Les ASSISES DE l’OUTRE MER selon Emmanuel MACRON

Emmanuel macron à Cayenne le 28 octobre (photo MJ/France-Guyane)

Emmanuel macron à Cayenne le 28 octobre (photo MJ/France-Guyane)

Economie et formation professionnelle au coeur des assises

Dans son discours de lancement des assises des Outre-mer à Cayenne, samedi dernier, le président de la République a longuement développé la philosophie des ambitions que sa ministre aura à coordonner.

A travers son discours, il a anticipé la réponse des critiques des parlementaires sur son premier budget…

« Je crois à l’investissement dans des filières économiques, aux aides aux entreprises pour baisser le coût du travail et à une politique de formation et d’insertion. » Emmanuel Macron veut faire de la commande publique le levier du développement de filières locales avec « des critères d’emplois locaux, des critères sociaux, même des critères environnementaux » et bien sûr en « simplifiant les règles ». Et tandis que les parlementaires ont pointé la « désanctuarisation » de la ligne budgétaire unique (qui sert à financer le logement social), le président a dit ce qu’il entendait faire pour le BTP et le logement : « Son financement sera stabilisé sur la durée du quinquennat. » Il a ainsi annoncé qu’un projet de loi logement serait présenté avant la fin de l’année avec un chapitre outre-mer.

Le président plaide encore pour la modernisation des infrastructures touristiques : « L’Etat, la Caisse des Depôts et Consignations doivent venir en soutien dans une stratégie qui a commencé à se déployer pour l’Hexagone et qui a trop largement oublié les Outre-mer « .

Le président assure encore que la commande publique participera aussi à structurer la filière énergétique et renouvelable, à réduire les délais de réalisation et adapter la programmation pluriannuelle énergétique (PPE) aux réalités des territoires.

Même pragmatisme avec la filière agricole et agroalimentaire où il veut, partout, augmenter la production et la consommation locale, notamment à la Martinique et à la Guadeloupe où le taux de dépendance alimentaire est supérieur à 60% voire 80% dans certains endroits. Le président suggère de développer des stratégies de culture polyvalente « pour construire une vraie souveraineté alimentaire de nos Outre-mer qui sera un des facteurs de la lutte contre la vie chère. » Pour cela, Emmanuel Macron recommande une stratégie de formation des jeunes pour répondre aux besoins locaux.

Formation et mobilité

Le président compte « transformer la politique de formation sur les territoires pour éviter d’imposer des milliers de kilomètres aux uns et aux autres ». C’est le début de l’explication de la suppression de 13 % du budget de Ladom dans le budget en cours d’examen. Le président rappelle d’abord qu’il va investir 15 milliards pendant ce quinquennat pour l’action en matière de formation et d’éducation. Mais il veut aussi que l’on « repense profondément l’aide à la mobilité ». Ce sujet sera au cœur des assises notamment à la Guadeloupe et la Martinique : « Nous devons développer des formations aux Antilles pour réussir dans les filières qui sont adaptées. Et ça vaut aussi pour la Guyane (…) Il est complètement fou de voir aujourd’hui des jeunes qui vont aller chercher des formations qualifiantes en Hexagone pour des besoins en emplois sur les territoires ! » Le projet présidentiel est donc d’investir sue part de ces 15 milliards dans la formation et de diminuer de 10 à 15 % chaque année le budget de Ladom, soit 50 % en cinq ans. Il s’en explique ainsi : « Ce n’est pas de la dépense de fonctionnement, c’est de l’investissement d’avoir des formations de qualité… »

Emmanuel Macron veut non seulement éviter les départs, mais il veut également « accompagner sur le plan tarifaire les retours ». Il en est ainsi de l’initiative de la Région Réunion qui finance 100 000 billets par an. « Je veux que l’Etat puisse être non seulement à vos côtés mais aux côtés de toutes les collectivités pour là aussi développer ces facilités. »

Au-delà des grands sujets régaliens (justice, sécurité, santé), le président a insisté sur « l’esprit de responsabilité (qui) doit être partagé par tout sur chaque once de ce territoire parce que le combat que quelques-uns d’entre vous menez, c’est un combat digne, fort, il est plus dur que de s’habituer aux facilités passées. »

Churchill concluait un semblable discours en promettant du sang, de la sueur et des larmes !

FXG, à Paris

Les ateliers évoqués

Fonction publique

Un chantier sera ouvert avec le directeur général de la fonction publique Thierry LE GOFF avec les organisations syndicales et les DRH des ministères. Emmanuel Macron a rappelé son engagement à ne pas toucher aux 40 % de sur-rémunération, mais cette position aura « à terme vocation à bouger ». Pour autant, le président est prêt pour « une vraie politique d’attractivité (…) en valorisant la carrière de nos concitoyens ultramarins là où ils sont nés » afin que « la fonction publique d’Etat ressemble aux territoires qu’elle administre ». Pour cela, il veut des filières d’excellence. Là aussi des conclusions sont attendues pour l’été.

Collectivités publiques

Emmanuel Macron s’engage pour maintenir les dotations des 319 collectivités publiques territoriales sur la durée du quinquennat. En échange de quoi, il leur demande une profonde restructuration (« investir davantage et peut-être de dépenser moins en fonctionnement »). Cela aussi doit faire l’objet d’un chantier.

Erasmus régional

Le président a indiqué avoir « poussé l’Union européenne en ayant un Erasmus adapté ». Un dispositif qui permettrait aux jeunes guyanais d’aller faire des échanges universitaires au Brésil, en Colombie ; les Réunionnais, à Madagascar ou en Afrique et les Antillais dans la Caraïbe

Un statut international des lieux de naissance  

Le chef de l’Etat a indiqué être « prêt à réfléchir à un statut international des lieux de naissance et des zones frontalières » sans remettre en causel’aide médicale d’Etat. Il a ainsi voulu aborder la question de l’attractivité de nos territoires avec leurs structures de santé et la question du droit du sol… Il invite aussi à bâtir une coopération en matière de santé avec les Comores, « pour éviter un tourisme sanitaire qui conduit ensuite à des installations dans la durée ». Une ligne valable également pour la Guyane, voire Saint-Martin.

Congés bonifiés et billets d’avion

« Les congés bonifiés tels qu’ils fonctionnent aujourd’hui ne sont plus adaptés à un temps où il fallait prendre le bateau durant des mois pour rejoindre sa famille. » Le président propose de permettre des retours plus fréquents et une politique de billets d’avion beaucoup moins chers. « Aujourd’hui, a-t-il dénoncé, c’est un système d’entente en quelque sorte sur le dos des personnes et des finances de l’Etat, où on fait payer plusieurs milliers d’euros de plus le billet d’avion à celui qui revient pour son congé bonifié… » Il propose donc une politique de concurrence « beaucoup plus vigilante pour les monopoles dans chacun de nos territoires, (…) comme pour les compagnies aériennes et leur politique tarifaire. »

Congés bonifiés : Emmanuel Macron veut des retours plus fréquents et des billets moins chers

 

(Photo d'illustration) © PATRICE COPPEE / AFP
© PATRICE COPPEE / AFP (Photo d’illustration)
  • La1ère.fr
  • Publié le 

« Nous devons revoir les congés bonifiés tels qu’ils fonctionnent aujourd’hui », a déclaré Emmanuel Macron, samedi 28 octobre, lors de sa visite en Guyane. Dans son discours d’ouverture des Assises des Outre-mer à la préfecture de Cayenne, le chef de l’Etat a estimé que les congés bonifiés actuels n’étaient « plus adaptés à un temps où il fallait prendre un bateau pendant des mois pour rejoindre sa famille ».

Retour plus fréquents

Emmanuel Macron veut désormais permettre « des retours plus fréquents avec une politique qui incite aussi à avoir des billets beaucoup moins chers ». Il a dénoncé un système actuel « d’entente en quelque sorte sur le dos des personnes et des finances de l’Etat ».

Vigilance sur les prix des billets

« On fait payer plusieurs milliers d’euros de plus le billet d’avion à celui qui revient pour son congé bonifié, a déploré Emmanuel Macron. Il faut pouvoir revenir plus vite, plus facilement, avec là aussi des politiques tarifaires plus adaptées ».

Le Président de la République veut une « politique de concurrence beaucoup plus vigilante pour les monopoles dans chacun de nos territoires, ce sera aussi ce que nous ferons pour nos compagnies aériennes et leurs politique tarifaire ». Une déclaration saluée immédiatement par les élus et la ministre des Outre-mer présents dans l’assistance.

Décret de 1987

Tous les fonctionnaires originaires des Outre-mer peuvent prétendre aux congés bonifiés. C’est un décret de juillet 1987 qui en détermine les critères encore en vigueur aujourd’hui (naissance dans un DOM, scolarisation et présence de la famille là-bas, etc.). Ce congé équivaut à 30 jours supplémentaires de congés tous les trois ans, avec le prix du billet payé par l’employeur.

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CALEDONIENS AILLEURS …

 Françoise Wadou, peintre en pleine renaissance

NC 1ERE

 

Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Etudes, recherche d’emploi, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure ailleurs ? Cette semaine, Françoise Wadou, artiste en devenir.

Calédoniens ailleurs : Françoise Wadou, peintre en pleine renaissance © DR
© DR Calédoniens ailleurs : Françoise Wadou, peintre en pleine renaissance
  • Par Ambre Lefeivre
  • Publié le 20/08/2017 à 07:02

« Je donne du cachet, de la couleur à ma vie ». A 50 ans Françoise a décidé de donner un nouveau souffle à son existence.  Alors que la peinture n’était jusque là qu’une passion assouvie lors de son temps libre, la Calédonienne se lance dans une nouvelle aventure, celle de vendre ses tableaux et créations. Un renouveau qui n’aurait pas été permis sans son parcours de vie.

Passionnée de travaux manuels, Françoise a profité de son passage au Vanuatu pour créer des objets de déco © DR
© DR Passionnée de travaux manuels, Françoise a profité de son passage au Vanuatu pour créer des objets de déco

Férue de travaux manuels, évoluant au sein d’une famille d’artistes,  la timide Françoise dessine et peint depuis son plus jeune âge. Si la Calédonienne fait le choix de quitter tôt l’école, c’est en autodidacte qu’elle apprend de nouvelles techniques. Très impliquée dans la vie de son église, elle rencontre son futur époux à 18 ans lors d’un camp de jeunes. Le couple se marie rapidement et devient bientôt parents de deux filles. La Nouméenne d’origine indonésienne et son mari Paul décident quelques années plus tard de servir Dieu. Pour mener à bien leur mission, Paul, devenu pasteur, et Françoise déménagent de 1988 à 2000 à Koumac et enfin Ouvéa, l’île natale de Paul. Femme de pasteur, Françoise joue également un rôle actif au sein de son église notamment au niveau social. « Je complète et épaule mon mari dans sa mission. Les gens savent qu’ils peuvent venir me voir à tout moment ».

La Calédonienne prend des cours de dessin depuis son installation en métropole © DR
© DR La Calédonienne prend des cours de dessin depuis son installation en métropole

Le nouveau millénaire marque le début d’une nouvelle vie pour le couple. Les Wadou s’installent au Vanuatu pour mener à bien leur rôle de missionnaires. Ce déménagement est un déclic pour Françoise.  « Après être sortie du pays, je sentais que je devais me retrouver en tant que personne ». Elle, qui avait un peu délaissé sa passion, renoue avec la peinture et les créations manuelles. Ces œuvres font mouche. « L’étonnement des gens m’a fait réaliser qu’il y avait quelque chose dans ce que je faisais ». Petit à petit, l’idée d’un certain talent fait son chemin. Après sept ans dans le Pacifique, le couple emménage à Granville (Normandie) pour trois ans. La dernière année, Françoise se décide à prendre des cours cherchant également l’approbation d’un professeur. « Mon enseignant m’a encouragé dans cette voie-là ». Installée à Epinal (dans les Vosges) avec son mari, elle poursuit ses cours. En 2016, la peinture prend une nouvelle dimension dans sa vie. Elle s’y consacre de plus en plus. Son atelier étant attenant à sa maison et à l’église, les fidèles et les passants sont de plus en plus nombreux à découvrir et surtout à apprécier ses créations.

Françoise s'apprête à vendre ses tableaux © Françoise Wadou
© Françoise Wadou Françoise s’apprête à vendre ses tableaux

Face à ce succès, Françoise a décidé de lancer sa micro-entreprise. Conseillée par la chambre de commerce locale, elle vendra dès cet automne ses objets de déco, ses bijoux et ses tableaux. Une nouvelle vie professionnelle qui l’enchante. « Terminer par la peinture, par la création, c’est un moyen d’exprimer mon âme et mon cœur ».  Un projet qui n’aurait pas pu se faire sans les nombreuses rencontres de Françoise et l’amour de Dieu. « La grâce de Dieu me suffit. Il m’a permis toutes ses belles choses. Les personnes rencontrées m’ont donné de l’assurance pour me lancer » déclare- t-elle avant d’ajouter : « Je me sens accomplie aujourd’hui, j’ai l’impression d’être quelqu’un ». 

par ambre@lefeivre.info

ECRIVAINS HAÏTIENS A L’HONNEUR

Trois Haïtiens finalistes pour un grand prix littéraire francophone

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Plusieurs écrivains haïtiens et étrangers ont soumis leurs œuvres de fiction (roman, récit, nouvelles) publiées entre  le 1er mai 2016 et le 1er mai 2017. Trois Haïtiens sont en lice pour le grand Prix des cinq continents de la Francophonie.

Créé en 2001 par l’Organisation internationale de la Francophonie, le Prix des cinq continents consacre un texte d’un écrivain important, témoignant d’une expérience culturelle spécifique enrichissant la langue française. Deux auteurs établis et un jeune auteur  en herbe figurent parmi les finalistes.

Il s’agit de Néhémie Pierre Dahomey, auteur du récit « Rapatriés » (paru chez Seuil), Gary Victor, auteur de Les temps de la cruauté (Philippe Ray) et  Louis-Philippe Dalembert  pour le récit « Avant que les ombres s’effacent », publié chez l’éditrice Sabine Wespieser.Ce roman du prolifique romancier haïtien s’est déjà vu décerner plusieurs distinctions dont le Prix France Bleue/Page des Librairies 2017, après que Louis-Philippe ait raflé le Prix Orange du Livre.

Haïti croise les bras et attend la délibération du jury : qui détrônera l’écrivaine et journaliste tunisienne Fawzia Zouari, lauréat de l’édition 2016 pour son roman « Le Corps de ma mère », édité à Tunis par Déméter et coédité à partir de Paris par Joëlle Losfeld, Gallimard.

Réunis ce mardi 11 juillet 2017 au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), les représentants des cinq comités de lecture du Prix des cinq continents de la Francophonie ont choisi les 10 finalistes parmi les 122 œuvres proposées.

De l’avis des comités, « la moisson 2017 nous invite à lire des parcours de femmes et d’hommes qui, par leur force de caractère, par leur courage ou leur détermination, parviennent à se construire, au cœur de la violence de nos sociétés. Ce sont des tragédies qui nous révèlent la complexité de la nature humaine et ouvrent des horizons au-delà des époques et des frontières ».

Accueillant tout auteur d’expression française quelle que soit sa maturité littéraire, le Prix des cinq continents de la Francophonie met en valeur l’expression de la diversité culturelle et éditoriale de la langue française sur les cinq continents.

La liste complète des finalistes

Deux écrivains haïtiens finalistes du Prix Théâtre RFI 2017

Parmi les 13 textes présélectionnés pour l’édition 2017 du Prix Théâtre RFI, figurent deux œuvres haïtiennes : Reconstruction(s) de Noé Beaubrun et Quai des ombres de Faubert Bolivar.

« Le choix a été difficile et, comme tout choix, douloureux. Il a demandé beaucoup de temps et une attention rigoureuse, faisant peu cas de fautes de syntaxe ou d’orthographe. S’attachant tant au fond qu’à la forme.» C’est par ces mots que le comité de lecture du Prix Théâtre RFI 2017 dévoile la liste des textes présélectionnés pour « leurs qualités littéraires, dramaturgiques et leur originalité ». Deux auteurs haïtiens, Noé Beaubrun et Faubert Bolivar, sont en lice respectivement pour leurs pièces Reconstruction(s) et Quai des ombres.

Elles sont des œuvres représentatives de la littérature haïtienne non seulement en référence à leurs auteurs, mais aussi pour les sujets qu’elles abordent.

Reconstruction(s) de Noé Beaubrun

Le président d’Haïti s’est retiré dans l’unique bibliothèque du pays et depuis trois ans passe son temps à lire et à philosopher « pour se reconstruire ». Le peuple se plaint de cette inaction par la voix de l’opposition tandis que les ministres s’emploient à ne rien faire pour se reconstruire pour leur propre compte avec l’argent des impôts et des ONG… Le public est appelé à participer aux péripéties de cette farce politique qui brocarde un régime immobile et corrompu depuis des décennies.

Quai des ombres de Faubert Bolivar

Après le tremblement de terre en Haïti, des personnages errent dans les ruines, au milieu des fantômes. Fauchés en pleine vie. Déjà happés, morts-vivants, par le chœur des ombres…

Voici la liste des 11 autres textes  présélectionnés:

  • La poupée barbue d’Edouard Elvis Bvouma (Cameroun)
  • Verso Recto de Sylvie Dyclo-Pomos (Congo)
  • Arènes intérieures de Koukouvi Dzifa Galley (Togo)
  • La rue bleue de Sedjro Giovanni Houansu (Bénin)
  • Délestage de David-Minor Ilunga (RDC)
  • Là-bas de Fidèle Kofi (Côte d’Ivoire)
  • Les invisibles de Hicham Lasri (Maroc)
  • Longues sont mes nuits de Faustin Keoua Leturmy (Congo)
  • Le tableau pas complet de Mylene Ntamengouro (Burundi)
  • Debout un pied de Denis Sufo Tagne (Cameroun)
  • Mille et une femmes de Constantin Liberté Kouam Tawa (Cameroun)

« Ce qui nous a frappés, c’est la force des propos à l’égard des maux qui hantent ces pays. Dictature, corruption, intolérance, exclusion, poids de traditions étouffantes, calamités de tous ordres… C’est aussi l’humour qui jaillit au fil des mots, même dans les situations les plus tragiques. Manière de prendre de la hauteur, de la distance vis-à-vis de réalités difficiles », témoigne un article de RFI consacré à ce sujet.

La balle est maintenant dans le camp du jury, composé d’artistes, de professionnels et présidé cette année par l’écrivain Dany Laferrière, qui lira les pièces finalistes et designer le lauréat. Le « Prix Théâtre RFI » 2017 sera remis à Limoges, dimanche 24 septembre, dans le cadre du Festival Les Francophonies en Limousin. Le lauréat recevra, entre autres primes, une dotation financière d’un montant de 1500 euros, une résidence de création d’une durée d’un à trois, la promotion de son texte.

L’appel à candidatures pour le « Prix Théâtre RFI » 2017 a été lancé du 13 mars au 16 avril 2017, et pas moins de 172 candidatures ont été reçues en provenance de 23 pays francophones.

Le « Prix Théâtre RFI » a pour objectif de promouvoir la richesse des écritures dramatiques contemporaines francophones du Sud et de favoriser le développement de carrière de jeunes auteurs, écrivant en français. En 2014, le « Prix Théâtre RFI » a récompensé Chemin de fer, le texte de Julien Mabiala Bissila, jeune auteur congolais, en 2015 l’auteure libanaise Hala Moughanie pour Tais-toi et creuse et en 2016 le Guinéen Hakim Bah pour Convulsions.

 

 

 

ILS ONT  ETE  NOMMES  « CHEVALIER  DE  L’ORDRE   DES  ARTS  ET DES LETTRES »

Guy  REGIS junior a  été nommé  par l’ancienne ministre française de la Culture, Audrey Azouley pour sa  contribution à la promotion des valeurs culturelles de France. Le titre de Chevalier reste le premier des trois grades, officier et commandeur, de cette distinction.

Cette distinction existe depuis 1957 en France et elle récompense les personnes qui se sont distinguées par leurs créations dans le domaine artistique ou littéraire, ou par la contribution qu’elles ont apportée au rayonnement des Arts et des Lettres en France et dans le monde, suivant ce que l’on peut en lire sur le site du ministère français de la Culture.

Des critères bien définis déterminent la qualification à ce titre, très respecté et envié par les artistes, les écrivains et tout professionnel du champ culturel. Le Conseil de l’Ordre des Arts et des Lettres, après collecte et instruction de sa section des distinctions honorifiques, soumet les noms de personnalités choisies au ministre chargé de la Culture, qui décide souverainement des nominations.

James Noël, acteur principal dans le film « Woch nan dlo » aux côtés de la romancière haïtienne Edwidge Danticat, directeur de la revue littéraire IntranQu’îllités a été nommé par arrêté du 21 avril 2017 Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par l’ex-ministre français de la Culture, Audrey Azouley, remplacée par Françoise Nyssen, fondatrice de la maison d’éditions Actes Sud.


Le métier de cet Haïtien est de brasser dans une revue littéraire tous les imaginaires du monde, de tailler des rêves avec des mots.

Dans la lettre de félicitation datée du 25 juillet 2017 et adressé au poète et auteur de « La migration des murs », Audrey Azouley salue le talent de James Noël et son « immense talent, son engagement au service de la culture et sa contribution au renforcement des relations entre la France et Haïti. »

Né en Haïti en 1978, James Noël est poète. Ancien pensionnaire de la Villa Médicis, il écrit régulièrement des chroniques pour Mediapart et anime la revue IntranQu’îllités. Parmi ses derniers recueils de poésie parus : Le Pyromane adolescent, suivi du Sang visible du vitrier (Points, 2015); Anthologie de poésie haïtienne contemporaine (Points, 2015); La Migration des murs (Galaade, 2016).

« Belle merveille » est son tout dernier roman paru aux éditions Zulma et qui sera en librairie, en France, le jeudi 24 août.

NB. Yanick Lahens, Lyonel Trouillot, Makenzy Orcel, Gary Victor et Franckétienne  ont eux aussi reçu cette distinction.

 

 

LES    ECRIVAINS   HAÏTIENS  QUI ONT  MARQUE  L’ANNEE 2016

L’année 2016 s’achève et laisse derrière elle son lot de douleurs. Nous avons tant compté de cadavres, succombé aux malheurs, pleuré les nôtres et raté les rendez-vous de goûter aux joies et plaisirs de la vie. C’est qu’en Haïti, il ne nous est pas offert la chance de laisser libre cours à nos rêves vu toute la difficulté de vivre et d’exister dans ce pays sous l’emprises des ténèbres. Cependant, la littérature (nos écrivains) nous a encore permis d’espérer ce bonheur si longtemps cherché –pas encore retrouvé- aussi fugace soit-il. Voici, entre autres, quelques-uns de ces écrivains qui ont marqué l’année 2016.

Publié le 2016-12-28 | Le Nouvelliste

Culture – Dieulermesson PETIT FRERE

 

René Depestre (1926) L’on croyait qu’il avait tout abandonné de l’écriture tout comme il s’est retiré d’Haïti pour vivre des jours heureux à Lézignan-Corbières. À quatre-vingt-dix ans, il vient de remporter le Grand prix de la SGDL de Littérature 2016 pour son dernier roman, Popa Singer, paru aux éditions Zulma. Depestre a reçu en 1982 le Goncourt de la nouvelle pour « Alléluia pour une femme-jardin » et le Renaudot en 1988 pour son roman « Hadriana dans tous mes rêves ».
Joël Des Rosiers (1951) Connu surtout comme psychiatre, Joël Des Rosiers est poète et critique littéraire. Auteur de huit recueils de poèmes et de deux essais, dont le dernier, « Metaspora : essais sur les patries intimes », a reçu le Modern Language Association Price for Independent Scholars, en 2014. Il vient de se voir attribuer le prix de la poésie Fetkann-Maryse Condé 2016 pour Chaux, son dernier recueil paru en 2015 chez Triptyque. 

Martine Fidèle (1988) Invitée au salon international du livre de Québec du 13 au 17 avril 2016 à l’initiative de l’éditeur Rodney Saint-Éloi, Martine Fidèle a signé, pour le plaisir de nombreux amants des lettres haïtiennes, son roman « Double corps » qui a défrayé la chronique lors de sa parution. Mis à part sa participation à des tables rondes, elle a fait un passage à l’émission « Scène rendez-vous littéraires ». Elle a été aussi invitée d’honneur de « Livres en liberté ». Outre ses activités d’écriture, Martine fait du théâtre et publie régulièrement des articles dans la section Culture du Nouvelliste, le plus ancien quotidien de l’Amérique francophone.

 

Inema Jeudi (1981) Connu surtout comme poète créolophone de grand talent, Inéma Jeudi a publié cette année son premier recueil de poèmes en français, Le jeu d’inéma, aux éditions Le temps des cerises en France. Il a été, du coup, invité à signer son livre, à participer à des émissions sur TV5 Monde à Paris et à des soirées de lecture aux côtés de son préfacier et maître Lyonel Trouillot. Membre de l’Atelier jeudi soir à Port-au-Prince, ses poèmes sont chantés par Herby François, Wooly Saint-Louis Jean et Roosevelt Saillant, dit BIC.

 

Yanick Lahens (1953) C’est à Jacmel que la récipiendaire du prix Femina 2014 pour son roman « Bain de lune », Yanick Lahens, a atterri au début de l’année 2016 pour des échanges avec les élèves du collège Alcibiade Pommayrac. Invitée à la foire du livre de Miami, elle a pris part aux Francophonies en Limousin à Limoges en mars dans le cadre de la semaine consacrée à Haïti à l’initiative du comité Marguerite-Bourgeoys. Outre ses diverses rencontres en Haïti avec des écoliers, étudiants et autres amants des lettres, elle a multiplié les voyages dans les Antilles, en Europe pour des ventes-signatures et des conférences et pour honorer des invitations de tout genre.

 

Coutechève Lavoie Aupont (1982) Coutechève Lavoie Aupont a reçu le prix René Philoctète de la poésie dans le cadre de la deuxième édition du concours organisé par la Direction nationale du livre. Lauréat également du prix Dominique Batraville de la poésie pour son livre « Make pa », il prête ses services au centre Pen Haïti depuis plus d’une année, et est devenu un militant de la culture en multipliant çà et là des activités culturelles (surtout à Port-au-Prince).

 

Stéphane Martelly (1974) Peintre, poète et chercheure attachée à l’Université Concordia au Canada, Stéphane Martelly a signé, le 30 novembre dernier, « Les jeux du dissemblable. Folie, marge et féminin en littérature haïtienne contemporaine » aux éditions Nota Bene, un livre critique qui tente de cerner la figure du féminin et de la folie dans le champ littéraire haïtien. Critique littéraire, auteur d’un essai extraordinaire sur l’œuvre de Magloire Saint-Aude, « Le sujet opaque. Une lecture de l’œuvre poétique de Magloire Saint-Aude », Stéphane est, entre autres, l’auteur de « Inventaires », recueil de poèmes paru chez Triptyque au Canada

 

James Noël (1978) James Noël est un écrivain voyageur. Il est sur tous les fronts. Invité spécial du 33e festival des Francophonies en Limousin, il a publié au début du troisième trimestre « La migration des murs », une sorte de pamphlet politique chez Galaade éditions. Outre l’émission « Intranquillement vôtre » diffusée sur la télévision nationale et qui fait la promotion de la culture, il dirige, avec Pascal Monnin, la revue Intranqu’Ilités dont le quatrième numéro a réuni près de deux cents contributeurs.

 

Makenzy Orcel (1983) Makenzy Orcel est ce jeune écrivain haïtien pour qui l’avenir augure des jours heureux. 2016 aura été pour lui la saison la plus florissante de sa carrière de romancier. Auteur de deux romans parus chez Mémoire d’encrier, Les immortelles (2010) et Les latrines (2011), son dernier livre, L’ombre animale, a battu les records des prix littéraires. Quatre fois primés ( Prix Éthophile, prix Louis-Guilloux, prix Littérature-Monde, ADELF-Caraïbes), L’Ombre animale, lit-on sur le site des éditions Zulma « se situe à la limite des ténèbres et de l’aurore, du rêve et de l’éveil, de l’absence et de la vie ».

 

Anthony Phelps (1928) Phelps est peut-être l’un des derniers survivants du groupe Haïti littéraire –s’il faut compter Janine Tavernier qui a fait partie du groupe et Marie Vieux-Chauvet considérées comme des antennes. Récipiendaire du prix Carbet du Tout-Monde pour l’ensemble de son œuvre, il vient de publier son dernier recueil de poèmes Je veille, incorrigible féticheur aux éditions Bruno Doucey.

 

Néhémy Pierre-Dahomay (1986) Ancien étudiant en philosophie à l’École normale supérieure de Port-au-Prince, Néhémy vient de faire un grand coup en publiant son tout premier roman, Rapatriés, aux éditions du Seuil. Connu surtout comme poète, il a déjà publié à Port-au-Prince Emmuré suivi de Mots épars. En 2004, il a été lauréat du concours de textes organisés par l’ENS pour le recueil Mots épars.

 

Guy Régis Jr (1974) Homme de théâtre, romancier et poète, Guy Régis Jr continue de dynamiser et moderniser le théâtre en Haïti en le sortant des clichés et des abysses de la facilité. Avec la création de sa troupe « Nous » en 2001, il s’est mis à développer une forme de théâtre exhibitionniste dénommée « Théâtre de rue ». Invité de la 33e édition des Francophonies en Limousin en septembre dernier à Limoges, il a profité pour faire découvrir au public les Quatre chemins en organisant des performances dans la rue. Du 21 novembre au 3 décembre, il a organisé avec succès la 13e édition du festival de théâtre Quatre chemins qui a eu comme invité d’honneur le marionnettiste Ernst St-Rome. Son premier recueil de poèmes vient de paraître chez LEGS ÉDITION.

 

Rodney Saint-Éloi (1963) Installé au Canada depuis le début des années 2000, Rodney Saint-Éloi a porté au-delà des frontières les lettres et la culture haïtiennes avec la création des éditions Mémoire d’encrier qui constituent ce « lieu-carrefour où se tissent rencontres, dialogues et échanges pour que les voix soient visibles et vivantes ». Finaliste du prix littéraire du Gouverneur général, finaliste du prix des libraires du Québec et finaliste du prix Carbet de la Caraïbe 2016 avec son recueil titré Je suis la fille du baobab brûlé paru en 2015, il a publié deux livres cette année, un recueil de poèmes : (Moi tombé. Moi levée) et un essai : (Passion Haïti).

 

Lyonel Trouillot (1956) Pour la seule année 2016, Lyonel Trouillot a publié quatre livres, dont deux romans, Kannjawou et Agase lesperans, et deux recueils de nouvelles : Le miroir d’Anabelle et d’autres récits et Histoires simples II. Outre les activités des Vendredis littéraires qu’il organise dans son antre familial à Delmas, il réunit autour de lui nombre de jeunes au sein de l’Atelier jeudi soir à qui il insuffle la passion et le goût de l’écriture. Il a codirigé la quatrième édition du festival international du livre et du film Étonnants voyageurs à Port-au-Prince.

 

Gary Victor (1958) Invité d’honneur de la quatrième édition de la Foire internationale du livre d’Haïti (Filha), Gary Victor est, dit-on, l’écrivain haïtien le plus lu et probablement le plus prolifique de sa génération. En début d’année, il a siégé comme membre du jury du prix Casa de las Americas à Cuba –prix qu’il a reçu en 2012 pour son roman « Le sang et la mer ».

 

Évains Wêche (1980) Évains Wêche est une révélation de Gary Victor et Rodney Saint-Éloi. Depuis la publication du recueil collectif (Je ne savais pas que la vie serait si longue après la mort), dans lequel il a publié ses deux nouvelles, Wêche ne cesse de nous surprendre. Invité au salon du livre de Genève aux côtés de Kettly Mars, de James Noël et du photographe Casimir Veillard, son roman Les brasseurs de la ville publié en 2014 chez Mémoire d’encrier a été réédité cette année chez Philippe Rey à Paris.

 

L’écrivain haïtien Dany Laferrière élu à l’Académie française

OUTRE-MER 1ÈRE L’écrivain haïtien naturalisé canadien Dany Laferrière a été élu au premier tour de scrutin jeudi à l’Académie française. Il était donné favori depuis quelques semaines.

L'écrivain haïtien Dany Laferrière © Miguel Medina/AFP
© Miguel Medina/AFP L’écrivain haïtien Dany Laferrière
  • Par Philippe Triay
  • Publié le 12/12/2013 à 16:43, mis à jour le 27/05/2015 à 22:01

Son nom circulait déjà depuis quelques temps et c’était l’un des grands favoris pour succéder au fauteuil d’Hector Bianciotti, décédé en 2012, et occupé auparavant, entre autres, par Montesquieu et Alexandre Dumas fils. Les « immortels » n’ont pas déjoué les pronostics et ont voté pour l’écrivain naturalisé canadien d’origine haïtienne, âgé de 60 ans. Dany Laferrière a été élu au premier tour de scrutin en obtenant 13 voix sur 23. Les autres candidats en lice étaient Catherine Clément, Yves-Denis Delaporte, Arthur Pauly, Jean-Claude Perrier et Georges Tayar.

Outre son dernier ouvrage, « Journal d’un écrivain en pyjama » (éditions Grasset), un petit chef d’œuvre dont nous avons déjà parlé, Dany Laferrière a publié plus d’une vingtaine de romans, dont « Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer » (1985, éditions Belfond), « L’Enigme du retour » (2009, Grasset, prix Médicis), « Tout bouge autour de moi » (2010, Grasset) et « Chroniques de la dérive douce » (2012, Grasset).

Deux de ses livres « Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer ? » et « Vers le Sud » (2006) ont été par ailleurs adaptés avec succès au cinéma. L’auteur a également obtenu le prix RFO du livre en 2002 pour « Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une arme ou un fruit ? » (éditions Le Serpent à Plumes).

Les étapes d’une élection à l’Académie française

L’Académie française procède à une élection dans les trois mois qui suivent la déclaration de vacance d’un fauteuil. Du jour où la vacance est déclarée, les candidats notifient leur candidature par une lettre adressée au Secrétaire perpétuel (actuellement Hélène Carrère d’Encausse). Il existe aussi une procédure de présentation de candidature posée par un ou plusieurs membres de l’Académie. La date limite de dépôt de candidature est fixée à quatre semaines avant l’élection. L’âge limite pour se présenter à un fauteuil vacant est fixé à soixante-quinze ans à la date du dépôt de candidature. Aucune condition de titres ou de nationalité ne figure dans les statuts.

Le scrutin est direct, secret et requiert pour qu’un candidat soit élu qu’il ait recueilli la majorité absolue des suffrages (la moitié des voix exprimées plus une). Un scrutin ne peut avoir lieu qu’en présence d’un quorum de votants fixé à vingt.

L’élection à l’Académie française, bien qu’elle soit un corps constitué, ne devient définitive qu’après approbation du président de la République, protecteur de l’Académie, qui la manifeste en donnant audience au nouvel élu. Cette visite du nouvel élu vaut approbation.

Dany Laferrière et le maire de Montréal Denis Coderre
Credit photo: Radio canada

Dany Laferrière et le maire de Montréal Denis Coderre Credit photo: Radio canada

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Dany Laferrière, illustre écrivain francophone, poids lourd de la littérature haïtienne et académicien, a reçu du maire  Denis Coderre, l’insigne de l’Ordre de Montréal hier mercredi 17 mai, avant la fête nationale des 375 ans d’existence de cette ville du Canada.

Hier mercredi 17 mai s’est tenu le lancement officiel des festivités du 375e anniversaire  de la ville de Montréal où résident des milliers de compatriotes haïtiens. Denis Coderre en a profité pour honorer dix-sept personnalités récipiendaires de l’Ordre de Montréal, jadis appelée Académie des Grands Montréalais, créée en 1988 par la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, qui avait elle-même repris les distinctions remises par le Canadien National (CN) en 1978.

« J’ai reçu des honneurs dans le passé mais jamais lors d’une journée historique comme  aujourd’hui », a déclaré l’auteur de « L’énigme du retour » (roman pour lequel il a reçu le prestigieux Prix Médicis en 2009) qui s’est confié au journaliste Antoni Nerestant de CBC.

La médaille de l’Ordre de Montréal rend hommage aux gens qui « contribuent de façon remarquable au développement et au rayonnement de la métropole ». À côté de Dany Laferrière (natif de Petit-Goâve, Haïti), figurent deux autres personnalités emblématiques qui ont étés elles-aussi élevées au rang d’officiers à l’issue de cette cérémonie de remise de médaille. Il s’agit de Yannick Nézet-Séguin (chef d’orhestre) et de  l’artiste visuelle Françoise Sullivan.

L’immigration caraïbéenne à l’heure américaine

Tr : Fwd: « USA : La recette caribéenne du succès » , le nouveau documentaire de Rokhaya Diallo sur France Ô le mercredi 2 Novembre

LE PRESIDENT OBAMA inaugure le MUSEE AFRO-AMERICAIN des U.S.A

Une   correspondance  de   Stéphanie  Le BARS   Journaliste du  Journal  « le Monde »

image: http://s2.lemde.fr/image/2016/09/24/534×0/5002991_6_260a_le-president-americain-barack-obama-a_b087f551be9c3398cc7298e2adf13134.jpgLe président américain Barack Obama à l’inauguration du National Museum of African American History and Culture, le 24 septembre.
Le président américain Barack Obama à l’inauguration du National Museum of African American History and Culture, le 24 septembre. ZACH GIBSON/AFP

Ils s’étaient juré de confier au premier président noir des Etats-Unis la charge de lancer leur musée sous les meilleurs auspices. Les fondateurs du National Museum of African American History and Culture (NMAAHC) ont gagné leur pari.

Barack Obama a présidé à l’inauguration, samedi 24 septembre, du désormais plus grand musée du pays consacré à l’histoire afro-américaine. Devant une foule de plusieurs milliers de personnes, en grande majorité noires, et en présence de son prédécesseur, Georges W. Bush, qui avait autorisé le lancement du projet en 2003, le président s’est félicité de l’ouverture, maintes fois ajournée, d’un tel musée, estimant qu’« une grande Nation ne se cache pas la vérité ». Et c’est en président afro-américain qu’il s’est exprimé, donnant à l’inauguration de ce lieu culturel une dimension politique.

Nous ne sommes pas un fardeau pour l’Amérique, une tache sur l’Amérique, un objet de honte ou de pitié pour l’Amérique. Nous sommes l’Amérique ! »

« Moi aussi, je suis l’Amérique », a-t-il répété, reprenant les mots du poète noir américain Langston Hughes. « L’histoire afro-américaine n’est pas séparée de l’histoire américaine, elle en est une partie centrale, a-t-il ajouté. Ce musée va permettre de raconter une histoire plus riche, plus complète de ce que nous sommes. Il va nous aider à nous parler, à nous écouter les uns les autres et surtout, à nous voir les uns les autres. »

En référence aux mouvements de protestations qui ont émaillé l’histoire des Afro-américains et qui perdurent aujourd’hui dans la société, le président a rappelé qu’« aimer son pays et protester » sont deux attitudes qui non seulement « coexistent mais s’enrichissent ». « Ce musée peut, peut-être, aider un visiteur blanc à comprendre la souffrance et la colère de manifestants, dans des endroits tels que Ferguson et Charlotte », a-t-il ajouté, en référence à deux villes où des émeutes ont éclaté après la mort d’un Noir tué par la police, en 2014 à Ferguson (Missouri), et ces derniers jours à Charlotte (Caroline du Nord).

Posé à l’ombre de l’obélisque du Washington Monument et au cœur des mémoriaux et musées qui fondent l’identité nationale américaine, à mi-chemin du Congrès et de la monumentale statue d’Abraham Lincoln, qui mit fin à l’esclavage, l’imposant bâtiment de six étages évoque une couronne africaine composée de 3 600 plaques forgées – hommage au travail des esclaves dans les Etats américains du Sud aux XVIIIe et XIXe siècles.

Projet centenaire

L’idée d’honorer la mémoire des Afro-Américains remonte à 1915  : des anciens combattants noirs de la guerre civile (1861-1865) demandent alors – en vain – l’érection d’un mémorial. En 1929, le Congrès donne son accord à la création d’un musée mais, alors que le pays plonge dans la crise, lui refuse toute subvention.

A la fin des années 1960, dans la foulée des victoires liées aux droits civiques, l’idée est relancée, mais là encore, ni le monde universitaire ni le mondepolitique ne pousse en ce sens. «  Longtemps, le groupe dominant, l’homme blanc d’origine européenne, a choisi de ne pas inclure cette ­histoire dans le récit national  », nous déclarait Rhea L. Combs, la conservatrice du nouveau musée, lors de l’exposition préfigurant son ouverture, fin 2015.

Aussi l’ouverture du NMAAHC constitue-t-elle l’événement culturel de l’année dans la capitale fédérale. Les tickets d’entrée – gratuits, comme l’accès à tous les musées nationaux gérés par la Smithsonian Institution – se sont arrachés en quelques heures et il faut attendre le mois de décembre pour avoir une chance d’y accéder. Sur près de 40 000 mètres carré, dans un entrelacs de galeries, le visiteur va découvrir plusieurs milliers des 33 000 objets collectés depuis treize ans.

Présence de psychologues

Trois thèmes majeurs ont été retenus : l’esclavage, la ségrégation, la culture et le sport. La partie consacrée à l’esclavage fut la plus difficile à documenter. Au-delà des classiques chaînes d’esclaves ou des listes d’hommes, de femmes et d’enfants mis à prix, visibles dans bien d’autres musées à travers le pays, le NMAAHC est parvenu à réunir des objets inédits.

La collerette d’Harriet Tubman, une esclave du Maryland qui a facilité l’évasion de nombre de ses compagnons, voisine avec la Bible de Nat Turner, l’esclave de Virginie qui, en 1831, mena la rébellion la plus sanglante de l’histoire de l’esclavage. Cette Bible a été remise au musée par les descendants blancs d’une famille tuée durant ce soulèvement.

Pour illustrer la période ségrégationniste qui s’acheva officiellement dans les années 1960, le musée a réalisé un tour de force : exposer au sous-sol un wagon de train datant de 1918 avec des sièges réservés aux Noirs. Le wagon a été acheminé sur place avant les débuts des travaux et le musée a été construit autour de cette pièce.

On y découvre aussi la nappe sur laquelle fut rédigé l’argumentaire demandant la déségrégation scolaire dans les années 1950, ou le premier cercueil du jeune Emmet Till, un adolescent de 14 ans battu à mort dans le Mississippi pour avoir sifflé au passage d’une femme blanche. Les concepteurs du musée, conscients de la charge émotionnelle de certains passages de l’exposition, ont prévu la présence de psychologues.

Récit national

Plus légère, la partie consacrée à l’apport des Afro-américains à la vie culturelle, artistique et sportive des Etats-Unis présente la combinaison du premier astronaute noir, des costumes de scène d’artistes, la Cadillac du musicien Chuck Berry…

Ce voyage dans l’histoire sombre des relations raciales dans la société américaine doit, selon les concepteurs du NMAAHC, redonner à la population afro-américaine sa place dans le récit national. Tout en évitant plusieurs écueils : verser dans le militantisme ou risquer« de victimiser les Noirs et de culpabiliser les Blancs  ».

La commission mise en place par M. Bush l’avait conçu comme un lieu de « guérison » susceptible de contribuer à «  la réconciliation entre les races  ».

Signe que les tensions liées à la place de la communauté afro-américaine aux Etats-Unis n’appartiennent pas qu’au passé, le musée a fait le choix d’évoquer les événements les plus récents. Les visiteurs pourront donc découvrir un T-shirt siglé « Black Lives Matter », référence au mouvement qui prospère aujourd’hui dans la communauté noire pour protester contre les violences policières à l’encontre des Noirs.

Souhaitant toucher une audience qui irait bien au-delà de la population afro-américaine, les responsables du musée espèrent attirer 3 millions à 3,5 millions de visiteurs par an, juste derrière le Musée de l’espace.

L’ampleur de ce projet a nécessité une levée de fonds de plus de 500 millions de dollars (445 millions d’euros). La moitié du budget est assuré par le gouvernement fédéral, l’autre par des dons privés. Parmi ces donateurs, l’animatrice et actrice afro-américaine Oprah Winfrey a apporté à elle seule 21 millions de dollars, la fondation de Bill et Melinda Gates plus de 10 millions, la famille du basketteur Michael Jordan plus de 5 millions… En compagnie de l’acteur Will Smith, Mme Winfrey a déclamé des citations d’auteurs noirs lors de l’inauguration.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/09/24/obama-president-noir-inaugure-le-musee-national-afro-americain_5002992_3222.html#LP0qdEbjcooTtwo6.99

 

ON EN PARLE…..

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De l’esclavage à Black Lives Matter

Un musée d’histoire africaine-américaine


par Nicolas Martin-Breteau , le 5 décembre 2017

Inauguré par le président Obama il y a un an, le Musée d’histoire et de culture africaine-américaines satisfait une revendication mémorielle de la communauté noire : que son histoire soit racontée à l’ensemble de la nation dans un musée situé en plein centre de la capitale fédérale. La manière dont cette histoire est racontée pose cependant question.

Un an après l’ouverture du National Museum of African American History and Culture (NMAAHC), obtenir un ticket d’entrée reste une gageure tant les visiteurs se bousculent. Trois millions de personnes — deux fois plus que prévu — s’y sont déplacées depuis son inauguration par Barack Obama en septembre 2016. S’il existe environ 200 musées consacrés à l’histoire africaine-américaine aux États-Unis, le NMAAHC fait figure d’exception : il s’agit d’un musée national qui propose à la nation un récit sur elle-même du point de vue africain-américain. C’est ce qu’affirmait Barack Obama en disant que le musée était destiné à « raconter une part essentielle de notre histoire américaine — une part qui a souvent été négligée ».

La construction du NMAAHC est symptomatique de la plus grande reconnaissance de l’histoire africaine-américaine dans l’histoire des États-Unis. De façon parfois paradoxale, le musée expose ainsi au public les profondes réévaluations historiographiques des dernières décennies. Dans un contexte racial très tendu, cette entreprise relève d’une ambition aussi bien scientifique que politique.

Un lieu de mémoire civique

Le NMAAHC s’élève sur le National Mall à Washington, au cœur de ce que l’architecte Pierre Charles L’Enfant en 1791 pensa comme le centre civique et symbolique de la nouvelle nation. Entre l’obélisque célébrant George Washington et la Maison-Blanche, le NMAAHC jouxte les grands musées nationaux et les mémoriaux dédiés aux figures tutélaires des États-Unis. À quelques centaines de mètres, le monument en l’honneur de Martin Luther King avait déjà été inauguré par Barack Obama en octobre 2011. En moins de 5 ans, deux lieux de mémoire spécifiquement consacrés à l’histoire africaine-américaine ont ouvert sur le Mall.

La forme extérieure du musée, inspirée des traditions architecturales africaines et africaines-américaines, présente visuellement la nature de son projet. La silhouette du NMAAHC fait en effet référence à la couronne des colonnes de la sculpture traditionnelle yoruba et contraste avec le style néo-classique des bâtiments de marbre blanc alentours, qui célèbrent la grandeur de la Grèce et de la Rome antiques, et dont certains comme la Maison-Blanche furent construits par des esclaves. De même, les motifs entrelacés sur les panneaux de la façade du musée s’inspirent de la ferronnerie des noirs esclaves et libres de Charleston, Savannah et La Nouvelle-Orléans. Pour son architecte, David Adjaye, la forme même du NMAAHC invite à reconsidérer les liens historiques entre Amérique et Afrique et la place centrale de l’histoire africaine-américaine dans l’histoire des États-Unis [1].

Le projet d’un musée d’histoire africaine-américaine sur le National Mall est ancien. La première proposition en ce sens déposée auprès du Congrès des États-Unis date de 1916. Il s’agissait alors d’édifier un mémorial — à l’architecture néo-classique — en l’honneur des 200 000 vétérans africains-américains de la guerre de Sécession, dont le rôle pourtant essentiel dans la victoire de l’Union en 1865 n’avait jamais été considéré comme digne d’être célébré. Régulièrement refusé, le projet en faveur d’une présence africaine-américaine sur le Mall réémergea avec force à la faveur du Mouvement pour les droits civiques dans les années 1960. C’est d’ailleurs grâce à John Lewis, Sénateur de Géorgie et héros du Mouvement, que la proposition fut définitivement approuvée par le Congrès en 2003 [2].

Depuis cette date, le musée a bénéficié d’un engouement civique inouï de la part d’une partie de la population américaine. Des millions de donateurs, célèbres ou anonymes, appartenant notamment à la classe moyenne africaine-américaine, ont offert au musée de l’argent et des objets personnels, souvent de grande valeur. En conséquence, les collections rassemblées sont très riches : 3 000 objets présentés (40 000 au total), dont la Bible de Nat Turneret les médailles olympiques de Carl Lewis. Que ce soient de riches bienfaiteurs (Oprah Winfrey, Bill et Melinda Gates, Michael Jordan, etc.) ou de grandes entreprises (Ford, Walmart, Boeing, Bank of America, Coca-Cola, Apple, etc.), les dons au musée s’évaluent en dizaines de millions de dollars. Oprah Winfrey a par exemple versé plus de 20 millions de dollars et légué certains objets au musée — ce qui lui vaut une vitrine consacrée à sa célèbre émission télévisée et un amphithéâtre à son nom. L’ampleur de ces donations ne doit cependant pas laisser croire à un engouement sans réserve pour le musée.

Une critique de l’histoire nationale

Le musée pose une question simple : que signifie être noir aux États-Unis ? Pour y répondre, le parcours propose un récit chronologique depuis la déportation d’Afrique, doublé d’un récit thématique avec des galeries spécialisées, notamment consacrées à la musique et au théâtre, à la télévision, au cinéma, au sport, à l’armée. Le parcours muséographique s’appuie sur le travail, désormais considérable, des historiens qui, depuis le Mouvement pour les droits civiques, ont profondément renouvelé l’histoire africaine-américaine [3].

La partie chronologique s’étend sur 3 étages sous le niveau du sol : la période de l’esclavage et de son abolition (1400-1877) ; la période de la ségrégation raciale institutionnalisée (1877-1968) ; et la période suivant le Mouvement pour les droits civiques (depuis 1968). En accord avec l’historiographie la plus récente, cette partie relit toute l’histoire des États-Unis à travers une perspective africaine-américaine. Contrairement au récit traditionnel faisant des Américains blancs les seuls acteurs de l’histoire nationale — y compris concernant les avancées raciales — le musée montre que les mobilisations africaines-américaines furent primordiales dans l’histoire de la démocratie américaine. Les conservateurs qui ont conçu cette galerie montrent ainsi que les Africains-Américains ont été, par leurs luttes, les principaux acteurs de leur histoire, renversant une histoire lénifiante et populaire présentant par exemple l’abolition de l’esclavage comme une initiative voulue et dirigée par des blancs audacieux, au premier rang desquels Abraham Lincoln [4]. Plus largement, en mettant les Africains-Américains au cœur de l’histoire des États-Unis, le NMAAHC offre une critique radicale de l’histoire de la nation.

Ceci est particulièrement visible dans la première partie de l’exposition. Les moments et les documents patrimoniaux de l’histoire américaine précédant la guerre de Sécession (Révolution, Déclaration d’indépendance, Constitution, conquête de l’Ouest, etc.) y sont systématiquement expliqués à la lumière de l’esclavage. Le NMAAHC montre que la démocratie états-unienne n’a jamais fonctionné en dépit de l’esclavage, mais grâce à l’esclavage de millions d’individus — ce que savent les historiens, mais pas nécessairement le grand public. Cette perspective détruit le mythe de la « trahison » des idéaux de la Révolution américaine par l’esclavage et soutient qu’en réalité, des notions comme la liberté, l’égalité, les droits de l’homme, furent pensées comme des privilèges accordés à la population masculine libre d’une société entièrement structurée par l’esclavage.Ceci est résumé par une mise en scène saisissante : la statue du « Père fondateur » Thomas Jefferson, auteur de la Déclaration d’indépendance, affirmant que « tous les hommes sont créés égaux », debout devant des balles de coton marquées du nom de ses centaines d’esclaves.

Cette première partie de l’exposition est magnifique aussi bien du point de vue muséographique qu’historiographique. De façon révélatrice, elle est due à une ancienne professeure d’université, Nancy Bercaw, dont les compétences pédagogiques sont remarquables. Dans une interview, elle l’explique en ces termes : « j’ai beaucoup aimé enseigner des cours d’introduction à l’histoire africaine-américaine, car vous prenez un sujet vaste et complexe et vous le décomposez de telle sorte qu’il reste complexe, mais compréhensible. Les expositions fonctionnent de la même façon ».

Les sections suivantes portent sur la poursuite des luttes pour l’égalité raciale après l’abolition de l’esclavage. De façon traditionnelle, cette histoire présente le Mouvement pour les droits civiques des années 1950 et 1960 comme une ligne de partage des eaux amenant à distinguer une période pré- et une période post-Mouvement [5]. La troisième partie, qui s’étend du Black Power à Barack Obama, est la moins développée. Intitulée, de façon imprécise, « A Changing America : 1968 and Beyond », elle couvre en quelques vitrines la période allant jusqu’à nos jours. La présidence Obama et le mouvement Black Lives Matter sont rapidement traités tandis que la violente contre-révolution conservatrice qui suivit le Mouvement pour les droits civiques est quasiment entièrement évacuée, sans doute à cause de la charge politiquement très sensible de cette histoire. Rien n’est dit des conséquences sociales de l’abandon des ghettos par l’État fédéral, de la réduction des politiques de lutte contre la pauvreté, de la fuite massive des ménages blancs vers les banlieues, du phénomène d’« incarcération de masse », du processus de « reségrégation » raciale dans le pays, du développement d’un racisme codé perpétuant les stéréotypes raciaux, etc. [6]En ce sens, la partie la plus contemporaine est aussi la moins politique, un paradoxe lorsque l’on sait que l’un des objectifs affichés du musée est de montrer que les combats pour la justice raciale continuent.

Une pédagogie par l’émotion

Davantage qu’un simple musée, le NMAAHC est considéré par nombre d’Américains, en particulier africains-américains, comme un lieu de pèlerinage spirituel. Une profonde émotion peut se lire sur le visage de certains de celles et ceux qui y pénètrent, souvent en famille. L’histoire des inégalités et des violences raciales racontée par le musée n’appartient pas au passé, mais a été vécue et, à bien des égards, est encore vécue par les visiteurs.

L’émotion qui peut naître de la visite est soutenue par l’architecture même du musée qui emmène le visiteur dans un mouvement ascendant depuis le sous-sol vers la lumière extérieure. La partie chronologique du musée — intitulée de façon révélatrice « Le voyage vers la liberté » — propose implicitement une lecture téléologique, voire eschatologique, de l’histoire africaine-américaine orientée vers la réalisation finale de la justice. Ce parcours, très problématique du point de vue historiographique, a explicitement été pensé ainsi, faisant passer le visiteur de la « crypte » consacrée à l’esclavage, à la ségrégation et aux combats civiques (parties chronologiques) avant de le faire accéder à la couronne du musée, à l’air libre, qui expose les accomplissements africains-américains (parties thématiques). Cette ascension reprend les images couramment utilisées pour parler de l’histoire africaine-américaine : une odyssée, une route, un torrent allant « de l’esclavage vers la liberté ». Ce parti pris évoque, à travers l’histoire africaine-américaine, l’idée d’une histoire nationale tout entière dirigée vers la réalisation de la « promesse » américaine de liberté [7].

Tout au long de sa visite au NMAAHC, le visiteur est ainsi immergé dans l’histoire qui lui est racontée. Il pénètre dans les cales d’un navire négrier et un wagon ségrégué de la Southern Railway Company pour en éprouver physiquement l’effet. Il déambule devant une cabane d’esclave déplacée depuis la Caroline du Sud et au pied d’une tour de garde du pénitencier néo-esclavagiste d’Angola en Louisiane. Il s’assoit aux comptoirs du magasin Woolworth de Greensboro à l’origine des sit-in des années 1960. Surtout, il prend place dans la file qui se recueille devant le cercueil ouvert qui présenta au monde le corps mutilé du jeune Emmett Till, torturé et assassiné en 1955. Cette expérience est particulièrement émouvante pour qui connaît l’horreur et le retentissement du crime. La sauvagerie du meurtre d’Emmett Till, commis dans une bourgade du Mississippi sur un jeune garçon venu de Chicago accusé d’avoir outrepassé les limites de l’ordre racial en ayant manqué de respect à une femme blanche, fut un événement déclencheur du Mouvement pour les droits civiques au moins aussi important que le boycott des bus de Montgomery dans l’Alabama lancé la même année par Rosa Parks et Martin Luther King.

Cette charge émotionnelle est utilisée à des fins pédagogiques et historiographiques. Donné par un particulier, le portefeuille en étain dans lequel l’affranchi Joseph Trammel conservait sur lui les papiers prouvant et protégeant sa liberté précaire illustre la façon dont des objets peuvent concrètement donner à comprendre l’histoire africaine-américaine. Par ailleurs, nombreux sont les visiteurs à partager leur histoire personnelle grâce au système d’enregistrement du Visitor Voices qui permet la collecte de centaines d’histoires orales. Expliquer ce que signifie, pour soi-même, la visite du musée et l’expérience d’être noir aux États-Unis donne lieu à des témoignages parfois bouleversants qui peuvent enrichir notre connaissance de l’histoire africaine-américaine.

L’émotion peut d’ailleurs être source d’une critique des expositions du musée. À cet égard, avoir la chance de visiter la très belle galerie supérieure consacrée au rôle politique du sport avec son concepteur, Damion Thomas, est une expérience frappante. Les visiteurs africains-américains n’hésitent pas à engager avec le « curator » des conversations à bâtons rompus, parfois teintées de reproche, sur ses choix muséographiques. Ainsi en est-il à propos de l’absence d’O.J. Simpson dans les vitrines de la galerie. Au début des années 1990, le procès pour meurtre de ce joueur de football africain-américain divisa profondément les États-Unis selon des lignes de fracture raciale — les noirs considérant très majoritairement Simpson comme une figure héroïque de la communauté noire injustement accusée ; les blancs comme l’exemple type du criminel noir dont la culpabilité ne faisait aucun doute. Mis en liberté conditionnelle en octobre 2017, Simpson demeure un sujet de débat.

Le recours simultané à l’intellect et aux affects n’est compréhensible que replacé dans l’histoire des musées consacrés à l’histoire africaine-américaine aux États-Unis. Généralement conçus, pour la plupart à l’apogée du Mouvement pour les droits civiques et du mouvement Black Power dans les années 1960 et 1970, comme des espaces de réhabilitation d’un héritage méprisé, ces lieux entendaient rendre publique une histoire jusque-là largement négligée et déformée dans la société américaine, y compris par le Smithonian, l’institution qui accueille aujourd’hui le NMAAHC. En ce sens, ces musées ont historiquement joué le rôle d’institutions éducatives à destination de la communauté africaine-américaine, visant à exposer une image positive de son héritage et à renforcer sa fierté raciale [8].

Une histoire encore problématique

L’histoire présentée par le NMAAHC ne va pas de soi. Ce récit doit être compris dans le contexte dans lequel s’est déployée l’histoire africaine-américaine et l’édification du musée. Faire du NMAAHC un musée national, s’adressant à tous les Américains, et non pas un « musée racial » réservé aux seuls noirs, demeure un défi. Lors de l’inauguration du musée, Barack Obama pensait nécessaire de souligner que « L’histoire racontée ici n’appartient pas seulement aux noirs américains ; elle appartient à tous les Américains ». La célèbre citation du poète Langston Hughes est ainsi arborée en lettres géantes dans le musée : « I, too, am America ».

L’assertion d’Obama est d’ailleurs si peu évidente qu’il reconnaissait l’« inconfort » que ne manquerait pas de provoquer chez beaucoup la « vérité » exposée par le musée. Et d’ajouter en guise d’ultime argument que chacun pouvait a minima se reconnaître dans le « patriotisme » des actions qui y sont décrites. En réalité, l’inconfort décrit par Obama est un euphémisme : en mai 2017, un nœud coulant a été retrouvé dans les galeries du musée, une menace de lynchage historiquement utilisée par les suprématistes blancs pour remettre les noirs « à leur place » par la terreur.

Le NMAAHC bouscule en effet la représentation glorieuse de leur histoire que se font nombre d’États-Uniens blancs. L’intégration de l’histoire africaine-américaine à l’histoire nationale n’est vieille que d’un demi-siècle tout au plus, au moment où le Mouvement pour les droits civiques permit la pleine reconnaissance de la citoyenneté des Africains-Américains. La fondation de l’histoire africaine-américaine comme discipline scientifique est généralement datée de 1915 lorsque Carter G. Woodson et ses collègues fondèrent l’Association for the Study of Negro Life and History, à une époque où les manuels scolaires disponibles alignaient les stéréotypes racistes en guise de contenus de connaissance sur l’histoire africaine-américaine. Pour beaucoup d’Américains, cette histoire ne fut jamais enseignée, ou mal. Lors d’un discours donné à l’occasion du Mois de l’histoire noire, en février 2017, le président des États-Unis lui-même, Donald J. Trump, semblait ne pas connaître le grand abolitionniste noir Frederick Douglass.

La simple existence du NMAAHC revêt donc une dimension politique majeure. Dans un contexte marqué par une aggravation des tensions raciales et une reviviscence de l’extrême droite raciste, le musée endosse de fait une responsabilité bien plus large que celle d’un simple musée. Son directeur, Lonnie Bunch, affirme en ce sens que « ce musée doit se tenir fermement à l’avant-garde pour créer un espace sécurisé où avoir des conversations sur les questions raciales de telle sorte que nous puissions aider l’Amérique à se hisser au niveau de ses promesses » [9].

Ainsi, en collectant des objets et des témoignages historiques sur Black Lives Matter, Barack Obama, les soulèvements de Ferguson et Baltimore, les violences policières, le massacre de Charleston, les défilés racistes de Charlottesville, les controverses entourant le démontage des monuments confédérés et les sportifs noirs s’agenouillant pendant l’hymne national, le NMAAHC s’engage dans le débat public au nom des valeurs qui ont traversé les mouvements sociaux africains-américains pour la justice. De ce point de vue, il n’est sans doute pas exagéré de faire de ce musée la plus récente des institutions de la démocratie américaine.

Pour citer cet article :

Nicolas Martin-Breteau, « De l’esclavage à Black Lives Matter. Un musée d’histoire africaine-américaine », La Vie des idées , 5 décembre 2017. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/De-l-esclavage-a-Black-Lives-Matter.html

Nota bene :

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HISTOIRE ET TOURISME

 par Marc Sefil a ajouté 3 photos.

Joséphine, au cœur de l’offre touristique martiniquaise ?

Le musée Napoléonien à La Havane. Il met en valeur, notamment pour les touristes, la formidable collection d’armes, de livres, de souvenirs et d’œuvres d’art évocatrice de Napoléon Bonaparte rassemblée par Julio Lobo Olavarría, un richissime cubain passionné et admirateur de l’empereur. Suite à son exil après la révolution cubaine, sa collection, l’une des plus importantes du monde sur ce personnage, est passée dans… « le patrimoine de la nation cubaine ». Ce musée a aussi accueilli du 7 au 11 juillet 2014 le 12e Congrès Napoléonien. Cherchez l’erreur : le régime castriste intégrant dans le patrimoine de sa nation des objets ayant appartenus à un esclavagiste et co-organisant même un colloque historique sur celui-ci.
Nos idéologues locaux, thuriféraires de ce régime, auraient-ils raté un épisode (ou une leçon ?) lorsqu’il souhaite éradiquer l’image de Joséphine de l’histoire de la Martinique, la rendant responsable du rétablissement de l’esclavage dans les colonies non-occupées par les Anglais en 1802 (la Guadeloupe et Saint-Domingue. Occupée en 1794, la Martinique fut rendue à la France au Traité d’Amiens en 1802 et n’a donc pas connu la première abolition de 1794) ? Ne privent-ils pas la Martinique d’un formidable produit d’appel touristique à cause d’un fait, par ailleurs, jusqu’ici non-prouvé historiquement ? Aucun document n’atteste en effet la responsabilité de Joséphine dans le rétablissement de l‘esclavage (en histoire, il en faut 3 dûment authentifiés et le corroborant pour qu’un fait soit avéré). Les pressions des armateurs de Nantes, La Rochelle ou Bordeaux, principaux bénéficiaires du commerce triangulaire et principaux financiers des guerres napoléoniennes, y ont beaucoup plus contribué que les charmes de Joséphine.
Quant à son lieu de naissance : Martinique ou Sainte-Lucie ? C’est une vieille controverse que le livre attendu de l’historienne Suzanne England-Ancey ne va pas, à mon humble avis, contribuer à apaiser. Les documents sur lesquels elle s’appuie (selon l’article de France-Antilles du 24 mai 2014) ayant été depuis longtemps étudiés et critiqués (au sens de la critique historique) par J. Rennard (Rennard J. Mélanges. In: Revue d’histoire des colonies, tome 36, n°127-128, troisième et quatrième trimestres 1949. pp. 331-347). Quoiqu’il en soit, la ferme volonté de l’île voisine de faire fructifier l’idée de cette naissance sur son sol (dans plusieurs de ces prospectus touristiques le fait est signalé) est le signe évident qu’elle veut avoir sa part de Joséphine pour attirer des touristes. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à vouloir sa part de Joséphine puisque Noisy-le-Grand, ville natale de son premier époux Alexandre de Beauharnais, ne manque pas d’inscrire sur ses plaquettes touristiques les liens qu’elle entretient avec Joséphine (Cf. http://www.noisylegrand-tourisme.fr/…/josephine-de-beauharn…). Enfin, en 2014, à l’occasion du bicentenaire de la mort de Joséphine, le Sénat lui consacra une exposition qui accueillit plus de 200.000 visiteurs au cours des 4 mois que durèrent cette exposition à raison de 20 euros l’entrée. Voilà donc quelques leçons d’exploitation d’une potentialité touristique en direct de la Caraïbe et de l’Hexagone !
Il ne s’agit pas de nier que Joséphine fut esclavagiste. Personne n’est assez bête pour croire ou attester qu’elle n’ait pas été porteuse des représentations, des normes, des valeurs, des idées, des stéréotypes, des préjugés, en un mot des mœurs de la socio-classe au sein de laquelle elle évoluait. Il ne s’agit pas non plus d’en faire l’apologie. Il s’agit en toute liberté, en toute conscience de ce que nous sommes et surtout libérés de tout esclavage (mais mental celui-là) d’utiliser la renommée internationale (voire même mondiale) d’un personnage de l’histoire martiniquaise pour en faire un produit touristique porteur et par là même en profiter pour faire connaître au monde entier d’autres pans de notre histoire, notamment… la période esclavagiste… il y a là une dialectique fructueuse à défricher. En un mot d’exploiter TOUTES nos potentialités et atouts pour redorer l’éclat de notre tourisme pour en faire un secteur créateur d’emplois.

Sé pa nou ki pli kouyon ! Dot ka eksplwaté’y.. épi nou ! Nou la ka lésé an bagay pouri an lè koy, san fè ayen !

(nous  ne  sommes  pas  plus   bêtes  de   les  autres  qui  exploitent  la  situation autant  que  nous ! nous laissons  un  patrimoine  en  friche  sans  ne   rien  faire !)

 

VOYAGE INITIATIQUE…ET RETOUR AUX SOURCES

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Le mois des commémorations se termine…

Cette année, pour des raisons indépendantes de ma volonté, la commémoration des abolitions n’a été marqué que par des documentaires qui témoignent de la dimension et l’évolution de cette MEMOIRE de l’esclavage au niveau des acteurs médiatiques qui semblent s’en accaparer et pour mieux ainsi faire partager cette mémoire par des évocations imaginées de cette période douloureuse du commerce triangulaire.
Ainsi, le film de Guy Deslauriers dans « Passage du milieu » nous transportent dans les câles d’un bâteau négrier avec des images fortes, l’horreur du gouffre et les souffrances inhumaines de la traversée.
Dans le documentaire de Gaetano Ciarcia et Jean -Christophe Monferran inChristophe ….intitulé ou « Mémoire promise » ou  » Passeurs de mémoire » l’auteur nous fait emprunter la route des esclaves dans ses moindres détails avec la place du Marché aux esclaves, l’arbre du départ où les femmes en faisaient le tour 6 fois, et les hommes 7 fois comme signe de ce dépârt , et la porte du non – retour érigée sur la plage de Ouidah…. Emouvant ces moments de compassion des habitants à l’égard des descendants de retour sur la terre de leurs ancêtresêtres^tres, tout comme le témoignage de cette descendante d’un négrier  » CHACHA DE SOUZA » dont on célèbre encore dans la confusion, les « bienfaits » profitant des guerres fratricides entre les tribus pour marchander les prisonniers pour certains déja esclaves , et qui partaient ainsi vers une destinée cauchemardesque…
Le voyage initiatique d’Emmanuel GORDIEN,  spécialiste   en  généalogie  au  CM98  et qui, en compagnie d’un prince d’Abomey au BENIN ( ancien Dahomey).. réalise ce retour sur la terre natale de ses aïeux dont il a réalisé l’arbre généalogique complet.
Ce qui est frappant dans cet évènement, c’est que contrairement à nos anciens des années 5O qui ont séjourné en Afrique, que ce soit au Sénégal (avec Gorée,  lieu emblématique de départ des esclaves), au Togo, ou autre contrée de la colonisation, il n’y a jamais eu de paroles apaisantes qui dissiperaient la méfiance résultant de ce  » commerce honteux  » dont on n’a jamais su les tenants, et pour lequel chacun  s’est   forgé vis vis de l’Afrique ce sentiment diffus du père ayant vendu ses enfants.
.
Emmanuel Gordien dans le documentaire « Citoyen, bois d’ébène » réalisé par Franck Salin franchit une étape et nous fait partager l’affiction des villageois et la mémoire qu’ils portent de cette période de l’histoire , bien que cela soit encore pour eux une source de tourments et qu’ils se réjouissent de ce retour inaugurant  ainsi de manière  symbolique  une étape nouvelle de réconciliation et  le  début   d’une résilience de part et d’autre….. et pour l’avenir !
Des films à voir, à revoir et à faire connaître pour comprendre et tout simplement entamer une réconciliation avec soi-même, avec l’Afrique, avec l’histoire .
Lp.CONSEL
NB Diffusions  à venir sur  les  chaines d’Outre Mer et  France Ô

C’ETAIT UN GROS POISSON !!!

[EXCLUSIF La1ère] « Outre-m’AIR » la première compagnie aérienne qui va relier l’ensemble des Outre-mer

  • Dominique Trait – Thomas Payet
  • Publié le 01/04/2016 | 06:07, mis à jour le 01/04/2016 | 06:07

OUTRE-MER 1ÈRE François Hollande a demandé à Gérard Feldzer d’étudier la mise en place d’une compagnie aérienne reliant l’ensemble des Outre-mer. Le spécialiste des questions aéronautiques a remis son rapport au mois de septembre. Nous vous révélons en exclusivité le contenu de ce projet.

© France info - AFP Monty Rakusen / Cultura Creative
© France info – AFP Monty Rakusen / Cultura C

Deux lignes aériennes pour relier l’ensemble des Outre mer (Saint-Pierre et Miquelon, La Martinique, la Guadeloupe, les Antilles, la Polynésie, Wallis et Futuna, La Nouvelle-Calédonie, La Réunion et Mayotte), ce sera bientôt une réalité. Soucieux de resserrer le lien avec les Outre-mer mais aussi de rassurer les professionnels du tourisme, victimes des troubles politiques qui percutent de plein fouet les destinations préférées des Français, le président de la République a demandé au spécialiste de l’aéronautique Gérard Feldzer de constituer un groupe de travail.

Le choix de Gérard Feldzer n’a rien du hasard. Cet ancien pilote, consultant aéronautique et ancien patron du Musée de l’air et de l’espace au Bourget avait depuis longtemps dans ses cartons un projet de ce type.

« C’est un idée qui me trottait dans la tête depuis longtemps, je l’avais d’ailleurs exposée à quelques candidats à l’élection présidentielle en 2012. L’idée a fait son chemin puisque François Hollande l’a retenue. »

Encouragé par le chef de l’Etat, Gérard Feldzer s’est entouré des meilleurs spécialistes de l’aéronautique. Le projet sera officiellement présenté à la presse le 25 avril. « Il sera détaillé  par le chef de l’Etat lui-même, mais ce que je peux d’ores et déjà vous dire c’est que deux avions A380-900 allongés avec une capacité de 900 passagers décolleront deux fois par semaine d’Orly. Le premier prendra la direction de Saint-Pierre et Miquelon, le deuxième de la Polynésie. Chacun de ces avions fera escale sur l’ensemble des territoires et département d’outre-mer : Saint-Pierre et Miquelon, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Polynésie, Wallis et Futuna, La Nouvelle-Calédonie, La Réunion, Mayotte et retour à Paris. Le deuxième avion respectera les mêmes destinations mais dans le sens inverse. » 

Découvrez les rotations assurées par les deux avions A380 de la compagnie Outre-m’AIR :

Les destinations de la compagnie Outre-m’AIR
Les différentes dessertes assurées par la compagnie Outre-m’AIR

Un tour du monde à 199 euros

© Monty Rakusen / Cultura Creative
© Monty Rakusen / Cultura Creative

La révolution, précise Gérard Feldzer, n’est pas dans la mise en place de ces deux dessertes aériennes « nous savons depuis longtemps que c’est techniquement possible »mais dans le prix et les conditions exceptionnelles qui seront proposées pour « Grand tour de France ».
Chaque passager pourra prendre l’avion où qu’il se trouve à Paris, à Wallis, à Papeete, à Fort-de-France… et pour 199 euros seulement il aura la possibilité de se rendre où il veut dans les Outre-mer, de faire étape à un endroit et de poursuivre ensuite son voyage.

Pour le même tarif il peut partir de Paris, direction la Polynésie, y rester une semaine,  puis partir pour la Nouvelle-Calédonie. Ensuite deux choix s’offrent à lui: soit il revient  à Paris avec une étape à La Réunion et à Mayotte, soit il prend l’avion en sens inverse et il fait une escale en Polynésie puis retour à Paris. La révolution c’est la mise en place des deux « navettes » dans deux directions différentes, ce qui laisse le choix aux passagers. La seule contrainte: le billet sera valable un an. »

Des avions spécialement aménagés

Le seul obstacle sur lequel ces spécialistes se sont « cassés les dents »c’est le temps. Même si personne n’effectuera une boucle Paris-Paris au rythme de l’avion et de ses escales car cela représenterait plus 60 heures en total cumulé,  il est probable que des passagers profiteront du tarif exceptionnel pour se rendre, par exemple,  à Nouméa avec la contrainte des escales « C’est la raison pour laquelle les deux A380-900 seront aménagés avec des couchettes et des douches. Les services à bord seront les mêmes qu’un Paris-Los Angeles d’une grande compagnie comme Air France ou British Airways. Il n’est pas question d’aller vers le « low-cost » avec un service à bord bas-de-gamme »insiste Gérard Feldzer.

Gérard Feldzer annonce la création de la compagnie aérienne Outre-m’AIR. Regardez : 

Gérard Feldzer annonce Outre-m’AIR
Gérard Feldzer annonce la création d’Outre-m’AIR
© JOSÉ PAZOS FABIÁN / NOTIMEX
© JOSÉ PAZOS FABIÁN / NOTIMEX

Une campagne de recrutement dans les Outre-mer
Autre particularité, et non des moindre, dans ce projet de fédérer l’Hexagone et les Outre-mer, le personnel navigant sera recruté dans les territoires et départements ultramarins. Une campagne sera lancée fin avril avec l’objectif d’embaucher soixante-dix-sept stewarts et hôtesses de l’air. Les pilotes, en revanche, seront des volontaires détachés d’autres compagnies. « Nous avons passé des accords avec deux compagnies aériennes enthousiastes à l’idée de s’associer à ce projet », précise Gérard Feldzer.

Premier vol le 18 septembre à 10H10 au départ d’Orly

Cette nouvelle compagnie sera baptisée «Outre-m’AIR » et sera financée pour moitié par l’Etat, pour moitié par des investisseurs privés soucieux de s’implanter dans les Outre-mer ou d’y développer leurs activités. Le nom de ces entreprises est un secret (encore) bien gardé, tout comme le coût total de ce projet qui dépasserait selon nos calculs les plusieurs dizaines de millions d’euros « Je peux simplement vous dire que les études de marché sont très concluantes et que ce projet est parfaitement maîtrisé sur l’aspect financier »,affirme Gérard Feldzer qui ajoute que «le président de la République s’exprimera dans les tout prochains jours.» 

Une opération politique

A près d’un an de l’élection présidentielle, le lancement de cette compagnie aérienne en direction des Outre-mer laisse à penser qu’elle pourrait revêtir une dimension très politique. En effet, difficile de ne pas imaginer que derrière ce projet se cache une opération de séduction pour les électeurs des Outre-mer dont le vote pourrait-être décisif l’année prochaine dans la course à l’élection présidentielle. Gérard Feldzer s’en défend avec vigueur. « Si j’avais imaginé la moindre intention politique dans ce projet, jamais je n’aurais accepté de présider cette commission. Si le Président en récolte quelques bénéfices cela restera dérisoire du service que proposera à des millions de Français. » 

Cinq billets offerts par La1ère.fr

La1ère a décidé de s’associer à ce projet en offrant, avant même l’ouverture officielle de la billetterie, cinq billets « Outre-m’AIR ». Les cinq premiers internautes à nous contacter à l’adresse Redactionoutremer1ere@gmail.com  s’envoleront dès le 18 septembre pour un tour des Outre-mer à la carte.

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