victor Schœlcher repart aux Caraïbes pour une mission d’étude de l’esclavage et pour voir les résultats de l’émancipation des esclaves dans les colonies anglaises qui vient d’avoir lieu, ainsi qu’en Haïti, seule ancienne colonie indépendante. A son retour en 1840 il se prononce pour une abolition immédiate et complète, et se consacre entièrement à cette cause.

Victor Schœlcher part en Egypte, Turquie et en Grèce pour étudier l’esclavage musulman. En 1845, lors du débat parlementaire sur des lois d’humanisation de l’esclavage, il publie de nombreux articles dans des journaux et revues comme, L’Abolitionniste français, La Revue Indépendante et surtout la Réforme.
La Société pour l’abolition de l’esclavage

En 1847, Victor Schœlcher créé la « Société pour l’abolition de l’esclavage » dans laquelle il mobilise des célébrités politiques et intellectuelles et regroupe ses articles dans l’ouvrage « Histoire de l’esclavage pendant ces deux dernières années ».

Il y écrit que « que le sort des esclaves n’a pas cessé d’être horrible, atroce, dégradant, infâme, malgré les lois, les ordonnances, les règlements faits pour l’alléger », et conclut que « Le seul, l’unique remède aux maux incalculables de la servitude c’est la liberté. Il est impossible d’introduire l’humanité dans l’esclavage. Il n’existe qu’un moyen d’améliorer réellement le sort des nègres, c’est de prononcer l’émancipation complète et immédiate ».

La même année, et début 1848, il parcourt le Sénégal et la Gambie pour étudier l’esclavage et de la condition des captifs en Afrique subsaharienne.

Cayenne_Victor_Schoelcher_statue_by_Louis-Ernest_Barrias

Découvrez la suite du portrait de Victor Schœlcher dans un prochain article.

©2015 BLAKE’S. Tous droits réservés.
Scroll to top

HOMMAGE à Anne-Marie JAVOUHEY

Anne-Marie Javouhey naît au sein d’une famille de Chamblanc (27-côte d’or)en 1779. En 1809, elle s’installe au grand séminaire d’Autun puis en 1812, la congrégation s’installe à Cluny sous le nom de Saint-Joseph de Cluny. Elle arrive en Guyane en août 1828 et y fonde une colonie correspondant à l’actuelle commune de Mana et le village de Javouhey habité aujourd’hui par des réfugiés Hmongs en provenance du Laos.

Sur place, Anne-Marie Javouhey achète des esclaves noirs et leur apprend un métier. En 1838 elle fait libérer 185 esclaves noirs.

150 arbres ont été plantés à Chamblanc en 2011 en mémoire de l’affranchissement de ces esclaves. 150 et non 185 car certains noms d’affranchis ont été perdus. Voici leur liste :

Abderas Jacques, Cesar 1er Hippolyte, Acamas Jeanne, Chantal Célestine, Agenor Joseph, Chouchou Jean, Aglanre Marie P., Ciree Anne-Rose, Agouti Théodore, Clodion Bernard, Agricola Louis, Clorinde Joséphine, Alais Anne, Clotaire Jean-Baptiste, Alcinoe Anne, Cloud Louis, Alcioppe Monique, Clytie Marie-Victoire, Alea Marie-Rose, Coim Joseph, Ali Hippolyte, Colombe 1re Marie-Rose, Aliée, Cornélie Marie-Victoire, Alimagro Alphée, Cyprien César, Aman Abraham, Danae Marie, Anatole Noël, Dardanne Philippe, Andoche Jean-Baptiste, Diu Toussaint, Anthir, Doudou ToussaintArtaban David, Dumeau Jacques, Asopis, Dumois Jean-Baptiste, Asporino Marie-Victoire, Emilie 1re Anne-Marie, Atilius Antoine, Euphemie Marie-Victoire, Atrée Jean, Fanto Alexandre, Augias Toussaint, Farina Jean-Baptiste, Aurore Marie-Françoise, Faublas Jean-Baptiste, Azor 1er Mathieu, Faustine Zabette, Barnabe Toussaint, Félicie Rose, Bernard Joseph, Feraguel Faustin, Bertrand Joseph, Flore Suzanne, Blandine 3e Marianne, Gabaret Jean-Marie, Boniface Louis, Grignon Mathieu, Bourguignon Jean-Baptiste, Haimon Pierre, Brunot 1er Paul, Iache 1er Pierre, Cadmus Abraham, Indre Cécile, Caristo Pauline, Innou Claudine, Car…. Gabriel, Ino Marie-Charlotte, Catou Jean-François, Ismerie Julienne, Céline Marie-V ictoire, Jasmin 2e Charles, Cépérou Eucha, Jeanne Claire, Cerau J.-Jacques, Labas N oël, P… rogue Marie Françoise, Lafleur Félix, Quantin Philippe, Lamantin Félix, Rémy Jean dit Manuel, Lamarque Stanislas, Renos Marie-Jeanne, Landau Louis, Robin Joseph, Landry Toussaint, Rocamon Joseph, Lanfranc Justin, Roubeau, Latone Marie-Charlotte, Saladin Pierre, Latulipe Jean-Baptiste, Semeli Elisabeth, Lazarico Louis, Simeon François, Leonard Maxime, Simonne Julienne, Lolo 1er Gabriel, Suzette Marie-Rose, Lucain 1er Joseph, Syrim Marie-Victoire, Tallou Pierre, Mana Joseph ou Eugène, Tama Louis, Mardi Louis, Thècle Anastasie, Marie-Sainte, Thelesnide Victoire, Mathurin 1er, Thomasine Léon, Maximin Jean-Baptiste, Thysbe Pétronille, Médée Marie-Charlotte, Trocadero Joseph, Méduse, Venerande, Minos Jean-Baptiste, Volzer Pierre, Mirabelle Elisabeth, Vulcain Jean-Baptiste, Miraca Augustin, Yaya Jean-Baptiste, Moubin, Zaza Antoinette, Namibo Pierre, Nicaise Pierre, Noé Louis, Omphale Joséphine, Ovide Etienne, Ovide 1er Théodore, Pasiphae Marie-Rose, Patient Jean-Baptiste, Pekin Jean-Baptiste, Philemon Jacques, Phoebe Marie-Victoire, Piga Antonin, Pistache Joseph, Polycarpe Jean, Procris, Pyrrha Mar.-Sophie, Henriette, Margueritte, Marie Elisabeth, Pauline, Ariane

NB Le 3 mars, les maires de Chamblanc (Côte d’Or) et Mana faisaient une demande commune pour que la prochaine cérémonie du 10 mai de commémoration des mémoires de l’esclavage et de ses abolitions soit organisée sur le site de la forêt Mémoire de Chamblanc en présence de François Hollande.
Il est vraisemblable que cette cérémonie n’aura pas lieu ou sera remise à une date ultérieure .

visitez aussi …

les album photos !!!!!! vous en serez ravi !!!!;-)

http://www.luckbrownalbumsphotos.wordpress.com

 

 

 

ESCLAVAGE-REPARATIONS: LE POINT DE VUE d E. GLISSANT

18 avril 2015 par Rédac Creoleways

Le poète-philosophe Edouard Glissant était de ces intellectuels courageux qui ont tout donné à la Martinique, et au-delà. Ainsi a-t-il investi les gains de son prix Renaudot, et jusqu’à sa santé, pour contribuer à faire avancer son île. Anticolonialiste assumant toute son histoire, ce théoricien de la relation a soupesé et muri ces mots, échos singuliers à ceux d’Aimé Césaire ou de Frantz Fanon.

Comme la majorité des Caribéens, Edouard Glissant était de grande dignité. Il avait choisi, quelles qu’en soient les douleurs, d’explorer inlassablement notre histoire, source inépuisable de fierté, d’énergie et de créativité, plutôt que de n’en espérer que de quoi nourrir la honte, ou la haine de tout ou partie de soi.

Voici ce qu’Edouard Glissant, homme de combats s’il en fut, pensait de l’idéologie des réparations pour l’esclavage et la traite des Noirs. Propos tirés du livre Mémoires des esclavages, paru aux éditions Gallimard, en 2007.

« Nous, descendants de ceux qui ont souffert l’esclavage, nous héritons de ce qu’ils ont accompli, leurs patiences et leur ténacités, l’humilité avec laquelle ils ont maintenu la mémoire du Pays d’Avant, et quand ils l’eurent égarée, la ténacité avec laquelle ils ont soutenu leur rapport nouveau avec la terre nouvelle, soit dans les îles, soit sur les continents, dans la plantation ou le bourg ou la ville, et nous avons hérités leurs œuvres. Mais nous n’avons pas hérité leurs souffrances, voyez-vous, quelque effort que nous fassions, nous ne nous retrouverons jamais à leur place dans la géhenne et l’intolérable, il y a cette distance à jamais entre eux et nous, de l’accomplissement d’un irrémédiable, et quoi que nous puissions crier, nous ne comblerons pas cette distance.

C’est pourquoi il semblerait dérisoire et même inconvenant de réclamer des redevances, des arriérés, ou des témoignages de repentance, comme si nous allions monnayer toutes ces échéances, et comment et pour quoi faire de tels deniers?

Oui, cet esclavage monstrueux et insaisissable a été plus que positif, mais du fait exclusif de ceux qui l’ont enduré, et contre l’opposition obstinée de ceux qui en ont bénéficié.

La seule réparation qui doive être faite est aux nations de l’Afrique noire, pour ce sous-développement total dans lequel la traite les a d’abord précipitées : les nations du monde occidental n’ont pas là une dette à rembourser mais un crime immense dont les conséquences doivent être réduites, non pas sous la forme d’aumônes et de dons, mais dans la perspective de ces solidarités d’un nouveau style qu’il faut ménager entre les archipels et les continents du monde. »

Edouard Glissant, Mémoires des esclavages, Gallimard, Paris, 2007, p.138-139.

Previous Older Entries

Je débute. Laissez-moi un commentaire ou un Like :)

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives