Les semaines culturelles de l’U.N.E.S.C.O

© Groupe africain auprès de l’UNESCO

22-24/05 | Célébration

Semaine africaine

« La jeunesse, notre capital »

De 10 à 18 heures, salles Miró, des pas perdus, I, IV et Piazza

Programme et invitations :
dl.benin@unesco-delegations.org   

Responsable : Groupe africain auprès de l’UNESCO

La Semaine africaine, dédiée à la réflexion, à l’échange intellectuel, met aussi à l’honneur la diversité du patrimoine culturel et artistique de l’Afrique. L’édition 2017, tout en restant fidèle à ses rendez-vous incontournables – exposition-vente d’objets d’art et de peintures contemporaines, stand de publications, projection d’un long métrage (Tourbillon à Bamakode Dominique Philippe), animations culturelles – s’étoffe avec une large réflexion autour de son thème consacré à la jeunesse, abordé sous plusieurs angles sur deux matinées (mardi et mercredi). Les contes, la mode (défilés de jeunes créateurs) et la musique (concerts de Patricia Essong et du groupe Nouvelle Aube) ont aussi la part belle dans ce programme écourté par le pont de l’Ascension. Un atelier masque, peinture faciale, danse africaine et percussions accueillera les enfants mercredi, de 10 heures à midi.

Tous droits réservés

29/05-02/06 | Célébration

Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes

« Ensemble pour Haïti »

De 10 à 18 heures, salles Miró, hall Ségur et salle IV

Programme et invitations : dl.mexique@unesco-delegations.org

Responsable : Groupe de l’Amérique et des Caraïbes de l’UNESCO

À l’instar de la Semaine africaine, la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes célèbre aussi le patrimoine culturel, mais celui des 33 pays qui constituent le Groupe de l’Amérique et des Caraïbes de l’UNESCO. Un rendez-vous qui se veut festif, tourné vers Haïti cette année. Autour d’une exposition qui mettra en lumière artistes contemporains, artisanat et patrimoine mondial, musiques, danses et défilés de costumes traditionnels rythmeront les débuts d’après-midi (à partir de 13 heures), lundi, mardi, mercredi et vendredi. Mariachis, rumba, tango argentin, entre autres, sont au programme.

DUMAS, tel que vous ne le connaissiez pas ..!

Adorable portrait, entre autres, de Dumas… par Suzanne DRACIUS

LES TROIS MOUSQUETAIRES ÉTAIENT QUATRE, ET LES TROIS DUMAS MULÂTRES
« Pour l’adresse, chaque fois que tu scandes : « 60, avenue Alexandre Dumas, 97200 Fort-de-France », ils te répondent qu’elle n’existe pas, l’avenue Alexandre Dumas, on n’a pas ça à Fort-de-France. (Tu ne le sais que trop !) Quand est-ce que tu auras fini de te foutre de leur gueule ?… Le policier tripote l’annuaire de Martinique, un peu trop nerveusement à ton goût. Est-ce pour y chercher encore l’avenue Alexandre Dumas, introuvable, inouïe, improbable, aux dires de tous ses collègues, ou pour te tabasser avec ? Tu as vu ça dans des films : les coups d’annuaire, ça fait mal, sans laisser de traces : l’idéal. Certes, le bottin rien moins que mondain de la minuscule Martinique, ce n’est pas le bout du monde, mais quand même…
Mais là où c’est le bouquet, c’est quand ils demandent ta profession. Alors là, ils tombent cul par terre et puis te disent d’arrêter de mentir. Ils croient que tu affabules, que tu es en pleine mythomanie aggravée de schizophrénie. Un des babylones, inspiré, avance même « kleptomanie » ; il a vu cela à la télé. Ils se demandent s’ils ne devraient pas t’envoyer directissimo à Colson, chez les tocs tocs. Y en a marre, de tes délires et de tes élucubrations !
Faut voir ce que tu as dans la tête !
« Ce siècle avait deux ans » écrivait Victor Hugo, plus doué, au demeurant, pour jongler avec la métrique qu’en calcul arithmétique, en évoquant le moment de sa naissance. (En esprit plus rigoureux, tu observes que ce siècle — le XIXème —, n’avait qu’un an, si l’on compte juste, mais au diable l’avarice ! Quand on aime, on ne compte pas.) Trêve de ces impertinences, aussi pertinentes soient-elles ! De quel droit as-tu l’impudence — peut-être doublée d’imprudence — d’oser toucher au patriarche qui eut « l’art d’être grand-père » et Pair de France et des funérailles nationales ? Un peu de respect, quoi, merdre ! C’est ubuesque !
En cet an de grâce 2002, on célèbre donc partout en France, et jusqu’au fin fond de Martinique, « l’Année Hugo ». Grand bien nous fasse.
Mais Alexandre Dumas AUSSI est né en 1802 !
À l’heure où l’on s’avise enfin de le transférer au Panthéon — au grand homme la patrie reconnaissante, sur le tard ! — que l’hexagonale Villers-Cotterêts, bourgade de l’Aisne où il naquit, mais ne vécut que quelques semaines, se désole, dix fois vingt ans après, d’être dépouillée de la dépouille de l’auteur de Vingt Ans après, voilà qui est tout à son honneur ! Que cette bonne ville très françoise — où fut édictée, par François Ier, la fameuse ordonnance de 1539 prescrivant l’emploi du français alors appelé « le françois » au lieu du latin pour les textes officiels, lois et jugements — soit la ville natale de Dumas, ô coïncidence ! Ô symbole ! Ô baudelairienne correspondance qui avait tout pour te réjouir l’âme et le cœur, tous les sens et inversement, dixit l’ami Rimbaud, toi qui affectionnes la langue française en mêlant l’amour du latin à la passion du créole…
Mais te souvenant que l’écrivain français le plus mondialement réputé, celui dont Les Trois Mousquetaires sont célèbres sur la terre entière (les personnages de fiction les plus représentés, filmés et même en dessins animés), était né exactement la même année que le papa des Misérables, tu te demandas pourquoi cet an de grâce 2002 ne serait pas également sacré « Année Dumas ». Pourquoi Hugo plus que Dumas ? L’injustice te mit hors de toi. Tu n’en dormis pas de la nuit.
Tu te plongeas dans le dictionnaire, histoire d’y trouver la réponse à ta question et d’en savoir plus sur lui. Tu y eus seulement la confirmation que ledit « écrivain français » était fils du général Alexandre Davy Dumas. Consternation !
Mes respects, mon général ! Merci pour le grade militaire, mais, pour votre négresse de mère, pas de merci ! Black out total sur la noire de Saint-Domingue, l’Africaine qui vous donna le jour, sous le soleil des Grandes Antilles, faisant de vous, Général, un demi nègre, et de son petit-fils un quarteron, — selon les distinctions délirantes à la Moreau de Saint-Méry ou autres eugénistes nazillards, capables de couacs aussi cruellement crétins que les catégorisations cacophoniques par lesquelles ils étiquetèrent les divers degrés de métissage, calculant la proportion de sang « blanc » et de sang « noir », en baptisant les différents sangs-mêlés des harmonieux noms de « mamelouk », « sacatra », « octavon » ou « griffe », et tu en passes et des meilleures…
Tu te bouchas les oreilles, afin de ne plus jamais entendre le concert de détracteurs s’amusant à colporter que ce mulâtre prenait des nègres pour l’aider à composer son œuvre monumentale.
Fallait-il voir là la raison de ce monumental oubli ? Un métis d’ascendance servile, de « sang impur », l’illustre écrivain français, le plus universellement connu de par le monde ? Cela ne s’exporte pas ! Ce n’est pas vendeur. Ça ferait désordre… Entre Désordre et Génie, le motif de ce choix inique ? ! Est-ce que ce sang noir ferait tache, obscurcissant son œuvre immense ?
Les trois mousquetaires étaient quatre, a-t-on coutume de préciser, avec un pseudo sourire érudit : à Athos, Porthos, Aramis, il faut adjoindre d’Artagnan, évidemment ! On se complaît à un lapsus tentant, pour désigner « les trois Dumas », jeu de mots d’autant plus séduisant que les trois se prénomment Alexandre : le grand-père, le père et le fils.
Mais ce que jamais nul n’exalte, c’est l’existence de Cessette. Ce que l’on proclame moins volontiers, ce qui écorche la bouche, c’est cette Cessette, ce ventre de négresse esclave qui donna naissance au premier des trois Dumas, futur général de la République française dans toute sa splendeur, grandeur et décadence.
Cessette était son prénom, et Dumas était son nom. Son prénom est resté obscur, son nom est devenu immortel. Oui, le patronyme sonore, désormais immortalisé, magnifié pour les siècles des siècles par le père des Trois Mousquetaires, est en fait un matronyme, celui de la femme noire esclave de l’actuelle Haïti, et non le nom à rallonge du marquis normand Davy de la Pailleterie, noble aïeul trop peu généreux pour lui transmettre son titre…
Cependant, quoi qu’il en soit, on veut bien vanter les charmes de « nos » Antilles pour les vacances, le tourisme, les belles plages ensoleillées toute l’année, mais il ne faudrait pas exagérer… Après tout, ces Haïtiens ont pris leur indépendance, il ne faudrait pas confondre avec « nos » Antillo-Guyanais : ils ne sont pas français, eux ! Ils ont choisi de ne plus l’être, alors, maintenant, qu’ils se démerdent ! S’ils veulent exister, être reconnus, revendiquer Alexandre Dumas etcetera, c’est leur problème, pas le nôtre !
Non, ce n’était pas possible ! Pas dans la France des Droits de l’Homme et des élans démocratiques contre la xénophobie et le racisme ! Impossible d’imaginer que l’on déroberait le souvenir du prolifique romancier à la mémoire de tout un peuple, — vol bien plus grave, à tout prendre, que celui du Collier de la Reine !
Qui aurait eu le front de penser que, tel son héros le Comte de Monte-Cristo, Dumas serait un jour contraint de réapparaître masqué, clandestinement, affublé d’un masque de fer blanc pour dissimuler l’infamie de son teint bistre ?
Mais pour consommer quelle vengeance ? Pas une à la Edmond Dantès ? »

Pour les ami(e)s qui ne sont pas encore montés au 7è ciel littéraire :
Suzanne Dracius, RUE MONTE AU CIEL (« Coup de coeur Fnac » à sa sortie), en librairie ou en ligne ; pour commander à l’éditeur (vendeur indépendant, pas « esclave » du géant, « politiquement correct »), cliquer ici :
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Envois en France, Outre-mer, Europe, Amérique du Nord (Québec, Canada – USA)

11,80 €

COLLOQUE SCIENTIFIQUE INTERNATIONAL

L’ESCLAVAGE : quel  impact   sur  la  psychologie  des  populations ?

Martinique 26 & 27 octobre 2016 – Hôtel   la  Batelière (Route  de  Schoelcher)

Guadeloupe  28  octobre 2016

 Source  http://www.CIPHAGE.COM

A l’initiative de l’Association Régionale FIRST CARAIBES, se tiendra à la Martinique les 26 et 27 octobre et en Guadeloupe le 28 octobre 2016 le Colloque Scientifique International «L’esclavage : quel impact sur la psychologie des populations ?» dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour les afro descendants 2015-2024.

Avec la présence de plus en plus insistante dans l’espace public de la thématique de l’esclavage nous nous sommes rendus compte que nous ne savions rien des conséquences psychologiques de la traite des Noirs et de leur mise en esclavage alors même que des travaux psychiatriques ont démontré la nécessité de traiter les psychotraumatismes, que des travaux d’épigénétique démontrent l’existence de traces sur l’ADN des traumatismes psychologiques et leur transmission de génération en génération, alors, enfin, que des travaux d’historiens ont mis au jour «la voix des esclaves». Il est alors apparu indispensable de faire se rencontrer historiens, psychiatres, généticiens, anthropologues et sociologues pour échanger sur cette question loin de toute posture victimaire.

En fait, l’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de la première manifestation scientifique sur les conséquences psychologiques de l’esclavage. Dans ce contexte l’enjeu c’est aussi le lien entre esclavage et racisme puisque, avec la traite composée exclusivement de Noirs, le changement de nature et d’échelle de l’esclavage a fait se développer à partir du XVIe siècle une vision racialisée et racialement hiérarchisée de l’humanité (Controverse de Valladolid etc.). Avec l’abolition de l’esclavage, le XIXe siècle a inventé les théories raciales qui ont rationnalisé et justifié «scientifiquement» la hiérarchie, intriquée à la colonisation et plaçant le nègre dans l’évolution darwinienne entre le singe et l’homme.

Ainsi les conséquences de l’esclavage et de ses suites (Jim Crow, lynchages, apartheid, droits civiques…) qui ont façonné les esprits pendant des siècles se révèlent incommensurables ne serait-ce qu’à la lumière des données scientifiques actuelles sur le psychotraumatisme.

La Caraïbe, qui a payé un lourd tribut à l’esclavage avec ses 10 millions d’Africains déportés, apparait bien placée pour échanger des savoirs sur cette question et créer des savoir-faire de résilience.

Certaines des questions que nous allons approfondir ont été posées par Frantz Fanon notamment celle des modèles intériorisés qu’il a englobés sous le terme «aliénation» et que les américains nomment «internalized racism».

En octobre 2011 FIRST CARAIBES a organisé en Martinique, un Congrès International consacré à l’héritage de Frantz Fanon. Il a montré, entre autres, que l’aliénation nécessitait de nouvelles recherches et, à cet égard, ce colloque de 2016 s’inscrit dans la continuité du congrès de 2011 et donnera lieu à la publication d’un ouvrage en français et en anglais

 

Professeur Aimé CHARLES–NICOLAS,

Président de l’Association First Caraïbes

Le projet

Nous souhaitons organiser un colloque scientifique international fin octobre 2016 en Martinique et en Guadeloupe sur les conséquences psychologiques de l’esclavage, problématique très peu étudiée.

L’idée est de faire le point sur les connaissances scientifiques dans ce domaine, de proposer des pistes de recherche et de résilience en faisant se rencontrer, pour la première fois, historiens, psychiatres, anthropologues et généticiens qui ont travaillé sur les stigmates actuels de l’esclavage.

Ces experts invités viennent des Etats-Unis, du Brésil, de la Caraïbe, du Sénégal et d’Europe. Du fait de leur histoire encore actuelle et du travail qu’ils ont commencé sur ce sujet, les Américains seront les plus nombreux, ils seront 11.

La généticienne spécialiste d’épigénétique du psychotraumatisme et de sa transmission transgénérationnelle vient de Genève.
Nous avons invité un expert du Portugal qui a été le premier et le dernier pays à pratiquer la traite d’esclaves et trois experts du Brésil.

C’est que la question de l’esclavage s’installe dans l’espace public.
Elle a acquis une visibilité politique, sociale et culturelle, à un niveau global, des Amériques à l’Europe, à l’Afrique, l’Océan Indien et même l’Asie. Les Nations Unies ont reconnu en 2001 l’esclavage et la traite comme «une tragédie épouvantable dans l’histoire de l’humanité» lors de la Conférence Mondiale de Durban. Des évènements consacrés à ces questions font aujourd’hui florès : colloques, commémorations, pièces de théâtre, films, livres d’histoire, bandes dessinées. Les thèses d’histoire se multiplient en Europe et dans l’hémisphère américain. Parmi les mémoriaux (Nantes, Gorée, Atlanta, Manchester, etc…) celui des Nations Unies a été inauguré à New York le 25 mars 2015 et le tout récent Mémorial ACTe en Guadeloupe a été signalé par la presse internationale comme «the world’s largest memorial devoted to the history of slavery in the western world». Même le hip-hop français et les rappeurs jamaïcains font directement référence à l’héritage de l’esclavage et réclament un accès à leur «véritable histoire».

En effet le travail récent des historiens a révélé une autre histoire décentrant le point de vue jusque-là exclusivement occidental, interrogeant les rapports de pouvoir à partir des esclaves, cherchant à retrouver leur voix, mettant en évidence leur capacité à agir. Des pans entiers de la mémoire et de l’histoire se (re)construisent ainsi par petites touches où la logique de revendication d’une identité historique est confrontée à la logique du refoulement, puissante.

Comment alors ne pas s’interroger sur la dimension psychologique des conséquences de la traite et de l’esclavage des Noirs ?
Cette ampleur du traumatisme, cette violence, «le collectif ravalement à la bête, le total outrage, la vaste insulte, (…) l’omni-niant crachat» ne peuvent pas demeurer sans conséquences psychotraumatiques alors que les recherches génétiques les plus récentes montrent l’inscription des psychotraumatismes dans l’ADN des sujets et leur transmission sur plusieurs générations. En effet, il n’est pas rare que, dans ces pays qui furent des terres d’esclavage, les psychiatres expliquent certains symptômes de leurs patients par les traces de l’esclavage. Certains comportements de la vie quotidienne courants dans ces pays et qualifiés de «pathologiques» nécessitent un examen pluridisciplinaire par les sciences humaines et sociales.

Et pourtant, curieusement, bien peu de travaux sont consacrés aux moyens de surmonter ce psychotraumatisme.

Certes, les conséquences actuelles ne sont pas en continuité linéaire avec les traumatismes initiaux, elles ont été remaniées par les contingences existentielles. Les conditions des Noirs ont été différentes dans la Caraïbe francophone, anglophone ou hispanophone, aux Etats-Unis et au Brésil, notamment après l’abolition. Comment ces conditions ont-elles imprimé leurs marques ? Qu’ont dit de leur vécu les personnes mises en esclavage ? Des facteurs de protection ont-ils permis d’enrayer la transmission transgénérationnelle ? A l’inverse, lorsque les facteurs dommageables sont plus nombreux, un cycle de la haine de soi apparaît-il ? Par une reproduction des modèles intériorisés ? Y a-t-il des dénominateurs communs aux psychismes façonnés par l’esclavage ? Quels mécanismes conduisent de l’esclavage au racisme ? Quel impact l’esclavage a-t-il eu sur la représentation du Noir actuelle et sur les relations sociales dans la Caraïbe, en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil et en Afrique ? Quelle piste pour la résilience ? (en effet, loin de toute posture victimaire, une meilleure connaissance des mécanismes devrait nous aider à alléger ce boulet psychologique).

Plusieurs de ces questions ont été posées par Frantz Fanon notamment celle des modèles intériorisés qu’il a englobés sous le terme «aliénation» et que les américains nomment «internalized racism». En octobre 2011 FIRST CARAIBES a organisé en Martinique un Congrès International consacré à l’héritage de Frantz Fanon. Il a montré, entre autres, que l’aliénation nécessitait de nouvelles recherches et, à cet égard, ce colloque de 2016 s’inscrit dans la continuité du congrès de 2011.

Il est ainsi apparu indispensable à un psychiatre Aimé CHARLES-NICOLAS (Martinique), un sociologue Benjamin BOWSER (USA), une historienne Myriam COTTIAS (Martinique), une anthropologue Hebe MATTOS (Brésil) et un politologue Ali MOUSSA IYE (République de Djibouti, UNESCO) d’organiser un colloque scientifique international durant lequel des historiens, des psychiatres, des généticiens, des sociologues et des anthropologues se rencontreront afin de faire le point sur les conséquences et les traces psychologiques de l’esclavage de nos jours, dans un échange interdisciplinaire sous forme de séances plénières, de tables-rondes et d’interactions permanentes avec la salle.
Il sera complété par des propositions artistiques. En effet, de tous temps facteur de sublimation, d’épanouissement individuel et puissant levier de reconnaissance et de résilience collective, l’art ouvre ici sur une poétique de la relation à soi et aux autres qui se fait «poétique d’émancipation». C’est surtout pour évoquer le dépassement du trauma qu’il sera présent et pas seulement comme entracte ou ornementation de journées laborieuses. Des vidéos de témoignages seront également présentées.

Ce colloque, porté par l’Association FIRST CARAIBES, aura lieu les 26-27octobre 2016 en Martinique, à La Batelière, et le 28 octobre en Guadeloupe au Mémorial ACTe dont la puissance symbolique et universelle est particulièrement pertinente pour un point d’orgue de la manifestation.

Le Colloque se situe dans le cadre de la «Décennie des Nations Unies pour les afro-descendants 2015-2024» et bénéficiera du parrainage de l’UNESCO et aussi de l’Association Mondiale de Psychiatrie et de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Il sera placé sous le haut patronage de Madame Christiane TAUBIRA, ancienne Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, auteur de la loi qui reconnait la traite et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. Elle a bien voulu accepter d’être présente et d’ouvrir le Colloque. De même Madame George PAU-LANGEVIN, Ministre des Outre-mer, a bien voulu accorder son haut patronage et prononcera une allocution d’ouverture.

Il bénéficie du parrainage – c’est un grand honneur – de la First Lady Michelle Obama qui sera peut-être présente.

Le Comité d’Honneur est composé de 4 Prix Nobel de littérature connus pour leur engagement : Mr Derek Walcott (qui a déjà annoncé qu’il sera présent), Wole Soyinka, Toni Morrison et JMG Le Clézio, et aussi de Patrick Chamoiseau (Prix Goncourt), Maryse Condé (Ecrivain), Christiane Eda-Pierre (Cantatrice), et Robert Badinter (ancien Gardes des Sceaux, Ministre de la Justice de 1981 à 1986). Ce contexte prestigieux de personnalités à nos côtés vise à donner du poids aux conclusions de ce colloque scientifique qui seront largement médiatisées à travers le monde entier (nous avons déjà l’accord de télévisions américaines, européennes, africaines).

Il s’agit d’un projet de collaboration scientifique et culturelle de grande envergure sur une question de première importance qui concerne l’humain et les fondements de notre société et dont la Martinique (terre natale d’Aimé Césaire et de Frantz Fanon) et la Guadeloupe (qui a récemment inauguré son Mémorial ACTe) seraient les bâtisseurs. La Caraïbe qui a payé un lourd tribut à l’esclavage avec ses 10 millions d’Africains déportés apparait bien placée pour échanger des savoirs sur cette question et créer des savoir-faire.

Le colloque vise à :

  • Décrire les conséquences psychologiques de l’esclavage,
  • Identifier les praticiens et les chercheurs qui pourront mettre en œuvre des recherches dans ce domaine,
  • Identifier les possiblités d’enquêtes collaboratives entre les différents pays de la Caraïbe d’une part et d’autre part entre la Caraïbe, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud afin de vérifier les hypothèses et les résultats des actions mises en place.

PROGRAMME

Introduction à la subjectivité de l’esclave

Le vécu des razzias, de l’arrachement, de la traversée. La métamorphose en objet

L’arrivée, la vie quotidienne. Le maitre et l’esclave,  les arrangements, les résistances

L’évolution au cours des siècles, selon les lieux

Les révoltes et leur retentissement sur « le moral des troupes ».

Les récits : qu’ont dit de leur vécu psychologique les personnes mises en esclavage ?  Conséquences chez les enfants et les adultes de la maltraitance au quotidien.

Divers conflits intrapsychiques. Facteurs de destruction et de protection de l’estime de soi. Y a-t-il des dénominateurs communs aux psychismes façonnés par l’esclavage ?

Qu’est-ce que le psycho-traumatisme ?

L’inscription épigénétique du psycho-traumatisme et sa transmission transgénérationnelle. Certains comportements sociaux, certains symptômes actuels de patients (violence,  comportements anti-sociaux, conduites auto-punitives, certaines obésités, certains tempéraments dépressifs, anxieux) peuvent-ils être rattachés à l’esclavage ?

Après l’abolition,les conditions des Noirs ont été différentes dans la Caraïbe francophone, anglophone ou hispanophone, aux Etats-Unis et au Brésil, comment ces conditions ont-elles imprimé leurs marques ?

Des facteurs de protection ont-ils permis d’enrayer la transmission transgénérationnelle ? A l’inverse, lorsque les facteurs dommageables sont plus nombreux, un cycle de la haine de soi apparaît-il ? Par une reproduction des modèles intériorisés (internalizedracism) ? Quels sont les mécanismes intimes de cette « aliénation » ?

Y a-t-il des dénominateurs communs aux psychismes façonnés par l’esclavage ? Quels mécanismes conduisent de l’esclavage au renforcement du racisme ? Quel impact l’esclavage a-t-il eu sur la représentation du Noir actuelle et sur les relations sociales dans la Caraïbe, en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil, et en Afrique ?

Introduction à la subjectivité du maître et de son entourage

Les affects en jeu chez les maîtres.

Pourquoi le fonctionnement mental du raciste résiste-t-il aux faits aujourd’hui ?

La loi, La loi du plus fort.

Les bénéfices secondaires du racisme.

Le sadisme.

La compassion.

Le psychisme des Blancs façonné par l’esclavage ?

Quelle continuité entre esclavage, revendication identitaire et racisme ?

Les meurtres de Noirs par des policiers aux Etats-Unis : approfondir l’analyse de ce comportement et le mettre en perspective

L’intériorisation du racisme

conséquences sur la psychologie des populations et possibilités d’intervention thérapeutique.

Quelles pistes pour la résilience ? Sortir de l’esclavage des symptômes de l’esclavage ?

 

MERCREDI  26  OCTOBRE

SOIREE  CULTURELLE  (PAYANTE) AU  DOMAINE  DE  FONDS  ST JACQUES

Vendredi 28 octobre : Mémorial ACTe, Guadeloupe

Sociologie politique

Quel impact des lois (code noir, lois instaurant l’apartheid, décrets d’abolition, loi Taubira, loi Gayssot de 1972, droits civiques et Jim Crow, législation trinidadienne, brésilienne etc.) sur la psychologie des populations dans les différents pays concernés ? Etude des résistances

Mise en place des recherches et des interventions sociales

Identification des équipes et des thèmes de recherche et des interventions sociales. Par exemple études d’opinion, par exemple mise en perspective historique de l’étude « Racisme, discrimination et intégration dans la France de 2010 » ; Recherche sur les mariages mixtes. Conclusions et éléments de langage, stratégies de communication et de valorisation des résultats du colloque. Contributeurs de l’ouvrage et propositions de titres des chapitres

Visite de l’exposition permanente au Mémorial ACTe (payante)

Initié par le président du Conseil régional Victorin LUREL et la Région Guadeloupe accompagnés par le Comité International des Peuples Noirs (CIPN), le Mémorial ACTe a pour ambition originelle de créer un lieu dédié à la mémoire collective de l’esclavage et de la traite, ouvert sur le monde contemporain. En plus d’être directement celle des Guadeloupéens et des habitants de la Caraïbe, l’histoire de l’esclavage et de la traite négrière concerne toute l’Humanité. Offrir un lieu de mémoire et de recherche, c’est, en plus de fédérer toutes les composantes de la population autour d’un passé commun, s’engager à poser la question de la liberté, de toutes les libertés et du vivre ensemble. En 2014, les ONG estimaient que 36 millions de personnes étaient asservies dans des conditions assimilables à l’esclavage, prouvant ainsi que les problématiques et réflexions menées par le 
Mémorial ACTe sont d’une incontestable actualité.

Conclusions et éléments de langage

Stratégies de communication et de valorisation des résultats du colloque.

Contributeurs de l’ouvrage et propositions de titres des chapitres

 

 

VOYAGE INITIATIQUE…ET RETOUR AUX SOURCES

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7ème Sommet des Chefs d’Etats et/ou de Gouvernements de l’ASSOCIATION DES ETATS DE LA CARAÏBE (AEC)

Intervention de M. Alfred MARIE-JEANNE, Président de la Collectivité Territoriale de Martinique

7ème Sommet des Chefs d’Etats et/ou de Gouvernements de l’AEC

Samedi 4 juin 2016, Havane, Cuba

 

«  Unis au sein de l’AEC pour affronter les problèmes de développement durable, des changements climatiques  et de la paix dans la Région »

 

Certains se posaient, de façon lancinante, la question de savoir quand l’AEC s’éveillera. Aujourd’hui, un pallier ascensionnel  a été gravi.

 

Monsieur le Président Raul CASTR RUZ, félicitations pour cette rencontre décisive et à résonnance internationale positive. C’est déjà un premier succès dans l’attente de bien d’autres à venir.

 

Monsieur le Secrétaire Général sortant Alfonso MUNERA CAVADIA, merci pour l’importante tâche accomplie et les impulsions données.

 

Bienvenue à la nouvelle Secrétaire Générale, June SOOMER, ma voisine de Sainte Lucie,

Distingués frères et sœurs de la Caraïbe,

Chers (ères) Amis (es).

Les problèmes à résoudre entre nous ne manquent pas.

Il faut avoir le courage de le reconnaitre dans la perspective de les résoudre.

C’est dire que l’unité ne se décrète pas, elle se construit pas à pas.

Toute immobilité serait un renoncement et une marche à reculons.

C’est dire que la coopération d’intérêts réciproques doit être notre colonne vertébrale.

L’unité implique l’écoute, la responsabilité et des efforts collectifs sans relâche.

L’unité, c’est partager des principes, des valeurs et avoir des objectifs précis.

Notre unité implique surtout engagement en vue de réalisations concrètes.

Nous avons au sein de la Caraïbe, des exemples d‘engagement qui ont permis d’atteindre des transformations réelles.

Pour ne prendre qu’un seul exemple, je citerai Cuba, qui malgré un blocus scélérat de plus d’un demi-siècle, a toujours œuvré pour le renforcement des capacités de certains de nos territoires, tant dans le domaine de la santé, du sport, de l’éducation, de la recherche, de la culture. C’est de l’héroïsme allié à la générosité et à l’abnégation.

Malgré les contraintes internationales bien connues,  notre unité passe par une compréhension mutuelle des enjeux réels du Développement Durable et du Changement climatique qui aujourd’hui sont liés, tout particulièrement pour les petits territoires insulaires.

Approfondir notre coopération, notre  unité de vue, sur les actions à entreprendre pour limiter l’Empreinte Ecologique sur nos territoires, doit être plus que jamais au premier plan de nos préoccupations

A cet égard, l’aide extérieure est la bienvenue, mais elle ne doit en aucun cas être l’occasion d’une re-mainmise sur nos territoires en vue d’un quelconque nouvel asservissement.

Nous devons expérimenter un nouveau modèle, trouver des nouvelles inspirations, qui nous rendraient moins dépendants et moins vulnérables aux aléas des marchés extérieurs et des conjonctures internationales.

Un modèle qui s’appuie sur notre histoire pour mieux consolider notre solidarité.

Un modèle porté par des valeurs qui ont façonné notre manière d’être au monde.

Un modèle répondant à l’exigence d’économies plus complémentaires.

L’innovation, la recherche tant fondamentale qu’appliquée, les nouvelles technologies doivent être au poste de commande, pour empêcher la fuite de nos cerveaux et espérer le retour de ceux qui sont partis.

Un modèle qui privilégie le dialogue permanent pour le retour à une  paix véritable, toute ingérence extérieure étant bannie.

Face aux menaces de toutes sortes et les plus inattendues (risques naturels ou industriels, épidémies et terrorisme), ce qui est en jeu, c’est notre capacité collective d’anticipation et de réaction.

Voilà pourquoi il est essentiel de réaffirmer et de raffermir les initiatives en matière de système d’alerte précoce, d’intervention et de recouvrement, et également d’intelligence stratégique.

Car quel que soit notre niveau de préparation, le risque ne peut être écarté.

La paix, comme l’unité, se construit pas à pas, tout en résistant à l’oppression multiforme.

L’unité et la Paix vont de pair. Ce sont les conditions de notre réussite certaine.

Unis au sein de l’Association des Etats de la Caraïbe, saluons l’opportunité qui nous est ainsi offerte pour dialoguer, imaginer et dessiner les contours d’un avenir commun pour le Développement Durable et pour la Paix.

Les déstabilisations fomentées, les guerres chaudes et les guerres froides ne sont plus de mise.

Le Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes ne doit pas être sans cesse violenté.

La Force ne doit plus brimer le Droit.

C’est le moment solennel de dénoncer TOUT ce qui se trame contre le Venezuela.

Nous n’avons pas de revanche à prendre. Nous avons l’obligation d’affirmer notre présence au Monde pour la faire fructifier.

Remerciements à Cuba pour la qualité de son accueil et de son organisation.

Président Raul, merci de transmettre mon bon souvenir à ton frère Fidel.

Remerciements également à tous nos collaborateurs et tous nos traducteurs.

Gracias a todos.

 

Alfred MARIE-JEANNE

Président de la Collectivité Territoriale de Martinique

L’école Sarrault (lamentin) de la Martinique en immersion en Louisiane

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CINQUANTENAIRE DU 1er FESTIVAL MONDIAL des ARTS NEGRES (Dakar 1966-2016)

Le Cacsen lance la commé­moration le 16 avril prochain
Gilles Arsène TCHEDJI
Actualités
08 April 2016

«Un groupe d’intellectuels sénégalais, regroupés au sein de la Communauté africaine de culture Sénégal (Cacsen ) sous la houlette de son président Alpha Amadou Sy (philosophe écrivain) et du Professeur Saliou Mbaye, ancien directeur des Archives nationales et président du comité scientifique du colloque, va commémorer le Cinquantenaire du 1er Festival mondial des arts nègres de 1966 organisé au Sénégal à l’initiative du poète-Président, Léopold Sédar Senghor.» C’est ce qu’indique un communiqué. Placée sous le thème «1er Festival mondial des arts nègres 1966-2016 : Mémoire et actualité», la cérémonie de lancement de cette manifestation est prévue le samedi 16 avril 2016 à 9 heures au théâtre national Daniel Sorano.

«Ce sera en prélude au colloque international de trois jours prévu les 8, 9 et 10 novembre 2016 à Dakar», lit-on dans le texte qui indique que «c‘est pour rester dans la symbolique que la commémoration débute le 16 avril à 9 heures au théâtre national Daniel Sorano avec au programme : présentation de l’événement par les membres du Comité scientifique, projection du film soviétique consacré au 1er Festival mondial des arts nègres intitulé African rhytmus réalisé par les Soviétiques et qui retrace les différentes manifestatPlacée sous le thème «1er Festival mondial des arts nègres 1966-2016 : Mémoire et actualité», la cérémonie de lancement de cette manifestation est prévue le samedi 16 avril 2016 à 9 heures au théâtre national Daniel Sorano.
ions du 1er Festival mondial des arts nègres de 1966 au Sénégal». Ce documentaire, rappelle-t-on, a été rapatrié par le Sénégalais Bouna Sémou Ndiaye. Il est également prévu à l’issue de la projection un dialogue avec le jeune public sur l’héritage de cette manifestation. Après le lancement le 16 avril prochain, une série de manifestations rythmeront cette commémoration d’avril à octobre à travers tout le territoire national. «Thiès, Bambey, Ziguin­chor, Saint-Louis et Tamba­counda célèbreront ce cinquantenaire du 1er Festival mondial des arts nègres : Mémoire et actualité», annoncent les organisateurs qui précisent également qu’à l’ouverture du colloque de novembre 2016, un invité de marque en la personne du Nigérian Wolé Soyinka, prix Nobel de littérature en 1986, participera à ces rencontres. «Il va prononcer le discours inaugural en tant que président de la Communauté africaine de culture», relève le communiqué.

Raisons de la commémoration
Le texte mentionne par ailleurs qu’en prélude à ces manifestations, le Comité d’organisation donnera un point de presse le jeudi 14 avril à 16 heures au Warc pour répondre aux questions des journalistes, notamment «quel intérêt à commémorer aujourd’hui un festival vieux de cinquante ans ?» Le document ne manque pas de rappeler que «le 1er Festival mondial des arts nègres fut pour le Sénégal, petit pays par ses dimensions géographiques qui venait à peine d’accéder à l’indépendance, une occasion inédite pour exister et se faire reconnaître au plan mondial comme un grand pays de culture». «Ce 1er festival a vu la participation des pères de la Négritude, le Martiniquais Aimé Césaire, le Guyanais Léon Gontran Damas, mais aussi de Alioune Diop, fondateur de Présence africaine, et d’autres hommes de culture du monde noir. La présence de l’écrivain français André Malraux, alors ministre de la Culture de la République française, a été très remarquée par son discours à la cérémonie d’ouverture».

Placée sous le thème «1er Festival mondial des arts nègres 1966-2016 : Mémoire et actualité», la cérémonie de lancement de cette manifestation est prévue le samedi 16 avril 2016 à 9 heures au théâtre national Daniel Sorano.

arsene@lequotidien.sn

« L’océanie, une identité, un Océan et des Hommes… »

 

A l-espace Le Millénaire.pdf (742451)



 PROGRAMME

  

L’Outre-Mer s’expose

 

Commémoration du 23 mai 2014

 

L’UOMS vous convie à la cérémonie de commémoration des victimes de l’esclavage colonial.

Rassemblement  à 19 h00, place des droits de l’homme à Savigny Le Temple.

Comment se rendre à Savigny-le-Temple ?

De Melun : N6, direction Paris, sortie Savigny-le-Temple « centre ».

De Marne-la-Vallée : Francilienne N104, direction Sénart, puis autoroute A5a. Sortie 11, Savigny-le-Temple « centre ».

De Paris, Porte d’Orléans : Autoroute A6, direction Lyon. Sortie Sénart, puis autoroute A5a. Sortie 11, Savigny-le-Temple « centre ».

De Paris, Porte de Bercy : Autoroute A4, direction Metz-Nancy. Sortie Sénart. N6, direction Melun, puis autoroute A5a. Sortie 11, Savigny-le-Temple « centre ».

Par le RER D : De Paris gare du Nord, Châtelet, gare de Lyon. Direction Melun via Combs-la-Ville. Descendre à la gare de Savigny-le-Temple – Nandy. Sortie Centre ville.

ENCORE ET ENCORE du MAL AISE ANTILLAIS

Extrait de CREOLEWAYS.COM : une analyse critique et quelques réflexions de Selim LANDER à propos du livre de Thierry MICHALON  » Entre assimilation et émancipation » – L’Outre-Mer français dans l’impasse ?, Rennes, Les Perséides, 2006, 522 p.

Dans le rapport des outremers à la France hexagonale, notamment aux Antilles, on retrouve chez nombre d’intellectuels le besoin de se justifier quant à l’impossibilité de quitter une France que l’on affirme honnir. Le discours oscille donc entre dénonciation de l’assistanat et justification (aussi virulente qu’embarrassée) de celui-ci comme compensation de l’esclavage et/ou l’affirmation que la France, (le contribuable ?) gagne plus qu’elle ne perd en conservant sous perfusion ses anciennes colonies devenues des départements, territoires, régions ou collectivités d’outremer. Selim Lander est membre de l’AICT (section Caraïbe). Voici sa critique de l’ouvrage dirigé par Thierry Michalon : Entre assimilation et émancipation : l’Outre-Mer français dans l’impasse ? (Rennes : Les Perséides, 2006, 522 p.) Cet article paru il y a quelques années, est tiré du site Mondes Francophones. Est-il hors sujet de le verser au débat sur l’égalité réelle ? A chacun d’en juger.

La problématique de l’Outre-Mer français est probablement unique dans le monde. Ne serait-ce que parce que le processus de décolonisation a laissé dans la République française un certain nombre de territoires, généralement insulaires (mais la Guyane fait exception), qui se trouvent aujourd’hui enfermés dans une dépendance d’autant plus traumatisante qu’elle apparaît à tous comme une fatalité. Il faut donc saluer comme ils le méritent les efforts des vingt-six auteurs réunis par Thierry Michalon pour décrypter cette réalité éminemment complexe et qui résiste souvent à l’analyse (1).

La dépendance « massive » à l’égard de la « Métropole » demeure la caractéristique commune à tous les territoires considérés qu’il faut étudier. On peut à cet égard regretter que les études transversales (qui couvrent l’ensemble du champ de l’Outre-Mer) restent minoritaires dans le recueil (8 sur 26), à égalité avec celles qui concernent la Martinique. Pour le reste, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Saint-Barthélémy-Saint-Martin ont droit chacune à deux contributions, tandis que la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion et Mayotte se voient consacrer chacune un article.

On s’étonnera sans doute de la part réservée à la Martinique et il ne doit pas être anodin que le recueil soit placé sous la responsabilité d’un enseignant-chercheur de cette île et publié sous l’égide du Centre de Recherche sur les Pouvoirs Locaux dans la Caraïbe (CRPLC) installé lui aussi en Martinique. Pourtant, on ne saurait négliger l’existence ancienne dans cette île d’une réflexion approfondie sur le fait colonial ainsi que sur ses avatars plus récents dans les Antilles françaises. Depuis Aimé Césaire et les élans enflammés du Cahier du retour au pays natal (1939), Édouard Glissant et les dissections au scalpel du Discours antillais (1970), bien d’autres comme René Achéen, Roland Suvelor, etc., et, aujourd’hui, les membres du CRPLC, ont entretenu cette tradition d’auto-analyse psycho-sociologique. Il n’est donc pas complètement surprenant que les Martiniquais se taillent la part du lion, … ce qui ne doit pas néanmoins empêcher de les lire avec un regard critique.

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Résumé de la vulgate martiniquaise

Depuis Césaire, la traite négrière et l’esclavage sont considérés comme les événements fondateurs du malaise antillais. La réduction de la population noire, largement majoritaire dans les îles, à un statut inférieur a laissé des séquelles au-delà de l’abolition de l’esclavage, tardive (1848) et qui n’a pas tenu toutes ses promesses. D’où la permanence d’une revendication pour atteindre à la véritable citoyenneté, celle des blancs métropolitains, ce qui fut fait d’abord avec la «départementalisation» de 1946 puis avec l’alignement des droits sociaux. Les réticences de la part de la Métropole pour accorder l’égalité de statut demandée, comme la permanence d’un certain racisme à l’encontre des personnes de couleur nourrissent encore aujourd’hui un « ressentiment diffus » à l’encontre de la Métropole et un « fantasme d’émancipation », tout en servant d’alibi pour exiger toujours plus d’assistance et de privilèges (surrémunération, préférence locale à l’embauche, etc.).

Peut-on s’en tenir là ? D’abord, il n’est pas certain que l’on doive accorder une telle importance au passé esclavagiste, pour douloureux qu’il fût. L’un des intérêts du recueil est de faire apparaître la similitude des comportements dans l’ensemble des confettis de l’empire, quelles que soient les variations de leurs histoires particulières. Le ressentiment n’est pas le monopole des anciennes îles à sucre ! Les Polynésiens, les Kanaks – qui n’ont rien connu qui ressemble de près ou de loin à l’esclavage – n’ont pas moins de motifs à faire valoir contre la Métropole que les Antillais. Et pourtant les habitants de ces îles, différentes par leur histoire comme leur population, ne cessent de réaffirmer – à l’instar des Antillais – leur volonté de rester français.

L’explication de cette attitude commune n’est pas fournie explicitement mais elle se dessine, en filigrane, dans l’ensemble des contributions du recueil. Qu’est-ce qu’il y a de commun en effet entre toutes ces îles (et la Guyane), qui les a empêché, à la différence de La Barbade, du Cap-Vert ou de la Papouasie, par exemple, de prendre leur indépendance ? La réponse est évidente : elles sont des colonies (ou des anciennes colonies si l’on s’en tient aux catégories juridiques) françaises. C’est là le seul facteur discriminant possible. Donc si toutes les populations concernées peuvent estimer qu’elles sont prises au piège, sans vouloir pour autant en sortir, ce ne peut être leur responsabilité, ou la responsabilité de leur histoire particulière ; c’est évidemment la responsabilité de la France.
Vous avez dit : « indépendantiste » ?

Certes, on n’a pas encore le fin mot de l’histoire, car il se pose immédiatement la question de savoir pourquoi la France tient tellement à se comporter comme elle le fait et à infantiliser des populations qui n’en peuvent mais. Pas plus que précédemment, la réponse n’est donnée dans le livre mais, à nouveau, il peut nous aider à avancer.

Les économistes, comme les juges, ont coutume de demander : « à qui profite le crime ? ». Cette logique s’applique difficilement ici. Car il est évident que les premiers bénéficiaires de la situation sont les insulaires eux-mêmes. C’est justement ce qui fait l’efficacité du piège. Dit autrement, ces colonisés d’un genre particulier sont attachés par les faveurs que leur consent la Métropole, lesquelles leur permettent, entre autre, de goûter aux délices de la « surconsommation » (2). Les plus lucides d’entre eux en sont parfaitement conscients. On trouve par exemple dans le recueil cette citation du Polynésien John Teariki :

« Si je pouvais parler d’indépendance aujourd’hui, il faudrait qu’elle ait lieu tout de suite, car nous sommes encore capables d’en supporter les sacrifices. Dans quelques années, il sera trop tard » (p. 189).

De fait, aujourd’hui, il existe toujours des mouvements politiques étiquetés « indépendantistes » mais plus aucun qui porte le projet d’une indépendance véritable (sachant se passer des subsides métropolitains). Seuls quelques intellectuels demeurent suffisamment idéalistes pour accepter de payer le prix de la liberté.

Si l’on voit donc clairement pourquoi les insulaires ne veulent ni ne peuvent sortir de la situation «coloniale» de dépendance par rapport à la Métropole, les motivations de cette dernière demeurent toujours obscures. Car tout cela lui coûte cher. Et particulièrement les ex-TOM (Territoires d’Outre-Mer) puisque ces derniers ne contribuent en aucune manière au budget de la France, les quelques impôts qui y sont prélevés l’étant au bénéfice exclusif des gouvernements locaux.

Bien sûr, tandis que les contribuables français apparaissent dans leur ensemble comme les dindons de la farce, certains métropolitains y trouvent un intérêt. Il y a sans nul doute des profits à ramasser pour des entreprises et il faut compter également tous les militaires, marins et autres fonctionnaires qui courent après les avantages de « l’expatriation » (3). Néanmoins ces bénéfices privés tendent à se réduire, dans la fonction publique en tout cas, en raison de la préférence désormais officielle en faveur de l’emploi local. Et puis la présence de lobbies pro-coloniaux ne peut pas suffire à expliquer le maintien des colonies, sinon il n’y aurait jamais eu de décolonisation.

On remarquera toutefois, à ce propos, que le démantèlement de l’empire colonial français ne s’est pas effectué sans douleur. Les Vietnamiens, les Algériens ont dû mener des guerres de libération nationale longues et sanglantes. Quant aux colonies d’Afrique noire, si elles ont accédé plus facilement à la souveraineté, cette dernière est restée le plus souvent formelle, au point qu’on a dû forger le mot « néocolonialisme » pour caractériser les relations qui se sont instaurées avec l’ex-Métropole. La France a donc du mal à décoloniser. Peut-être faut-il en conclure que les lobbies pro-coloniaux y sont plus influents qu’ailleurs. Cela devrait s’éclairer d’ici peu mais, auparavant, il convient d’examiner d’un peu plus près comment sur ces questions l’économiste peut raisonner.
Une histoire de rente

On peut comprendre qu’un État ait du mal à renoncer à ses ambitions coloniales, mais quid lorsque les colonies en question, loin d’enrichir la Métropole sont un fardeau ? Dans un article pionnier sur la question, Bernard Poirine, enseignant à l’Université de Papeete, a contesté que les dépenses de la France outre-mer correspondent à une charge nette. Selon lui il existerait une sorte d’équilibre dans les relations entre la France et l’Outre-Mer, la première versant au second une «rente» en échange des « services » qu’elle reçoit (4). Si l’on admet une telle vision des choses, que reçoit donc la Métropole en échange de ce qu’elle paye ? Dans le cas de la Polynésie à l’époque du Centre d’Expérimentation du Pacifique ou aujourd’hui de la Guyane avec la base spatiale de Kourou, il y a bien un service rendu qui mérite paiement (même s’il est permis de penser qu’on pourrait obtenir le même service autrement et à un prix moindre). Mais dans tous les autres cas, la contrepartie de la rente versée par la France est plus difficile à cerner. On invoque ainsi, pour les Antilles, la possibilité pour les Métropolitains, de travailler ou de prendre des vacances sous les tropiques « dans leur langue », en profitant du même système de santé, etc. On invoque aussi parfois, mais de moins en moins, un avantage stratégique, mal défini. En admettant que les bénéfices de ce genre soient bien réels, et à la hauteur de la rente versée, on est alors conduit à analyser le coût pour la France de ses colonies comme un transfert interne, versé par l’ensemble des contribuables métropolitains à ceux qui jouissent effectivement des avantages offerts par les colonies.

Néanmoins, tant que l’on ne saura pas chiffrer ces avantages et les coûts correspondants (5), les analyses de ce genre resteront sujettes à caution et la prudence comme tous les éléments statistiques disponibles conduisent à considérer que le fait pour la France de conserver des «colonies», fussent-elles des confettis, est non seulement anachronique mais qu’il constitue bien un coût net pour ce pays.
La tradition absolutiste

« Anachronique » est employé à dessein. Toute cette histoire ne serait-elle pas, en effet, que la répétition d’une erreur très ancienne ? Le premier article du recueil, qui fait le point sur la politique coloniale d’Ancien Régime, incite à pencher dans ce sens. Il suggère qu’il y aurait une continuité dans la politique de la France outre-mer depuis les origines de la colonisation. Pour le dire en peu de mots, contrairement à la Grande-Bretagne qui a le plus souvent concédé à ses colonies une grande autonomie de décision, en échange de quoi il était entendu qu’elles devaient se «débrouiller» toutes seules, la monarchie française, fidèle à sa tradition absolutiste, a voulu garder un contrôle étroit sur ses colons. A lire le premier article du recueil entre les lignes, on comprend qu’un pouvoir lointain ne peut guère être obéi s’il ne se rend pas nécessaire à ses administrés en leur apportant quelque chose (ne serait-ce qu’une protection militaire, la sécurité des approvisionnements et une administration gratuites ou à peu près). Au fond, les premiers planteurs étaient déjà dans une sorte de tutelle et ils prirent très tôt l’habitude de se tourner vers la Couronne chaque fois que des difficultés surgissaient.

Force est de constater que rien n’a changé depuis. Thierry Michalon, le maître d’œuvre du livre, a souligné à maintes reprises dans ses écrits que si l’État français conservait une légitimité dans ses possessions outre-mer, celle-ci n’était jamais qu’« alimentaire ». Il apparaît désormais que cet état de fait s’inscrit dans l’histoire longue de la France coloniale. Au fond, le « piège » qui est dénoncé dans le livre n’existe peut-être que parce qu’il a toujours existé.

Selim Lander

******************

(1) Thierry Michalon (dir.) : Entre assimilation et émancipation – L’Outre-Mer français dans l’impasse ?, Rennes, Les Perséides, 2006, 522 p.

(2) Le thème évoque à la fois une consommation débridée (gros 4×4, etc.) et une consommation largement supérieure à ce que l’on est capable de produire soi-même. Pour s’en tenir aux biens matériels, tous ces territoires connaissent des déficits commerciaux, le plus souvent exorbitants. Il n’est pas exceptionnel que la valeur des importations atteigne 6 ou 7 fois celle des exportations. Néanmoins le niveau de vie des habitants des DOM (Départements d’Outre-Mer), contrairement à ceux des ex-TOM, s’il est en général largement supérieur à celui des Etats indépendants voisins, demeure encore notablement inférieur à celui de la Métropole (cf. tableau p. 420).

(3) Bien que, à nouveau, juridiquement impropre, le terme n’en est pas moins conforme au «ressenti» des intéressés.

(4) Bernard Poirine, « Le développement par la rente dans les petites économies insulaires », Revue Economique, 1993, n° 6.

(5) Sans parler des avantages, particulièrement difficiles à évaluer, on ne trouvera pas dans le livre sous examen des chiffres précis sur les coûts. Et pour cause puisque ces chiffres ne sont pas disponibles. Il ne suffit pas, en effet de comptabiliser les dépenses (nettes) inscrites au budget de la France (estimées à plus de 4000 € par habitant (insulaire) et par an en Nouvelle-Calédonie contre 3000 € à la Réunion et un peu plus de 1000 € en Corse – cf. p. 519). Il faudrait compter aussi tous les manques à gagner en conséquence des diverses mesures de défiscalisation

SI L’AFRIQUE M’ETAIT CONTEE…

Unesco

RFI et l’Unesco collaborent pour raconter l’Histoire africaine

RFI et l’Unesco produiront ensemble 52 émissions sur l’histoire africaine. Elles seront diffusées tous les dimanches à partir de ce dimanche 7 février dans le cadre de l’émission Mémoire d’un continent présentée par l’historien Elikia M’Bokolo. Puisant leur matériau dans les huit volumes de L’Histoire générale de l’Afrique publiés sous l’égide de l’Unesco, ces émissions historiques proposent de faire entendre au plus grand nombre les étapes majeures du devenir africain, en partant de la préhistoire.

RFI et l’Unesco produiront ensemble 52 émissions sur l’histoire africaine. Elles seront diffusées tous les dimanches à partir de ce dimanche 7 février
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