Stop à l’empoisonnement des habitants de Martinique et de Guadeloupe

Stop à l’empoisonnement des habitants de Martinique et de Guadeloupe

La Martinique, tout comme la Guadeloupe, connaît une pollution unique au monde de ses terres agricoles, de ses eaux de rivières et de son littoral. La responsable: la molécule de chlordécone utilisée comme insecticide dans les bananeraies, maintenant interdite.

Les conséquences sanitaires sont alarmantes. Contamination de la viande, des poissons et de nombreux légumes par cette molécule. Ces aliments contaminés sont pourtant ensuite autorisés à la vente.

Les impacts sur la santé des habitants sont sans appel:

  • Cancers
  • Retards cognitifs
  • Accouchements précoces
  • Maladie de Parkinson

Les pouvoirs publics nous protègent? Pas du tout. Pire encore, depuis Octobre 2017, la réglementation européenne autorise de vendre de la viande de boeuf, de porc, d’ovins et de caprins avec 5 fois plus de chlordécone que la limite précédente. La viande de volaille et de canard est maintenant autorisée à la consommation avec 10 fois plus de chlordécone qu’avant Octobre 2017.

Quel est l’objectif? L’empoisonnement de toute une population?

Nous, résidents de Martinique et de Guadeloupe, demandons:

  • Le droit fondamental d’un accès à une nourriture produite localement et exempte de poison
  • Un étiquetage des produits indiquant la présence ou non de chlordécone et sa quantité
  • Une politique publique permettant la production agricole locale d’une nourriture non contaminée

Maintenant nous agissons, maintenant nous signons pour faire entendre nos voix!

 

Cette pétition sera remise à:


Lire la lettre de pétition

Résidents de Martinique et de Guadeloupe a lancé cette pétition avec seulement une signature au départ et il y a maintenant 5 357 signataires. Lancez votre pétition pour créer le changement que vous souhaitez voir.

 

Je viens de signer la pétition « Emmanuel Macron: Stop à l’empoisonnement des habitants de Martinique et de Guadeloupe ». C’est une cause importante. Voudriez-vous la signer à votre tour ?

Voici le lien:

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-stop-à-l-empoisonnement-des-habitants-de-martinique-et-de-guadeloupe?utm_medium=email&utm_source=petition_signer_receipt&utm_campaign=triggered&share_context=signature_receipt&recruiter=86696404Merci,

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La philosophie est un sport de combat

Pour la reprise de l’émission-débat « Face à la 1ère » l’invitée du dimanche 6 janvier 2018 était Marlène Parize-Valdor. Professeure de philosophie, elle est venue expliquer sa démarche consistant à proposer des leçons publiques de cette discipline.

© Jean-Marc Party
© JEAN-MARC PARTY
  • Jean-Marc Party
  • Publié le 

Enseignant la philosophie au lycée Joseph Zobel de Rivière-Salée, Marlène Parize-Valdor est coutumière de l’engagement citoyen. Diplômée de l’Université de Grenoble-II, elle est référente académique du programme « Valeurs de la République ». Elle a eu l’occasion d’accorder plusieurs entretiens et de réaliser diverses émissions en radio et en télévision. Elle a également publié un essai,  » La part de l’Autre. De la maïeutique créole » aux Editions L’Harmattan en 2009.

A partir de mardi 9 janvier 2018, des leçons bimensuelles de philosophie d’une durée de deux heures seront dispensées au public au sein du collège Edouard Glissant, quartier Place d’Armes, au Lamentin. Objectif : donner à chacun l’occasion de penser, de réfléchir, en se dotant des outils appropriés. Cet enseignement se veut vivant et ouvert à tous, adultes ou jeunes.

Pour persuader chacun de s’adonner à cette activité intellectuelle, Marlène Parize-Valdor convoque l’un de ses nombreux  référents, le philosophe Epicure, contemporain de Démocrite, qui a vécu dans la Grèce antique au 4ème siècle avant notre ère. Pour lui, « celui qui dit que le temps de philosopher n’est pas encore venu ou qu’il est passé est semblable à celui qui dit que le temps du bonheur n’est pas encore venu ou qu’il n’est plus ».

Mais à quoi sert-il de philosopher de nos jours ? La réponse de Marlène Parize-Valdor.

Marlène Parize-Valdor -Philosopher

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Soucieuse de « parler de là où l’on est debout », Marlène Parize-Valdor inscrit dans sa démarche dans notre Caraïbe, riche d’une histoire complexe. Il lui semble évident de s’inspirer, afin de décrypter notre monde, des grands penseurs martiniquais que sont Frantz Fanon, Edouard Glissant et Aimé Césaire. Des références indispensables.

Marlène Parize-Valdor – Penseurs

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Les leçons proposées par Marlène Parize-Valdor sont ouverts à toutes et à tous. Elles sont destinées aux adultes, sans conditions d’âge, de diplôme, de situation, de ressources ou d’opinion. Ce qui n’empêche pas aux jeunes de s’y inscrire.

Des jeunes souvent décriés pour leur supposée apathie ou leur soi-disant indifférence à ce qui passe autour d’eux. Des préjugés, selon avis Marlène Parize-Valdor. Enseignante aux prises avec des adolescents depuis un quart de siècle, elle en mesure de constater que nos jeunes, comme leurs parents avant eux, s’élèvent volontiers contre l’injustice.

Marlène Parize-Valdor – Jeunes

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Les cours de philosophie de Marlène Parize-Valdor ont lieu de 18 heures à 20 heures un mardi sur deux, dès ce mardi 9 janvier. Il convient de s’inscrire au préalable en appelant le 06 96 50 31 01.

Face à la 1ère est diffusée sur notre site internet le vendredi à 14 heures et sur notre radio le dimanche à 12 heures.

 

la mort de Henry Jean-Baptiste

Henry Jean-Baptiste est décédé
Vendredi 5 Janvier 2018 – 17h15
Henry Jean-Baptiste est décédé

Le Martiniquais Henry Jean-Baptiste, ancien député de Mayotte, est décédé ce vendredi à Paris à l’âge de 85 ans.
Né le 3 janvier 1933 à Fort-de-France, il fut élève du lycée Schœlcher de Fort-de-France puis étudiant en droit et en philosophie à Paris. Il était également diplômé de sciences-po et major de promotion de l’ENA (Ecole normale d’administration).
D’abord conseiller à la Cour des comptes, puis conseiller politique de Léopold Sedar Senghor et de Valéry Giscard d’Estaing, Henry Jean-Baptiste avait crée l’association France Outre-mer en 1985, puis avait été député de Mayotte de 1986 à 2002.
En 2011, il avait publié « D’une île à l’autre : une traversée au service de la République », aux éditions L’Harmattan.

UN BUS FANTÔME nommé : T.C.S.P

Le Canard enchaîné épingle « les bus fantômes de la Martinique »

« Quatorze bus à 1 million d’euros pièce tournant à vide dans leur centre de maintenance… » Cette « situation ubuesque », souligne le Canard enchainé, commence à sérieusement agacer la Commission européenne qui a signé un chèque de 61 millions d’euros pour ce projet.

BHNS en période de test pour le TCSP (Transport Collectif en Site Propre) le 23 mars 2017 © MARTINIQUE 1ère
© MARTINIQUE 1ÈRE BHNS en période de test pour le TCSP (Transport Collectif en Site Propre) le 23 mars 2017
  • La1ère
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Depuis deux ans tout est prêt. La voie réservée avec ses 18 stations et les BHNS, « bus à haut niveau de service« , reliant l’aéroport de la Martinique à Fort-de-France n’attendent plus que les voyageurs. L’inauguration, prévue en décembre 2015, a été différée au mois de mars puis au mois de septembre 2016.

Un partenariat public-privé à 380 millions d’euros

Pour le Canard enchaîné, le responsable de cette « histoire à la clochemerle » n’est autre que le président du conseil exécutif de Martinique, Alfred Marie-Jeanne. Ce dernier dénonce en effet une « facture trop salée » pour ce chantier lancé par son prédécesseur. Le partenariat public-privé signé avec Vinci va coûter 380 millions d’euros.

Devant l’agacement de la Commission européenne à Bruxelles, Alfred Marie-Jeanne a accepté fin mars 2017, de « faire fonctionner les véhicules… à vide, histoire de de tester la ligne », indique le Canard enchaîné qui ajoute, « les bus ont roulé sans passager jusqu’au 31 août et depuis, ils tournent en rond dans leur centre de maintenance tout neuf. »

Selon l’hebdomadaire satirique, devant la pression de Bruxelles, le préfet aurait décroché « un délai de grâce jusqu’à fin janvier. Passé celui-ci, « l’Europe menace de reprendre l’argent qu’elle a versé.

Guéguerre du TCSP : Yann Monplaisir monte dans le bus de la polémique politique

Le vice-président de l’Assemblée de Martinique, Yann Monplaisir s’exprime à son tour sur l’impossible mise en route du TCSP. Il accuse l’opposition d’avoir gonfler le coût d’exploitation de ce nouveau moyen de transport.
Par Karl Lorand, Pascale Lavenaire et Aude Sioul-Tidas
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TCSP BHNS marche à blanc
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©Archives RCI Martinique

Alors que le Canard Enchaîné se déchaîne sur les bus fantômes du TCSP, Yann Monplaisir, membre de la majorité territoriale, ajoute sa pierre à la polémique sans fin qui entoure ce nouveau mode de transport depuis deux ans.

Le vice-président de l’Assemblée de Martinique dénonce l’attitude politicienne de ceux qui « bloqueraient volontairement le démarrage de l’exploitation du TCSP, de façon à faire porter le chapeau à la gouvernance actuelle ». En d’autres termes, Yann Monplaisir vise l’ancienne gouvernance de la Région Martinique désormais dans l’opposition.

« Il y a une augmentation anormale entre la proposition signée avec la Région à l’époque et la facture présentée à la CTM. La CTM demande des explications et ne les reçoit pas. C’est ainsi que ça traîne. Il y en a qui ont compris que plus le TCSP démarrerait tard et plus ça nuirait à la majorité actuelle. La population est majoritairement convaincu que c’est à cause d’Alfred Marie-Jeanne. Certes il y a une part de responsabilité mais le contexte politique a pesé beaucoup. On fait de la petite politique avec de grands enjeux. La collectivité doit démarrer ce TCSP très rapidement », affirme Yann Monplaisir.

Sur le volet financier, Yann Monplaisir accuse l’opposition via la CFTU de vouloir éponger le déficit du réseau Mozaïk à travers le financement du TCSP. Une accusation réfutée par la direction de la CFTU même si elle reconnaît les difficultés financières du réseau de transport urbain. « Il y a plusieurs niveaux de contrôle, il y a d’abord la vigilance de l’autorité délégante (Cacem), ensuite la vigilance du Trésor Public et celle de la Chambre Régionale des Comptes. Cela relèverait de la malversation de transférer le financement d’un réseau sur une autre ligne budgétaire », répond Alain Alfred, le président de la CFTU.

Le marasme politique autour du TCSP se poursuit donc. Seule éclaircie dans cet avenir très flou, deux réunions entre la CFTU et Martinique Transport sont prévues la semaine prochaine. Selon des sources proches du dossier, des décisions techniques très précises pourraient y être prise et permettre de sortir de l’impasse dans laquelle se trouvent les BHNS.

La population martiniquaise quant à elle semble être lassée de cet interminable imbroglio …

 

MARTINIQUE TRANSPORT  EST  NE  !!!!

 

Martinique Transport, qui devient l’unique organisme pour la gestion du transport maritime et terrestre en Martinique, devait être en fonction dès hier, 2 janvier 2018, mais la structure n’a pour l’instant ni personnel ni bureaux…

© Martinique 1ère
© MARTINIQUE 1ÈRE
  • Martinique 1ère
  • Publié le 
Depuis le 1er janvier Martinique Transport est devenu l’autorité unique de transport de la Martinique avec un conseil d’administration de 15 membres. 9 élus de la Collectivité Territoriale et 2 élus de chaque communauté d’agglomération (Cap nord, Cacem et Espace sud). Le président est Alfred Marie-Jeanne, déjà président du conseil exécutif de la CTM.

Le rôle de Martinique Transport est de reprendre toutes les compétences transport de toutes les structures qui avaient cette charge, à l’exception bien sûr du transport aérien.

Ce nouvel établissement public doit désormais gérer le déplacement de passagers et de marchandises par la mer et sur les routes. Mais pour l’instant Martinique Transport n’a ni organigramme ni même de locaux.

Commentaire Franck Zozor

Martinique Transport
NB Attention ..cumul  de mandats !!!

UNE NOUVELLE ETAPE VERS LES REPARATIONS…

L’abolition de l’esclavage à 169 ans et la question de la réparation se pose

« Le 22 mai 1848, les esclaves de Martinique se sont défaits de leurs chaînes ». Le 22 mai est devenu à la Martinique le jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Maintenant, la question des réparations commence à faire son chemin dans les esprits.

Image d'archive du pont d'un bateau négrier. © DR
© DR Image d’archive du pont d’un bateau négrier.
  • Par Jean-Claude SAMYDE
  • Publié le , mis à jour le 
Ce lundi 22 mai est le 169e anniversaire de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique. Que ce soit en Amérique du Nord et du Sud, aux Antilles, en Afrique ou dans l’océan Indien, la question des réparations est aujourd’hui au cœur des revendications des descendants des esclaves déportés depuis l’Afrique.
Plusieurs pays de la caraïbe ont officiellement pris position pour que justice soit rendue aux descendants de ceux qui ont été réduits en esclavage.
En France, il y a deux semaines, la députée Cécile Duflot a déposé une proposition de loi en ce sens. Ce texte a-t-il une chance d’aboutir avec le nouveau gouvernement ?.
Commentaire  Cecile Marre 

L’appel de Dominique de Villepin ancien premier Ministre, ancien Ministre des Affaires Etrangères.

Interrogé sur BFMTV-RMC, M. de Villepin a souligné « la grande difficulté » pour la communauté internationale de trouver « la bonne réponse » face à Donald Trump: « peut-on se contenter de simples déclarations ? (…) Face à la menace d’instabilité que représente l’administration Trump pour le monde -on le voit en Corée du nord, on le voit au Moyen Orient, on le voit en matière de libre-échange, on le voit pour le climat-, est-ce qu’il ne faut pas marquer plus collectivement et plus fortement un coup d’arrêt ? Ca suffit ! », a-t-il dit.

« Est-ce qu’il faut se contenter de dire aux Américains comme certains le préconisaient en 2003 +ce n’est pas bien ce que vous faites+ ou est-ce qu’il faut se mobiliser diplomatiquement pour lui faire comprendre qu’il y aura un coût à tout ça et qu’il se retrouvera isolé sur la scène internationale ? », s’est-il demandé en référence à l’invasion américaine en Irak qu’il avait dénoncée à la tribune des Nations unies en février 2003.

« Ce que je crains pour être tout à fait franc (…) c’est la contagion de l’instabilité. La contagion de décisions qui, de fil en aiguille, peuvent conduire à un engrenage guerrier », a-t-il poursuivi.

Dominique de Villepin a exposé sa vision de la politique étrangère dans « Mémoire de paix pour temps de guerre », publié en 2016, ouvrage dans lequel il plaidait pour un multilatéralisme. Il estime qu’il faut aujourd’hui que « les dirigeants européens, avec toutes les bonnes volontés (…) marquent peut être plus fortement le risque que fait courir à la société internationale la décision américaine ».

L’ex-ministre des Affaires étrangères s’en prend également au royaume wahhabite « qui multiplie les fronts ». « Est-ce que cette attitude qui encourage l’instabilité n’est pas contagieuse, y compris pour l’Arabie saoudite qui, sur le Liban, sur le Yémen, multiplie les initiatives qui, le moins qu’on puisse dire, ne contribuent pas à faciliter les choses ? », demande-t-il.

Source : http://portail.free.fr/actualites/france/7355899_20171215_quotca-suffitquot-villepin-appelle-les-europeacuteens-agrave-contrer-trump.html#XwTzwp5rIJqlMyBh.99

VOYAGE du PRESIDENT MACRON en AFRIQUE

Le président français Emmanuel Macron a créé la surprise lors de sa tournée en Afrique de l’Ouest en déclarant vouloir « un retour du patrimoine africain à l’Afrique ». Une phrase qui redonne de l’espoir au Bénin, après des mois de tractations.

« Le patrimoine africain (…) doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, Lagos, Cotonou », a déclaré le président français.

« Ce sera l’une de mes priorités. D’ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique », a-t-il lancé.

Dans son discours à l’université de Ouagadougou, cette phrase a surtout résonné au Bénin, dont le président Patrice Talon a fait une demande officielle d’une restitution d’une partie du patrimoine béninois en juillet 2016.

Pour le président Talon, qui a notamment fait campagne contre l’influence de la France dans son ancienne colonie, le rapatriement de ces oeuvres permettra de « mieux faire connaître à nos populations la valeur de nos biens culturels et historiques » et « faire du tourisme un pilier majeur de l’économie béninoise ».

Irénée Zevounou, l’ambassadeur de la délégation du Bénin à l’UNESCO, estime que « 4.500 à 6.000 objets (béninois) sont en France, y compris dans des collections privées ».

L’accaparement des trésors du Royaume du Dahomey s’est fait lors des batailles coloniales entre 1892 et 1894, mais aussi par les missionnaires qui ont « dépossédé les populations de ce qu’ils considéraient comme des fétiches », explique M. Zevounou.

– ‘Historique’ –

« C’est la première fois qu’un président français aborde le sujet frontalement et fait part de sa volonté d’aller dans le sens de la restitution », écrivait aussitôt Marie-Cecile Zinsou, créatrice de la Fondation Zinsou à Cotonou sur sa page Facebook.

Le président Emmanuel Macron salue la foule à Abidjan le 30 novembre 2017

Le président Emmanuel Macron salue la foule à Abidjan le 30 novembre 2017 ( AFP/Archives / ISSOUF SANOGO )

« Il se pourrait que le discours de Ouagadougou marque un tournant majeur dans la suite des procédures », se réjouit cette amatrice d’art franco-béninoise.

De nombreux autres partisans d’un retour des oeuvres du royaume du Dahomey – trônes royaux, récades (sceptres royaux), portes sacrées du Palais d’Abomey, statues anthropomorphes… – se sont exprimés depuis, comme Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN).

Dans une tribune publiée dans la presse, le président du CRAN se félicite d’une « rupture historique » dans le débat, et propose que le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies participe aux négociations entre les deux pays: « il s’agit d’une question de culture, mais aussi d’un enjeu de droit ».

Le droit, c’est bien ce qui bloque dans ce dossier épineux et particulièrement sensible.

Les autorités françaises s’étaient jusqu’à présent rangé derrière « les principes juridiques d’inaliénabilité et d’imprescriptibilité (…) des collections publiques », pour argumenter leur refus de restituer des oeuvres, désormais tombées dans le patrimoine français.

Pour Yves-Bernard Debie, avocat spécialisé en droit du commerce de l’art, le discours « tranché » d’Emmanuel Macron rompt avec la tradition juridique française établie en 1566 par « l’édit de Moulins ».

« Depuis cette époque, le domaine royal devenu ensuite le domaine public, est inaliénable et imprescriptible. Il est interdit, sauf exceptions rares, au prince, roi ou Président de la République, de disposer de ce domaine. Les chefs d’Etat passent, le domaine public reste! », explique l’avocat à l’AFP.

Une telle restitution demanderait donc de changer la loi française.

« C’est peut-être un peu naïf de ma part, mais j’espére que les relations s’améliorent entre le France et ses partenaires d’Afrique », ose Ousmane Alédji, directeur du centre culturel béninois ARTISTTIK AFRICA. « Je préfère être aujourd’hui dans l’espérance du mieux ».

LA CITE DES OUTRE MERS … un projet en sursis?

La   cité  des Outre-mer se fera « avec un an de retard », en « 2020 »,

a dit la ministre des Outre-mer Annick Girardin aujourd’hui sur Public Sénat.

« Elle aura lieu, cette Cité des Outre-mer, elle se fera, elle se fera avec un an de retard », a déclaré la ministre, précisant que le bâtiment sera prêt en « 2020 ».
« Rénover un bâtiment pour en faire une Cité des Outre-mer, c’est bien, penser son fonctionnement dans la durabilité, c’est mieux », a-t-elle dit.
Début novembre, elle avait annoncé aux députés que la Cité « existerait », mais que le projet avait « besoin d’être repensé » et d’être « davantage collectif », regrettant ainsi que le ministère de la Culture n’en soit pas « partenaire ».

Voir aussi : Le projet de cité des outre-mer

La Cité est destinée à promouvoir et valoriser les cultures, les arts, les traditions et coutumes des territoires ultramarins. Elle est une promesse de campagne de François Hollande, qui l’avait officiellement lancée le 17 mars au parc de La Villette à Paris.
La Cité devait être installée dans un ancien cinéma désaffecté du parc du nord-est parisien. Elle était censée ouvrir ses portes en 2019.

Source : AFP

ESCLAVAGE en LIBYE : MANIFESTATIONS et QUESTIONS à L’ASSEMBLEE NATIONALE

 

 

 

 

JEAN MARC AYRAULT ET LA FONDATION POUR LA MEMOIRE

J’ai été élève au lycée Colbert de Cholet dans les années 60. Jamais je n’y ai entendu parler du Code noir, ni même de l’esclavage ou de la traite. Vingt ans plus tard, alors que j’étais maire de Saint-Herblain, j’ai perçu les réactions hostiles lorsqu’un collectif associatif avait souhaité commémorer, à Nantes, premier port négrier français, le tricentenaire du Code noir. Aucun événement public n’avait été alors organisé. Elu maire de Nantes en 1989, j’ai voulu que cette histoire puisse être dite, enfin. Ce fut l’événement «les Anneaux de la mémoire», en 1992, première grande exposition française consacrée à l’histoire de l’esclavage et de la traite. Son immense succès a déclenché en France un grand mouvement de prise de conscience, à un moment où la communauté internationale décidait elle aussi de se saisir du sujet avec la création, par l’Unesco, du projet de la Route de l’esclave.

Ce mouvement a poussé Nantes à aller plus loin encore. Des salles permanentes sont désormais consacrées à la traite au Musée d’histoire de Nantes et sont parmi les plus visitées. Depuis 2012, un mémorial, sur les bords de la Loire, permet à chacun de méditer sur les enseignements de cette part de notre histoire. Il ne s’agit pas de se complaire dans une repentance qui nous enferme dans le passé ; il s’agit de bâtir un avenir en commun sur une mémoire partagée.

Car ce passé nous oblige. Il nous oblige d’abord à la reconnaissance. C’est la raison pour laquelle, en 1999, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, j’ai prononcé le discours d’explication de vote du groupe majoritaire en faveur de la loi Taubira, qui a reconnu, en 2001, la traite et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité.

Il nous oblige surtout à la transmission, afin que tous les élèves sachent ce que furent l’esclavage et la traite. Afin que tous les élèves apprennent la façon dont les combats et les résistances des esclaves et des abolitionnistes ont façonné notre histoire républicaine. Afin qu’ils comprennent comment cette histoire s’est ensuite prolongée dans l’aventure coloniale française. Afin qu’ils découvrent, enfin, l’héritage et l’inventivité de ces sociétés métissées, créolisées, toutes ces richesses qu’elles continuent d’apporter au monde et à notre pays, à notre culture, à notre langue.

Ne nous méprenons pas. Il ne s’agit pas d’une histoire régionale, qui ne concernerait que quelques territoires, dans l’Hexagone et outre-mer. Il s’agit de notre histoire nationale, de cette «histoire mondiale de la France» qui est tout simplement l’histoire de la diversité française. C’est cela que nous devons transmettre : la plénitude de notre récit national, dans toutes ses composantes.

Nous devons faire cet effort pour cette jeunesse qui cherche ses racines dans le récit national français et qui ne les retrouve pas, faute qu’on les lui ait montrées.

Nous devons faire cet effort pour toutes celles et ceux qui portent en eux une part de cette histoire, et qui ont parfois l’impression que la République les ignore ou les oublie. Nous devons aussi le faire pour notre pays tout entier, pour nous aider à comprendre ce que nous sommes aujourd’hui, à l’unisson avec les pays qui nous sont à jamais liés par cette histoire, sur tous les continents, et d’abord en Afrique et en Amérique.

Ces dernières années, des progrès ont été accomplis, grâce aux associations et aux militants de la mémoire, grâce, aussi, aux collectivités territoriales, qui ont pris des initiatives comme le Mémorial Acte en Guadeloupe, les salles permanentes du Musée d’Aquitaine à Bordeaux ou les sites de la Route des abolitions dans l’Est de la France.

Mais il manque une institution nationale qui donne à cette politique les moyens, les compétences et la visibilité qu’elle mérite. La mémoire nationale est un tout dans lequel chacun doit se retrouver, où chacun découvre ce qui est en commun, ce qui est partagé.

La France a développé, depuis une quinzaine d’années, une expertise dans la construction de politiques mémorielles modernes et populaires, associant les chercheurs, les enseignants, les créateurs, la presse, les collectivités territoriales, les citoyens eux-mêmes. Qui dira que la mémoire de l’esclavage et de son héritage ne mérite pas un tel effort ?

C’était le projet de Jacques Chirac qui, après avoir mis en œuvre la loi Taubira en fixant au 10 mai la Journée nationale qu’elle a instituée et en installant le comité pour la mémoire de l’esclavage qu’elle a créé, avait demandé à Edouard Glissant, en 2006, de lui proposer la création d’un Centre national pour les mémoires des esclavages et de leurs abolitions. C’est le projet que porte la Mission de la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions, que je préside depuis le 19 mai.

Créée à l’initiative du président de la République, François Hollande, sous la forme d’un groupement d’intérêt public, cette structure réunit l’Etat, de grandes institutions, des personnalités qualifiées et des associations, rassemblés dans un seul but : jeter les bases de cette institution nationale qui rassemblera notre pays autour de son histoire, qui soutiendra les initiatives locales, les artistes, les chercheurs, les enseignants qui travaillent à la transmettre, qui mobilisera tous les outils modernes au service de ce projet.

Alors que nous célébrerons, l’an prochain, le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage et le 70e anniversaire de l’adoption, à Paris, de la Déclaration universelle des droits de l’homme, nous travaillons à ce que ces anniversaires se traduisent par un acte fort, signifiant et porteur d’avenir dans la France du XXIe siècle.

C’est le sens de cette Fondation : faire en sorte que le passé nous rassemble pour construire un avenir partagé qui nous ressemble. C’est la raison de mon engagement.

Esclavage en Libye : « Il ne faut pas être naïf et faire semblant de tout découvrir », estime Jean-Marc Ayrault

Le président de la « Mission de la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions » prend la parole concernant les récentes révélations de CNN, et défend l’idée d’une Fondation pour la mémoire de l’esclavage, dans un entretien à La1ere.fr.

L'ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, dans son bureau du Ministère de l'Outre-mer © Valentin Deleforterie/la1ere
© VALENTIN DELEFORTERIE/LA1ERE L’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, dans son bureau du Ministère de l’Outre-mer
  • Par Valentin Deleforterie
  • Publié le 

Premier ministre et ministre des affaires étrangères sous le quinquennat de François Hollande, Jean-Marc Ayrault est depuis quelques mois à la tête de la « Mission de la mémoire pour l’esclavage, des traites et de leurs abolitions ». Le scandale dévoilé par CNN l’a profondément indigné. Toutefois, l’ancien maire de Nantes n’est pas surpris.

« Malheureusement il faut savoir que ça existe. Il ne faut pas être naïf et faire semblant de tout découvrir. Les Nations-Unies évaluent les personnes en situation d’esclavage, de travail forcé -sexuel ou non-, à 20-30 millions. Difficile d’avoir un chiffre précis mais ça donne la quantité du problème à l’échelle de l’humanité. On en a pas fini avec l’esclavage ».

A noter que certaines associations et organisations avancent des chiffres bien plus élevés que Jean-Marc Ayrault. Anti-Slavery International évoque par exemple 40,3 millions d’esclaves modernes (victimes de travail forcé, de déshumanisation, de restrictions à la liberté de mouvement).

Faire intervenir le HCR

Peu de solutions ont jusqu’à présent été mises en avant pour remédier au problème de l’esclavage en Libye. Jean-Marc Ayrault préconise une intervention rapide du Haut-Commissariat aux Réfugiés, associée à une augmentation des moyens alloués à l’institution.

« La Libye n’a pas de véritable Etat depuis la chute de Kadhafi, elle est dans une situation encore pire, ce qui peut amener énormément d’exactions. Il est important que le HCR puisse intervenir partout en Libye, et surtout qu’on le dote de moyens. Si une décision devait être prise au niveau européen, ça pourrait être celle-là. Ce n’est pas la seule chose qu’il faut faire, mais celle-là pourrait être faite vite.« 

Le soutien à l’Afrique

Au-delà de la solution à court-terme, Jean-Marc Ayrault évoque également le soutien financier et humain octroyé à l’Afrique. L’enrayement de problèmes comme l’esclavage passe selon lui par une augmentation de ce soutien.

« Cela passe par des décisions courageuses et des moyens. Je pense en particulier à l’engagement que la France doit encore amplifier et que l’Europe doit également porter qui est celui du soutien à l’Afrique dans son énorme défi de développement. Les sociétés civiles africaines sont considérables, leurs jeunesses ont énormément d’idées. Il faut qu’elles se sentent reconnues et soutenues. Je pense que nous avons un rôle à jouer qui est très important. Nous le jouons déjà mais nous pouvons faire encore mieux. »

La Fondation de la mémoire

Jean-Marc Ayrault a enfin évoqué la « Fondation pour la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions » qu’il souhaite mettre en place. Le projet pourrait se décliner sous forme de lieu de mémoire, de centre de ressources qui pourrait soutenir des initiatives de recherches, d’évènements et de rencontres. Face aux critiques sur le caractère clivant que pourrait avoir une telle initiative, l’ancien Premier ministre a tenu à mettre en avant l’objectif de fédérer les Français autour d’une histoire commune.

« Pour la jeunesse française, notamment d’origine ultramarine ou africaine, il y a le besoin de connaître ses racines et son histoire. L’occulter c’est affaiblir cette capacité à trouver sa place dans notre société. Il est aussi important que la République n’ignore aucune discrimination ou souffrance, et qu’elle donne en même temps à chacun sa chance. Ce n’est pas pour chercher à culpabiliser ou diviser, mais pour rassembler. Plus nous sommes clairs sur notre histoire et sur nos responsabilités, plus on est forts aussi pour affronter les défis du futur. L’objectif est de réconcilier les mémoires, pas de faire la concurrence des mémoires. »

 

La France et l’aide publique au développement

A l’heure actuelle, la France est le cinquième contributeur mondial d’aide publique au développement avec 8,1 milliards d’euros donnés chaque année. 45% des aides sont destinées à l’Afrique. La France ne respecte cependant pas la résolution adoptée aux Nations-Unis en 1970, visant à ce que chaque pays économiquement avancé reverse 0,7% de son PIB dans les aides au développement.

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