C’EST LA RENTREE ….!

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LA RENTREE LITTERAIRE 2017 selon les choix de Radio France International

 

 les 15 incontournables du monde noir

mediaAbhi Sharma/abee5 CC BY 2.0

Cette année encore, le monde noir marquera de sa belle et puissante présence la rentrée littéraire. L’Afrique, les Antilles et l’Amérique noire sont représentées par de grandes plumes dont, pour certains, les lecteurs français ont déjà eu l’opportunité de mesurer l’originalité et l’imagination féconde. Ils ont pour nom : Kamel Daoud, Ali Zamir, Barlen Pyamootoo, Véronique Tadjo, Colson Whitehead, pour ne citer qu’eux. Voici les 15 titres incontournables du côté du monde noir pour la rentrée littéraire 2017.

1 – Kamel Daoud ou le dilemme de Schéhérazade

Actes Sud

C’est le deuxième roman sous la plume de l’un des écrivains algériens les plus connus de France et de Navarre. Puisant son inspiration dans la légende de Schéhérazade, l’auteur de Zabor ou les psaumes raconte à la première personne l’histoire d’un jeune homme qui possède le don d’éloigner la mort… en écrivant. Appelé au chevet de son père agonisant, ce jeune homme répondant au nom biblique de Zabor va intervenir pour le sauver, même si leurs relations sont difficiles, depuis que le père a répudié la mère, la condamnant à la mort certaine. Un roman sur la famille, sur la mort et sur l’imagination comme puissance et art millénaire de dépassement de soi.

304 pages, 21 euros (parution le 16 août).

 

 

 

2 – Docu-fiction de Véronique Tadjo sur la finitude et la fragilité de l’humain

« En compagnie des hommes » de Véronique Tadjo (Don Quichotte)Don Quichotte

Poète, romancière, peintre, l’Ivoirienne Véronique Tadjo a construit son nouveau roman autour de la thématique de l’Ebola. A mi-chemin entre récit philosophique, conte moral à la Voltaire et docu-fiction, En compagnie des hommes raconte les ravages causés par la pandémie qui a failli mettre fin à l’humanité. Face à cette menace d’extinction, les hommes s’interrogent sur leur place dans le monde et ouvrent le palabre en donnant la parole au baobab, à la chauve-souris, comme dans les contes traditionnels africains. Personnifiés, l’arbre comme l’animal deviennent à leur tour symboles d’une humanité fragile, confrontée aux contingences de la vie moderne qui a jeté aux orties ses défenses écologiques et naturelles. Les conséquences ne peuvent qu’être tragiques.

168 pages, 17 euros (parution le 17 août).

3 – La femme révoltée, de Fouad Laroui

« L’insoumise de la porte de Flandre » de Fouad Laroui (Julliard)Julliard

Fouad Laroui écrit ses poèmes en néerlandais, ses romans en français et a fait des heurs et malheurs du monde musulman dont il est issu, l’une des thématiques constantes de son œuvre. Dans son nouveau roman – L’insoumise de la porte de Flandre – qui paraît ces jours-ci, il raconte la double vie d’une jeune musulmane de Molenbeek.

Chaque après-midi, Fatima quitte son foyer vêtue d’un hijab strict, traverse la ville pour aller s’engouffrer dans un immeuble de la Porte de Flandre. Habillée à l’occidentale, robe légère et cheveux au vent, la jeune femme qui en sort n’a rien de la musulmane soumise que son amoureux découvre à sa grande surprise en la suivant lors d’une de ses virées à travers la ville. Derrière cette double vie, se cache une femme éperdument amoureuse de sa liberté, qui n’hésite pas à s’en prendre à cette société patriarcale qui vêtit ou dévêtit les femmes selon le bon plaisir de ses hommes. La déflagration qui suit est à la mesure des enjeux de la révolte de Fatima contre la domination masculine. Au bout du chemin, la liberté!

144 pages, 17 euros (parution le 17 août).

4 – Entre la grande Histoire et la littérature, avec Kaouther Adimi

« Nos richesses » de Kaouther Admi (Seuil)Seuil

Kaouther Adimi fait partie de ces écrivains qu’on ne peut définir par leur passeport. C’est particulièrement vrai pour cette jeune romancière, née en Algérie en 1986 et vivant aujourd’hui à Paris. Elle s’est donné pour mission d’explorer l’entre-deux de l’Algérie et la France, un espace mental prodigieusement fécond dont sont issus de nombreux intellectuels franco-algériens, anciens comme contemporains.

C’est la vie et l’œuvre d’un de ces intellectuels qui est le sujet du nouveau livre de Kaouther Adimi, son troisième roman, Nos richesses. L’homme en question est un certain Edmond Charlot, un illustre inconnu qui fonda une des premières librairies d’Alger, baptisée joliment Les vraies richesses. Pourquoi les vraies richesses, vous vous demandez ? La sagesse populaire ne dit-elle pas : « Un homme qui lit en vaut deux ? »

Avec un sens consommé de la narration et mêlant avec subtilité et finesse une intrigue romanesque et les extraits des carnets de Charlot, Kaouther Adimi a construit un beau roman sur les pouvoirs et limites de la littérature, dont les protagonistes ont pour nom Albert Camus, Jean Amrouche, Jean Sénac et quelques autres grands noms des lettres françaises et francophones. Petite histoire dans la grande Histoire de l’Algérie française et post-française, Nos richesses est le récit du métissage franco-algérien, commencé dans la domination et poursuivi dans le lent et inexorable oubli du passé commun.

218 pages, 17 euros (parution le 17 août).

5- Derrière la plage, l’ennui : les mythologies mauriciennes revues et corrigées par Barlen Pyamootoo

« L’île au poisson venimeux » de Barlen Pyamootoo (L’Olivier)L’Olivier

Le Mauricien Barlen Pyamootoo s’est fait connaître en 1999 en publiant Bénarès, son grand roman faussement indien. L’île au poisson venimeux est son quatrième roman. Il y est question d’abandon du foyer familial, de désespoir et de quête de soi. Un homme disparaît sans laisser de traces. Les recherches lancées par sa famille ne donneront rien. De guerre lasse, sa femme décide de refaire sa vie pour donner un foyer familial. C’est alors que le drame se produit, dévoilant les failles et les hypocrisies d’une société aux abois.

174 pages, 17 euros (parution le 24 août).

 

 

 

6 – L’amour au temps du séisme et des dévastations, sous la plume du Haïtien James Noël

« Belle merveille » de James Noël (Zulma)Zulma

« Pap pap pap papillon… Aucune ville ne saurait voler plus haut que ses vertiges, c’est moi Bernard qui te le dis. Pap pap pap papillon… Songe à l’histoire qui t’échappe à tire-d’aile. » Ainsi commence Belle merveille, le tout premier roman du Haïtien James Noël. Celui-ci est avant tout poète et c’est dans une langue syncopée et lyrique qu’il évoque dans ce roman la rencontre magique de Bernard, le miraculé survivant du séisme ravageur du 12 janvier 2010, avec une bénévole napolitaine répondant au beau nom d’Amore. Le coup de foudre qui suit se conclut sur fond de dévastation et de morts sans sépulcure. Le couple connaîtra de moult péripéties et rebondissements, avant d’aller chercher dans la Ville éternelle un nouveau souffle pour leur bel amour né dans les décombres d’une autre ville dont le souvenir reste à jamais vivace.

160 pages, 16,50 euros (parution le 24 août).

 

7 – L’Américain Colson Whitehead revisite l’esclavage et l’ingéniosité de ceux qui le combattent

« Underground Railroad » de Colson Whitehead (Albin Michel)Albin Michel

Publié en automne dernier et couronné à la fois par le prix Pulitzer 2017 et le National Book Award (équivalent du Goncourt), Underground Railroad est sans doute l’un des livres les plus remarquables sur l’esclavage à avoir été écrit à ce jour. Il raconte le périple d’une jeune esclave noire qui réussit à s’évader de la plantation de coton dans la Géorgie à laquelle elle était rattachée vers les Etats libres du Nord. Nous sommes avant la guerre de Sécession.

Si la jeune héroïne a su mener à terme ce périple semé d’embûches au cours duquel elle risquait d’être capturée à chaque instant par les chasseurs d’esclaves, c’est parce qu’elle avait su s’appuyer sur le réseau d’entraide et de solidarité qui existait à l’époque pour aider les esclaves à s’enfuir et conquérir leur liberté. Ce réseau s’appelait « Underground Railroad ».

Comme le rappelle l’auteur Colson Whitehead, son livre est aussi une réflexion sur les fondements et la mécanique du racisme aux Etats-Unis. Ce mélange de réflexion et de narration donne un roman puissant et émouvant qu’on referme en comprenant sans doute un peu mieux les enjeux de la guerre que les noirs américains et leurs sympathisants sont en train de mener en ce moment même contre les suprématistes blancs dans l’Amérique de Donald Trump et de Steve Bannon.

Traduit de l’anglais par Serge Chauvin. Albin Michel, 414 pages, 22,90 euros. (Parution le 24 août).

8 – Entre histoire et fiction : naissance du Nigeria revue et corrigée par Diekoye Oyeyinka

« La douleur du géant » de Diekoye Oyenika (L’Aube)L’Aube

La Douleur du géant est le premier roman du Nigérian Diekoye Oyeyinka. Un roman-fleuve de près de 400 pages qui met en scène non sans talent l’histoire du Nigeria indépendant, un géant aux pieds d’argile. Pays le plus peuplé d’Afrique, la première économie du continent gangrenée par la violence et la corruption, le Nigeria est le véritable protagoniste de ce roman. A travers les récits de vie des personnages  haut en couleur, leurs inquiétudes, leurs rêves et leurs souvenirs de l’émergence chaotique de leur pays, le roman raconte l’histoire du Nigeria moderne qui n’a pas été un long fleuve tranquille, comme en témoignent les chapitres du livre consacrés aux périodes dramatiques telles que la guerre de Biafra ou les coups d’Etat militaire.

La narration d’Oyeyinka est poétique, foisonnante et souvent métaphorique, comme cette image de la gestation difficile empruntée aux légendes anciennes.Elle sert de grille de lecture de la naissance dans la violence et la douleur d’un grand pays moderne.

Traduit de l’anglais par Benoîte Dauvergne. Editions de l’Aube, 400 pages, 22 euros (parution le 24 août).

9 – Dans la Tunisie d’avant l’indépendance avec Ali Bécheur

« Les lendemains d’hier » de Ali Bécheur (Elyzad)Elyzad

Venu à l’écriture après une longue et brillante carrière d’avocat, Ali Bécheur est connu pour son chef-d’œuvre Le Paradis des femmes, paru en 2006. Si dans ses premiers romans, la thématique féministe est omniprésente, dans son nouveau roman qui paraît en cette nouvelle rentrée littéraire, le Tunisien met en scène l’univers passionnel des hommes. Il raconte la lourde chape de silence qui pèse parfois sur les ressentiments opposant  notamment pères et fils et qui, à défaut de pouvoir s’exprimer, explosent. L’intrigue des Lendemains d’hier, malgré ses références obliques au temps présent, est campée dans la Tunisie d’avant l’indépendance où colons, locaux, femmes européennes et arabes, artisans de la médina et cocher maltais se partagent la scène, marquant les esprits de leur présence et de leurs rêves inassouvis.

312 pages, 19,90 euros (parution le 25 août).

10 – La Martiniquaise Gaël Octavia entraîne le lecteur dans un inattendu huis clos des femmes

« La fin de Mame Baby » de Gaël Octavia (Gallimard)Gallimard

La Fin de Mame Baby est le tout premier roman de la Martiniquaise Gaël Octavia. Son intrigue est bâtie avec une sensibilité féministe,autour des vies gâchées de quatre femmes : Mariette la recluse, Aline l’infirmière, Suzanne la petite blanche et Mame Baby, idole des femmes. Celle-ci est morte dans des circonstances mystérieuses dans le Quartier, une petite ville de banlieue où les destins se croisent et se concluent.

Ce roman est construit comme une pièce de théâtre où les personnages s’affrontent avec pour armes leurs haines et les souvenirs de leur idole disparue. Le lecteur ne s’étonnera pas de se retrouver ici dans une configuration théâtrale puisque l’auteur vient du monde de théâtre, avec à son actif trois pièces qui l’ont fait connaître.

170 pages, 16 euros (parution le 31 août).

11 – La narration post-moderne de Nael El-Toukhy

« Les femmes de Karantina » de Nael El-Toukhy (Actes Sud)Actes Sud

L’Egyptien Nael El-Toukhy voue un véritable culte à Oum Kalsoum, mais puise aussi son inspiration dans le cinéma de Woody Allen, les romans de Kafka et les fables de Borges. C’est sans doute la fusion inédite de ces différentes influences qui explique le succès qu’a connu son roman Les Femmes de Karantina, unanimement salué dans le monde arabe comme l’une des œuvres les plus marquantes de la nouvelle littérature égyptienne.

Traduite en français pour la première fois, l’écriture de ce romancier hors norme surprend par sa vitalité iconoclaste. Renversant la tradition et la légende avec un sens consommé de la subversion, il raconte l’énergie de l’Egypte post-révolutionnaire à travers la fuite en avant de ses protagonistes, notamment le couple Inji et Ali. Poursuivis pour meurtre, ceux-ci se réfugient en Alexandrie. C’est dans les bas-fonds de l’Alexandrie obscure et mystérieuse que se déroule l’essentiel de l’intrigue qui mêle avec brio la noirceur du roman social et les audaces propres aux récits d’anticipation dont l’action est campée en 2064.

Ce roman est aussi une saga familiale qui retrace l’évolution de la société égyptienne sur trois générations, incarnées par une galerie de personnages, les uns plus pittoresques que les autres.

448 pages, 23,50 euros (parution le 6 septembre).

12 – Le Jamaïcain Kei Miller fait souffler le vent de révolte chez les rastafari

« By the rivers of Babylone » de Kei Miller (Zulma)Zulma

Romancier et poète, né à Kingston, le Jamaïcain Kei Miller est l’auteur d’une œuvre engagée dont le sarcasme n’épargne ni la classe politique de son pays natal, ni le racisme et l’hypocrisie dans le Royaume-Uni où il vit. By the rivers of Babylon qui raconte la descente aux enfers de la Jamaïque, est le deuxième roman de Miller traduit en français, après L’authentique Pearlline Portious, paru en 2016 .

Augustown, le quartier pauvre de Kingston sur lequel s’ouvre le premier chapitre du roman, est emblématique de la plongée de la Jamaïque entière dans la violence et la misère morale et matérielle. La promesse de la classe politique du pays  d’offrir aux anciens esclaves une vie digne n’a pas été tenue. Alors, Augustown attend le signal de la nouvelle révolte des démunis et l’avènement du jour d’ « autolapse », synonyme jamaïcain pour l’apocalypse.

Le retour de l’école de Kaïa dont le professeur lui a coupé les dreadlocks – sacrilège absolu chez les rastafari – sera-t-il ce signal qu’attend le gang Angola pour faire de nouveau régner la terreur dans la ville ? La belle traduction de Nathalie Carré est à la mesure du puissant vent de résistance que Miller fait souffler dans ces pages.

Traduit de l’anglais par Nathalie Carré. 304 pages, 20,50 euros (parution le 7 septembre).

 

13 – La poésie de l’amour, selon Ali Zamir

« Mon étincelle » de Ali Zamir (Le Tripode)Le Tripode

C’est en 2016 que Ali Zamir a surgi sur la scène littéraire française avec Anguille sous roche, un premier roman quasi parfait, étincelant comme un diamant poli par les contingences d’une intelligence imaginative peu commune. Le Comorien trentenaire revient cette année avec un second roman qui confirme les espoirs et les promesses du premier.

Mon Etincelle est une histoire d’amour, d’amour fou qui fait chavirer le cœur de la jeune Etincelle. Prise dans les turbulences d’un vol qui relie deux îles de son pays, elle se remémore les histoires d’amour que lui racontait sa mère. En particulier, celle de deux adolescents répondant aux noms improbables de « Douceur » et « Douleur ». Chaque fois qu’elle affronte une épreuve, Etincelle se raconte l’histoire tragique de ces deux adolescents malgaches, avec l’espoir de trouver dans leur amour éperdu la consolation pour ses propres échecs.

Après la sensation créée par son premier roman, Ali Zamir a toutes les chances cette année, dit-on dans les milieux autorisés, de remporter un grand prix avec son deuxième opus. Mon Etincelle n’a-t-il pas été qualifié de « une des histoires d’amour les plus extraordinaires » par Alain Mabanckou himself ?

280 pages, 19 euros. (Parution le 7 septembre).

14 – L’Angolais Manuel Rui raconte les lendemains qui déchantent

« Oui, camarade » de Manuel RuiChandeigne

Homme politique, diplomate, universitaire, l’Angolais Manuel Rui est aussi un des grands noms de la littérature de son pays. Avec Luandino Vieira et Pepetela, il fait partie de la génération d’écrivains majeurs qui ont fait la renommée des lettres angolaises. A ce jour, Le Porc épique (Dapper 1982) est le seul de ses livres qui a été traduit en français.

Oui camarade qui paraît ces jours-ci est un recueil de nouvelles, écrites au lendemain de l’indépendance angolaise le 11 novembre 1975. Des récits engagés, pleins d’espoirs dans l’avenir de la nation naissante enfin débarrassée du colonialisme. L’indépendance ne sera pas pour autant, le romancier le pressentait déjà, un long fleuve tranquille. Le chaos qui règne au Palais, raconté avec sarcasme et empathie dans la nouvelle « Le conseil » qui ouvre le recueil, tout comme les grèves qui paralysent l’économie et les « poches trouées » des anciens combattants en disent long sur les lendemains qui déchantent déjà.

Traduit du portugais par Elisabeth Monteiro Rodrigues. 208 pages, 20 euros. (Parution le 21 septembre.)

15 – Nimrod, entre poème et récit

La couverture du livre «Gens de brume» de NimrodDR

On ne présente plus Nimrod Bena Djangrang. C’est à son père, pasteur luthérien, que le Tchadien doit son prénom aux résonances bibliques. « Nimrod » qui signifie « celui qui a vaincu le léopard » est devenu, chemin faisant, le pseudonyme de cet écrivain au verbe haut et sensuel.

Poète, romancier et essayiste, l’homme a dû quitter son pays natal à l’âge de 25 ans, fuyant les turbulences de la guerre civile. Après un premier volume de poésies intitulé Pierre, poussière (Editions Obsidiane 1989), qui l’a fait connaître, ce natif de Koyom, dans le sud du Tchad, a publié d’autres recueils de poésies, mais aussi des romans intensément lyriques, rythmés par les souvenirs du pays et du passé.

Nimrod publie en octobre un nouveau livre : Gens de brume. On n’a pas beaucoup d’information sur ce nouvel opus de l’auteur tchadien, sauf ce qu’en dit son éditeur sur son site: « Entre poème et récit, le poète évoque son enfance parmi les pêcheurs des bords du fleuve Chari au Tchad, son exil, mais aussi les paysages du Gard qui lui sont chers ».

Le talent oblige, la parution d’un nouveau titre signé Nimrod est forcément un événement littéraire incontournable.

64 pages, 8 euros. (Parution le 4 octobre.)

CALEDONIENS AILLEURS …

 Françoise Wadou, peintre en pleine renaissance

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Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Etudes, recherche d’emploi, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure ailleurs ? Cette semaine, Françoise Wadou, artiste en devenir.

Calédoniens ailleurs : Françoise Wadou, peintre en pleine renaissance © DR
© DR Calédoniens ailleurs : Françoise Wadou, peintre en pleine renaissance
  • Par Ambre Lefeivre
  • Publié le 20/08/2017 à 07:02

« Je donne du cachet, de la couleur à ma vie ». A 50 ans Françoise a décidé de donner un nouveau souffle à son existence.  Alors que la peinture n’était jusque là qu’une passion assouvie lors de son temps libre, la Calédonienne se lance dans une nouvelle aventure, celle de vendre ses tableaux et créations. Un renouveau qui n’aurait pas été permis sans son parcours de vie.

Passionnée de travaux manuels, Françoise a profité de son passage au Vanuatu pour créer des objets de déco © DR
© DR Passionnée de travaux manuels, Françoise a profité de son passage au Vanuatu pour créer des objets de déco

Férue de travaux manuels, évoluant au sein d’une famille d’artistes,  la timide Françoise dessine et peint depuis son plus jeune âge. Si la Calédonienne fait le choix de quitter tôt l’école, c’est en autodidacte qu’elle apprend de nouvelles techniques. Très impliquée dans la vie de son église, elle rencontre son futur époux à 18 ans lors d’un camp de jeunes. Le couple se marie rapidement et devient bientôt parents de deux filles. La Nouméenne d’origine indonésienne et son mari Paul décident quelques années plus tard de servir Dieu. Pour mener à bien leur mission, Paul, devenu pasteur, et Françoise déménagent de 1988 à 2000 à Koumac et enfin Ouvéa, l’île natale de Paul. Femme de pasteur, Françoise joue également un rôle actif au sein de son église notamment au niveau social. « Je complète et épaule mon mari dans sa mission. Les gens savent qu’ils peuvent venir me voir à tout moment ».

La Calédonienne prend des cours de dessin depuis son installation en métropole © DR
© DR La Calédonienne prend des cours de dessin depuis son installation en métropole

Le nouveau millénaire marque le début d’une nouvelle vie pour le couple. Les Wadou s’installent au Vanuatu pour mener à bien leur rôle de missionnaires. Ce déménagement est un déclic pour Françoise.  « Après être sortie du pays, je sentais que je devais me retrouver en tant que personne ». Elle, qui avait un peu délaissé sa passion, renoue avec la peinture et les créations manuelles. Ces œuvres font mouche. « L’étonnement des gens m’a fait réaliser qu’il y avait quelque chose dans ce que je faisais ». Petit à petit, l’idée d’un certain talent fait son chemin. Après sept ans dans le Pacifique, le couple emménage à Granville (Normandie) pour trois ans. La dernière année, Françoise se décide à prendre des cours cherchant également l’approbation d’un professeur. « Mon enseignant m’a encouragé dans cette voie-là ». Installée à Epinal (dans les Vosges) avec son mari, elle poursuit ses cours. En 2016, la peinture prend une nouvelle dimension dans sa vie. Elle s’y consacre de plus en plus. Son atelier étant attenant à sa maison et à l’église, les fidèles et les passants sont de plus en plus nombreux à découvrir et surtout à apprécier ses créations.

Françoise s'apprête à vendre ses tableaux © Françoise Wadou
© Françoise Wadou Françoise s’apprête à vendre ses tableaux

Face à ce succès, Françoise a décidé de lancer sa micro-entreprise. Conseillée par la chambre de commerce locale, elle vendra dès cet automne ses objets de déco, ses bijoux et ses tableaux. Une nouvelle vie professionnelle qui l’enchante. « Terminer par la peinture, par la création, c’est un moyen d’exprimer mon âme et mon cœur ».  Un projet qui n’aurait pas pu se faire sans les nombreuses rencontres de Françoise et l’amour de Dieu. « La grâce de Dieu me suffit. Il m’a permis toutes ses belles choses. Les personnes rencontrées m’ont donné de l’assurance pour me lancer » déclare- t-elle avant d’ajouter : « Je me sens accomplie aujourd’hui, j’ai l’impression d’être quelqu’un ». 

par ambre@lefeivre.info

ECRIVAINS HAÏTIENS A L’HONNEUR

Trois Haïtiens finalistes pour un grand prix littéraire francophone

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Plusieurs écrivains haïtiens et étrangers ont soumis leurs œuvres de fiction (roman, récit, nouvelles) publiées entre  le 1er mai 2016 et le 1er mai 2017. Trois Haïtiens sont en lice pour le grand Prix des cinq continents de la Francophonie.

Créé en 2001 par l’Organisation internationale de la Francophonie, le Prix des cinq continents consacre un texte d’un écrivain important, témoignant d’une expérience culturelle spécifique enrichissant la langue française. Deux auteurs établis et un jeune auteur  en herbe figurent parmi les finalistes.

Il s’agit de Néhémie Pierre Dahomey, auteur du récit « Rapatriés » (paru chez Seuil), Gary Victor, auteur de Les temps de la cruauté (Philippe Ray) et  Louis-Philippe Dalembert  pour le récit « Avant que les ombres s’effacent », publié chez l’éditrice Sabine Wespieser.Ce roman du prolifique romancier haïtien s’est déjà vu décerner plusieurs distinctions dont le Prix France Bleue/Page des Librairies 2017, après que Louis-Philippe ait raflé le Prix Orange du Livre.

Haïti croise les bras et attend la délibération du jury : qui détrônera l’écrivaine et journaliste tunisienne Fawzia Zouari, lauréat de l’édition 2016 pour son roman « Le Corps de ma mère », édité à Tunis par Déméter et coédité à partir de Paris par Joëlle Losfeld, Gallimard.

Réunis ce mardi 11 juillet 2017 au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), les représentants des cinq comités de lecture du Prix des cinq continents de la Francophonie ont choisi les 10 finalistes parmi les 122 œuvres proposées.

De l’avis des comités, « la moisson 2017 nous invite à lire des parcours de femmes et d’hommes qui, par leur force de caractère, par leur courage ou leur détermination, parviennent à se construire, au cœur de la violence de nos sociétés. Ce sont des tragédies qui nous révèlent la complexité de la nature humaine et ouvrent des horizons au-delà des époques et des frontières ».

Accueillant tout auteur d’expression française quelle que soit sa maturité littéraire, le Prix des cinq continents de la Francophonie met en valeur l’expression de la diversité culturelle et éditoriale de la langue française sur les cinq continents.

La liste complète des finalistes

Deux écrivains haïtiens finalistes du Prix Théâtre RFI 2017

Parmi les 13 textes présélectionnés pour l’édition 2017 du Prix Théâtre RFI, figurent deux œuvres haïtiennes : Reconstruction(s) de Noé Beaubrun et Quai des ombres de Faubert Bolivar.

« Le choix a été difficile et, comme tout choix, douloureux. Il a demandé beaucoup de temps et une attention rigoureuse, faisant peu cas de fautes de syntaxe ou d’orthographe. S’attachant tant au fond qu’à la forme.» C’est par ces mots que le comité de lecture du Prix Théâtre RFI 2017 dévoile la liste des textes présélectionnés pour « leurs qualités littéraires, dramaturgiques et leur originalité ». Deux auteurs haïtiens, Noé Beaubrun et Faubert Bolivar, sont en lice respectivement pour leurs pièces Reconstruction(s) et Quai des ombres.

Elles sont des œuvres représentatives de la littérature haïtienne non seulement en référence à leurs auteurs, mais aussi pour les sujets qu’elles abordent.

Reconstruction(s) de Noé Beaubrun

Le président d’Haïti s’est retiré dans l’unique bibliothèque du pays et depuis trois ans passe son temps à lire et à philosopher « pour se reconstruire ». Le peuple se plaint de cette inaction par la voix de l’opposition tandis que les ministres s’emploient à ne rien faire pour se reconstruire pour leur propre compte avec l’argent des impôts et des ONG… Le public est appelé à participer aux péripéties de cette farce politique qui brocarde un régime immobile et corrompu depuis des décennies.

Quai des ombres de Faubert Bolivar

Après le tremblement de terre en Haïti, des personnages errent dans les ruines, au milieu des fantômes. Fauchés en pleine vie. Déjà happés, morts-vivants, par le chœur des ombres…

Voici la liste des 11 autres textes  présélectionnés:

  • La poupée barbue d’Edouard Elvis Bvouma (Cameroun)
  • Verso Recto de Sylvie Dyclo-Pomos (Congo)
  • Arènes intérieures de Koukouvi Dzifa Galley (Togo)
  • La rue bleue de Sedjro Giovanni Houansu (Bénin)
  • Délestage de David-Minor Ilunga (RDC)
  • Là-bas de Fidèle Kofi (Côte d’Ivoire)
  • Les invisibles de Hicham Lasri (Maroc)
  • Longues sont mes nuits de Faustin Keoua Leturmy (Congo)
  • Le tableau pas complet de Mylene Ntamengouro (Burundi)
  • Debout un pied de Denis Sufo Tagne (Cameroun)
  • Mille et une femmes de Constantin Liberté Kouam Tawa (Cameroun)

« Ce qui nous a frappés, c’est la force des propos à l’égard des maux qui hantent ces pays. Dictature, corruption, intolérance, exclusion, poids de traditions étouffantes, calamités de tous ordres… C’est aussi l’humour qui jaillit au fil des mots, même dans les situations les plus tragiques. Manière de prendre de la hauteur, de la distance vis-à-vis de réalités difficiles », témoigne un article de RFI consacré à ce sujet.

La balle est maintenant dans le camp du jury, composé d’artistes, de professionnels et présidé cette année par l’écrivain Dany Laferrière, qui lira les pièces finalistes et designer le lauréat. Le « Prix Théâtre RFI » 2017 sera remis à Limoges, dimanche 24 septembre, dans le cadre du Festival Les Francophonies en Limousin. Le lauréat recevra, entre autres primes, une dotation financière d’un montant de 1500 euros, une résidence de création d’une durée d’un à trois, la promotion de son texte.

L’appel à candidatures pour le « Prix Théâtre RFI » 2017 a été lancé du 13 mars au 16 avril 2017, et pas moins de 172 candidatures ont été reçues en provenance de 23 pays francophones.

Le « Prix Théâtre RFI » a pour objectif de promouvoir la richesse des écritures dramatiques contemporaines francophones du Sud et de favoriser le développement de carrière de jeunes auteurs, écrivant en français. En 2014, le « Prix Théâtre RFI » a récompensé Chemin de fer, le texte de Julien Mabiala Bissila, jeune auteur congolais, en 2015 l’auteure libanaise Hala Moughanie pour Tais-toi et creuse et en 2016 le Guinéen Hakim Bah pour Convulsions.

 

 

 

ILS ONT  ETE  NOMMES  « CHEVALIER  DE  L’ORDRE   DES  ARTS  ET DES LETTRES »

Guy  REGIS junior a  été nommé  par l’ancienne ministre française de la Culture, Audrey Azouley pour sa  contribution à la promotion des valeurs culturelles de France. Le titre de Chevalier reste le premier des trois grades, officier et commandeur, de cette distinction.

Cette distinction existe depuis 1957 en France et elle récompense les personnes qui se sont distinguées par leurs créations dans le domaine artistique ou littéraire, ou par la contribution qu’elles ont apportée au rayonnement des Arts et des Lettres en France et dans le monde, suivant ce que l’on peut en lire sur le site du ministère français de la Culture.

Des critères bien définis déterminent la qualification à ce titre, très respecté et envié par les artistes, les écrivains et tout professionnel du champ culturel. Le Conseil de l’Ordre des Arts et des Lettres, après collecte et instruction de sa section des distinctions honorifiques, soumet les noms de personnalités choisies au ministre chargé de la Culture, qui décide souverainement des nominations.

James Noël, acteur principal dans le film « Woch nan dlo » aux côtés de la romancière haïtienne Edwidge Danticat, directeur de la revue littéraire IntranQu’îllités a été nommé par arrêté du 21 avril 2017 Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par l’ex-ministre français de la Culture, Audrey Azouley, remplacée par Françoise Nyssen, fondatrice de la maison d’éditions Actes Sud.


Le métier de cet Haïtien est de brasser dans une revue littéraire tous les imaginaires du monde, de tailler des rêves avec des mots.

Dans la lettre de félicitation datée du 25 juillet 2017 et adressé au poète et auteur de « La migration des murs », Audrey Azouley salue le talent de James Noël et son « immense talent, son engagement au service de la culture et sa contribution au renforcement des relations entre la France et Haïti. »

Né en Haïti en 1978, James Noël est poète. Ancien pensionnaire de la Villa Médicis, il écrit régulièrement des chroniques pour Mediapart et anime la revue IntranQu’îllités. Parmi ses derniers recueils de poésie parus : Le Pyromane adolescent, suivi du Sang visible du vitrier (Points, 2015); Anthologie de poésie haïtienne contemporaine (Points, 2015); La Migration des murs (Galaade, 2016).

« Belle merveille » est son tout dernier roman paru aux éditions Zulma et qui sera en librairie, en France, le jeudi 24 août.

NB. Yanick Lahens, Lyonel Trouillot, Makenzy Orcel, Gary Victor et Franckétienne  ont eux aussi reçu cette distinction.

 

 

LES    ECRIVAINS   HAÏTIENS  QUI ONT  MARQUE  L’ANNEE 2016

L’année 2016 s’achève et laisse derrière elle son lot de douleurs. Nous avons tant compté de cadavres, succombé aux malheurs, pleuré les nôtres et raté les rendez-vous de goûter aux joies et plaisirs de la vie. C’est qu’en Haïti, il ne nous est pas offert la chance de laisser libre cours à nos rêves vu toute la difficulté de vivre et d’exister dans ce pays sous l’emprises des ténèbres. Cependant, la littérature (nos écrivains) nous a encore permis d’espérer ce bonheur si longtemps cherché –pas encore retrouvé- aussi fugace soit-il. Voici, entre autres, quelques-uns de ces écrivains qui ont marqué l’année 2016.

Publié le 2016-12-28 | Le Nouvelliste

Culture – Dieulermesson PETIT FRERE

 

René Depestre (1926) L’on croyait qu’il avait tout abandonné de l’écriture tout comme il s’est retiré d’Haïti pour vivre des jours heureux à Lézignan-Corbières. À quatre-vingt-dix ans, il vient de remporter le Grand prix de la SGDL de Littérature 2016 pour son dernier roman, Popa Singer, paru aux éditions Zulma. Depestre a reçu en 1982 le Goncourt de la nouvelle pour « Alléluia pour une femme-jardin » et le Renaudot en 1988 pour son roman « Hadriana dans tous mes rêves ».
Joël Des Rosiers (1951) Connu surtout comme psychiatre, Joël Des Rosiers est poète et critique littéraire. Auteur de huit recueils de poèmes et de deux essais, dont le dernier, « Metaspora : essais sur les patries intimes », a reçu le Modern Language Association Price for Independent Scholars, en 2014. Il vient de se voir attribuer le prix de la poésie Fetkann-Maryse Condé 2016 pour Chaux, son dernier recueil paru en 2015 chez Triptyque. 

Martine Fidèle (1988) Invitée au salon international du livre de Québec du 13 au 17 avril 2016 à l’initiative de l’éditeur Rodney Saint-Éloi, Martine Fidèle a signé, pour le plaisir de nombreux amants des lettres haïtiennes, son roman « Double corps » qui a défrayé la chronique lors de sa parution. Mis à part sa participation à des tables rondes, elle a fait un passage à l’émission « Scène rendez-vous littéraires ». Elle a été aussi invitée d’honneur de « Livres en liberté ». Outre ses activités d’écriture, Martine fait du théâtre et publie régulièrement des articles dans la section Culture du Nouvelliste, le plus ancien quotidien de l’Amérique francophone.

 

Inema Jeudi (1981) Connu surtout comme poète créolophone de grand talent, Inéma Jeudi a publié cette année son premier recueil de poèmes en français, Le jeu d’inéma, aux éditions Le temps des cerises en France. Il a été, du coup, invité à signer son livre, à participer à des émissions sur TV5 Monde à Paris et à des soirées de lecture aux côtés de son préfacier et maître Lyonel Trouillot. Membre de l’Atelier jeudi soir à Port-au-Prince, ses poèmes sont chantés par Herby François, Wooly Saint-Louis Jean et Roosevelt Saillant, dit BIC.

 

Yanick Lahens (1953) C’est à Jacmel que la récipiendaire du prix Femina 2014 pour son roman « Bain de lune », Yanick Lahens, a atterri au début de l’année 2016 pour des échanges avec les élèves du collège Alcibiade Pommayrac. Invitée à la foire du livre de Miami, elle a pris part aux Francophonies en Limousin à Limoges en mars dans le cadre de la semaine consacrée à Haïti à l’initiative du comité Marguerite-Bourgeoys. Outre ses diverses rencontres en Haïti avec des écoliers, étudiants et autres amants des lettres, elle a multiplié les voyages dans les Antilles, en Europe pour des ventes-signatures et des conférences et pour honorer des invitations de tout genre.

 

Coutechève Lavoie Aupont (1982) Coutechève Lavoie Aupont a reçu le prix René Philoctète de la poésie dans le cadre de la deuxième édition du concours organisé par la Direction nationale du livre. Lauréat également du prix Dominique Batraville de la poésie pour son livre « Make pa », il prête ses services au centre Pen Haïti depuis plus d’une année, et est devenu un militant de la culture en multipliant çà et là des activités culturelles (surtout à Port-au-Prince).

 

Stéphane Martelly (1974) Peintre, poète et chercheure attachée à l’Université Concordia au Canada, Stéphane Martelly a signé, le 30 novembre dernier, « Les jeux du dissemblable. Folie, marge et féminin en littérature haïtienne contemporaine » aux éditions Nota Bene, un livre critique qui tente de cerner la figure du féminin et de la folie dans le champ littéraire haïtien. Critique littéraire, auteur d’un essai extraordinaire sur l’œuvre de Magloire Saint-Aude, « Le sujet opaque. Une lecture de l’œuvre poétique de Magloire Saint-Aude », Stéphane est, entre autres, l’auteur de « Inventaires », recueil de poèmes paru chez Triptyque au Canada

 

James Noël (1978) James Noël est un écrivain voyageur. Il est sur tous les fronts. Invité spécial du 33e festival des Francophonies en Limousin, il a publié au début du troisième trimestre « La migration des murs », une sorte de pamphlet politique chez Galaade éditions. Outre l’émission « Intranquillement vôtre » diffusée sur la télévision nationale et qui fait la promotion de la culture, il dirige, avec Pascal Monnin, la revue Intranqu’Ilités dont le quatrième numéro a réuni près de deux cents contributeurs.

 

Makenzy Orcel (1983) Makenzy Orcel est ce jeune écrivain haïtien pour qui l’avenir augure des jours heureux. 2016 aura été pour lui la saison la plus florissante de sa carrière de romancier. Auteur de deux romans parus chez Mémoire d’encrier, Les immortelles (2010) et Les latrines (2011), son dernier livre, L’ombre animale, a battu les records des prix littéraires. Quatre fois primés ( Prix Éthophile, prix Louis-Guilloux, prix Littérature-Monde, ADELF-Caraïbes), L’Ombre animale, lit-on sur le site des éditions Zulma « se situe à la limite des ténèbres et de l’aurore, du rêve et de l’éveil, de l’absence et de la vie ».

 

Anthony Phelps (1928) Phelps est peut-être l’un des derniers survivants du groupe Haïti littéraire –s’il faut compter Janine Tavernier qui a fait partie du groupe et Marie Vieux-Chauvet considérées comme des antennes. Récipiendaire du prix Carbet du Tout-Monde pour l’ensemble de son œuvre, il vient de publier son dernier recueil de poèmes Je veille, incorrigible féticheur aux éditions Bruno Doucey.

 

Néhémy Pierre-Dahomay (1986) Ancien étudiant en philosophie à l’École normale supérieure de Port-au-Prince, Néhémy vient de faire un grand coup en publiant son tout premier roman, Rapatriés, aux éditions du Seuil. Connu surtout comme poète, il a déjà publié à Port-au-Prince Emmuré suivi de Mots épars. En 2004, il a été lauréat du concours de textes organisés par l’ENS pour le recueil Mots épars.

 

Guy Régis Jr (1974) Homme de théâtre, romancier et poète, Guy Régis Jr continue de dynamiser et moderniser le théâtre en Haïti en le sortant des clichés et des abysses de la facilité. Avec la création de sa troupe « Nous » en 2001, il s’est mis à développer une forme de théâtre exhibitionniste dénommée « Théâtre de rue ». Invité de la 33e édition des Francophonies en Limousin en septembre dernier à Limoges, il a profité pour faire découvrir au public les Quatre chemins en organisant des performances dans la rue. Du 21 novembre au 3 décembre, il a organisé avec succès la 13e édition du festival de théâtre Quatre chemins qui a eu comme invité d’honneur le marionnettiste Ernst St-Rome. Son premier recueil de poèmes vient de paraître chez LEGS ÉDITION.

 

Rodney Saint-Éloi (1963) Installé au Canada depuis le début des années 2000, Rodney Saint-Éloi a porté au-delà des frontières les lettres et la culture haïtiennes avec la création des éditions Mémoire d’encrier qui constituent ce « lieu-carrefour où se tissent rencontres, dialogues et échanges pour que les voix soient visibles et vivantes ». Finaliste du prix littéraire du Gouverneur général, finaliste du prix des libraires du Québec et finaliste du prix Carbet de la Caraïbe 2016 avec son recueil titré Je suis la fille du baobab brûlé paru en 2015, il a publié deux livres cette année, un recueil de poèmes : (Moi tombé. Moi levée) et un essai : (Passion Haïti).

 

Lyonel Trouillot (1956) Pour la seule année 2016, Lyonel Trouillot a publié quatre livres, dont deux romans, Kannjawou et Agase lesperans, et deux recueils de nouvelles : Le miroir d’Anabelle et d’autres récits et Histoires simples II. Outre les activités des Vendredis littéraires qu’il organise dans son antre familial à Delmas, il réunit autour de lui nombre de jeunes au sein de l’Atelier jeudi soir à qui il insuffle la passion et le goût de l’écriture. Il a codirigé la quatrième édition du festival international du livre et du film Étonnants voyageurs à Port-au-Prince.

 

Gary Victor (1958) Invité d’honneur de la quatrième édition de la Foire internationale du livre d’Haïti (Filha), Gary Victor est, dit-on, l’écrivain haïtien le plus lu et probablement le plus prolifique de sa génération. En début d’année, il a siégé comme membre du jury du prix Casa de las Americas à Cuba –prix qu’il a reçu en 2012 pour son roman « Le sang et la mer ».

 

Évains Wêche (1980) Évains Wêche est une révélation de Gary Victor et Rodney Saint-Éloi. Depuis la publication du recueil collectif (Je ne savais pas que la vie serait si longue après la mort), dans lequel il a publié ses deux nouvelles, Wêche ne cesse de nous surprendre. Invité au salon du livre de Genève aux côtés de Kettly Mars, de James Noël et du photographe Casimir Veillard, son roman Les brasseurs de la ville publié en 2014 chez Mémoire d’encrier a été réédité cette année chez Philippe Rey à Paris.

 

L’écrivain haïtien Dany Laferrière élu à l’Académie française

OUTRE-MER 1ÈRE L’écrivain haïtien naturalisé canadien Dany Laferrière a été élu au premier tour de scrutin jeudi à l’Académie française. Il était donné favori depuis quelques semaines.

L'écrivain haïtien Dany Laferrière © Miguel Medina/AFP
© Miguel Medina/AFP L’écrivain haïtien Dany Laferrière
  • Par Philippe Triay
  • Publié le 12/12/2013 à 16:43, mis à jour le 27/05/2015 à 22:01

Son nom circulait déjà depuis quelques temps et c’était l’un des grands favoris pour succéder au fauteuil d’Hector Bianciotti, décédé en 2012, et occupé auparavant, entre autres, par Montesquieu et Alexandre Dumas fils. Les « immortels » n’ont pas déjoué les pronostics et ont voté pour l’écrivain naturalisé canadien d’origine haïtienne, âgé de 60 ans. Dany Laferrière a été élu au premier tour de scrutin en obtenant 13 voix sur 23. Les autres candidats en lice étaient Catherine Clément, Yves-Denis Delaporte, Arthur Pauly, Jean-Claude Perrier et Georges Tayar.

Outre son dernier ouvrage, « Journal d’un écrivain en pyjama » (éditions Grasset), un petit chef d’œuvre dont nous avons déjà parlé, Dany Laferrière a publié plus d’une vingtaine de romans, dont « Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer » (1985, éditions Belfond), « L’Enigme du retour » (2009, Grasset, prix Médicis), « Tout bouge autour de moi » (2010, Grasset) et « Chroniques de la dérive douce » (2012, Grasset).

Deux de ses livres « Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer ? » et « Vers le Sud » (2006) ont été par ailleurs adaptés avec succès au cinéma. L’auteur a également obtenu le prix RFO du livre en 2002 pour « Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une arme ou un fruit ? » (éditions Le Serpent à Plumes).

Les étapes d’une élection à l’Académie française

L’Académie française procède à une élection dans les trois mois qui suivent la déclaration de vacance d’un fauteuil. Du jour où la vacance est déclarée, les candidats notifient leur candidature par une lettre adressée au Secrétaire perpétuel (actuellement Hélène Carrère d’Encausse). Il existe aussi une procédure de présentation de candidature posée par un ou plusieurs membres de l’Académie. La date limite de dépôt de candidature est fixée à quatre semaines avant l’élection. L’âge limite pour se présenter à un fauteuil vacant est fixé à soixante-quinze ans à la date du dépôt de candidature. Aucune condition de titres ou de nationalité ne figure dans les statuts.

Le scrutin est direct, secret et requiert pour qu’un candidat soit élu qu’il ait recueilli la majorité absolue des suffrages (la moitié des voix exprimées plus une). Un scrutin ne peut avoir lieu qu’en présence d’un quorum de votants fixé à vingt.

L’élection à l’Académie française, bien qu’elle soit un corps constitué, ne devient définitive qu’après approbation du président de la République, protecteur de l’Académie, qui la manifeste en donnant audience au nouvel élu. Cette visite du nouvel élu vaut approbation.

Dany Laferrière et le maire de Montréal Denis Coderre
Credit photo: Radio canada

Dany Laferrière et le maire de Montréal Denis Coderre Credit photo: Radio canada

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Dany Laferrière, illustre écrivain francophone, poids lourd de la littérature haïtienne et académicien, a reçu du maire  Denis Coderre, l’insigne de l’Ordre de Montréal hier mercredi 17 mai, avant la fête nationale des 375 ans d’existence de cette ville du Canada.

Hier mercredi 17 mai s’est tenu le lancement officiel des festivités du 375e anniversaire  de la ville de Montréal où résident des milliers de compatriotes haïtiens. Denis Coderre en a profité pour honorer dix-sept personnalités récipiendaires de l’Ordre de Montréal, jadis appelée Académie des Grands Montréalais, créée en 1988 par la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, qui avait elle-même repris les distinctions remises par le Canadien National (CN) en 1978.

« J’ai reçu des honneurs dans le passé mais jamais lors d’une journée historique comme  aujourd’hui », a déclaré l’auteur de « L’énigme du retour » (roman pour lequel il a reçu le prestigieux Prix Médicis en 2009) qui s’est confié au journaliste Antoni Nerestant de CBC.

La médaille de l’Ordre de Montréal rend hommage aux gens qui « contribuent de façon remarquable au développement et au rayonnement de la métropole ». À côté de Dany Laferrière (natif de Petit-Goâve, Haïti), figurent deux autres personnalités emblématiques qui ont étés elles-aussi élevées au rang d’officiers à l’issue de cette cérémonie de remise de médaille. Il s’agit de Yannick Nézet-Séguin (chef d’orhestre) et de  l’artiste visuelle Françoise Sullivan.

LE RENOUVEAU du… « COURRIER de L’U.N.E.S.C.O »

 

 

« Rien que le nom de cette publication emblématique évoque l’essence même de notre Organisation. Depuis le premier numéro, publié en février 1948, jusqu’à celui que je tiens dans les mains, le Courrier est resté fidèle à sa mission : promouvoir les idéaux de l’UNESCO, servir de plate-forme au dialogue entre les cultures, constituer une tribune de débats internationaux. »

C’est en ces termes qu’Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO s’est exprimée lors de la relance du Courrier de l’UNESCO à la Diaoyutai State Guesthouse de Beijing, Chine, le 13 mai 2017. Après cinq années d’interruption, pour des raisons budgétaires, la revue a recommencé une nouvelle vie en avril 2017, grâce au généreux soutien de la République de Chine.

Trimestriel imprimé dans un nombre d’exemplaires limités, le Courrier est de nouveau disponible en ligne (fr.unesco.org/ courier) en sept langues : anglais, arabe, chinois, espagnol, français, portugais et russe. L’abonnement à la version numérique est gratuit et il suffit de quelques clics pour accéder aux archives. Une stratégie pour déployer sa présence numérique est actuellement élaborée et des partenariats pour de nouvelles versions linguistiques sont en vue. « Dans les années 1980, la revue existait dans plus de 35 langues, grâce à la coopération des Commissions nationales », a rappelé Irina Bokova, lors de la relance du Courrier au siège de l’UNESCO, le 27 avril 2017, avant d’exprimer sa conviction que la partenariat avec la Chine encouragera « de nombreux acteurs des secteurs public et privé, à devenir nos partenaires dans le développement du Courrier à l’échelle mondiale ».

http://unesdoc.unesco.org/images/0025/002523/252318f.pdf

des  extraits ……

SCIENCES HUMAINES l’IMPORTANCE DES RECITS AUTOCHTONES

par John Ayotunde Isola Bewaji

L’accent mis dans les études sur les sciences exactes et la technologie, disciplines rémunératrices, au détriment des sciences de l’homme, menace la capacité des peuples de la Jamaïque et des Caraïbes à raconter et valoriser leurs propres histoires, indispensables à la transmission des connaissances et au développement

Depuis qu’ils en sont capables, les hommes ont cherché à comprendre la vie dans tous ses aspects et le monde qui les entoure. Pour comprendre et décrire leur environnement, ils ont utilisé non seulement la littérature, la philosophie, l’éducation, la religion, les arts, l’histoire, l’anthropologie, l’archéologie et la sociologie, mais également l’économie, la psychologie, l’information, le développement, les sports, le genre, la finance, le commerce, les sciences politiques, les études environnementales, les études en communication, les études culturelles et le droit. Par souci de validité scientifique, certaines de ces disciplines ont été classées sous la rubrique « sciences sociales », mais je suis persuadé qu’elles jouent aussi un rôle dans les sciences humaines.

Par le langage, les êtres humains ont produit leurs propres récits, qu’ils ont privilégié par rapport à ceux qui provenaient d’autres régions.
Toutes les civilisations sont attachées aux récits qui incarnent leurs cultures, leurs systèmes de connaissances et les manières d’être qu’elles ont créés. Trois événements ont joué un rôle déterminant dans la place qu’ont fini par occuper les sciences humaines dans les universités occidentales : la révolution scientifique, la révolution industrielle et le logicisme [école moderne de pensée mathématique, fondée par le philosophe et mathématicien allemand Friedrich Ludwig Gottlob Frege (1884-1925). Théorie qui consiste à appliquer les lois de la logique à des domaines étrangers à la logique]. La conjugaison des révolutions scientifiques et industrielles a donné naissance au positivisme logique et à la conviction que toute quête de connaissance doit reposer sur une méthodologie scientifique, au risque de perdre validité et pertinence. Cela a eu des conséquences désastreuses pour les héritages intellectuels des sociétés non européennes, généralement présentées comme primitives, non civilisées, païennes et arriérées – point de vue qui a autorisé l’appropriation économique de toutes les ressources de ces sociétés par le biais du colonialisme et de l’esclavage.

QUAND UN RECIT CHASSE L’AUTRE

Le pire des enseignements a consisté à faire des récits de l’Europe (et de l’Arabie) des vérités universelles, et à les substituer pour les supplanter à ceux des sociétés autochtones partout dans le monde. C’est pourquoi les Africains sont ignorants de leur ascendance : ils se servent de noms, de langues, de religions, de sciences et de technologies qui sont ceux des autres, au point d’oublier − et parfois même de haïr − les systèmes de connaissances, manières d’être, valeurs et philosophies qui leur sont propres, et de se perdre dans l’univers des autres.

Cela soulève une série de questions. D’abord, l’industrialisation a conduit à la mondialisation de toutes les formes de réalité. La mondialisation est inévitable, mais on ne voit pas pourquoi elle empêcherait les peuples des Caraïbes de faire appel à leur héritage africain pour trouver le sens et la direction d’une vie civilisée. Il n’est pas nécessaire de s’opposer à la mondialisation, mais chacun peut l’enrichir grâce aux cultures historiques de ses ancêtres.

Ensuite, le plaidoyer en faveur de l’enseignement des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) crée un impératif faussé : à savoir que les autres disciplines, qui apparemment ne procurent pas de bénéfices concrets directs à la société, n’ont guère d’utilité. En Jamaïque et aux Antilles, l’accent a été mis sur les sciences, les technologies et les sciences sociales dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur. Des matières comme les beaux-arts, la musique, l’éthique, l’histoire, la culture et le patrimoine voient leur enseignement réduit ou supprimé à tous les niveaux d’éducation, parce qu’elles ne sont pas considérées comme utiles au développement humain.

À l’université des Indes occidentales (UIO), université partagée par dix-sept pays des Caraïbes, cette suprématie accordée aux sciences exactes a pour effet que la Faculté de sciences humaines et d’éducation attire systématiquement moins du quart de la population étudiante, leur contribution au développement national et régional étant sous-évaluée. Plusieurs éditoriaux du quotidien jamaïcain The Gleaner ont exhorté le gouvernement à cesser de financer l’enseignement de l’histoire, des langues, de la philosophie et des arts, pour se concentrer sur des disciplines qui permettraient à la Jamaïque et à l’ensemble de la région de rattraper le premier monde sur le plan technologique. Nul besoin, argue le quotidien, de savoir qui nous sommes, à quelle réalité et société nous appartenons et qui étaient nos ancêtres, il suffit d’atteindre la parité technologique avec l’Occident, et tout ira bien.

Enfin, la troisième question est liée à une santé financière déclinante au niveau national, régional et individuel. L’éducation, notamment en ce qui concerne les sciences humaines, fait généralement les frais des ajustements structurels. Les familles et les individus préfèrent investir dans des disciplines « commercialisables, productives et valorisantes ». Il en va de même des pays qui pensent qu’il faut privilégier l’enseignement des sciences, du génie, de la médecine et des technologies, parce que ces disciplines sont censées améliorer la capacité productive.

IDENTITE ET PATRIMOINE

L’étude des sciences humaines est indispensable à la valorisation, à la configuration et à la projection identitaires d’une société. Une société qui néglige de comprendre, d’apprécier et de disséminer les sciences humaines s’expose aux abus de toutes sortes, à la dégradation de son patrimoine et à l’appropriation de son essence. L’épistémicide [le massacre des systèmes de connaissances ou la destruction des savoirs existants] infligé aux populations africaines sous la forme d’un « syndrome de la valise vide » a conduit à déposséder les Africains du Nouveau Monde de leurs identités et de leur patrimoine, laissant des individus désemparés, désorientés et désaxés. Les incivilités rampantes au sein de la société jamaïcaine en sont l’une des manifestations.

Même si la Jamaïque a toujours dépassé les attentes dans tous les domaines, il y persiste une préférence pour l’euro-occidental. La pensée, au sein de l’UIO, a été la victime des événements historiques relatés par le professeur jamaïcain Errol Miller : la dépendance des économies régionales après l’abolition de l’esclavage et l’affranchissement. C’est pourquoi elle n’a pas su adopter les paradigmes éducatifs salutaires, axés sur l’enseignement des sciences humaines, et n’ayant plus à se soucier des bénéfices immédiatement perceptibles de cet enseignement.

L’UNESCO n’a cessé de jouer un rôle prépondérant dans la poursuite d’un monde plus humain, qui valorise la raison, la réflexion et la diversité. Cependant, compte tenu de la résistance à toute indemnisation des populations qui ont vécu les horreurs de la traite atlantique, soit la pire forme d’inhumanité de l’histoire humaine, il est compréhensible que les pays de la région caraïbe soient réduits à l’état de mendiants, incapables de prendre les décisions qui sortiraient leurs citoyens de la misère.
Cela explique sans doute que la Jamaïque affiche l’un des taux d’homicides les plus élevés du monde, alors qu’elle est le pays natal de Marcus Mosiah Garvey [dirigeant politique jamaïcain, journaliste, éditeur et précurseur du panafricanisme (1887-1940)],  de  Bob  Marley(1945-1981) avec le reggae (genre musical mondialement apprécié] et d’Usain Bolt [sprinteur recordman médaillé des derniers championnats  et  jeux olympiques.)

LA CLE : FORMER DES ENSEIGNANTS

Que faire pour améliorer l’enseignement des sciences humaines en Jamaïque et dans les Caraïbes ? Il faut y renforcer et encourager les projets de formation des enseignants de l’UNESCO, en chargeant l’UIO de montrer la voie par une réflexion sur son rôle dans l’enseignement des sciences humaines.

Il faut créer au sein de cette université un département ou une école d’études philosophiques à part entière, avec pour mission de favoriser la pensée critique dans de nombreuses autres disciplines, comme le commerce, le tourisme, la résolution des conflits et les études environnementales.
Il est important que les sciences humaines soient enseignées dans les établissements d’éducation primaire, secondaire et postsecondaire en Jamaïque et dans la région, parce que c’est dans l’esprit des hommes que se construit la paix. Les genres culturels et musicaux nés en Jamaïque ont influencé le monde entier, mais on n’a guère fait d’efforts pour enseigner et développer ces traditions auprès des jeunes Jamaïcains.

Ces connaissances pourraient être utilisées pour mobiliser leur créativité et assurer leur indépendance économique. Enfin, il est important de comprendre que les sciences humaines sont à la base de toute la production de connaissances, qu’il s’agisse de les conserver, de les stocker, de les collecter, de les diffuser ou de les appliquer. Les pays riches et puissants ne confient pas à d’autres l’éducation de leurs citoyens. De même, les sociétés pauvres et faibles doivent comprendre qu’elles doivent produire elles-mêmes leurs propres récits et assurer la saine transmission de ceux-ci pour le bien de notre humanité collective, y compris dans notre magnifique diversité.

De nationalité jamaïcaine, mais né au Nigéria, John Ayotunde Isola Bewaji est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont The Rule of Law and Governance in Indigenous Yoruba Society – an Essay in African Philosophy (L’État de droit et la gouvernance dans la société indigène yoruba. Un essai de philosophie africaine). Il a dirigé plusieurs publications, comme le Caribbean Journal of Philosophy (CJP).

*

LE   POETE AU COEUR DE LA CITE
par Tanella Boni

La poésie, comme toute création artistique, est l’un des piliers des humanités. En empruntant les chemins de l’émotion, de la sensibilité, de l’imagination, elle transmet les connaissances et les valeurs humaines. Mieux : elle forme l’être humain, corps et âme.

L’art ne raisonne pas. Il relève de l’émotion, de la sensibilité, de l’imagination. L’expérience artistique ne renvoie ni à l’argumentation, ni à la vérification, ni à la preuve, puisqu’il ne s’agit pas de connaissance scientifique. Et pourtant, par des voies qui lui sont propres, en dehors des sentiers battus des sciences, l’art joue un rôle primordial dans la formation de l’individu : il transmet la connaissance du monde et des valeurs humaines indispensables pour s’ouvrir à l’Autre. La création artistique établit ainsi des liens très forts entre les humains, par-delà les langues, les croyances et les cultures. C’est pourquoi l’art peut être considéré comme l’un des piliers des humanités.

LE TEMPS DES HUMANITES

Bien présente dans le monde anglophone, les humanities désignent les disciplines littéraires, linguistiques, philosophiques, historiques ou artistiques, dans lesquelles l’ouverture d’esprit et la vie de l’humain sont mises en exergue dans la société. Dans de nombreux pays francophones, le terme est tombé en désuétude ou presque, sauf dans certains milieux universitaires. Cependant, jadis, dans le système éducatif français, on « faisait ses humanités ». Cela signifiait apprendre « ses » classiques, étudier des langues anciennes, lire Homère, Virgile et d’autres auteurs anciens, acquérir une vision aussi large que possible par l’étude des manières d’être, de vivre, de parler des humains appartenant à d’autres civilisations

Ailleurs dans le monde, dans les cultures africaines, par exemple, il existe un équivalent à cet apprentissage de « ses » classiques. C’est le moment de l’initiation, celui où l’on transmet aux jeunes filles et aux jeunes hommes l’héritage des temps anciens, qui permet de vivre au temps présent. C’est le temps des humanités. Chaque époque, chaque culture a ses classiques, ses textes incontournables. Et parmi ceux-là, la poésie a toujours occupé une place de prestige. Toujours, sauf aujourd’hui : nous avons tendance à oublier son existence, dans notre monde désenchanté. J’aimerais m’y attarder précisément pour déjouer cet oubli et montrer comment la poésie fait partie intégrante des humanités.

CE QUE PEUT LA POESIE

Il n’existe pas de société sans poètes. Même si l’acte de création se fait dans la solitude, ils ne vivent pas dans une bulle. Ce ne sont pas des ermites enfermés dans leurs tours d’ivoire, mais des créateurs d’univers qu’ils donnent en partage. Que leurs poèmes soient écrits ou chantés, les poètes jouent un rôle éducatif de première importance. Les philosophes de la Grèce antique n’ont pas manqué de le remarquer. La poésie incarnait à leurs yeux une expérience d’apprentissage, une culture générale précédant toute spécialisation scientifique ou politique. Ils savaient à quel point l’apprentissage d’Homère et d’autres poètes était important pour la formation de l’esprit chez les jeunes Grecs libres (ceux qui n’étaient ni esclaves, ni métèques).

C’est pourquoi Platon s’inquiéta, dans la République, qu’Homère donnât une mauvaise idée des dieux dans ses poèmes, et il finit par bannir les poètes de la cité ! Le reproche qu’il fit au poète tient sans doute tout autant à ce qu’est la poésie qu’à ce qu’elle ne saurait être. Mais qui peut dire, hier comme aujourd’hui, ce qu’est la poésie ? Pour l’écrivain argentin Jorge Luis Borges, une définition de la poésie comme « l’expression de la beauté par l’intermédiaire de mots combinés avec art », pourrait figurer dans un dictionnaire, certes, mais resterait plutôt « faible ». « Il s’agit de réalités si profondes », ajoute-t-il, « qu’elles ne peuvent s’exprimer qu’au moyen des symboles que tous les hommes ont en partage ».

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A noter qu’Edouard  GLISSANT a  été  directeur  de  cette  publication,  direction  au  cours  de laquelle un numéro  du  Courrier   traitait  de la  Caraibe.

autres  titres :
7 Le journalisme éthique refait la Une AidanWhite

10 Fake news : ce qu’en pensent les journalistes

12 Développer l’esprit critique contre les « infaux » Divina Frau-Meigs

16 Aftenposten versus Facebook : une controverse éclairante Marina Yaloyan avec EgilHansen et Richard Allan

20 Le pari réussi d’une télé en ligne Andrius Tapinas

22 Un phare grâce au Net Carlos Dada

24 Le journalisme d’investigation contre vents et marées Sanita Jemberga

37 L’humanitude ou comment étancher la soif d’humanité Adama Samassékou

Courrier de l’Unesco juillet/septembre 2017 http://unesdoc.unesco.org/images/0025/002523/252318f.pdf</</strong>

Marie-Josèphe YOYOTTE , monteuse en cinéma n’est plus…

Marie-Josèphe Yoyotte, légende du montage, est décédée lundi 17 juillet 2017. Elle laisse son empreinte sur un demi-siècle de cinéma hexagonal, de Truffaut à Corneau.Le chagrin est dans le cœur de tous les cinéphiles à l’annonce de la mort de Marie-Josèphe Yoyotte à l’âge de 87 ans. La monteuse aux trois César et aux cinq nominations avait commencé sa carrière à la fin des années 1950, en signant des chefs d’œuvre comme Moi, un noir de Jean Rouch et, dans la foulée, Les quatre cent coups de François Truffaut.

marie-josephe_yoyotte

La monteuse  de plus 60 films  dont   «  Les 400 coups » de  François Truffaut, « la Boum »  de  Claude pinoteau ,  « Rue Cases-nègres » et  «Siméon »  d’Euzhan Palcy avait   vu  le  jour  le   9  Novembre 1929 à  Saint Fons(69 Rhône).

De Jean Cocteau à Jacques Perrin en passant par Jean-Pierre Melville et Claude Pinoteau, tout le cinéma français s’est arraché les services de cette papesse du montage dont le nom était synonyme d’excellence. Après avoir été récompensée pour son travail sur Police Python 357 en 1977, Microcosmos en 1997 et Le Peuple migrateur en 2002, décorée aussi de la Légion d’Honneur, elle prend sa retraite en 2007.

Son dernier film sera d’ailleurs le remake d’un film Jean-Pierre Melville : Le Deuxième souffle, dans sa version signée Alain Corneau. Melville avec lequel elle avait collaboré pour le film Léon Morin, prêtre.

De père antillais et de mère bretonne, première monteuse noire du cinéma français, Marie-Josèphe Yoyotte  a été  incinérée  le 17 juillet  2017 au  cimetière du Père Lachaise.

Les semaines culturelles de l’U.N.E.S.C.O

© Groupe africain auprès de l’UNESCO

22-24/05 | Célébration

Semaine africaine

« La jeunesse, notre capital »

De 10 à 18 heures, salles Miró, des pas perdus, I, IV et Piazza

Programme et invitations :
dl.benin@unesco-delegations.org   

Responsable : Groupe africain auprès de l’UNESCO

La Semaine africaine, dédiée à la réflexion, à l’échange intellectuel, met aussi à l’honneur la diversité du patrimoine culturel et artistique de l’Afrique. L’édition 2017, tout en restant fidèle à ses rendez-vous incontournables – exposition-vente d’objets d’art et de peintures contemporaines, stand de publications, projection d’un long métrage (Tourbillon à Bamakode Dominique Philippe), animations culturelles – s’étoffe avec une large réflexion autour de son thème consacré à la jeunesse, abordé sous plusieurs angles sur deux matinées (mardi et mercredi). Les contes, la mode (défilés de jeunes créateurs) et la musique (concerts de Patricia Essong et du groupe Nouvelle Aube) ont aussi la part belle dans ce programme écourté par le pont de l’Ascension. Un atelier masque, peinture faciale, danse africaine et percussions accueillera les enfants mercredi, de 10 heures à midi.

Tous droits réservés

29/05-02/06 | Célébration

Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes

« Ensemble pour Haïti »

De 10 à 18 heures, salles Miró, hall Ségur et salle IV

Programme et invitations : dl.mexique@unesco-delegations.org

Responsable : Groupe de l’Amérique et des Caraïbes de l’UNESCO

À l’instar de la Semaine africaine, la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes célèbre aussi le patrimoine culturel, mais celui des 33 pays qui constituent le Groupe de l’Amérique et des Caraïbes de l’UNESCO. Un rendez-vous qui se veut festif, tourné vers Haïti cette année. Autour d’une exposition qui mettra en lumière artistes contemporains, artisanat et patrimoine mondial, musiques, danses et défilés de costumes traditionnels rythmeront les débuts d’après-midi (à partir de 13 heures), lundi, mardi, mercredi et vendredi. Mariachis, rumba, tango argentin, entre autres, sont au programme.

DUMAS, tel que vous ne le connaissiez pas ..!

Adorable portrait, entre autres, de Dumas… par Suzanne DRACIUS

LES TROIS MOUSQUETAIRES ÉTAIENT QUATRE, ET LES TROIS DUMAS MULÂTRES
« Pour l’adresse, chaque fois que tu scandes : « 60, avenue Alexandre Dumas, 97200 Fort-de-France », ils te répondent qu’elle n’existe pas, l’avenue Alexandre Dumas, on n’a pas ça à Fort-de-France. (Tu ne le sais que trop !) Quand est-ce que tu auras fini de te foutre de leur gueule ?… Le policier tripote l’annuaire de Martinique, un peu trop nerveusement à ton goût. Est-ce pour y chercher encore l’avenue Alexandre Dumas, introuvable, inouïe, improbable, aux dires de tous ses collègues, ou pour te tabasser avec ? Tu as vu ça dans des films : les coups d’annuaire, ça fait mal, sans laisser de traces : l’idéal. Certes, le bottin rien moins que mondain de la minuscule Martinique, ce n’est pas le bout du monde, mais quand même…
Mais là où c’est le bouquet, c’est quand ils demandent ta profession. Alors là, ils tombent cul par terre et puis te disent d’arrêter de mentir. Ils croient que tu affabules, que tu es en pleine mythomanie aggravée de schizophrénie. Un des babylones, inspiré, avance même « kleptomanie » ; il a vu cela à la télé. Ils se demandent s’ils ne devraient pas t’envoyer directissimo à Colson, chez les tocs tocs. Y en a marre, de tes délires et de tes élucubrations !
Faut voir ce que tu as dans la tête !
« Ce siècle avait deux ans » écrivait Victor Hugo, plus doué, au demeurant, pour jongler avec la métrique qu’en calcul arithmétique, en évoquant le moment de sa naissance. (En esprit plus rigoureux, tu observes que ce siècle — le XIXème —, n’avait qu’un an, si l’on compte juste, mais au diable l’avarice ! Quand on aime, on ne compte pas.) Trêve de ces impertinences, aussi pertinentes soient-elles ! De quel droit as-tu l’impudence — peut-être doublée d’imprudence — d’oser toucher au patriarche qui eut « l’art d’être grand-père » et Pair de France et des funérailles nationales ? Un peu de respect, quoi, merdre ! C’est ubuesque !
En cet an de grâce 2002, on célèbre donc partout en France, et jusqu’au fin fond de Martinique, « l’Année Hugo ». Grand bien nous fasse.
Mais Alexandre Dumas AUSSI est né en 1802 !
À l’heure où l’on s’avise enfin de le transférer au Panthéon — au grand homme la patrie reconnaissante, sur le tard ! — que l’hexagonale Villers-Cotterêts, bourgade de l’Aisne où il naquit, mais ne vécut que quelques semaines, se désole, dix fois vingt ans après, d’être dépouillée de la dépouille de l’auteur de Vingt Ans après, voilà qui est tout à son honneur ! Que cette bonne ville très françoise — où fut édictée, par François Ier, la fameuse ordonnance de 1539 prescrivant l’emploi du français alors appelé « le françois » au lieu du latin pour les textes officiels, lois et jugements — soit la ville natale de Dumas, ô coïncidence ! Ô symbole ! Ô baudelairienne correspondance qui avait tout pour te réjouir l’âme et le cœur, tous les sens et inversement, dixit l’ami Rimbaud, toi qui affectionnes la langue française en mêlant l’amour du latin à la passion du créole…
Mais te souvenant que l’écrivain français le plus mondialement réputé, celui dont Les Trois Mousquetaires sont célèbres sur la terre entière (les personnages de fiction les plus représentés, filmés et même en dessins animés), était né exactement la même année que le papa des Misérables, tu te demandas pourquoi cet an de grâce 2002 ne serait pas également sacré « Année Dumas ». Pourquoi Hugo plus que Dumas ? L’injustice te mit hors de toi. Tu n’en dormis pas de la nuit.
Tu te plongeas dans le dictionnaire, histoire d’y trouver la réponse à ta question et d’en savoir plus sur lui. Tu y eus seulement la confirmation que ledit « écrivain français » était fils du général Alexandre Davy Dumas. Consternation !
Mes respects, mon général ! Merci pour le grade militaire, mais, pour votre négresse de mère, pas de merci ! Black out total sur la noire de Saint-Domingue, l’Africaine qui vous donna le jour, sous le soleil des Grandes Antilles, faisant de vous, Général, un demi nègre, et de son petit-fils un quarteron, — selon les distinctions délirantes à la Moreau de Saint-Méry ou autres eugénistes nazillards, capables de couacs aussi cruellement crétins que les catégorisations cacophoniques par lesquelles ils étiquetèrent les divers degrés de métissage, calculant la proportion de sang « blanc » et de sang « noir », en baptisant les différents sangs-mêlés des harmonieux noms de « mamelouk », « sacatra », « octavon » ou « griffe », et tu en passes et des meilleures…
Tu te bouchas les oreilles, afin de ne plus jamais entendre le concert de détracteurs s’amusant à colporter que ce mulâtre prenait des nègres pour l’aider à composer son œuvre monumentale.
Fallait-il voir là la raison de ce monumental oubli ? Un métis d’ascendance servile, de « sang impur », l’illustre écrivain français, le plus universellement connu de par le monde ? Cela ne s’exporte pas ! Ce n’est pas vendeur. Ça ferait désordre… Entre Désordre et Génie, le motif de ce choix inique ? ! Est-ce que ce sang noir ferait tache, obscurcissant son œuvre immense ?
Les trois mousquetaires étaient quatre, a-t-on coutume de préciser, avec un pseudo sourire érudit : à Athos, Porthos, Aramis, il faut adjoindre d’Artagnan, évidemment ! On se complaît à un lapsus tentant, pour désigner « les trois Dumas », jeu de mots d’autant plus séduisant que les trois se prénomment Alexandre : le grand-père, le père et le fils.
Mais ce que jamais nul n’exalte, c’est l’existence de Cessette. Ce que l’on proclame moins volontiers, ce qui écorche la bouche, c’est cette Cessette, ce ventre de négresse esclave qui donna naissance au premier des trois Dumas, futur général de la République française dans toute sa splendeur, grandeur et décadence.
Cessette était son prénom, et Dumas était son nom. Son prénom est resté obscur, son nom est devenu immortel. Oui, le patronyme sonore, désormais immortalisé, magnifié pour les siècles des siècles par le père des Trois Mousquetaires, est en fait un matronyme, celui de la femme noire esclave de l’actuelle Haïti, et non le nom à rallonge du marquis normand Davy de la Pailleterie, noble aïeul trop peu généreux pour lui transmettre son titre…
Cependant, quoi qu’il en soit, on veut bien vanter les charmes de « nos » Antilles pour les vacances, le tourisme, les belles plages ensoleillées toute l’année, mais il ne faudrait pas exagérer… Après tout, ces Haïtiens ont pris leur indépendance, il ne faudrait pas confondre avec « nos » Antillo-Guyanais : ils ne sont pas français, eux ! Ils ont choisi de ne plus l’être, alors, maintenant, qu’ils se démerdent ! S’ils veulent exister, être reconnus, revendiquer Alexandre Dumas etcetera, c’est leur problème, pas le nôtre !
Non, ce n’était pas possible ! Pas dans la France des Droits de l’Homme et des élans démocratiques contre la xénophobie et le racisme ! Impossible d’imaginer que l’on déroberait le souvenir du prolifique romancier à la mémoire de tout un peuple, — vol bien plus grave, à tout prendre, que celui du Collier de la Reine !
Qui aurait eu le front de penser que, tel son héros le Comte de Monte-Cristo, Dumas serait un jour contraint de réapparaître masqué, clandestinement, affublé d’un masque de fer blanc pour dissimuler l’infamie de son teint bistre ?
Mais pour consommer quelle vengeance ? Pas une à la Edmond Dantès ? »

Pour les ami(e)s qui ne sont pas encore montés au 7è ciel littéraire :
Suzanne Dracius, RUE MONTE AU CIEL (« Coup de coeur Fnac » à sa sortie), en librairie ou en ligne ; pour commander à l’éditeur (vendeur indépendant, pas « esclave » du géant, « politiquement correct »), cliquer ici :
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Envois en France, Outre-mer, Europe, Amérique du Nord (Québec, Canada – USA)

11,80 €

COLLOQUE SCIENTIFIQUE INTERNATIONAL

L’ESCLAVAGE : quel  impact   sur  la  psychologie  des  populations ?

Martinique 26 & 27 octobre 2016 – Hôtel   la  Batelière (Route  de  Schoelcher)

Guadeloupe  28  octobre 2016

 Source  http://www.CIPHAGE.COM

A l’initiative de l’Association Régionale FIRST CARAIBES, se tiendra à la Martinique les 26 et 27 octobre et en Guadeloupe le 28 octobre 2016 le Colloque Scientifique International «L’esclavage : quel impact sur la psychologie des populations ?» dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour les afro descendants 2015-2024.

Avec la présence de plus en plus insistante dans l’espace public de la thématique de l’esclavage nous nous sommes rendus compte que nous ne savions rien des conséquences psychologiques de la traite des Noirs et de leur mise en esclavage alors même que des travaux psychiatriques ont démontré la nécessité de traiter les psychotraumatismes, que des travaux d’épigénétique démontrent l’existence de traces sur l’ADN des traumatismes psychologiques et leur transmission de génération en génération, alors, enfin, que des travaux d’historiens ont mis au jour «la voix des esclaves». Il est alors apparu indispensable de faire se rencontrer historiens, psychiatres, généticiens, anthropologues et sociologues pour échanger sur cette question loin de toute posture victimaire.

En fait, l’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de la première manifestation scientifique sur les conséquences psychologiques de l’esclavage. Dans ce contexte l’enjeu c’est aussi le lien entre esclavage et racisme puisque, avec la traite composée exclusivement de Noirs, le changement de nature et d’échelle de l’esclavage a fait se développer à partir du XVIe siècle une vision racialisée et racialement hiérarchisée de l’humanité (Controverse de Valladolid etc.). Avec l’abolition de l’esclavage, le XIXe siècle a inventé les théories raciales qui ont rationnalisé et justifié «scientifiquement» la hiérarchie, intriquée à la colonisation et plaçant le nègre dans l’évolution darwinienne entre le singe et l’homme.

Ainsi les conséquences de l’esclavage et de ses suites (Jim Crow, lynchages, apartheid, droits civiques…) qui ont façonné les esprits pendant des siècles se révèlent incommensurables ne serait-ce qu’à la lumière des données scientifiques actuelles sur le psychotraumatisme.

La Caraïbe, qui a payé un lourd tribut à l’esclavage avec ses 10 millions d’Africains déportés, apparait bien placée pour échanger des savoirs sur cette question et créer des savoir-faire de résilience.

Certaines des questions que nous allons approfondir ont été posées par Frantz Fanon notamment celle des modèles intériorisés qu’il a englobés sous le terme «aliénation» et que les américains nomment «internalized racism».

En octobre 2011 FIRST CARAIBES a organisé en Martinique, un Congrès International consacré à l’héritage de Frantz Fanon. Il a montré, entre autres, que l’aliénation nécessitait de nouvelles recherches et, à cet égard, ce colloque de 2016 s’inscrit dans la continuité du congrès de 2011 et donnera lieu à la publication d’un ouvrage en français et en anglais

 

Professeur Aimé CHARLES–NICOLAS,

Président de l’Association First Caraïbes

Le projet

Nous souhaitons organiser un colloque scientifique international fin octobre 2016 en Martinique et en Guadeloupe sur les conséquences psychologiques de l’esclavage, problématique très peu étudiée.

L’idée est de faire le point sur les connaissances scientifiques dans ce domaine, de proposer des pistes de recherche et de résilience en faisant se rencontrer, pour la première fois, historiens, psychiatres, anthropologues et généticiens qui ont travaillé sur les stigmates actuels de l’esclavage.

Ces experts invités viennent des Etats-Unis, du Brésil, de la Caraïbe, du Sénégal et d’Europe. Du fait de leur histoire encore actuelle et du travail qu’ils ont commencé sur ce sujet, les Américains seront les plus nombreux, ils seront 11.

La généticienne spécialiste d’épigénétique du psychotraumatisme et de sa transmission transgénérationnelle vient de Genève.
Nous avons invité un expert du Portugal qui a été le premier et le dernier pays à pratiquer la traite d’esclaves et trois experts du Brésil.

C’est que la question de l’esclavage s’installe dans l’espace public.
Elle a acquis une visibilité politique, sociale et culturelle, à un niveau global, des Amériques à l’Europe, à l’Afrique, l’Océan Indien et même l’Asie. Les Nations Unies ont reconnu en 2001 l’esclavage et la traite comme «une tragédie épouvantable dans l’histoire de l’humanité» lors de la Conférence Mondiale de Durban. Des évènements consacrés à ces questions font aujourd’hui florès : colloques, commémorations, pièces de théâtre, films, livres d’histoire, bandes dessinées. Les thèses d’histoire se multiplient en Europe et dans l’hémisphère américain. Parmi les mémoriaux (Nantes, Gorée, Atlanta, Manchester, etc…) celui des Nations Unies a été inauguré à New York le 25 mars 2015 et le tout récent Mémorial ACTe en Guadeloupe a été signalé par la presse internationale comme «the world’s largest memorial devoted to the history of slavery in the western world». Même le hip-hop français et les rappeurs jamaïcains font directement référence à l’héritage de l’esclavage et réclament un accès à leur «véritable histoire».

En effet le travail récent des historiens a révélé une autre histoire décentrant le point de vue jusque-là exclusivement occidental, interrogeant les rapports de pouvoir à partir des esclaves, cherchant à retrouver leur voix, mettant en évidence leur capacité à agir. Des pans entiers de la mémoire et de l’histoire se (re)construisent ainsi par petites touches où la logique de revendication d’une identité historique est confrontée à la logique du refoulement, puissante.

Comment alors ne pas s’interroger sur la dimension psychologique des conséquences de la traite et de l’esclavage des Noirs ?
Cette ampleur du traumatisme, cette violence, «le collectif ravalement à la bête, le total outrage, la vaste insulte, (…) l’omni-niant crachat» ne peuvent pas demeurer sans conséquences psychotraumatiques alors que les recherches génétiques les plus récentes montrent l’inscription des psychotraumatismes dans l’ADN des sujets et leur transmission sur plusieurs générations. En effet, il n’est pas rare que, dans ces pays qui furent des terres d’esclavage, les psychiatres expliquent certains symptômes de leurs patients par les traces de l’esclavage. Certains comportements de la vie quotidienne courants dans ces pays et qualifiés de «pathologiques» nécessitent un examen pluridisciplinaire par les sciences humaines et sociales.

Et pourtant, curieusement, bien peu de travaux sont consacrés aux moyens de surmonter ce psychotraumatisme.

Certes, les conséquences actuelles ne sont pas en continuité linéaire avec les traumatismes initiaux, elles ont été remaniées par les contingences existentielles. Les conditions des Noirs ont été différentes dans la Caraïbe francophone, anglophone ou hispanophone, aux Etats-Unis et au Brésil, notamment après l’abolition. Comment ces conditions ont-elles imprimé leurs marques ? Qu’ont dit de leur vécu les personnes mises en esclavage ? Des facteurs de protection ont-ils permis d’enrayer la transmission transgénérationnelle ? A l’inverse, lorsque les facteurs dommageables sont plus nombreux, un cycle de la haine de soi apparaît-il ? Par une reproduction des modèles intériorisés ? Y a-t-il des dénominateurs communs aux psychismes façonnés par l’esclavage ? Quels mécanismes conduisent de l’esclavage au racisme ? Quel impact l’esclavage a-t-il eu sur la représentation du Noir actuelle et sur les relations sociales dans la Caraïbe, en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil et en Afrique ? Quelle piste pour la résilience ? (en effet, loin de toute posture victimaire, une meilleure connaissance des mécanismes devrait nous aider à alléger ce boulet psychologique).

Plusieurs de ces questions ont été posées par Frantz Fanon notamment celle des modèles intériorisés qu’il a englobés sous le terme «aliénation» et que les américains nomment «internalized racism». En octobre 2011 FIRST CARAIBES a organisé en Martinique un Congrès International consacré à l’héritage de Frantz Fanon. Il a montré, entre autres, que l’aliénation nécessitait de nouvelles recherches et, à cet égard, ce colloque de 2016 s’inscrit dans la continuité du congrès de 2011.

Il est ainsi apparu indispensable à un psychiatre Aimé CHARLES-NICOLAS (Martinique), un sociologue Benjamin BOWSER (USA), une historienne Myriam COTTIAS (Martinique), une anthropologue Hebe MATTOS (Brésil) et un politologue Ali MOUSSA IYE (République de Djibouti, UNESCO) d’organiser un colloque scientifique international durant lequel des historiens, des psychiatres, des généticiens, des sociologues et des anthropologues se rencontreront afin de faire le point sur les conséquences et les traces psychologiques de l’esclavage de nos jours, dans un échange interdisciplinaire sous forme de séances plénières, de tables-rondes et d’interactions permanentes avec la salle.
Il sera complété par des propositions artistiques. En effet, de tous temps facteur de sublimation, d’épanouissement individuel et puissant levier de reconnaissance et de résilience collective, l’art ouvre ici sur une poétique de la relation à soi et aux autres qui se fait «poétique d’émancipation». C’est surtout pour évoquer le dépassement du trauma qu’il sera présent et pas seulement comme entracte ou ornementation de journées laborieuses. Des vidéos de témoignages seront également présentées.

Ce colloque, porté par l’Association FIRST CARAIBES, aura lieu les 26-27octobre 2016 en Martinique, à La Batelière, et le 28 octobre en Guadeloupe au Mémorial ACTe dont la puissance symbolique et universelle est particulièrement pertinente pour un point d’orgue de la manifestation.

Le Colloque se situe dans le cadre de la «Décennie des Nations Unies pour les afro-descendants 2015-2024» et bénéficiera du parrainage de l’UNESCO et aussi de l’Association Mondiale de Psychiatrie et de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Il sera placé sous le haut patronage de Madame Christiane TAUBIRA, ancienne Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, auteur de la loi qui reconnait la traite et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. Elle a bien voulu accepter d’être présente et d’ouvrir le Colloque. De même Madame George PAU-LANGEVIN, Ministre des Outre-mer, a bien voulu accorder son haut patronage et prononcera une allocution d’ouverture.

Il bénéficie du parrainage – c’est un grand honneur – de la First Lady Michelle Obama qui sera peut-être présente.

Le Comité d’Honneur est composé de 4 Prix Nobel de littérature connus pour leur engagement : Mr Derek Walcott (qui a déjà annoncé qu’il sera présent), Wole Soyinka, Toni Morrison et JMG Le Clézio, et aussi de Patrick Chamoiseau (Prix Goncourt), Maryse Condé (Ecrivain), Christiane Eda-Pierre (Cantatrice), et Robert Badinter (ancien Gardes des Sceaux, Ministre de la Justice de 1981 à 1986). Ce contexte prestigieux de personnalités à nos côtés vise à donner du poids aux conclusions de ce colloque scientifique qui seront largement médiatisées à travers le monde entier (nous avons déjà l’accord de télévisions américaines, européennes, africaines).

Il s’agit d’un projet de collaboration scientifique et culturelle de grande envergure sur une question de première importance qui concerne l’humain et les fondements de notre société et dont la Martinique (terre natale d’Aimé Césaire et de Frantz Fanon) et la Guadeloupe (qui a récemment inauguré son Mémorial ACTe) seraient les bâtisseurs. La Caraïbe qui a payé un lourd tribut à l’esclavage avec ses 10 millions d’Africains déportés apparait bien placée pour échanger des savoirs sur cette question et créer des savoir-faire.

Le colloque vise à :

  • Décrire les conséquences psychologiques de l’esclavage,
  • Identifier les praticiens et les chercheurs qui pourront mettre en œuvre des recherches dans ce domaine,
  • Identifier les possiblités d’enquêtes collaboratives entre les différents pays de la Caraïbe d’une part et d’autre part entre la Caraïbe, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud afin de vérifier les hypothèses et les résultats des actions mises en place.

PROGRAMME

Introduction à la subjectivité de l’esclave

Le vécu des razzias, de l’arrachement, de la traversée. La métamorphose en objet

L’arrivée, la vie quotidienne. Le maitre et l’esclave,  les arrangements, les résistances

L’évolution au cours des siècles, selon les lieux

Les révoltes et leur retentissement sur « le moral des troupes ».

Les récits : qu’ont dit de leur vécu psychologique les personnes mises en esclavage ?  Conséquences chez les enfants et les adultes de la maltraitance au quotidien.

Divers conflits intrapsychiques. Facteurs de destruction et de protection de l’estime de soi. Y a-t-il des dénominateurs communs aux psychismes façonnés par l’esclavage ?

Qu’est-ce que le psycho-traumatisme ?

L’inscription épigénétique du psycho-traumatisme et sa transmission transgénérationnelle. Certains comportements sociaux, certains symptômes actuels de patients (violence,  comportements anti-sociaux, conduites auto-punitives, certaines obésités, certains tempéraments dépressifs, anxieux) peuvent-ils être rattachés à l’esclavage ?

Après l’abolition,les conditions des Noirs ont été différentes dans la Caraïbe francophone, anglophone ou hispanophone, aux Etats-Unis et au Brésil, comment ces conditions ont-elles imprimé leurs marques ?

Des facteurs de protection ont-ils permis d’enrayer la transmission transgénérationnelle ? A l’inverse, lorsque les facteurs dommageables sont plus nombreux, un cycle de la haine de soi apparaît-il ? Par une reproduction des modèles intériorisés (internalizedracism) ? Quels sont les mécanismes intimes de cette « aliénation » ?

Y a-t-il des dénominateurs communs aux psychismes façonnés par l’esclavage ? Quels mécanismes conduisent de l’esclavage au renforcement du racisme ? Quel impact l’esclavage a-t-il eu sur la représentation du Noir actuelle et sur les relations sociales dans la Caraïbe, en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil, et en Afrique ?

Introduction à la subjectivité du maître et de son entourage

Les affects en jeu chez les maîtres.

Pourquoi le fonctionnement mental du raciste résiste-t-il aux faits aujourd’hui ?

La loi, La loi du plus fort.

Les bénéfices secondaires du racisme.

Le sadisme.

La compassion.

Le psychisme des Blancs façonné par l’esclavage ?

Quelle continuité entre esclavage, revendication identitaire et racisme ?

Les meurtres de Noirs par des policiers aux Etats-Unis : approfondir l’analyse de ce comportement et le mettre en perspective

L’intériorisation du racisme

conséquences sur la psychologie des populations et possibilités d’intervention thérapeutique.

Quelles pistes pour la résilience ? Sortir de l’esclavage des symptômes de l’esclavage ?

 

MERCREDI  26  OCTOBRE

SOIREE  CULTURELLE  (PAYANTE) AU  DOMAINE  DE  FONDS  ST JACQUES

Vendredi 28 octobre : Mémorial ACTe, Guadeloupe

Sociologie politique

Quel impact des lois (code noir, lois instaurant l’apartheid, décrets d’abolition, loi Taubira, loi Gayssot de 1972, droits civiques et Jim Crow, législation trinidadienne, brésilienne etc.) sur la psychologie des populations dans les différents pays concernés ? Etude des résistances

Mise en place des recherches et des interventions sociales

Identification des équipes et des thèmes de recherche et des interventions sociales. Par exemple études d’opinion, par exemple mise en perspective historique de l’étude « Racisme, discrimination et intégration dans la France de 2010 » ; Recherche sur les mariages mixtes. Conclusions et éléments de langage, stratégies de communication et de valorisation des résultats du colloque. Contributeurs de l’ouvrage et propositions de titres des chapitres

Visite de l’exposition permanente au Mémorial ACTe (payante)

Initié par le président du Conseil régional Victorin LUREL et la Région Guadeloupe accompagnés par le Comité International des Peuples Noirs (CIPN), le Mémorial ACTe a pour ambition originelle de créer un lieu dédié à la mémoire collective de l’esclavage et de la traite, ouvert sur le monde contemporain. En plus d’être directement celle des Guadeloupéens et des habitants de la Caraïbe, l’histoire de l’esclavage et de la traite négrière concerne toute l’Humanité. Offrir un lieu de mémoire et de recherche, c’est, en plus de fédérer toutes les composantes de la population autour d’un passé commun, s’engager à poser la question de la liberté, de toutes les libertés et du vivre ensemble. En 2014, les ONG estimaient que 36 millions de personnes étaient asservies dans des conditions assimilables à l’esclavage, prouvant ainsi que les problématiques et réflexions menées par le 
Mémorial ACTe sont d’une incontestable actualité.

Conclusions et éléments de langage

Stratégies de communication et de valorisation des résultats du colloque.

Contributeurs de l’ouvrage et propositions de titres des chapitres

 

 

VOYAGE INITIATIQUE…ET RETOUR AUX SOURCES

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