POUR UN CENTENAIRE …

La Martinique durant la 1ère Guerre mondiale, une histoire méconnue

Le séminaire coordonné par l’Atelier Canopé vendredi 9 novembre 1918 a constitué une excellente occasion de se pencher sur un moment méconnu de notre histoire. Le 100e anniversaire de l’armistice mettant fin au premier conflit mondial est ainsi intelligemment célébré.

9000 martiniquais sont partis au front © La 1ère

© LA 1ÈRE 9000 martiniquais sont partis au front

  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le 11/11/2018 à 08:00

La période de la Première Guerre mondiale est un moment-clé dans le processus de l’assimilation. L’histoire d’amour de la Martinique avec la mère-patrie, comme est appelée la France à cette époque, prend véritablement corps en ce début de 20e siècle. La population des quatre vieilles colonies doit montrer son attachement à la métropole coloniale.

L’occasion lui en est donnée avec la mise en oeuvre de la loi sur la conscription, en 1913. Ce texte est la traduction juridique d’une volonté politique, le paiement de  « l’impôt du sang » comme preuve de notre condition de citoyen français de plein exercice. Après une bonne dizaine d’années d’atermoiements, les jeunes hommes des colonies sont autorisés à être incorporés sous les drapeaux. La haute hiérarchie militaire ne voit pas d’un bon œil l’arrivée des soldats créoles. Ils sont jugés physiquement faibles et inaptes à la condition militaire.

Payer l’impôt du sang

Le revirement de l’état-major vient de l’intensification de la guerre. Les dirigeants politiques français sont pris à revers. Contrairement à leurs prévisions, le conflit ne dure pas quelques mois. Il convient de poursuivre le recensement et le recrutement de soldats sur tout le territoire, l’Empire colonial y compris.

Les sergents recruteurs parcourent donc les campagnes de Martinique et des colonies. Le nombre de soldats enrôlés augmente fortement lors des campagnes de recrutement de 1915. Les appelés sont désireux de combattre en Europe. Le contexte s’y prête. Le Conseil général et la plupart des maires sont favorables à l’assimilation.

Nos soldats jugés inaptes au combat

L’assimilation est une doctrine dont la revendication naît durant les dernières années de la période esclavagiste. Deux générations plus tard, à l’occasion de la Première Guerre Mondiale, l’égalité des droits suppose le droit d’avoir l’honneur de se battre pour la France. Les antimilitaristes, essentiellement des socialistes, sont cloués au pilori. Au total, 9 000 soldats martiniquais partent en Europe. 2 000 sont tués sur le front.

Dans le même temps, la Martinique connaît une situation économique contrastée. Les produits de consommation courante sont rares, l’approvisionnement étant désormais compliqué. La population s’appauvrit. En parallèle, la production de sucre et de rhum explose littéralement pour alimenter les soldats sur le front. Ce qui provoque la modernisation de l’industrie sucrière, l’enrichissement des planteurs et des usiniers ainsi que l’émergence du prolétariat industriel.

Période de mutation, la Première Guerre mondiale en Martinique reste un moment méconnu. Il serait temps de s’y pencher, en contournant deux carences créées par la France dans ses colonies, l’oubli et l’ignorance.

          Source  Martinique  Première

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Le retour de la « race » dans (et par) le football

Dans une tribune parue sur Mediapart, l’ancien international, Lilian Thuram et les historiens, Pascal Blanchard et Yvan Gastaut reviennent sur l’affaire du fichage ethnique organisé par le PSG depuis 2013. Ils insistent sur la leçon à en tirer : « Nous devons intégrer une chose simple, la couleur et les origines d’une personne ne déterminent en rien les qualités et les défauts de cette personne. Mais il reste du travail à faire pour faire partager ce principe, dans le football et dans la société. » Leur prise de position fait écho à l’exposition Des Noirs dans les Bleus, conçue par le Groupe de recherche Achac ainsi qu’à la récente interview de Lilian Thuram pour L’Équipe.

 

N’en doutons plus : l’affaire du fichage ethnique organisé par des recruteurs du Paris Saint-Germain révélée par le dossier du Football Leaks de Mediapart confirme que la « race » n’a pas disparu. Et que le monde du football, sport pourtant si brassé, si mélangé, si métissé est une nouvelle fois une incroyable caisse de résonances des contradictions liées aux questions d’ethnicité dans notre pays.

 

Alors qu’en juillet dernier, nous nous sommes félicités du silence en France sur les références en matière d’origine des joueurs vainqueurs de la Coupe du monde en Russie, la dimension raciale revient de façon honteuse cet automne. Et pas sur n’importe quel sujet : sélectionner des enfants selon leur origine pour « avantager les enfants blancs » au sein du plus prestigieux des clubs français.

 

Cela ne nous surprend pas : l’affaire dite des « quotas » avait déjà ébranlé le monde du football sur le thème de la « race » — une affaire déjà lancée par Mediapart en 2011. Lors d’une réunion (captée à l’insu de ses participants) à la Fédération Française de Football, en novembre 2010, le Directeur Technique National François Blaquart se déclarait « tout à fait favorable » à favoriser les Français « sans origine », notamment en raison du risque que les enfants d’origine africaine ne choisissent de jouer ensuite pour l’équipe nationale du pays d’origine de leur famille.

 

Le principe des quotas est donc dans l’air du temps depuis de nombreuses années. Il est révélateur d’une problématique bien plus profonde et la « prédominance blanche ». Les affaires se suivent et se ressemblent, toujours dans le même sens, toujours reflet d’un certain regard sur la France actuelle et sur une grille de lecture racialiste. À chaque fois, il n’y a jamais de responsable dès qu’il s’agit d’une affaire de racisme dans le sport. On passe son chemin, comme pour ces jeunes joueurs « noirs » le 6 mai dernier, lors d’un match amateur entre Mackenheim et Benfeld, qui ont subi insultes et violences racistes.

 

Une longue histoire…

 

Depuis les déclarations du président du Front national, parti d’extrême droite, en 1996 lors de l’Euro en Angleterre fustigeant la présence de trop de joueurs d’origine immigrée qui ne représentent pas véritablement la France, il n’est pas rare d’entendre dans les conversations de comptoir comme dans les milieux du football professionnel les sempiternels sarcasmes sur le fait que les « Blacks » sont si nombreux dans le Onze tricolore que bientôt les « Blancs » en seraient exclus ; ou que les « musulmans » (ce qui à chaque fois veut dire les Arabes) ne doivent pas être trop nombreux sous peine d’une désagrégation de l’équipe… À chaque fois, la même petite musique que nous avions déjà signalée tous les trois dans plusieurs ouvrages, conférences, tribunes ou dans le film documentaire « Les Bleus, une autre histoire de France » (Netflix).

Quel paradoxe ! La même France qui s’est exaltée pour le « Black Blanc Beur » de 1998 est hantée par le spectre d’une France qui ne serait plus blanche ou par le débordement musulman…

Cette nouvelle affaire liée au recrutement du PSG ne vient donc qu’attester des pratiques qui, bien que cachées car condamnables, ont bien cours dans le monde du football qu’il soit professionnel ou amateur. Ces pratiques ont un nom : le clivage racial, avec un arrière fond nauséabond d’apartheid. Mais aussi la peur d’être envahi, d’une « colonisation » inversée osent même dire certains.

Laissons-là les auteurs de ces pratiques — c’est désormais une affaire de justice (la Licra a annoncé qu’elle allait saisir la justice [depuis la Licra et la LDH ont déposé plainte auprès du procureur]), une procédure en interne du club, et une décision attendue du politique que devra prendre la ministre des Sports — et interrogeons-nous plutôt sur le profond système de représentation qui les pousse à réaliser tout un système élaboré de fiches dans lesquelles sont mentionnées des catégories ethniques fondées sur des profils de joueurs comme « Français »« Maghrébin »« Africain » ou « Antillais » (on découvre même, à la lecture des derniers articles, que pour les recruteurs du PSG en Île-de-France avaient les mêmes pratiques ajoutant « MS » pour métis et « AS » pour Asiatiques).

Ce tri ethno-racial — qui existe d’ailleurs ouvertement en Grande-Bretagne — en dit long sur un état général des mentalités qui envisage la société comme un ensemble de groupes aux caractéristiques physiologiques et culturelles propres. On est sidéré de découvrir que les dirigeants du PSG n’auraient rien vu, rien entendu. Qu’un seul homme aurait organisé ce système. C’est inacceptable.

 

La FFF s’étonne de ces dérapages et son président dans Le Parisien justement dénonce le « fichage ethnique », mais existe-t-il un travail de fond sur ces problématiques au sein de la Fédération ? Colloques et déclarations se succèdent, mais des actions de fond sont-elles engagées ? Ne faut-il pas réfléchir et promouvoir une dynamique forte sur l’histoire de cette diversité en équipe nationale ou valoriser ce récit dans le siècle ? Car la France, grâce à son équipe nationale, possède une des plus belles histoires de la diversité au monde. Les beaux discours, les belles annonces en début de match, les slogans antiracistes ne suffisent pas à changer les mentalités, il faut davantage travailler en profondeur.

Lutter contre le racisme, c’est d’abord ouvrir les yeux sur ses propres pratiques, changer les mentalités de tous et surtout construire de nouveaux paradigmes. C’est nécessaire partout, dans tous les domaines de nos sociétés et plus encore dans le sport et le football dans lequel toute une génération espère trouver une réussite sociale et une reconnaissance au regard de leur effort. Sinon ces jeunes, quelles que soient leurs origines, leurs parcours ou ceux de leurs parents, ne croiront plus dans les valeurs de la République.

À ce niveau, seuls les actes comptent, seules les actions pérennes et structurantes sont efficaces. Nous serions tellement satisfaits si le PSG (et d’autres clubs en France), la FFF et la Ligue prenaient des engagements concrets et mettaient en place des programmes sérieux et en profondeur et pas donc seulement à Paris — car c’est un « cas pas forcément isolé » écrit Le Parisien le 9 novembre —, et il est plus que temps de mettre ces actions en place, 20 ans après la victoire de 1998.

C’était peut-être « commode » pour organiser un recrutement efficace pour ceux qui croient que la valeur d’un homme est le fruit direct de ses origines, mais dans cet esprit et dans cette formulation ce système porte un nom : le racisme. Et le football, alimentant les plus beaux récits de notre histoire nationale ces dernières années est aussi, malheureusement, le porteur d’une face sombre, celui du retour de la « race ». Et pour combattre le racisme, il n’y a pas de recette miracle : éduquer, enseigner l’histoire pour rappeler l’incroyable saga des joueurs issus de l’immigration en Bleu. Il faut aussi des programmes explicites et « grand public » pour construire un autre regard et d’autres pratiques. Et sanctionner ceux qui ont développé, validé et encouragé de telles pratiques.

 

Le football est toujours en première ligne des mutations de la société, c’est en son sein que les joueurs des colonies ont pu, dès 1931, être reconnus comme Français dans une société encore coloniale ; c’est en son sein que toute les vagues d’immigrations ont pu devenir visibles (Ben Barek, Kopa, Platini, Zidane, Mbappé…) ; c’est dans le football que les jeunes identifient les potentiels d’une société qui valorise les performances individuelles sans tenir compte de la couleur de la peau, de la religion ou des origines sociales.

Nous devons intégrer une chose simple, la couleur et les origines d’une personne ne déterminent en rien les qualités et les défauts de cette personne. Mais il reste du travail à faire pour faire partager ce principe, dans le football et dans la société.

 

Source ACHAC  « Newsletter #2 – 14 novembre 2018 »

LA BARBADE sous perfusion du F.M.I

  • Par Caroline Popovic
  • Publié le
C’était vers la fin de son discours de près d’une heure que le Premier ministre, Mia Mottley a confirmé que 1500 salariés du service public seront licenciés dans les prochaines semaines. 80% d’entre eux sont des occasionnels. Les derniers embauchés seront les premiers à partir. Tout le monde recevra la totalité des indemnités de licenciement ainsi que des offres de reconversion d’emploi, dit-elle.

Ce soir il s’agit d’une conversation difficile, a déclaré Mia Mottley, premier ministre de Barbade.

Barbade sous perfusion du FMI

Dès son élection en mai 2018, Mia Mottley a formulé son programme pour la transformation et la relance économique de la Barbade. Elle a signé un accord avec le Fonds Monétaire International pour restructurer la dette. La Barbade est le 3e pays le plus endetté au monde. Un premier versement de 290 millions de dollars a été effectué pour renflouer les réserves de devises.

Le FMI exige de la discipline fiscale. Le service public de Barbade coûte trop cher. Il n’y a pas assez de contribuables pour maintenir le niveau des dépenses.

La corruption est omniprésente

Depuis 2008, l’année de la crise financière, l’économie de Barbade est en difficulté. Au lieu de redresser la situation, le gouvernement précédent a dépensé de l’argent qu’il n’avait pas. Aujourd’hui Barbade ne peut plus emprunter.

Bridgetown, capitale de Barbade et siège du gouvernement © businessbarbados
© businessbarbados Bridgetown, capitale de Barbade et siège du gouvernement

Régime d’austérité dans tous les domaines

Selon un récent audit, la corruption est effective dans presque tous les services du gouvernement. Plusieurs contrats ont été attribués sans appels d’offres. Des millions de dollars ont été dépensés pour  les frais de consultants. L’hôpital public a trop de personnel non essentiel. Le bureau de transports, la régie des eaux et le service des logements ont tous été pointés du doigt pour des dépenses sans compter.

Selon le premier ministre, les médias du service public sont des « anachronismes ». Ils doivent tous se mettre au numérique et réduire le personnel.

Mia Mottley veut que le secteur privé stimule la croissance. Le démarrage de plusieurs projets d’investissement ainsi qu’un programme de réhabilitation du réseau routier devraient aider à embaucher des agents licenciés par le gouvernement.
Le gouvernement va également confier au secteur privé la gestion des sites touristiques d’État.

LE NOBEL (alternatif ) DE LITTERATURE 2018 pour MARYSE CONDE

Après  NAIPAUL (natif  de  Trinidad & Tobago)  Prix Nobel  de  Litterature  2001 l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé a reçu ce vendredi le prix Nobel « alternatif » de littérature lors d’une cérémonie à Stockholm, en Suède. A 81 ans, c’est une nouvelle marque de reconnaissance pour le travail de cette artiste engagée, plume majeure de la littérature caribéenne.
 « Dans ses oeuvres, avec un langage précis [Maryse Condé] décrit les ravages du colonialisme et le chaos du post-colonialisme« , ont déclaré les organisateurs du prix.
© Ulf Andersen / Aurimages / AFP
© ULF ANDERSEN / AURIMAGES / AFP
  • Marie Boscher, Christian Tortel
  • Publié le ,

Faire entendre la voix de la Guadeloupe

L’auteur de Segou, de La vie scélérate ou encore de Moi, Tituba sorcière faisait partie d’une liste de 47 auteurs, réduite ensuite à 3 nommés. Après avoir appris la nouvelle à la télévision, Maryse Condé s’est réjouie de voir entendue « la voix de la Guadeloupe« , preuve que les Antilles n’ont bien évidemment pas que des catastrophes naturelles à offrir aux yeux du monde… Ecoutez Maryse Condé, jointe par Christian Tortel juste après l’annonce du prix Nobel alternatif.

Réaction de Maryse Condé, lauréate du prix Nobel « alternatif » de littérature

Christiane Taubira, ancienne ministre de la justice, a tenu à féliciter Maryse Condé pour ce prix, faisait référence dans un tweet aux titres des oeuvres de l’écrivaine.

FÉLICITATIONS chaleureuses et amicales à Maryse Condé, lauréate du prix Nobel alternatif de littérature. La vie n’est pas toujours scélérate, elle réserve des merveilles et nous donne parfois le coeur à rire…ou à pleurer d’émotion
ChT

De même que Jacques Bangou, maire de la ville de Pointe-à-Pitre où est née l’auteur.

#prixNobelalternatif a #MaryseConde. Une reconnaissance méritée. Une nouvelle fierté pour la Guadeloupe. L’importante résidence en construction face au terminal des croisiéristes portera son nom.

Un prix alternatif et éphémère

Ce prix « alternatif » a été remis exceptionnellement cette année par des internautes, à l’initiative de la Nouvelle Académie, un collectif de 109 écrivains suédois. Il s’est constitué suite au report du prix Nobel traditionnel à 2019 sur fond de scandale. Dix des dix-huit membres de l’institution officielle s’était retirés suite à la condamnation du mari d’une académicienne dans une affaire de viol. Maryse Condé se rendra en Norvège à Oslo le 9 décembre prochain pour recevoir son prix.

Source  Outre Mer –  France tv info

POURQUOI LES JEUNES QUITTENT LES D.O.M – T.O.M

Pourquoi l’Outre Mer  ne parvient  pas  à  retenir  ses  jeunes ?
Source  SLATE.FR
Élodie Toto -12.10.2018
«Aux Antilles, il est impossible de trouver du travail»: comme nombre d’autres jeunes d’Outre-mer, Annaëlle s’est résignée à prendre un billet d’avion pour le territoire métropolitain.À Saint-Felix, en Guadeloupe, le 13 septembre 2018 | Cedrick Isham Calvados / AFP© Fournis par SLATE À Saint-Felix, en Guadeloupe, le 13 septembre 2018 | Cedrick Isham Calvados / AFP«Je ne trouvais rien.» Annaëlle a 28 ans, et elle est aide-soignante. Après plusieurs tentatives pour trouver du travail dans son département d’origine, la Guadeloupe, elle a décidé de tout plaquer et de venir s’installer dans l’Hexagone.

«J’ai passé mes concours dans le paramédical en Guadeloupe, et à chaque fois que je passais, j’étais sur liste complémentaire. J’en ai eu marre, alors j’ai passé le concours avec le CHU de Pointe-à-Pitre; j’ai eu 19,52 sur 20, et je n’ai pas eu de place. Ça m’a dégoûtée et je suis partie.» Arrivée en Île-de-France, elle a repassé son concours et obtenu dans la foulée un poste d’aide-soignante vacataire.

Avec ou sans aide de l’agence gouvernementale

Elle n’est pas la seule à avoir fait cette démarche. En 2012, l’Insee recensait 49.603 personnes âgées de 15 à 29 ans originaires de Guadeloupe venues s’installer comme elle en métropole –une mobilité qui ne cesse d’augmenter.

Une agence gouvernementale, Ladom (l’Agence de l’Outre-mer pour la mobilité), est même chargée de mettre en place des parcours mobilité pour les étudiantes et étudiants, ainsi que pour les demandeurs et demandeuses d’emploi.

En 2017, 3.315 personnes inscrites à Pôle emploi auraient bénéficié d’une formation en mobilité via cette agence gouvernementale; les secteurs privilégiés sont la santé / le paramédical, le transport / la logistique et le travail social. Seulement, ces formations ne préparent qu’à des diplômes de niveau CAP à Bac +2, ce qui laisse peu d’espoir de trouver un poste hautement qualifié.

À l’instar d’Annaëlle, tout le monde ne passe pas par cette agence: beaucoup de jeunes prennent la décision de partir de Guadeloupe sans accompagnement.

En cause, le taux de chômage important: 22,4% en 2017, contre 9,1% en moyenne en France métropolitaine. Et tout l’Outre-mer est touché: en Martinique, où il est le moins élevé, il s’élève tout de même à 17,8%, et il atteint 25,9% à Mayotte.

En Guadeloupe, 43,3% de la population active de 15 à 29 ans est sans emploi: le phénomène touche particulièrement les jeunes, notamment sans diplôme. Et selon le syndicaliste Élie Domota, la durée de leur chômage est souvent longue –plus d’un an et demi. Largement de quoi perdre en compétences et en qualification, dans un monde du travail en constante évolution.

Face cet obstacle, celles et ceux les plus diplômés quittent l’Outre-mer, laissant sur place les jeunes n’ayant pas d’alternative.

Un président inconscient des réalités du terrain

En visite du 27 au 30 septembre aux Antilles, Emmanuel Macron a déclaré: «Quand il y a des offres d’emploi qui existent, même si ce n’est pas exactement ce que l’on veut peut-être au début, accepter pendant quelques mois, pour se mettre le pied à l’étrier. C’est important parce que sinon, on est dans une société qui demande toujours la solution à l’autre. J’attends de chaque jeune ou moins jeune qu’il prenne ses responsabilités.»

© Fournis par SLATE

Emmanuel Macron à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, le 28 septembre 2018 | Eliot Blondet / Pool / AFP

Forcément, la pilule est mal passée. «Pour moi, c’est du baratin, sans filon. Aux Antilles, il est impossible de trouver du travail», déclare Annaëlle. Même son de cloche chez Patrice: «Je suis bien placé pour en parler, pour l’avoir fait bien avant cette phrase polémique. J’ai dû attendre vingt-quatre ans après ma formation de base pour faire un travail en phase avec mes diplômes.»

Aujourd’hui, ce Martiniquais de 45 ans vit dans l’Hexagone et cherche du travail dans l’accueil administratif. «Cela faisait quatre ans et six mois que j’étais au chômage. Je n’en pouvais plus, c’était un véritable parcours du combattant et un vrai désert d’offre disponible pour mon niveau.» On est bien loin du désormais célèbre «Je traverse la rue, je vous trouve un travail».

Pour Élie Domota, «Macron est venu aux Antilles faire un coup de pub. On a un chômage de masse, et il ne va rien y changer».

Le syndicaliste est connu du grand public depuis les grandes manifestations contre la vie chère et la grève générale de 2009. Il est aujourd’hui secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), le syndicat majoritaire sur les îles, mais aussi directeur adjoint de Pôle emploi dans la commune de Morne-à-l’Eau, à Grande-Terre.

«Faute de travail, analyse-t-il, nos travailleurs qualifiés partent. Et lorsqu’il y a des besoins, les entreprises nous disent: “Nous n’avons pas trouvé les compétences sur place.” Du coup, elles font venir des travailleurs d’ailleurs.» Un comble, quand on connaît le problème du chômage de masse en Outre-mer.

Un manque d’organisation de la formation

Pour appuyer son propos, Élie Domota évoque l’exemple du chantierdu nouveau CHU de Guadeloupe, qui devrait débuter en décembre. Lors de son passage, Emmanuel Macron a promis que l’État investirait 580 millions d’euros dans le projet, susceptible de générer de l’emploi. Élie Domota craint pourtant que la population guadeloupéenne ne profite pas de cette opportunité.

Le 3 octobre, l’UGTG a même adressé un courrier en ce sens au préfet, en espérant obtenir un meilleur accès à la formation. «Le manque d’anticipation sur les questions liées à la formation et au développement de compétences conduit inexorablement à une disqualification des travailleurs et des demandeurs d’emploi de Guadeloupe, singulièrement sur les postes d’encadrements», peut-on y lire.

Élie Domota précise: «Quand on connaît cinq ans à l’avance les besoins en terme d’emploi d’un territoire, on s’organise en terme de formation. Pour nous, ce chantier est une aubaine, on ne peut pas passer à côté.»

Le CHU n’est pas le premier chantier de grande ampleur mené en Guadeloupe. Et pourtant, le taux de chômage ne regresse pas. «Je suis convaincu qu’il y a des gens corrompus qui travaillent en sourdine pour d’autres entreprises, qui attendent que l’on dise que l’on n’a pas trouvé les compétences sur place pour déverser leurs salariés venus d’Italie, de Roumanie, etc.», conjecture Élie Domota.

À titre d’exemple, il cite le chantier de la centrale EDF à Jarry, commencé en 2011 et lui aussi financé par de l’argent public, où «des travailleurs espagnols exploités» seraient venus gonfler les rangs, sous prétexte que «les compétences nécessaires étaient inexistantes en Guadeloupe».

La situation risque selon lui de se répéter. «Cela fait quatre ans que nous demandons aux élus des formations dans le BTP, souligne le syndicaliste. Aujourd’hui, il n’existe presque pas de ces formations via Pole Emploi en Guadeloupe […]. [Le chantier] va commencer en décembre et nous n’aurons le temps de former que des carreleurs ou des peintres, mais pas de chefs de chantiers et autres postes d’encadrements. Ce n’est pas un oubli des pouvoirs publics: à ce stade, c’est volontaire.»

Celles et ceux qui choisissent de rentrer

Depuis la crise de 2008, l’Hexagone ne représente plus un eldorado de l’emploi aux yeux des jeunes d’Outre-mer; de plus en plus de jeunes ayant fait le trajet jusqu’en métropole cherchent désormais à rentrer.

Nombre d’entre elles et eux reviennent avec un diplôme d’études supérieures et un bon CV, mais se heurtent à leur retour au chômage de masse, à la compétition avec leurs semblables, également titulaires d’un diplôme d’études supérieures, mais aussi à la vie chère –en Outre-mer, le niveau général des prix à la consommation était entre 7,1% et 12,5% supérieur à celui de France métropolitaine en 2015.

Pour l’instant, il n’existe pas de statistiques sur ces jeunes décidant d’effectuer le trajet inverse, mais des forums fleurissent sur la toile, tels que «Antillais de retour au pays» ou «Alé Viré, Martinique: terre d’avenirs», où l’on partage son envie ou son expérience du retour, avec l’emploi pour préoccupation principale.

Mais pour la plupart, ces retours concernent les quelque 260.000 personnes parties entre 1963 et 1981 dans le cadre du Bumidom, l’ancêtre de Ladom, pour travailler dans la fonction publique –notamment à La Poste et dans les hôpitaux– et qui reviennent grâce à l’obtention d’une mutation ou une fois l’heure de la retraite arrivée.

FRANCE Ô .. vivra, vivra pas ?

  • La1ere.fr
  • Publié le , mis à jour le

Cette suppression de France Ô de la TNT, qui s’inscrit dans le cadre de la réforme de l’audiovisuel public, s’accompagnera également « d’une amélioration très significative de la visibilité des Outre-mer dans les programmes à forte audience des chaînes de France Télévisions », assureun communiqué des services du Premier ministre, Édouard Philippe.

Elle s’accompagnera également « d’une amélioration très significative de la visibilité des Outre-mer dans les programmes à forte audience des chaînes de France Télévisions », selon la même source.  « La représentation des territoires et des habitants ultramarins doit trouver sa juste place au sein de l’audiovisuel public, non pas à la périphérie – comme c’est le cas aujourd’hui à travers la chaîne France Ô dont l’audience reste encore trop
confidentielle, mais par une intégration au sein de la programmation de l’ensemble des autres chaînes de France Télévisions », souligne le communiqué gouvernemental.

« Cette juste représentation doit passer par des engagements de programmation chiffrés et mesurables, qui seront présentés par France Télévisions et intégrés dans son cahier des charges et dans sa feuille de route stratégique dès 2018 », poursuit le texte, qui reprend les recommandations d’un rapport d’étape remis la veille aux patrons du secteur. En outre, le budget de France Télévisions dédié à la coproduction de programmes
ultramarins (10 millions d’euros) sera préservé, selon la même source.

Les précisions de Françoise Nyssen

Au sénat, la ministre de la Culture Françoise Nyssen a apporté des précisions :

Voici le verbatim de la déclaration de François Nyssen :

Troisième priorité : donner une plus grande visibilité aux territoires ultramarins. Il s’agit de sortir les Outre-mer de la périphérie pour leur donner une vraie présence dans la programmation de toutes les chaînes de France Télévisions. Et cette juste représentation sera accompagnée d’engagements précis dans le cahier des charges qui donneront lieu à un groupe de travail associant les parlementaires concernés et les sociétés.

Chaque jour l’Outre-mer sera donc présente sur les antennes et au moins une fois par mois elle fera l’objet d’un prime time. Avec le maintien d’une entité éditoriale dédiée aux Outre-mer avec les équipes de France Ô qui jouera un rôle de tête de réseau.

Nous enrichirons également l’offre numérique et les Outre-mer 1ère passeront en Haute-Définition, ce qui permettra à échéance de 2020 de libérer le canal hetzien de France Ô, tout en augmentant la visibilité des Outre-mer.

– Françoise Nyssen, Sénat, 19 juillet 2018

Audiovisuel public : 190 millions d’euros d’économies d’ici 2022

Le gouvernement a par ailleurs fixé à 190 millions d’euros le montant total des économies que l’audiovisuel public devra réaliser dans le cadre du vaste plan de réduction des dépenses publiques à l’horizon 2022. Ces économies se répartiront à hauteur de 160 millions pour France Télévisions
et 20 millions pour Radio France. Les 10 millions restants seront à la charge des autres groupes du service public audiovisuel, à savoir Arte, l’Institut national de l’audiovisuel (INA), TV5Monde et enfin France Médias Monde (maison mère de France 24 et RFI).

Et pour 2019, l’effort à réaliser sera de 35 millions, dont 25 à la charge de France Télévisions, a précisé le ministère de la Culture.

Parallèlement, l’audiovisuel public devra investir 150 millions d’euros supplémentaires dans le numérique d’ici 2022 grâce à des redéploiements, a confirmé le gouvernement, comme l’avait annoncé début juin la ministre de la Culture Françoise Nyssen.

« La disparition de France Ô nous oblige à refonder une visibilité dans le groupe France Télévisions. Il y a toujours en outre-mer une volonté de reconnaissance, de se sentir faire partie d’un ensemble national », a déclaré Wallès Kotra, en déplacement en Nouvelle-Calédonie, archipel dont il est originaire.

Le président de la République a estimé que cette visibilité était marginale (avec France ô, ndlr). Le chantier qui est devant nous est de dire qu’on ne veut pas remplacer une visibilité marginale par aucune visibilité du tout

Accompagné de plusieurs dirigeants du pôle Outre-mer, qui ont notamment participé mardi à une « Agora » avec les téléspectateurs calédoniens, Walles Kotra a indiqué que l’année 2019 serait mise à profit pour que l’outre-mer « existe dans l’offre de programmes » de France Télévisions.

Une richesse et des spécificités que la France doit assumer

Trois axes ont notamment été définis: une plus grande présence de l’actualité ultramarine dans les informations sur France 2, France 3 et Franceinfo, la création d’un portail numérique et celle d’une unité de programmes, à disposition des chaines.

« Cette réforme doit nous permettre de dire qu’on a une richesse et des spécificités, que la France doit assumer », a également déclaré le patron de France Ô et des neuf stations décentralisées dans les territoires ultramarins.

Le référendum en Nouvelle-Calédonie, une opportunité

Directeur de Nouvelle-Calédonie la 1ère (NC 1ère), Jean-Philippe Pascal a expliqué que « le référendum sur l’indépendance qui aura lieu le 4 novembre en Nouvelle-Calédonie sera une opportunité pour traduire concrètement cette nouvelle relation avec les rédactions nationales ».    

La soirée électorale, pilotée par la rédaction de Nouméa, sera notamment diffusée sur Franceinfo en plus de France Ô, tandis que des interventions en direct seront organisées dans les JT de France2 et France3.

La suppression de France Ô a été décidée en juillet par le gouvernement dans le cadre de la réforme de l’audiovisuel public. Elle doit s’accompagner, selon les termes alors employés par Matignon, d’« une amélioration très significative de la visibilité des outre-mer dans les programmes à forte audience des chaînes de France Télévisions ».

LONDRES : MOIS de l’HISTOIRE des NOIRS (A J Y/ B H M )

 

 

Aujourd’hui, le Mois de l’histoire des Noirs (BHM), également connu sous le nom de Mois de l’histoire africaine (AHM), a été intégré au calendrier culturel britannique. Il est largement marqué, du premier ministre, aux organismes statutaires, aux institutions patrimoniales, aux écoles et aux groupes communautaires partout au pays. «L’Année jubilaire africaine est la mère du Mois de l’histoire des Noirs, qui est censé refléter les contributions des Africains à Londres et à la Grande-Bretagne culturellement, économiquement et politiquement, de l’antiquité au présent», explique Akyaaba Addai-Sebo, ROYAUME-UNI. Cependant, peu de gens savent que BHM est un héritage de l’initiative de l’Année jubilaire africaine (AJY), qui couvrait la période d’août 1987 à juillet 1988. En effet, la notation de BHM en octobre faisait partie de l’AJY, qui encourageait également les autorités pour promouvoir des images publiques positives et la compréhension des personnes d’ascendance africaine, et l’enseignement de leur histoire, culture et lutte, tout en honorant les Africains progressistes à travers des monuments publics, tels que des plaques et des noms de rues et de bâtiments. Le 26 novembre, l’organisation communautaire BTWSC / African Histories Revisited organise l’année commémorative du jubilé africain 1987-88 à 30 ans à l’hôtel de ville de Londres. Le consultant en histoire, Kwaku, donnera l’arrière-plan du voyage d’AJY, de ses racines au GLC (Greater London Council) jusqu’à sa mise en œuvre par le LSPU (London Strategic Policy Unit) avec le soutien de Des autorités londoniennes). L’événement mettra en évidence les officiers peu connus des différentes organisations, politiciens et groupes communautaires qui ont soutenu AJY. Certains seront sur place pour donner un compte rendu personnel de leur rôle. Pour vous inscrire, n’hésitez pas à réserver sur http://www.AfricanHistoryPlus.eventbrite.com. Les organisateurs font appel à des pistes pour aider à localiser des vidéos qui ont capturé les différents événements AJY, du lancement à Westminster Central Hall, aux nombreux concerts au Royal Albert Hall et aux conférences à travers Londres. «Le Mois de l’histoire des Noirs, ou Mois de l’histoire de l’Afrique, est destiné en particulier aux jeunes et aux enfants, afin de connaître les différentes contributions des Africains, qui font partie intégrante de l’histoire britannique», explique Addai-Sebo. M. Kwaku ajoute: «Nous pouvons maintenant ajouter le 22 juin, la Journée Windrush, récemment soutenue par le gouvernement, en partie à cause du scandale inique du Commonwealth et du Windrush». refléter l’une des histoires britanniques d’Afrique au cours des deux derniers millénaires, au lieu de simplement s’attarder sur une histoire à partir de 1948.


Ama Butler
BTWSC
btwsc@hotmail.com

BTWSC/African Histories Revisited

P O Box 14092, London NW10 1WL, England

btwsc@hotmail.com

www.AfricanHistoryPlus.eventbrite.com

Remarques: ‘Regardez jusqu’où nous sommes allés: perturber les histoires africaines
britanniques?’ livre de Kwaku publié en novembre 2018 par
BTWSC / African Histories Revisited Un article d’Awula Serwah & Kwaku publié en octobre 2018, intitulé
«Une histoire africaine plus large en Grande-Bretagne» Événements liés à la BTWSC / AHR @ http://www.AfricanHistoryPlus.eventbrite.com

LA MARTINIQUE au PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO ?

La Martinique, candidate au Patrimoine Mondial de l’UNESCO

Les fôrets et volcans de la Montagne Pelée et des Pitons du nord de la Martinique pourraient devenir le 5e site naturel de France inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Les aires volcaniques et forestières de la Martinique concourent en effet pour une reconnaissance et une visibilité au niveau mondial.
Un projet porté par le Parc naturel de Martinique, la CTM Collectivité Territoriale de Martinique et l’État.

 

Martinique Merveille du Monde

A l’approche du dépôt, au niveau national, de la candidature pour l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO des « Volcans et Forêts de la montagne pelée et des pitons du nord de la Martinique » , le Parc Naturel de Martinique (PNM) invite chacun à être ambassadeurs de cette Martinique Merveille du Monde.

Hot spot de la biodiversité mondiale, notre territoire se distingue aussi par sa géologie et le taux d’endémisme le plus élevé des Antilles ; patrimoine remarquable qu’il nous appartient de protéger et de valoriser.

L’intérêt de cette inscription ne se limite pas à une visibilité internationale prestigieuse capable de susciter une augmentation considérable de la fréquentation touristique. Elle augure des perspectives essentielles de préservation, de gestion, et de mise en valeur de nos patrimoines culturels et environnementaux, dans une dynamique d’ensemble pour tout un territoire.

C’est à ce titre que le PNM, porteur du projet pour le compte de l’État et de la Collectivité Territoriale de Martinique, encourage l’ensemble des martiniquais à être ambassadrices et ambassadeurs de cette ile exceptionnelle, acteur de la protection et de la valorisation de notre patrimoine naturel, culturel mais aussi à l’initiative de projets de développement local.

L’inscription du massif montagneux du nord de la Martinique au patrimoine mondial de l’UNESCO nécessite le soutien de tous. Le parc naturel de Martinique, organise une semaine de sensibilisation pour informer le plus grand nombre de la candidature pour l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO des « Volcans et Forêts de la montagne pelée et des pitons du nord de la Martinique ».

Ensemble faisons savoir au monde que la Martinique est une merveille…en informant nos proches et nos connaissances de cette démarche, en témoignant de notre soutien avec les autocollants #MartiniqueMerveilleduMonde et en communiquant sur les réseaux sociaux WhatsApp, Facebook, Instagram, YouTube que notre Martinique est une Merveille du Monde avec des photos, vidéos et autres animations.

 

 

 

Source

Quoi de neuf en Martinique ?

sakafetmatinik.fr

ECHOS DU VOYAGE PRESIDENTIEL

Le Président de la République débute son séjour ce jeudi 27 septembre 2018, en Martinique par une séance de questions- réponses de 20 minutes avec la presse à la résidence préfectorale à Fort-de-France. Il annonce le déblocage de 40 millions d’euros pour le service public de l’hôpital.

Agnès Buzyn, ministre de la santé, François de Rugy, ministre de l'environnement, Emmanuel Macron, le Président de la République, Annick Girardin, ministre de l'Outre-mer, Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Jacques Mezard, ministre de la cohésion et du territoire. © Martinique La 1ère
© MARTINIQUE LA 1ÈRE Agnès Buzyn, ministre de la santé, François de Rugy, ministre de l’environnement, Emmanuel Macron, le Président de la République, Annick Girardin, ministre de l’Outre-mer, Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Jacques Mezard, ministre de la cohésion et du territoire.
  • Par Joseph Nodin
  • Publié le , mis à jour le

Sur le perron de la résidence préfectorale à Fort-de-France, ce jeudi 27 septembre 2018, le chef de l’État entouré des ministres Annick Girardin pour l’Outre-mer, Agnès Buzyn de la Santé, François de Rugy, ministre de l’Environnement, Sebastion Lecornu, secrétaire d’État à la transition énergétique, Jacques Mezard, ministre de la Cohésion et du Territoire, a évoqué ses ambitions pour nos territoires.

Le Président de la République a d’abord eu un long entretien avec les élus martiniquais. « Je viens d’avoir une discussion avec les élus du territoire sur la révision constitutionnelle. Nous avons également eu une discussion sur les projets du gouvernement en matière budgétaire. Nous avons parlé de la modification de l’abattement fiscal (…) J’ai expliqué la réalité de cette politique fiscale qui est le fruit d’un travail de plusieurs mois ». Emmanuel Macron pense que cette réforme est juste alors qu’en Martinique la population et les élus pensent le contraire. « Le Président nous roule dans la farine« , s’insurge le sénateur Maurice Antiste.

Le Président de la République assure que « cette réforme concerne 4 % des plus riches en Outre-mer, c’est 70 millions d’euros qui seront intégralement et en toute transparence réinvestis dans les projets en Outre-mer ». 

40 millions pour l’hôpital

La ministre de la Santé se rendra à l’hôpital qui a connu de grandes difficultés, « nous allons réinvestir massivement pour que l’hôpital retrouve ses capacités pour soigner les habitants dans des conditions normales« , insiste Emmanuel Macron. Il a annoncé le chiffre de 40 millions d’euros. « J’attends aussi que nous construisions une vraie stratégie d’excellence entre la Guadeloupe et la Martinique pour faire une vraie excellence sanitaire pour nos concitoyens ».

Silver économie, tourisme, numérique et agriculture

Le Président de la République annonce le soutien de l’État aux filières du tourisme, de la silver économie, du numérique et dans l’agriculture. « Des filières sur lesquels nous souhaitons investir massivement« .

 

Le Président de la République, Emmanuel Macron reconnaît enfin la responsabilité de l’État dans le scandale du chlordécone aux Antilles Françaises, lors d’un discours prononcé en Martinique, jeudi 27 septembre 2018.

Le chef de l'Etat au Morne-Rouge ( jeudi 27 septembre 2018) © Martinique la 1ère
© MARTINIQUE LA 1ÈRE Le chef de l’Etat au Morne-Rouge ( jeudi 27 septembre 2018)
  • Par Joseph Nodin
  • Publié le

C’est au Morne-Rouge (jeudi 27 septembre 2018), sur l’habitation d’un agriculteur qui produit sans pesticides que le chef de l’État a fait sa déclaration en présence de responsables politiques, agricoles et administratifs.

« Je tenais à parler de la chlordécone et enfin à regarder les choses en face. La pollution à la chlordécone est un scandale environnemental dont souffre la Martinique et la Guadeloupe depuis 40 ans. Tout cela c’est le fruit d’une époque qui est désormais révolue. (…) Ce fut aussi le fruit d’un aveuglement collectif« , admet pour la première fois un chef de l’État français en fonction.

Le produit a été interdit dès 1977 aux États-Unis, mais utilisé jusqu’en 1993 aux Antilles par les producteurs de bananes pour lutter contre le charançon du bananier. Il est soupçonné notamment d’être responsable d’une explosion des cancers de la prostate. « Pendant des décennies nous avons collectivement choisi de continuer à utiliser la chlordécone là où d’autres territoires avait cessé beaucoup plus tôt« , confirme Emmanuel Macron.

Pour la première fois l’État parle de réparation

« L’État doit prendre sa part de responsabilité dans cette pollution et doitavancer dans le chemin de la réparation et des projets« . Le Président de la République estime que la réparation est d’abord collective. « C’est le sens du plan d’action mis en place depuis 10 ans pour la recherche scientifique, la prévention, les contrôles, la dépollution avec de vraies avancées. Lorsqu’un particulier veut savoir si sa terre est polluée par la chlordécone, c’est l’État qui prend en charge le test et c’est l’ARS (Agence Régionale de Santé), qui paie ».

La réparation individuelle est attendue

La chlordécone est bien présente dans le corps humain selon les études scientifiques connues, mais l’État considère que ces résultats ne permettent pas de confirmer que cette présence a un effet sur la santé humaine. « Toutefois on présume le lien avec des naissances prématurées, des retards de développement cérébral et d’autres pathologies, mais il n’y a pas aujourd’hui de preuves scientifiques établies », ajoute Emmanuel Macron. De ce point de vue là, le pouvoir tient le même langage sur cette contamination au chlordécone utilisé massivement de 1972 à 1993 dans les bananeraies.

Un espoir pour les travailleurs de la banane ?

« Il est possible d’avancer davantage sur  la question des maladies professionnelles pour les personnes particulièrement exposées à la molécule. J’ai demandé à ce titre que les tableaux des maladies professionnelles soient réactualisés en  fonction des connaissances scientifiques« . Le chef de l’État fait directement allusion aux planteurs de banane de Guadeloupe et de Martinique.

 

Source  Martinique Première 27.09.2018

QUEL DRAPEAU POUR LA MARTINIQUE ?

  • Le député Nilor veut le retrait de l’emblème aux 4 serpents qui symbolise la Martinique

  • Jean-Philippe Nilor voudrait que soit rattaché au projet de réforme, un amendement visant à interdire tout emblème ou drapeau qui rappelle le passé colonial. Le député souligne que le drapeau pavillon bleu et blanc est infamant, qu’il est apparu en pleine période esclavagiste, qu’il est lié à la traite négrière. C’est donc un symbole lié à ces deux crimes contre l’humanité perpétrés à l’encontre de nos ancêtres.
  • Autre argumentation, les serpents du pavillon sont des couleuvres qui apparaissent sur les armoiries de la famille de Colbert. C’est l’auteur du code noir, en 1685. Jean-Philippe Nilor ose une comparaison, « si la croix gammée représentative du nazisme renvoie à l’holocauste, ce drapeau bleu avec sa croix blanche et ses 4 serpents est lui, représentatif de l’esclavage et de la traite négrière« . Un drapeau présent aujourd’hui sur les bâtiments officiels de l’État en Martinique et sur les uniformes des gendarmes.Jean-Philipe Nilor n’est pas le seul à porter cet amendement. À ses côtés, un autre député de la Martinique, Manuela Keklard-Mondesir, le polynésien Moetai Brotherson, le guyanais Gabriel Serville et le corse Jean Felix Acquaviva

 

SUITE  DE  L’EPILOGUE…  17 octobre

Le 27 septembre 2018 à la fin d’une conférence de presse à la résidence préfectorale à Fort-de-France, le chef de l’État Emmanuel Macron, est interpellé sur l’emblème aux 4 serpents qui symbolise la Martinique sur l’uniforme des gendarmes. « Je n’en connais pas l’existence« , répond Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat pour qui « il est impossible de parler de la France d’aujourd’hui sans parler de son passé colonial« , a vite réagi. « Le président a pris la décision quasiment dans la journée. Il avait été assez réceptif« , confie le préfet Franck Robine au site Makacla. « On en a discuté ensemble et pris le temps de s’informer, le temps de bien comprendre les réactions d’une partie de la population« .

Emmanuel Macron a pris une décision d’apaisement

Le chef de l’État a pris la décision de demander à la gendarmerie de changer son emblème pour en adopter un autre plus neutre avant de se doter d’un nouvel emblème qui reflète mieux la Martinique. « C’est une décision d’apaisement « , explique le préfet.

Lorsque l’on fait une recherche internet sur la Martinique, c’est d’abord cet emblème bleu et blanc, celui aux quatre serpents, qui s’affiche. Ce symbole de la marine marchande avait été imaginé en 1663 par le roi de France pour les compagnies associées au commerce triangulaire et à l’esclavage.
L’utilisation de cet emblème est donc controversée. En 2017, Alfred Marie-Jeanne, le président du conseil exécutif de la CTM avait refusé de prononcer un discours parce que ce panneau polémique était accroché à son pupitre.

L’emblème aux 4 serpents figure au moins sur un  bâtiment officiel, celui du commissariat de police à Fort-de-France. « Mais le nouvel hôtel de police en construction actuellement dans le centre-ville ne comporte pas d’emblème », assure le préfet.

 

Source Martinique Première

  • NB- Je  note  pour  ma  part  que si  à  l’ouverture  de  ce  blog  en  2010 c’est  l’écusson  au  4 serpents  qui désignait  la Martinique parmi  mes  lecteurs,  depuis 2016 (env) toutes  les possessions  françaises  Outre Mer(sauf la Guyane, allez  savoir  pourquoi !)  s »alignent  avec  le  drapeau  tricolore.  une  petite  frustration  tout de  même   de  ne  pouvoir  se  distinguer et  comme entité avec  « son » drapeau  ou  « ses » armoiries….A moins  que!

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